Été 2042 : Le descendant roux de Tobias
Juillet- 2042
Aiden Finnigan est semble-t-il l'aîné des jumeaux.
Il est celui qui entreprend les initiatives, que ce soit pour faire des blagues ou en dire, il soutient son frère et son obsession pour leur ami Loan et il sait comment calmer son double quand celui-ci en a besoin. De manière générale, il est le soutient le plus solide pour Cael qui vit sa vie sans se préoccuper des autres, à l'instar du métis qu'il tente par tous les moyens de séduire. Sans succès, il faut avouer. Du moins, pour l’instant.
Aiden ne se sent pas poussé par la pression, il n'a personne à qui impressionner, rendre fier (son père étant assez léger concernant les notes, disant que ce n'est pas ça qui va déterminer leur niveau, du moment qu'ils ne lui font pas honte dans sa discipline) ou s'attacher. C'est totalement le contraire pour son frère, il est borné, têtu, n'abandonne pas facilement et assez émotif. Enfin, quand cela touche Loan. Tout revient toujours à lui, en même temps quand c'est la seule chose que dit Cael lorsqu'il ouvre la bouche.
Aiden n'est pas jaloux, il ne cherche pas particulièrement l'attention de sa moitié d'embryon alors qu'ils sont h24 ensemble, il ne ressent non plus grand chose quand il voit leur ami Potter (c'est juste le gars avec qui ils ont grandi, car papa Tobias est trop occupé à jouer au futur professeur), probablement dû à l'impassibilité de Claire.
Ce qu'il peut en dire sur cette famille qui l'a presque élevé, c'est que la mère est permissive, laissant son fils se débrouiller, qu'Albus Potter est un mari aimant car il accorde une confiance aveugle à sa femme alors que son fils est jeté en pâture à la nature et que Loan est pratiquement militarisé et peut être envoyé vivre dans la forêt amazonienne sans problème. (Notez les mots accentué, ne pas prendre à la légère)
Cael aime qui il veut, le blond peut être sûr d'avoir le soutien de son frère, mais ce n'est pas forcément réciproque. Cael est beaucoup trop occupé avec son propre entreprise de drague pour remarquer les sentiments du roux.
Parce qu'Aiden se sent bien abandonné.
Il a déjà dit que tout revenait à Loan ? Eh bien, pas plus tôt dans le mois, son demi-frère est né. Castiel Finnigan, fils de son père et Thelma Sherwood, une jeune femme de 4 ans son aîné, soit 20 ans, et accessoirement Next au don de tonalité. Parce que Loan déprimait du départ de sa mère-la-frigide, son père et sa femme (seule et unique, officielle, en tout cas) ont d'un commun accord décidé qu'il serait le parrain, afin de lui occuper l'esprit. Alors ok, ça a dû sacrément l'émouvoir puisqu'il en avait les larmes aux yeux, mais maintenant il est toujours à ses côtés et lui, qui est le demi-frère n'a pas pu se tenir bien longtemps près du bambin sinon le soldat vous fusille du regard. Ce qui par conséquent, fait que Cael est aussi toujours avec le nourrisson.
Encore une fois, lui n'a rien.
Aujourd'hui, pourtant il va profiter du devoir professoral de son père pour reprendre sa vie en main.
Tobias Finnigan est connu pour avoir suivi une formation au métier d'enseignement dans l'école mixte des 13 colonies aux États-Unis à l'instar de son ancien professeur Gabriel Rowle. Ces études supérieures ont duré 3 ans. Ce qui a fait qu'au milieu du parcours, en Décembre 2024/Janvier 2025 de sa deuxième année, il est retourné en Grande-Bretagne pour aller voir un vieil ami dans la prison sorcier Azkaban. Sauf que Jeffrey Link a refusé de le recevoir, ce qui l'a déprimé et il est allé se soûler dans un bar irlandais. Il a rencontré une jeune serveuse qui a pour objectif de devenir chanteuse, mais qui doit avant tout gagner de l'argent pour s'envoler vers les États-Unis, le pays de tous les rêves. Ils ont passé du bon temps et maintenant il a deux gamins de 16 ans sur les bras. Et aujourd'hui, il a refait la même erreur en engrossant son ancienne élève même si cette fois-ci celle-ci semble plus apte à assumer son rôle de mère. Oh, par erreur, il ne veut pas dire qu'il ne désire pas la venue de Castiel. Ce n'est sûrement pas prévu mais certainement pas indésirable, pour exprimer ses sentiments il a nommé son fils selon un prénom évangélique :
J’ai demandé à Dieu
Ce qu'il regrette est la situation dont il a été conçu. À chaque fois il n'était pas conscient de ses actes. Est-ce qu'à chaque fois qu'il boit de l'alcool, il va sauter sur une fille au hasard et l'engrosser ? Doit-il arrêter définitivement d'en consommer ? Il espère apprendre la leçon avec la naissance de Castiel, parce que celles des jumeaux n'a pas l'air d'avoir fonctionné. Et puis, il a aussi nommé son nouveau fils pour cette raison, 'Petit Château', il espère que cela lui préservera lui et sa famille de pécher.
Sauf que pour l'heure, il a un sérieux dilemme qui se présente à lui. Comme dit plus haut, il a étudié aux États-Unis, dans une école mixte qui accueille sorciers avec une partie internat et moldu. Il a obtenu son diplôme de maître potion là-bas (dans la partie sorcière donc, parce que les anglais n’ont pas d’université sorcière pour une raison ou une autre, alors ceux qui veulent poursuivre les études doivent traverser l’océan pour aller étudier dans la partie secrète des américains, une école magique non-officiel, tout du moins pas reconnu par les ministères et gouvernement) et commande principalement des ingrédients via l'école car leur système de marchandise est très satisfaisant.
Il y a quelque jour, il a reçu son bon de commande disant qu'il pouvait venir récupérer sa marchandise qui est arrivé à port. Sauf qu'il ne peut pas quitter son pays actuellement. Rectification, il ne veut pas quitter cet endroit où se trouve sa femme et son fils nouveau-né. Bien sûr, sa famille peut bien s'occuper de lui et même Loan est là, vu qu'il n'a rien à faire, mais il ne veut pas faire les mêmes erreurs qu'il a faites aux jumeaux. Déjà qu'il ne les a rencontré qu'à leur un an, puis il a dû les laisser aux Potter la journée et la semaine pour les récupérer chaque soir et le week-end et ses études ont failli en pâtir, à tel point qu'il n'a même pu profiter de son rôle de père.
Là, il veut juste être un père gaga avec cette amour de Castiel, qui s'est avéré metamorphomage (Le bonheur du métissage avec les né de moldu).
Sa solution vient d'une manière tout à fait inattendue.
- Je peux m'en occuper, si tu veux.
Tobias observe son fils Aiden avec surprise. Avant de considérer sérieusement la question. Le roux peut bien le faire, il est assez grand pour savoir s'occuper de lui-même, il sait reconnaître les ingrédients demandés (en tant que fils de maître potion, il le doit bien) et il lui fait totalement confiance pour s'assurer du bon transport.
C'est ainsi qu'il a été décidé qu'Aiden Finnigan part pour les États-Unis.
Son arrivé est annoncé à 10h du matin, heure locale de la terre de destination. Il sort de la cheminée à réseau international et s'époussette proprement avant de se diriger vers le comptoir d'accueil. Trois hommes l'observent faire avec curiosité.
- Bonjour, je suis Finnigan, je viens récupérer les colis à mon nom.
L'homme derrière un écran d'ordinateur magique -parce que les américains aiment tout molduiser et aussi parce que c'est un endroit mixte- le dévisage silencieusement sans bouger. Son expression ainsi que ceux de ses collègues expriment leur scepticisme quant à son sérieux. Il sait qu'il serait difficilement pris au sérieux mais là, ils ne songent même pas à le questionner. Quoique, le plus jeune des trois, plus adossé au comptoir qu'installer derrière, prend finalement la peine d'ouvrir la bouche.
- Ah oui ? J'ignorais que vous avez rajeuni et teint les cheveux en roux, monsieur Tobias Finnigan.
Aiden rétrécit ses yeux en le toisant. Ok, il croit que c'est un amateur à ce jeu ou quoi ? Il n'a pas été nommé le jumeau blagueur roux 2.0 pour rien.
- Je suis son fils, Aiden Finnigan. Je croyais que la procédure de reconnaissance par empreinte s'étendait jusqu'à l'ADN, ce qui signifie qu'on me reconnaîtrait comme destinataire potentiel en cas d'empêchement, ce qui est le cas ici présent.
Il réprime un sourire confiant en voyant les regards penauds de ses interlocuteurs, qui commencent à culpabiliser un peu. Mais juste un peu puisque le troisième lascar lui tends le reconnaisseur d'empreinte avec réluctance, comme s’il se retenait de lui dire qu'ils perdent leur temps. Eh bien, ils vont voir, si c'est eux ou lui qui perd/ent le plus de temps.
Après avoir scanné les lignes du pouce et la rétine (et il est bien heureux d'avoir hérité les yeux verts de son père au lieu des bleus comme Cael -au moins, son frère est un canon de la beauté : blond aux yeux bleus), la machine signale que tout est correct en reconnaissant le destinataire Finnigan.
Yep, maintenant ils se sentent idiots, mais ça ne va pas être à lui de leur dire comment faire leur boulot alors il se contente d'attendre qu'on lui livre les commandes qu'il doit ramener.
Il y a au total six colis dont chacune renferme un ingrédient spécifique. Pour cette partie du travail, il doit continuer avec la tablette M afin de vérifier que les codes-barres sont bien ceux de son père et si possible passer au rayon x pour s'assurer que tout est ok à l'intérieur. C'est normalement le part de travail le plus simple -le plus dur étant de ramener six paquets avec lui au Royaume-Uni-, sauf qu'il y a une bévue. Encore.
- ...C'est tout ce que vous avez reçu ? Il n'y avait pas un autre paquet avec ?
- Non. Pourquoi, il y a un problème ?
- Très franchement ? Oui. Un des colis n'est pas celui de la commande. Les derniers nombres sont certes mal imprimés mais ils ne correspondent pas ceux de la commande.
On lui emprunte sa tablette pour voir à leur tour qu'il y'a en effet bien un problème. Les deux derniers chiffres, deux huit sur son bon de commande, se retrouvent être deux trois dont l'encre a coulé. Ce qui fait que lors de l'analyse par radiographie, il ne trouve non pas des racines mais de la poudre.
- En effet, il y a dû avoir une erreur. Je vais aller voir où se trouve votre paquet.
C'est un peu ennuyé qu'Aiden attend la suite des événements, qui ne vont pas en se réglant. Bah, non, la vie serait trop simple. Et rien n'est simple dans la vie d'Aiden Finnigan.
Deux des trois hommes s'avancent péniblement vers lui avec un sourire forcé, sans son paquet. Encore une fois, c'est le plus jeune qui prend la parole.
- Eh bien, je suis au regret de vous annoncer qu'un incident s'est produit et que votre sixième paquet a été emporté par un autre de nos clients, dont le numéro était celui-là.
Avant qu'il n'ait le temps de tempêter sur le manque de professionnalisme, l'autre homme prend la parole.
- Nous avons bien sûr communiqué l’autre client concerné par l’incident en toute urgence pour signaler le problème, mais...
Il n'a le temps de terminer sa phrase qu'il se fait interrompre par l'embrasement de la cheminée. Sauf qu'Aiden s'en fiche de qui est-ce qui arrive, il veut savoir ce qui se passe pour les paquets de son père ! Mais quoi ?!
- Courrier de lady Pearce, annonce la nouvelle personne.
L'homme qui était censé lui expliquer ce qui se passe se détourne alors complètement pour aller ouvrir la missive. Une nouvelle voix résonne alors.
- Bien le bonjour, gentlemen. J'ai ouïe dire qu'une erreur technique assez embêtante s'est produite plus tôt dans la matinée et que je possède donc le colis d'un pauvre homme et qu'il a le mien.
- C'est juste, si cela ne vous ennuie pas de nous le renvoyer.
- Bien sûr que cela m'ennuie. Comment osez-vous déranger ainsi une lady si tôt le matin ?
- Mais l'autre destinataire est lady Pearce, notre pire clientèle, marmonne l'autre fonctionnaire, terminant ainsi la fameuse phrase.
- Attention, Cleiss, je t'entends, avise lady Pearce via la Lettre.
- Je disais juste que vous êtes une de nos clients les plus fidèles.
- Peu importe, il me faut récupérer ma commande d'ici la fin de la journée, dites donc à mon cher compagnon de malheur de m'amener ce qui m'appartient et je lui rends ainsi le sien par la même occasion. L'adresse est à la fin du message.
- Hey, vous pouvez simplement nous renvoyer le paquet, non ? Je suis au bureau pour retirer les commandes et vous, je ne sais où alors il serait plus juste que vous fassiez le chemin vu que vous connaissez les lieux ! S'indigne Aiden.
À un moment, faut arrêter d'abuser.
- Eh bien, on s'est mal réveillé, mon cher ? Vous êtes un homme, vous n'allez pas faire déplacer une lady.
- Oui et bah, j'ai 16 ans, je suis anglais, je ne connais pas les lieux, vous voulez que je fasse comment pour faire le chemin jusqu'à vous ?! Éclate-il.
- Faites-vous accompagner.
- Et puis quoi encore ?! C'est quoi le problème de nous renvoyer le colis ? Ce n'est pas cher payer de le faire par hiboux !
- J'ai horreur des rapaces et puis même en commandant six, ils ne pourront pas transporter votre colis. Et je ne vois franchement pas pourquoi je me justifie à vous. Venez vite ou je ne vous garantis pas le bon état de votre colis.
- Je vous déconseille de vous en approcher ! Ces racines ont des propriétés dangereuses que vous ne pouvez et ne voulez imaginer !
- Bien, alors hâtez-vous de venir récupérer votre bien ! Je n'ai pas que ça à faire !
- Ah, pourtant vous avez pris le temps de rédiger cette lettre !
Lady Pearce ne prend même pas la peine de répondre qu'elle coupe la communication en faisant consumer sa lettre.
Aiden fait la seule chose qu'un ado normal ferait dans une situation pareille : il pousse un râle de frustration en s'ébouriffant les cheveux.
Plus tard, un peu plus calme après un bon chocolat chaud -bien qu'il ait pris soin de fusiller celui qui a apporté ça du regard-, Cleiss –le plus jeune fonctionnaire des trois et celui qui prend toujours la parole- vient lui parler.
- Bon, je serais celui qui va t'accompagner jusqu'à lady Pearce pour échanger les paquets en toute formalité.
- Je serai bien tenté de l’oublier ici, rien que pour voir comment elle va réagir.
- Haha, on va éviter pour rester en bonne et due forme, rit Cleiss avec un peu trop de force pour que ce soit sincère. Tes cinq autres colis resteront ici le temps de l'aller et le retour.
- À condition que vous ne les laissez pas à d'autre personne.
- Bien sûr que non.
Décidément, cela ne va bien nulle part ce matin. Et cela semble d'aller de mal en pis, se dit Aiden en recevant un message de son père.
- Du retard, y'a-t-il un problème, demande mon père... Vous ne voyez donc pas d'inconvénient à ce que je lui dis la vérité ?
- Eh bien, ce serait un coup pour notre image mais totalement au fait.
Pendant qu'il rédige le message qu'il va envoyer, il commence à y avoir des va et vient d'autres fonctionnaires, voire clients comme le temps passe. Se décidant de ne pas gâcher plus cette journée qu'elle ne l'est déjà, il indique à son escorte qu'il est prêt à prendre la route.
En sortant de l'office par l'entrée moldu, Aiden s'étonne de voir qu'ils vont emprunter cette voie. Peut-être que lady Pearce, en plus d'être une femme difficile, vit dans le monde moldu pour rendre sa destination encore plus compliquer. Il ne la connait que depuis une vingtaine de minute et seulement à travers une lettre, mais il sent que c'est totalement son genre.
Il regarde Cleiss héler un taxi, les faisant monter et donnant la destination à leur escorte et se mettre en route. Sans oublier le paquet d'échange, bien sûr.
Le silence de l'habitacle pourrait presque étouffer ceux qu'on transporte. Aiden conserve sa mauvaise humeur pour s'être fait entubé et son accompagnateur a du mal à briser la glace après ce qu'ils lui ont fait. Mais bon, c'est lui l'adulte, alors il va faire un effort pour rendre le trajet au moins supportable pour leur chauffeur.
- Au fait, je ne me suis pas présenter parfaitement, je m'appelle Cleisthenes.
Il oublie de tendre la main pour serrer l'autre parce que c'est un peu difficile dans la position où ils se trouvent et le gamin ne semble pas prêt à tendre la main non plus.
- Aiden.
L'autre conserve son sourire poli, mais Aiden le prend finalement en pitié.
- Alors, lady Pearce est votre pire clientèle ?
Le rictus devient plus sincère et Cleisthenes (quel prénom vieillot, soit-dit en passant) se fait un devoir de lui raconter tous les anecdotes et folies qu'elle les a obligé de faire. Finalement, en dehors du cadre du travail, c'est un homme plutôt agréable.
Ils arrivent à destination à midi passé pour entrer dans une vieille bicoque rapiécée et soudain Aiden comprend pourquoi elle ne veut pas en sortir. Lui ne veut pas y entrer à moins de s'être jeté d'un sort très puissant contre la moisissure et le risque d'effondrement du plafond. À se demander comment elle fait pour y vivre.
- Ah, vous voilà ! Pressez-vous donc !
Encore faudrait-il qu'ils puissent entrer.
Le paquet en main, Cleisthenes agit comme un professionnel -autant qu'un pro peut faire des erreurs énormes dont il subit les conséquences- et demande à voir celui de l'échange. Aiden à l'impression qu'il va donner la rançon que demande le kidnappeur, lady Pearce en l'occurrence. Tellement de tension. Et il a raison d'en avoir, le paquet qu'elle retourne est ouvert.
- Vous l'avez ouvert ?! S'horrifie-t-il.
- Bien évidemment, il me fallait mes... Ma commande au plus tôt, quelle n'est pas ma surprise de découvrir autre chose.
- Qui contient des ingrédients très fragiles qu'il faut conserver tant qu'il n'y a pas utilisation ! Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous venez de faire ? Vous venez de ruiner quatre ans d'entretien d'une plante délicate tout ça parce que vous êtes impatientes !
- Cela n'est plus de mon ressort, ose-t-elle rétorquer.
- Et si je vous jetais votre commande en faisant perdre toute la poudre que vous étiez si presser d'en user, ce ne serait non plus de mon ressort, je crois !
- Je ne vous permets pas !
- Vous vous êtes bien permis, vous !
- Euh..., Fait Cleisthenes en tenant la boîte intacte, qui ne sait pas comment intervenir.
- Peu importe, procédons à l'échange avant que je ne fasse quelque chose que je regrette !
Cleisthenes tend le colis d'une main et récupère l'autre, il emboîte le pas de son jeune compagnon de route qui lance un 'bonne journée' bien sarcastique avant de se diriger vers la sortie de cette ruine.
- Je ne pensais pas que c'était possible d'être encore plus désagréable que ce qu'elle a fait ce matin ! Grogne Aiden en récupérant son bien -enfin, celui de son père-, aussi ruiné que le logement qu'ils viennent de quitter.
En effet, la grande majorité des racines se trouvant sur le haut du tas est toute défrichée et asséchée, il y a quelque rescapé dans le fond du sac où elles étaient empaquetées pour plus de sécurité -de toute évidence en vain- qu'Aiden s'empresse de jeter un sort de cocon afin de les préserver dans l'environnement ambiant qu'étaient équipés la boîte et le sachet. De toute façon, ils sont dans une ruelle malfamée alors pas d'inquiétude d'être vu (il ne dirait pas que c'est une chance que la lady vit ici, parce que c'est à cause d'elle qu'il doit justement faire ça). Il sort le reste du paquet pour séparer les mauvais dans le sac et ceux encore utilisables dans la boîte. Quand il termine la manœuvre, il lève la tête pour voir Cleisthenes l'observer faire avec fascination.
- Eh oui, le travail de potioniste n'est pas aussi simple que d'agiter la baguette au-dessus du chaudron et ajouter des ingrédients au hasard.
- Même en comparant avec notre travail de postier, faire la magie n'est pas aussi simple, répond sincèrement Cleiss.
Ai en fait tomber sa mâchoire sous le choc.
- Quoi, tu... ?
- Mes parents le sont, avoue le plus âgé en comprenant qu’il a compris, il ajoute rapidement : Ils étaient tellement sûrs que je le serai aussi qu'ils m'ont nommé avec un prénom bien original, du coup j'ai été la tête de turc à l'école des 13 colonies.
Si son but était de détendre l'atmosphère, c'est raté. On sent bien l'amertume dans sa voix, preuve est qu'il ne vit pas bien son statut de cracmol.
- Mais... pourquoi travailler dans un métier... Comme celui-ci ?
Puisque cela lui mène à croiser beaucoup de sorcier, comme lui et lady Pearce.
- C'est plutôt sympa comme profession. Tu restes derrière le comptoir, salut les clients, leur passe leur commande et tu es payé. Des fois, c'est même assez marrant.
- Oui, comme le gros malin qui a utilisé une machine dont l'encre coule ce qui cause pas mal de désagrément mais après ce n'est plus de votre ressort alors c'est sûr que c'est assez marrant, oui.
Le rire meurt doucement dans la gorge de Cleisthenes en comprenant le sous-entendu. Son regard glisse vers le paquet et le sachet qu'il a dans les mains.
- Du coup, tu vas faire quoi ?
- Eh bien, dire encore une fois la vérité à mon père et attendre ses décisions.
- Hum, ça m'a l'air amusant.
Aiden plisse des yeux sous la réponse ironique et se rend compte qu'il va beaucoup le faire avec cet homme qui le voit comme un gamin. Bon, il l'est peut-être, mais jusqu'ici il est celui à plaindre pour les bêtises que font les adultes.
- Évidemment que ça l'est, ma vie est toujours aussi trépidante ! Surtout quand on a grandi sans mère et que le père n'est pas très présent.
- ...Le temps qu'on retourne à l'agence, l'après-midi aurait bien avancé, je t'invite à déjeuner ? Histoire de s'excuser pour le dérangement.
Le plus jeune considère l'offre. Bah, pourquoi pas, disons que le prix du trajet est pour l'encre coulé et que le repas est pour avoir osé l'échanger avec une plaie comme lady Pearce. Ça vaut, surtout qu'il n'est pas cher payer.
Ils s'installent dans un café assez discret, tout comme les boutiques du coin, à croire qu'ils ne savent pas se vendre, ce qui est sûrement le cas en voyant le menu. Pas grand-chose n'est proposé si ce n'est un café, un sandwich avec juste de la viande de bœuf et un chocolat. Au moins, ce n'est pas cher.
C'est sûrement la raison pour laquelle Cleisthenes l'a choisi.
Le temps que leur (pauvre) met arrive, il y a de quoi faire la conversation, mais comme dans le taxi, ça commence mal.
- Donc... Tes parents sont...? Commence maladroitement Cleiss.
Aiden lui jette un regard, considérant les choix de sujet qui s'offre à lui. Soit il lui raconte la vie pour passer le temps, soit il va se plaindre auprès de lui pour déballer ce qu'il a ce qui le ferait encore plus passer pour immature, soit.... Bah, en fait, ce sont les seuls options et il décide de faire un mélange des deux, pas comme s'il le reverrait.
- Comme tu t'en doutes mon père l'est, mais pas pour ma mère d'après ce qu'il m'a raconté vu qu'elle nous a quittés.
Il ne sait pas pourquoi mais il ne va pas parler de son frère, c'est encore un pan de son histoire compliqué.
- Pourquoi est-ce qu'il t'a envoyé...toi ?
Doit-il lui raconter la partie naissance de Castiel ? Non, attends, il a dit 'toi', ce qui signifie...
- Pourquoi, tu penses que c'est ma venue qui a causé tous ces problèmes ? Que je porte malheur ?
- Ah non, ne déformes pas ma phrase, je dis juste que laisser un enfant seul dans un pays qui n'est pas le sien n'est pas prudent.
- Oui, eh bien, il n'était pas question de le faire promener dans les rues de New York dans la mission qu'il m'a donné, juste de récupérer six commandes qui lui sont arrivés mais qu'un crétin a trouvé amusant d'échanger un des paquets. D'ailleurs, je ne te l'ai pas demandé correctement mais est-ce que tu serais...?
- Merci de douter de moi, siffle son vis-à-vis, outré. Mais j'imagine que ce que j'ai dit plus tôt ne joue pas en la faveur, soupire Cleisthenes et roule des yeux quand Aiden acquiesce sèchement de la tête. Non, ce n'est pas moi, la seule bêtise que j'ai fait jusqu'à aujourd'hui est de ne pas avoir détruit tous les bons de commandes de lady Pearce pour ne pas les envoyer.
- Je ne peux que confirmer.
- Ou de ne pas avoir troué son colis de poudre, répandant ainsi son contenu sur le chemin vers chez elle.
Cela a pour mérite de faire rire le plus jeune, bien que retenu. Le reste de la journée est beaucoup plus détendu.
Les cinq colis intacts vont être transférés en Angleterre par voies postal, il a été décidé de jeter un sort sur tous les paquets afin qu'ils se matérialisent quand on ôte les codes-barres collés sur la lettre. Pour la dernière, Tobias a recommandé la marchandise dont l'école paie un quart car ils sont quand même en tort. Seulement elle arrive que dans cinq jours.
Aiden se trouve à prolonger son séjour dans la ville de la grande Pomme pour une semaine parce qu'il ne va pas reprendre le réseau de cheminée international et confronter le contrôle britannique. Déjà qu’il le fait une fois l'aller et le retour et que c’est super chiant, pas la peine de le doubler. Il est logé et nourri par Cleisthenes qui l'a gentiment proposé. Bien que le jeune homme le soupçonne toujours d'être le responsable de ses problèmes.
Passer cinq jours dans la ville de New York est vraiment une expérience en soit. Pas seulement parce que c'est moldu (ou no-maj comme les appellent les américains), mais aussi parce que cette ville ne dort jamais. Littéralement, il y a du bruit, de l'activité et de la lumière h24 en comparaison du petit village bien paisible en Irlande du Nord et Aiden se trouve un peu égaré. Il a eu du mal à s'y faire les premières nuits, se réveillant au beau milieu (même si personne ne dormait non plus) dans un environnement pas des plus calmes et autre part que dans son lit. Heureusement, Cleisthenes fut une bonne surprise. Il le divertit assez facilement et comme il n'avait que lui à qui s'adresser, il le suivait un peu partout. Les collègues de ce dernier ont commencé à les charrier mais ils n'en faisaient pas grand cas et continuent leur routine pour la semaine.
Au cinquième jour, le colis comme l'heure des adieux est arrivé. Après avoir vérifié deux fois qu'il s'agissait du bon paquet avec un contenu intact, Aiden fait un dernier tour dans cette ville hyper active en compagnie de Cleisthenes.
Ce qu'ils ne s'y attendent pas est de croiser quelqu'un de connu qui va les déranger dans leur adieu.
- Aiden ? S'étonne la voix de Wyatt Devon alors qu'il traverse central Park.
Ce n'est pour lui qu'un matin comme les autres où il fait une promenade avant d'entamer une dure journée dans les studios New yorkais. Mais il tombe contre toute attente sur le fils d'un de ses amis sorciers dans la ville, seul (sans famille, quoi) et en compagnie d'un homme âgé dans une proximité un peu inquiétant.
- Wyatt, halète Aiden en s'écartant de Cleiss.
Celui-ci est pour sa part surpris que son petit ami connaisse un chanteur moldu avec autant de renom. Décidément, ce petit est plein de surprise. Encore plus quand l'artiste handicapé s'adresse à lui comme s'il s'agit de son fils. Se serait-il mis dans une situation impossible ?
Probablement n'obtiendra-t-il jamais de réponse en voyant l'invalide escorter le roux vers l'école des 13 colonies en lui jetant un regard plein d’incertitude.
Il sent ce regard jusqu'à ce que le mineur disparaisse derrière les flammes vertes.
Tout n'y va plus qu'en pis pour Aiden. C'est comme s'il venait de quitter Charybde pour Scylla quand Wyatt lui a prévenu qu'il en informerait à son père. Il avait presque envie de lui dire que cela ne lui concernait pas, mais quelque part en lui doit être rassuré que quelqu'un l'ait remarqué. Bien qu'il désespère un peu des circonstances.
Une fois de retour sur les terres britanniques, il décide de prendre son temps avant de rentrer chez son père. Parce qu'il doit avouer qu'il ne se sent pas très à l'aise. Il aurait voulu passer sa journée dehors, dans le monde moldu, pour voir l'écart qu'il y a entre les États-Unis et le Royaume-Unis, sauf qu'il semblerait que son père ait des contacts partout ici en voyant le nombre de 30 légendes qu'il a failli croiser. Et il n'est même pas encore aux abords de Londres.
Le pire est quand en arrivant au Pays de Galle, il voit une personne qu'il n'aurait jamais cru voir.
- Thelma, mais qu'est-ce que tu fais dehors ?
- Il faut bien que je prenne l'air après être si longtemps en maternité.
- Mais tu viens d'accoucher il y a trois semaines ! Il faut 40 jours de repos après coup, tu sais ?
- N'oublies pas à qui tu parles !
À une sorcière et une Next qui plus est, c'est vrai qu'il a tendance à oublier quand il s'agit de fille. Sans un mot, il l'accoste dans un endroit désert afin qu'elle puisse les transplaner jusqu'en Irlande du Nord. C'est dans ces moments qu'il se rend compte qu'il hait le fait qu'il soit né aussi tardivement dans l'année. À cause de ça, il n'a même pas pu participer au cours de transplanage de l'année dernière au mois de Juin et doit attendre le mois de Décembre pour enfin apprendre ce moyen de transport et pendant ce temps il doit se faire escorter par les autres, qui sont majeurs.
Son retour aurait presque pu passer inaperçu, comme s'il ne s'était rien passé durant cette dernière semaine. Il passe la lettre du dernier code-barres à son père alors que celui-ci est en train de concocter une potion avec les autres ingrédients déjà reçus. Tobias lève le regard à son arrivé et Aiden sait à travers ces même yeux verts que lui que son père le sait. Cependant aucun des deux ne dit un mot dessus.
Pas pour l'instant.
Aiden fait un signe de tête, raide, avant de gravir les marches pour sa chambre, avant qu'il n'atteigne l'étage Thelma le hèle :
- Le repas sera prêt dans une demi-heure.
- Okay, merci.
Il traverse le couloir pour atteindre sa partie, mais il passe d'abord devant celle de son frère. Qui communique tranquillement avec Loan à travers un miroir à double sens. Leur regard se croise, bleu et vert, mais le premier détourne avec malaise. Comme s'il était au courant de quelque chose. Mais il ne dit rien, là encore. Sauf qu'Aiden a besoin de parler, il ne veut pas se faire ignorer.
- Ou est Castiel ?
- Sieste.
- Ok.
C'est fini, et Aiden atteint sa chambre, le seul lieu ou seul lui peut y accéder. Vide, silencieux et solitaire.
Après le repas, son père décide de le confronter.
C'était horrible, ils sont sortis de la maison pour parler librement et ils ont bien fait parce qu'ils ont tellement crié que ça aurait pu réveiller Castiel. Tobias lui demandant ce qui se passait dans sa tête, pourquoi s'être laissé faire par un inconnu qu'il connait à peine et plus âgé ?
Au début, Aiden ne rétorque pas grand-chose, voulant laisser Finnigan senior déballer tout ce qu'il a, mais au bout de plusieurs questions traduisant tout l'incompréhension de son comportement, le plus jeune y perçût de la déception. Et ça, il ne peut pas le supporter.
- Tu n'as pas le droit d'être déçu alors que tu m'as laissé champ libre ! Tu ne peux pas blâmer ce que j'ai fait alors que tu ne m'as jamais dit de ne pas le faire ! Tu ne m'as rien appris sur les comportements en société ! C'est Claire qui nous a gardés et elle ne nous en a pas expliqué davantage ! Elle est permissive, tu te souviens ? Elle nous laisse apprendre de nous-même, sauf que je n'ai jamais été confronté à ce genre de problème ! J'ai vu des couples avec des différences d'âge non-négligeable, regarde Wyatt...
- Leur couple n'a été officiel qu'à sa majorité ! Gabriel ne l'a pas touché avant ça !
- Et qu'est-ce que j'en savais, hein ?! Est-ce que tu as pris le temps de me raconter cette anecdote ? Est-ce tu n'as ne serait-ce que songer que c'était quelque chose que tu aurais pu me l'expliquer toi-même ?
- Eh bien, là, je te dis que les relations mineur-majeur sont illégales ! Il pourrait avoir pris avantage sur toi, il aurait pu te forcer et il pourrait très bien aller en prison pour avoir osé te toucher !
Mais à aucun moment il n'a demandé si c'est le cas, alors Aiden garde le silence, même si ça le tue, parce qu'il ne sait pas quoi dire d'autre. Parce que la conversation n'est pas allée dans la direction où il voulait, son père n'a pas l'air de préoccuper s'il a l'air indemne, est-ce qu'il aurait délibérément esquivé le point crucial ? Qu'il ne se préoccupe vraiment pas de lui, au point de ne même pas lui apprendre de simple chose qui paraisse si évident ?
Il ne le saurait pas.
Pas de sitôt du moins.
Plus tard dans le mois, le 28 juillet, lors de la réunion annuelle des 30 légendes, le sixième été consécutif depuis 2036, son père remit le sujet sur le tapis.
La réunion se déroule chez eux, parce qu'ils n'ont pas voulu déplacer Castiel qui n'a alors que 24 jours. Encore tout petit et fragile que tout le monde a envie de prendre dans les bras mais ne sait pas comment faire sans appréhender de peut-être lui faire du mal. Il vient à peine de naître.
- C'est si précieux un nouveau-né, roucoule Shannon dans leur groupe de jeune après avoir rendu visite au petit Cassie dans son berceau.
Bien sûr, ils ne sont pas tous présents, parce que certains ont d'autre obligation et ne sont pas forcément en vacance comme ceux qui passent leur vie à l'école. On désigne évidemment les professeurs et leurs enfants étudiants.
Au moins, Aiden, Cael et Loan en sont à leur dernière année.
- Il est adorable, surtout quand ses cheveux prennent la couleur blond comme son père, en soupire même Eileen qui se montre rarement gagatisante.
- Le temps passe vite, commente Brenda.
- Tu l'as dit, la première fois qu'on s'est réuni, Perry n'était même pas né. Aujourd'hui, il a cinq ans et ce n'est plus le plus petit, commente Eileen.
- Et pourtant toujours aucun couple, même celui le plus évident ne s'est pas casé, souffle Shannon en désignant Cael et Loan qui discutent plus loin.
Là, Aiden ne sait pas ce qu'il s'est passé, mais il a voulu commenté une chose bien choquante pour attirer l'attention.
- Peut-être parce que certain préfère des gens plus âgé.
Avec plus d'expérience aurait-il voulu ajouter.
- C'est sûr que les gars plus mature sont plus attirants, approuve Eileen.
Sauf qu'il ne s'attendait vraiment pas à ça.
- Ouais, mature, pas forcément plus âgé, ça peut devenir glauque, renifle Brenda.
- Tu en connais beaucoup des gars matures sans être plus âgé ? Réplique Eileen.
- Loan ? Propose Célestine.
- U-Hu, de ce que j'en ai vu de cette année, il n'a plus rien de mature, commente Shannon.
Le sujet ne tourne encore une fois pas dans la direction voulu et Aiden abandonne. Peut-être qu'il n'est juste pas fait pour vivre en société.
En tout cas, c'est ce que pense son père.
Alors qu'il lui a demandé de ranger la vaisselle, ce qu'accompli Aiden sans rechigner parce qu'il ne va pas faire déplacer Thelma et que Cael est trop occupé à s'occuper de son affaire, Tobias l'enferme dans la cuisine, souhaitant lui parler seul à seul.
- Pourquoi est-ce que tu agis comme ça ?
- Comment ?
- Comme si tu voulais influencer les plus jeunes, ne leur enseigne pas de mauvaises choses.
- De mauvaises choses ? Je ne fais que dire mon avis, quand c'est Loan qui enseigne une technique super compliquée qui peut créer des ravages, tu dis rien, mais quand je fais quelque chose d'à peine répréhensible, tu es derrière moi !
Aiden sait qu'il doit se calmer parce qu'il a monté d'un ton, mais il n'y arrive pas. Parce que ce que son père l'accuse là n'est que la confirmation de la querelle qu'ils ont eu plus tôt : il n'en a rien à faire de lui.
- Bien sûr que je me préoccupe de toi, contredit Monsieur Finnigan.
Le roux se rend compte qu'il a probablement dit la dernière partie à voix haute ou alors toute la partie où il pensait mentalement et décide de se jeter à l'eau.
- Vraiment ? Eh bien, dans ce cas, tu aurais remarqué que tout ce que j'ai fait depuis petit pour t'embêter n'était qu'un moyen pour attirer ton attention.
- Il était difficile de ne pas faire lien.
- Alors pourquoi tu n'as rien fait pour changer la donne ?! Je t'ai laissé plusieurs indices pour que tu fasses quelque chose, mais tu n'as pas agi ! C'est bien la preuve que tu ne te préoccupes pas de moi !
- Je te voyais t'amuser avec ton frère juste après, je pensais que tu as changé d'avis.
- Mais Cael a Loan, contrairement à moi qui n'ai personne à qui m'accrocher ! J'ai essayé de faire comme lui, j'ai essayé de m'attacher à Loan comme Cael l'est, mais ce n'est pas facile ! Ce n'est pas différent de s'attacher à un mur, il est impassible et froid comme sa mère ! Ce qui n'est vraiment pas rassurant comme idée vu qu'elle est dépressive !
- Un peu de respect pour la femme qui t'a élevé.
- Je pense qu'on n'a pas la même définition du verbe élever ! Claire n'est vraiment pas le modèle de la femme éducative !
- Elle reste une mère aimante.
- Mais quand est-ce que tu vas comprendre que Claire n'est pas ma mère ?! Je peux crever sous ses yeux, elle ne bougerait pas le petit doigt pour me secourir ! Parce que je ne suis pas son fils ! Elle ne pourra pas m'aimer de l'amour sordide qu'elle accorde à ses amours ! Et ça ne me dérange pas parce que je veux qu'on m'aime d'un amour conventionnel ! Peut-être que je t'en demande trop vu que tu nous as eu sans amour mais je veux juste qu'on m'aime, d'accord ?!
Sans attendre de réponse, il ouvre la porte de la cuisine, celle de la porte arrière et s'élance aussi loin que ses jambes lui permettent. Car il ne fait aucun doute que tous leurs invités les ont entendus.
Il se réfugie sur un ponton pas loin de leur maison, ou celui de son père et sa famille. Dont il ne se sent vraiment pas en faire partie.
Au bout d'un moment, il sent quelqu'un s'installer à côté de lui, mais il ne prend pas la peine de se tourner. Il ignore qui en est l'identité, mais ce n'est sûrement pas son père, parce que celui-ci est du genre à penser qu'il a besoin d'être seul et honnêtement il ne sait pas si c'est vraiment ce qu'il veut actuellement.
Finalement la personne prend la parole au bout d'un moment.
- As-tu faim ?
Harley. C'est Harley est venue vers lui d'entre eux tous. Pas même Cael.
- Actuellement mon corps ne me permet pas d'avaler quoi que ce soit, répond-il d’une voix serrée.
- D'accord. Alors je vais te parler jusqu'à ce que tu aies envie d'avaler quelque chose.
- Drôle de manière de réconfort, retient-il un rire alors que sa gorge se dénoue.
Il adore Harley. Elle a toujours été sa tante préférée des 30 légendes.
- J'ai développé cette technique avec mes trois amies d'enfances très singulières. En parlant l'une d'elle, Loan ne t'en veut pas pour ce que tu traites Claire, il est même d'accord et Albus confirme en ajoutant qu'elle a quand même envoyé son fils dans la forêt Amazonie pour une semaine.
- Et un mois sur une île déserte, complète-il.
- Voilà. Enfin, elle est certes permissive, mais Loan est plutôt est un garçon cultivé.
- Il est robotisé ! Il a été programmé pour savoir tout faire ! Si c'est ce que tu veux aussi pour nous !
- Non, ce n’est pas ce que je veux, je dis juste que c'est pas mal de savoir des choses très jeune parce qu'après c'est à nous professeurs de palier à tout ce que vous les enfants gâtés ne savez pas. Et c’est parfois vraiment aberrant de voir à quel point vous ne savez rien. Puis je pense qu'elle appellerait quand même ton père si tu es vraiment mourant sous ses yeux.
- Comme c'est gentil de sa part, encore faudrait-il qu'il arrive à l'heure.
- Il le fera, il le fera parce que c'est ton père.
- Je me le demande.
Il la sent se tendre, avant qu'elle ne passe une main hésitante dans ses cheveux. C'est rare de la voir avoir ce genre de geste d'affection, il a vraiment dû l'affecter.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Oh, je ne sais pas, le fait que mes cheveux ne soit pas blonds comme Cael et papa ? Ni grand-père ? Sans parler du fait que je ne leur ressemble pas du tout ?
- Tu as des problèmes avec tes grands-parents ?
Tobias ne parle pas beaucoup de Lavender et Seamus Finnigan, car il avait dit plus jeune qu’ils avaient des avis contradictoires mais normalement cela s'est calmé avec l'intervention de Chris.
- J'ai des problèmes avec tout le monde dans cette famille, personne ne m'aime, personne ne s'occupe de moi et maintenant que Thelma est là, j'ai disparu du tableau. Encore heureux, j'aurai trop peur de briser cette image idyllique. Castiel ne mérite pas de vivre sous le toit d'un roux.
- Il est métamorphomage, il peut très bien l'être aussi.
- Peu importe, on l'aimera.
- Ton père t'aime.
- Il ne m'aime pas. Il aime Cael, il aime Thelma, il aime Cas, il aime le mec qui a refusé de le voir ce qui a causé notre venu dans sa vie. Mais il ne m'aime pas.
- Il t'aime, il ne sait juste pas le montrer.
- Pourquoi ? Quelle est la difficulté avec moi ? Parce que je suis roux ? C'est pour ça qu'elle nous a abandonné ?
Sa voix craque, il le sait, tout comme son visage est trempé, mais il refuse d'admettre qu'il pl...
- Je ne sais pas pourquoi elle l'a fait, Aiden. Mais je peux t'assurer que tu as grandi entouré d'amour. On te le montrait juste de la mauvaise manière parce que plus jeunes, nous avons eu des problèmes sentimentales et on a probablement mal grandi ce qui fait qu'on n'a pas vraiment eu l'occasion de changer ça.
- Et j'en subis les conséquences.
- Et tu en subis les conséquences, confirme Harley en clignant des yeux.
Elle-même commence à trouver ses yeux humides.
- Je me demande qui elle est.
Il se sent attiré dans les bras de sa professeure et se laisse étreindre maladroitement dans leur position.
- Merci Harley.
Avant qu'elle ne puisse répondre, le son gargantuesque d'un estomac qui crie famine l'en empêche. Il y a un instant de silence, puis l'adulte lui tend un panier de repas.
- Hu... Merci.
- Je t'en prie. Et j'ai drôlement envie d'ajouter : " je te l'avais dit ".
- Wow, super comme note de fin, professeur, c'est comme ça que vous réconfortez vos élèves ?
- Je n'ai pas pour habitude de réconforter des élèves.
- Je me sens honoré.
- Tu l'es. Navrée de ne pas te l'avoir fait savoir plus tôt.
- Tu vas me faire rougir.
Mais ses joues sont déjà cramoisies depuis l'embrassade.
Le problème de communication n'a pas du tout évolué au cours du mois qui suit. Aiden a évité son père et sa famille pour le reste des vacances en passant ses journées dans le monde moldu. Il se met à comparer tout ce qui différencie les anglais des américains et à rêver de sa mère. Cette irlandaise anciennement serveuse d'un bar qui doit être une star à l'heure actuelle. Si elle a réussi sa vie, bien sûr.
Peu à peu, une idée se forme en lui et ne cesse de le tourmenter jusqu'à ce qu'il le mette en exécution. Il demande d'abord des informations aux deux Next de sa connaissance, Alice et Adrian. D'après les anecdotes qu'il a entendu (d'eux, bien sûr, pas moyen que ce soit de son père), Alice a réussi à reconnecter avec un des membres manquants des 30 légendes, Alfred, qui a abandonné les études magique pour vivre chez les moldu mais qui ne peut pas rejoindre leur réunion annuel pour des raisons personnels. Il aimerait savoir comment faire pour retrouver la trace de sa mère sans avoir d'information que son origine irlandais. Alice ne lui a pas été d'une grande aide en disant qu'il faudrait au moins qu'il connaisse son nom, sauf qu'il se voit vraiment mal de retourner vers son père pour demander un nom qu'il ne connait peut-être pas, vu son taux d'alcool dans le sang. Adrian lui suggère d'aller voir Wyatt à la place, vu qu'apparemment c'est une actrice et que le monde du spectacle est plutôt restreint, surtout chez les anglophones. Sauf que comme c'est Wyatt qui a tout rapporté à son père pour son bien, Aiden est rechignant à aller vers lui.
Mais il n'a pas vraiment d'autre choix.
Wyatt est en soit une aide conséquente. Il l'a aidé à répertorier toutes les femmes irlandaise (et rousse) dans le métier et si possible dans la trentaine/quarantaine. Bien qu'il lui ait demandé plus de précision auprès de son père. Au bout d'un moment, Aiden se résout à aller parler à son père.
Le jour où ils ont reçu leur dernière lettre de Pourlard car ils devaient aller au chemin de traverse pour de ridicule achat et que c'est moment pour Tobias de briser la glace. Sauf qu’avant, Aiden a une annonce à lui faire.
- Mais je ne compte pas faire ma septième année.
Tobias le regarde avec deux ronds de flan, ne s'y attendant absolument pas. Ni personne d'autre d'ailleurs, Thelma a du sentir quelque chose puisqu'elle fait sortir Cael et Castiel de la cuisine pour les laisser seuls. Encore dans cette pièce.
- Pourquoi donc ?
- Je compte vivre dans le monde moldu. Je vais... Je veux chercher maman.
- ... Et ce n'est pas possible de la faire après ton obtention d'Aspic ?
- Je veux la trouver tout de suite.
- C'est une décision un peu prise sur un coup de tête.
- Mais je ne veux pas vivre dans le monde sorcier, je t'ai déjà dit qu'il n'y a que je peux y accrocher non ?
- Et tu penses que tu en auras en la trouvant.
- Pourquoi, pas toi ? Tu penses qu'elle aussi ne veut pas de moi ?
- Ce n'est pas ce que j'ai dit !
- Peu importe, je veux vivre comme un moldu, à quoi me servira un diplôme sorcier ? S'irrite-il, pourquoi son père ne peut-il pas juste accepter ce fait ?
- Cela peut te servir d'apprendre les derniers enseignements. Par exemple comment transplaner.
- Je ne peux pas utiliser la magie devant des non-maj.
- Pardon ?
- Des moldu américains.
Silence. Tobias essaie d’additionner 2 + 2.
- Je veux d'ailleurs des informations sur maman, est-ce que tu sais quel âge elle avait quand vous... Enfin, quand vous vous êtes rencontrés.
Son père est pour l'heure juste trop incrédule pour lui répondre.
- Comme Wyatt a bien voulu m'aider à la chercher en commençant à faire une liste mais on a besoin d'un maximum d'info comme tu ne connais pas son nom.
- Je connais son nom !
- Ah oui, et qu'en est-il ?
D'un coup, il en perd les mots.
- Je ne savais pas que tu désirais tant la trouver.
- Non, tu ne sais pas. Tu ne sais rien, répond Aiden amèrement.
Tobias sent le remord l'étreindre.
- Je ne sais peut-être pas grand-chose sur toi mais je sais que tu n'as pas encore la majorité et donc la liberté de faire ce que tu veux.
- Encore faudrait-il que ce soit bien mon vrai âge.
- C'est ton vrai âge, puisque c'est elle qui me l'a indiqué, tu peux bien y faire confiance, non ?
Aiden grince des dents.
- Donc, en tant que ton tuteur puisque tu es mineur, je te demande de poursuivre tes études.
Le presque majeur est tellement frustré qu'il se lève brusquement en faisant tomber sa chaise.
- Ce n'est rien que quelque jour avant mes 17 ans et tu commences à jouer à l'adulte responsable, t'es tellement hypocrite !
Il n'est même pas sûr que ce soit une phrase cohérente, mais en tout cas il a craché son venin et sort de la pièce dans un effet bien dramatique.
Finalement, seul Cael est parti faire les courses. Tobias et Thelma s'occupent de Castiel et Aiden s'est enfermé dans sa chambre. Comme toujours.
Le jour de la rentrée, Aiden est d'humeur noire. Personne n'a osé l'approcher tellement il y avait de miasme qui s'en dégage. Il tire sa valise, qu'il a fait échanger contre la mallette typiquement sorcière par Alice durant l'été, et s'enferme dans un compartiment. Qui n'allait pas tarder à être rempli par de nouveaux élèves mais tant pis, au moins il ne rencontre aucune tête des descendants des 30.
En sept ans, il remarque que ce trajet est devenu un vrai supplice. Tout comme l'année qu'il allait passer.
Ou peut-être pas tant que ça.
Un matin, son frère le réveille avec un sourire enjoué. Si au début, il a cru que c'est en rapport avec son Loan adoré, il est agréablement surpris de découvrir que l'affiche qu'il lui tend est certainement beaucoup plus intéressante.
Il ne reste pas longtemps avec son jumeau car aucun d'eux ne sont capables d'avoir une conversation qui puisse faire avancer les choses, alors il accoure jusqu'au bureau d'Harley pour lui annoncer la bonne nouvelle.
Finalement, il a une chance de pouvoir trouver sa mère. Ce séjour pour passer deux semaines à Ilvermorny tombe à point nommé !
Fin
Bonus :
- Tu as la chance de pouvoir aller à Ilvermorny et rencontrer de nouveaux gens, soupire Eileen.
- Tu peux aussi, les voyages sont vivement conseillés à partir de la cinquième année.
- Je sais, mais maman ne veut pas me laisser en disant qu'il faut que je me concentre pour les buses que je vais passer à la fin de cette année.
- Ridicule, j'y vais alors que j'ai les aspics à passer, contredit Aiden.
- Oui, mais tu ne comptes pas les réussir, relève Loan.
- Je t'envie, je suis sûr que tu feras de bonne connaissance, avec des gens beaucoup plus intelligente qu'ici, râle Eileen en voyant les garçons qui la lorgnent.
Et beaucoup plus mature, j’espère, siffle-t-elle.
Tous immatures, ces gamins.
Fin. (La vraie)