Année 2042-43 : La descendante de Rose et Matthew Goldstein
1er octobre 2042 - Avril 2043
Tout a commencé à cause de Fanny Lupin.
Même si cette fille était de sa famille (lointaine mais elles passent tous les vacances et même la scolarité ensemble), Eileen Goldstein ne peut s'empêcher de penser que cette fille est une calamité. Sans que ce soit vraiment méchant, parce que le fait est que la quatrième et dernière métamorphomage de la famille est une vraie catastrophe ambulante. À croire que Celia Lingtren-Davison l'a contaminé, question maladresse.
Bref, tout ça pour dire que si sa cousine éloignée la rusée Serpentard qu'est Eileen se trouve dans une telle situation, c'est parce que la fameuse maladresse de la Serdaigle a de nouveau frappé. Mais fort.
Durant un cours de l'option soin aux créatures magiques de cinquième année, Fanny, très peu douée, trébuche sur une racine, alors qu'une personne normalement constituée (ou attentive) aurait juste eu à le passer par-dessus. Elle pousse sa parente sur le chemin au lieu de se raccrocher à elle, comme une personne normale, ce qui fait que la blonde se retrouve à son tour déséquilibrée. Eileen finit à terre, sur le sol boueux (parce qu'il a fallu que ce cours ait lieu après une journée pluvieuse) alors que Fanny se rétabli contre un tronc d'arbre, assise sur un botruc. Pas n'importe lequel, sinon ce ne serait pas drôle. Il s'agissait d'un des spécimens qu'ils allaient étudier et celui-ci a été attribué au groupe de Matt Corner. Jusqu'ici ça allait encore, puisque de toute façon cette bande de Gryffondor aux nombres de neurones assez restreints ne fait pas grand-chose à part rire comme des bossus sur un sujet quelconque. Là où ça se corse, c'est qu'il est courant que les botruc aiment l'or et Eileen a les cheveux de cette couleur. Bon, alors certes, étant créature surnaturel, celui-ci aurait pu déterminer en temps normal que ce n'est pas la matière qu'il recherche mais il vient d'être perturbé par la dite jeune fille. Donc, il n'y a pas vraiment injustice s'il se mettait à l'attaquer là, tout de suite, hein ?
Pas comme s'il allait réellement demander l'avis de ces humanoïdes sans cœurs qui les étudient, limite s'ils ne les dissèquent pas.
Bref, décontenancé et fou de rage, la créature s'extirpe du poids imprévu et s'élance pour l'attaquer. Mais avant qu'il n'ait pu atteindre sa cible, il reçoit un éclair violet et s'écroule inerte au sol (toujours emboué, eh oui, il ne va sécher juste parce que des sorciers font mumuse dessus).
- Oh, merlin, je suis désolée Eileen ! S'écrie Fanny en accourant pour relever la blonde.
Cette dernière accepte la main secourant avec une moue blasée. Oui, elle peut être désolée. Surtout que c'est à cause d'elle si elle vient d'être sauvée par Matt Corner, un crétin de premier. Doué mais quand même crétin.
- Tout va bien, Goldstein, je viens d'éliminer la menace.
Surtout quand il ouvre la bouche pour en sortir des sornettes.
- Par contre, je ne veux pas t'enfoncer mais du coup, on n'a plus de spécimen à analyser, nous. Passe nous votre botruc en dédommagement.
Et des sottises plus grosses que sa tête.
- Ben voyons. Et puis quoi encore ?
- Eh bien, puisque tu le demandes, tu vas devoir me payer 200 baisers pour me remercier de t'avoir sauvé.
- Pardon ?
- Non, tu devrais plutôt me remercier. Parce qu'au cas où tu ne te souviens plus, je viens d'agir comme un héros et t'ai secouru d'un mauvais pas et même si on dit tous que c'est notre rôle aux Gryffondor, on ne le fait pas gratuitement.
- Tiens, donc ! Pourquoi ça ne m'étonne pas ?
- On va donc diviser ceci ainsi : un baiser par jour.
- Minute. Qui te dit que je vais le faire ? Pourquoi devrais-je te remercier alors que je n'ai pas demandé ton aide ?
Son vis-à-vis a le culot de soulever un sourcil l'air de demander si son intelligence n’a pas été dérangée lors de sa chute.
- Allons, Goldstein, tu vas me faire croire que tes parents n'ont jamais appris qu'il faut être reconnaissant ? Rendre la pareille à ton sauveur ?
Piquée au vif, les yeux de la Serpentard s’assombrissent. Même si elle ne le montrerait pas, elle détestait qu'on remette l'éducation de ses parents en doute. Certes, elle n'était pas figure d'innocence avec sa langue de vipère (merci Loan), mais ses parents l'ont bien élevé. Et elle allait le prouvait.
- Soit, un baiser par jour, ce qui donne au total de six mois, deux semaines et quatre jours à compter de ce jour (1er octobre, quel hasard). Pas un de plus.
- T'inquiète pas, je ne vais pas chercher à en profiter, c'est juste que si on te voit me traiter ainsi, ma côte de popularité va augmenter.
Eileen a l'impression d'halluciner, est-ce que ce crétin était en train d'utiliser sa popularité (de ce qu'elle a compris) pour parfaire une réputation qui n'est pas la sienne ? Si tel est le cas, cet homme de cromagnon est encore plus atteint qu'elle ne le pensait.
- Peu importe tes motivations, je vais juste contenter de rendre ma 'dette'.
Sur ces mots, elle fonce sur le cretinoïde et planta un sec baiser au bout de sa mâchoire (parce que monsieur est grand. Et pas question qu'elle se mettre à la pointe des pieds pour lui faire plaisir, non mais oh !) dans un étrange bruit ressemblant fortement à un claquement.
- Aie. Tu appelles ça un baiser ? Se plaint Matt en se frottant la mâchoire.
Il est pratiquement sur d'avoir senti une partie de sa peau se décoller. Cette sauvage vient-elle vraiment de le mordre ?
- Définition d'un baiser : action de poser les lèvres sur. Ce que je viens de faire et j'ai des témoins pour confirmer.
La blonde se tourne sur ces entrefaites vers sa parente, en attente d'une réponse. Fanny tressaille et se force à ne pas le montrer à travers son don de métamorphomage, elle hoche vigoureusement la tête. Avant que Matt Corner ne rétorque qu'elle approuve uniquement parce qu'elle est de son côté, une autre voix intervient.
- Eileen a bien déposé ses lèvres sur ta mâchoire, Corner. En plus de ses dents, mais pour que ce soit fait, il a bien fallu qu'il y ait eu contact avec ses lèvres, donc c'est bien un baiser.
- Merci de ta coopération Will, mais tu pouvais garder tes commentaires pour toi, lui dit Eileen en soulevant un sourcil.
Matt fixe un instant le nouveau venu, enfin plutôt le dernier membre de leur groupe, Will B-Elton, qui les a rejoint avant de soupirer et hausser les épaules.
- Ok, mais demain tu es priée d'être moins brusque, sinon je vais croire que tu le fais avec reluctance.
Son sourire Colgate manque de les aveugler avant qu'il ne les laisse pour se diriger vers le botruc qu'il a mis hors d'état de nuire pour elle. Et Eileen ne peut s'empêcher de grincer des dents quand elle entend le professeur acclamer des explications. Il semblerait qu'il était temps qu'elle paie l'autre moitié de ce qu'elle doit.
Après ce foutu incident, la scène du baiser s'est renouvelée sur plusieurs jours, sans la brusquerie parce que monsieur est exigeant, devant un public ou non. De plus en plus de garçon en sont envieux de cette situation plus qu'inattendue. Après tout, il est connu qu'Eileen Goldstein est une beauté froide qui attire les jeunes hommes plus âgés et l'admiration de jeunes filles plus...bah, plus jeunes. Donc voir cette belle blonde aux yeux bleus ciel embrasser tous les jours ce crétin de Gryffondor dont les cheveux châtain absolument terne qui jurent affreusement avec ses yeux gris est plus qu'ils ne peuvent supporter. Cependant, ils ne peuvent rien y faire.
- Je crois qu'il est amoureux de moi.
Will B-Elton lève son regard de son manuel de sortilège pour jeter un regard à sa meilleure amie (du moins celle qui se l'est auto-proclamée), Eileen Goldstein, la personne qui vient de faire cette déclaration. Et c'est là que le jeune homme bénit l'invention des salons où ils sont dans l'intimité.
- Tu crois seulement ? Lui rétorque-t-il avec un certain sarcasme.
Ton qu'il perd immédiatement quand une autre voix enchaîne sa remarque.
- Et qu'est-ce qui te fait penser ça ? Le fait qu'il t'ait imposé ces termes de remboursement ou qu'il te demande tous les jours ?
- Je ne t'ai pas sonné Shannon BCC, claque sèchement Eileen.
Shannon Boa-Cameron-Cavallone, née de deux mères grâce à une couveuse magique, a le caractère aussi extravagante de sa mère Lolie la Gryffondor et est autant perspicace que sa mère Laura la Serpentard. Eileen ne la déteste pas particulièrement mais elle avait le don de faire taire son ami Will rien qu'en étant présente alors elle préfère les garder loin l'un de l'autre. Le fait est que Will est né de la même manière avec seulement un an d'écart donne au sorcier un énorme faible pour cette dernière. Lui est né de deux pères : Ulysse Bancroft et Malcom Elton qui ont utilisé la technique de conception magique pour couple homosexuel un an avant, faisant naître leur fils le 12 février 2027. Et si de cette union avec deux caractères complètement opposés a donné naissance à ce miracle tout timide, Will surprend ses parents en ayant un cœur plus grand que les deux pères réunis. Oh, pas que l'ex Poufsouffle et Serpentard sont insensibles, mais tout le monde est un peu égoïste. Sauf que pas Will, parce que pour éviter de créer un certain désaccord entre ses pères, le garçon a choisi de mélanger les noms de ses parents au lieu de porter un avant l'autre. Parce pour arrêter un débat stérile sur sa répartition, qui balance entre les jaunes ou les verts (faire le bien est quand même une grande ambition), Will a décidé de ne pas se faire répartir (ne se voyant d'autant pas plus chez les rouges ou bleus) et se trouve chez les Caméléon blanc-mauve. Bref, un vrai amour, c'est pour ça qu'Eileen a d'office décrété qu'il serait son meilleur ami, son confident. Trop gentil pour dire non, bien que le bougre commence à répondre.
- C'est drôle, je me demande à qui tu t'adresses si je n'y suis pas incluse, siffle Shannon.
Will tressaille, du moins à chaque fois que Shannon montre sa contrariété. Manque de pot, elle est aussi répartit chez les Caméléide ne voulant pas choisir entre ses deux mères.
- Eh bien, à mon meilleur ami puisque c'est le seul que j'ai invité avant qu'une impertinente ne s'invite d'elle-même.
- Elle n'a pas tort, S, approuve une quatrième voix.
Bon, Eileen admet bien volontiers, mais intérieurement, qu'elle a oublié la dernière personne présente dans le salon. Faut dire la petite chieuse qu'est Shannon BCC capte toute l'attention et que Brenda Holbein n'est pas très imposante. Quand elle est perdue dans ses recherches expérimentales. Née de l'union d'Animera Malone et du moldu Damian Holbein, la petite (en quatrième année comme la BCC) est répartie chez les Serdaigle et fait étrangement rappeler un certain prisonnier d'Azkaban (non, pas Sirius Black) avec son besoin de toujours créer des objets. Mais qu'a donc eu Ani en tête en l'élevant ?
Emil Stewart, certainement.
Mais chut, il ne faut pas le dire devant Damian Holbein, pauvre moldu.
À part Will, et accessoirement le seul gars, les trois filles sont toutes issues des 30 légendes.
- Mais sinon, je suis aussi curieuse de savoir ce qui te fait dire que Matt Corner, élève arrogant et présomptueux de Gryffondor qui adore avoir l'attention sur lui, a des sentiments amoureux pour toi, ma chère Eileen, poursuit Brenda.
- ... Il rougit quand je lui donne sa dose quotidienne.
- Peut-être qu'il aime juste que tu le...enfin..., propose Will sans parvenir à terminer sa phrase, rouge.
- Comme ta naïveté est adorable, Will ! Roucoule Shannon, faisant encore plus rougir ce dernier et lever les yeux au ciel à la blonde. Il n'aime pas seulement le fait qu'Eileen l'embrasse mais aussi qu'elle en fasse beaucoup plus !
- Sauf que tu lui coupes tout le temps l'herbe des pieds quand il tente d'aborder le sujet, termine Brenda.
- Elle lui coupe tout de suite ses espoirs quand elle va le voir pour l'embrasser, oui, ricane Shannon en fronçant du nez.
Et Will refuse de penser qu’il a trouvé ça mignon.
- Les mots que tu emploies sont tellement mal assemblés que ça donne une phrase à une signification étrange, renifle Eileen.
- Ce qui ne l'empêche pas de revenir continuellement à la charge, souffle Will.
- Et c'est justement ça qui me dérange. Je peux difficilement lui dire de laisser tomber et qu'il n'a aucune chance puisque le fait est que je retourne tous les jours vers lui pour...l'embrasser -pas par plaisir que ce soit clair.
- Mais il n'a vraiment aucune chance.
- Oui. Et il le saura dans... Quatre mois.
Le lendemain, lors d'un changement de classe, Matt Corner arrête la jeune fille quand ils se croisent.
- Tu ne m'as pas donné le baiser du jour.
Eileen fixe la main qui emprisonne son bras avec une certaine contrariété et prend du temps à répondre, attendant probablement que l'autre comprenne le message subliminal. Mais soit Corner ne lit pas entre les lignes, soit il attend d'abord sa réponse. Dans tous les cas, Eileen veut se débarrasser de cette présence encombrante.
- Bien sûr que si, je l'ai fait plus tôt dans la journée. L'Alzheimer te guette.
- À moins que tu ne sois déjà accro, provoque Fanny.
Deux tâches rouges colorent les joues de Corner avant qu’il ne prend ses jambes à son cou sous les rires de ses camarades. Eileen reprend la route sous l'œil attentif de son meilleur ami, qui écarquille des yeux.
- Mais tu ne l'as pas fait, souffle Will.
Pas de réponse.
- Tu ne l’as pas embrassé aujourd’hui, L, insiste son ami.
- Quoi ? Tu ne l'as pas fait ? S'exclame Fanny avec horreur.
Ses cheveux se teignent de verte alors que la blonde daigne soupirer.
- Non, mais il est tellement effrayé par ses propres sentiments, dont il s'est rendu compte récemment, qu'il n'ose même pas demander quoique ce soit qui puisse le trahir.
- Ce n'est pas juste de ta part, commente Will. Foutu compassion entre gars amoureux.
- Ça va, pas comme si cela allait fonctionner une deuxième fois. Je ne suis juste pas d'humeur, aujourd'hui.
- J'espère que tu seras de meilleures humeurs les autres jours ! Grince Fanny en s'ébouriffant les horribles cheveux châtains qui jure avec ses yeux jaunes flashy. Elle n’arrive juste pas à croire qu’elle a fait partie d’une sorte de complot sans le savoir.
- Laisse-tomber, j'ai cessé de l'espérer à partir de la troisième année quand j'ai compris que cette fille ne sera jamais satisfaite.
- Ne dis pas de sottises. Je sais très bien être satisfaite, tu ne regardes juste qu'au mauvais moment.
- Elles ne doivent pas remplir le quart de tes journées alors.
Le commentaire du garçon est balayé d'un geste de main nonchalant.
Quatre mois ce sont ainsi écoulés et le quota de baiser est bientôt arrivé à son terme. Seulement si cela réjouissait Eileen, elle devait avouer que pour parvenir jusqu'à la fin elle est aussi nerveuse que Matt, qui de son côté ne veut pas que tout cela se termine. Parce qu'elle se doit d'être honnête et doit rendre le baiser qu'elle a injustement gardé sinon quoi le compte de 200 ne sera pas atteint. Mais cela ne l'enchante pas. De ce qu'elle a vu, Corner devient de plus en plus audacieux et flirte avec elle. Même si elle répond (ou pas) négativement, il ne semble pas comprendre le message qu'elle essaie de lui faire passer sans que cela soit trop blessant (ou humiliant lorsqu'il agit stupidement devant ses camarades aussi immatures). Toutefois, il va bien falloir payer un moment. Bien qu'elle pense qu'elle en a fait assez alors que ce n'est pas de sa faute.
(Dire qu'elle a dû sacrifier leur spécimen de botruc au groupe de Gryffondor lui fait toujours autant grincer des dents.)
Franchement, il y a un temps où sa fidélité envers sa famille devrait cesser, c'est à Fanny de régler tout ça ! La metamorphomage a de la chance de trouver l'excuse de devoir s'occuper des animaux avec le garde animalier parce qu'elle ne garantit pas qu'elle ne l'aurait pas fait payer à chaque coup de gueule, bien qu'elle devrait aussi féliciter sa grande maîtrise de soi.
Elle est brusquement sortie de ses pensées par son petit frère qui l'appelle.
- Eileen, il se passe quelque chose avec Matt ? demande Reed Goldstein.
Elle regarde les deux premières années qui se trouvent devant elle et est surprise de ne les voir que maintenant. Après tout, le garçon qui accompagne son frère n'est autre que Flynn Corner, le petit frère de Matt.
- Pourquoi cette question ?
- Dernièrement, il est comme en dépression, ce qui est étrange puisque depuis Octobre, vous semblez bien vous entendre, répond alors le petit châtain dont les yeux verts sont un peu plus séduisant que son aîné.
Ce n'est finalement pas si surprenant. Comme ils sont tous de Gryffondor, ils ont dû entendre une quelconque bêtise de la part de ce crâneur de Matt pour être dans les grâces de la belle Serpentard et n'ont que pu remarquer le changement qui s'est opéré chez le cinquième à mesure qu'ils approchent de la fin. Elle est cependant très déçue de son frère qui a aussi cru qu'il se passait quelque chose entre le frère de son ami et elle. Pourtant, ils ont eu les vacances d'hiver pour mettre au clair cette histoire, mais non, le petit roux qu'est son frère a préféré donner mérite aux rumeurs.
(Ouais, les deux semaines de vacances ne sont pas comptées, ce qui a fait que six mois s'est transformés en sept mois et une semaine. Bien sûr, Corner n'a pas jugé utile de la prévenir avant.)
- Non, il ne se passe rien. Et bientôt ce serait définitivement le cas.
Les deux amis s'échangent un long regard avant d'observer leur aînée avec incompréhension. Donc, il y a eu une histoire ou pas ?
Franchement, elle est entourée de gars qui se fichent de sa vie. Déjà, elle s'est plaint auprès de Loan qui l'a remballé en disant qu'elle aurait dû prévoir ce genre de cas en traînant avec sa presque cousine Fanny, Cael a approuvé son petit-ami (officiellement depuis leur séjour à Illvermony pour un échange scolaire), Aiden a seulement ri de sa situation et Raj et Reed sont trop jeunes pour comprendre (la preuve, ils ont été naïfs de croire qu'elle s'entendait avec Matt alors qu'elle ne fait que l'embrasser sous la contrainte -en même temps faut pas enlever leur innocence). Heureusement qu'elle a Will.
(Le pauvre est lui-même forcé à écouter ses plaintes qui n'en finissent pas)
Elle n'est décidément pas bien entourée.
Finalement, le dernier jour est là. Si ce devait être ce jour qu'Eileen saute de joie pour être enfin libérer de cette charge sincèrement injuste, elle est vite désenchantée quand elle un pressentiment l'assaille alors qu'elle se dirige vers Corner aîné.
- On peut parler ?
- Laisse-moi d'abord faire ce rituel qui sera le dernier.
- Attends, il faut qu'on parle avant, insiste-il. En privée.
Il chuchote le dernier mot au creux de son oreille, ce qui la fait frissonner. Voulant dissiper tout malentendu, Eileen affiche sa moue qu'elle accorde à tous les garçons qui cherchent à l'aborder (comme par hasard, tous des idiots), avant de se laisser entraîner.
Ils se trouvent seuls dans un salon qu'il a pris soin de bien fermer la porte et elle croise les bras, impatiente qu'il dise ce qu'il a à lui dire. Même si elle sait de quoi il va s'agir. Non, en fait, c'est justement parce qu'elle sait de quoi cela va concerner qu'elle décide de faire à sa manière.
(Elle n'a jamais dit qu'elle n'est pas immature, elle n'aime juste pas que les autres agissent ainsi vers elle)
Elle plante le cent quatre-vingt dix-neuvième bisou sur la joue de Matt -et non pas mâchoire-, près de l'oreille puisque monsieur se tournait justement, avant de reprendre sa place l'air de rien, plantant le garçon sur place.
- Alors, de quoi veux-tu parler ?
- De ça, justement.
- Du dernier baiser que je te dois ?
La froideur qu'elle prononce ces mots a tendance à faire fuir n'importe qui (elle l'a copié de sa tante Claire, qui n'est vraiment pas un rayon de soleil, sauf quand elle se lâche) et Matt n'est pas spécialement courageux surtout lorsque ça traite de sentiment mais il doit le faire sinon il risque de regretter toute sa vie.
- Ouais, absolument. Le dernier, ou le premier d'une toute autre série. Je sais que tu reçois quotidiennement ce genre d'attention et que ce n'est pas la première fois qu'on te fait ce genre de proposition mais je pense avoir une certaine avance sur les autres.
Il a seulement droit à quelque centaine de baiser parce qu'il a voulu mais pas elle. Soudainement, elle réalise qu'elle ne lui a en fait donné que 199 et non 200, parce qu'elle en a arnaqué justement un par mauvaise foi. Puis elle pense qu'elle peut se rattraper en l'éconduisant de manière douce. Après, elle pense que c'est quand même inéquitable.
La voyant hésiter, mais pas pour la bonne raison, Corner, ayant repris quelque constance, lui dit :
- Bah, ce n'est pas pressant. J'attends ta réponse.
Il tourne les talons pour sortir du salon, afin de continuer dans sa lancée super classe.
- ... une semaine. Tu auras ta réponse au bout de ce délai.
Un sourire satisfait orne les lèvres du rouge, qui hoche la tête en sortant de la pièce. Mais Eileen savait qu'il n'allait pas le garder longtemps.
Après tout, c'est une Serpentard et elle éprouve un certain plaisir de voir la chute des autres (ça, c'est de papa, du moins l'autre partie, mais chut, il ne faut pas le dire à maman).
Comme promis, une semaine plus tard, Eileen Goldstein va chercher son soupirant malgré lui pour lui donner une réponse. Bientôt cette histoire de prétendant sera une histoire du passé, en plus de ces deux cents baisers.
Fin
Bonus :
- Oublie-moi.
- ... T'es cash.
- Tu sais, cette histoire n'aurait jamais dû avoir lieu. On avait aucune alchimie ni rien, juste la maladresse de Fanny et elle ferait mieux de voir un spécialiste.
- Je suis d'accord si elle provoque une autre histoire aussi...
- Humiliante ? Propose Eileen.
- ... Embarrassante.
- Ça dépend pour qui.
- Mais ton cœur n'a même pas eu un petit peu de chavirement ?
- Aucune.
- Ça t'a dégoûté ?
- Je n'emploierai pas ce terme mais ça ne m'a plu.
- Ce n'est pas considéré comme du viol, hein.
- ... Non.
- Très rassurant.
- Puis, tu t'appelles Matt et c'est le diminutif de mon père, ce qui me fait très bizarre.
Corner la dévisage avec de gros yeux.
- Tu aurais pu garder cette excuse pour toi. Ça finit avec une note encore plus lourde, là.
- Eh bien, je peux alléger.
Ce disant, elle s'approche de lui, fait l'effort d'être sur la pointe des pieds et dépose un léger baiser sur sa tempe.
- C'est pour quoi ? Compenser du mal que tu m'as fait en m'éconduisant ?
- Non. Rendre la totalité des baisers que je te dois.
Pause.
- T'es vraiment une chipie ! Je savais bien qu'il manquait un dans le compte et que je ne suis pas accro à toi !
- Non, juste un béguin passager. T'inquiète, le temps fera son boulot.
- Il faut vraiment apprécier de se faire casser pour être avec toi.
Seul un sourire narquois lui répond.
Fin. (La vraie)