Bal et Fin
Juin
" Je ne peux vraiment pas venir ? " Demanda Lysander pour la énième fois.
Son interlocutrice aux yeux bridés se tourna vers lui, les chocolats rencontrèrent un océan sans fin suppliant. Claire soupira intérieurement.
" Non, Lysander, ton frère et toi ne peuvent pas participer. "
Deux moues s'incurvèrent sur les bouilles d'ange des jumeaux Scamander.
" Mais... Vous aurez besoin d'une ambiance qu'on pourrait vous fournir gratuitement ", insista Lorcan à son tour.
Emil, installé à côté de sa meilleure amie haussa un sourcil sans lâcher son engin du moment. Il ne disait pas que les jumeaux lui faisait de la peine -d'ailleurs il ne dit rien- mais de là à vouloir à tout prix participer à cette fête -bal- de fin d'année était surprenant. Il ne les pensait pas s'intéresser à de tel futilité, même s'il participait de son côté -rien ne lui obligeait, sauf la tête de Piaf à ses côtés.
" Peut-être que vous êtes des virtuoses au violon, mais nous, nous sommes un groupe avec des partitions et paroles complets ", répliqua Wyatt à l'autre bout de leur table de travail.
À vrai dire, il n'y avait qu'une seule table, qui est en fait un rassemblement de tous ceux présents dans la salle commune. Après tout, personne ne les utilisait -depuis l'apparition des salons- alors pourquoi ne pas en profiter ? Ils étaient, par ailleurs, tous présents de leur promotion -côté aigle, bien sûr, donc même Elias- et en plus des jumeaux s'étaient ajouter à eux les deux deuxièmes années, Hugo et Maxime. Qui montraient aussi une envie de participer à cette prétendue fête qu'ils avaient entendu au début de l'année.
" Les garçons ", se décida Rose d'intervenir " je comprends votre envie mais ce sont les termes du contrat. La directrice a bien voulu autorisé une fête à la fin des épreuves, mais uniquement pour les quatrièmes années et au-delà. "
" Mais pourquoi ? C'est totalement injuste ! " Se récria son frère.
" Eh bien, pour être tout à fait honnête, c'est au contraire très juste pour vous. Parce que vous devez passer votre épreuve d'astronomie juste après ", tenta Albus de raisonner son cousin.
" Mais qui a décidé ça ? Si on a modelé les horaires pour les examens, c'est bien pour qu'on ne termine pas tard, non ? Alors pourquoi les 'plus jeunes', comme vous appelez, doivent quand même rester éveiller ? C'est stupide ! " Déballa Lorcan.
L'insulte toucha profondément la responsable qui l'intériorisa du mieux qu'elle put. Cependant, Emil le sentit et ébouriffa les cheveux de sa voisine. Lysander remarqua et dû comprendre le geste, néanmoins il ne voulait non plus lâcher l'affaire.
" Mais, ce serait tellement plus équitable si on pouvait tous s'amuser ensemble. "
Il ne reçut que des regards désolés. Quand Emil ouvrit la bouche, il sut qu'il n'avait plus aucune chance.
" Je suis désolé, les gars. Vous allez devoir attendre l'an prochain. "
Les jumeaux ne furent jamais aussi unis qu'à ce moment. Leur expression bouleversa les filles, et les garçons. Maxime ajouta, quand même :
" Et nous, dans deux ans. "
Le dernier jour des examens, alors que les troisièmes années et inférieurs boudaient parce qu'ils ne pouvaient pas se détendre, les années supérieurs lâchaient des soupirs de soulagement bien bruyant et laissaient éclater leur joie en voyant la fête de fin d'année et les vacances approcher.
Les précieux se pressaient déjà pour aller se faire une beauté et les autres se changer. Le second cas, n'étant pas des Flashions, se devait quand même de venir bien habiller. Parmi le premier cas, certaines ont cru qu'il s'agirait de l'unique fois et ont sorti la totale en vêtant de jolies parures qui les mettaient en valeur. On retrouvait principalement des septièmes années, qui avaient l'excuse que c'était la seule occasion.
La salle de bal avait été choisie par Clara et plus ou moins approuvé par les autres quatrièmes. Elle était... En soi, on ne pouvait pas vraiment appeler ça une salle, parce que pour l'être il fallait avoir un toit et que c'était dans un endroit chaud, ou du moins fermé. Vous avez compris, l'endroit où le choix de la blonde s'était arrêté se trouvait à l'extérieur. Pour vous rassurer, ce n'était pas le terrain de Quiddith, ni le parc de Poudlard, et encore moins près du saule cogneur. Elle est aventurière, mais elle ne se risquerait pas à mettre les autres élèves en danger et ses camarades n’auraient jamais accepté.
Donc, si ce n'était pas tous ces lieux cités, où pensez-vous que cela peut être ?
Un indice, elle y avait passé une après-midi un jour de mai. Cela aurait pu être plus si certain les avait prévenu avant. Certes, elles avaient, les filles et elle, une part de responsabilité d'avoir refusé mais elle cherchait justement le lieu !
Alors ? Bingo, le lac gelé ! Oui, gelé -pas entièrement afin de ne pas déranger les créatures aquatiques qui y résidaient mais juste une partie en demandant l'accord de ces derniers, ils ont réussi à communiquer grâce à vieux sort runique d'Alice-. Merci qui ? Toute la promotion de quatrième année ! Eh oui, il ne faut pas trop fatiguer le septième fils, qui doit se charger de geler tous les chaussures qui poseront pied sur le terrain glacé. Que ce soit en basket, mocassins ou à talon -attention à ceux aiguisés-, tous les convives se trouvaient avec des bas à glace -pas de patin parce que ça mécontente celles et ceux qui se sont fait beaux-. Ceux qui n'en avaient jamais fait et qui ne voulait pas s'y expérimenter de peur de se ridiculiser pouvaient simplement rester sur la pelouse et se servir des collations ou s'aventurer dans la petite clairière dans un moment de tranquillité ou romantique.
Sur la piste de verglas, qui est aussi une piste de danse sinon ce ne serait pas amusant, il y avait de la musique qui se diffusait via des haut-parleurs magiques. Il y avait aussi des musiciens amateurs qui tâtaient le terrain sur le clavecin -parce que même question instrument musical, les sorciers étaient figé à l'ancien-, des rares fois, des chanteurs se jetaient un sonorus pour contenter les auditeurs.
Abigail Thomas, après avoir entonner un chant moldu, fut entraînée par son petit-ami sur la piste. James Potter, abordant une belle robe de sorcière, vola un baiser à sa magnifique partenaire, avant de high-fighter son cousin blond Louis Weasley. Le préfet des Serdaigle rit à la mine béatement heureuse du brun avant de revenir à sa partenaire, l'impérieuse Giovanna Higgs des Serpentard. Par chance, un slow était de mise à ce moment et les couples purent se coller.
Beaucoup d'autre couple, pas forcément amoureux, étaient également sur la piste dans une danse paisible et reposante. Un drôle de coïncidence a fait que des origamis ensorcelés volaient justement autour d'eux pour coller encore plus à l'ambiance.
Le reste a préféré investir la table à manger, aussi longue que ceux de la grande salle. Normal, c'était celui de la cuisine que des profiteurs ont demandé aux elfes de sortir et décorer -faut penser à l'apparence à une soirée comme celui-ci.
Des petits malins faisaient un concours du plus gros mangeur, dévalisant les amuse-bouche et grignotages présents. Il y'en avait qui faisaient d'autre jeu incluant des aliments, et certains étaient assez pervers pour faire jouer deux victimes au pocky game. Un jeu venant du Japon, où deux personnes devaient chacun mordre un des deux bouts d'un mikado, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un morceau. Le couple ayant obtenu le plus petit résultat gagnait, on appelait ça aussi pepero game pour les coréen et bien sûr, c'était le jeu idéal pour perdre son premier baiser ou se faire voler un baiser. De plus, les duos étaient variés, puisque tirés à la courte paille, allant des couples mixtes à garçon-garçon -ça aurait exciter Rei, ça- ou fille-fille -ça aurait intéresser Valentin, dommage qu'aucun des deux n'étaient présents-. Bref, on voyait à quel point la culture moldu commençaient à s'ancrer dans ce régime conservateur qu'était la société sorcière britannique.
Si on voyait clairement deux camps se former sans que les concernés n'y fassent attention, il y avait dans la clairière une division encore plus insolite.
Les couples, qui ne voulaient pas s'afficher, se réfugiaient dans cet espace décalé car ils avaient trop honte de se montrer aux autres. Il y avait des fiers qui voulaient garder leur relation entre eux et ceux qui devaient parler de leur relation.
C'était notamment le cas pour Lolie... Et Laura.
Le jour de la Saint Valentin, tout le monde a été soumis à l'événement fou de Midgen. Si personne ne voulait se prêtaient au jeu au début, à la fin de la journée, toutes les fleurs avaient des pétales fanés de diverses couleurs. Il y avait un bonne part de noir mais le reste était peuplé de rose, et personne n'avait été assez idiot pour avoir en violet. S'il y en avait, cette personne avait bien de la chance, sachant que la sanction de la fin de la journée fut omit à cause de l'attentat qui suivit. Quand ils repensaient, Midgen avait tout prévu, les divertir dans un premier temps avant de les achever plus brutalement que jamais. Dans le tout le monde, on désignait vraiment l'ensemble de la population estudiantine, même les Serpentard, surtout eux qui voulaient s'en débarrasser, en fait. Ici, donc, c'était La rayon à cauchemar des serpents qui s'était déclarée à la folle des lionnes. Une déclaration d'amour. Avec un véritable sentiment, puisque le pétale rose était tombé au sol. Cerise sur le gâteau, devant une partie de la classe.
Autant dire que la pauvre française n'avait pas su comment réagir. Heureusement qu'il y avait plus urgent ailleurs. Enfin, dans un point de vue émotionnel, ce n'est pas si cool.
La question n'était pas là, à l'heure actuelle, Lolie au double-nom de Boa-Cameron n'avait pas d'échappatoire pour esquiver la conversation avec Laura tueuse d'espoir Cavallone. En plus, à ce qu'il paraît son père était chef de gangster qui faisait régner une terreur sans nom dans une ville d'Italie moldu et qu'il n'avait pas son pareil pour effrayer ses congénères sorciers. Bref, elle était terrifiée à l'idée de donner une réponse, qu'elle soit affirmative ou non.
" Tu pourrais me regarder quand je te parle ? " Commença enfin Laura, habillée d’une robe débardeur courte imprimé fleur d’été et de spartiate.
" Tes yeux trop bleus me... M'éblouissent. " Détourna Lolie en robe à cloche rouge carmin et ballerine pourpre.
" Pourtant les tiens anthracites ne peuvent que bien s'accorder avec mes céruléens. "
Déroutée par la remarque, Lol se tourna pour rencontrer deux turquoises qui la sondaient. Quand un sourire apparu, elle rougit, montrant sa gêne.
" Tu es adorable avec du rouge. Ça donne tellement envie de te prendre dans nos bras. "
Les paroles de la verte contredisait avec ses gestes, dont ses mains qui jouaient doucement avec les cheveux aux couleurs singuliers de sa vis-à-vis. Loa l'observait faire avant de réagir.
" Tu es homophobe ? " Mais fut calmement devancée.
" Non, pas du tout, je soutiens l’amour sans espoir de Oui-Oui. Je ne m'attendais juste pas que je pouvais intéresser une lesbienne. Pourquoi moi ? Parce que tu m'as vu dans ce costume rose ? Mais c'était à Claire... "
" Et heureusement que je ne l'ai pas vu avant toi, ç'aurait été l'enfer de la courtiser. "
" Ça ne l'est pas pour moi ? "
" Ce n'est pas ce je dis. "
" C'est ce que tu sous-entends. "
Leur regard se confrontèrent et instinctivement, Laura sut qu'il était temps de rompre le contacte.
" Tu penses à ce qu'elle a dit ? Une relation basée sur la souffrance est aussi utile qu'un amour à sens unique ? "
" Il n'y a pas de mal d'aimer sans retour. Si tel est ton souhait. "
" Penses-tu vraiment qu'une personne normale puisse vivre une relation sans espoir ? "
" Tu penses réellement que tu aurais une chance avec moi ? "
" Tout hétérosexuel peut devenir homosexuel. "
Les yeux gris s'écarquillèrent. " Tu l'as déjà dit, cette phrase. "
" Et j'en suis toujours intimement convaincue. "
" Convaincue ou persuadée ? "
" Peu importe, non ? Tant qu'on a un but dans la vie, tout peut arriver. "
" Est-ce que tu comptes user des moyens machiavéliques pour arriver à tes fins ? "
" Ce n'est pas pour rien que je suis dans la maison Serpentard. "
" ... Je ne m'intéresse pas à ça. "
" Est-ce ta réponse ? "
" Absolument. "
" Tu changeras d'avis... Bien assez tôt. "
Pas très assurée, Lolie opta pour la meilleure solution : fuir.
Juste derrière, entre deux grands chênes, s'étaient réfugiés un couple de deux jeunes hommes de sixième bientôt septième année, un brun et châtain, qui discutaient assez intimement. Pas qu'ils avaient honte de leur orientation, mais ce n'était pas apprécié par tous.
Au centre de la clairière, certains avaient sorti leur balai et se faisaient une course ou autre jeu impliquant le vol sur balai. Parce que les couples tout caramel dégoulinant de sucre ne voulaient pas qu'on les dérange alors qu'ils dansaient, et surtout que leur parti n'était déjà pas très grand.
Mais ce qui fut le plus touchant était de voir un jeune homme solitaire assis sur une souche d'arbre. Il y avait encore d'autres rondins dont seule la racine restait -qu'ils n'ont pas coupé, sinon les centaures vont les buter, enfant ou pas- mais ils étaient vide de gens, ce qui renforça l'isolement de l'âme esseulée. Il avait une chevelure rousse, ou quelque chose d'approchant car il n'y avait pas grand éclairage dans la clairière et les élèves n'osaient pas en mettre -de peur d'attiser le courroux des résidents- un masque vénitien recouvrait le haut de son visage, mais des arabesques traçaient sa peau pâle, recouvrant ainsi la totalité de sa figure. Néanmoins, même sans l'accessoire, on devinait assez facilement les larmes qui coulaient.
" Alfred ? Qu'est-ce qu'il y a ? " S'inquiéta une voix.
Le né-de-moldu s'empressa de dissimuler ses larmes avant de se rappeler qu'il avait un masque. Trop tard, l'on avait déjà compris qu'il souffrait. Clara s'installa sur la souche d'arbre à sa gauche pendant que Luxchana faisait de même à la droite. Il sentit plus qu'il ne vit qu'on s'accroupissait devant lui et heureusement qu'il ne jeta pas un regard sinon il serait tombé sur un décolleté exhibant une poitrine de sa camarade et le bout d’une jupe ample qui était relevé à bout des cuisses bronzés –il savait donc que ce n'était pas Chloé- et il aurait été plus gêné que montrer ses larmes. Il essuya du mieux qu'il pût les grosses larmes visibles mais sa respiration saccadée trahissait son émotion.
" Hey, doucement, tu vas te faire mal ", lui chuchota Celia en saisissant ses mains avant que ces dernières n'arrachent sa peau.
Alfred détourna le regard de la jeune fille face à lui en fixant ses mains enfermés comme si c'était la première fois.
La tendresse contrastait fortement avec sa brusquerie et tant de chaleur envers lui affluèrent les larmes qui se déversèrent encore plus rapidement.
" Heureusement qu'Alice n'était pas là, sinon on aurait été incendiée, même si ce n'était pas de notre faute. " Soupira Élise, en s’adossant à un troc d’arbre, derrière le groupe. Elle portait une simple chemise couleur militaire qui lui arrivait sous les fesses et d’un legging noir avec des converses all stars.
" Tu veux en parler ? " Dit doucement Celia, surprenant ses camarades.
Le roux se contenta de secouer la tête en cachant son expression, son dos restait tremblant, indiquant qu'il pleurait toujours. Se résolvant, Celia se leva et alla s'installer à côté du jeune homme, sur l'autre moitié de la souche, obligeant au garçon de bouger et ôter les mains -qu'il en était à nouveau maître- collés sur le visage par la même occasion. Il regarda la métissée, qui, sans lui laisser le temps d'analyser la situation, força sa tête à rencontrer son torse. Ou plutôt sa poitrine. Assez généreuse. Il rougit sous son masque.
" Tu devrais pourtant, on sait tous que parler de nos malheurs soulage le cœur ", S'incrusta Clara. Elle était vêtue d’une robe bustier dont le haut était blanc et le bas violet nacré, avec une paires de chaussure à talon très confortable et -miracle !-, elle a fait quelque chose à ses cheveux ! Son brushing attaché en queue de cheval était à prendre en photo, elle était juste parfaite à ce moment. Surtout pour Scorpius.
" Non... Je... Ce n'est pas important. "
" Alfred, fais-nous un peu confiance. On ne te juge pas ", lui reprit Luxchana en tendant la main pour lui caresser le dos. Pour sa part, elle était accoutrée d’un haut croisé dont des perles en tombaient et faisaient un brut harmonieux à chacun de ses mouvements. Son bas était composé d’une fine tissue et elle portait des ballerines.
" Non... Ce n'est pas une question de confiance... C'est juste que je...c'est bientôt..." Il ne termina jamais sa phrase.
" Ah, tu es triste de retourner à l'orphelinat ? " Supputa Élise en s'agenouillant face à lui.
Il ne répondit pas, trop occupé à arrêter ses larmes.
" Ne sois pas triste, on se réunira ces vacances, ok ? " Proposa Celia.
" Ah ouais ? Et comment ? " Intervint Clara.
" Mon papa a ouvert une nouvelle partie du parc et propose cent places gratuits ! "
" Un parc ? " S'étonna Élise.
" Le parc d'attraction Joyce ? " Se souvint Luxchana.
" Quoi ? Non, je ne veux pas profiter... "
" Mais où tu profites ? On te dit que c'est offert ! " Se réjouit la blonde.
" En fait, c'est surtout dans le cadre d'expérimentation, afin de s'assurer qu'il n'y a aucun modification à faire. "
" Une beta, quoi ", raccourcit la chevelure rouge.
" Voilà, et je vous y invite tous ! Après ce qui s'est passé, on a bien le droit à une récompense ! "
Qui peut être empoisonné, se dit mentalement Luxchana.
" C'est sûr que les autres vont accepter ? " S'enquit Harley en rentrant son top amarante à manche longue dans son jogging gris. Avec des baskets, bien sûr.
" Pourquoi refuseraient-ils ? "
" C'est en tant que cobayes que nous y allons ", rappela Chloé.
" Mais il n'y a aucun danger ! "
" Ça, je n'en suis pas si sûr. " ajouta Claire, dans la tenue que lui avaient offerte les filles. Sa robe punk lolita, chemise blanche avec cravate rouge à chainette, bretelles noirs qui relient à la jupe tartan écossais et des rangers qui la grandissaient de 5 cm –c’est important de le préciser- pardessus un collant noir.
" Ne viens pas tout gâcher, Claire ! "
" Pourquoi le ferais-je ? J'ai aussi envie d'y participer, moi. "
" Surtout qu'il y aura sûrement des coins pour amoureux. Il y en aura, n'est-ce pas ? " Pressa Harley.
" Absolument ! Alors, c'est réglé ! Courant juillet, je vous tiens informer ! "
" Euh... Mais, mais... "
" Déride-toi, maintenant ! " S'exclama Clara en ôtant le masque.
" Non, attends... ! "
Le masque vénitien lui fut enlevé avant qu'il n'ait terminé de protester, son visage ravagé par des larmes secs parut aux yeux des filles. Qui ne génèrent pas pour le taquiner.
" T'es trop mignon ! "
Il voulut se cacher derrière ses mains mais Claire le devança et lui jeta un sort de nettoyage.
" Aller, maintenant tu oublies tous ces sentiments néfastes et tu viens t'amuser avec nous ! " Le releva Celia d'un mouvement.
" Vite, vite, avant qu'Alice nous tue ! " Poussa Clara en pouffant.
Ils quittèrent la clairière pour rejoindre l'autre moitié de leur promotion autour de la table de buffet. En passant, ils entraînèrent Lolie -à moins que ce fût elle qui s'est accrochée-. Elles se dirigèrent d'abord vers l'espace le moins peuplé, où il y avait juste un banc avec les deux Nini.
" Que font-ils ? " Demanda Harley en désignant le groupe entassé.
Au vu de son expression, elle semblait peu apprécier ce genre de démonstration public.
" Un jeu qui s'appelle pocky. " Répondit Nini 1.
" Oh, mais c'est japonais. Ça aurait plu à Rei ", badina Lolie.
" Absolument, surtout quand tu vous qu'un des duos se retrouve du même sexe. " Rit John.
" Et qu'un des deux joueurs est notre camarade Tobias. Avec son bon vieux Link. " Ajouta Kenneth.
" Oh... " Lolie et Élise échangèrent un regard complice.
" Et après, il n'a pas une relation spécial avec, non ", ironisa Celia.
Si certains en rirent, les Némésis ne semblaient pas tant amusées. Chloé et Harley préféraient garder leur pensée pour elle, Clara restait circonspecte et Claire s'était assombrie à la mention Link. Elles commencèrent à s'agiter alors que le concerné approchait.
" Alors, ce résultat ? " Commença John.
" Oh bah, le couple gagnant avait juste un paquet de mikado. "
" Pour s'en faire d'autre durant leur temps perdu ? " Suggéra Lolie.
" Ou pour se garder le souvenir qu'ils avaient partagé un fabuleux moment ? " Enchaîna Celia.
Elles se frappèrent dans les mains avant de s'écrouler de rire.
" Combien as-tu fini ? " S'enquérir Élise.
" Bon troisième. "
" Ah oui ? On se demande combien de centimètre avez-vous laissé... " Haussa Chloé un sourcil narquois en déposant son poing sur sa hanche. Haut à mousseline avec une jupe sirène noire et d’une paire de bottine.
Son condisciple rougit un peu mais répondit :
" Je n'ai rien à cacher, alors pour satisfaire votre curiosité, on s'est arrêté à 1cm1. "
" Un centimètre un ? Vous comptez même le millimètre ? " Fit Alfred.
" Il le faut, c'est cela qui nous classe. Les premiers ont fini avec 5 mm et les deuxième 1 cm. "
" Cinq millimètres ? Autant s'embrasser ! " S'exclama Lux.
" C'est ce que je leur ai rétorqué, mais le règlement stipule qu'il ne faut que croquer la sucrerie jusqu'à leur limite. " S'incrusta Alice.
Vêtu comme elle était en pyjama party, c'est à dire un gilet gris léger et un pantalon facile à mouvoir, un style nonchalant et confortable, très moldu en soi.
" Cela n'empêcha pas certain de le faire. Alors qu'ils avaient un piètre résultat ", s'immisça Wyatt.
Il traînait derrière lui Albus et Rose. La jeune fille portait une jolie robe rose-saumon qui collait bien avec ses cheveux roux, qu'elle a lâché long et ondulé grâce à la potion de Chloé et d’un boléro blanc, plus une paire de chaussure légèrement à talon beige avec un nœud. Cependant en les voyant venir du groupe de jeu, Claire fronça les sourcils.
" Vous avez participé ? "
" Absolument pas ! " Rugit presque Albus, faisant sursauter ses voisins.
Sa posture redressée laissait à penser qu'il avait quelque chose à rajouter (comme " mais ça ne m'aurait pas dérangé de le faire avec toi "), néanmoins aucun mot de plus ne fut prononcé. Claire, pour une raison quelconque avait amené son Mimil et dans un élan de joie, serra sa peluche contre elle. Ce qui fit que leur groupe vit tous l'évolution du panda en un petit garçon brun, et non coupe au rasé aux yeux bleus mais, ébouriffés aux yeux verts.
On frappa brusquement dans les mains.
" Bon, et qu'en pensez-vous que nos deux chanteurs nous jouent un morceau bien dans l'ambiance ? " Proposa Animera en brisant la dite ambiance.
Elle portait une sorte de combinaison bleu nuit, qui mettait ses formes en valeur. Les manches des bras étaient en mousseline et l'avant-bras faisait penser à des gants en cuir. Il y avait aussi quelque partie en mousseline afin de mieux se mouvoir. Ils prirent tous un moment pour se reprendre avant que Wyatt ne réagisse.
" Tout à fait, allons-y Alfred. On va épater la galerie, ils n'en reviendront pas ! "
Il tira le garçon qui n'eut le temps de rien répliquer. Arrivé au clavecin inoccupé, Alfred s'installa et se familiarisa avec l'instrument, cherchant quelle touche correspondait à quel ton. Wyatt alla juste à côté récupérer sa guitare acoustique, il régla les accords avant de s'installer sur le siège à côté de son ami roux. La première note fut joué, attirant l'intérêt de tout le monde -des danseurs aux joueurs, avec un autre jeu aussi accouplant-.
" Dès mon réveil
Je vois le soleil
Toi, qui est à mon chevet
Tu ébloui ma journée
Ton sourire illuminant
Cherche à m'aveugler
En riant gaiment
Ta voix me guidait
Tes longs cheveux
Glissant sur tes épaules
Tombant dans les creux
Cascadant jusqu'au sol
Ton regard particulier
Que tu offres aux chanceux
M’est d’un grand bouclier
Quand je songe à être preux
Les rares fois où l’on s’effleure
J’ai l’impression qu’une fleur
Pousse dans mon cœur
Je voudrais exprimer
Les sentiments que j'ai
Pour toi, rien qu'à toi "
Dès les premiers vers, Albus les reconnu et râla avant de cacher son visage derrières ses mains.
" Oh... Encore une de tes poèmes que tu as écris et qu'il a modifié en chanson ? " Comprit Chloé.
" Non, cette fois-ci il l'a pris tel quel. Je me demande comment d'ailleurs, je ne l'ai pas montré. "
« Mais si », répondit Alice. « On t’avait presque raqueter l’an dernier, tu as la mémoire sélectif. »
« Mais…mais non, il n’avait pas eu le temps de voir ! »
" Peut-être qu'il t'a vu les inscrire sur ton pauvre carnet bien entamé de rature et dessin ? " Suggéra Rose, au hasard.
" ... Toi aussi ? " Se tourna-t-il vers sa cousine.
" Pas qu'un peu. J'ai notamment vu le dessin d'une jolie fille brune à côté de ce texte. "
Après le mot brune, Albus parla en même temps pour recouvrir la voix de la rousse, mais déjà Claire souriait, ayant compris.
" Mais des brunes, il y en a des tas à Poudlard. " Joua Kenneth.
" Tu en connais beaucoup des brunes de son âge et dans la maison Serdaigle ? " Fit Harley.
" Bah, il y a celle qui joue au poste de poursuiveur et préfète. " Haussa Lux.
" Ensuite, Alice n'est pas blonde que je sache ", taquina John.
" Encore heureux ! " Lâcha celle-ci en tirant la langue, un peu repus de s'imaginer les cheveux avec une couleur pareille.
" Comment ça, c'est beau la blondeur ! Hein, Kennie ! " Répliqua Clara.
Alice ricana et les autres remarquèrent que le couple-pas-encore-couple ne les écoutait même plus. Depuis l'instant où ils s'étaient échangés le regard énamouré.
" Et si vous alliez danser sur cette musique ? Après tout, ça parle de vous ! " Poussa Celia.
Sans qu'ils n'y fassent attention, ils se retrouvèrent sur la piste de danse, les chaussures conformes grâce au vigile Adrian. Leurs mains liés avec hésitation, le regard timide et un sourire confus, ils tentèrent de danser sur la chanson improvisée de Wyatt, qu'Alfred suivait de son mieux.
Ils se stabilisèrent quand la fin fut lentement annoncée mais comme le mois dernier, ils ne se lâchèrent pas les mains, comme si ce lien représentait un symbole particulier.
" Un. pas. en a.vant
Le. jeu. dure long.temps
Li.béré d'an.tan
Pour.quoi tant de temps.
Ta. voix me pè.se
Je. sens ta pré.sen.ce
Tu m'obsèdes !
La. dis.tance ré.trécie
Je. te. sens à. ma por.té
Mais tu recu.les
Et t'éloignes enco.re
Ton. regard me han.te
Je. te. sens m'admi.rer
Tu m'o.bsèdes !
Deux .pas .en arriè.re
Tu. te. joues de mon coeur
Donne. moi une. chan.ce
Et laisse-moi. attraper la tie.nne !
Ton. toucher. est électrisant.
Je veux t'em.brasser à en étouffé
Tu m'obsè.des ! … »
Albus souffla bruyamment en baissant et détournant la tête, puisqu'il ne pouvait pas cacher avec ses mains occupées. Même pas besoin de demander que sa partenaire comprit, le blond s'était encore servi sans l'autorisation du 'parolier'.
" Quand l'as-tu écrit celle-ci ? "
Parce qu'il semblait désespéré, l'air de rien.
" Hum... En décembre, je crois. "
" Je n'étais pas spécialement distante à ce moment... "
" Oh si. "
" Ah oui ? "
Un sourire amusé apparu et ils continuèrent à danser tranquillement en suivant le rythme. Et puis, le vers qui renverse.
" ...
Dis-moi oui.
Et je te ferai jouir.
Car on est fait l'un pour l'au.tre !"
Des rires de leur camarade leur parvinrent alors que leur regard se croisaient à nouveau. Il s'efforça à garder une température normale alors qu'un micro sourire commençait à s'installer sur les lèvres de son vis-à-vis.
" Oui, je sais. "
Ce fut plus fort que lui, ses lèvres se tordirent et il déposa son front contre le sien. Peut-être que l'ambiance y prêtait, mais la proximité de leurs lèvres semblait se raccourcir.
" Ho, qui veut encore à boire ? " Cria une voix qui portait.
Et qui brisa l'instant. Ils se figèrent à quelque centimètre, les paupières clos et le sourire de dérision. Elle lâcha un son amusé, il recula et se couvrit la bouche mais ses yeux exprimaient aussi une hilarité contenue. En étouffant leur rire, ils rejoignirent la table de buffet en glissant aisément comme le jour du 12 mai.
" Hey, vous avez soif ? " leur demanda un septième en brandissant une carafe rempli.
Ils acquiescèrent mais durent attendre car un certain mal élevé qui ne connaissait pas les règles d'usage les dépassa et somma qu'on lui sert. De plus, ils furent rejoints par la bande de leur classe.
" Alors, pas trop déçu d'avoir été dérangé ? " Les nargua Elise.
S'échangeant un regard, ils ne répondirent rien si ce n'est d'un sourire amusé. Les autres allèrent aussi de leur commentaire. On les divertit tellement qu'ils ne remarquèrent même pas qu'ils se sont à nouveau fait dépasser, mais on le fit si bien qu'ils laissèrent couler. Après tout, si on les devançait pour les servir, il ne faut pas dire non à un peu de galanterie, Sean fit passer des verres d'une mixture un peu plus brune qu'un jus de citrouille. Ils s'éloignèrent de la table de buffet pour rejoindre leur banc à l'écart, un coin juste pour les quatrièmes -bientôt cinquièmes années-, et en plaisantant prenait de petite gorgée de la boisson. Seulement pour une raison inconnue, en buvant dans son verre, Claire eut une réaction inattendue. Elle grimaça dès que le goût se déposa sur la langue et recracha le contenu...sur Sean.
" C'est immonde. Ils nous ont fait boire quelque chose de périmé ou bien ? " Elle reposa le verre sur la table et se couvrit la bouche avec une expression nauséeuse.
" Tu n'étais non plus obligé de tout dégurgiter sur moi, et sur le visage, en plus. " Marmonna Sean en s'essuyant de la manche.
Puis il huma l'odeur avant de grimacer.
" Tu m'étonne que tu aies mal réagir, c'est du whisky-pur-feu avec du jus de citrouille. "
" Quel mélange abject. D'ailleurs, c'est vrai que ça ne sent pas la rose. " Grimaça Celia en éloignant le verre.
" Ce n'est pas parce que c'est la fin qu'on a droit de se lâcher, il reste demain. " Fronça Luxchana, sans verre, ne s’étant pas servi.
" Heureusement que les potions anti-gueule de bois existent. " fit Tobias.
" Heureusement que tout le monde n'est pas tombé dans le panneau. " Poursuivit John en mangeant des chips et partageant avec son ami.
" Heureusement surtout que les petits n'étaient pas là ", siffla Rose en déposant son verre de mixture sur le bout de table.
Elle jeta un regard à sa camarade qui était figé dans sa position depuis qu'elle avait tout redonné sur Sean. D'ailleurs Claire leva enfin son regard sur lui.
" Tu n'avais pas à te trouver devant moi. "
Il eut un silence avant qu'il ne comprenne qu'elle parlait de ce qui s'était passé dès le début.
" Non mais t'es gonflée ! C'est toi qui étais derrière ! "
Il la fixa avec un regard irrité, attendant sa réplique. Elle cligna des yeux.
" Au moins tu peux te vanter d'avoir eu un baiser indirect. "
Désarçonné par la réponse, il n'eut rien à dire.
" Euh... Ben... "
Nouveau clignement.
" J'espère qu'ils ont prévu des potions anti-maux de tête. "
" On l'a déjà dit et comme ils sont grands, il y a intérêt à ce qu'ils y aient pensé. "
Encore un cillement.
" De plus, ils auraient pu penser à nous qui n'avons pas encore un organisme adaptable. "
" Oui... Euh, elle a un train en retard, non ? " Pointa Celia.
" Ce doit être l'alcool qui réagit. " Comment Kenneth.
" Elle en a quand même avalé ? "
" Bien sûr, comment peux-tu dire que ça sent mauvais, sinon? "
" Euh, je n'ai a pas dit ça. Et je parlais du breuvage... " Corrigea Celia.
" Parce que toi, tu sens la rose ? " Taquina Ruben.
" Absolument. "
Ils réagirent tous avec indulgence, parce que toute évidence, elle était bourrée. Mais elle n'en avait pas fini.
" Tu veux goûter peut-être ? "
Les autres sursautèrent, tandis qu'Albus accourra à ses côtés.
" Ouh là, c'est quoi cette proposition ? "
" Harley y a déjà goûté. "
" Quoi ? "
" Faites là taire ! "
Albus lui couvrit la bouche comme il l'avait fait le jour de la saint Valentin. D'un coup, toute force la quitta et elle se lova dans les bras du brun. Emil vint à ce moment.
" Que se passe-t-il ? "
" Ta best est ivre, tu n'as rien qui puisse l'aider ? "
" Si, je crois bien. Mais pas sur moi, je vais le chercher et je l'emmène. "
Sans laisser Albus le temps de dire quoique ce soit, il porta la petite sur sa machine et la raccompagna dans la tour des Serdaigle.
" Il semblait remonté, non ? Vous imaginez s'il était en vrai jaloux et allait en profiter pour la charmer ? "
Même si c'était une blague, cela inquiéta Potter qui les emboîta le pas. Un silence s'ensuivit, mais Harley sentit un regard sur elle puis un deuxième et avant qu'on lui pose la question, décida de prendre les devants.
" Pff entre une blonde marmotte et une brune attardée-tentatrice, je suis entourée de gamine qui ne savent pas boire. "
" Tant mieux, tu aurais préféré trainer avec des alcooliques ? " Lui répliqua Rose.
" Remarque, quand tu vois leur comportement de novice, un habitué est probablement mieux. " Ricana John.
" D'ailleurs, c'était comment ? Est-ce que comme elle a dit, il y avait le goût de la rose ? " Demanda Sean, narquois.
Sa tentative fut un énorme échec.
" Je n'en sais rien ! C'était à peine un instant ! "
" Est-ce qu'on a un autre couple lesbienne après Lolie et Laura ? " Railla Ruben.
Tandis que la lionne qui était dans la même phrase qu’un serpent faisait une scène à côté en disant qu'amour saphique ou non, elle n'en voudrait pas –parce qu’elle restait une gamine/ou folle/ toute sa vie-, Harley manqua de s'étouffer.
" Bien que que non ! Tout... Tout ça, c'est à cause de Wyatt ! " Lâcha-t-elle alors que le blond arrivait après avoir enfin abandonné sa guitare.
À lui de fournir des réponses un peu plus satisfaisantes.
Emil traînait sa machine occupée par son amie, il arriva finalement à leur tour et donna la réponse à l'énigme, pendant qu'Albus, accompagnée d'Alice qui l'avait rejointe après avoir avoué qu'il n'y avait plus rien d'amusant, était encore en train de se batailler avec les escaliers qui avaient décidé d'être bien capricieux.
" Bon, reste sagement ici, je te ramène une 'antidote'. " lui annonça l'ingénieur en délestant l'engin de son amie pour l'installer confortablement sur un fauteuil de soie bleue.
Il allait monter dans son dortoir quand il sentit qu'elle lui saisit la main.
" Emil ? Tu ne me cache rien, n'est-ce pas ? "
Il se figea alors qu'il s'apprêtait à se dégager de la prise inconsciente, tout du moins enivré.
" Je sais que je n'ai pas été la meilleure amie qui soit cette année, non je ne l'ai jamais été, mais tu sais que tu peux me faire confiance. Je... Je ne serai peut-être pas d'une grande aide, mais je te soutiendrai. Je te l'ai dit, non ? Je serai la mère que tu n'as pas pu avoir, je serai là pour toi. Alors ne gardes pas tout pour toi, confie-toi. "
Seul le silence répondit. Doucement, il se libéra de la prise qui se desserra naturellement et il posa sa main sur la tête brune. Il ne l'ébouriffa pas comme les autres fois mais il resta comme ça. Juste un moment.
" Je vais te chercher la potion, attends-moi. "
Et il la laissa. L'alcool dut encore s'imbiber en elle parce qu'elle ne réagit pas assez vite pour le rattraper. Seule dans la salle commune avec la fraicheur de la nuit, elle frissonna. Elle tenta de se réchauffer en se rétractant sur elle-même tout en se frictionnant les bras.
C'est ainsi qu'on la trouva.
Voyant une âme esseulée et un peu amère, on s'approcha peut-être dans l'intention de la réconforter, peut-être de s'en moquer. Toujours est-il que sans prendre en compte si c'était la bonne personne, ni écouter ce qu'elle avait à dire, Claire s'y jeta.
" Ne me quitte pas... Je ferai tout pour te rendre heureux, je ferai des efforts, alors s'il te plaît, Emil, dis-moi ce qui te préoccupe... "
Comme plus tôt elle ne reçut pas de réponse, comme plus tôt elle manqua de pleurer mais comme plus tôt, son esprit hagard la gagna et un vertige la saisit, alors elle se raccrocha à celui qu'elle confondait avec son ami.
C'est là que la porte s'ouvrit sur Albus et Alice. Qui fixèrent l'autre coller-serrer à Claire.
" Je l'ai, tu pourrais faire un effort et l'avaler ? ... Ou commencer par te réveiller ? " Revint Emil en n'étant même pas surpris de la scène. Il s'approcha et déboucha la fiole. " Lysander, tu peux la maintenir afin qu'elle puisse boire, s'il te plaît ? "
" Ou- oui, bien sûr. "
Le troisième tenta de manipuler la jeune fille sans être trop tactile, pas facile quand l'autre est déjà amorphe. Emil fit boire la potion et prit son amie dans ses bras, mais le manque de réaction lui fit comprendre que pour être dans les vapes, elle n'a pas attendu.
" Alice, tu veux bien la remonter ? Je crois que la soirée se termine ici pour elle. "
" Je peux aussi la réveiller pour qu'elle monte d'elle-même. "
" Surtout pas, il ne faut pas la brusquer après qu'elle ait ingurgité un filtre pareille. "
" Détends-toi, je plaisantais. " Elle prit le bras de la petite pour la passer autour de son cou et souleva le petit corps d'un mouvement et l'emmena dans leur dortoir sans que les pieds traînent aux sols.
" Bonne nuit, les gars. "
" À toi aussi, vu que Morphée a déjà saisi l'autre ", répondit Emil. " À vous aussi, les gars. "
Les deux garçons répondirent vaguement, mais Albus guettait surtout son cadet. Donc, il ne savait pas ce qui s'était passé, et probablement ne le saura-t-il jamais puisqu’il pouvait s’attendre à ce que la jeune fille ne se souvienne de rien sauf s'il demande au blond, il a retrouvé la fille qu'il aime dans les bras d'un autre mais avant ça, il savait qu'elle s'était en quelque sorte bourré et pas sûr qu'elle même se rende compte de ce qu'elle faisait. Mais le fait était que Lysander, le garçon qui la prit dans ses bras n'a pas cherché à la repousser et il comprenait parfaitement parce qu'elle avait l'air vraiment claqué alors à sa place il l'aurait laissé se reposer au lieu de la brusquer. Mais (seconde fois) il y avait aussi le fait que le jeune homme avait rougi et ne semblait pas du tout déprécier le geste. Alors il attendait juste qu'il se tourne vers lui et l'aveu qui allait suivre.
" Bon, eh bien bonne nuit aussi. " Ou pas.
Lysander amorça le pas pour monter.
" Attends... "
Albus ne savait pas pourquoi il l'a arrêté mais son intuition lui disait que quelque chose clochait. Cependant quand les regards bleus, qui n'avaient plus rien de rêveur, se tournèrent vers lui, il dut rapidement improviser.
" Euh, qu'est-ce que tu faisais hors de ton dortoir ? "
L'autre sembla surprit et hésita.
" Euh... Tu ne dis à personne mais... Je voulais frauder et voir ce que vous faisiez en bas. "
" Ah... Hum, j'imagine qu'il est inutile de le dire mais on nous a imposé qu'une fois rentré dans notre salle commune, il n'y avait plus moyen d'en ressortir. "
" Oui, logique. Eh bien, je monte. "
Quand il fut seul, il commença à être incertain. Les joues rouges devaient bien signifier quelque chose, non ? Peut-être qu’il était juste gêné qu’il ait un contact si proche avec une jeune fille. Ou peut-être pas. Et puis ce qu’Alice lui a chuchoté à l’oreille juste avant de monter tournait dans sa tête.
« Est-ce l’apparition d’un rival ? »
Il aurait pu s’en convaincre le contraire, ce n’était pas comme ci Claire allait être sensible à son charme, et puis elle-même avait dit qu’elle n’était pas prête à s’intéresser à ce genre de chose sauf si cela le concernait. Mais, quand il pense qu’ils allaient être mené à passer beaucoup temps ensemble et qu’ils auraient probablement d’autre approche car ils étaient partenaires –si encore leur projet capillaire n’a pas été abandonné entre-temps- le rendait malade.
En entrant à son tour dans la chambre et en voyant les rideaux tirés du lit à baldaquin du danois, il se dit que vraiment, si jamais elle avait encore un attouchement avec un autre gars, il ne le supporterait pas.
Le lendemain, tout le monde était rassemblé dans la grande salle pour le banquet de fin d’année en plus du pot/fête de la veille. D’ailleurs cela avait animé l’atmosphère de plusieurs catégorie, ainsi les professeurs souriaient que c’était la fin mais se plaignaient aussi car ils devaient corriger des copies, les plus jeunes boudaient encore un peu, mais juste un peu de ne pas avoir participé à la fête et les plus vieux braillaient comme si cette dernière s’étaient prolongée. Les Serpentard avec plus de retenu, évidemment.
Finalement, la directrice demanda le silence, qui vint instantanément.
Le discours qui annonçait les résultats de la coupe des quatre maisons avec Gryffondor en tête, pour un malheureux 366 points, ce qui signifiait que cette année le score n’était pas bien beau à voir. Cela s’expliquait par les absences et l’ambiance maladive qu’il y a eu au début de l’année 2021. Jusqu’à là.
La coupe de Quidditch fut décernée à la maison Serpentard, tout le monde applaudit par courtoisie, bien que chez les Poufsouffle ils songeaient sincèrement à changer certaine composition de leur équipe, et enfin, l’information pour clôturer :
« Chers élèves, nous avons passé une année rebondissant, il y eu quelque difficulté mais la situation se stabilise dans le monde. J’espère qu’il n’y aura pas trop scission au sein du collège, car c’est vraiment le mauvais moment pour que se soulève une division étudiante de cette prétendue Nouvel Ordre. Sur ceci, je souhaite à tous de bonne vacance et espère la réussite de tous avant de vous faire mes adieux. »
Surprise par la dernière partie, les élèves se tournèrent tous vers leur directrice. Comme pour l’an dernier, ils virent un visage aussi vieilli que celui de leur professeur de sortilège, qui leur avait aujourd’hui quitté.
« Je vois que vous avez compris, pour les septièmes années cela ne va pas vous faire grand-chose si ce n’est de savoir que je quitte le collège en même temps que vous, pour les autres, je crois que vous avez remarqué que je ne suis plus en mesure d’assurer encore dix mois. »
Un silence religieux accueillit l’annonce. Avant qu’un élève chez les verts lève sa baguette en pointant le plafond. Une lumière éclaira le bout. Nathan Raven ne se préoccupa d’aucune de ses camarades qui le regardaient bizarrement et finalement son effort paya. Son ex-collègue, Giovanna Higgs, redressa aussi sa baguette pour laisser échapper un halo lumineux. Peu à peu, tous les septièmes firent de même, leur camarade et ancien joueur au poste de poursuiveur Jack Huston, l’ancien rivale de celui-ci : Fred II Weasley, ses cousines jumelles Lucy et Molly, la maintenant ex-capitaine de Frelons Noëlle Jackson, et aussi les deux fauteurs Mark Ludvian et Corentin Williams. Suivi ensuite les sixièmes années qui semblaient avoir compris l’acte et hissèrent leur précieux compagnon.
À la table des professeurs, certains en voyant ce geste si symbolique qui montrait le respect et le souhait de se séparer en bon terme furent émus. Les héros de guerre en eurent les larmes aux yeux et des sourires fiers, mais ce qi importait à ce moment était le visage embué de larme de la directrice Chourave.
« Reposez-vous bien et revenez-nous récupéré, les enfants, adieu. »
Les applaudissements durèrent plus longtemps que d’habitude.
Le trajet de retour vers la gare de King Cross fut en soit assez calme, seuls les plus excités en parlaient et les plus vieux qui ressassaient leur souvenir d’étudiant et prévoyaient leur avenir. Les autres étaient plus réfléchis et pensaient à retrouver des membres de leur famille sur le quai ou à Saint Mangouste. La réponse était plus la deuxième. Quand le Poudlard express ralentit et que le quai et les silhouettes des familles se dessinaient, le silence revint.
Jamais la gare du coté sorcier ne fut aussi vide, même si pour l’occasion beaucoup de parent s’étaient libérés de leur boulot pour venir chercher leur trésor –même à Poudlard, il faut être méfiant, comme quoi vigilance constante-, les absents faisaient toujours tort. À moins que ce n’était avaient toujours tort ? Oh, après tout, les expressions moldu…
Albus s’était installé dans le même compartiment que la fille avec laquelle il avait une relation si particulière, et par extension avec ses amies. Ah non, sans e en fait. Clara était dans le compartiment de son petit-ami alors lui et l’autre étaient les seuls représentants mâles. Emil commença à bouger le premier, il saisit sa malle sur le port bagage, descendit les autres avant de s’engager vers la sortie sans un mot.
Ils n’échangèrent rien jusqu’à l’âtre du cheminé international.
« Emil… » Commença son amie.
Ce dernier se tourna au même moment.
« On s’échange durant les vacances », lui promit-il seulement.
N’étant pas fan des contacts physiques, il se passa du câlin –surtout si ce n’était pas la fille qui lui en donnait- et lui fit un signe avant de disparaitre dans les flammes vertes.
« Claire ? » L’appela-t-il doucement.
Il n’osait pas la toucher de peur de la surprendre et quand il voyait le petit tressaillement il se félicita de ne pas être tactile. Quand elle se tourna vers lui, il crut y déceler une supplication mais ce fut si court qu’il ne put rien faire, de plus on les héla.
« Tu es prête, Claire ? » Enfin la héla.
Ils se tournèrent pour faire face à un jeune homme d'origine asiatique, probablement chinois si on prenait en compte le fait qu’il faisait partie de sa famille, et surement pas son père, étant trop jeune et qu’il a déjà aperçu l’an dernier, jour pour jour.
« Bon, on se recontacte comme a dit Emil. »
Avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, elle lui serra brièvement la main avant de s’accrocher au jeune homme qui leur fit un signe de tête avant de transplaner. Après qu’elle soit partie, il se dit qu’il aurait voulu lui demander comment allait-elle vivre durant cet été, sera-ce chez la famille de ses cousins ?
« Évidemment qu’on va recontacter, on doit encore aller au parc ensemble je vous rappelle », fit Celia en lui sortant de ses pensées.
Puis il réalisa ce qu’elle dit. Hein ? Quel était encore ce programme de fou ?