Localisation et Discussion
Mai
Harry ne pensait pas qu'il penserait quand même à ça, mais franchement penser seulement était trop simple parce que c'est vraiment dur d'enseigner ! Et pourtant, il avait tout de même appris quelque petite chose aux petits nouveaux après leur formation concentrée pour entrer dans l'élite d'auror. Disons que là, c'était moins... Agité. Ils n'avaient pas à se bouger au moindre appel car untel est soupçonné de magie noire, n'avaient pas à se déplacer avec efficacité -enfin, bien sûr, il leur fallait aussi être efficace mais ce ne sont que des enfants !- lors des interventions, il aurait presque dit que c'était calme. Presque, parce qu'il y a toujours des revers de médaille et ce n'est pas à Poudlard qu'on y échappera, il pouvait lui-même l'y attester.
Posté à la fenêtre de la salle des professeurs, il appréciait l'air matinal en sirotant du café. Pas grand monde était levé, ou du moins ils l'étaient mais préféraient rester dans les salons qui leur servaient de foyer. Il pensait que cela allait changer, surtout en cette belle matinée qu'annonce le Week-end de fin de printemps, visiblement non. Et puis, sans que cela le surprenne, aucun salle inutilisé des cachots n’avait été subtiliser en un salon, il faisait bien trop froid aux sous-sols et l’ambiance ne prêtait pas à un quelconque repos.
" Bonjour, Harry. "
" Bonjour, Nev´ ", répondit-il sans se retourner.
Il n'y avait que son ami qui lui avait parlé depuis qu'il a été muté au poste de prof de DCFM. Il avait même blagué à propos que les rôles allaient changer et qu'il était maintenant son cadet concernant l'enseignement. Bref, il se sentait rassuré d'avoir une figure familière en ce lieu qui lui rappelait tant de souvenir. Bien sûr, il y avait ses enfants, ainsi que ses nièces et neveux mais ces derniers n'étaient pas nés quand il y était pour étudier.
" Alors, ce n'est pas trop terrible ? "
" Ils sont sympas, même si je ne devrai pas donner un avis au bout de seulement quelque mois. "
" Ce ne sont pas de simple mois, il s'agit de tes deux premiers mois dans cette profession, et attention, c'est officiel et légal, cette fois ! "
Ils rirent tous les deux en pensant aux cours clandestins de leur cinquième année.
" Est-ce que tu vas continuer ? "
" Je ne...crois pas. "
Si son ami eut l'impression qu'il allait dire autre chose, il n'en montra rien.
" Tu vas reprendre cette carrière alors. "
" Non. Je... J'ignore encore ce que je vais faire, mais je ne pourrai poursuivre l'enseignement. "
Son collègue botanique voulu dire quelque chose mais il fut interrompu par l'exclamation d'une voix étrangère.
" Ah, je vois qu'il n'y a que ceux qui naissent dans les années 80 pour comprendre le bon goût de la caféine ! " Plaisanta une voix.
Ils virent arrivé un de leur collègue, Wayne Hopkins, qui était en effet né dans leur année, ayant été dans la même promotion, bien qu'ils ne l'aient jamais côtoyé. Et remarquèrent ensuite qu'il y'avait aussi une autre silhouette derrière, Roger Malone dans toute sa taciturne, qui les salua d'un hochement de tête avant de terminer son verre. De café, bien sur. Neville jeta un regard à son verre en carton -moldu- avant d’obliquer vers ceux de ses collègues, un sourire lui vint en voyant qu'ils étaient bien des amateurs de cette boisson énergisante.
" Ah, la fin d'année approche ! " Soupira Wayne.
Harry haussa un sourcil, curieux d'une telle réaction.
" Ça n'a pas l'air de te réjouir. " Il fit en terminant également le liquide.
" Pour cause, juin égale à fin d'année qui équivaut à examen ! Donc, nous, professeurs, devons préparer les sujets tout en sachant que certains merlans frits ne vont rien répondre étant de vrais incapables ", cracha Roger en faisant une grimace terrible.
Si cette manifestation de dégoût surprit un, les deux autres étaient autant d'accord que blasé par la réaction véhémente. Puis, le héros commença à réaliser. Ah oui, les examens, que devrait-il leur concocter ? Surtout pour les quatrièmes et sixièmes années, qui vont passer le sésame qui leur ouvrira les portes dans le monde actif l'an prochain, communément appelé Buse et Aspic. Eh ben, il maintenait son avis de ne pas continuer dans cette voie et était reconnaissant envers tous les profs respectables qui ont su faire preuve d'imagination dans ses années collège lors de cette épreuve -sauf ceux de DCFM, ne faut pas abuser non plus-.
Bref, pendant que Potter père cogitait sur les problèmes d'adultes, Potter cadet était à des années lumières de ça. Il s'activait à rechercher une personne en compagnie de son meilleur ami. Ou plutôt collé de son meilleur ami.
" Si vous vous étiez mis ensemble, tu aurais pu la retrouver beaucoup plus facilement. "
" Oh, lâche-moi avec ça ! On fait ce qu'on veut, je te dis ! "
" Donc, ça ne te dérange pas de la voir flirter avec un autre ? Ah, mais suis-je bête, bien sûr que non, ça ne te dérange pas puisque tu as accepté qu'elle embrasse un autre que toi ! "
Le beau blond reçut en retour le regard le plus sombre du répertoire de son meilleur ami qui lui promettait mille souffrances.
" Tu ne me fais pas peur. "
" Ce n'est pas mon but, si tu crois que ça m'amuse de t'entendre déblatérer tes âneries ! "
" Bah non, mais chercher une fille plutôt que parler à ton ami est bien sûr plus distrayant ! "
" Parfaitement ! "
" Je ne te pensais pas comme ça ! C'est cette gourgandine qui t'a rendu ainsi ? "
" Eh, je ne te permets pas même si c'est une plaisanterie ! Retires ce que tu as dit ! "
" Alors tu es le genre à préférer les filles aux copains ? "
" Tous les garçons préfèrent la fille au copain ", répliqua Rose, en prenant enfin part à la conversation plus que puérile de ses deux amis. Elle ajouta en voyant le regard abasourdi du blond " sauf toi. "
Les cousins entendirent vaguement leur ami bougonner avant de continuer leur recherche, Rose le faisant seulement par défaut d'activité et en soutient des sentiments de son cousin et meilleur ami.
Ils retrouvèrent finalement leur cible, enfin personne, au bord du lac -parce qu'il faisait beau, et que les gens saint d'esprit, enfin surtout ceux qui avaient encore leur esprit, en avaient besoin- occupée à dissuader quelque chose au septième fils.
" Aller, ne fais pas cette tête, les filles plaisantaient. "
Ou persuader.
" Salut ! Qu'est-ce que vous faites ? " Commença Rose en voyant que son cousin ne voulait pas faire le premier pas.
Deux têtes se tournèrent vers le trio et celui de la jeune fille montra une joie réelle en notant qui en faisait partie.
" Salut ! Je consolais Adrian qui s'est fait rembarré par les filles. "
" Comme c'est intéressant ", marmonna Wyatt.
Ce qui accueilli un silence bizarrement inconfortable.
" Et vous ? " Finit par demander la chinoise.
L'américain jeta un regard éloquent à ses amis, l'air de dire : " Oui, et nous ? "
" Pas grand-chose ", répondit Albus en ignorant le blond " pour quelle raison l'ont-elles rembarré ? "
" Eh bien, avec les filles, on était à la recherche d'une salle qui puisse accueillir plus de la moitié des élèves pour vous-savez-quoi, jusqu'à ce que monsieur débarque et tente de nous détourner de notre projet pour imposer un autre. "
" Qui est ? "
" Fêter son anniversaire. "
" Seulement ? " L'incita Albus à poursuivre.
Pour réponse, Claire jeta un regard concerné à l'intéressé, qui resta silencieux, les yeux fixés sur l'horizon.
" Elles ont... Laissé sous-entendre qu'elles s'en fichaient. " Pas mal, aurait-elle pu ajouter si elle paraphrasait mais avait eu la gentillesse de ne pas le faire.
" Oh. " Laissa échapper Rose. " Et c'est quel jour ? " Feignit-elle de s'y intéresser.
Sa camarade lui jeta un regard reconnaissant. " Aujourd'hui, le 2 mai. "
" Comme Victoire ", commenta inutilement Albus, voulant meubler le silence.
" Oui et j'ai toujours pensé que ma naissance était un jour béni, qui valut ma puissance. " Dit enfin Adrian.
" Fallait pas trop rêver non plus ", acheva aussitôt Wyatt. Alors que son congère blond repartit en déprime, les trois autres lui jetaient des regards blasés par son attitude.
" Bah, nous, on peut toujours le fêter avec toi ", tenta-t-il de se rattraper.
Cela eut au moins pour mérite de redonner le sourire au grand dadais.
" C'est vrai ? "
Voyant son regard lumineux et surtout après ces paroles, plus possible de faire un pas en arrière ! Les quatre aiglons se virent dans l'obligation d'accepter.
" Mais avant tout, où veux-tu le faire ? " Débuta Rose, voulant être sûre que le projet a été préparé.
" T'inquiètes, je connais grave des passages secrets ! "
" Hum, permets-moi tout de même le bénéfice du doute puisque tu n'es pas en possession d'une carte qui liste tous les passages secrets ", répliqua la rousse néanmoins.
Le né-moldu fit alors une chose qui remit en doute leur certitude, il lui fit un sourire mystérieux, comme s'il savait une chose de plus qu'eux.
" Et sinon, il n'y aura que nous ? " Demanda Albus, pas très à l'aise à cette idée. Ce doit être vachement triste, si le septième fils ne fêtait ses 15 ans qu'avec quatre de ses camarades. D'ailleurs, ils sont où ces rouges et ors ?
La réponse, tout de suite !
" Non, Ru, Ju, Matt et Loa sont déjà sur les lieux. "
Oh, pratiquement tous les gryffondors, exempt Harley qui l'a apparemment rembarré et Élise pour une raison qu'on ignore.
" Mais à dire vrai, j'ai songé à inviter toute la promotion. "
Les Serdaigles eurent un silence pour assimiler l'information. Toute la... Euh...
" Toute la promotion ? Tu veux dire tout...? "
" Oui, Poufsouffle, Serpentard et la vôtre aussi ! Après tout, nous sommes les 30 Légendes ! "
Il était tellement certain et joyeux, qu'aucun ne purent prononcer l'austère vérité.
" Je ne veux pas être méchant mais tu sais qu'on ne s'entend pas tous forcément ? Et que les autres ne voudront ou plutôt n'auront pas que ça à faire ? "
Enfin, sauf un. Wyatt évidemment, qui semblait se définir par le leitmotiv "Assommons les pauvres!!".
Heureusement, Adrian était un peu trop enthousiaste pour retourner dans ses sentiments négatifs, il ne fit qu'une moue un peu contrite avant qu'un sourire ne revienne le posséder.
" J'ai une idée ! Bon, commençons d'abord par nous diriger vers notre passage ! "
" Tu es conscient au moins que ce sera une longue quête ? " La retint quand même Claire.
" Mais oui, ne t'inquiètes pas pour ça, je gère ! "
Sur ce, il les mena d'une main de fer comme un leader sans se préoccuper si on le suivait vraiment, et sans savoir que c'était justement sa réplique, qui se voulait rassurante, qui les inquiétait le plus. Mais comme les aigles n'ont qu'une parole, ils le suivirent. Ils durent d'abord grimper les escaliers capricieux, faire quelque tour, monter encore des marches pour parvenir au septième étage, à la tour horloger. Les quelque personnes qu'il avait cité étaient bien là, en train de s'occuper en attendant le retour du principal intéressé.
" Tiens, te voilà ! On n'attendait plus que toi ! " Grogna Ruben en s'étirant, comme il en avait profité pour faire une sieste. Il sentit à cette occasion tous ses articulations craquer -vive la croissance!-.
" Oui, enfin, nous, on attendait, toi, tu sommeillais ", le reprit Julius.
" C'est du pareil au même, dans tous les cas, on était ici dans l'attente de son retour, c'est juste que chacun s'occupait à sa manière. Et sur cette entrefaite, la mienne était beaucoup plus intelligente ", renchérit Smith.
" Bon, tu nous emmènes à ton repère ? " S'exclama Lolie, excitée et excédée du pseudo dispute des garçons. Sans son Matt-Matt, bien sûr.
" Tout de suite. " Se disant, il plana pour atteindre le plafond et actionna un endroit en particulier. Un silence suspendu s'ensuivit avant que finalement ses camarades remarquèrent enfin qu'une trappe était apparue. Le voleur tira alors sur la manche avant de laisser apparaître un escalier escamotable.
" Bon, montez ! "
" On se trouvera à l'extérieur, tu veux le fêter sur le sommet du château ? " S'interrogea Rose, dubitative.
" Tu verras. Bon, allez-y, il n'y a rien à craindre ! "
" Tu plaisantes, c'est en hauteur, non ? " Objecta Claire en reculant.
À cette vue juste super reconnaissable, on jugea tous l'acrophobie qui semblait mettre un point à s'éloigner du passage qui menait tout en haut. Heureusement pour elle qu'elle n'a pas pris l'option divination, elle ne survivrait pas jusqu'à la fin de l'année de cinquième avec les cours à la tour de divination et où il faut grimper une échelle pour accéder à la salle et la reprendre pour quitter. Chute libre garanti.
" Mais, tu avais promis que tu fêterais mon anniversaire. "
Et voilà, on sort la carte des yeux mouillés pour attendrir l'autre et/ou le faire culpabiliser. La chinoise fut bien tenter de lui répliquer : " Non, je n'ai rien promis, c'est Wyatt plutôt. " ou encore " Soit, mais pourquoi tu le fais à un endroit si peu stratégique, tu y penses aux handicapés ? ", cependant comprenant que dans tous les cas, elle ne pourrait gagner, elle se contenta de détourner, un peu mal à l'aise.
" On n'a qu'à laisser les autres y aller d'abord et ils te confirmeront si ça va, ok ? " Lui rassura Albus.
Acquiesçant doucement, elle n'entendit pas les cavalcades qui s'éloignaient de plus en plus rapidement pour disparaître au plafond.
" Je ne veux pas vous déranger en pleine discussion tout mignon, mais les autres sont déjà partis ", leur informa Addie. " Sans vous donner les renseignements ", il ajouta, histoire d'appuyer sur le bobo.
" Oh, les autres, eh ! Même pas solidaires ! " Grogna Albus, voyant son plan fichu. Il jeta un regard à Claire, qui était un peu songeuse, puis aux alentours, vide, avant de reposer sur son interlocutrice, avec les joues un peu rouge. Il se racla la gorge et sentit la chaleur l'envahir avant de finalement dire ce qu'il avait encore en tête.
" Sinon, tu peux aussi compter sur moi pour te guider. "
Elle ouvrit les yeux de surprise, n'étant pas sûr de comprendre avant d'avoir sa révélation en voyant la main tendue de son camarade -ou plus ?-. Ses joues prirent la même couleur et elle opina derechef en le saisissant. Ils se dirigèrent d'un pas timide vers les marches en bois -qui sont très sûrs- et grimpèrent un à un. Au début, ça allait, elle maîtrisait parce que c'était comme monter les escaliers mouvantes et elle y parvenait quand elle ne regardait pas en bas, mais au bout d'un moment, elle jeta un coup d'œil en bas et ce fut le drame.
" Euh, c'est bon, là, non ? On a assez parcouru..." Elle stoppa leur lente progression en serrant la main, plus fort qu'il ne le fallait.
" Hum... Ben, il nous reste encore douze marches ", lui répondit le brun patiemment, comme à un enfant, ce qui est bien le cas mais en exagéré.
Elle leva la tête pour confirmer ses dires avant de laisser échapper un borborygme, toujours en emprisonnant le membre qui la soutenait dans cet épreuve.
" Courage ! Vous êtes bientôt arrivés, n'abandonnez pas en si bon chemin ! " Les encouragea Adrian.
Et pendant qu'il jouait au supporteur, deux silhouettes s'avancèrent dans sa direction et si le couple n'était pas si occupés, ils auraient pu noter que le septième fils était doté d'une chance incroyable, car il s'agissait de deux de leur camarade : Kenneth et John, les inséparables. Ce qui écourtait la quête de deux convives.
" Salut, qu'est-ce que tu fais ? " Commença John.
" On allait fêter mon anniversaire ", répondit le rouge.
" Oh, bon anniversaire ", fit aussitôt le fils du prof, suivi du souhait de son ami.
" Merci, mais ce qui me ferait vraiment plaisir serait que vous y participez aussi, ainsi que tous ceux de notre promotion. Vous ne saurez pas où sont les autres ? "
" Oh, c'est très gentil, ce serait un plaisir. Concernant les autres, le reste de notre maison se sont retrouvés en petite communauté pour terminer les devoirs -dont une a été plus forcée mais bon. "
" Et nous y avons pu y réchapper car on n'en avait pas besoin ", continua Kenneth.
" C'est surtout parce que tu allais t'endormir ", rétorqua son ami.
" Oui, aussi ", confessa le blond " et sinon, qu'est-ce que qu'ils font ? " Demanda-t-il en désignant les deux en haut de la marche.
" Ah, ne vous moquez pas, hein ", leur chuchota le roi du jour " il l'aide à surmonter l'épreuve de l'altitude en montant avec elle pour mener à notre salle des fêtes. "
" Oh, on doit donc grimper jusqu'à l'extérieur ? "
" Chaque chose en son temps, montes et tu verras ", lui répondit mystérieusement Adrian.
" Mais quand tu dis qu'on doit monter pour y être, ça veut dire que pour le retour on doit aussi redes... "
" Chut ! Ne réduis pas en miette tout leur effort ! " Le coupa son congénère blond. Puis il soupira de soulagement en voyant qu'ils étaient enfin de l'autre côté. " Aller, à votre tour ! " les poussa-t-il.
Les deux amis dardèrent un regard suspicieux à l'escalier en bois avant de s'échanger un regard.
" Moi aussi, j'ai le vertige, tu vas me tenir la main pour m'aider ? " Plaisanta le jaune -dans tous les sens du termes-.
" Plus que la main, je me dévouerai corps et âme. "
Adrian pouffa. " Vous avez la chance qu'on soit placé dans un endroit stratégique, parce qu'avec une réplique pareille, vous vous serez fait bombarder par les filles. "
Ils rirent en songeant qu'en effet, ils auraient été dans la panade s'ils avaient été en présence des filles, qui avaient été contaminé par fan attitude envers les homosexuels.
" Bon, aller, on y va et je te soutiens si jamais l'envie t'en prend d'être brusquement pris par ton narcolepsie. "
" Ah, maintenant que tu le dis ", Kenneth fit mine de bailler.
" Non, mais attends qu'on monte la première marche, non ? "
Adrian les laissèrent se chamailler, pendant qu'il contactait les autres. Par une chance inouïe, il pût avoir Sean Carmichael grâce au portable miroir des Poufsouffles, l'ingénieuse idée qu'ils ont eu d'être toujours en contact l'un avec l'autre. Ça, c'est une maison solidaire.
Ayant leur confirmation (celui des bosseurs, c'est-à-dire lui, Lux et Celia -qui a été forcée, mais qui bosse quand même), il passa à Stefan Goyle, qui était forcément avec sa bande à lui. L'avantage d'être inséparable.
" Et tu crois vraiment qu'on va prendre part à...cette espèce de rassemblement pour commémorer...ce que tu appelles une festivité ? " Répliqua sèchement la voix traînante de Malefoy.
Bien sûr qu'il devait inviter ces gens-là, car même s’ils le rechignait, il devait avouer que c'était un très bon diplomate et qu'il avait aussi bien fait son boulot durant la lutte contre Midgen et l’autre, aussi il concentra tout la flamme qui le rongeait -avec difficulté parce que c'est un gryffondor quand même !- et tenta de ruser, bien que ce n'était pas son fort. À vrai dire, ce n'était pas bien difficile car tout le monde connaissait à présent le point faible de monsieur.
" Pourquoi pas, après tout même Clara y participe, tu ne veux pas passer du temps avec elle dans une ambiance...plus à votre ton ? "
Le silence de l'autre côté du miroir lui fut un délice. Bien sûr, ce n'était pas totalement vrai, mais rien ne disait qu'il ne deviendrait pas super convaincant pour réussir à obtenir les grâces des filles. Au pire, il les traînerait de force.
" Tu penses vraiment appâter mon cousin avec un plan si moldu ? " retentit la voix de Nott. Ah oui, il avait oublié la présence d'esprit un peu trop doué de l'aigle. Parfois, il avait vraiment envie de les maudire. D'ailleurs, il faut qu'il songe à contacter les cousins Stewart et séparément, parce que maintenant ce n'est plus possible de les voir ensemble.
" Bah, qui ne tente rien n'a rien, et puis ne viens pas dire que tu n'y songes pas à avoir des moments rien que pour vous ", insista Adrian en s'adressant toujours personnellement à Scorpius.
Pour une raison qu'il ne souhaitait pas expliquer, il s'attendait une remarque acerbe venant de Zabini. Qui vint pour maintenir sa réputation de cœur glacé.
" Il n'y a vraiment que les sous-espèces pour penser ça. "
Hum, maintenant il devenait carrément raciste, étrangement cela lui rappela sa famille qui le mettait au même niveau que sa Vicky. Mais comme il préférait ne pas relever les insultes pareilles et qu'il ne le prenait pas vraiment pour insultes, d'ailleurs, il passa outre en misant sa dernière carte.
" Luxchana s'était réjouie dans la perspective où on pouvait se trouver rien qu'entre nous. "
Un silence encore plus éloquent accueillit cette déclaration.
" Pour toi, c'est Moon Star ! " Siffla la voix de Tyler.
" Bon, dis-nous où tu te trouves ", résonna enfin la voix de Goyle, car c'était lui son interlocuteur premier. Qui donnait le feu vert.
En s'applaudissant mentalement, il se promit de vraiment réussir à persuader les filles d'y être. " Au septième étage de la tour horloger. "
Il entendit le bruit des pas.
" Pf, quelle idée de le faire dans un endroit pareil ", renifla Scorpius.
" Clara aime bien les endroits en hauteur. "
" Pour toi, c'est Castaglione ! "
Il entendit vaguement un "voleur de réplique" avant de couper la communication pour les suivantes. Bon, il devra mettre les filles en dernière case, parce que c'était trop casse-tête, passons ensuite aux autres Serpentard.
Quand les quatre garçons avaient terminé de grimper les 30 marches -coïncidence ? Je ne crois pas!- que composaient l'escalier escamotable, ils étaient arrivés au sommet de la tour, à l'air frai, seulement avant qu'ils ne purent profiter du beau temps et beau paysage -faut l’avouer- ils remarquèrent trop tard qu'ils étaient entrés dans un cercle magique et apparemment il était classé portail magique, qu'ils se sentirent aussitôt transporté ailleurs.
Dans une espèce de grenier.
" Alors là, s'il s'est moqué de nous, il va voir...", Siffla Scorpius, menaçant.
" En tout cas, on peut dire qu'il s'agissait d'un endroit luxueux ", lâcha Elias au bout d'un moment.
Quand ses amis se tournèrent vers lui pour obtenir une explication à cette remarque plus qu'incongru -parce que quoiqu'il dise, les pans du murs, le parquet ou les meubles présents sont tous de médiocre qualité car tous vieux-, le blond des Serdaigle désigna des armoiries avec un blason en or, cependant aucun d'eux ne pût déterminer à quel famille elle appartenait.
" Certainement pas à l'autre ", fit Tyler avec mépris.
" Et ça a l'air vieux même si ça a été pris soin. " Stefan dût reformuler sa phrase car ses amis lui jetèrent un regard obligé " Je veux dire, elles ont vécu, ces tapisseries ou reliquaires à l'apparence riche ! "
" Hum, de toute ta phrase, je n'ai retenu que la partie apparence, c'est forcément une illusion ", en conclut Scorpius avec certitude.
Son cousin le dévisagea sans un mot et les deux autres savaient très bien ce qu'il pensait, Malefoy aussi en vrai, mais il est si simple d'ignorer des choses et croire ce qu'on veut. Ils cessèrent leur auto-persuasion quand ils entendirent le parquet craquer -et en plus, la bâtisse même semble instable- et un mouvement de la porte leur convainquit de s'armer de leur baguette sans un mot échangé -eh oui, réactif ou non-. Le bois massif se tourna pour tomber sur... Une frêle personne, une jeune fille pour être juste, une connaissance, une camarade, celle qui a effrayé un peu tout le monde cette année : Alice Heartfilia leur jeta d'abord un regard surpris avant que son expression prenne celle de la fille ennuyée, c'est dire à quel point elle se réjouissait de les voir.
" Tiens, c'est vous ? J'ignorais que vous alliez participer. "
" Figure-toi que ce n'était non plus nôtre intention, mais cette cervelle anguille nous a obligé. "
" Dans ce cas, vous devez être vachement faibles pour vous être laissés faire. "
Une lourde atmosphère accueillit immédiatement la réplique et l'idée de tournoyer la baguette en marmonnant un sort par inadvertance démangeait fortement à deux d'entre eux, des verts évidemment.
Parce qu'Elias était tout à fait d'accord avec sa camarade de maison, il pensait ses amis plus forts que ça.
" Ouh la, doucement, on désamorce les hostilités ! Nous sommes venus en toute amitié profiter du bon temps, alors on ne va pas s'échauffer pour un rien, n'est-ce pas ? "
Alice jeta un regard neutre vers Stefan, enfin autant que ce peut quand elle ne se rappelait pas que ce dernier essayait de lui voler son meilleur ami.
" Heureusement que votre bande n'est pas composé uniquement de cas désespéré. "
" Ce n'est non plus la peine d'en rajouter ", s'exprima Elias.
" C'est petit, je ne faisais que tester votre patience et d'après ce que je vois, vous êtes autant impatient que les griffons... "
" C'est pour ça qu'on étudie ! On apprend à être parfait tous les jours, n'est-ce pas les gars ? N'est-ce pas ? " Paniqua un peu Stefan.
La tentative sembla marcher un peu, après tout, il serait vraiment honteux si on disait que les serpents réagissaient de la même manière que les lions, ils allaient juste se comporter de sorte à ce qu'elle regrette ce qu'elle venait de dire, Scorpius se recomposa un air supérieur et eut même un sourire carnassier.
" Bien, et si tu nous montrais comment aller à la salle des fêtes ? "
La jeune brune les regarda sans répondre, comme si la question était stupide.
" Suivez-moi. "
" Attends, est-ce que c'est bien ici ? Tu ne nous tends pas un piège ? "
" C'est tout de même bien...vieux, comme si le parquet pouvait se rompre au moindre choc. "
" C'est pour cette raison que vous devez me suivre ", elle rajouta en entendant un inspiration un peu trop fort " et je vous conseille de bouger de votre place, autant pour ne pas moisir et pour éviter de déranger l'arrivée des suivants. "
Le fait qu'elle emploie le terme qu'ils avaient au bout de la langue, mais qu’ils se sont empêchés de prononcer car ce n'était pas de leur rang, les fit bougonner mais ils obtempèrent, de justesse car arrivait justement un nouveaux.
" Malefoy, Zabini, Nott, Goyle ", salua Ionise Stewart en voyant d'abord les garçons. " Heartfilia. " Ajouta-t-il en remarquant la fille dans l'encadrement de la porte.
" Je ne vois pas pourquoi vous vous saluez alors que vous vous êtes vu ce matin. "
" Pas tous, on ne se réveille pas en troupeau parce que nous avons des chambres individuels, nous. "
" Ah oui, c'est vrai. Bref, suivez si vous voulez, sachez juste que je ne viendrais jamais vous chercher si vous vous perdez. "
" Très aimable comme hôte, tu fais ", dit Ionise en la suivant.
" Je ne suis pas rémunérée, je ne vois pas pourquoi je devrai faire les choses bien, d'ailleurs je ne sais même pas pourquoi je le fais tout court ", grogna la brune.
Ils la suivirent du mieux qu'ils purent, car c'était non seulement grand, sombre mais aussi vaste et ayant presque tous les mêmes couloirs, ce qui donnait un aspect un peu labyrinthique. Quand enfin, ils sentirent que ça s'arrêtait, il a fallu qu'elle reprenne un peu la marche pour arriver à hauteur du groupe déjà présent. Certains ne cachèrent pas leur surprise en les voyant arriver, montrant même leurs sourcils haussés.
" Hey, vous ! Vous avez déjà visité les lieux ? On s'y perd facilement, non ? " Commença Stefan en s'avançant vers le groupe composé de sa maison.
" Ça va, une fois que tu as un moyen mnémotechnique, tu te retrouves ", lui répondit Kenneth, bien plus réveillé que d'habitude, surprenant les autres.
" Quel est-ce ? "
" Comme le petit poucet, tu laisses de quoi te repérer, tu as vu des traits blancs sur les murs ? Eh bien, ce sont nos traces. " Répondit John, fier de sa référence.
" On n'a rien vu de tel ", répondit Elias.
" Ah, j'ai oublié de vous dire que les elfes de maisons nettoient toutes anormalités qu'ils voient ", informa Alice.
" Parce qu'il y des elfes de maison ? " S'étonna Celia. Et elle n'était pas la seule.
" Qui crois-tu a fait le ménage ? Pas Didi, je t'assure. "
" Parce que c'est nettoyé ? " Firent les précieux.
Alice afficha une mine lasse. " Fais attention, tu peux avoir des représailles pour te moquer du travail des elfes. "
" Je croyais qu'ils ne savaient que s'auto-punir quand on les reprenait ? "
" Ce n’est plus le cas depuis que la loi de la ministre Weasley. "
Un peu perdu, personne ne semblait savoir de quoi on parlait. Rose soupira, qu'est-ce que ses camarades étaient incultes.
" Article 68 : tous maître d'elfe de maison doit leur inculquer la non-mutilation. Article 71 : Les elfes de maisons seront rémunérés selon leur travail. "
" Oh, c'est cool. " Fit Claire.
" Pas tant que ça, je trouve. " Grimaça Celia " Ça veut dire que s'il ne servent pas bien, ils ne seront pas payer ? "
" Tout à fait, mais je te rappelle qu'à l'origine, ils ne veulent pas être payés, ou ils seront amenés à penser qu’ils sont livrés à eux-mêmes, or cela leur est terrifiant ", lui exposa Ruben.
" Wow, on a l'air de si connaître ", parodia Luxchana.
Le rouge lui répondit d'un simple rictus. Ce qui ne plut pas à Tyler, car depuis qu'il était arrivé, il trouvait qu'elle s'était adressé à tout le monde sauf à lui. Et cela le contrariait fortement, à tel point qu'il s'apprêtait à en faire part à son meilleur ami.
" Tu ne trouves pas que Moon m'évite ? " Oui, il lui donnait même un petit surnom.
" ...Pas particulièrement, mais moi, ce qui m'intéresse plus est de connaître la raison pour laquelle vous vous tenez la main " Nota Scorpius en pointant les mains encore liées de Claire et Albus.
Chaque regard se dirigea alors vers le couple qui sembla le remarquer en même temps qu'eux. Des sourires entendus ornèrent le visage des filles, tandis qu'une expression narquoise se dessina sur celui de Wyatt.
" La question à cent galions. "
Scorpius haussa un fin sourcil blond en attendant sa réponse et si les signes d'embarras des concernés étaient visibles, aucun des deux n'entreprit le mouvement de se séparer.
" C'est pour éviter qu'on se perde. " Répondit le brun.
Un sourire amusé monta lentement sur le visage de la chinoise.
Qui se transforma vite en moue en regardant quelque chose venir de loin. Quelque seconde plus tard, les autres comprirent la raison, un aboiement ou plutôt une série de jappement joyeux remplit le rez-de-chaussée de la demeure et Claire recula pour se rapprocher de son brun, cherchant une protection contre le chien imposant. Que le temps passe vite pour les canidés, il a déjà sa forme adulte.
" Oui, on sort, Elliott, ne coures pas dans tous les sens. " Leur parvint la voix d’un roux de leur connaissance. " Ah, salut, il semblerait qu'on est presque au complet. Et... Oh ! " S'exclama Alfred en posant son regard surpris sur le quatuor enfin, surtout deux.
" Pourquoi vous semblez tous surpris qu'on y participe aussi ? " Fronça Tyler des sourcils.
" Peut-être parce que c'est vraiment une surprise ? " Lui répondit Lux par une autre question, ironique.
Il la regarda silencieusement, mais on pouvait presque y déceler un éclat réjoui dans ses yeux.
" T'es content, elle ne t'ignore plus ", lui souffla Sco.
" Elle ne m'a jamais ignoré ", rétorqua son ami de mauvaise foi.
Il fit fi du sourire moqueur du blond platine.
Le chien aboya pour attirer l'attention.
" Oui, Elliott, on sort ", répondit le maître. Alfred eut un instant d'hésitation avant de regarder ses camarades. " Vous voulez visiter le domaine ? "
" On n'attendait que ça, oui ! " Répondit Ruben, qui avait marre d'attendre.
Ainsi donc, le groupe se mît à explorer la résidence sans la présence de l'hôte. Dont on se questionnait encore l'identité.
" Mais, à qui appartient cette demeure ? " Souffla Celia après avoir parcouru pratiquement un château, pas aussi grand que celui de Poudlard mais presque !
Il y avait même une serre qui y rappelait, en plus d'une écurie avec un jument bien entretenu.
" Aucune idée ", haussement de la part d'Alice et Alfred.
" Attendez, vous logez pratiquement à mi-temps ici, d'après ce que j'ai compris en voyant la niche et chenil pour chien, et vous ignorez qui en est le propriétaire ? " S'ébahit Julius.
Nouveau haussement d'épaule des deux colocataires.
" Il nous héberge dans ce cocon inaccessible aux attaques quand on en a besoin, en échange on ne pose pas de question ", s'exprima Alfred.
" Eh, mais je n'ai jamais dit que vous n'avez pas le droit de poser des questions ! C'est vous qui êtes restés silencieux quand je vous ai montré ! " surgit brusquement le mentionné.
" Trop abasourdi pour t'interroger sur quoi que ce soit ", renchérit Alice avec une évidence.
" Ah bon, bah alors, posez-moi vos questions ! "
" Très bien, je commence : comment es-tu parvenu à nous emmener là rien qu'avez ce cercle magique ? " Ionise croisa les bras.
" Grâce à la connaissance approfondie d'Alice sur la rune ancienne "
" Donc, c'est Heartfilia qui nous a créé ce passage ? " Voulu-t-il s'assurer.
Adrian ouvrit la bouche pour aussitôt la refermer en voyant le regard d'Alice : " Je sais répondre à une question qui me concerne, seule, merci. " Puis en se tournant vers le danois. " En effet, je suis la créatrice de ce transport magique efficace. "
Il eut des applaudissements admiratifs.
" À qui appartient ce manoir ? " Poursuivit Zabini.
" Une très ancienne famille de sang-pur, aujourd'hui disparu, du nom de Prince. "
" Prince ? Ça me dit quelque chose ", marmonna Elias.
" Comment se fait-il que tu puisses y accéder ? " S'étonna Lux, qui connaissait les règles de base des maisons appartenant aux sang-pur.
" Visiblement on m'a reconnu comme nouveau maître. "
" Comment ça ? "
Adrian baissa le regard vers Claire et surtout vers sa main liée à celui de son partenaire, il haussa un sourcil éloquent qui fit rougir le couple.
" Comme ça. "
Sans cesser de fixer la preuve évidente d'un rapprochement ou union.
" Ce n'est pas une réponse construite ", exigea Tyler.
Les extrémités des lèvres du blond s'abaissèrent quand sa moue fut plus qu'évidente. Il haussa les épaules en détaillant sa réponse.
" J'étais venu me reposer lorsque j'ai survolé pratiquement la Grande-Bretagne, pour un dernier au revoir a Vicky, et comme vous le savez, les propriétés sang-pur sont des domaines inaccessibles tant que les propriétaires n'ont pas donné leur accord. Cependant, je ne sais pourquoi, l'elfe de maison des Prince est venu m'ouvrir. J'ai pensé que c'était par bonté et me suis reposé le temps de récupérer, mais à ma grande surprise Loti me reconnut comme son nouveau maître ! "
" C'est curieux. "
Toute la joie disparue de son visage quand il dévisagea Rose songeuse.
" Ce n'est pas contre toi, mais..." Bredouilla la rousse sans terminer sa phrase.
" Moi, ce que je trouve curieux est de ne pas trouver Clara depuis tout à l'heure. " Cracha Scorpius en fusillant l'autre blond du regard.
Claire haussa un sourcil en direction du roi du jour en le scrutant tandis que ce dernier ne pût qu'afficher un sourire figé. Ah oui, son excuse. Les autres eurent des sourires narquois en constatant que le serpent pouvait montrer un tel attachement pour un autre que sa personne et ceux de la dite maison le regardait comme si une deuxième tête avait poussé, ce qui était plus qu’embarrassant car depuis l'arrivé d'Adrian, ils y’en avaient trois autres serpents, dont la fille du prof, grand regard (ou rayon à cauchemar) et le prétendu albinos.
" Elles arrivent, elles ont eu un petit contre temps. " lâcha Adrian.
Il ne reçut qu'un regard qui lui disait "Il y a intérêt."
" Enfin bref, revenons à notre conversation qui était de savoir pourquoi tu es devenu le nouveau maître des Prince. " Redirigea Wyatt le sujet.
Adrian haussa les épaules avant qu'un sourire béat ne prenne la moitié de sa bouille.
" Peut-être parce qu'on me considère comme un prince. "
Personne ne préféra commenter ce... ça.
" Mais pourquoi tu ne nous en as pas parlé avant ? " Fit Claire, dubitative.
" Oh, mais je le voulais ! Seulement vous étiez visiblement trop occupés avec vos problèmes pour pouvoir faire attention à ce que je disais. "
" Ah. " Elle répondit piteusement en se cachant du regard noir derrière l'épaule du brun.
" Mais tu ne nous as pas amené ici pour nous faire des reproches, n'est-ce pas ? Alors que proposes-tu comme activité ? " Détourna Sean.
" Vous avez vu le terrain ? "
" Quel terrain ? " S'exclamèrent les autres presque d'une même voix.
" L'autre partie du domaine. "
" Ah, parce que ce qu'on venait de visiter n'était qu'une partie ? " Souffla John.
" Une petite partie ", précisa Alice, arrachant des hoquets hébétés.
" Bon, bah, allons-y puisqu’on n’a rien d'autre à faire de toute façon. "
" Mais et pour les filles et les retardataires ? Comment ils vont faire pour nous retrouver ? Déjà que même nous, avons manqué de nous perdre ", rappela Celia.
" Tu veux qu'on les attende peut-être ? " Proposa Adrian, sans malice.
" Pourquoi pas ? Je suis sûre qu'un de vous est d'accord avec moi ", rétorqua Lolie d'une voix égale en regardant le blond platine qui leva le menton.
" Mais il sera plus sympa de s'occuper le temps qu'ils arrivent, non ? " Proposa Adrian, à nouveau.
" Il serait surtout plus intelligent à ce qu'on visite les lieux en une fois avec la présence des autres ", rétorqua Kenneth, la paresse le reprenant avec tous ces temps morts.
Silence palpable où tout le monde s'entre regarde.
" Donc, là, on a carrément deux camps, d'un côté on veut partir à l'aventure et explorer les lieux et l'autre voudrait attendre les absents, histoire d'être solidaires ? " Sifflota Ani, amusée.
" C'est complètement stupide comme débat. Vous autres parlez comme si vous connaissez le coin, est-ce que vous vous rappelez du chemin, même ? Et puis quand vous serez réunis, ne devriez-vous pas encore vous mettre à la recherche du premier groupe -en admettant qu'on se soit vraiment scindé en deux. " S'exprima Laura avec dédain.
Nouveau silence de plomb ou le groupe qui se plaignait baissa le regard.
" En plus, le temps qu'ils arrivent on aura déjà entamé les festivités. "
" Oh, c'est bon, n'en rajoute pas...", soupira Kenneth.
" D'ailleurs, qu'est-ce que tu nous as prévus ? "
" Haha, surprise ! Si vous venez avec moi, vous le saurez ! "
" Bref, je vois qu'on n'a plus le choix, là. "
" T'as tout compris, toi ! Aller, suivez-moi et ne vous perdez surtout pas ! "
" Parce qu'on s'y perd facilement, en plus ? " Maugréa Scorpius.
" Il fallait s'en douter, nous sommes tout de même dans un domaine d'ancien sang-pur fortuné. "
Elias se tourna vers son cousin d'un air narquois.
" Je parie que dans toute la formulation, tu ne t'es concentré que sur ancien. "
L'autre ne fit que lui tirer la langue.
" Très mature ", commenta son ami Tyler.
" Bon, fichez lui un peu la paix et avançons, les autres sont en train de nous distancer ! " pressa Stefan.
Ils se mirent aussitôt en chemin en prenant soin de ne pas être trop près du troupeau, ils sont ordonnés, eux. Au bout d'un moment qui leur semblait aussi long que la descente de la demeure, ils arrivèrent près d'une pelouse bien entretenu, après avoir traversée un splendide jardin avec tout sorte de fleur et un vaste champ d'agriculture ou poussaient de bonnes cultures -Ben oui, pour qu'on puisse se nourrir par soi-même-, et où se trouvait déjà, non des gens, mais des créatures.
" Oh, Loti avait sorti Cannelle et Caramel ", commenta le blond, touché.
" Ouais, elles faisaient trop de bruit alors on les a sorti pour calmer leur ardeur. "
" Ah. " D'un coup, c'était moins émouvant.
En tout cas, en voyant leur maître arrivé, les deux bergères allemandes cessèrent de tourner autour de l'elfe de maison -vêtu d'un trois pièces tel un majordome- pour courir vers leur frère qui gambadait avec autant d'ardeur. Les retrouvailles furent assez bruyantes mais ils s'amusaient bien, alors on les laissait faire.
" Bien, Loti, je te remercie de t'être occupé de ces deux-là, maintenant, je voudrai te confier une mission de la plus haute importance. Dans un instant à l'autre, on accueillera d'autre invité venant du grenier, je voudrai que tu les conduis jusqu'à nous, d'accord ? "
" Bien, jeune maître. Il sera fait selon votre demande. "
" Merci, je te rappellerai à midi. "
Et cette discussion surréel se clôt dessus. Ceux qui n'ont pas perdu de temps à écouter ont déjà commencé à examiner les lieux et avaient déjà compris qu'ils ne se trouvaient pas sur un simple terrain, et sûrement pas de Quidditch. Enfin, ça aurait pu, mais ce n'était pas le cas, car il y avait des cibles comme pour tirer à l'arc, donc ils devaient comprendre que cette famille était des archers amateurs ? Les points de tir étaient disposés de toute part, il y'en avait de près, sur le tronc des arbres -qui était de tout genre- mais d'autre étaient plus éloignés comme pour tester les capacités des archers, car viser tout de même de l'autre côté de la rive était ardu. Il fallait juger si le vent était en leur faveur, l'angle selon la gravité, bref, dur.
" Tu comptais nous faire participer un concours de tir à l'arc ou quoi ? " L'interrogea Julius ne pouvant détacher son regard des cibles.
" Hum ? Oh, c'est une idée, mais ce n'est pas pour ça ! "
" Pourquoi alors ? Et pourquoi il n'y a pas de terrain de Quidditch ? Quand tu avais dit le mot magique, j'ai cru qu'il s'agissait de ça, moi ! " S'exclama Ruben, en grognant presque.
" Ah non, vous n'allez pas vous amuser avec ce sport alors que ce n'est pas l'activité préféré à l'unanimité ! "
" Et c'est le cas de le dire ", marmonna Claire, étouffer par le bras de son brun.
" Non, ce que je comptais vous faire participer est bien mieux ! On va patiner ! "
" ... Où ça ? "
" Ben, sur la patinoire, pardi ! " s'exclama le blond en montrant un endroit spécifique avec un large geste de la main.
Et sous leur regard ébahi, il laissa apparaître un vaste terrain glacé... Sur la surface du lac. Car il s'agissait bien du lac de la demeure qui a été gelé pour le bon déroulement de l'activité et on pouvait le confirmer en voyant un court d'eau qui s'échappait pour délimiter le domaine de l'extérieur sauvage.
" Tu... " Le début de reproche d'Alice se noya dans sa gorge.
Elle le regarda d'un œil soupçonneux sans rien dire avant de détourner pour préférer la présence des chiens aux leur. Alfred eut l'intelligence de faire de même en décidant d'enfin honorer sa parole à son fidèle compagnon, ils s'éloignèrent pour leur promenade sans que les autres puissent agir.
" La merveilleuse idée ", Ironisa Ionise " et dois-je te rappeler que pour ne serait-ce seulement prétendre patiner qu'il faut au moins avoir les matériaux ? Du genre des patins ? "
" Bien sûr que non je n'ai pas oublié ! Alice, j'ai besoin de toi ! "
Un grognement plus loin lui répondit : " Ar, je savais que j'aurai dû courir plus vite ! " Ils virent alors une Alice plus que bougonne revenir au pas de charge.
" Tu as tout ce qu'il te faut ? "
" À ton avis, gros nigaud ? " Grogna-t-elle en retour alors qu'elle sortait un morceau de craie de sa poche.
" Je demandais juste par précaution ", il leva la main en guise d'apaisement.
La brune ne lui répondit pas alors qu'elle sortait sa baguette de l'autre poche. Certains reculèrent par sécurité mais se calmèrent en voyant qu'elle enfonçait le morceau blanc sur son bout de bois, rendant la craie plus long et l'empêchant ainsi de bien lancer un sort. Alice se mît aussitôt au travail sans un mot.
" Tu crois vraiment que c'est en traçant des...cercles qu'on pourrait avoir ce qu'on a besoin ? " Renifla Scorpius.
" Attends, regarde..." Souffla Ionise.
Car lui avait bien reconnu ce que la jeune fille faisait. Un cercle magique, mais contrairement à celui qui l'ont amené ici qu'on appelait cercle de transfert, celui-ci ressemblait plus à un cercle d'alchimie. Et il s'y connaissait pour avoir grandi dans cet univers.
Elle renferma le cercle après avoir inscrit les dernières runes.
" Oui et donc ? Tu vas changer nos habits du quotidien en équipement de patinage ? " Fit Tyler avec apathie.
" Exactement, mettez-vous à l'intérieur du cercle. "
" Et ça va nous changer les vêtements rien qu'en étant à l'intérieur ? "
Avant que la spécialiste en cercle magique ne puisse répondre, on reprit aussitôt l'injection.
" Non mais je ne voudrai pas paraître malpolie, mais tu restes une débutante. Enfin, j'imagine que tu viens de débuter dans la discipline parce que je ne te croirai pas si tu dis que tu maîtrise cet art depuis ton jeune âge. " Releva Laura, arquant un sourcil.
" Surtout qu'à juste titre, 14 ans, c'est jeune ", ajouta Lolie, avant qu'elle ne s'auto-morigène d'avoir été d'accord avec la Serpentard, parce que visiblement ça plaisait beaucoup à cette dernière. Puis elle se mît vraiment à s'auto-infliger des gifles mentales en recevant le regard noir de son amie brune.
" J'ai certes commencé l'alchimie il n'y a pas longtemps mais vous pouvez me faire confiance puisque vous êtes bien entiers après être passés par le cercle de transfert. "
Tel était bien le problème, ils ne parvenaient pas à avoir entièrement confiance en cet art alchimique dont leur amie venait de débuter.
" Peux-tu au moins nous dire depuis quand as-tu commencé ? "
Histoire de rassurer au moins un peu. Ayant aussi probablement pensé ça, Alice plissa les paupières en direction d'Elias.
" Depuis la fin de la troisième année, un certain jour du mois d'avril. "
Étrangement, en entendant ce mois, les filles tressaillirent à un mauvais souvenir après un passage à l'infirmerie. Et… s’il s’agissait après l’annonce des dérèglements ? Sa magie ancienne et runique se serait révélée au moment de sa puberté ?
" Ouais, vraiment pas longtemps, ça va faire un peu plus d'un an quoi ", commenta inutilement John.
" On sait compter, merci. Comment est-ce que tu as commencé ? " Sean prit la suite des questions.
" C'est quoi cet interrogatoire ? Vous croyez vraiment que je vais vous laisser me mener par le bout du nez ? " Cracha-t-elle un peu hargneusement, ses interlocuteurs levèrent les mains en guise de réédition. " Tout ce que vous avez à savoir est que vous pouvez simplement considérer ça comme un don et que si vous ne me faites pas entièrement confiance ôtez au moins vos chaussures que je puisse les changer en patins à glace ! " Elle aurait très bien pu ajouter une insanité, histoire de bien leur faire comprendre son énervement mais elle eut la décence de se retenir.
" Un don ? Donc, c’était vrai ce qu’a dit la taupe sur les né-de-moldu ? "
Ce soulèvement de point fit sourciller les concernés, et si on s'était tourné à ce moment vers Alfred, ils l'auraient vu tressaillir.
" Toi aussi, Al ? "
Bon, apparemment quelqu'un l'avait bien remarqué. Il suspendit son geste de lancer de disque pour amuser les chiens et se tourna lentement vers son groupe de camarade qui l'observait avec curiosité. Il rougit un peu sous l'intensité avant de flatter son partenaire touffu un peu trop enthousiaste.
" Moi ?... Ben, je suis doté du phéromone animal ", leur dit-il en donnant un baiser adorable sur le sommet du crâne d'Elliott qui en fut heureux du geste.
Comme pour approuver des dires, Cannelle et Caramel l'entourèrent au même instant pour elles aussi montré leur envoûtement par le maître enchanteur.
Les filles roucoulèrent à cette scène qu'elles jugeaient trop chou avant d'être ramené à leur problème du moment par le raclement de gorge d'Alice. Alfred en profita pour se carapater plus loin.
" Bon, bah, on n'a plus qu'à faire ce que nous dit mademoiselle si on ne veut pas se faire défigurer ", conseilla Wyatt avec un sourire en voyant le regard mitraillette de sa camarade.
En effet, Alice était bien en train de défier quiconque d'émettre ne serait-ce encore qu'une contestation. Les réticents cédèrent de mauvaise grâce.
" Bon, le petit couple, va falloir vous séparer un instant, vous pouvez supporter ça ? " plaisanta Rose en désignant leur main toujours étroitement liée.
Au lieu de se séparer rapidement avec les joues rouges d'embarras comme au début de l'année, les deux bruns contemplèrent un long moment ce signe d'union avant de se séparer à regret pour se déchausser et placer ces derniers dans le cercle magique.
" Bon, tu fais vite, s'il te plaît ? On se les gèle un peu là. "
L'impudent se reçut un regard revolver qui l'amusa plus qu'autre chose.
" Tiens, c'est vrai qu'il fait bien frais, ou sommes-nous ? "
" En Écosse, où veux-tu qu'on soit ? "
" Où ça, en Écosse ? "
" Pas loin du château, tu ne crois tout de même pas que j'ai volé en un voyage. "
Pas de réponse, on préférait ne pas aborder le sujet de son mini séjour chez les moldus pour un événement funeste même si le concerné ne semblait pas bien touché, mais tout est dans "semblait".
" C'est bon, vous pouvez reprendre vos patins. "
" Oui, d'accord mais lequel appartient à qui ? "
" Ça n'est plus de mon ressort, vous n'aviez qu'à mémoriser votre place. "
" Sympas, bonne chance pour retrouver sa paire. "
Alors qu'on y allait en grognant, un fut encore plus mesquin en faisant léviter sa paire à lui, Adrian évidemment, fallait toujours qu'il se remarque. Pourquoi s'embêter alors qu'on peut faire simple ? Enfin qu'il peut faire simple ? Parce que bien sûr les autres ne pouvaient pas pratiquer la magie en dehors du château -bien qu'ils doutaient qu'ils recevront des hiboux du ministère leur donnant un avertissement-. Mais comme aujourd'hui était son jour, ils pouvaient le laisser. Ou pas. Bref, il se reçut des regards noirs de la part de tous.
" Et toi, Claire, tu ne peux pas faire quelque chose avec tes informulées ? "
Cette dernière s'arrêta dans sa recherche et observa son camarade sans rien dire.
" Est-ce que vous savez qu'utiliser une magie dont on n'est pas encore habitué est vraiment fatiguant ? Et vous croyez vraiment qu'elle allait le faire pour vous ? Qu'est-ce qu'elle y gagnerait ? " Contre toute attente, la réponse vint de Luxchana, qui semblait d'un coup de méchante humeur.
" Doucement, ce n'était qu'une question, si tu ne veux pas, Claire, tu peux aussi simplement le dire. "
" Mais tu n'as aucune raison de refuser puisqu'après tout cela ne peut que t'être avantageux de nous venir en aide, songes donc à ceux dont cette activité ne dit rien. "
" Qui ? Qui ne sait pas ce que c'est du patinage ? "
" Tout le monde connait la théorie, mais quant à la pratique ..." Bien évidemment, on se tourna tous vers la voix qui a prononcé ces mots. Albus rougit quand il fut le centre d'attention alors que son meilleur ami s'en moquait sans vergogne en récupérant sa paire de patin, parce que lui avait eu l'intelligence de mémoriser son emplacement. Ou tout du moins, l'a placé dans un endroit stratégique pour une récupération rapide et en due forme. Et à vrai dire, ce n'est pas le seul à avoir su repérer sa paire, les autres ont préféré être discret pour ne pas se faire solliciter. Claire était juste moins prompt à dissimuler des choses.
" Ce n'est pas grave, je t'apprendrai ", répondit cette dernière en donnant une paire à son brun.
Surpris, celui-ci le prit sans avoir remarqué qu'il s'agissait bien de la sienne et surtout comment la chinoise l'a reconnu.
" Parce que tu sais patiner, toi ? " S'étonna Lolie en cherchant activement sa paire dans les décombres de patin marron et violet.
Au moins l'alchimiste avait du goût et la gentillesse de différencier garçon/fille.
" Bah, je sais skier et j'imagine que c'est un peu le même principe ", répondit Claire en mettant ses chaussures aux bouts métalliques tandis que Celia arrêtait le massacre qui se déroulait à ses côtés en stoppant la course inutile de la lionne.
" Pas vraiment, il se trouve que patiner est un peu plus compliqué que skier, car il faut avant tout savoir être équilibré. " Commenta Ionise en enfilant ses patins qu'il a su préserver des mains sauvages de la gamine. " Remarque, les skis étaient plus longs et peut-être aussi plus encombrant... Enfin, chacun son point de vu. "
Sa dernière note ne fut pas pour rassurer ses camarades.
" Donc, au final, tu ne nous aides pas. "
" Eh bien, je n'ai jamais dit que je le ferai ", répondit la petite avec espièglerie en s'approchant de son brun préféré.
" Eh mais attends, tu ne vas pas patiner comme ça ? " Avant de vite se faire arrêter par Alice.
Son condisciple se regarda, elle avait bien enfilé les patins correctement, sa jupe offerte par Albus bien droite et son pull lapin crétin bien à l'endroit. Bah quoi ? Vous ne voyez pas le problème ? Relisez plus haut ! Sa jupe !
" Tu risques de tomber même si tu affirmes le contraire et ce ne sera pas beau à voir en jupe. "
" Elle est très bien ma jupe ", répliqua l'autre, bornée.
" Parce que c'est Albus qui te l'a fait, je sais bien. Mais laisse-moi faire quelque chose. "
Et sans lui en laisser le temps de réfuter, Alice s'attaqua via la craie magique sur le bout de tissu manquant de provoquer une crise cardiaque.
De leur côté, le groupe qui n'avait toujours pas bougé le petit doigt pour saisir leur fourniture gémirent de désespoir en voyant la pagaille laissé par une petite folle. Qui gémissait de douleur de son côté, après s'être fait lyncher par ses amies.
" S'il te plaît, Ady ", souffla Julius à son ami.
" Comme je suis de clémente humeur en cette belle journée, je vais vous venir en aide ! " Déclara fièrement le blond de la journée et surtout heureux qu'on pense enfin à lui.
Il leva les mains et du tas informe de chaussures à patin se détachèrent chaque paire qui vint à leur propriétaire.
" Merci ", firent ses camarades même si dans leur for intérieur, ils bouillonnaient en se disant qu'ils aimeraient être aussi exceptionnel ou maudissait juste l'autre de ne pas avoir agit plus tôt.
Finalement, tout le monde était fin prêt et alors qu'on déclarait avec force qu'il faut maintenant aller sur le terrain glacé, Claire fronça les sourcils en rejoignant le groupe, notamment Rose en dernière ligne.
" Où est Albus ? "
" Kidnappé par Wyatt, qui affirme savoir l'enseigner seul le patinage artistique. "
" Ridicule, il ne sait même pas se mettre au même niveau que le handicapé. "
" Tu ne crois pas si bien dire, regardes comment il galère à faire avancer mon coincé de cousin ", lui répondit la rousse en pointant les deux silhouettes qui se mouvaient avec difficulté sur la glace.
La brune fut sur le point de les rejoindre avant de se faire arrêter (encore) par la déclaration suivante : " Eh bien, ça change de te voir autrement qu'en jupe. "
" Je prends ça pour une critique. "
" Bah, c'est au contraire plutôt un compliment. Parce que je ne sais pas pour les autres mais je trouve que ça te moule..." Kenneth ne termina pas sa phrase en se rendant compte du sens.
" Ouais, heureusement que tu as plus de forme au bas que ton haut. "
Mais Adrian le fit et il se reçut de drôle de regard de la part des autres. Autant vous dire que ce n'était pas très plaisant.
Claire ne sembla pas le comprendre (heureusement ?) mais lui jeta tout de même un regard de reproche, comme si c'était de sa faute si elle se retrouvait dans cette tenue, qui avait tout pour la mettre en rogne. De un, Alice a rafistolé sa jupe -celui que lui a fait Albus !- sans scrupule en dessinant des caractères de runes anciens, alors qu'elle n'en supportait pas la vue, et en plus elle l'a changé en un fade leggings noir, qui, comme l'a fait remarquer ses camarades, lui moulait le bas -et même si elle ne le savait pas, elle en était plutôt bien fournit, contrairement à la poitrine-, fort heureusement, son pull était extensible et lui cachait partiellement cette partie. Elle les quitta sur un rire jaune (sans commentaire) et entra sur le terrain glacé. Elle fut un peu appréhensive en posant son premier bout de fer sur la glace avant de se détendre en glissant aisément, rejoignant rapidement son objectif.
" Pourquoi elle est si pressée ? "
" Parce qu'elle doit aller sauver sa princesse du méchant prince blond ", répondit Rose d'une parodie avant d'entrer aussi sur le terrain suivi peu après des autres.
Albus adorait son meilleur ami, car ils partageaient presque tout, ils se comprenaient si bien l'un et l'autre qu'il soupçonnait l'états-unien d'être doté d'un don d'empathie et en plus, ils se soutenaient mutuellement, mais parfois il a juste envie de l’envoyer une tarte pour qu'il cesse un peu ses bêtises qui lui prenaient de plus en plus en souvent, à croire que lui aussi était touché par ce virus qu'est la puberté. Bon, à vrai dire, tout le monde est touché, mais il avait pensé que l'américain le porterait bien... Et pas comme ça !
" Mets tes pieds de sorte à faire des v, comme des pas de canards ! " Lui disait-il en donnant des comparaisons... plus qu'à désirer.
" C'est ce que je fais ! Mais je n'arrive pas à me tenir sur ces patins aisément ! "
" Tout n'est qu'une question d'équilibre ! Si tu es équilibré tu n'as pas à craindre de tomber ! "
" Ou peut-être qu'il s'agit du pédagogue. Si celui-ci n'est pas un bon, alors le débutant ne peut pas apprendre vite ", surgit une voix féminine.
Surpris, Albus chancela. Craignant de se ridiculiser face à la jeune fille, il se maintint debout à l'aide du bras de son ami qu'il manqua de broyer. Ce qui ne plut pas à la demoiselle. Le contact, pas la note sauvage.
" Tiens, parce que tu crois être meilleure enseignante ? " Rétorqua Wyatt, grimaçant de vexation et de douleur, c'est qu'il en a de la force le gentil et timide cadet Potter.
" Plus que toi, c'est sûr ! " Répliqua l'autre avec certitude.
" Oh c'est bon, hein ! Tu as réussi à faire ta prof en deuxième année, tu vas t'en vanter ? Ici, c'est différent, on parle d'activité physique. "
" Ce n'est pas parce que monsieur fait du hockey que tu peux te permettre d'enseigner le patinage, ce sont deux choses différentes ! Autant l'un est dépensière physiquement autant l'autre n'est que loisir. "
Le blond s'apprêta à répondre quelque chose avant de marquer un arrêt sur un détail. Il plissa des yeux et demanda, soupçonneux :
" Attends, comment tu sais que je fais du hockey sur glace ? "
À son tour de se taire, Claire resta muette avant de jeter un regard noir au blond.
" Va donc t'amuser ailleurs puisque tu n'es pas apte à enseigner vu que tu n'es même pas capable de te mettre au niveau de ton disciple. "
" Dis seulement que tu voulais te débarrasser de moi ", maugréa le blond en faisant tout de même ce qu'on veut de lui.
" Eh bien, d'accord et je vais même faire mieux. On veut se débarrasser de toi ", lui déclara-t-elle en saisissant la main d'Albus pour maintenir ce dernier debout.
Le blond marmonna tout un tas de chose incompréhensible en les quittant mais dont les bruns ne voulurent plus y faire plus attention. Tout ce qu'ils leur comptait était leur main à nouveau liée. D'ailleurs le jeune homme était presque tenté de la taquiner sur sa prétendue jalousie mais jugeant que cela risquait de plomber l'ambiance, il préféra se taire, de plus ce n'était non plus son genre de réplique.
" Je ne veux pas que tu prennes la main de quelqu'un d'autre que moi. "
" Tu es jalouse ? " Finalement, ça lui a échappé.
" Oui, je veux être la seule à privilégier cette place. "
Il ne pût s'empêcher de rougir à cette réclamation plus qu'équivoque.
Plus loin, c'était loin d'être si joyeux. Après être tombé pour la quinzième fois, Scorpius Hyperion Malfoy, 14 ans -presque 15, dans trois mois !-, lâcha un énième grognement avant de finalement déclarer le mot tabou.
" J'abandonne ! "
" Tu devrais avoir honte, un Malefoy n'abandonne jamais ", Renifla Tyler en patinant aisément.
" C'est parce que tu ne rencontres pas les mêmes problèmes, ne dis pas des choses qui te sont acquis pour une généralité. "
« T'es mal placé pour parler, El ! Ne dis non plus des choses comme si c'était normal alors que toi-même tu n'as pas essayé ! " Persifla le cousin en regardant l'autre perché sur une branche d'un saule, les patins se balançant négligemment dans le vide.
Parce que, bien sûr, ayant rapidement analysé la situation et la jugeant critique, Elias n'avait pas perdu du temps inutilement pour apprendre une chose qui ne lui sera acquis qu'en passant par la case ridicule.
" C'est vrai, vous n'êtes pas sympas, les gars. Aller, tends ta main Scor, je vais t'aider, moi. "
" Ah, Steph´, t'es le..."
" Mais avant, tu veux bien me laisser te prendre en photo ? Je suis sûr que ce sera un souvenir que Clara aurait voulu garder ! Penses à elle qui n'est pas là ! "
" Vous êtes tous de sales traîtres ! "
Alors que le blond platine se faisait hisser sur ses deux fers arrières qui avait eu un moment des plus embarrassants -en espérant que sa blonde ne lui fera pas trop la misère, quoique fallait pas trop compter là-dessus- Elias réfléchissait en regardant la silhouette de Tyler s'éloigner peu à peu d'eux pour tournoyer autour d'une certaine jeune fille à l'air gracile qui patinait aussi avec grâce et aisance. Cependant, Luxchana ne laissa aucune ouverture pour permettre à Tyler de s'approcher plus que nécessaire.
" Je me demande tout de même comment un illustre manoir comme celui des Prince a pu tomber dans les mains de DucSiron, je veux dire... Ce n'est pas que son histoire semble inventé mais... "
" Un peu quand même ", compléta Scor d'une humeur monstre en avançant de son mieux alors qu'il s'agrippait aussi fortement à son ami.
" Dois-je m'inquiéter pour mon couple ou plutôt trouver des côtés amusants à cette situation ? "
" Que... Ce n'est pas ce que tu crois, Clara ! " S'écria le pauvre blond, martyr des regards narquois de ses amis.
" Si tu n'es pas en train de t'accrocher comme une moule à son rocher au bras de ton ami, je veux bien croire que tu ne sois pas blond. "
Scorpius relâcha prestement son ami avant de tanguer dangereusement, mais il parvint à se maintenir debout -pour un moment- pour envoyer son regard le plus menaçant à la jeune fille qui venait de commenter.
" La ferme Dubois ! " Effet échoué par son équilibre difficilement tenu.
" Tu ne veux pas plutôt mon bras, mon Piupius ? " Le taquina sa copine.
Il grommela quelque chasteté sur son surnom mais choisit tout de même de s'avancer vers elle, autant pour se consoler que pour s'éloigner de ce terrain de malheur.
" Finalement, vous avez choisi de faire plaisir au benêt et venir ? "
" Fallait pas que je te laisse tout seul dans la fosse aux lions ! " Plaisanta encore Clara en se jetant dans les bras de son blond.
" Tu parles comme si je me suis fait avoir..."
" Ce qui est exactement le cas, tu me déçois Malefoy ", déclara la dernière voix de la bande. On l'attendait puisqu'on a déjà vu les deux premières. Chloé tourna son regard vers le haut " Toi aussi, Nott, je te pensais plus malin. "
" Je lui avais dit que c'était un piège ", se défendit le perché. " Mais l'autre avait été miraculeusement -au mauvais moment je dois dire- assez ingénieux pour jouer des sentiments. "
" Quand Sco a su que t'allais y être il a sauté sur l'occasion pour être seul avec toi. Tu ne peux savoir à quel point il a été déçu de voir qu'il s'est fait entubé. "
De même que Tyl, j'ai envie de dire, se dit Elias en voyant les joues un petit peu rouges de son cousin. Et le sourire réjouie de la blonde.
" T'es trop mignon, mon chouchou ! "
Vive le pléonasme. Le concerné grimaça à ce nouveau surnom qui ne valait pas mieux que la première.
" Je préférais encore l'autre. "
Grossière erreur ! L'italienne élargit son sourire au max et se tourna vers les autres.
" Vous êtes témoins ! Il a dit qu'il préférait que je l'appelle Piupius, plus de marche arrière maintenant ! Mwahaha ! "
" Tu as choisi la mauvaise personne pour t'accompagner jusqu'à la fin de ta vie Malefoy...", compatit faussement Chloé en lui jetant un regard narquois.
" Sinon, nous ne sommes pas venues les mains vides. Ce serait trop lui faire plaisir ", ramena Harley.
" Et vous êtes venues avec quoi ? "
" Pas quoi, mais qui. "
Derrière les filles se détachèrent les silhouettes de Tobias et Emil.
" En quoi cela va le contrarier de vous voir arriver ? "
La blonde eut un sourire qu'ils s'en rappelèrent longtemps.
" Dis-moi, Elias, peux-tu m'en dire plus sur cette fameuse famille ? "
Ils se tournèrent vers cette voix inconnue dont ils n'avaient pas remarqué le propriétaire et en le reconnaissant, ils auraient préféré ne jamais le voir.
Il serra les dents de même que sa baguette en passant à travers le cercle de transfert. Accompagné de la petite bande, il se dit qu'il était de son devoir de les protéger si jamais c'était un piège, il ne pensait pas qu'il y aurait vraiment de danger mais ne sait-on jamais, Poudlard cachait beaucoup trop de mystère et les passages secrets n'étaient pas toujours pour le meilleur. Et quand il vit où ils avaient atterri, il se dit qu'il ne devait pas négliger son intuition, qui lui crachait que l'expérience n'était pas pour les chiens -il ne savait pas d'où lui venait cette expression mais il ferait bien de vite l'expédier dans un coin bien enfermé de sa tête, ce n'est pas quelque chose qui plairait si on l'entendait-, après tout, se retrouver dans un sombre grenier qui sentait la magie noir n'était pas rassurant. Du tout. Puis bon, même si l'apparition d'un elfe de maison richement vêtu et bien entretenu pouvait à peu près donner une idée assez correcte du maître des lieux, il faut se méfier des gens qui ont des pratiques de magie noire. Quoique...
Bref, il dût bien suivre la créature puisque les autres l'ont fait sans une once de soupçon, il devra les faire un rappel un de ces jours, et parcouru ce qui lui sembla être un labyrinthe interminable si l'être magique ne leur avait pas prévenu que cela serait long au début. Donc, il pouvait sans doute supposer que le reste le sera moins ? Il y a intérêt.
Au moins, il pouvait facilement dire que l'extérieur était beaucoup plus sophistiqué que l'intérieur comme si le propriétaire actuel n'osait pas y toucher à quoique ce soit, à moins que ce soit l'elfe ? Hum, plus probable. Il parcouru les derniers yards sans vraiment s'en rendre compte en suivant le groupe et revint au présent quand il entendit un nom qu'il crut ne plus jamais être prononcé. Prince.
" Dis-moins, Elias, peux-tu m'en dire plus sur cette fameuse famille ? " S'entendit-il parler à l'enfant perché sur une branche basse du saule planté à côté d'un lac gelé (?).
Rien à craindre mais il fallait bien avouer qu'il y devait bien y avoir une raison pour qu'il se soit hisser là-haut.
Il ne fit pas attention aux hoquets de surprise qui suivit sa question et attendit sa réponse. Mais voyant qu'il attendait pour, ainsi dire, rien, il jugea bon de faire descendre le blond figé de surprise avant d'avoir un accident sur le bras, après bonjour la responsabilité.
Le jeune Nott glapit dans ses bras surtout que le pauvre n'avait pas d'autre support à laquelle s'accrocher alors qu'il perdait équilibre à proprement parler. En le posant sur la terre ferme, bien que l'autre chancela sur ses patins, il ne pût s'empêcher de remarquer qu'il était très maigre, ou tout du moins léger. Il ne doutait pas de Theodore Nott qui ne ferait jamais de mal à son fils unique en le nourrissant mal mais il devra en parler au jeune homme plus tard. Il se mît en marche sans but précis mais tomba au bout d'un moment sur une personne qui, il en était sur, serait plus coopérative que les précédents. Il s'approcha du roux qui s'amusait avec trois chiens -d'où viennent-il, il ne sait pas, à partir du moment que ce n'était pas des animagus ou espions infiltrés, tout va bien-, mais avant qu'il n'ait pu aborder le jeune Alfred Jeskar son regard fut attiré par un mouvement sur le côté. Il se doutait bien que ce ne pouvait être une attaque mais il attrapa sa baguette sans la dégainer, prêt à attaquer... Et se calma bien vite en reconnaissant son élève. Alice Heartfilia était en train de buter sur l'herbe comme voulant cacher quelque chose et comme il arrivait ce devait sûrement être ça. Il vit seulement quelque trace de craie se disperser sous la semelle de la jeune fille. Mais juste avant, il était sûr d'avoir vu des inscriptions ressemblant fortement à des runes. Des runes comme ceux du cercle de transfert. Son cerveau assimila très vite ces données et il eut la conclusion suivante :
" C'est toi qui a créé le cercle magique. "
Il la vit soupirer, elle n'avait probablement rien à gagner de le lui dissimuler plus longtemps alors elle se résigna à dire la vérité.
" C'est moi. "
Il sentit plus qu'il ne vit qu'on arrivait derrière lui, s'arrêter, déglutir puis lâcher dans un croassement :
" P- professeur ? "
Il regarda les élèves affluer devant lui, le regardant tantôt avec des yeux surpris, tantôt avec la mine effaré, ce qui en revenait à la même chose mais l'un était plus élégant que l'autre. Et ça, ça comptait beaucoup pour ses élèves. Ces élèves qui lui donnaient bien du mal. Alors qu'il pensait qu'ils étaient enfin tous réunis, survint encore deux visages dont il devait s'attendre à les voir mais qui lui coupa tout de même le souffle. Une touffe noire de jais apparu dans sa vision aux côtés d'une brune et de l'élève qui était venu avec lui, Emil était sur un de ses machines qu'il a inventé et créée on ne savait trop quand mais qui le transportait dans l'air comme un fauteuil futuriste des moldus pour éviter qu'il glisse sur la glace alors qu'il cherchait les deux élèves manquants.
" Papa ? "
Les yeux verts se rencontrèrent entre eux alors qu'Albus tentait de freiner sa glissade maîtrisée.
" Oncle Harry ? " S'étrangla à moitié sa nièce Rose.
Elle avait bien raison de se sentir mal, le regard déçu qu'Harry Potter posa sur eux fut l'un des pires punitions qu'ils reçurent.
" Je suis déçu les enfants, je savais que vous formez une bande à part dès l'instant où vous aviez reçu votre surnom mais de là à ce que vous agissez contre le règlement qui interdit les sorties sans autorisation m'afflige. "
Il eut un silence gêné où les coupables montrèrent un peu de remord, mais juste un peu. Parce que tout cela n'aurait jamais été su si les filles n'avaient pas fait ce qu'elles ont fait.
" Quand j'ai appris qu'il s'est moqué de Pius alors que j'ai très bien spécifié que je n'y serai pas, ça m'a tellement énervé qu'il ait quand même affirmé le contraire que j'ai décidé de le mécontenter autant qu'il m'a irrité. "
" Et tu as donc eu la merveilleuse idée d'aller cafter cette fête secrète ? " Enchérit Lux, sarcastique.
" Et illégal ", rétorqua sa camarade.
" ... pourtant tu ne dis jamais non quand il s'agit d'enfreindre le règlement pour tes blagues ", bailla Kenneth.
" Tout est dit dans ta phrase : lorsque je fais des blagues, or là j'étais contre et on m'a appâté. "
" Eh bien, ce n'est pas de notre faute si on avait un moyen de pression dont tu ne sais pas t'en défendre ", soupira Stéphan.
Il avait été assez satisfait de cette début de journée et voulait même montrer quelque chose d'amusant à la blonde, mais visiblement celle-ci avait l'esprit de contradiction. Ou n'appréciant tout simplement pas de ne pas être présente au bon moment pour profiter de la situation.
En parlant de profiter, ces roublards de Serpentard ne s'en sont pas privés.
" Qu'allez-vous nous faire, professeur ? Nous sommes tous présents et notre réputation n'est plus à refaire, vous allez nous sanctionner ? "
" Quel culot ! " S'esclaffa Clara " serais-tu en train de le menacer ? "
" Non, c'est une constatation ", répondit Laura en plongeant son regard céruléen qui mettait mal à l'aise n'importe qui.
Mais Harry n'était pas n'importe qui, cela a été mainte et mainte fois prouvé par la providence. L'adulte se contentât d'hausser ses sourcils. Surtout en entendant une conversation qui s'est déroulée à côté en blaguant que cette audace inattendue du serpent est due à impressionner une immature lionne. La réponse quant à elle déclarait que l'on parlerait plus de folie que d'hardiesse.
« Vous avez un problème avec l'autorité. "
" C'est surtout qu'on n'aime pas se faire dicter. " répondit Julius.
" Nous sommes des libéraux, professeur " enchaîna Sean avec un sourire amusé.
" Et puis franchement, de ce j'ai entendu de mes parents, vous êtes mal placé pour nous dire ça. "
Approuvant les paroles de Kenneth, les progénitures des congénères du professeur Potter hochèrent la tête d'un air suffisant. Et il y en avait un paquet. Et même Rose était comprise.
" Tout le monde a été jeune ", conclut Emil d'un air de dire ´personne ne juge personne, tout le monde s'aime ; Fin de l'histoire ´.
" Oui, eh bien, nous le sommes toujours, nous ", enchérit Celia avec caprice.
Dommage pour toi, Milou, ta tentative pour calmer le jeu vient d'être recalé loin par tes camarades très puérils.
" Et les gamins, ça ne fait que des bêtises ", poursuivit Lolie d'un ton docte. Le gros paradoxe étant donné que pour faire des bêtises, c'est bien la première !
" Ça, vous l'avez dit, bande de morveux ! " rugit une voix " Vous m'avez oublié ! "
Ils sursautèrent en voyant une chevelure de feu arriver comme un boulet de canon.
" Oh, bah, Élise, ce n'est pas toi-même qui avais dit que tu ne voulais pas venir ? " Demanda innocemment Lolie.
" Et donc, vous m'avez laissé la seule quatrième au collège ? "
" Non, je comptais te f...faire venir mais..." Déglutit Adrian.
" Mais tu as oublié ! " Cingla sa condisciple.
" B-Ben, j'avais demandé à Emil de t'y amener en chemin, mais pour je ne sais qu'elle raison, ce sont les filles qui sont venus à la place. "
" À vrai dire, c'est EMI-chou qui nous avait informé de l'arnaque que tu as fait à Sco, ce qui nous a -m'a- persuadé qu'il fallait que je te rende la monnaie de ta pièce. "
" Même s'il ne t'a rien fait ", nota Ani.
" Oui, bon, je ne lui permets pas d'utiliser mon nom pour atteindre Pius. Non, en fait, je ne le permets à personne. " Déclara fermement Clara.
" Bref, je vois que vous êtes tous réunis les 30 légendes et qu'une sanction se doit de s'appliquer pour votre comportement irresponsable. "
La remarque sèche de leur professeur tétanisa la promotion. Certes, ayant affaire à Harry Potter, ils avaient pensé pouvoir passer à travers les filets, mais c'était sans compter sur l'homme de parole qui prenait à cœur tous ses devoirs, un caractère noble et respectueux en temps normal, mais juste trop barbant à l'heure actuelle.
" Professeur, s'il vous plaît ", intervint Adrian d'une petite voix " permettez-nous ce moment de liberté. Je sais qu'il était irresponsable de ma part d'avoir incité mes camarades de me suivre, mais je voulais vraiment fêter mon anniversaire avec tout le monde. "
Sur cette courte pause, Harry se fit la note mentale d'envoyer un courrier de souhait à sa nièce Victoire.
" Je sais que c'est une demande égoïste, mais je n'ai jamais eu l'occasion de le fêter avec quelqu'un autre que Vicky et... "
Comme cette année, elle n'était plus là, il n'avait plus personne. Et franchement le fêter avec seulement ses deux nouvelles compagnons n'étaient pas une idée très réjouissante alors qu'il avait des gens avec qui il s'entendait bien pour le faire. À dire vrai, les Serpentard avaient soupçonné que le lion avait encore sortit un tour -de ruse- seulement en voyant son regard brisé à la mention de sa seule famille, ils se sentirent un peu coupable d'avoir de telle pensée. Mais juste un tout petit peu. Et intérieurement.
Harry de son côté était partagé. Il comprenait parfaitement ce sentiment d'être délaissé par sa famille qui semblait ne pas le reconnaître dans comme un de ses membres, surtout que pour le blond il s'agissait de sa vraie famille et non pas du second sang, d'autre part, il ne pouvait pas laisser passer une action pareille alors qu'il a été témoin.
" D'accord, mais je reste vous surveiller que vous ne fassiez rien de répréhensible. Même si actuellement, ça l'est déjà... Je veux dire que vous ne faites pas de bêtise comme vous blesser. "
" Mais non, nous ne nous appelons pas Harry Potter ! " Plaisanta Rose.
" Ah, et puisque vous nous proposez votre aide, pouvez-vous nous dire si vous vous y connaissez en grillade ? Je comptais faire un barbecue pour ce midi..."
" Qu'est-ce donc que cela ? " Renifla Malefoy.
" ... Pour le faire découvrir aux néophytes et il serait très impoli de ma part de faire travailler Loti sur une machine moldu, n'est-ce pas ? "
Finalement, il était bien malin, se dirent les Serpentard ainsi que les consciencieux, il avait quand même prévue qu'il allait gagner, car le sujet de la famille est très sensible pour l'adulte.
Alors qu'on demandait ce qu'était un barbecue au dictionnaire mental de Claire, qui bien sur expliquait à sa manière puisqu'elle non plus ne connaissait pas, l'elfe de maison apparu avec une machine deux fois plus grand. Donc, le grille servait à déposer la viande ou tout autre nourriture à chauffer et bien sûr qu'on avait besoin d'un adulte pour gérer, ça n'allait pas être ces 30 adolescents de 14-15 ans qui vont réussir l'exploit de retourner les aliments sans se brûler au passage. Puis, Loti fit un deuxième voyage en emporter un gros sac de provision.
" C'est bien sympa d'avoir préparé tout ça mais il faut peut-être que je te rappelle qu'un barbecue, machine moldu, fonctionne avec l'électricité. " Fit remarquer leur enseignant.
" Oui, oui, j'ai prévu ! S'il te plait, Lolie ", se tourna le blond vers la rose-violette.
Celle-ci comprit sans que son condisciple n'ait à s'expliquer et lui tendit sa peluche de renard Chibi kitsune -modifié par Emil- que l'autre saisit avant d'en sortir une prise électrique de son dos. Adrian le posa à côté de la machine et brancha la fiche électrique. La plaque commença à se chauffer.
" C'est cool, alors comme ça, t'avais prévu qu'on vienne tous ? "
" Bah, c'était un peu le but de la phrase qu'on fête tous ensemble mon anniversaire. "
" Ouais, ouais, c'est bien, bon anniversaire ", maugréa Harley.
" Ne joues pas la mauvaise langue, bien sûr qu'il va passer un bon anniversaire, nous sommes là, après tout ! " s'enthousiasma Élise.
" Ben oui, c'est parce que c'est nous, qu'il a tenu à inviter toute la promotion. " Continua Ruben.
" C'est pour ça, qu'on a prévu une surprise une fois réunis ! " S'excitait Lolie en sautillant.
Et elle se mît même à frapper dans les mains. Les autres la regardaient un peu amusés, avant de regarder les rouges, dont ils étaient visiblement seuls au courant d'une chose qui allait se passer d'un instant à l'autre. Toutefois, ce n'était pas pour autant qu'ils allaient leur faciliter la tâche et leur renseigner quoi que ce soit, même Harley qui n'était pas si enthousiaste semblait être du secret.
Doucement, mais sûrement, des petits sons semblables à des picotements s'élevèrent -et qui n'ont rien à voir avec le barbecue qui avait déjà bien entamé son travail avec Harry qui abordait étrangement un sourire. Le bruit s'intensifia jusqu'à que certains aient amorcé le geste de vouloir se couvrir les oreilles, mais avant, une détonation retentit. Tout à coup, des projectiles fusèrent et tournèrent autour d'Adrian, qui se mît en position de défense, mais imperceptiblement. Il avait du mal à croire qu'on puisse l'attaquer au sein même de sa résidence, puis il fut à proprement dit soufflé quand les projectiles le laissèrent pour se rencontrer entre eux dans les airs pour un choc assourdissant. Ce qui causa un feu d'artifice factice juste au-dessus du jeune homme. Le choc de l'explosion leur souffla tous dessus pendant que les spectateurs se figeaient sur place en observant les fiers lions dans les airs.
" Bon anniversaire, vieux ! " Souhaita Julius, étant l'un des lanceurs du feu.
Et si on regardait bien, tous les gryffondors faisaient partie du complot avec leur espèce de bâton explosif. Mais ce n'était pas tout, car ils reçurent des restes de l'explosion qui en fait étaient des cadeaux communs. Ces derniers tombèrent soit sur l'herbe soit dans les mains des chanceux aux bras longs.
" Eh bien, tu as des chaussures pas de lune, un k-way parachute, une trousse anti-biotique, un casse-noix valise et j'en passe, tu es gâté, dis donc. "
" Tout ça... Pour moi ? " Demanda l'intéressé d'une petite voix, incrédule.
" Bah, oui, à qui d'autre veux-tu que ce soit ? " répliqua Ruben avec évidence.
" À part, l'ex-ex-ex préfète en chef des aigles dont on ne connait pas particulièrement, s'entend ", ajouta Matthew.
Des larmes perlèrent aux coins des yeux du blond, ému.
" Wow... Merci. Vous avez préparé ça entre vous ? "
" Eh bien, pas entièrement. Certains n'étaient pas au courant. " Reprocha Chloé en regardant son amie châtain.
Après tout, cette dernière avait bien refusé de participer à la fête.
" Cependant l'idée était de nous ", déclara une blonde italienne. Le nous désignait évidemment sa bande de quatre.
" On a soumis un questionnaire pour savoir quel serait le cadeau idéal, mais comme les avis étaient mitigés -et dont certains n'ont pas répondu-, on a cotisé pour acheter les seuls qui valaient la peine ", expliqua Alice en jetant un regard au groupe de Serpentard.
" Oh, c'est bon, fais pas genre, c'est toi qui ne nous a pas posé la question ", s'indigna Tobias même si lui a pu répondre grâce à ses relations avec les aigles.
" Et bref, on avait aussi décidé de prendre les fuselions pour te faire hommage. " Ajouta Lolie.
" Sauf qu'on avait un peu hésité car on ignorait quels seraient le lieu, qui nous permettait de tel extravagance. " Souffla Élise.
" Par ailleurs, personne ne nous avait dit qu'on le ferait à l'extérieur. "
" Oui, bah, ça, c'était la surprise. " répliquât Adrian en flattant les chiens qui avaient des grelots magiques autour de leur cou, cadeau groupé d’Alice et Alfred.
" Et ce fut à mon tour d'être surpris. J'étais enthousiaste à l'idée que vous soyez si uni pour fêter un membre de votre promotion mais de là à transgresser les règles... " S'incrusta Harry.
" Eh bien, nous étions aussi surpris que vous ", toussota Celia.
« Et sinon, vous semblez en savoir plus sur les propriétaires de cette demeure », commenta nonchalamment Scorpius, l’air de ne pas s’y intéresser.
« En effet, car il s’agit de la grande famille du côté maternel de Severus Snape », répondit Harry en retournant des grillades.
« Severus…tu veux dire… » Murmura Rose, soufflée.
« Oui, il s’agit de feu le professeur de potion, agent double, à l’identité plus que douteux, mais bon, ça c’était accessoire. »
« Snape… » Fit doucement Scorpius.
« Je vois que tu fais le lien, Snape était en effet une personne très apprécié par ton père, Scorpius. »
Le fait qu’on l’appelait par son prénom alors qu’on était autre que son entourage embarrassa le jeune homme qui ne répondit rien.
" Hum. Bon, c'est prêt, vous pouvez vous servir. " leur annonça l'adulte.
Et en effet, que ce soit la volaille, la viande ou encore les légumes, tout était grillé à point et dégageait une fumée appétissant. Ses élèves se servirent dans la joie et la faim sans se bousculer, même les familiers avaient eu leur part.
Bien sûr, après s'être rempli la panse, les habitués se mirent aussitôt à l'activité du moment, c'est-à-dire patiner, or il y'en avait qui ne souhaitaient absolument pas reprendre. En outre, Alice ne voulait pas retracer le cercle d’alchimie sous les yeux d’Harry même si ce dernier était au courant. Désolée, simple formalité sur la prudence.
C'est pourquoi Adrian dût se résoudre à séparer le groupe en deux, dont le coin patinage qui restait sur le terrain glacé et l'autre qui faisait une séance de tir à l'arc -le matériel étant ramené par attraction, sans baguette sans parole, Harry soupçonne un informulée pourtant il savait que c'était quelque chose de trop tôt pour eux ; sauf peut-être pour Claire...-.
Scorpius fit le prétentieux en disant qu'il s'y connaissait déjà, ce qui était bien le cas, et se montra sous une forme avantageux aux yeux de sa blonde. Qui bien qu'un peu triste de ne pas pouvoir patiner se contenta de jouer avec son blond dans la compétition de celui qui fait le meilleur score en touchant le cœur de la cible.
D'autre fut autant heureux, dont Tyler qui se réjouit d'avoir suivi ses amis -même si en vrai il été plus contraint car on le défiait de ne pas être à la hauteur- car Luxchana avait eu l'envie de changer d'activité après s'être bien dépenser en patinage artistique. Elias se débrouillait pas mal dans son coin, même s'il n'égalait pas son condisciple Wyatt qui avait eu l'idée d'entrer en compétition avec l'autre blond. Rose parvenait à atteindre la cible sans avoir un meilleur résultat que le second cercle noir (troisième partant de la fin) -pas qu'elle n'assurait pas sur la glace mais elle avait aussi envie de changer, et non, elle ne dénigrait pas-, et le reste se débrouillait plus ou moins bien. Harry de son côté restait sur le bord de la piste de patinage et observait ceux qui avait continué sur cette lancée pour exceller encore plus. Il comptait son fils parmi cette troupe de doué, en charmante compagnie. Car Albus était bien en train de patiner en exécutant des figures digne d'un professionnel avec parfois les instructions, parfois congratulations de sa partenaire chinoise. Félicitation qui se terminait quelque fois, pour ne pas dire tout le temps, dans une étreinte tout adorable quoique maladroit.
" Et ils ne sont pas en couple ", commenta une voix à ses côtés.
Il se tourna un peu rapidement, surpris qu'il n'ait pas sentit la présence -par contre le craquement dans sa nuque, il la sentit- pour n’avoir rien vu venir. Puis il baissa la tête pour ressentir une nouvelle micro douleur au cou. Aie, eh oui, même les héros peuvent se sentir vieux.
L'adulte rencontra le regard impassible d'Emil et sentit un froid. Il s'efforça à sourire, avant de dire d'une voix douce :
" Est-ce que c'est vraiment un problème qu’ils se mettent en couple ou non ? N'est-ce pas une bonne chose qu'ils soient juste en harmonie entre eux ? "
Le regard face à lui devint vide.
" Ce n'est pas parce que vos relations amoureuses ont été tardives que ce doit forcément être le cas pour vos progénitures. " Taquina Chloé.
" Je ne te permets pas, retires ce que tu viens de dire ", gronda faussement Harry, les joues légèrement rouge en se tournant vers la source de la voix.
Nouveau craquement.
Son élève sembla le comprendre et sourit à la fois pour ça et pour la cause de ses rougeurs -c'est l'avantage d'avoir un père journaliste qui connait tous les détails croustillant ou non-.
" Je m'excuse. "
Il est à remarquer qu'elle n'avait pas du tout retiré ce qu'elle a dit.
" Mais ils sont frustrants tout de même. Il n’y aurait pas un événement qui les pousserait un peu ? " Soupira Harley.
Clara qui venait à cet instant -après avoir essuyé une cuisante défaite, il ne faut jamais rivaliser avec un Malefoy quand celui-ci est sûr de gagner, autrement dit tout le temps- eut comme qui dirait une illumination. Elle frappa dans ses mains et déclara d'une voix velouté :
" J'ai une super idée ! Je sais où on va la faire cette fête de fin d'année ! "