Promesse et Bonne surprise
Mars
Courant Mars, un remplaçant au poste de dcfm fut trouvé. Cela fut rapidement expédié chez le conseil, car après l'incarcération des derniers troublions du Nouvel Ordre dans le territoire anglaise, pratiquement tous les membres que composait le conseil ont eu l'intelligence d'écouter la seule voix de conscience qui leur avait averti du danger : Draco Malfoy. Bien sûr, ce n'était pas pour autant qu'ils iront l'écouter à tout va, mais actuellement sa proposition fut des plus belles et accueilli avec enthousiasme.
Aussi le jeudi matin, au lieu qu'ils débutent la journée en faisant une grasse matinée, les quatrièmes années furent réveillés à 8 heures pour leur cours de 9 heures. Ce léger contretemps n'en dérangea pas une, qui était déjà bien levée, et ce aux aurores.
Claire avait pris l'habitude de se réveiller tôt, en mode automatique, comme si à sept heures précis il allait de passer quelque chose. Or, ce n'était pas le cas, et ça ne le sera probablement jamais, car mêmes les rapaces postaux ne venaient qu'à huit heures moins le quart, sauf s'il s'agissait d'un annonce de décès comme ce fut le cas avec Vicky mais ne parlons pas de malheur. C'est pourquoi pour s'assurer qu'il n'y en avait vraiment pas, elle s'était levé une heure avant le début des cours pour attendre un missile sous un chêne du parc.
Son visage ne montrait rien, ni impatience, ni désespoir, juste de la patience. Ce fut ainsi qu'il la retrouva. Ses pas étaient légers et sans empressement, bien qu'il ait un peu paniqué quand on lui avait annoncé ne pas l'avoir trouver dans le dortoir des filles. Maintenant qu'il la voyait ici, il était rassuré et même heureux de la trouver. Il s'installa sans un mot à ses côtés et la contempla d'un air tendre.
Au bout d'un moment, il aperçut des rougeurs sur ces joues laiteuses qui lui firent sourire. Claire finit par détourner son regard du ciel bleu et ensoleillé pour la poser sur son camarade. Albus ne pût que lui gratifier d'un sourire tendre qui la fit rougir un peu plus, cependant il reçut également un léger sourire d'amusement.
" Es-tu là depuis longtemps ? "
" Une heure et demie environ. "
" As-tu froid ? "
" Je connais des charmes de réchauffement. "
Il eut un rire.
" C'est vrai, c'est ton domaine. Mais... " Il hésita, joua avec ses mains avant de promener une qui entrecroisa les doigts de la chinoise. Il laissa apparaître de légères rougeurs sur ses joues pâles qui contrastaient bien plus que son interlocutrice " est-ce que tu accepterais que je sois celui qui nous charme lors des prochains intempéries ? "
Elle écarquilla légèrement les yeux et se sentit soudainement très chaud, comme si dans les mots qu’il lui avait déclarés, il avait vraiment jeté un charme de chauffage. Mais quand son regard se posa brièvement sur leurs doigts emmêlés timidement et tendrement, elle eut sa réponse. Sa main parcouru le reste de la distance qui empêchait leur union et en un mouvement, leur main se retrouvèrent lier. Leur regard se croisa après s'être assuré de cette vision qui leur paraissait fabuleuse, un sourire fortement semblable se dessina sur leurs lèvres et de pareilles rougeurs saisirent leurs pommettes. Claire ouvrit la bouche et... Des battements d'ailes tout proche attira son attention. Elle se tourna et remarqua qu'il était déjà l'heure du courrier. Des dizaines de rapaces volaient vers le château, une lettre attachée à leurs pattes, mais une autre avait détourné sa trajectoire des autres pour se diriger vers le couple. Il se posa sur les genoux de la jeune fille et lui tendit le missive.
Tout d'abord elle analysa soigneusement la couleur. Pas noire, ni blanche ; pas de mauvaise nouvelle, donc. Puis elle décacheta fébrilement l'enveloppe, les mains quelques peu tremblantes, un regard vers sa gauche lui assurait pourtant la présence rassurante d'Albus. Elle savait qu'il était là, si jamais ce n'était pas une si bonne nouvelle. Qu'elle fut sa surprise de découvrir que si, c'était bien une heureuse nouvelle.
" Eh bien, tu es contente ? "
Il n'eut pas de réponse qu'il reçut deux bras autour de son cou avant de sentir le poids de la fille peser contre lui. Sans plus se poser de question, il l'étreignit, un sourire ravi sur les lèvres, tandis qu'une radieuse ornait ceux de sa camarade. Oh oui, elle était contente, comment ne pouvait-elle pas l'être alors qu'on lui annonçait que sa mère a été retrouvée ! Ainsi que tous les autres fonctionnaires qui ont été porté disparu, bien sûr ils étaient aussitôt envoyés à Saint-Mangouste pour un soin et examen intensif, mais à priori personne n'était blessé, ce qui termina de rassurer la demoiselle qui laissait éclater sa joie dans les bras de l'être aimé. Pas pour longtemps.
" Oh, les tourtereaux, je ne voudrai pas déranger mais en fait, on doit y aller. " les interpella une voix.
Ils se séparent à contrecœur et fixèrent les perturbateurs, qui se présentaient évidemment sous l'identité de leurs meilleurs amis respectifs, avec embarras et incompréhension.
" Eh bien, Albus, tu as oublié de lui annoncer la nouvelle ? "
Cette fois-ci, l'étonnement se lut sur les traits de la chinoise.
" Quelle nouvelle ? "
" Ah oui ! Nous avons finalement cours ! "
" Et la directrice veut nous voir avant, alors on se dépêche ! " Les pressa Wyatt.
" Ah, voici nos derniers retardataires. " les interpella la directrice en les voyant arrivé en masse " Bien, annonce officielle : le Conseil nous a rapidement trouvé un remplaçant pour le poste vacant, vous avez cours avec lui dans la demi-heure qui suit ! "
" Nous avons tout de même une certaine notoriété pour que vous devez nous l'annoncer de vous-même ", ne pût s'empêcher de faire remarquer Julius.
La directrice lui adressa un sourire amusé.
" En effet, il est curieux que vous me le fassiez remarquer alors que vous nous avez parfaitement prouvé être une promotion bien spéciale en attaquant ensemble des terroristes. "
" Eh bien, c'est parce que nous sommes avant tout une classe de quatrième. Mais très liée. "
" Et c'est exactement pour ça que c'est précieux à mes yeux. Vous êtes la seule, je dis bien, la seule et première classe dont les élèves sont si proches l'un de l'autre, vous faisant confiance qu'importe la maison et vous soutenant dans les difficultés sans se préoccuper des tensions puérils. Et cela fait de vous une légende. "
" Wow, se faire complimenter par la directrice, c'est vraiment..." Commença Ruben, soufflé.
" Wow ", répéta Sean.
" Voilà. "
Il eut quelques rires, mais tous eurent des sourires entendus et complices, cependant personne ne remarqua le sourire triste de la directrice quand justement on avait prononcé le mot.
" Bon, eh bien, vous pouvez rejoindre votre salle. "
" Mais le remplaçant ne fait pas justement cours ? "
" Oh, en effet. Décidément, je me fais vieille. Bon alors, vous pouvez bien vaquer le temps que l'heure soit la vôtre mais ne faîtes pas de bêtise. "
" Vous nous connaissez ", fit comiquement Kenneth.
" Et c'est bien ce qui m'inquiète..." Soupira lascivement la chef d'établissement en tournant les talons.
Tandis que des rires s’élevaient, Luxchana s'avança.
" Professeure, je vais vous accompagner ! " Proposa-t-elle généreusement.
" Je vous remercie, mademoiselle. "
Quand elles passèrent à ses côtés, Tyler ne pût s'empêcher de souffler un "fayotte" juste pour voir sa réaction. Il ne fut pas déçu. Elle se tourna de trois quart vers lui et lui tira la langue. Cette réaction lui donna une irrésistible envie de sourire. Et il le fit. Scorpius lui donna un coup pour le rendre compte de son comportement. Autour d'eux s'engageait une autre conversation.
" Je rêve ou la dernière partie de la discussion avec la directrice s'est terminée comme une conversation avec... "
" Une grand-mère ", compléta Wyatt.
" Tout à fait, et c'était une curieuse image ", médita Célia.
Pour les autres, le sujet variait entre appuyer ce fait en disant que pratiquement tous les directeurs sont un peu comme des grands-parents étant donné qu'ils s'occupent d'eux pendant neuf mois -sans parler des interruptions-, d'autres conversaient sur des sujets qui ne leur concernaient qu'eux, comme ce couple discret qui lisait tendrement une lettre entre eux. Mais comme tout le monde n'avait pas la chance d'être doté de sens d'observation, on vint les interrompre. Elle fut arrachée de sa lecture en sentant une violente friction sur le haut de sa chevelure ébranlant par là son équilibre. Quand elle releva la tête, elle vit le large sourire d'Adrian.
" Alors, contente ? "
Au lieu de lui faire la tête -comme il le sera au moins pour un moment- ou l'aviser pour l'avoir déranger-ce qu'elle aurait fait d'un simple regard-, elle lui sourit et répondit : "oui !" l'étonnant un peu avant que son sourire ne revienne en puissance. S'il voulut les laisser en paix, il comprit trop tard son erreur qu'on vint les aborder pour épancher des hypothèses sur le nouveau remplaçant. Ils n'eurent pas à affabuler longtemps, leur cours arriva et ils se mirent en route vers la salle de défense, Luxchana les rejoignant en chemin. Ils furent néanmoins pris au dépourvu en voyant les premières années sortirent du cours avec grand entrain, l'excitation d'avoir rencontré ce nouveau prof pas encore retombé, et ils comprirent vite pourquoi.
" Alors, c'est donc vous les 30 légendes qui ont tant fait parler d'eux en s'occupant d'eux-mêmes des malfaiteurs. Mais vu qui vous compose, je ne suis pas si étonné. "
Albus ouvrit la bouche de surprise et de sa gorge sortit le son de "papa", pendant que les autres s'exclamaient en même temps : "Oncle Harry !", " Harry " ou encore le célèbre : " Harry Potter ! ".
Installés en demi-cercle, car l'agencement des tables n'avaient pas changé, tous les regards étaient rivés sur leur professeur qui était installé au bout du U. Ils ne voulaient pas paraître malpolis et ont tous été élevé à ne pas dévisager si ouvertement une personne, mais non seulement c'était plus fort qu'eux car ils avaient tout de même une star face à eux, mais en plus ils étaient obligés puisqu'il s'agissait présentement de leur professeur.
" Bon, eh bien, je suis Harry Potter, votre professeur remplaçant de défense. On m'a donc chargé pour les trois mois à venir de vous enseigner tout ce qu'il faut afin que vous soyez au niveau lors des examens. "
On continuait à le regarder silencieusement, comme s'ils craignaient que tout ceci ne soit qu'un songe.
" Bon, alors qui peut dire où vous en aviez été laissé ? "
Sa nièce Rose fut la seule à réagir, il eut presque un sourire en la voyant aussitôt lever la main à la fin de sa question, bien qu'un peu incertaine.
" Oui, Rose ? " On remarqua tous le manque de distance en appelant son élève par son prénom.
" Eh bien, on avait fait une pause dans le programme des cinq magies connu à ce jour, pour nous intéresser sur d'autre défense qui nous serait plus utile quand nous entrerons à l'âge de puberté. "
Il eut un temps d'arrêt où le héros de guerre sembla perdu par la réponse de la rousse, avant qu'il ne se mette à considérer sérieusement les parchemins qui jonchaient le bureau qu'il avait préféré éviter de toucher.
" Je vois..." Hésita-t-il " Et bon... j'imagine que les cinq formes de magie ont été plus ou moins assimilé... Alfred ? " Interrogea-t-il en espérant une réponse qui puisse le sortir de cette situation embarrassante.
" Euh oui, nous connaissons les grandes lignes de chaque magie comme nous l'avons appris en troisième année... Mais cette année-là justement, on a aussi accordé beaucoup trop de temps là-dessus et on est passé à côté de l'apprentissage des créatures du programme... "
Comme le professeur ne prit pas la parole mais semblait plutôt l'inviter à exprimer le fond de sa pensée, il enchaîna alors " Donc, euh... Je me demandais s'il était possible qu'on étudie là-dessus. "
Harry ne pût que se féliciter d'avoir laissé la parole aux élèves, il pût donc mettre au point un programme grâce à leur réponse. Aussi il fit ce que demanda le blond-roux des Serdaigle -décidément ceux-là sont d'un secours pour diriger sagement- et débuta le cours.
Il comprenait désormais les pensées de Remus Lupin lorsque ce dernier avait été nommé professeur à ce même poste qu'il était aujourd'hui, et remercierai jamais assez de son entrain à les enseigner -et aussi grâce à son expérience de l'AD-, il mît donc tout au point pour leur apprendre sur les créatures qu'on lui a enseigné plus jeune.
À la pause, alors qu'il classait des documents pour les cours à suivre, il fut dérangé dans son activité par des coups frappés à la porte.
" Je vous prie de m'excuser de vous déranger, mais je souhaiterai vous parler. "
" Il n'y a pas de mal, je suis payé pour m'entretenir avec les élèves. " Plaisanta-t-il pour détendre l'atmosphère. " De quoi veux-tu me parler, Emil ? "
Le jeune homme ne répondit rien, mais ferma la porte derrière lui. Ce qui devait se passer derrière cette porte ne concernait que lui et son professeur.
À la reprise, les élèves retournèrent en cours dans un murmure enthousiaste. Or, Claire découvrit avec surprise que son ami s'y trouvait déjà et muré dans un silence.
Elle ne tenta pas d'en savoir plus, ne voulant pas le déranger mais elle ne cacha pas son intérêt.
À la fin du cours, elle crut en apprendre un peu plus.
" Mademoiselle Claire, puis-je m'entretenir un instant avec vous ? "
Surprise, Claire resta figer à sa place tandis que les autres quittaient la pièce pour le déjeuner à la grande salle. Ce qui l'étonna le plus fut qu'aucun de ses amis n'avaient l'air surpris et en étaient convenu à ne pas l'attendre. Elle resta seule avec le père de son...amoureux ? Petit-ami ? Pouvait-elle l'appeler comme ça ?
" Oui, monsieur Potter ? " s'avança-t-elle jusqu'au bureau.
" Détends-toi. Saches en premier lieu que je ne te juge pas. Mais j'ai entendu dire que tu ne suivais pas les cours de sortilège après une altercation avec le professeur Wonder. Cela ne me regarde pas, mais ne penses-tu pas qu'il te serait handicapant pour ton examen de ne pas te présenter à ses cours ? "
" Je ne veux pas paraître prétentieuse, mais le professeur de sortilège ne fait que nous parler des choses que je sais déjà, il ne m'apprend pas grand-chose. " Admit la jeune fille en évitant le regard de l'adulte.
" Tu veux dire que tu connais tout le programme de sortilège de quatrième année ? "
" Pas seulement. J'ai également connaissance des programmes des années supérieurs. "
" Eh bien, si je m'attendais à ça. "
" Et puis, ce n'est pas en allant dans son cours que je pourrai accomplir quoi que ce soit. Je préférais encore m'avancer dans les autres cours plutôt que... Perdre mon temps. "
" ... Ce n'est pas très respectueux ce que tu dis, fais attention. "
" Oui, professeur. "
" Tu préfères donc t'avancer dans les autres cours ? Je ne vois pas d'inconvénient mais peut-être devrais-tu au moins t'exercer sur les quelques sorts que tes camarades étudient. "
Claire comprit par-là que, bien qu'Harry Potter fût tolérant, il ne pouvait dépasser un certain seuil de croyance. Aussi elle décida de lui démontrer ses preuves.
" Expeto Patronum ! "
Le sort lancé, Harry eut la surprise de voir non seulement un filet argenté en sortir de la baguette mais que celui-ci prenait aussi une forme, de lapin en l'occurrence. Cela lui rappela sa tendre amie Luna, qu'il devrait songer à contacter plus souvent. Elle lui montra ensuite d'autre sort que les quatrième étaient censés étudier, mais que cela était retardé à chaque fois par la maladresse du professeur.
" Bien, je n'ai plus rien à dire. Dans ce cas, utilises ces temps à bon escient. "
" Oui, professeur. " Voyant qu'il n'avait plus rien à dire, elle considéra qu'elle pouvait prendre congé, alors elle s'en alla. Sur le pas de la porte, elle se tourna une dernière fois et s'inclina. " Bonne journée, professeur. "
Harry lui rendit la politesse avant de se rendre compte qu'il était aussi l'heure de déjeuner. Il s'empressa de terminer sa paperasse avant de rejoindre la grande salle où tout le monde s'est rassemblé. Ou, pouvait-il faire un tour dans les cuisines afin de faire la surprise aux groupes d'élève suivant. Il décida ainsi, et les ignorants n'eurent pas la chance de voir le nouveau professeur de défense.
" Qu'as-tu dit au professeur ? " Demanda Claire tout de go en se plaçant devant son ami.
Emil la regarda sans un mot. Il attendit qu'elle s’installe pour daigner lui répondre.
" Rien, je lui ai juste renseigné quelque fait. Qui ne concerne que le professeur et moi. "
Considérant la fin de phrase, la jeune fille hésita sur la conduite à adopter, finalement elle opta pour une partiel négligence, ce n'était que partie remise.
" Vous en avez pensé quoi du cours de défense ? " Demanda une petite voix fluette.
À la table des Poufsouffle, les quatrièmes regardèrent tous le garçon qui avaient posé la question.
" Très bien ! Et c'était super parce qu'on a trois heures ! " Insista lourdement Clara.
" Et toi ? Ça se passe bien sans Rei ? " Fit Celia sans arrière-pensée.
" Bah, bien sûr, je ne restais pas tout le temps et seulement avec elle. Par ailleurs, je ne sais pas pour vous, mais elle agissait de manière trop joyeuse pour être normal. "
" Tu veux dire que tout son comportement était un leurre ? "
" Quoi ? Son humeur joyeuse ou ses obsessions pour les amours homosexuels ? "
" Hum, les deux ? "
" Je ne pense pas. C'est peut-être ça qui nous a rapproché mais ce devait être un détournement pour qu'elle ne se fasse pas prendre. "
" Eh bien, tu es plutôt observateur pour un premier. "
" Et je suis aussi très persuasif pour avoir finalement réussi à convaincre Harley de jouer au Quidditch ! " S'enorgueillit-il.
" Tu comptes entrer dans l’équipe ? " Demanda Ruben.
" Non merci. " répondit la jeune fille sans hésiter.
La conversation dévia rapidement et Claire n'en suivit pas plus. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle aura deux heures demain pour faire ce qu'elle voulait. Et pourquoi pas commencer à maîtriser sa magie émérite ?
Une rumeur à la table des griffons lui fit tourner la tête. Tout d'abord, elle jeta un regard froid vers Hana Lynch, qui détourna aussitôt alors qu'elle s'apprêtait à se lever pour rejoindre son cours (ou la table des bleus) ? Ensuite, elle vit que c'étaient les septièmes années qui se levaient en discutant bruyamment, apparemment en faisant des paries sur le nouveau professeur de défense. Oh, elle sentait que trois des Weasley allaient se réjouir mais qu'un blond avec deux moignons à la jambe allait grimacer.
Quand les quatrièmes quittèrent aussi la grande salle pour soit se diriger au cachot, soit au troisième/cinquième étage selon l'humeur de Kurt, le groupe de Serdaigle et Serpentard rencontrèrent la promotion des cinquièmes années sortir du château. Son humeur ne devint pas plus sombre, mais l'atmosphère s'était considérablement refroidit quand elle remarqua quelque visage qu'elle aurait préféré ne pas voir. Cependant ce qui l'a perturba fut de voir que Tobias discutait amicalement avec un, Jeffrey Link.
" Pourquoi tu fais cette tête ? " Lui demanda Chloé.
" Ce cinquième année qui discute avec Tobias. Link. "
" Qu'est-ce qu'il a ? " La Serpentard avait suivi la direction indiqué par son amie et reconnu effectivement son aîné.
" Il fait partie des Jeunesse Pur. " Et c'est même le leader, ajoute-t-elle mentalement. Elle fit bien de garder cette réflexion pour elle, la réponse de la verte l'affligea.
" Link ? Mais ce n'est pas possible... Il est trop intelligent pour ces bêtises. "
La chinoise la contempla silencieusement, sans savoir qu'on la surveillait aussi derrière.
" Est-ce que tu penses que je te mens ? "
" Ce n'est pas ce que je voulais dire... Pour Selwyn, j'aurai compris mais..." Renchérit l'anglaise.
" Sache juste que c'est un né-de-moldu et que la politique du Nouvel Ordre ne peut que lui être avantageuse. Réfléchis bien. "
Comme elle n'obtint pas de réponse, elle décida de reprendre son chemin vers les cachots.
En passant, le regard insistant d'Emil manqua de lui trouer la nuque.
Durant les jours qui suivirent, tout le monde eut connaissance du nouveau professeur de défense et ne disait que du bien d'Harry Potter, un héros vivant dans l'enceinte du château. Bien sûr, c'était aussi le lieu où il a combattu pour la bataille finale et où il a vécu durant sept ans en le considérant comme une seconde maison, mais cela faisait déjà deux décennies qu'il n'y avait plus remis le pied et qu'on n'avait pas l'occasion de vraiment le voir de près, occupant une fonction des plus hauts placés dans le ministère. D'ailleurs, c'est à se demander s'il reprendra son poste de chef d'auror après cette fin d'année. Quoique cela ne les concernait pas.
Les Weasley, et Potter d'ailleurs, accusaient le choc d'avoir été ainsi pris en traître, mais s'amusaient plutôt bien de voir un parent dans l'école, en dehors de Neville, d'autant que le brun est l'adulte auquel ils voyaient le moins.
Mark Ludvian rongeait son frein de ne pouvoir rien faire à l'ennemi presque juré de sa mère alors qu'il l'avait juste sous la main, cela faisait au moins le bonheur de certains qui avaient moins à supporter son attitude très pénible qu'il avait depuis qu'il a été victime de complot. Néanmoins son ami Corentin Williams continuait de l'encourager de laisser au moins un souvenir inoubliable avant qu'ils ne quittent définitivement Poudlard. Et le blond était bien motivé à tenir cette proposition pleine de bon sens, selon lui, de son ami né-de-moldu.
En parlant de son origine, les Némésis s'étaient décidées à répertorier tous ceux susceptibles de suivre le mouvement Jeunesse Pur.
Elles pouvaient d'ors et déjà ôter les trois de leur promotion, qui avaient une grande aversion pour la grosse dinde alors rejoindre un groupe qui les soutenait...
Ensuite le septième année des Poufsouffle, Corentin Williams, semblait beaucoup trop âgé et engagé pour perdre son temps dans un groupe comme celui-là. Et puis, l'air de rien son meilleur ami est un sang-mêlé que le groupe hait tant, alors à moins que le majeur et bientôt diplômé né-de-moldu soit en vrai un sournois, les filles l'ont écarté des suspects.
Parmi la promotion de James, le seul qu'elles ont trouvé est Lucas Dixon. Justement le meilleur ami et préfet de la maison Gryffondor, et probablement bien en passe pour devenir préfet en chef l'an prochain. Elles ne le connaissent pas personnellement, mais du peu qu'Harley en sait, c'était un garçon très loyal et altruiste. Il était le meilleur de toute leur année et n'hésitait pas à aider les autres, Gryffondor ou non, bien qu'il soit assez absent lorsqu'il s'agissait des Serpentard. Les préjugés ne peuvent disparaître en une fois. C'était également un bon joueur en tant que poursuiveur, mais peut-être allait-il abandonner l'équipe pour se concentrer aux Aspic de l'année d'après, même si honnêtement il n'est absolument pas en retard. Par ailleurs, quand il a entendu parler des Jeunesses Purs et de leurs objectifs, il avait un peu pâlit comme si... Il était au courant. Si elles avaient aussi pris la peine de calculer, elles auraient remarqué que le jeune homme faisait partie de l'année où le Nouvel Ordre avait décidé de mettre leur projet officiellement à exécution dans le monde, les deux années ayant été des expériences, ou quel que soit le nom mondial de l'organisation clandestin. Elles décidèrent de le garder à l'œil.
Les premières années...étaient des premières années et ne pouvaient par conséquent pas avoir grand avis sur le sujet. Du moins d'après Valou, parce que visiblement c'était le seul qui voulait bien les parler sans être intimidé -à savoir que quand Chloé observe, elle devient pire que Laura ; que Clara ne pouvait rester sérieuse très longtemps et devait faire une blague, ce qui lui donne une réputation d'élève à éviter à chercher ; qu'Harley ne supporte pas les gosses, alors les aborder... autant demander au grand calamar de danser hors du lac ; et que, bah, Claire n'était plus celle qu'elle était, ce qui rendait la conversation avec elle un peu froid, voire difficile-.
Chez les années suivantes, Louise Minden avait déjà montré une faculté qu'elles ont associé à la capacité propre aux nés-de-moldu, une force surhumaine bien qu'en elle en souffrait après usage, vu la fatigue qui se lisait sur ses traits souffreteux. Peter O'Neill, qu'elles n'avaient aucune envie de faire des recherches, avait développé dernièrement une curieuse complicité avec Lily. La rousse était beaucoup plus réceptive envers le jeune homme qui avait toujours un air aussi chiant et pénible que leur première rencontre mais étrangement dès qu'ils discutaient c'étaient comme si le monde approuvait leur amitié. Elles se résolurent alors à faire appel à Adrian, après tout celui-ci avait promis qu'il ferait tout pour ses congénères dans le même cas que lui. Et puis entre deux boulets blonds, ils se comprenaient. Bref, elles apprirent finalement que la grandeur d'âme de Lily Potter avait encore gagné et celle-ci l'avait pardonné, ils ont discuté au calme et ont pu se comprendre. Plausible, de plus il était toujours bon d'avoir un soutien dans sa maison où les élèves étaient encore très envieuses de la benjamine. Le sentiment s'est renforcé depuis qu’Harry Potter était le professeur de défense. Bien sûr, celui-ci ne faisait pas de favori mais les gens sont si coincés. Ensuite pour le dernier né-de-moldu qu'elles ont trouvé dans cette promotion, du nom de Maxime Jefferson, le garçon semblait assez mal dans sa peau. Pourtant Hugo, qui était dans la même maison et même chambre par conséquent, affirmait que c'était son teint naturel, pâle et un peu cerné. Elles n'ont pas insisté davantage faisant confiance au roux. Néanmoins, elles se sont accordées de garder un œil sur le petit maladif.
Quant à la promotion de Lorcan et Lysander, il n'y avait pas grand-chose à dire, tous leur cible se sont assemblés dans la maison des aigles, à croire qu'ils se sont faits passer le mot, de ce fait, les dortoirs étaient pleines à craquer alors que deux étaient déjà ouverts pour chaque côté. Ce qui donnait quatre chambres pour les troisièmes années, bien sûr, ce n'était pas uniquement composé de né-de-moldu, mais il y en avait au moins 13 sur 18. Pratiquement une promotion, mais le quatorzième se trouvait chez les rouges, et ils étaient plus d’une quarantaine cette année. Cependant, elles s'étaient plus ou moins rassurées en se disant que les deux maisons étaient les moins influencés par les bêtises des Jeunesses Purs des quatre maisons.
Même si en étant tout à fait honnête, Alfred n'était pas loin de céder, effrayé par Midgen.
Ne reste plus que la dernière classe. Le gros lot, avait plaisanté Clara. Mais elle n'avait pas du tout tort. Tous les cas particuliers étaient rassemblés dans cette année, il s'agissait de l'année d'abondance, où les "créations" étaient plus nombreuses, où les élèves assemblaient le plus de réceptacles. Et ce, malheureusement dans toutes maisons confondues.
Il y avait bien entendu le plus connu, Jeffrey Link, à Serpentard. Cela a surpris pas mal de gens, les verts en premier, avant que ces derniers ne s'en désintéressent en se disant que l'ex seigneur des ténèbres aussi était originaire d'un milieu moldu, qu'on appelait à ce moment né-moldu, car issu d'un environnement moldu. En revanche, personne ne souhaitait à ce qu'il devienne un second Voldemort. Quoique, ça avait l'air d'être en préparation avec ce nouveau mouvement de Jeunesse Pur. Évidemment, la tentative de Chloé, qui consistait de lui poser directement la question, n'aboutit à rien. En même temps, elle l'avait fait pendant qu'il discutait avec Tobias, qui ne comprit rien, sûrement avait-il plus de loisir à feindre. Les filles ne lui tinrent pas compte, autant parce qu'elles n'étaient pas rancunière, que parce que la verte n'avait pas dit toute la vérité. Eh oui, elle n'a pas mentit mais seulement ôter quelque faits, elle ignorait pourquoi mais elle ne parvenait pas à se faire à l'idée que le sérieux Link fasse partie d'un groupe extrémiste comme un futur N.O. Alors, elle était actuellement en petit conflit interne, perdue sur la conduite à adopter. Les autres se déclinaient sous le nom d’Aurora Diotime -dont les parents étaient soit grecs, soit fan des philosophes pour lui choisir un nom pareil-, Gryffondor de son état et amie d'Hana Lynch. Que Claire méprise. Ensuite Bucarest Électre -dont visiblement les parents étaient autant fan de tragédie grec que l'autre-, à Poufsouffle. Ces noms rappellent quelque chose ? C'est normal, elles étaient en début de liste duquel le professeur de sortilèges les avait confondus. Juste parce qu'il y avait Rose Weasley dans l'une et Roxanne Weasley de l'autre. De quoi confondre, en effet. Le reste préférait préserver leur avis, or d'autres qui n'étaient pas concernés, du moins pas directement, ont suivi le mouvement. Les sang-pur notamment car ils se considèrent comme l'élite, l'origine de tous. Ce qui n'était pas nouveau. On comptait parmi eux en première ligne : Raleigh Selwyn, que Chloé avait du mal à encadrer, Adelia Flint, que Claire ne pouvait voir en peinture, Mathilde Warrington, que Clara continuait à chercher des noises, et s'il n'y avait aucune mention chez les rouges, c'est parce qu'Harley les détestait tous. Et comme quand on était submergé par les sentiments, on avait une vision herméneutique, du coup, elle leur affirmait sans mal qu'ils étaient tous dans le coup, voilà.
Elles en étaient là, à leur conclusion, quand on les interrompit. Une voix les avait interpellés amicalement, mais elles s'étaient quelque peu braquées en dissimulant rapidement et aussi discrètement que possible leur (longue) liste.
" Que faites-vous ici, les filles ? Vous ne souhaitez pas participer à la sortie ? "
Samedi, le jour où les sorties à Pré-au-lard étaient autorisés, les filles s'étaient concertées pour être au calme dans le château alors que les troisièmes années et supérieurs étaient en pleine détente hebdomadaire. Ils méritaient bien, tout le monde a eu les nerfs à vif ces derniers temps, et comme l'année n'était pas terminé, il fallait qu'ils se reprennent pour les examens.
Tout ça pour dire que les filles ne s'attendaient absolument pas à se faire héler par Harry Potter.
" On... " Hésita Harley.
" ... Était à la recherche d'une salle pour le bal ", termina Claire.
" Ah oui, la directrice m'en avait touché quelque mot. Vous souhaitez le faire après les examens j'imagine. Elle a accepté de changer les dates ? "
" Oui, la semaine des épreuves a été allongé afin que celui d'astronomie ne fatiguent pas ceux qui participeront. "
Car elle n'avait pas oublié même lorsque les derniers événements dramatiques s'étaient déroulés. Et puis, une promesse était une promesse, pas sûr que Lolie aurait apprécié qu'on oublie.
" Cependant, on n'a toujours aucune idée pour la salle. " Ajouta la chinoise.
" Mais on a la clairière pour le coin romantique. " Réagit Clara.
" Dans ce cas, le mieux serait une salle au rez-de-chaussée. Afin de les éviter un parcours trop long. " S'exprima Chloé.
" On ne les doit rien, on organise déjà un événement festif, ils font le reste seul. " Lâcha Claire.
" Ne sois pas si froide, on demande l'autorisation pour la grande salle, alors ? " Fit Harley.
" Oh non, ça n'a rien d'original. On mange tous les jours là-bas, faisons quelque chose qui sort un peu, vous voulez rester dans la monotonie ? " S'exclama la blonde.
" Eh bien, qu'est-ce que tu proposes ? "
" Eh bien, j'ai entendu dire que la salle de bain des préfets est un endroit très vaste. "
" Non, mais on ne va pas le faire dans une salle de bain, t'imagines un peu l'ambiance ? " S'ahurit Chloé.
" Mais on dirait une piscine et ce serait dans le thème en fin de Juin ! "
" Ce n'est pas le meilleur argument que t'aies trouvé. Penses un peu à eux qui ne savent pas nager. " Lui contredit Claire.
" Ha ? Qui ne sait pas nager ? "
" Moi et ne cherches pas à m'initier car je ne peux juste pas supporter l'idée d'être dans l'eau. " Avoua Harley rapidement.
" Pas possible, ça ! Je traine avec de vrais boulets ! " Râla la blonde. " Une qui ne sait pas voler, l'autre qui ne sait pas nager et c'est quoi pour la troisième ? "
" Chloé ne sait pas skier ", rappela la brune.
" Oui, c'est bien ce que j'ai dit : de vraies fardeaux ! "
" Excuses-nous, hein, miss parfaite. "
" Je vous pardonne dans ma grand gratitude. Je devrais être payé, sérieux. "
" Il n'y pas de quoi, tu te défoules bien assez sur les pauvres victimes de tes blagues ", sourcilla Chloé.
" Et puis, tu ne peux pas nous blâmer. L'être humain est fait pour marcher sur terre. Je ne vois pas pourquoi vous cherchez à défier les lois de la gravitation et vouloir à tout prix voler ! Même les oiseaux doivent battre des ailes pour rester dans les aires, ce n'est pas normal ! " Contra Claire avec véhémence.
Clara aurait voulu rétorquer qu'Adrian pouvait voler à sa guise, lui, mais se retint en se rappelant de la présence de leur prof. Il ne fallait pas éventer un tel secret hors de leur promotion. Et à la réflexion, Adrian était considéré comme un fils de dieu, alors...
" Pareil pour ce qui est de nager. On a deux jambes pour marcher par pour faire mumuse dans l'eau et on respire de l'air parce qu'on a une respiration trachéen au contraire des êtres aquatique qui ont des bronchites. " Repartit Harley avant de se tourner vers Harry. " Sinon, tu n'as rien à nous proposer ? Vu que tu as pu acquérir une connaissance parfaite des lieux. "
" Eh bien, il me semble que les seuls dont j'en ai une connaissance des plus précis sont la salle sur demande, qu'il n'est malheureusement plus possible d'accès. Celui de la sorcière borgne qui mène à Pré-au-lard, mais dont je ne conseille pas, après tout la directrice vous fait confiance il serait mal vue que vous la trahissez de la sorte. Il y a près du saule cogneur où personne n'y passe, mais ce n'est pas pour rien qu'il se nomme ainsi. Ensuite, la cabane qui se trouve justement dans le saule cogneur. "
À la fin du discours, les filles avaient toute sorte d'expression. Dont trois mornes et une brûlante.
" Euh... Mais il n'y a que des endroits à risque. " Lâcha la rouge.
" Au contraire ", commença la jaune avant de se faire couper.
" On ne veut pas de ton avis, tout le monde n'est pas risque-à-tout ! " Grommela Chloé.
" Plus qu'à en chercher d'autre. Merci de nous avoir renseigné professeur ! "
Comme elles n'avaient eu de réponse satisfaisante ni pour la salle, ni pour les démarches à faire, elles décidèrent de mettre à plus tard. Rien ne pressait. Enfin, en ce qui concerne la deuxième optique, parce qu'il fallait qu’elles accélèrent un peu le mouvement pour la première ou une va hurler.
Néanmoins, les filles ne semblaient pas tant pressées et se réfugièrent dans leur repère dimensionnel pour y repenser à tête reposée. Elles y restèrent jusqu'à la fin de la journée et en sortirent sereines lorsque les autres étaient de retour.
" Vous vous êtes bien amusé ? " commença Clara.
" Comme d'habitude. " Fit rêveusement Rose.
" Ce n'est pas une réponse satisfaisante, l'habitude veut dire qu'on est déterminé à quelque chose qui n'est pas surprenant donc qu'on peut facilement s'en lasser, or ton sourire montre le contraire, alors quel est ta vraie réponse ? "
" ... T'es vachement chiante, Claire. " Exprima Alice à la pensée de tous.
Vexée, la jeune fille se mura dans son silence habituel, dont bien sûr elle n'appréciait pas.
" Boudes pas, on t'a ramené des souvenirs ", rit Wyatt.
Il commença à ouvrir son sac à bandoulière d'une marque moldu, modifié magiquement afin que les objets contenus puissent dépasser le nombre acceptable, et il lui sortit une figurine d'un aigle sous les yeux.
Elle eut un rebond extraordinaire.
" Ah, enfin, on te retrouve ! " S'exclama Alfred.
Sa camarde, cachée derrière son ami, se tourna vers lui, surprise de son éclat de voix. S'en rendant compte, le roux rougit et se tut sans expliquer son commentaire.
" C'est vrai qu'on n'imaginait plus que tu allais à nouveau t'exprimer. " Expliqua Adrian " Tu agissais comme ces coincés de sang-pur. "
Les dits sang-purs se tournèrent vers le blond avec des regards méprisants, dont Flint.
" Faut dire que c'en est une en même temps ", fit Luxchana avec nonchalance.
" Tu en es aussi. "
" Bref, on n'est pas là pour parler de sang, tu veux bien te rasseoir, Claire ? "
Elle faillit répondre à l'invitation ingénue de Clara avant de se rappeler pourquoi elle s'était éloignée. Les autres en rirent allègrement.
" Tu peux ôter ce rapace ? "
" Mais tu n'as rien à craindre, ce n'est qu'une peluche magique. "
" Ce n'est pas mon problème, éloigne-moi cet objet maléfique. "
" Maléfique, comme tu exagères. " Marmonna le blond en récupérant son cadeau.
" Mais sinon quand c’est Sev qui se transforme, ça ne te dérange pas ? " Fit Elias.
Silence de l'autre côté. Elle avait l'air d'y réfléchir sérieusement.
" Ça, je n'en suis pas si sûr. Tu te souviens comment est-ce qu'elle a réagi la première fois ? Et je crois qu'elle avait compris qui se cachait sous l'aigle royal ", analysa Alice.
" C'est ça, fais comme si je n'étais pas là. "
" Je vais me gêner ", ricana sa camarade.
À la fin du repas, les Serdaigles avait décidé d'aller avancer sur les prochains devoirs et s'étaient accorder de se réunir autour de la table de leur salle commune, seulement en chemin ils eurent une mauvaise rencontre.
" Hey, Albus, désolée de te paraître impromptue mais j'ai entendu votre conversation de l'instant. C'est vrai que tu es un animagus ? "
Si Claire avait été Clara, elle aurait grincé des dents et aurait fusillé l'opportun du regard et, pourquoi pas, lui jouer une farce dont elle ne se relèvera jamais, mais le fait est que la brune n'était pas la blonde et même si son attitude avait changé du tout au tout, elle ne réagirait pas ainsi. Elle se contenta de continuer à marcher en maudissant des malédictions chinoises.
Le groupe d’Albus était resté en arrière pour soutenir le brun si besoin, tandis que les deux né-de-moldu suivaient la brune en jetant des coups d'œil derrière. Emil avait disparu.
" Comme tu l'as dit, tu apparais un peu trop brutalement et tu me poses une question personnelle, l'intimité, tu connais ? " Répondit calmement Albus en arrêtant déjà de regarder son l'interlocutrice pour voir plus loin.
Et juste à sa place, Claire sourit, heureuse qu'il l'ait repoussé.
" Ne souris pas comme ça, on croirait voir Clara. " lui chuchota Emil, en apparaissant de nul part. Il lui fourra un paquet dans les bras sans un mot de plus. Elle reconnut Mimil (pas le vrai, hein) et le serra dans ses bras afin de lui montrer toute sa joie. À sa surprise, et celui de son voisin aussi, la peluche ne se transforma non pas en effigie du créateur mais d'un brun aux yeux verts. Le danois en resta bouche bée.
" Aie, nous sommes fichus, si la créature dépasse les attentions du créateur, on peut s'attendre à ce que la création prenne l'autorité. " Commenta Alice.
" Dommage que tu n'aies pas été aussi créative jusqu'à la fin. " Rit Alfred.
" Je suis déjà fière de ma créativité, peux-tu en faire de même ? "
" Bon, vous ça suffit vous deux, vous avez assez crée, là ", les interrompit Claire.
Alors que les quatre autres finissaient par les rattraper, ils entendirent une conversation qu'ils auraient préféré éviter. Visiblement Lynch aimait quand on la repousse et Aurora avait un vocabulaire bien varié quand elle riait jusqu'aux larmes.
" Je te souhaite bien de la chance avec elle, Al. " pouffa Son meilleur ami.
" Ce n'est pas comme-ci j'allais sortir avec.... " Marmonna ce dernier.
" Et je ne te le conseille pas ", lui chuchota sa cousine avant de désigner la brune, qui les observait du coin de l'œil.
Il resta attentif à leur échange de regard avant qu'elle n'esquisse un sourire dont il rendit avant de rougir en avisant ce qu'elle tenait entre les bras.
" Ne toise pas la peluche comme ça, on aurait dit que tu voudrais prendre sa place. "
Sursautant sur la véracité de la phrase, Albus se cacha d'El avant que celui-ci ne lise encore plus en lui. Toutefois, il était trop tard pour les autres qui avaient entendu son arrière-pensée. Il eut encore plus honte et évita de se tourner vers l'actrice principale de son fantasme. Celle-ci n'eut même pas à le faire puisqu'elle avait de quoi jouir dans ses bras, elle y porta même ses lèvres sur les cheveux de la petite version.
" Qu'est-ce que vous êtes mignons tous les deux ! " Ne pût s'empêcher Rose de roucouler.
" C'est ça, le bonheur de l'amour partagé. " Affirma Alice, ayant finalement un peu de romantisme en elle.
La porte menant à leur salle commune s'ouvrit après que le heurtoir aie énoncé son énigme. Visiblement la réponse était un des mots de la phrase d'Alice. Bonheur ? Amour partagé ? Ou tout cela ?
" Vous comprenez enfin ce sentiment que seuls les couples ont ? " Les taquina Wyatt.
Un silence lui répondit, qu'il interpréta de travers, croyant qu'ils étaient gênés. Il comprit cependant que ce n'était pas le cas quand il vit l'air introspectif de son ami.
" On n'a pas dit être en couple. "
" Quoi ? "
La surprise et incrédulité se lût sur tous les visages, sauf des deux concernés. Ils restèrent inébranlables à leur façon. Albus était plus songeur à la déclaration de sa partenaire non-petite-amie, en se disant qu'ils ne s'étaient en effet rien promis.
" Pourtant vous vous êtes bien déclarés, non ? " S'étonna Alice.
Si même elle qui n'était pas friande de ce genre de relation n'en revenait pas, c'était que la situation paraissait vraiment invraisemblable.
" Ça ne veut rien dire. "
" C'est surtout ton comportement qui ne veut rien dire. Pourquoi en as-tu décidé ainsi ? " Lança Wyatt.
" ... cela ne concerne qu'Albus et moi. "
" Sauf que je pense que monsieur est aussi surpris que nous, alors on te questionne à sa place ", s’y mêla Rose.
" Eh bien, je lui fournirais une réponse personnel s'il me le demande. "
Mais il n'en fit rien et la conservation se clôt là-dessus. La séance de devoir se déroula de manière assez singulier, le silence était maître et personne ne semblait plus d'humeur à échanger des connaissances.
" Albus est mignon quand il voit quelque chose qui lui plaît. "
" Je le trouve plus cool quand il est concentré, mais ça ne va bientôt plus être possible si vous continuez de discuter à ses côtés, circulez ! " Cria Élise alors qu'elle voulait juste entrer dans la grande salle.
Comment en est-on arrivé là ? Se demanda l'intéressé alors qu'il entrait aussi pour prendre le déjeuner.
Tout avait commencé le lendemain de l'annonce de Claire, quand elle avait révélé qu'ils n'étaient pas ensemble. Dès le lendemain, Wyatt commença à sortir tous les arguments qui le mettaient en valeur et qui ferait craquer la jeune fille afin qu'elle change d'avis.
Seulement, personne n'a prévu que ceux qui étaient aussi du côté du jeune homme -enfin, c'est vite dit, Albus n'avait pas totalement prit part et ne semblait non plus mal à cette décision-, on compte en première ligne sa fratrie et le clan Weasley, s'y mettraient aussi pour sortir tous les anecdotes qui le ferait paraître sous son meilleur jour. Ils surprenaient la chinoise au détour d'un couloir et lui conter une des facettes du cadet Potter, parfois insoupçonné. Albus en avait les larmes aux yeux de voir ses différents côtés être divulgué à jour. Heureusement que son père faisait en sorte de tempérer sans rien avouer de compromettant, car il était celui qui en connaissait le plus après James, sinon il n'aurait plus osé regarder le monde en face. Même si, actuellement il n'osait non plus se reconnaître quand on l'appelait, de peur à ce qu'on lui rappelle ce qu'il avait fait le jour de ses six ans. Il n’en avait pas fait beaucoup, ayant toujours été le plus calme de sa fratrie. Mais ça créait des commentaires comme plus tôt, et ça il aurait préféré évité.
" Pouvez-vous cesser cela ? Il me semble que cette technique ne fonctionne pas et il n'y gagne plus d'admiratrices qu'autre chose. "
" T'es jalouse ? Tu n'as qu'à officialiser votre relation. "
" Ce n'est pas ça qui diminuera sa popularité ", intervint Chloé.
" Et pourquoi t'es si investi ? À croire que tu es concerné. " S’incrusta Harley en doutant de Wyatt.
" Peut-être pas mais je me soucie du bien-être de mon ami. "
" Tu crois que c'est en étant en couple, qu'on se sent le plus comblé ? Au contraire, c'est justement quand on se lie à quelqu'un que ça devient plus stressant. On doit faire attention à ce que la relation dure, qu'on ne devienne pas trop collant pour que l'autre ne se lasse pas, faire des efforts pour attirer toujours un peu plus l'autre sinon il t'oublie pour une autre passion. " S'exprima Luxchana en parlant d'expérience.
" Et si ce ne sont pas les causes extérieurs, ce sont tes propres désirs qui te consumeront. Une relation aussi risqué, je préfère réfléchir à deux fois avant de m'y engager. " Formula Claire.
" Mais si tu ne risques pas, comment peux-tu prétendre aimer ? Ce qui est fabuleux dans l'amour, c'est de ressentir des passions qui t'emportent. " Défendit Clara le côté pro-couple. Parce que mademoiselle l’est.
" Mais tu fais souvent des choses qui ne te ressemblent pas. Car ce n'est plus toi qui contrôle ton corps, mais ta passion, ton désir. " Contra Rose, d'une petite voix.
" Le pire dans tout ça, c'est lorsqu'on ne tient pas les promesses, ne trouves-tu pas ça abject quand on revient sur sa parole, juste parce qu’on n’était pas totalement conscient des mots qu'on utilisait, porté par la passion ? "
Luxchana, qui avait expérimenté ce revers, en souffrait des séquelles.
" Tu ne vois que les mauvais côtés... " Insista quand même la blonde, consciente que tout le monde ne pouvait pas bien vivre l'amour.
" Il suffit que tu fasses un effort pour rendre la relation satisfaisante, pas parfaite car personne ne l'est, mais où tu te sens bien. "
" Et si tu ne te sens pas bien ? Si, avant même de t'engager, tu es dans un état instable, tu penses qu'il serait judicieux de t'accoupler ? Pour que tu entraines le partenaire dans la déchéance ? "
" S'il t'aime, il serait prêt à te suivre jusqu'en enfer. "
" Une relation basée sur la souffrance ? Je préfère encore ne pas m'attacher. "
Cette conclusion clôtura la conversation et jeta un froid à l'ambiance. Les lendemains, les tentations de persuasions avaient bien cessé, comprenant que ce n'était pas cela qui ferait changer d'avis à la petite qui était un chouia affectée. Néanmoins, Wyatt n'avait pas abandonné, il décida de recharger avec cette fois-ci un moyen infaillible.
" Bon anniversaire, Wyatt ! " Sautilla Rose, dès qu'elle le vit dans leur salle commune.
" Merci ! " Répondit-il joyeusement.
Eh oui, on était le 31 mars, bientôt avril, comme le temps passait vite ! Il avait déjà 15 ans.
" Salut, Wye, heureuse journée ", souhaita Alice en passant en coup de vent. Suivi d'Alfred qui sourit à ses camarades de chambre.
Et puisqu'ils l'étaient, ces derniers lui avaient souhaité avant tout le monde, dont Albus qui lui donna un coussin métamorphose qui l’avait fait sursauter à minuit passé.
Quand il arriva à la grande salle pour petit déjeuner, presque tous ceux qu'il avait rencontré sur le chemin l'avait arrêté au moins un instant pour lui faire des vœux ou pour le taquiner et voir s'il avait des changements drastiques sur le corps.
" 15 ans, ce n'est pas rien. " Salua Sean alors qu'il s'installait face aux Némésis à la table des Poufsouffle.
Albus râla pour la forme, mais décida de s'installer à côté de Claire, qui était au bord de son quatuor. Rose prit place entre ses deux amis mâles.
" En effet, joyeux anniversaire. "
Il reçut ensuite d’autres vœux avant que la question ne fuse.
" Tu souhaites quelque chose en particulier ? "
Bingo ! Et pile la personne qu'il voulait.
" Je veux que tu m'embrasses, Claire... "
À ses côtés, quelqu'un s'étouffa dans sa boisson. La concernée le regarda avec un air confus, pas sûr d'avoir bien entendu les mots.
" Sur la joue. " Termina-t-il. Il répondit d'un sourire au regard noir de son ami " Ça ne serait jamais arrivé si vous étiez en couple. "
Il attendit alors la réaction de la silencieuse, qui jeta un regard vers la rousse. Rose paraissait plus soulagée maintenant que son toux, qui avait manqué de l'emporter, fut calmée. Plus tard, elle remerciera Sean de lui avoir sauvé la vie.
" Tu veux un baiser pour ton quinzième anniversaire afin de t'introduire dans la vie de débauche ? " Traduisit Celia à son bon vouloir.
" Pas de n'importe qui, je veux que ce soit de..."
" D'une fille ? Oh, mais je t'en offre une avec plaisir, mon chéri. " Lui accorda Alice en lui donnant un bisou bien senti.
Autour du groupe, tout le monde attendit la suite. Qui ne se fit pas attendre : dès que la jeune fille s'écarta, la température de l'américain fut prise d'une hausse incroyable.
" Wow, s'il réagit toujours comme ça, alors les filles, tous sur lui pour fêter son anniversaire ! " Se marra Clara.
" Non, mauvaise idée ", nota Chloé en repérant les regards illuminés de certaines filles.
Trop tard, Celia a déjà distribué deux bises sur les deux joues écarlates et Lolie accourait comme si on lui avait offert dix ans de friandises, non un an, de toute évidence, une proposition qui l'irradiait.
Rose tenta de calmer le jeu en devenant la barrière protectrice de son ami, malheureusement elle ne pouvait arrêter que d'un côté, et l'autre se trouvait champ libre. Albus hésita à lui venir en aide, il l'avait cherché en même temps. Il eut quelque sueur froide en voyant sa voisine se lever, mais Claire ne faisait que se diriger vers la salle de classe où ils auraient la première heure de cours. Se résolvant à secourir le blond, qui n'allait pas tarder à développer une phobie des contacts physiques avec les filles, il se leva à son tour et saisit le poignet de son ami. Il le tira hors de la grande salle, éloignant par-là toux ceux qui n'étaient pas en cours avec eux.
" Bien fait pour toi ", lui chuchota-t-il alors qu'il le délaissait pour rattraper la brune.
" Voici ce qu'on appelle un plan qui se retourne contre soi ", se moqua Chloé en passant à côté.
Il ne lui jeta qu'un regard embarrassé en se demandant si elle allait aussi suivre le mouvement.
" Ne t'inquiètes pas, j'ai passé l'âge avant toi pour ce genre de puérilité. "
" Moi, par contre, j'ai rien dit ! " S'exclama Clara en plantant un baiser bruyant sur sa joue.
Le pauvre se recroquevilla sur lui-même tellement il fut pris de court.
La journée qui s'écoula ne fut plus qu'une pénible péripétie pour le beau gosse qui devait fuir ses traqueuses, sinon quoi il aurait un terrible contact physique qu'il n'avait pas demandé, ne leur avait pas demandé.
Ce qui le sidéra fut lorsqu'une rousse se planta face à lui. Au début, il ne se doutait rien, comment aurait-il pu ? C'était la famille de son meilleur dont il connaissait pratiquement comme la sienne, mais Lily prit un plaisir pour le surprendre. Après lui avoir souhaité jovialement son anniversaire, elle resta devant le duo de quatrième, patientant. Il fut stupéfait quand il comprit pourquoi, il tourna un regard ahuri vers Albus, qui soupira, avant de lâcher dans un râle vers la petite :
" Non, pas toi aussi. "
" Mais, mais tu as bien accepté pour les autres ! "
" Non, elles m'ont forcé. "
" Et moi, je te le demande. Dis oui, c'est presque mon rêve de pouvoir embrasser un beau blond comme toi, on dirait une star ! "
" Fais attention à ce que tu dis, Lily. Tu as de la chance que James ne soit pas présent pour t'entendre. " Prévint Albus.
" Oh, ne lui dis rien, s'il te plaît. Déjà qu'il commence à surveiller mes fréquentations depuis Saint Valentin. "
" C'est ta faute, tu n'avais pas à te comporter de manière si suspecte. Estimes-toi heureuse qu'il ne se doute de rien lorsque tu discutes tranquillement avec lui. "
" Il est gonflé, tout de même, ce n'est que maintenant qu'il s'intéresse à moi. "
" En même temps, tu n'as pas l'âge pour t'intéresser à ce genre de chose. D'ailleurs, heureusement que ce n'était que lui, sinon je m'en serai aussi occupé. "
" Mais il n'y pas de quoi, L est tout gentil. "
" Ce n'est pas de l'avis de James, souviens-toi : tous ceux qui ne sont pas de la famille sont des créatures dangereuses. J'en suis plutôt d'accord, dernièrement ", s'ajouta-t-il en jetant un coup d'œil à son ami, qui ne peut que lui rendre un sourire désolé.
" James est un tel naïf. "
" C'est de ton grand frère que tu parles ", commenta l'intrus " Après, je vous envie un peu, vous partagez une telle complicité. C'est cool une fratrie. "
" Je te considérai comme un grand-frère si tu acceptes mon bisou. "
" C'est quoi ce chantage ? Parfois, tu ne vaux pas mieux que J. " Soupira son frère.
Mais la sœur n'écoutait plus, trop occupée à faire les yeux doux. Le joli ange céda finalement, connu pour ne pas être insensible au bon cœur, un vrai saint. Et puis, la petite au moins avait attendu son autorisation.
" Bon, puisque c'est demandé si gentiment. "
Il se baissa un peu pour être à la hauteur de sa cadette, mais l'autre avait tout de même dû être un peu sur la pointe des pieds afin de l'atteindre. Sa mission remplie, elle le salua de passer une bonne journée et s'éloigna en sautillant.
" Si personne ne me faisait plus des coups en traitre ", marmotta-t-il avant de reprendre le chemin.
" Et quelque chose me dit que ce n'était pas prêt d'être réalisé ", nargua le noiraud alors qu'ils dépassaient un groupe de fille qui gloussait en les regardant.
Un soupir à fendre l'âme lui répondit.
" Hâte que cette journée termine. " Marmonna le Devon alors qu'il s'affalait à sa table.
Il était 13 heures 50 et il avait cours de runes, la salle était ouverte mais le professeur n'était pas encore en vue, alors les élèves s'étaient permis de s'installer.
" Pourquoi ? Ce n'est pas toi qui a voulu cette situation ? " Railla Ionise.
" Bien sûr que non ! Je voulais juste les pousser à réagir ! Elle devrait voir qu'il est toujours mieux de se caser ! "
" C'est ça, oses dire que tu n'as pas apprécié recevoir ces attentions féminines ! " Cracha Scorpius.
Étrangement, il n'y avait que les garçons qui étaient présents. Une des rares occasions pour avoir une discussion entre homme, comme il n'y en aurait jamais.
" Que... Je n'ai pas besoin de ce genre de méthode pour avoir de l'attention ! "
" Bien sûr, parce que tu en reçois tous les jours, alors pourquoi est-ce tu vas chercher les partenaires des autres ? " Continua Malefoy à invectiver.
" Mais arrêtes, je te dis que je n'avais pas demandé à Clara de m'embrasser ! "
" Et tu n'as pas intérêt ! "
" Que la jalousie ne te sied pas, Malefoy. " Ricana Sean.
Alfred se dit que pour sa part, le ricanement ne lui allait pas.
" Je ne suis pas jaloux ! "
" Juste possessif. » Nargua Stefan « Par ailleurs, Devon, tu vois par toi-même que même une fois en couple, ce n'est pas ce qui va empêcher les autres d'intercéder. "
Un peu ébranlé par cette remarque, il ne répliqua rien.
" Mais avoues que ça t'a plu de voir à quel point tu es aimé par la gente féminine ", suborna Tobias.
" ... Pff, il me semble avoir déjà dit que j'étais de l'autre bord. "
" Haha, je demande à voir. "
Scorpius et son meilleur ami s’échangèrent un regard, se doutant de quelque chose, tout comme Kylian, comme quoi les plus silencieux étaient toujours les plus observateurs. Cependant ils ressentirent trop tard l'aura noire qui les rejoignit. Claire se dirigea directement vers sa cible.
" Wyatt, j'aimerai te parler à la fin de l'heure. Pourrais-tu me rejoindre directement dans le couloir en face ? "
" Bien sûr ", répondit-il avec un sourire charmant.
Elle n'y fit pas attention et sortit rapidement de la classe. Albus entrait à ce moment, leur regard se croisa et elle lui gratifia d'un petit sourire avant de disparaître.
" Euh, pourquoi elle était avec vous ? "
Sous-entendant s'ils ne lui avaient rien fait.
" Dommage pour toi, ta dulcinée cherchait ton pote, peut-être qu'il allait finalement conclure. " Répondit Tobias avec désinvolture.
" Quoi ? " S'écria presque le brun en regardant le blond cendré.
Celui-ci ne fit que sourire avec un air désolé comme depuis le début de la journée.
À la fin de l'heure, comme promis, le beau éphèbe s'empressa de quitter le cours afin rejoindre son rendez-vous, sous l'œil agacé du cocu. Enfin, non, pas vraiment, puisqu'ils n'étaient pas en couple. Jetant des coups d'œil furtifs derrière lui pour s'assurer que personne ne le regardait, il prit le même couloir qu'avait emprunté plus tôt son ami.
De leur côté, même si personne ne dit rien, tout le monde savait ce qu'il était allé faire.
" Ce triangle amoureux me tue. " Lâcha Clara.
" Comment ça triangle ? Ce n'est pas Devon qui vient squatter ? " S’étonna Stefan.
" Qu'est-ce que tu es naïf, tu crois vraiment que Wyatt plaisantait ? " Lança Alice.
Le Poufsouffle leva les mains sous la brusquerie.
Alfred donna un coup de coude à sa meilleure amie en disant que Stefan n’était pas du genre à s’intéresser à des histoires de cœur. L’autre lui répondit qu’il n’avait qu’à pas poser la question avant de le fusiller du regard. Depuis que le châtain l’avait secouru, le roux avait développé une étrange relation d’amitié avec et ça avait tendance à irriter la jeune fille.
" À propos de quoi ? Qu'il soit attiré par les gars ou... " Réagit Scorpius.
" Il n'y a pas de ‘ou’. Wyatt a un sérieux béguin pour Albus, c'est clair comme le nez au milieu de la figure. "
Un silence suivit ce qui semblait être une intuition féminine, néanmoins rarement trompeuse d’Animera.
" C'est pour ça qu'elle semblait furieuse quand elle était arrivé au moment où il a fait son coming-out ? " Percuta Sean.
" Probablement, elle avait rapidement fait le lien avec sa situation et tout ce qu'il pouvait faire en tant que meilleur ami de son amoureux. L'émotion herméneutique a fait son travail, le fait qu'il voulait à tout prix les caser signifiait qu’il allait bientôt craquer s’il n’abandonnait pas son amour à sens unique. Comme elle avait également compris, elle sut qu'elle devait réagir. "
Les regards convergèrent vers Elise, qui était persuadée d’avoir raison.
« Tu ferais un bon romancier de second zone », lâcha Kylian avant de s’en aller.
" ...Je croyais que c'était surtout parce qu'elle était dans une salle de classe rempli de runes. " Suggéra Elias.
" Aussi ", haussa Chloé.
Elle se reprit vite en se disant que le blond était doué pour paraitre innocent alors que son but était bien de détourner la conversation.
" Je n'ai toujours pas compris comment elle fait. Elle a dit que ce devait être sa magie émérite qui l'empêchait de considérer les runes comme il se doit, pourtant Luxchana est aussi pratiquante de magie émérite et notre camarade semble très à l'aise. " Soupira Clara.
Et c’était réussi.
" C'est simple. La magie impériale qui coule en elle n'est qu'un quarteron, or dans mon cas, il y en a la moitié. Pour qu'elle puisse respecter les runes, il aurait fallu qu'elle grandisse dans cet environnement, or ce n'est pas le cas. Sa seule petite part de magie rare ne peut que supporter des sorts en latin ou encore en chinois. " Répondit la connaisseuse.
Et tout le monde tombait dans le panneau.
" Parce qu'elle est née dans une, mais grandit dans l'autre ? " Comprit Rose.
L'asiatique hocha la tête mais songea que ce devait être encore beaucoup plus compliqué. N'étant pas spécialiste de la magie impériale des chinois.
« Perso, je trouve que ce n’était pas étonnant que le ricain soit fou amoureux de son best. » S’exclama d’un coup Clara.
« C’est sûr, un beau blond comme lui est soit gay, soit idiot et comme il est loin d’être la deuxième, il est forcément le premier. » Lâcha Laura, ce qui choqua ses camarades présents.
« Quel stéréotype », souffla Alfred.
« D’ailleurs je trouve que ça ne touchait pas seulement les beaux gosses. Tous les blonds de ma connaissance ont des petits cotés gays », clama Lolie.
« Pardon ? » Rebiffèrent les dits-blonds.
« Tout du moins ont une profonde bromance qui rend louche. » Expliqua Alice.
« Qui ? » Fit Stefan, pas le moins concerné, même si les châtains étaient des blonds délavés.
« Kenneth qui ne lâche pas John, le cas de Wyatt, Tobie qui traine avec Link, Elias avec son cousin… » Enuméra Lolie.
« Euh, ça va loin, là. Je suis en couple. » Coupa Scorpius pendant que la dite-copine se tordait de rire.
« Attends la suite : Malefoy qui sort avec un garçon manqué comme Clara. »
Ceci arrêta directe le rire de la concernée, alors que les autres riaient.
« Il ne manque pas quelqu’un ? » Songea Rose.
Si, Adrian. Et Matthew. Mais bon, les Gryffondor, hein.
« Vous me décevez les filles, vous venez d’être contaminer par l’addiction des boy’s love », renifla Tobias.
« Si tu crois que le but de notre vie était de rendre fier », rétorqua Alice.
« Pas la peine d’être si méchante… »
« Tu ne l’étais pas, peut-être ? »
« Bah nan, il vous taquinait juste du fait que Rei est très influençante. »
« Cependant, je n’ai pas compris c’est quoi son affaire. Elle est japonaise ou vietnamienne ? »
« Elle est d’origine japonaise et travaille au service des vietnamien, ce n’est pas difficile à comprendre ! »
Pas moyen de discuter avec une fille sans qu’elle se croie supérieur à vous.
Albus arriva à un tournant et commençait à se demander s'il faisait bien. Ce n'était pas très sympa d'aller espionner son meilleur ami et la fille qu'il aimait, mais en même temps, le dit ami n'avait pas à faire du gringue à la jeune fille. Se persuadant qu'il n'était pas en faute, il recula brusquement pour se cacher au coin du mur. Dans le couloir en face se trouvait les deux personnes qu'il cherchait.
Expirant sa respiration coupée, il se rassura qu'il ne faisait que passer, les couloirs du château n'appartenait pas aux élèves qui la traversaient mais bien à l'école magique, il n’avait pas à justifier sa présence. Il sortit sa tête de dernière l'angle et retint une grimace. La proximité de leur visage était quasi-absente, fut sa première constatation.
Bien sûr, comme il était un peu jaloux, il interprétait un peu trop, toutefois il était vrai qu'ils étaient assez proches. De plus, les expressions étaient sérieuses, même si un sourire flottait sur les lèvres de Wyatt, ce dernier la regardait avec intensité.
Leur échange dura encore un peu dans une tension palpable, mais finalement le blond se pencha, à vrai dire c'était Claire qui l'avait fait baissé en tirant sur sa cravate -faut pas être trop grand avec elle-, et un baiser léger fut donné.
Il eut un pincement au cœur. Il savait que ce n'était rien, lui-même avait reçu une alors qu'elle n'était pas totalement consciente -et c'était justement ça qui le dérangeait-, mais il devait avouer qu'il aurait préféré qu'elle ne touche à personne d'autre que lui. Même pas les filles, surtout pas après avoir vu ce qu'elle a fait le mois dernier.
Il aurait tant voulu être aussi proche qu'un couple. Maintenant il comprenait les enjeux qu'on lui démontrait.
" Bonjour, Albus ! "
Il sentit d'un coup des doigts lui caresser l'épaule. Ce fut tellement inattendu qu'il en sursauta, encore plus en se tournant vers celle qui a osé.
" Lynch ? "
" Tu n'es pas avec ton ami ? " Sourit-elle. Puis en se penchant la tête, elle les vit pardessus son épaule. " Oh, ils ont l'air de bien s'amuser. "
" Que me veux-tu ? " Demanda le jeune homme, méfiant.
Alors qu'elle s'apprêtait à répondre, elle fut interrompue par les deux qui arrivaient.
" Tiens, vous parlez de quoi ? " Introduit Wyatt avec innocence, alors qu'il poussait imperceptiblement leur aînée vers l'avant.
Sa réponse fut perdue dans le vide alors que les deux bruns étaient restés sur place.
" Tu voulais me parler ? "
" Je ne veux pas t'obliger. Je respecte ton choix, si tu veux du temps, je peux attendre éternellement. "
Touchée, elle laissa l'instant suspendu avant de poursuivre.
" Mais ? " Ou l'incitait à poursuivre.
" Eh bien, je... Je te parais peut-être injuste, mais je ne veux pas que tu te tournes vers autre part. "
" Ça ne risque pas. La raison pour laquelle je ne veux pas m'engager est que je ne suis actuellement pas en état de m'intéresser à ce genre de chose. "
" Ça, j'avais bien compris, c'est pour ça que je te dis que je peux attendre. Mes sentiments ne risque pas de changer, mais... "
" Tu penses que ce ne peut pas être mon cas ? "
" Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Mais il y a des facteurs extérieurs qui peuvent t'influencer. "
" Je ne suis pas facilement influençable. Je trouve par ailleurs que nous sommes trop jeunes pour ça. Tu m'excuses mais ta sœur est précoce. "
" Je ne dis pas le contraire, elle a toujours était un petit cœur. "
" Et puis, on ne se promet rien, alors pas de déception quand il ne se passe pas ce qu'on veut. "
" Ce n'est pas une raison pour flirter. "
" Je ne flirte pas. "
" Ah oui ? Et pourquoi tu te colles toujours à Emil ? "
" Tu ne vas pas être jaloux de mon meilleur ami. "
" Et pourquoi pas ? Je te signale que tu as tout de même une peluche à son effigie. "
" Un nounours en panda qui se transforme en chibi quand je serre fort. " Rectifia la brune.
" Et que tu dors avec ! " Continua le brun d'accuser.
Claire se tourna vers Albus, comprenant pourquoi son envi.
" Depuis qu'il prend ta forme, c'est avec ton mini toi que je dors. "
Sur la lancée d'une nouvelle réplique, Albus referma sa bouche en entendant la dernière lâchée. Son visage devint aussi brûlant qu'une braise.
" Cependant tu ne peux rien dire si je te fais la remarque. "
" À propos de ? Pas Wyatt, tout de même ? "
" Non, pour lui encore je tolère votre proximité, mais je ne supporte pas qu'on te tourne autour. "
" Qui me...? Mais j'ai déjà éconduite Lynch. "
" Ce n'est pas ce qu'elle avait compris. Et je suis de son avis, gentil comme tu es, tant que tu ne le dis pas clairement, elle reviendra à la charge en se disant que tu es juste timide ! "
" Très bien, je le ferai la prochaine fois qu'elle reviendra. "
" Ne te laisse pas influencer peu importe ce qu'elle dit sinon je ne te garantis pas qu'elle gardera ses doigts ! "
Elle arriva dans un salon où s’étaient regroupés la majorité de leurs camarades quand la menace avait été proférée, faisant sursauter ses camarades installés.
" Pourquoi ses doigts ? " Fit lentement Rose.
" C'est évident, non ? À chaque fois qu'elle s'approchera de Bubus, elle perdra un peu plus des parties de son corps, n'est-ce pas ? " Lui répondit Alice.
" Oh non, je ne ferais pas ça. "
" Bien sûr que non, tu n'es pas si horrible ", se rassura Tobias.
" J'exposerai devant ses yeux ses doigts baladeuses qui ont osé se poser sur Albus. "
On la regarda horrifié mais ce n'était visiblement pas terminé.
" Et puis, tu mettras du sel sur ses plaies pour la faire souffrir encore plus ? " Proposa Celia avec un grand sourire.
Les autres ne savaient honnêtement pas ce qui était pire entre les menaces de la chinoise ou les suggestions aussi douteuses de ses camarades.
" Non, je la soignerai. "
Quelques murmures –féminins- déçus s’élevèrent.
" Et je recommencerai ma manœuvre afin qu'elle souffre infiniment. " Acheva-t-elle.
Un glas sonna alors que la porte s’ouvrit et qu’Harley amenait des en-cas. Mais plus personne n'avait d'appétit. Sauf les tortionnaires qui continuaient d'en discuter comme s'il s'agissait d'une conversation normale.
" Moi, si je devais les faire regretter, je repeindrai toute leur garde-robe en ROSE ! " S'écria diaboliquement Lolie.
" Oui, mais ça ne fonctionne que si la personne a une aversion pour cette couleur ", contra Chloé avec expérience.
Tout le monde préférait éviter de savoir comment est-ce que la Serpentard règlerait pour torturer son adversaire.
" Pas d'inquiétude, j'en connais ", répondit la française avec démence.
" Si c'était moi... " Commença Clara avant de se faire couper par Luxchana.
" Ce serait horrible à voir et à supporter rien qu'à l'odorat. Or on mange, vous continuerez cette discussion plus tard. "
Comme s'ils réussiraient à ingurgiter quoique ce soit après avoir entendu et imaginer de telle vision mentale. De plus, la conversation ne se clôt pas pour autant comme un groupe reprenait à voix basse, loin de la sermonneuse.
Les quatrième se dirent que franchement, ils préféraient encore que l’insensée aigle était languissante, au moins elle morfondait seule sans entrainer l’hystérie chez les autres filles.