Rupture et Réunification
Février
La nouvelle fit vite le tour le lendemain. Tout le monde ne parlait plus que de l'attentat sur les fonctionnaires du ministère. Au total, plus de vingt membres du corps ministériel furent blessés, quatre sont déclarés disparus et on suppose qu'ils sont soit séquestrés à des fins encore pire, soit bah, qu'ils sont de l'autre côté. Bref, autant dire qu'il y avait des pleurs et des larmes partout dans le château car la plupart avaient les parents soit côté blessés soit disparus. Claire, de son côté, se mura dans un silence quasi ininterrompue, elle ne sembla même pas faire attention à son entourage. À peine si elle toucha le petit-déjeuner et personne ne lui adressa la parole, tout le monde pouvait bien comprendre son trouble. En cours d'histoire, le professeur ne parla pas des événements, car il avait précisé que ce n'était plus dans le programme de l'année, aussi il fit le cours comme si c'était normal. Quel dommage que ce ne fut pas le cas avec les autres matières ! Midgen prit évidemment énormément de plaisir à en parler tout en faisant semblant de continuer le cours. Bien sûr, personne ne releva, elle faisait son "travail", mais ils ont eu ce comportement très irrespectueux qui était de la regarder dans les yeux sans rien dire, ni noter. Aussi, il ne fut pas surprenant qu'elle les laissa quitter avec une pointe de frustration. On aurait pu dire que du reste, cela s'est déroulé tranquillement, mais ce n'était pas le cas, bien sûr ils ont été disciplinés en métamorphose comme en potion, mais durant la pause déjeuné, les autres continuaient de faire éclater leur tristesse et ce fut probablement la goutte d’eau qui déborda de la vase. Adrian réagit.
" Pourquoi tu ne peux pas aller le voir ? "
Car il était chose commune que les familles des blessés pouvaient demander une autorisation et aller voir le convalescent, accompagné d'un autre parent (les Potter ont été une exception).
" Mes parents travaillent tous les deux au ministère. "
Un silence de mort accueillit la tablée vide, car comme dit plus tôt, certains avaient eu l'autorisation pour déserter la forteresse, bien que ce fût le meilleur endroit pour se sentir protéger.
" Tu veux dire que..."
" Je ne sais pas... Je n'ai pas eu de nouvelle depuis..."
" Bon, aller, reprends-toi ! Ce n'est pas en broyant du noir que tu vas faire avancer les choses. "
" Avancer quoi ? Elle est à mille lieux des événements, que peut-elle faire ? "
" Pas la peine de la rappeler. Je te signale juste que c'est le problème qu'on déplore ! "
" Taisez-vous et mangez ! " Claqua sèchement la voix de Kurt qui passait à côté.
Même s'ils firent ce qu'elle leur ordonna, personne n'était plus d'humeur et ce fut d'une humeur presque morose qu'ils allèrent en cours d’option.
Si dans les jours suivants, il y avait le retour massif des autres élèves qui sont plus ou moins rassurés de l'état de leur proche, Claire n'avait toujours aucune nouvelle. Ni concernant la convalescence de son père ni de sa mère tout court. Et les regards inquiets qui se jetaient autour d'elle n'étaient pas pour arranger ses nerfs mis à rude épreuve. Ce qui termina de l'achever fut peut-être le comportement anormal de sa préfète Esther Jackson qui avait hésité à l'aborder un soir où elle était seule dans la salle commune. La cinquième année lui avait demandé des nouvelles de sa mère, car elle a aussi été absentée pour voir son père hospitalisé et enchaîné à Saint Mangouste après l'état assez critique dont il était victime -du moins pour les médico mages-, et il lui semblait que l'homme travaillait au sein du département... De jeux et sports magiques, au même étage que sa mère et Bryce Jackson en était même le supérieur. La cadette répondit par la négative et s'est aussitôt empressée de demander si elle au contraire n'en avait pas. L'air décontenancé de la préfète l'angoissa dans un premier temps avant qu'elle soit un tout petit peu calmée lorsqu'on lui répondit qu'elle n'en savait pas plus. Et comme on dit : "pas de nouvelle, bonne nouvelle", elle s'efforça de sourire timidement en guise de remerciement mais n'en était pas du tout sûre quant à la solidité du proverbe moldu.
Peut-être qu'elle aurait dû sentir que le malaise était une explication à ce qui allait se passer, peut-être que si elle avait fait plus attention elle aurait pu remarquer ce qui se tramait autour d'elle et peut-être qu'ainsi ce qui s'est passé n'aurait pas pris un tournant pareil.
C'était un jeudi, plus d'une semaine s'était écoulée sans qu'elle n'ait de nouvelle ni que la conversation sibylline ne l'ait rassuré. Elle savait juste qu'elle allait avoir trois heures de cours avec Midgen et ce n'était pas en faveur de l'atmosphère idéale, même s’ils commençaient à neuf heures. Non, en fait, surtout parce qu'ils commençaient à neuf heures. Il fallait bien l'avouer, si d'ordinaire commencer à cette heure était plutôt reposant, dernièrement avec tous les attentats qui survenaient personne n'était à l'abri d'une crise de larme.
Il était connu de tous que les missives étaient larguées à huit heures moins le quart -depuis qu'on a eu la bonne idée de changer les horaires des cours- afin que les résidents du château puissent avoir des nouvelles qui n'interfèrent pas le déroulement de la journée -15 minutes, le temps pour digérer une information-, cependant cette ingénieuse idée fut contesté depuis que les hiboux et chouettes survenaient à n'importe quelle heure pour annoncer une mauvaise nouvelle. À neuf moins cinq, une rapace entra par le toit de la grande salle, perturbant de peu la contemplation du plafond magique des blasés et lâcha une lettre en parchemin tout simple à une élève de Poufsouffle. Les rares élèves, la promotion entière de quatrième année et un groupe de Poufsouffle-gryffondor de deuxième année, retinrent leur souffle pendant que l'enfante décachetait fébrilement. Puis un sanglot, qui se multiplia vite pour devenir une crise de larme, ensuite des bruissements de bois et on quittait la table pour calmer les nerfs de la petite.
La grande salle devint aussi silencieuse qu'une cathédrale qui venait de perdre un père, tout n'était plus que désolation. Une en particulière se sentait nauséeuse et redoutait qu'elle soit la prochaine à réagir aussi excessivement. Son ventre se noua et elle refusa de toucher une nourriture de plus sinon quoi elle ne garantissait pas la sûreté de leur place dans son ventre. De toute façon, il était l'heure d'aller en cours et ce n'était pas avec un incident pareil qui va excuser leur retard.
Lily dût se traîner seule jusqu'à sa salle de cours après avoir vu sa meilleure amie emmener sa camarade à l'infirmerie. Elle regrettait la présence de son cousin Hugo et son ami Max qui sauraient comment la motiver. Malheureusement, les deux aigles étaient déjà en cours de sortilège avec les serpents.
Emil dût aussi traîner une poupée molle ambulante pour meilleure amie. Mais alors même qu'ils tournaient au coin du couloir, les yeux aiguisés de certains virent bien que les courriers en retard seront la mode du jour. Dehors, un chouette effraie volait en suspend vers eux. Les ailes déployés et les battants constamment, leur attention était surtout attirée par le bout de parchemin accroché aux pattes de l’oiseau. Une appréhension sans nom les saisit aux entrailles et ils redoutaient le destinataire de ce message malheureux. Cependant, avant de le connaître, Emil saisit la rapace au vol et arracha la lettre avant de lâcher la créature, en revanche il n'agit pas assez vite car les rapides virent une partie du nom. Mlle L. Sachant qu'on n'allait pas écrire le prénom d'un inconnu pour destinataire, le L désignait le nom, or le seul débutant par cet alphabet parmi eux était Lyu. Qui réagit au quart de tour.
" Pourquoi la lettre est blanche ? "
Elle n'eut pas de réponse. Depuis que le phénomène de défilé de lettre coloré était apparu, tout le monde savait à peu près le contenu d'une lettre rien qu'à la vue de la couleur. Noir pour décès, fort heureusement il n'y en avait pas encore eu sauf dans la case annonce de la gazette, rouge pour hospitalisation ou beuglante pour ceux qui pouvait encore agir comme des zouaves à de tel moment, et blanc pour... Disparu, dont on a déploré au moins une vingtaine durant les dernières semaines.
" Passe-moi cette lettre, Emil. "
Le ton acéré ne démonta pas son ami, qui prit soin d'éloigner la dite lettre de la vue des curieux, y compris de la principale concernée.
" Passe-la moi, elle m'est destinée ! "
Tout le monde remarqua le ton qui montait crescendo. Emil plus que tout, mais il se contenta de dévisager la future hystérique sans rien dire. Au bout d'un moment, il se tourna vers les autres et leur demanda, ou plutôt ordonna une chose qu'ils firent promptement.
" Vous feriez mieux d'aller en cours. »
Leur camarade s'empressèrent d'y aller, accoururent même, mais les trois filles qui n'avaient pas les mots pour réconforter mais dont la présence aurait aussi pu être utile se tournèrent une dernière fois en lui lançant le regard qui faisait passer tout un flot de message, dont une qui dépassait largement le reste : " On compte sur toi. "
Restèrent alors plus que les deux amis qui pouvaient dès à présent s'échanger dans le calme et gravité que demandait la situation. Et pas un mot ne fut sorti de leur conversation, car Adrian savait contrôler sa magie et être respectueux lors des instants intimes.
À la pause de dix heures, alors que les autres se rongeaient les ongles quant à savoir ce qui est arrivé à leurs deux camarades, ils n'auraient jamais cru voir la scène suivante. Faces au bureau de l'enseignant imposteur, les deux aigles semblaient écouter ce qu'avait à dire cette dernière, peut-être un sermon sur le fait d'avoir sécher les cours, ses cours. Mais la réalité était bien différente.
Le moment de la reprise vint, et alors qu'on voulait juste apaiser la jeune fille le spectacle qui s'offrir à leurs yeux refroidit tout le monde. L'air du bouleversement complet de la jeune fille brisa le cœur de plus d'un et les sanglots qu'elle retenait au fond de sa gorge ne rendait que le tableau encore plus pitoyable. Coupant dans leur élan, on ne percuta pas assez vite que son état était dû à la femme. Mais seule Alice garda la tête sur les épaules et se contenta de fixer l'adulte avec férocité.
Contrairement à la croyance populaire, leur camarade ne s'est pas murée dans le silence comme avant mais entra plutôt dans une intense étude et avec ferveur, elle était plus concentrée sur le travail que leur demandaient les professeurs que les divertissements qui se voulaient plus légères par ses condisciples, elle n'eut pas une conversation qui dévia des disciplines du jour. Et si elle était encore consciente pour avoir évité le sujet (tabou) qu'est le dcfm, elle se montra très érudite sur la double heure de métamorphose, prouvant qu'elle était aussi douée que le meilleur de la classe. Mais loin de s'en réjouir ni d'en jalouser, Albus n'eut qu'un regard troublé.
" On dirait une deuxième Rose, à se voiler la face en se plongeant dans les cours ", commenta Wyatt en fin de journée dans la salle commune alors que la concernée venait de les quitter pour "relire le cours".
Ça aurait pu continuer ainsi. Si les autres avaient joué le jeu. Malheureusement, on n'avait pas que des amis dans la vie, et Claire avait notamment une ennemie. Adelia Flint qui, une fois n'est pas coutume, était accompagnée de Mathilde Warrington. Contre toute attente, ce n'était pas la première qui avait commencé à chercher des noises (pression de papa ?) mais la seconde qui débuta par les salutations habituelles.
" Il parait que ta mère est aussi comptée parmi les disparus ? Après l'attentat contre ton père, maintenant ça ? Tu n'as pas de chance. "
Silence. La Poufsouffle eut un sourire avant de se tourner vers son amie, qui fixait sa cadette comme la plus répugnante des déchets.
Mathilde laissa échapper un rire qui arracha un froncement de sourcil à la petite. " C'est dommage, pourtant ton père est considéré comme un élu, descendant d'une famille qui pratique la magie émérite. Enfin, pratiquait, parce qu'avoir choisi ta mère pour épouse lui a retourné le cerveau. "
" Ce qui explique ta venue au monde ", parla Adelia pour la première fois.
" Oh, et puis surtout ne nous remercie pas d'avoir fait le ménage. "
" Pourquoi je devrai vous remercier ? Parce que tu as bougé ne serait-ce que le petit doigt pour que la situation en arrive là ? "
L'autre montra sa surprise d'avoir enfin entendu la voix de la martyre, mais cacha sa déception de ne pas constater rien qu'un petit tremblement ou craquement.
Elle fit néanmoins une moue sceptique. " Bah oui, je te ferai juste savoir que l'année prochaine ce sera nous, les Jeunesses Purs, qui reprendrons le travail. Il serait temps que Poudlard accueillent enfin que du sang frai et non hybride comme maintenant. "
" Retire ce que tu viens de dire. "
Mathilde recula un peu sous le ton employé, car elle s'était rapprochée à mesure qu'elle proférait ses menaces. Claire n'avait pas haussé la voix, n'avait même pas laissé transparaître une émotion, elle avait même l'air calme.
" À quel propos ? "
Elle rencontra enfin le regard de sa victime, et là encore elle fut déçue de ne rien voir. La naine avait juste déposé son regard sombre sur son vis-à-vis, elle en l'occurrence. Ils étaient même inexpressifs, au point de concurrencer Tyler Zabini.
" Du fait qu'il faut dégager les espèces de chimère comme toi. "
" Ne m'insulte pass. " Siffla l'aînée.
" Tout comme tu n'avais pas à commencer à insulter les autres. Si tu es issue d'un mélange de race sans nom, c'est ton problème. N’implique pas les autres. "
Adelia vit sa compagne serrer violemment sa mâchoire, elle pouvait comprendre, par elle ne savait quel miracle la petite parvenait toujours à s'en sortir avec quelque mot, ou grâce aux interventions extérieurs. Souvent ça, d'ailleurs. Probablement parce qu'elles agissaient en groupe, de leur côté.
" Tu crois que c'est en jouant l'indifférence que je n'arriverai pas à t'atteindre ? " Se reprit la jaune " Tu te trompes, je ne suis pas du genre à m'avouer vaincu aussi facilement, contrairement à toi. Tu penses rester de marbre jusqu'à ce que la situation se tasse ? Eh bien, tu ne vas pas attendre longtemps. On va bientôt procéder au grand débarras, et si on le faisait le mois prochain ? Le grand ménage de printemps que vous appelez par chez vous, n'est-il pas ? "
Pas de réaction comme si elle ne l'avait pas entendu, ou tout simplement ignoré.
" Ça va être rapide, nous savons déjà qui viser, tous ces voleurs de magie comme nous les appelons ne vont bientôt plus pouvoir marcher dans le même couloir que nous, ne mangeront plus avec nous et les rangs seront bien prise en compte. C'est-à-dire que parmi tes camarades aux sangs mélangés, il y a... Aller, trois sur cinq qui sont de piètre condition ? Eh bien, attends-toi à ne plus jamais les revoir. "
" Tais-toi. "
" Trois sur cinq, ce n'est pas rien ", continua Mathilde en ignorant l'ordre, elle n'était pas n'importe qui, on lui parlait mieux que ça. " Mais que se passerait-il, si c'était cinq sur trente ? Carrément le sixième, est-ce que tu resteras toujours aussi froide ? "
" Je t'ai dit de la fermer. "
Et dans un tourbillon spectaculaire, le sac des deux cinquième leur furent arraché. Sous la violence, elles reculèrent comme si elles avaient été attaqué à proprement parler, ce qui bien sûr n'allait pas tarder. Évidemment, elles n'avaient pas de quoi se défendre puisque leur baguette était dans leur sac, parce que normalement aujourd'hui était une journée entièrement théorique donc pas de baguette -c'est ça quand on a été éduqué dans le conditionnement, on considère que tout est à la place, pas de changement possible, encore moins des imprévus-.
Adelia et Mathilde n'étaient pas stupides, juste trop stéréotypées, cependant il y avait bien une chose dont elles étaient sûr et qui n'était dû à aucun préjugé (quoique...), c'était que leur assaillant n'était autre que leur cadette qui n'avait pas bougé d'un poil. Littéralement, ses cheveux ne se sont même pas soulevés à la violente bourrasque, qui avait manqué de déchirer leur uniforme à elles. Les sacs de cours étaient ballottés au gré de la magie qui s'exerçait, pourtant, encore une chose dont elles étaient sûres (avec un jugement encore tiré par les cheveux, cela dit), la brune n'avait pas jeté de sort, d'après l'absence de baguette dans les mains. Alors pouvaient-elles supposer, voire affirmer, qu'il s'agissait d'une informulée ? Pas le temps de tergiverser que leurs affaires étaient projetées sur elles. Si Adelia avait eu le temps et l'esprit vif pour s'être rapidement écarté de la trajectoire, elle comprit vite qu'elle n'était pas la cible principale. En effet les objets personnels et fournitures sortirent de leur habitacle et se jetèrent sur Mathilde dont une lui toucha plus fortement. Le son d'une cassure en attestait. Et du reste, le fait que son corps tomba inerte aux sols était beaucoup plus explicite. Une mare rouge se forma autour. Et un cri retentit.
" Mais que diable vient-il de se passer ici ? "
Wonder. Lui et sa manie d'interjeter avec des jurons moldus ne trompa personne, encore moins les deux filles à qui ça horripilait. Puis, il ne fallait pas oublier qu'il devait faire cours et que les trois étudiantes étaient sur le chemin de la salle de sortilège. Aucune des deux ne répondit, ce qui étonna la plus jeune. Claire avait une bonne raison de se taire, elle n'était tout de même pas suicidaire -pas encore- mais en ce qui concernait Adelia, c'était plus surprenant. Étant donné qu'elle avait une bonne raison -très bonne- de la contrarier, elle pouvait très bien dire ce qu'elle avait vu et ainsi la mettre dans l'embarras et ça ne serait même pas un mensonge. Cependant elle était tellement affligée par ce qui venait de se passer qu'elle en perdit les mots et ce n'était pas Claire qui allait s'en plaindre. En revanche, ce n'était pas pour arranger le professeur qui attendait toujours une réponse et malheureusement pour la chinoise, la victime usa de ses dernières forces pour se relever et la pointer du doigt.
" C'est elle... La coupable. " La visée regarda le geste insultant avec platitude en se moquant ouvertement de son piètre jeu de comédienne. Mais évidemment avec l'impulsivité qui caractérisait ce prof raté, qui pour une fois pourrait monter au moins d'une marche dans l'estime d'Adelia, l'accusée fut emmenée sans ménagement par l'homme qui somma dans le même temps à la Flint d'emmener la soi-disant blessée à l'infirmerie.
" Mademoiselle Lyu, je suis déçu de voir à quel point votre comportement est inadmissible. Vous rendez-vous compte que c'est un acte injustifié ? "
Si au début, son élève paraissait insensible aux reproches, elle s'insurgea clairement lorsque le mot injuste résonna.
" Qu'est-ce que vous en savez si c'était justifiée ou non ? Vous venez à peine de débarquer et quand l'autre dit quelque chose, vous prenez pour argent comptant ? Sans remarquer qu'elle ne faisait qu'une mise en scène ? Le liquide rouge qui en découlait n'était que de l'encre rouge ! Vous aurez pu le savoir si vous l'avez diagnostiqué ! "
Même si elle n'avait utilisé aucun mot insultant, le fait qu'elle criait et tout le sens de la phrase rendait celle-ci très irrespectueux envers l'enseignant.
" Je vous suggère de vous calmer ", répondit l'homme en tentant lui-même de garder un aspect impassible.
" Je suis très calme. Professeur. " Ajouta l'élève en songeant qu'elle avait peut-être dépassé les bornes " contrairement à vous ", ne peut-elle s'empêcher de remarquer ses mains crispées.
Là, ce fut la goutte qui déborda de la vase. Miracle Wonder relâcha toute la pression et soupira longuement. Il jeta un regard qui ne plu guère à la jeune fille, qui était cependant consciente qu'on avait rien à faire de son avis, et s'adressa en ces termes :
" Je suppose que ce qui arrive à vos parents a dû avoir un sérieux impact sur votre attitude, mais si je puis me permettre ce sont des choses qui arrivent. "
Claire fut tellement abasourdie par l'énormité qui venait d'être dit qu'elle ne répliqua pas, toutefois elle avait fort heureusement toujours des soutiens.
" Non, vous ne pouvez pas dire ça ", résonna la voix de Clara, au seuil de la porte " Je suis désolée mais, et sauf votre respect, (que vous ne le méritez pas tant que ça, franchement) vous ne pouvez pas dire qu'avoir des opinions extrémistes pareils soit une chose normale et encore moins les atténuer en disant que leur attentats sont des actes compréhensibles ! Ce putain de Nouvel Ordre n'a pas à avoir des pensées de la sorte sur les sang-mêlé qu'ils jugent impurs, parce que de un : on s'en fout de leur avis, de deux : ils n'ont pas à employer le terme pur ou impur, qu'est-ce qu'ils en savent s'ils sont si blanches qu'ils affirment, qui sait s'ils n'ont pas eu une ascendance de troll ? Et de trois, ce n'est pas à eux de juger les rangs des autres ! Pour qui se prennent-ils ? Ce sont juste des sorciers lambda ! "
" Potentiellement dangereux ", compléta l'homme pas démonté pour un galion par le coup gueule de la blonde, il a bien eu assez de temps pour se calmer avec la brune. " Non, rectification, ils sont même très dangereux. " Ajouta-t-il en coulant un regard dédaigneux vers l'aigle qui s'est figée.
Ce qui lui permit de revenir parmi eux et s'exprimer dans le plus grand des calmes.
" Ce qui veut dire que quoi qu'on fasse, vous ne ferez rien qui puisse vous mettre dans une mauvaise posture, parce que... Quoi ? Vous êtes faibles ? Que vous n'avez jamais l'occasion de vous exprimer que vous n'êtes qu'un suiveur qui jamais ne se hissera au sommet et serez capable de se faire marcher dessus juste parce que l'autre est trop fort et que dans la vie, il ne vaut mieux pas perdre son temps avec des choses futiles et que le mieux serait de vivre une vie sans histoire et monotone ? "
" Cela vous rend-il plus supérieur après m´avoir dépeint ? "
" Mais en quoi vous vivez ? Vous ne faites que... Sous vivre... ? "
La réponse "dites ce que vous voulez" se lisait sur les traits de leur professeur.
" Eh bien, je n'en veux pas d'un professeur pareil. "
Ce dernier souleva un sourcil, à peine touché par l'insulte sous-jacente. " Libre à vous de penser ceci, cependant si vous l'affirmez avec tel ferveur que je ne pourrai vous enseigner de par la nature que vous sous-estimez, vous êtes libre de vous en allez. "
" Parfaitement, vous n'avez rien à m'apprendre ! " cracha l'enfant en saisissant son sac posé sur le sol et quitta la salle de classe sans plus se tourner.
« Cela fait vingt point en moins pour Serdaigle pour irrespect envers un professeur et pour attaque sur élève d’une autre maison. »
Personne n'amorça un geste pour la rattraper. Mais Clara était bien tentée rien que pour ne pas voir la tête du vieux qui déblatérait des conneries encore pire que Midgen, elle fut cependant arrêtée à temps par Chloé qui la raisonna.
" Je te le déconseille ou cela risque de se répercuter sur ton père, ne cherche pas à l'imiter, vos cas sont différents. "
Sous-entendant que Claire n'avait plus personne. Par association d'idée, ils se demandèrent qui était son responsable tutoriel.
Au cours de botanique, ils la revirent comme la veille, première arrivée, première installée et très concentrée. Et c'était pareille pour le cours de potion, réussissant la mixture sans l'aide de personne si ce n'est du manuel (nouveau livre du prince de sang mêlé ? Du niveau 4 ?).
Ainsi, les jours puis les semaines s'écoulèrent sans qu'il n'y ait de changement, si ce n'est que l'humeur de leur camarade se dégrada toujours un peu plus. Un jour, alors qu'elle devait être particulièrement agacée -après une dispute avec une de ses amies ou quelqu'un d'encore plus intime, des variations selon les sources mais sûrement pas avec un gars pour vous rassurer-, on fit une chose qui l'irrita encore plus que de se disputer avec ses proches ou que lui chercher des noises, ce qui en soi revenait au même, on aborda Albus. Devant elle, à leur table, sans retenue et pas n'importe qui ! Hana Lynch de retour ! Ne supportant pas davantage cette vue qui lui était atrophiant, ses yeux s'assombrirent et même si on comprenait qu'elle était juste jalouse qu'on s'adresse aussi familièrement à l'homme qu'elle aime -ce qui devrait faire plaisir au concerné, qui l'aime aussi-, ils s'inquiétèrent à cette vision pas très rassurante. Au bout d'un moment, leur nerf fut à bout lorsqu'ils la virent parler.
" Tu peux t'en aller d'ici ? Ta vie m'insupporte et je pense que c'est le cas pour tout le monde, alors si tu pouvais dégager la vue de tous, ce serait aimable. "
On la regarda tous avec de gros yeux, la ciblée en particulier dont les joues s'empourprèrent.
" Voire enchantant. " poursuivit-elle en voyant que la gryffondor ne bougeait pas.
Humiliée et ne pouvant rien répondre car elle ne l'avait pas totalement insulté, la plus grande consentit à s'éloigner. Parce que ça sonnait et pas parce qu'elle n'avait rien à répondre, sauvé par le gong.
" Ouah, tu m'as impressionné Ob-Aube ! " S'écria Lolie alors qu'ils montaient en salle de défense.
La désignée se tourna avec surprise vers la française.
" Comment tu m'as appelé ? "
" Ob-Aube ! Parce que là, on ne peut décemment plus t'appeler Claire, tu viens carrément de montrer ton côté obscur ! "
L'explication dérisoire mais totalement lolienne ne surprit plus personne, toutefois ils remarquèrent que cela plaqua un sourire figé sur les lèvres de la chinoise.
Luxchana passa à côté alors qu'elle avait ralenti. " Ça, tu l'as dit. "
Cela fit perdre toute trace de plaisanterie sur le visage d'Obscur. À présent, tout le monde était sûr que la dispute incluait les deux asiatiques.
" Oh, mais tu sais le deuxième Aube n'est pas aussi sombre ! Je parle d'ici du synonyme d'aurores, parce qu'on sait tous que tu finiras par retrouver ta clarté d'antan ! Hein, Ob-Aube ? " S'empressa la gamine de rassurer.
Au lieu de lui répondre, Claire se tourna vers Luxchana qui s'était arrêtée dans son avancé pour aussi se tourner vers elle et la dévisager. Leur dernière conversation leur revint.
" Ce n'était pas de la magie accidentelle et tu n'as non plus utilisé une informulée. "
Claire resta silencieuse à la déclaration de Luxchana qui attendait une confirmation.
La gangétique finit par perdre patience et empoigna le bras de sa consœur et lui dit durement : " C'était de la magie émérite que tu as utilisé à mauvais escient ! "
Vexée, l'autre se dégagea et la regarda d'une telle manière que dans ses yeux on pouvait y lire un message du genre "Je pensais que tu me comprendrais. " néanmoins ce qu'elle lui répondit fut tout autre.
" Elle m'a menacé. "
" Et tu crois vraiment que user de la magie impérial sur elle aurait pu arranger les choses ? Non ! Cette noble magie a été conçue pour les initiés qui savent maîtriser un flux de magie et ainsi établir une connexion avec l'âme et le corps, ce n'était pas pour... Une stupide vengeance ! "
" Mais elle m'a menacé, tu voulais que je me laisse faire ? Elle n'avait pas le droit de dire tout ça ! "
" Tu avais peut-être le droit d'utiliser l'héritage de ton père dans cette optique ? "
Coup de poing dans le moral. Lux reprit, un peu plus calme : " Je te conseille vivement de te reprendre et cesser de tout remettre sur ton instabilité émotionnel. "
" Qu'est-ce que tu me suggère alors ? Comment dois-je réagir face à ces provocations ? "
" Rends fière à tous les pratiquants de la magie émérite et reste imperturbable en toutes circonstances. "
Et là, elle était face à Midgen qui ne semblait non plus très contente de la voir. Donc laisser faire les choses sans se laisser submerger par ses sentiments. Elle gratifia l'enseignante d'un sourire polie, qu'on trouva pour une raison ou autre très insultant et insolente. Un long sermon débuta le cours mais plus personne ne s'en étonna et fut même soulagé qu'il n'y ait pas de cours à proprement parlé. Cependant cela convainquit Claire de continuer à réagir ainsi, après avoir eu le consentement de Luxchana.
Bien sûr, elle restait studieuse en cours, sauf en dcfm qu'elle venait qu'occasionnellement ayant d'autre activité beaucoup plus intéressant que se faire insulté à demi-mot et en sortilège qu'elle était bien décidée à déserter. On n’a qu'une seule parole comme on dit.
Bref, février fut une période aussi froide concernant le climat que l'ambiance à Poudlard et ça n'avait plus été le cas depuis 23 ans, à l'époque de la deuxième grande guerre.
Par ailleurs, un mouvement de rébellion s'était opéré dernièrement. Doucement mais sûrement, des élèves discrètes se rassemblaient, s'échangeaient entre eux et s'accordaient à semer la zizanie auprès d'un membre du corps professoral dont ils jugeaient qu'il n'a absolument rien à faire ici. Alors vers la fin du mois, Midgen (et parfois Wonder) avait été tourné en bourrique et ne parvenait plus à faire un seul cours (ce qui n'était pas difficile avec l'autre, tellement sa maladresse l'empêchait d'avancer ne serait-ce que la leçon en cours). Certains déploraient qu'ils seraient handicapés dans ces matières (on ne cite personne) d'autre étaient aussi dans le coup pour foirer anonymement ces heures insipides et qui n'étaient que propagande. Contre toute attente, la prof martyrisée n'avait pas abandonné. Au contraire, elle était même revenu tout sourire un matin. Toute la promotion de la quatrième année, qui n'avaient pas eu de chance de l'avoir à cette heure indue, soupçonna instantanément un complot. Mais n'ayant aucune preuve que leur intuition et le mauvais pressentiment qu'offrait le sourire sinistre, ils ne purent rien faire d'autre qu'observer la suite des événements. Quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils virent une autre silhouette dans leur salle. Faisant fi de cette présence incongrue, dont les enfants suspectaient d'y avoir part, Eloïse Midgen leur somma de s'installer dans le silence, pas comme s'ils avaient envie de lui faire plaisir et parler avec elle, il n'eut pas même un chahut. D'autre part, le nouvel agencement des places leur surprit quelque peu, les sièges étaient placés en demi-cercle et aucune table n'était présent tous étaient acculés contre les murs de la salle, mais personne ne fit son d'une remarque.
" Bien, nous allons commencer le cours sans plus tarder ! Alors comme vous l'avez constaté, nous avons aujourd'hui un intervenant pour le cours du jour ! "
Avant qu'elle n'ait pu décliner son identité, ils ressentirent comme un mauvais pressentiment, comme si rien que le fait que l'inconnu se tournait vers eux allait être signe de malheur. S'ils savaient.
Cependant avant qu'il n'ait pu se tourner entièrement, la porte s'ouvrit sans autorisation, pas comme s'ils avaient demandé non plus pour entrer, et deux de leur camarade entrèrent tranquillement. Alice et Claire se dirigèrent vers les dernières places disponibles, l'air de rien, comme si elles n'avaient pas été en retard et qu'elles avaient peut-être interrompu le cours, de toute façon, ça n'allait pas être eux qui vont se plaindre. Et puis, c'était la faute de la prof de ne pas avoir pensé à faire l'appel.
" ... Après ce petit intermède, nous allons pouvoir reprendre une fois que les demoiselles auraient eu l'obligeance de s'expliquer. "
Il n'en fut rien. Alice, au bout de rangé, se mettait à l'aise et ne semblait pas apte à faire ce qu'elle avait demandé et Claire, installée entre Luxchana et Stéphan, s'occupa de ses affaires sans montrer un signe de coopération. Les autres retinrent leur souffle, autant ils savaient que Midgen pouvait être indulgente avec la née-moldu -en se demandant toujours pourquoi cependant-, autant ils s'étaient accordés que l'imposteur n'était pas tendre avec la chinoise, surtout après les derniers événements.
" Mademoiselle Lyu ! Puis-je connaître la cause de votre retard ? " Fit la voix stridente. Et voilà, la persécution allait commencé.
La nommée était bien tentée de lever un sourcil à la Malefoy, élégant et provocateur, mais elle se contint en songeant que sa voisine n'allait pas apprécier. Et qu'elle n'était non plus douée à faire ce genre faciès digne. Alors elle choisit une réponse plus neutre.
" Je n'avais pas remarqué que le cours avait commencé. "
Qui n'empêchait toutefois pas de déceler du sarcasme. Mais elle n'avait pas tort, ni tableau ni aucun autre signe ne prouvait que le cours avait commencé.
" Eh bien, vous l'aurez su si vous avez été à l'heure. "
Cette fois-ci ce fut la langue qui était tentée de passer sur le devant des dents juste histoire de faire quelque chose, mais là encore elle se retint en se disant que cela ne lui donnerait qu'un air stupide. À la place, elle lui gratifia d'un sourire innocent. Du moins, ils espérèrent que c'était l'intention parce que là ça paraissait juste insolent.
" En ce cas-là, je vous prie de m'excuser et d'espérer que votre grandeur aurait à son tour l'amabilité de bien vouloir m'informer le sujet du cours. "
C'était tellement bien formuler, même si ça caressait trop l'égo qui ne se méritait pas, qu'on a bien voulu lui répondre en oubliant le fait que la jeune fille n'avait en vrai absolument pas répondu à la question.
" Nous allons traiter sur diverse moyen de défense. Pas uniquement contre les sorts -noir ou non- mais aussi contre certaine chose du quotidien et surtout lorsque vous passerai par le côté moldu, dans le cas où vous aurez des petits sauteries. "
Silence dans la salle, ajouté de léger stupéfaction et grand sursaut. Ou le contraire. Étrangement, la fonction de l'intervenant fut soudainement plus précise dans l'esprit des jeunes.
" Eh bien, dans ce cas, vous n'avez rien à faire ici, puisque votre tête est déjà une défense suffisante ", répliqua méchamment Clara avec un sourire de Cheshire, celui d'Alice au pays des merveilles pas celui d'Albus.
Des ricanements fusèrent sans se décliner. Malheureusement, ou heureusement selon les cas, Midgen ne fit pas attention à l'insulte et força un sourire froid qu'elle adressa à l'élève en face d'elle, Claire en l'occurrence, qui perdit le sourire de la mesquinerie de son amie et n'avait absolument pas besoin de cette image répugnante.
" Pardonnez-moi, mais... Votre rôle n'est-il pas justement de nous apprendre à nous défendre contre les forces du mal sorcier ? Parce que si vous voulez parler sur autre chose, ce n'est plus de votre ressort, nous pouvons voir ailleurs qui seront certainement des sources beaucoup plus confiants. "
" Oh, et puis-je savoir vers qui ? Pas vos parents, j'imagine. Certains n'ont pas tous la chance de les avoir. "
Alfred pâlit en se sentant visé et Adrian serra ses poings en le voyant mal à l'aise. Il eut un courant d'air et la porte reçut une grosse secousse qui surprit tout le monde. Sauf les deux qui se confrontaient du regard, les trois né-moldu et l'étrange inconnu, qui finit par attirer l'attention d'Alice.
" Ne jouez pas les plus malignes, je suis sûr que les vôtres n'ont pas voulu de vous et de votre profil atypique. "
Cette fois-ci, aux rictus méprisants de certains, l'adulte se tourna vers la blonde et lui vociféra :
" Il en est assez, mademoiselle Castaglione ! Sortez de ce cours s'il n'est pas dans votre intention de suivre dans le calme et respect ! " Elle accompagna ses paroles par un geste vers la porte.
Clara ne se fit pas prier, si elle avait l'occasion de sécher ce cours qui lui était inutile, ce n'était pas elle qui allait s'en plaindre, surtout qu'on vient de l'inviter. Récupérant son sac, l'italienne sortit d'un pas digne. Certains de ses camarades étaient bien tentés de la suivre, mais une seule le fit. Claire saisit la hanse de son sac à bandoulière et se dirigea à son tour vers la porte. Pendant qu'elle posait la lanière sur son épaule, elle se tourna vers celle qui se prétendait être leur prof et lui dit d'un ton condescendant :
" Vous savez, la vérité sort de la bouche des enfants. Et vous venez d'approuver ses dires en lui répondant, j'ignorais que vous vous considériez comme ça..." Sans attendre de réponse, elle referma la porte derrière elle.
Un silence pesant accueillit le départ des deux amies et s'ils ont cru qu'il pourrait enfin commencer ce *** de cours pour vite en finir, ils déchantèrent vite en voyants que c'était au tour d'Alice de prendre la relève pour bazarder les trois heures de défense contre les forces obscures qu'est la contraception. La brune avait levé sa baguette et le pointait sur l'inconnu.
" Qui êtes-vous ? " Siffla-t-elle de manière très peu amène.
Soudain, l'ambiance devint aussi peu amicale qu'avant l'arrivée des filles. Midgen avait perdu tout expression trahissant sur ses traits et regardait la brune avec l'air passablement ennuyé alors que l'autre ne fit rien d'autre que se tourner lentement vers les élèves pour enfin leur montrer sa véritable identité. C'était un vieil homme sans aucun doute. Peut-être dans la quarantaine avec un charme de vieux mais dont les intentions semblaient aussi mauvaises qu'un fromage pourri et ils savaient de quoi leur comparaison tenait. L'horrible femme eut un sourire mauvais.
" Ainsi, vous montrez enfin votre visage. " Alice envoya le sort de désarmement sans plus d'explication.
Sortilège qui fut facilement paré avant d'être renvoyé. Une barrière s'éleva aussitôt autour des quatrièmes qui se redressèrent en voyant Adrian agir aussi rapidement. Alice resserra sa baguette, les autres commencèrent à le sortir discrètement et Emil brandit une boîte en métal. Qui ressemblait fortement à un fusil moldu, d'ailleurs. Vive la métamorphose.
" Ha, je savais qu'on aurait dû commencer par la classe d'avant ", soupira l'homme.
Midgen le regarda avec l'air de s'excuser, il devait être son supérieur.
" Je vous prie de m'excuser, monsieur. Mais comme les trois cas étaient vraiment des spécimens, j'ai jugé intelligent d'opter pour eux en premier. " Ah non, boss, peut-être.
" Pas faux, on va éliminer ces trois trophées avant toute chose. " il coula un regard négligeant sur le autres " Le reste, on s'en débarrassera. "
Adrian renforça son champ de protection et d'un regard intima Emil de baisser son arme.
Chloé, ayant reculé sans se faire remarquer, détruisit ses chances en tentant de forcer le poignet de la porte. Fermé, évidement.
" Eh oui, vous ne pensez pas qu'on allait vous laisser sans surveillance. "
La tension était à son comble, aucun n'osait dégainer. Non seulement parce que cela risquait de prendre un chambardement pas possible mais en plus, ils n'avaient aucune chance face à deux terroristes ! Seulement, on ne pouvait évidemment pas compter Alice dans la désignation du groupe. Elle lança un autre sort de son invention que l'homme évita habilement. Il répliqua aussitôt en lançant un étrange projectile dans la direction du septième fils qui ne se laissa pas perturber en fixant la chose intensément. Celle-ci prit feu avant d'atteindre les derniers mètres. Pensant le danger écarté, le blond ne vit pas le sourire satisfait qui monta aux lèvres des deux malfaiteurs et encore moins la flèche qui rencontra sa chair pour s'enfoncer jusqu'au fond de sa carotide. L'effet fut immédiat. Adrian poussa un cri, ce qui ébranla sa magie et la barrière perdu aussitôt de sa puissance pour disparaître. Wyatt, à l'esprit vif, réagit rapidement en lançant un sort de lumière pour aveugler leur adversaire.
" Lumos Maxima ! "
Dans le même instant, Emil finit par appuyer sur la gâchette de son fusil qu'il avait brandit dès l'instant où il vit la fléchette s'élancer vers leur pilier central. Qui souffrait de l'attaque et se tordait de douleur au milieu de ses camarades. Ses deux chiennes, ayant ressentît son désarroi sortirent de leur cachette et s'attaquèrent aux ennemis de leur maître. Alfred fit de même en appelant Elliott à l'aide, qui se chargea de retenir leur attention.
Les deux adultes étaient partiellement ralentis et les autres en profitèrent pour rassembler les meubles afin d'en créer un rempart, d'autre y ajoutèrent plusieurs sort de protection. Mais les faits étaient là : Ils étaient coincés dans la salle avec deux adversaires de taille et leur principal espoir de s'en sortir indemne est brisé.
Celia ne pût retenir sa remarque pessimiste.
" Nous sommes fichus ", déclara-t-elle alors qu'Alfred était aux côtés de son ami blond et tentait de le ramener parmi eux après avoir enlevé la flèche qui était source du malheur.
" Tu perds ton temps, gamin ", s'éleva la voix de homme pardessus les aboiements furieux des canins. " La flèche est ensorcelée de sorte que lorsqu'il atteignait sa cible, celle-ci est envahie par tous les mauvais souvenirs jusqu'à ce jour. Un peu à la manière détraqueur, si vous... Arh ! " S'interrompit-il.
" Sale cabot ! " Rugit la voix de Midgen.
Ils comprirent qu'ils n'apprendraient plus rien d'eux avant de se rendre compte qu'ils n'obtiendraient rien de plus avec Adrian, qui était dans un état lamentable. Ses larmes roulaient tout au longs de ses joues comme un fleuve ininterrompu, il gémissait pitoyablement mais ce qui acheva Alfred fut sûrement les paroles suivantes : " Pardon, je n'aurais jamais dû naître... " Il se demandait ce qu'il avait dû subir plus jeune et se sentait aussi mal. À moins que ce soit parce qu'il avait aussi les effets de la flèche qu'il a fait disparaître. Comme il l'a fait avec Elliott, c'est-à-dire en lui. Alice et Emil semblaient aussi en être venu à cette conclusion, cependant aucun des deux ne baissèrent leur arme.
" Bon, je ne veux pas plomber encore plus l'ambiance, mais comme l'a dit Celia...On va mourir ? " Déclara sombrement Kenneth.
Ils blêmirent tous à cette cruelle constations.
" Bien sûr que non, on ne va pas mourir ! Je vous rappelle que nous sommes 30..."
" 28 ", corrigea Wyatt sans pouvoir se retenir.
" J'ai jamais été doué en math ", répondit seulement Élise.
" Non mais là, c'est du mental ", répliqua Ani.
" Bref, tout ça pour dire qu'ils ne sont que deux et qu'on a l'avantage du nombre. "
" Mais eux ont de l'expérience. "
" On a l'effet de surprise. Je vous rappelle que les chiens ne sont pas apparus comme ça. Enfin, techniquement si, mais... ", Bredouilla Sean, moins sûr.
" Passons, que proposez-vous alors ? Et fissa, parce que notre temps est compté ! "
" Eh bien, on peut déjà s'estimer heureux que nos familiers les retiennent assez longtemps ".
Aussitôt que Lolie ait dit ça, des jappements de douleurs retentit.
" Retire ce que tu viens dire ! "
Alfred vit avec effroi son fidèle compagnon se fait éjecter contre un mur. " Non ! Elliott ! " De leur côté, les sœurs Cannelle et Caramel faiblissaient aussi.
" On va tous crever ! Consumer par les flammes ! "
" Les flammes ? " S'étonnèrent les autres.
En effet, une langue de flamme était en train de lécher leur barrière de fortune due à la perte de contrôle des pouvoirs du septième.
" C'est pas vrai ! Non seulement il nous fait une crise d'angoisse mais en plus il va nous tuer avec ! "
" Bon, aux grands maux, les grands remèdes ! " Déclara Chloé. Elle décala un Alfred inquiet mais qui céda car devait aller voir son chien et saisit le menton du torturé. " Adrian, reviens parmi nous. Tu vois ce mur enflammé ? Eh bien, il va être l'acteur de notre perte. "
" Du feu... ? C’est... Moi ? " Adrian fit un terrible effort pour sortir ce son gutturale qui donnait à peu près une phrase.
" Oui. " l'informa Chloé sans douceur et le blond lâcha un geignement. " Cette salle va être le théâtre d'un drame horrible qui sera l'incendie qui nous emportera tous si tu ne fais rien. " Il laissa échapper une plainte de torture. " Tu comprends ? On va mourir. Par ta faute. "
" Arrête ! Tu vas l'achever ! "
" N- non, je ne veux pas..." Craqua le puissant sorcier en se prenant les cheveux.
Son angoisse d'être pris pour un monstre et la peur de leur faire du mal furent si à cran qu'il ne parvint plus à maintenir sa puissance magique déjà bien instable. Les observateurs entendirent -auditeurs en ce cas- un craquement, puis deux, enfin cela s'intensifia tellement qu'ils ne purent en venir qu'à la seule déduction.
" Tous à terre ! "
L'instant d'après, il eut une déflagration si forte que le château s'en retrouva secoué jusqu'à ses fondations.
Les pas de Clara s’accéléraient à chaque tournant, qu'importe qu'un autre les suivait.
" Éructer face à son comportement abject ne servirait à rien. "
" Tu proposes quoi alors ?! "
" Pas la peine d'être agressif, je ne t'ai rien fait. "
Pas de réponse, alors la blonde accéléra encore.
" Par contre, j'ai une méthode pour se défouler. " Reprit l'autre toujours aussi calmement.
Ce qui ralentit considérablement l'allure de son amie.
" J'espère pour toi qu'il ne s'agit pas d'une sorte de méditation ou autre activité relaxante comme le yoga ! "
La brune se retint de pouffer.
" Non, c'est vraiment un défouloir. "
Elle sortit sa baguette et le pointa sur une touffe d'herbe de la cour de métamorphose. Peut-être qu'elle avait prononcé un sort, mais ce devait être bien bas, car l'italienne n'avait rien entendu et on sait tous qu'elle avait l'ouï fin. Ou alors, elle avait utilisé son don, la magie émérite qu'elle a hérité de son père. Dans tous les cas, les brins d'herbes visés se sont liés entre eux et se métamorphosèrent, à l'instar du lieu où ils ont poussé, en la tête hideuse et insupportable de Midgen. Génial. Ah, mais ce devait être sur ça qu'elle allait pouvoir se défouler ! Clara ne se fit pas prier et sortit à son tour sa baguette. Elle était en train de jeter tous les sorts -fourbes- de ses connaissances, sous le regard narquois de Claire. La même satisfaction, qu'elle ressentait à chaque fois que l'illusion se défaisait, se lisait sur les traits de la chinoise, et puis on vint l'interrompre. Elles ne surent d'ailleurs jamais comment ces troublions ont pu se trouver là, parce que ce n'était pas comme si la première heure était déjà fini ou qu'ils pouvaient sortir pour profiter d'une pause -elles étaient des exceptions-, car elles auraient entendu la sonnerie comme tous les autres élèves qui se seraient agglutinés hors des salles de classes. Bref, devant elles se tenait un groupe un peu plus âgé. Pourquoi cet adjectif ? Il y avait parmi eux une tête plus que reconnaissable : Mathilde Warrington, qui visiblement avait une réputation aussi sulfureuse auprès d'elles que la grosse vache pour que Clara se désintéresse totalement de la touffe d'herbe à son effigie. La Poufsouffle était accompagnée par ce qu'elles supposaient être ses camarades, donc de cinquième année. Les jeunesses purs, fut la nomination qui vint à l'esprit de Claire, qui avait dû être la première à en entendre de la bouche d'un membre actif.
" Eh bien, on fait l'école buissonnière ? " Commenta un garçon.
Né-de-moldu visiblement, car ni Claire ni certains de ses camarades ne comprirent l'expression qu'il a utilisé pour désigner les sécheurs. Eux tous en l'occurrence. Ce qui était assez surprenant car d'après sa cravate et son écusson reprenant un reptile, il s'agit d'un serpentard. Link Jeffrey, semblait-il à Claire.
" On peut très bien vous retourner la remarque ", répliqua Clara. " Vous croyez faire la loi alors que vous n'en êtes même pas des représentants ? " Se moqua-t-elle.
" Tu te crois maligne parce que tu as pu en réchapper à chaque fois ? Mais tu devrais vite te calmer, parce qu'il y aura bientôt de quoi te refroidir. " Siffla Warrington. Qui dernièrement avait une attitude plus griffon que pouf.
" En tout cas, c'est beaucoup plus malin que toi, parce que dernièrement ton comportement est loin d'être un exemple. " accompagné d'un sourcil haussé –ben qu’un peu raté-. On pouvait facilement comprendre que Claire cherchait à dominer le terrain en se comportement comme une vraie sang-pur méprisante. Car elle en était bien la seule parmi le groupe.
Le serpentard aux origines moldu eut un sourire espiègle en comprenant le manège de la plus jeune. Elle voulait juste détourner le regard de sa magie émérite en pleine action, et s'ils s'étaient tournés à cet instant vers la cours ils auraient pu voir que la figure de leur guide avait disparu mais le fait est qu'il a été le seul.
C'était cocasse, parce qu’aucun des deux groupes n'avait d'affinité et avec ce qui se passait dernièrement ça n'allait pas en bien. D'autant plus que d'après ce qu'elle avait compris il devait s'agit du petit groupuscule qui avait l'intention de suivre les traces du Nouvel Ordre et allait sévir au sein de Poudlard-même sous le nom de Jeunesse Pur. Claire ricana intérieurement. Cette appellation était complètement stupide, rien que le titre prouvait à quel point ils étaient pompeux, mais aussi à quel point ils rêvaient encore éveillé. Comme si on pouvait rester éternellement jeune, le fait même qu'ils se sont choisis ce nom à leur âge prouvait qu'il prenait déjà des rides. Ils le cachaient juste sous un glamour assez puissant pour tromper même les profs. Soudainement, elle sentit qu'on la regardait tous, probablement que ce qu'elle intériorisait ne l'était pas tant.
" Pourquoi ne nous partagerais-tu pas ce qui t'amuses qu'on rit ensemble ? " Proposa Link, avec un sourire.
Qu'elle ne saura probablement jamais comment l'interpréter.
" Et si je n'ai aucune envie de vous le partager ? Je ne suis pas sûr que des gens comme vous ait le droit de rire. "
Sans se vexer, Jeffrey haussa un sourcil narquois. Mathilde, comme elle en a l'habitude dernièrement, voulu dire quelque chose mais ils furent interrompus par un bruit sourd. Une déflagration. À l'étage. Dans le château.
" Qu'est-ce qui se passe ? Une attaque ? " Plaisanta à moitié Clara.
Cependant le regard stupéfait de Claire lui fit perdre le sourire, de même que les lueurs intéressées du groupe. Comme si ils avaient attendu ce moment. Brusquement la réalisation se fit aussi dans son esprit. Qui était la silhouette dans la pièce avant qu'ils n'entrent ? Pourquoi ne l'ont-ils jamais vu ? Comment a-t-il pu entrer dans l'enceinte de l'école ? Pourquoi Claire semblait si horrifiée ? Qu'est-ce qui se passait ici ?
Des cavalcades se firent entendre et plus le temps s'écoulait plus les pas s'approchaient. Jusqu'au moment où cela déboucha sur le rez-de-chaussée. Clara érigea rapidement un charme de bouclier, son instinct loyal lui criant de protéger son amie et elle. Par extension, ça aurait aussi pu préserver de peu leur aînés car ils se trouvait en deuxième ligne, mais quand elle s'était tournée un court instant vers eux, elle eut la surprise de voir que sa condisciple avait aussi eu la même idée en se mettant devant le groupe et avait invoqué un dévié de son sort. Elle ne s'y attarda cependant pas, quand elle sentit un mouvement vers sa droite, Claire s'est saisit de sa baguette et la brandissait aussi.
Fort heureusement, ce n'était que Peeves. Qui faisait un boucan pas croyable en criant des paroles à tout va dont ils saisirent à peine quelque bribe de mot tel : Bombe, combat, sort, attaque. Ce qui n'avait rien de rassurant.
" Peeves ! Il y a quoi ? "
" Petite Clara, c'est la cata ! Le Nouvel Ordre nous attaque au sein même du château ! Il faut vite prévenir les autorités ! Tes pauvres camarades ne peuvent plus tenir longtemps face à ces sorciers expérimentés ! "
Cette dernière déclaration glaça le sang des deux filles qui filèrent vite en direction du grand hall, elles savaient pour l'avoir traverser plus tôt qu'Arsène faisait une patrouille. Ce n'était pas quelqu'un de grande envergure mais il a été choisi pour ses capacités en tant que protecteur en plus de vigilance pour concierge alors ce n'était pas pour rien qu'il était là. Bien qu'elles ne sauraient expliquer comment est-ce que le Nouvel Ordre a pu s'infiltrer ici. Elles coururent donc de toute leur force afin de prévenir l'adulte responsable. Avec l'expérience, elles ont appris que de pauvres petites filles ne pouvaient rien faire seules. Surtout comme des terroristes comme le Nouvel Ordre.
Derrière, les cinq cinquièmes années affichèrent des mines satisfaites des tournures que la situation a prises. Alors ils avaient vraiment décidé d'agir maintenant ? Cependant ils perdirent de leur superbe en voyant une ombre se faufiler à une vitesse fulgurante dans la direction qu'avaient emprunté les filles.
Une fois libérés de leur prison temporaire avant de se faire crucifier par les deux membres de l'organisme malfaisante, la promotion de quatrième année couraient pour leur survie. Tout devant se trouvait les plus rapides qui transportaient aussi les deux blessés psychologiques, Adrian qui dégageait une température dépassant le taux acceptable et dont les mains laissaient échapper des langues de flamme par intervalle irrégulier. Ralentissant à la fois la progression des assaillants mais aussi de ses camarades juste derrière. Ainsi qu'Alfred, dont le visage baigné de larme l'empêcher de courir, ni marcher correctement. Son état émotionnel détraqué, il ne pouvait aligner une phrase sans qu'il pousse quelque geignement, qui inquiétait beaucoup ses camarades.
Le reste couraient aussi vite qu'ils pouvaient en déclenchant plusieurs passage secret afin que le chemin des agresseurs soient interrompus par tous les obstacles, le temps qu'ils mettent assez de distances et qu'on leur vienne en aide. Ils ont bien fait attention de ne passer par aucun des couloirs où se trouvaient des classes en plein cours, de crainte d'ameuter des cibles plus faciles. Mais il n'était certainement pas aisé de fuir un danger tout en voulant l'arrêter. Surtout lorsque les agresseurs pouvaient leur jeter des sorts du niveau supérieur parfois même juger illégal pour les atteindre. Heureusement que cette promotion était spéciale non seulement dans sa composition et relation inter-maison mais aussi dans l'enseignement que chacun a. Aucun d'eux ne s'était laissé régresser durant la scolarité, même pas Kenneth qui préférait plus terminer ses nuits, maintenant on comprenait pourquoi. Il s'exerçait dans son coin jusqu'à oublier de dormir et il rattrapait alors ses heures de sommeils ratés durant la journée. Bref, chacun savait comment contrer une malédiction ou sort de magie noire, via la magie ancienne initiée par Alice, qui en connaissait un rayon. Ou des déviations de la magie noire, parce qu'on ne peut totalement se séparer de nos racines. Ils ont néanmoins arrêté de leur jeter des sorts de grande ampleur depuis qu’Albus a tenté un draconifors sur une armure. Les deux méchants ont rapidement brisé la structure mouvante dont les éclats les touchèrent, ils étaient donc partiellement blessé, mais rien de grave.
" Vous ne croyez pas qu'on aurait dû alerter la directrice ? " Demanda Celia, alors qu’ils descendaient au deuxième.
" Elle n'est pas là, quelque chose à faire au ministère. Comment crois-tu qu'elle a réussi à infiltrer l'autre ? " Répondit Chloé en lançant un sort sur une tenture accroché au mur afin que cela accroche plutôt leurs traqueurs.
" Mais on se dirige où depuis tout à l'heure ? " S'écria Lolie.
En tout cas, une chose est sûre, il fallait faire quelque chose pour Alfred et Adrian avant que cela ne soit irréversible. Alors Julius, qui transportait son ami, se dirigea sans rien dire vers l'infirmerie. De même que Stefan qui avait un Alfred totalement défait. D'un commun accord, les autres firent en sorte que leur issue de secours serait un couloir éloigné du seul lieu encore sûr, l'infirmerie de madame Londubat. Comme ils s'étaient séparés vers l'avant et qu'à l'arrière, il y avait encore des groupes qui retardaient les assaillants, ces derniers ne virent pas qu'il eut une division et donc deux de leurs principales cibles leur avait échappé. Cependant ils durent le sentir car ils devinrent beaucoup plus vigoureux aux lancers de sort et les enfants durent courir encore plus vite tout en étant agile afin de ne pas se faire toucher. Mais cela devenait de plus en plus compliquer, plusieurs sorts les effleurer, notamment une qui ne rata pas sa cible. Luxchana tomba à terre alors qu'elle s'apprêtait à user de sa magie impériale pour paralyser leurs ennemis. Manquant de temps, elle reçut un éclair orange dans le flanc et défaillit derrière le groupe qui fuyait. Tous ? Non, Tyler revint à pas de charge, et entré dans une colère noire, il oublia la promesse faite à son père et son oncle Draco de ne jamais lancer un maléfice/malédiction. Mais la situation le réclamait et avec sa mère qui était une langue de vipère adorait le savoir transgresser les règles, on le pardonnerait.
" Sectumsempra ! " hurla-t-il d'une telle force que sa baguette ressentit toute sa magie pour propulser un éclair foudroyant.
Surpris qu'un adolescent de 14 ans puisse connaître un sort de telle envergure, ils ne cherchèrent pas à éviter l'attaque. Grave erreur, l'homme le reçu en pleine dans le visage et l'œil se creva sous la puissance. Poussant un cri de douleur, il arrêta sa course, et par extension Midgen cessa aussi de les poursuivre.
" Qu'est-ce que tu lui as envoyé ? Il saigne comme si tu lui avais crevé l'œil. " Souffla Luxchana, souffrant du sort qu'elle a reçu.
" J'imagine que tu ne peux pas marcher seul ", dit le noir en ignorant sa remarque. Il se pencha vers elle et sans plus de manière la prit dans ses bras avant de rattraper les autres.
" Eh, tu... ! Enfin, ce n'est pas une raison pour m'ignorer ! "
" Au moins je peux me réjouir du fait que tu as assez de force pour faire du bruit. Sais-tu quel sort t'a-t-il lancé ? "
" Pas vraiment, je ne sens juste plus le bas de mon corps, mais aucun mal. "
" Ce n'est pas bon signe, va falloir aussi faire un arrêt à l'infirmerie. " marmonna le jeune homme en accélérant le pas.
" Ils vont nous voir. " Grimaça-t-elle entre ses dents.
" Ton état importe plus. Je vais demander aux autres de nous couvrir. "
" Pour qu'ils risquent aussi leur vie ? "
" Non, eux au moins savent être prudents, mademoiselle la téméraire. "
Déroutée par son langage, Luxchana leva la tête pour vérifier qu'elle parlait toujours à la même personne et faillit hurler quand elle vit que non seulement c'était bien Tyler Zabini, qui l'avait secouru et la prenait dans ses bras, mais qu'il avait en plus un demi-sourire sur les lèvres. Bon dieu, peut-être aurait-il mieux valu qu'elle reste à terre, prête à se faire sauter à la gorge par les deux terroristes, parce que là elle était sûre d'être dans une autre dimension.
Ainsi, trois étaient blessés et trois autres sortaient de la course-poursuite pour emmener ces derniers dans un lieu sûr. Le reste couraient toujours vers le hall du château, peut-être espéraient-ils qu'ils épargneraient le plus d'innocent étant donné que tout le monde était en cours. Cependant, ils n'étaient plus trop sûrs après avoir entendu le cri de l'homme et craignait que cela ait alerté des curieux qui sortirait de classe pour voir, c'est pourquoi ils furent contents de rencontrer un groupe de fantôme pour leur demander qu'ils informent aux professeurs de rester bien en sécurité avec les élèves car deux terroristes étaient présents dans le château et accessoirement leur envoyé du renfort s'il y en avait.
Parce qu'ils étaient bien rapides et plutôt endurants, mais ce n'était pas comme ça qu'ils allaient échapper -car il fallait bien l'avouer- aux baguettes expertes et surtout dangereuses.
À la dernière marche avant d'atteindre enfin au grand hall, Harley se tourna une dernière fois, juste le temps de voir arriver les deux affreux -et c'est le cas de le dire car pour éviter que le sang afflue Midgen à cicatriser la blessure d'un sort de feu sous la demande du supérieur, évidemment-. Elle leur lança un paquet avant de jeter un sort de craquelure dessus. Ainsi, le sachet se déchira et les objets à l'intérieur éclatèrent de couleur. Les bonbons chlorosifs eurent un héroïque retour en retardant les criminels. Harley reprit sa fuite en contournant un marécage presque invisible laissé par un de ses camarades -heureusement qu'on l'a prévint-, qui prendraient assurément les deux qui étaient aveuglés par une explosion de couleur pas des plus sobres. En arrivant au hall, elle fut soulagée de retrouver ses deux autres amies saines et sauves, qui s'affairaient déjà à soigner les blessures superficielles de leurs camarades qui avaient combattu, rapidement cela dit.
" Chloé, le bracelet ! " S'écria Claire, penchée sur Albus.
Il ne fallut à peine une seconde à la stratège pour comprendre de quoi la brune parlait, elle ôta son bracelet vert et lança à son amie qui la réceptionna aisément avant d'appliquer la plante médicinal à son Jules.
" Où sont-ils ? " Demanda Clara.
Harley, ne sachant pas qui désignait la blonde, répondit laconiquement.
" Soit coincés dans le marécage, soit à l'infirmerie. "
" Qui, Tyler ? " S'horrifia l'italienne blonde.
Parce que l'italienne brune qu'est Laura interrompit toute conversation.
" Il y a quelqu'un qui arrive. Cachons-nous. "
Alors que les autres se demandaient comment -fallait-ils tous se serrer pour se dissimuler derrière le grand escalier ?- la Cavallone prit un fin et long tissu et la déploya devant leur groupe.
" Detornus. " Ils devinrent alors invisible aux yeux des arrivants du couloir, parce que si on venait par la grande porte d'entrée on les verrait tous de dos avec une étrange couverture devant eux.
Ils attendirent tous avec angoisse ce qui allait arriver, car ils savaient maintenant que le soudain silence n'avait rien de bon. En effet, quelqu'un arriva finalement. En revanche, ils ne s'attendaient absolument pas à l'identité.
" Mais qu'est-ce qu'elle fait là ? " Siffla Harley.
Il ne s'agissait nulle autre que de Rei Tanaka, la première année qui en aura fait tourner en bourrique plus d'un. Ce qui étonnait les autres était de voir qu'elle était apparue d'un coup, comme si elle s'était transplanné. Or, il était su de tous qu'on ne pouvait le faire au sein de Poudlard, même si le château était actuellement infiltré d'ennemi. Cette japonaise était vraiment un ninja ?
La jeune gryffondor resta figé en regardant dans leur direction, mais la promotion était sûr qu'elle n'était à la vue de personne, aussi ils furent soulagés de voir qu'elle détourna le regard.
" Bonne question, il me semble que son groupe a cours avec le professeur Kurt au cinquième et il n'y a personne d'autre qu'elle ici. " Dit Chloé.
" Il vaut mieux la prévenir. "
Pas le temps. Derrière la petite fille arrivaient déjà les deux mécréants, claudiquant un peu dans leur chaussure de boue et glu, pas assez fort pour les coller sur place, mais assez pour les retarder et devenir des cibles faciles. Même pour une première année. Le problème étant que, comme c'était une première année, elle n'avait pas forcément connaissance de beaucoup de sort offensif, rien de plus que quelque tour malicieux. Contre toute attente, ils furent encore prise de court par ce qu'elle pouvait leur réservait. Rei inclina sa tête seulement de deux centimètres pour éviter le sort qui la visait. Elle brandit sa baguette et les quatrièmes années virent pour la première fois un bout de bois magique être incrusté de jade. Un sort fut distinctement prononcé mais jamais jusqu’à aujourd’hui ils n'entendirent un de pareil.
" Cogite. "
Ils remarquèrent que la prononciation du latin roulait étrangement familièrement dans la langue de l'asiatique et ce qui les marqua fut de voir que de la pierre précieuse circula une lumière qui semblait être la magie de la jeune fille. Quand l'éclair sortit de la baguette, elle atteignit directement l'adversaire. L'homme se pétrifia un laps de temps avant qu'il n'hurle comme plus tôt quand on lui a crevé l'œil. Celui qui restait se révulsa et il tomba à terre, inerte.
Midgen hurla de rage et s'apprêtait à charger sur la petite chanceuse quand elle remarqua qu'il n'y avait plus personne à cet endroit. Les spectateurs silencieux virent très bien les vraies capacités de la première année. Ils avaient vraiment affaire à une espionne nippone. Alors que l'hideuse femme était pétrifiée de ne voir plus personne, parce qu'ils étaient bien sûr non-visibles aux yeux des autres, elle se vit subtiliser sa baguette par l'enfant sur le côté. Désarmée mais furieuse, elle n'en resta pas là et voulu attaquer la plus jeune à main nue. Ayant prévue cela, Rei resta imperturbable et contra le bras qui s'avançait vers elle. Elle n'avait fait que parer, mais un effroyable craquement déchira le silence de l'action en même temps qu'un second cri de douleur résonna en seulement une minute.
Les quatrièmes années se sentirent enfin respirer, après avoir eu le souffle coupé durant ce qui venait de se dérouler sous leur yeux dans un intervalle si court qu'ils ont pourtant cru que cela s'est multiplié par dix tellement ils avaient pu voir tous les détails.
Assurée que les deux corps ne bougeraient plus, Rei leva la tête pour à nouveau poser son regard sur eux.
" Cibles atteints, mis hors d'état de nuire. " Elle annonça à sa baguette qui était entouré de cercle magique. Quand elle termina la communication, elle baissa la baguette en gage de paix. " Vous pouvez vous découvrir, la voie est sûre. "
N'étant ni sûr que c'était bien à eux qu'elle s'adressait ni que la voie était vraiment sur, ils restèrent sous couvert. Jetant un dernier regard vers les vaincus, elle invoqua de quoi les attacher d'un incarcerem et ramassa les baguettes des criminels avant de s'approcher du groupe. Elle tendit une main vers le voile, le sentant, elle tira dessus et les vit. Un tendre sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle tentait de les rassurer.
" Je savais que les japonais étaient super forts mais là, c'est abusé. " Lâcha Kenneth.
" Comment leur as-tu réglé leur compte en seulement une minute alors qu'on en a pris plus d'une demi-heure, tout en étant 28 fois moins 6 plus que toi ? " S'exclama Tobias en se faisant un calcul mental de son opération.
" Plus 2 qui n'ont pas eu leur rôle ", ajouta Clara en gonflant ses joues, elle aurait voulu les écrabouiller.
Le sourire devint plus mutin, comme celle qu'elle abordait tous les jours. Ils soupçonnèrent que ce n'était qu'une façade.
" Peut-être justement parce que vous êtes tout cela ? " Proposa-t-elle en toute innocence.
Pas convaincue pour un sou, Harley lui demanda durement :
" Qui es-tu ? Tu n'es assurément pas une élève comme tu prétends l'être. "
La soi-disant première année toisa silencieusement la châtain avant de couler un regard sur les deux masses, quand elle les regarda à nouveau le sourire avait disparu et certain reculèrent sous le regard froid.
" J'imagine vous êtes en droit de le savoir puisque vous avez été les premiers victimes à s'en être sorti. "
Elle leur gratifia d'un petit sourire désolé avant que ses traits ne se crispent. Soudain, ils n'avaient plus en face d'eux une petite collégienne, mais une jeune femme aux formes divines et aux traits raffinés. Elle gardait cependant certaines caractéristiques comme les traits asiatiques et sa baguette en jade.
" Qui êtes-vous ? " Souffla Laura pour tous.
" Rei Tanaka. "
Ils crurent qu'elle se fichait d'eux, alors ils affichèrent des mines méfiantes. Le rire qu'elle laissa échapper ne les rassura en rien.
" Agent brigadier de la police vietnamien, ayant pour mission d'infiltrer les écoles magiques du monde afin d'arrêter les cafards qui se font appeler Nouvel Ordre, sous couverture de personnel ", leur balança-t-elle tout d'un coup.
Ils remarquèrent brusquement un insigne d'une fleur sur son torse, au-dessus de sa poitrine généreuse, et comprirent tout ce que cela impliquait. Le lotus des forces magiques de Vietnam.
Elle continua : " Cela ne fut pas une mince affaire, puisque vous avez brusquement eu deux nouveaux professeurs et vous m'excuserez, mais il était tellement facile à accéder ce château que j'ai cru que vous n'en avez rien à faire de la sécurité des élèves. Il a suffi qu'on se mélange à la foule pour se faire passer pour l'un des élèves et on est accepté comme invité. Et j'en passe avec tous les passages secrets qui trouent les protections du château comme on trou une gruyère. "
« Quand vous dites que vous avez dû infiltrer des écoles magiques du monde pour attraper ces cancrelats, ça veut dire que… » Commença Rose, ayant du mal à terminer sa phrase, trop dérangée par ce que cela impliquait. Néanmoins, elle décida d’achever car il était malpolie de laisser une phrase en suspens sans l’autorisation de l’interlocuteur, qui attendait la suite. « Le Nouvel Ordre s’est déjà imposé partout dans le monde ? »
La réponse tarda, mais tout le monde avait à peu près saisit.
« C’est tout à fait ça. Dans d’autre pays, qui n’ont pas autant de chance que vous, ont eu le ministère infiltré par N.O, des politiques ont changé et les sang-mêlé vivent une terreur. Autant dans le monde moldu où ils n’ont pas leur place que le monde sorcier qui ne veut pas les accepter. »
« Mais comment se fait-il qu’ils ont agi aussi vite ? Ils ne sont manifestés que l’été dernier ! »
« En Angleterre, peut-être, mais il faut savoir que ce mouvement s’est levé il y a exactement 18 ans. Des…je ne sais pas comment les appeler, des maniaques se sont mis à poser des questions sur le comment de la magie chez les né-de-moldu. Ils en sont arrivés à la conclusion qu’il s’agissait des enfants des dieux, ayant reçu une bénédiction ou quelque chose comme ça et ont…fait quelque expérience. Une vague de magie a balayé le monde entier, touchant çà et là des nouveau-nés qui reçurent ce qu’ils appellent un don. »
« Mais ? » Poussa Chloé en ne la voyant pas continuer.
« En échange de cela, il vole la magie des sang-mêlé. »
« C’est possible ? »
« Il s’agit des victimes des attentats. »
« Comment ça ? » Demanda Claire.
Rei la regarda sans répondre.
« Comment peut-on reconnaitre qu’un sorcier ou une sorcière s’est fait voler sa magie parmi les victime du Nouvel Ordre ? Que se passeraient-ils pour eux ? Vivent-ils encore ? »
Malheureusement, elle n’obtiendra jamais ses réponses.
« Les aurors ne vont pas tarder à venir, ou est-ce le concierge qui doit les accueillir ? »
Les autres restèrent sur leur faim de ne pas connaitre la réponse, mais Claire céda ce point et en posa une autre : « Il a été touché et repose dans le coin, il faudrait des soins plus intensifs mais on attend les renforts. Le sort que vous… »
« Ce n’est pas quelque chose qui peut s’utiliser pour faire du mal. »
Les deux asiatiques se défièrent du regard.
« Pourtant vous… »
Le regard de la plus grande fut plus acéré.
« Très bien. Comment avez-vous fait pour sortir du cours du professeur Kurt ? Ce n’est pas le genre de professeur à laisser passer une telle incartade. »
« Ce n’est surtout pas le genre de professeur à remarquer des sorts de détournement », répliqua l’agent.
Voyant qu’elle ne soutirerait plus rien, Claire détourna de la jeune femme et puis les autres arrivèrent.
La grande porte s’ouvrit pour laisser passer une troupe d’élite, les aurors accostaient la directrice, qui était paniquée, baguette en main. Celui qui semblait être le chef, pour diriger le groupe, se détendit néanmoins lorsqu’il reconnut des têtes familières, en bonne santé.
« Agent Lupin », salua agent Tanaka.
Le jeune homme à la chevelure rouge rendit la salutation d’un signe de tête.
« Je vois que vous avez maitrisé la situation. »
« Affirmatif, je vous laisse régler la suite des affaires, j’ai un rapport à terminer pour mes supérieurs. »
« Juste une question, tout à l’heure vous avez dit que le Nouvel Ordre avait pour habitude d’infiltrer des cadres, en qui est-ce que cet homme s’est déguiser ? »
La directrice Chourave soupira de la perspicacité de Scorpius Malefoy.
« Je crains qu’il s’agit d’un membre du conseil de 12. C’est pourquoi Eloïse Midgen a pu obtenir un poste. »
« Alors mon père avait raison », lâcha sombrement Scorpius.
« Effectivement, monsieur Malefoy avait de bonne raison d’accuser, cependant nous ne pouvions rien faire sans preuve formel. »
« Qu’est-il arrivé au professeur Stranger ? » Demanda Chloé, se doutant.
Teddy Lupin secoua la tête.
« Il est toujours porté disparu. »
L’ambiance était plombant, alors que les aurors s’affairaient à emmener les deux escrocs. Avant de partir, Rei se tourna une dernière fois vers la directrice.
« Permettez-moi de donner mes compliments à vos élèves qui ont su faire preuve de grande sens pratique. Ils ont su être solidaire jusqu’à la fin et ont réussi à en venir à bout des parasites sans tenter de folie. Par ailleurs, jeune demoiselle, très bonne initiative de vous avoir couvert. »
Faisant un dernier signe, la directrice resta hébéter sous la brusque annonce.
« Vous avez été en premier ligne ? » S’inquiéta Teddy.
« Eh bien, disons qu’ils ont voulu commencer par trois trophées rassembler dans notre classe. »
« D’ailleurs, vous n’êtes pas tous présents », remarqua la directrice.
« Certain ont été amené à l’infirmerie dès qu’ils ont été blessé. »
« Très bonne initiative, comme l’a si bien dit mademoiselle Tanaka. On devrait aussi amener Arsene. »
« Hum, vous saviez que Rei, enfin agent Tanaka était…agent ? » Bafouilla Lolie.
Le sourire mystérieux de leur directrice fut une réponse éloquente.
« Vous avez bien agi, les enfants. Mais je souhaiterais que vous passiez tous à l’infirmerie. »
Il a été décidé ainsi et personne ne broncha, ce n’était pas le moment. Teddy avait décidé de faire quelque patrouille dans le château, pour plus de sécurité, mais personne ne remarqua les silhouettes cachées derrière des piliers d’un couloir pas si désert. Ou du moins, ne fit de commentaire.
Adrian ouvrit ses paupières sur un plafond blanc, qu’il reconnut rapidement comme celui de l’infirmerie. Il commençait à faire sombre sans pour autant obscur. On lui divulgua le moment de la journée sans qu’il n’ait à poser la question.
« Le repas du soir vient d’être passé. Il nous reste environ deux heures avant le couvre-feu, mais l’infirmière ne nous laisse que trente minutes, as-tu quelque chose à dire ? »
Il fut un peu triste d’aviser que la voix n’appartenait pas à celle qu’il aurait supposée, mais à celle que tout le monde regrette le changement.
« Bonjour à toi aussi, Claire. Je suis content de voir que tu t’en es sorti. On s’est inquiété pour Clara et toi, quand on s’est fait attaquer, étiez-vous dans le même cas ? »
« Tu devrais plutôt t’inquiéter pour ton propre cas, Hannah nous a dit qu’elle vous avait administré à toi et Alfred une bonne dose de potion de sommeil sans rêve, quand elle vous accueillit dans un état déplorable. » Répondit Chloé.
« Alfred ? Qu’est-ce qu’il a ? » S’inquiéta le blond.
« Le même problème que toi, mais il récupère », dit Alice, à côté du lit du roux. Alors que les Némésis étaient entre leurs deux lits.
« Je n’arrive pas à dormir. Je crois que mon corps à développer une sorte de mécanisme de défense qui refuse tout autre organisme. Il a annulé tous les systèmes immunitaires et je souffre à la carotide. »
« Tu n’as gardé aucune cicatrice », commenta seulement Claire.
« Y a-t-il d’autre blessé ? »
« Luxchana est en repos après avoir reçu un sort inconnu, mais visiblement il n’y a pas de séquelle. »
« Je me sens inutile », lâcha-t-il au bout d’un moment.
« Ce n’est pas de ta faute, tu as bien travaillé », fit négligemment Clara.
« Si je ne m’étais pas pris la confiance, j’aurais évité cette ridicule fléchette, la barrière aurait tenu, Alfred et Lux ne serait pas ici avec moi. »
« Tu rapportes tout à toi », répondit Harley.
« J’étais le seul à pouvoir me dresser contre eux. »
« Peut-être, mais au final, on s’en est sorti, Rei nous a sauvé en dévoilant sa véritable identité et les aurors sont venus. »
« Tout est bien qui finit bien », acheva Claire, sans émotion.
« Ce n’est pas ce que dit ta voix. »
Adrian ne porta pas plus d’attention aux filles qui se chamaillaient mollement. Il passa une main dans ses cheveux.
« Rei Tanaka ? C’était vraiment une espionne ? »
Surprises par la question, les filles ne répondirent pas.
« J’entendais quelque fois une conversation un peu agent secret, j’ai toujours cru que c’était un film d’action qui passait à des heures indus, certes. »
« C’était une agente de la brigade policière Vietnamien. »
« Sinon, quand on a fait l’école buissonnière, on a rencontré un groupe qui se fait appeler les Jeunesses Purs. »
« Quel nom », ironisa Chloé.
« Quoi ? Un Nouvel Ordre, version collégien ? » Se moqua Adrian.
« Ils sont pires, ils ont dit qu’il vont faire le ménage de printemps, pour purifier, qu’ils disent. »
« …Qui sont leur cible ? » demanda doucement Alice.
Claire hésita.
« Des sang-mêlé. »
« Ha. Pourquoi ça ne m’étonne pas ? » Grogna Clara. « J’imagine qu’il n’y a que des sang-pur ? »
« Il y a aussi des né-de-moldu. » Un seul, mais il semblait être le dirigeant. « Je crois qu’il veut faire entrer tous les né-de-moldu, parce que d’après Rei, ce sont des miracles. »
« Sottise », souffla Alice.
« Pourtant Adrian est bien septième fils, un élu. Et toi, tu maitrise la magie ancienne. Alfred a… » Commença Claire.
« Ne continue pas ta phrase », l’avertit sa camarade.
Les filles restèrent silencieuses.
« Je les empêcherai de semer la pagaille comme ils l’ont fait aujourd’hui. »
« C’est une lourde responsabilité. Tu devras rechercher qui sont les potentiels suiveurs, surveiller ces dons de dieux qui vont être formaté… »
« Je le ferai, je ne laisserai personne perturber Poudlard. »
Une résolution qui lui en coûtera.
Même si ce fut un gars de leur année qui le dit, un gars qui était souvent orgueilleux que tout le monde avait l’habitude de taquiner, les filles décidèrent de le faire confiance. Après tout, c’était le septième fils.
Plus tard, en sortant de l’infirmerie, Clara n’espérait pas rencontrer une personne qui ferait le sens inverse. En passant à côté d’elle, Clara chuchota à l’oreille de Mathilde avec une voix plein d’assurance.
" Pourdlard n'est pas un lieu d'extrémiste, elle ne se fera pas entraîner par vos lubies. Alors, votre pseudo groupe de Vieillesse-Je-ne-sais-quoi, vous la mettez là où je pense. "