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Chapitre 6

Chapitre 6

Première épreuve et premier match

Le dernier samedi de novembre, Harley fut surprise de voir son père à Poudlard. Aux dernières nouvelles, seuls les champions pouvaient inviter leur famille pour assister aux épreuves.

Et Harley n'était pas championne de Poudlard.

Ce qui n'empêchait pas ses parents d'être présents quand les invités ont commencé à défiler.

Olivier Dubois salua sa fille comme un ours câlin avant de lui parler du beau temps et de l'événement à venir. Étrangement, cela n'avait rien à avoir avec l'épreuve, un indice conséquent à son avis. Harley échange un regard avec sa mère en comprenant leur présence.

« Allons, ma fille, ne sois pas aussi bougonne en ce jour où l'équipe de Quidditch de Poudlard va affronter celle de Beaux Bâtons. »

Harley ne savait pas si elle devait remercier sa mère d'avoir été aimable de lui expliquer leur présence ou soupirer du comportement de son père.

« J'espère que vous apprécierez votre moment dans notre école », répondit seulement Harley.

« Mais certainement, sunny ! » Lui assura papa Dubois.

Harley tenta d'ignorer les regards moqueurs de ses amies pour se concentrer sur la bonne humeur de son père. Que sa mère ne partageait pas forcément.

« Bon ! Il serait peut-être temps que nous allons nous installer ? »

Elle dirigea ses parents vers les tribunes emménagés hors du château, mais leur parcours fut interrompu par un élève qui souhaitait avoir l'autographe du joueur de Quidditch professionnel. Harley roula des yeux en reconnaissant Valentin Valence, le quatrième année fan de son père, avant de continuer sa route sans le couple et leur jeune fan.

« Ta mère est toujours aussi charmante. »

« Et ton père populaire. »

Harley ne répondit pas aux taquineries de Claire et Clara pour se tourner vers Chloé, dans l'attente de sa pique à elle.

« Heureusement que tu t'es désistée comme championne, hein ? »

Evidemment qu'elle n'allait pas d'être de meilleur aide.

« Sans blague. »

Parce que, comme elles, tout le monde se dirigeait vers le grand lac où se trouvaient les places de gradins. Dont l’intitulé était assez évocateur du contenu. La bataille pour l’indice hydrophobe.

Oui, heureusement qu'elle avait senti qu'être championne n'était pas pour elle. Le titre ne concernait pas uniquement l’indice.

 

« Oh mon dieu, on dirait une épreuve des Ninja Warrior, mais sur l'eau », commenta Clara en s’installant vers le fond des tribunes.

« Ce ne doit être pas loin, alors », répondit Elise, assise dans la rangée de devant.

« Il n'y a pas de caméra pour filmer tout ça ? », demanda un élève de Beaux Bâtons à l'autre bout du banc.

Ce qui n'était pas si loin comme ils voulaient éviter d'avoir de tribunes trop longues si jamais certains voulaient quitter entre temps. Son amie Maria se tourna vers lui pour lui répondre avec patience :

« Il y a des multiplettes. »

« J'ai pas envie de garder des jumelles magique dans la main pendant toute l'épreuve, qui peut durer longtemps », lui répondit Doug.

« Et puis, qui a pensé à ramener ça ? On a tous cru qu'on allait être représentant de l'école, pas faisant partie du public », commenta Aimée.

« Ce n'était même pas si encombrant. Un de nous pouvait emmener le sien et le faire dupliquer pour les autres. »

« Et pourtant, tu ne l'as pas fait », répliqua Harley en se joignant à la conversation.

Maria ne put rien répliquer à ça, alors que ses deux amis lui offraient des sourires narquois.

« Mais c'est vrai que c'est dommage, on ne peut pas voir tout au fond », dit Celia, à côté d'Elise « surtout que c'est là où se trouve le point d'arrivée. »

Lux, à son autre côté, chercha quelqu'un dans les gradins.

« On peut demander à Ionise de filmer ? Il s'est bien débrouillé pour filmer la pièce. »

« Ça m'étonnerait qu'il accepte de nous le faire gratuitement », lui répondit Chloé.

« C'est dans ces moment-là qu'un drone aurait été bien », soupira Aimée.

« Pas de chance, l'amie », fit Clara « Poudlard n'accepte pas tout objet électronique. Et je ne dis pas ça parce que c'est contre le règlement, mais parce que les protections du château empêchent les appareils qui usent de l'électricité de fonctionner correctement. »

« ...Je vous ai vu utiliser des tablettes et lecteur de son. Et même des portables, à moins que c'étaient des talkies ? »

Les expressions perplexes des étudiants de Beaux Bâtons amusèrent ceux de Poudlard, mais avant de leur répondre, il eut de l'agitation au-devant.

La voix sonorisée du directeur de Poudlard, Harry Potter, s’éleva dans l’air afin d’obtenir l’attention de tout le monde. Rapidement, toutes discussions cessèrent pour se tourner vers l’homme qui fut connu comme étant un élu. Ce dernier se tenait juste devant le grand lac qui a été délimité à une certaine superficie afin de ne pas déranger tous les habitants aquatiques. Les septièmes années présents remarquèrent que cela englobait pratiquement toute l’espace que le septième fils avait gelé lors de leur quatrième année pour le bal de fin d’année et il était installé des poteaux dépassant hors de l'eau de certaine hauteur.

Puis leur regard se posa sur les trois champions en place. Chacun était au bord d’un ponton installé pour l’occasion, vêtus d’une combinaison assez particulière qui recouvrait la moindre surface de peau excepté la tête. La seule championne, placée au centre, l’avait en vert, celui de l'académie française en bleu et celui de l'institut baltique en marron.

« Chaque champion doit traverser le parcours afin d’atteindre la caisse contenant les indices, terré sous l’eau. À savoir qu’il faut à tout prix évité le contact de l’eau, sinon l’indice vous passera sous le nez. Tous moyens pour franchir le chemin sont autorisés, vous êtes également autorisé à interférer dans le parcours de vos concurrents pour les ralentir, le but n’étant pas seulement d’arriver le premier mais surtout d’arriver avec un indice valable. Bien, maintenant que tous les consignes ont été données, l’épreuve peut commencer. Bon courage. »

Harry Potter s’éloigna un peu du lac pour aller s’installer derrière la table où se trouvaient les autres membres du jury, à savoir les deux autres directeurs d’écoles et les deux directeurs des départements qui s’occupaient du TTS. Il leva sa baguette et les trois champions se mirent en position. Katrina Domon eut juste le temps de s’attacher les cheveux en une queue de cheval avant de sauter dans les airs pour se poser sur un poteau.

Les parcours étaient un acheminement de poteau dans l’eau. Qui étaient très capricieux car ils se rebellaient dès qu’un des champions se posait sur eux.

Avec grâce et agilité, la Serpentard esquivait assez facilement les coups bas, littéralement : des poteaux s’abaissaient ou montaient selon leur envie. Martin Dupré s’était métamorphosé en hermine et gambadait de poteaux en poteaux avec certaine habilité.

« Woah ? C'est un animagus ? » S'exclama Clara.

Elle ne fut pas la seule, des clameurs provenant des étudiants de Poudlard s'élevèrent de toute part parmi le public. Le petit groupe de Beaux Bâtons en dernier rang leur répondit par l'affirmatif.

« Nicolas Flamel sort de notre école et il est spécialement connu pour quoi ? L'alchimie. Et l'alchimie concerne quoi ? Le changement des états. Incluant aussi la métamorphose. »

« Ça veut dire que vous êtes tous animagi ? »

« La plupart de la délégation, oui. L'école avait jugé que si nous serions amenés à rencontrer des créatures, il nous aurait été bénéfique si nous pouvions les gérer en forme animal. »

« Pourquoi la plupart ? Le directeur ne l'est pas ? »

Ils jetèrent tous un regard vers le directeur de Beaux Bâtons. Avec son long corps et ses membres allongés, ils ne seraient pas surpris s’il était une girafe en animagus.

« Oh, il l'est. Mais nous avons aussi une élève mineure dans nos rangs. Et elle n'a pas jugé utile de posséder cette capacité. »

« Elle a usé de ses relations pour faire partie de la délégation ? » Demanda Lux.

Elle se rappelait que le professeur Lupin avait usé de ses relations pour faire partie de la délégation de Poudlard lors de la session 2013-2014, qui se déroulait à Beaux Bâtons, alors qu'il n'avait que 15 ans et que l'âge limite était encore à 17 ans.

« En effet », répondit laconiquement Doug.

« Au fait, pour vous répondre : oui, on a des tablettes et des lecteurs audio et même des portables à clapets mais ils ne s'usent pas comme ceux chez les moldu. Ils ont été modifié pour faire croire qu'on possède nous aussi ces engins derniers cris, mais ils n'ont pas de moteur de recherche parce qu'il n'y a pas de réseau ni de wi-fi pour. Genre, on peut trouver des définitions mais ce sont des mots et connaissances déjà répertoriés. Genre, un dictionnaire numérique qui n'a pas de mis à jour. »

« Ceux-là peuvent être ajouté une fois hors des défenses du château », ajouta Chloé. « De même, pour avoir une nouvelle liste de musique, il faut les ajouter hors de Poudlard. »

« Quant aux portables, ils sont composés d'un miroir à double sens modifiés, qui nous permettent de communiquer avec tous ceux qui ont la même édition. Le miroir est vraiment petit, on peut à peine voir un œil », continua Celia.

« Parfois, un œil est suffisant pour reconnaître quelqu'un », dit seulement Lux.

Ils retournèrent leur attention sur l'épreuve, attirés par les exclamations des autres.

 

Niels Didrikson usait des stratèges plus ou moins brutal selon les points de vue, lançant des informulés à tout va afin de lier les poteaux immobiles pour en créer un pont ou pour briser ceux qui se mettaient sur son chemin, progressant ainsi rapidement. Il était tellement à l’aise que les spectateurs avaient l’impression qu’il était sur un terrain d’entraînement, comme si Dursmtrang était habitué à ce genre d’exercice tous les matins.

En vrai, il était plus que probable qu’ils étaient bien habitués.

« On aurait peut-être dû se lier à un élève de Durmstrag pour demander le programme de leur école », commenta alors Elise.

« Je vote Celia », proposa aussitôt Clara.

Surprenant sa camarade de chambre qui tourna un regard estomaqué vers la blonde. Elle était la moins recommandable après l'incident en métamorphose, mais c'était peut-être ça qui incitait Clara à la proposer. Elle qui vivait pour le chaos.

« Moi, je vote Jeremy », offrit Aimée.

« Celui qui a un long nom ? Releva Harley.

« Ouais. Jeremy Antoine de Saint-Guillaume Bonnefoy, troisième du nom. Mais vous pouvez juste l'appeler Jeremy Antoine.

« On ne peut pas se contenter de Bonnefoy ? » Bailla Elisa.

« Pourquoi ? Nous ne sommes pas des japonais qui ont plusieurs stades d'appellation en commençant le nom de famille. »

« On devrait », répondit juste Chloé.

« En tout cas, Niels Didrikson progresse bien. »

Il était déjà arrivé au bout alors qu'à côté, Katrina Domon essayait de se lancer le sort de lévitation comme les poteaux de bois disparaissaient et apparaissaient comme des clignotants cassés. Encore à côté, Martin Dupré en hermine gambadait sur les rondins en évitant les gouttes avec adresse.

 

À quelque rangée devant, parce qu'elle n'était pas stupide et voulait voir l'épreuve de près, Lolie dit avec innocence alors qu'elle voyait la progression du champion rival :

« Ça se trouve, les êtres de l’eau vont entrer en action et l’envoyer valser ? Après tout, ils ont bien choisi le lac pour une raison ! » 

Ce n’était tout de même pas juste pour les faire grelotter de froid, quand même.

Juste à ce moment, l’avancée de Durmstrang connut un obstacle par la soudaine apparition d’un tentacule. Celle du calamar géant. Et malgré la succession de sort que Niels Didrikson se mit à jeter les uns à la suite des autres sur un des huit tentacules de la pieuvre, qui ne s’est elle-même pas montrée, celle-ci ne recula pas.

« Techniquement, ce n’est pas de ma faute, tout le monde a pensé ça quand même », dit Lolie d’une voix moins assurée « n’est-ce pas ? »

Maintenant que les étudiants de Durmstrang la jugeaient du regard, elle était moins confiante de ses paroles maudites.

« Au moins, les autres sont aussi en galère », commenta Adrian assis à côté d'elle.

Et pas qu’un peu ! Martin Dupré était coincé sur un poteau car la suivante était trop loin pour son petit corps d'animal, poteau qui ne laissait pas de répit en le faisant tanguer de haut en bas et droite à gauche alors même qu'il essayait de se trouver une issue.

« Il ferait mieux de reprendre sa forme humaine », se dit Ruben.

A côté, Matthew tenait la main de Rose dans la sienne, alors que la rousse s'agitait, compatissant pour l'animagus. Dans une autre rangée de banc, des élèves de Serpentard encourageaient leur championne qui progressait à nouveau en sautillant après avoir abandonné l'idée de léviter. Katrina s'arrêta néanmoins lorsqu'elle entendit le bruit d’une éclaboussure d’eau comme si…

« Et nous avons notre premier candidat qui a piqué une tête ! Il s’agit de… Ding ! Ding ! Ding ! Vous avez deviné ! Martin Dupré ! » Parodia Lolie.

Il était vrai que l'absence de commentaire se faisait sentir.

« Franchement, il n’y a même plus besoin qu’ils se mettent les bâtons dans les roues de l’un l’autre puisque ces créatures marines le font si bien à leur place », marmonna Julius.

« Le pauvre, il était dans sa forme animal, en plus. J’espère qu’il a eu le temps de reprendre son apparence pour remonter », s’inquiéta Rose.

Sauf qu’il ne remontait pas.

« Euh, il ne remonte pas », commenta Mathilde, assise avec les étudiants de Durmstrang.

Juste derrière le groupe qui faisait de leur mieux pour l'ignorer et qui fut bien ravi d'entendre la réponse à son commentaire :

« Bien vu, Sherlock », lâcha Alois Lingtren de Durmstrang.

« Je l'aime bien, celui-là », chuchota Lolie à Adrian qui ne fit que ricaner.

« Si j’avais été choisi champion, je n’aurai pas fait une erreur pareille », renifla Jeremy de l'autre côté de Rose.

« Sauf que tu n’as pas été choisi, alors fais une bonne action et boucle-là », claqua Ruben.

Cela étonna les autres qui ont entendu, mais ne fit qu'outrer la victime de telle parole. Il n’eut pas le temps de s’offenser que Julius releva :

« Faudrait peut-être faire quelque chose pour le repêcher. »

« Les jurys n’ont pas l’air de s’inquiéter », nota Matthew.

« Je suis sûr qu’il est en vrai coincé dans une bulle à oxygène, gardé par les êtres de l’eau », tenta Jeremy de reprendre contenance.

« En fait, ça se trouve, il passe du bon temps avec les selkies », suggéra Lolie.

« Ben voyons », répondit platement Adrian.

« T’as vu un peu leur tête ? Il n’y a pas moyen qu’on puisse passer du bon temps avec de tels laiderons, un peu comme nous qui sommes coincés avec ce thon », dit Ruben en pointant Mathilde du doigt sans quitter l’épreuve des yeux.

« Je confirme, certaine chose devrait virer du paysage », Alois hocha la tête.

« Ouais, je l’aime bien, celui-là », pouffa Lolie.

Ses amis Gryffondor roulèrent des yeux mais eurent aussi un sourire.

« Regardez, Katrina approche de l’indice ! » Héla Rose leur attention.

Tout le monde se pencha afin d’attester sa parole et en effet, la seule fille approchait le bout du parcours comme les deux autres étaient encore bloqués. Soudain, des colonnes de feu émergèrent du lac pour entourer la caisse, faisant sursauter tout le monde.

 

« Mais d’où est-ce que c’est apparu ? »

« Ben, de l’eau. »

« Comment qu’ils ont fait ça ? Le feu et l’eau, ça ne fait pas bon ménage ! »

« Peu importe, elle n’a qu’à foncer, il n’y a rien à craindre, puisque la consigne dit qu’il ne faut pas toucher l’eau et ce n’en est pas, de toute évidence. »

« Ben si, elle craint de se faire brûler, patate. Puis les colonnes de feu sont quand même sorties de l’eau… »

« La ferme, arrêtez d’argumenter pour un rien ! »

En tout cas, il semblerait que la championne de l’école britannique semblait en être venue à la même conclusion puisqu’elle sauta à travers les flammes, sous l’inquiétude de ses parents, et passa sans incident. C’était une illusion.

« Poudlard est donc le premier à obtenir l’indice ! Quant à savoir si leur championne parviendra à bout du parcours tout sec, c’est une autre histoire ! » Indiqua Harry Potter avec un sonorus.

 

« Ah, tiens, le français est ressorti de l’eau », remarqua Lily, assise avec sa mère et ses frères.

Comme les autres membres de famille, James Potter en avait aussi profité pour passer voir la première épreuve du tournoi.

Si la plupart des spectateurs n’en firent pas grand cas, parce que de toute évidence cela semblait perdu pour Beaux Bâton vu qu’il a touché l’eau, cela sembla rassurer Albus, lui aussi compatissant envers un confrère animagus.

Martin Dupré reprit du poil de la bête, en forme humaine cependant, et dépassa la progression de Niels Didrikson, toujours coincé à la prise du tentacule. Katrina Domon était loin derrière eux, approchant dangereusement de son ponton de départ. Mais alors que Martin Dupré parvenait aussi face aux colonnes de feu, dont il ignorait que ce n’était qu’une illusion car alors coincé sous l’eau, Niels Didrikson se libéra de l’entrave de la pieuvre, sans se faire toucher, et s’avança rapidement en direction de la caisse, ayant bien l’intention de ne pas se faire doubler une seconde fois.

Cependant, à peine progressa-t-il d’une dizaine de poteaux que Martin Dupré se jeta dans les flammes, probablement dans l’intention de se sécher et se chauffer au moins un peu, la main tendue vers la caisse afin d’attraper cette feuille d’indice pour laquelle il s’est mouillé et a manqué de se noyer.

Au même moment, près de la rive, une ombre sinueuse s’était faufilée dans le dos de la seule fille et la happa dans l’eau, créant un horrible son d'éclaboussure aux oreilles de ses parents.

« Katrina ! »

A l’autre bout du parcours, ayant été témoin de la scène, Niels Didrikson se mit à réfléchir rapidement. La championne de Poudlard a été la première à atteindre la caisse à indice et certes, elle n’a pas pu parvenir à bout puisqu’elle était tombée à l’eau, alors que les consignes ont dit que les jurys ne vont pas juger sur celui qui va revenir en premier mais celui qui serait tout sec. Or, il était d’avis général que c’était perdu d’avance pour les deux autres puisqu’ils ont déjà piqué une tête et dont l’autre ne remontait pas comme le premier. C’était pourquoi, il doit revenir premier et sec.

Alors sans perdre d’avantage de temps, voyant que son rival revenait sur les plates-bandes irrégulières, Niels Didrikson s’attaqua à Martin Dupré pour récupérer son indice.

« Perds pas le Nord, le nordique », marmonna James.

« Très drôle », fit Ginny en lui donnant une pichenette.

Son aîné écarquilla les yeux.

« Ce n’était même pas intentionnelle ! »

Sans surprise, Niels vainquit, ayant quelque peu pris son adversaire par surprise.

 

« Dis donc, il en prend pour son grade, ce Martin, il est censé être prêt à toute éventualité ! Moi, à sa place- »

« Tu n’aurais pas fait la même erreur, on le sait, chérie », Maria coupa son amie Aimée pour le soulagement de leurs voisins.

« Et voilà qu’il refait un tour dans l’eau », décrivit Celia.

« En même temps, il était en bleu et on dit que c’est la couleur de l’eau, donc, il était un peu destiné à avoir de l’affinité avec cet élément », fit Clara en se croyant drôle.

« T’es tellement pas drôle… » Lui répondit Harley.

Qui était cependant secrètement heureusement de ne pas être une Serdaigle. Et suivant la logique, les Gryffondor sont enflammés, car correspondant à l'élément de feu.

« Est-ce ça veut dire que les Poufsouffle correspondent à la foudre ? » Poursuivit Elise en leur souriant.

Harley plissa des yeux, se demandant si elle a parlé à haute voix.

« Eh ouais », répondit fièrement Clara avant d'en taper cinq à Celia, qui fut plus vocale.

« Je trouve ça très inquiétant que les champions ne remontent pas après autant de temps », commenta Lux. « Est-ce que ça veut dire qu’ils vont les repêcher une fois que l’épreuve sera fini ? »

« Je ne l’espère pas », souffla Maria, soucieuse.

Seulement toutes ces inquiétudes n’égalaient pas ceux des parents qui s’en mordaient les doigts d’avoir été témoin de la perte de leur fille. La scène s’était déroulée juste sous leurs yeux. La championne était juste devant eux, toute proche de l’arrivé avec l’indice dans les mains, à l’abri de ne serait-ce qu’une goutte d’eau et l’instant d’après, elle était enveloppé dans cet amas liquide.

 

De leur côté, les élèves de Durmstrang ovationnaient de toute leur force leur champion et quelque applaudissement polis se faisaient entendre parmi ceux de Poudlard et Beaux Bâtons, mais les autres avaient leur regard rivé sur le lac, du moins la partie aménagée pour l’épreuve.

Sauf que le temps passait, et bien que l’aménagement se range sous les coups de baguette du directeur adjoint, il n’y avait pas de nouvelle.

Alors que la panique gagnait peu à peu le public, des remous se firent visibles sur la surface précédemment lisse du lac. De plus en plus nombreuses, un trou s’ouvrit pour accueillir les deux champions perdus dans le flot, chacun recueilli par un tentacule du calamar géant. Celui-ci les mena sur la berge sèche sous la garde de leur semblable avant de s’immerger à nouveau.

Les parents des deux champions accoururent pour s’assurer de leur état et ne furent rassurés qu’une fois avoir entendu une quinte de toux où ils recrachèrent de l’eau.

« Bien, pour les résultats, nous avons 46 points pour Durmstrang, 42 pour Poudlard et 40 pour Beaux Bâtons. Les points sont calculés d’après votre performance, quant à la récupération d’indice, aucun de vous ne l’a obtenu, celui-ci ayant été touché par l’eau pour chacun de vous. »

Un son mat se fit entendre et Niels Didrikson jeta le morceau de feuille vierge qu'il avait en main. Il y avait des traces d'encre coulé, car Martin Dupré était déjà entré en contact de l'eau avant d'aller le chercher. La preuve ? Leur combinaison indiquait tout contact de l’eau s'il y avait. Il aurait dû prendre son temps et récupérer son propre indice.

 

L'épreuve avait duré près d'une heure. Elle s'était déroulée le matin car cela avait été prévu ainsi pour ensuite offrir le déjeuner aux invités, qui étaient aussi conviés au match qui allait se dérouler juste après.

Une table spéciale a été aménagée pour eux, où certains élèves furent autorisés à manger avec les membres de leur famille. Les champions spécialement, mais Harley déclina poliment, se sentant très gênée. James mangeait à la table des Gryffondor alors que Ginny Potter mangeait à la table des professeurs, discutant poliment avec les directeurs des départements.

Une fois les formalités terminés, il restait une heure pour laisser les joueurs de Quidditch se préparer mais aussi de digérer.

Quand l'heure arriva, tout le monde se dirigea à nouveau hors du château pour le terrain de Quidditch, avec les équipes Poudlard et Beaux Bâtons à l'honneur.

L'équipe gagnante jouerait contre l'équipe laissée de côté, mais après la seconde épreuve, comme il en a été décidé.

Alors que Claire se mettait en chemin bien après les premiers groupes, elle sentit un regard sur elle et se tourna brusquement. Toutefois, elle ne trouva personne, car elle était seule dans le château. Elle resta un moment sans bouger, avant de se tourner vers les sabliers où des pierres précieuses se mirent à bouger dans le bloc du bas, comme si un s'était déplacé et avait fait écrouler tout le tas.

Doucement, elle se remit en marche vers la sortie.

Seule sur le campus, elle prit son temps, n'ayant en réalité aucune envie d'assister au match, qui avait probablement commencé. C'était une activité dont elle ne voyait pas l'intérêt et ce n'était certainement pas en se sentant fatigué en permanence qu'elle va se mettre à y apprécier. Alors qu'elle progressait vers le terrain à cadence de tortue, elle se dit qu'il aurait été bien si elle pouvait transplaner directement sur le terrain.

Et OK, un, elle n'a jamais appris à le faire, deux, ce n'était pas possible de transplaner dans l'enceinte de Poudlard, mais elle avait droit de penser ce qu'elle voulait.

Un cours de transplanage a été donné l'an dernier pour ceux qui avaient déjà 17 ans le 15 juin 2023, mais personne n'y était parvenu. Avant d'accueillir les délégations étrangères, une autre séance s'y était déroulée le 15 octobre pour tous ceux qui avaient 17 ans. Elle y a participé mais n'était pas concentrée. Une dernière leçon était prévue avant les vacances d'hiver avant que des cours temporaires allaient avoir lieu au cours du mois de Janvier et Février afin que tout le monde puisse apprendre le moyen de transportation.

Elle leva la tête en passant devant le saule cogneur, et se figea.

Emil se trouvait au pied de l'arbre et l'observait sans bouger.

Elle dut être restée longtemps sur place car on vint la chercher. Cette distraction qui n'a duré que quelques secondes suffit pour faire disparaitre le mirage et quelques autres pour lui faire monter les larmes aux yeux.

« Claire ? Qu'est-ce que tu fais encore là ? » Lui demanda Albus.

Il était revenu sur ses pas pour vérifier qui était absent. Etant préfet-en-chef, il était de son devoir de s'assurer que personne ne manquait à l'appel, même si pas tout le monde n'était intéressé au match de Quidditch. Néanmoins, il ne s'attendait pas du tout à la vue qui se présentait sous ses yeux.

« Est-ce que ça va ? » Fit-il après ne pas avoir reçu de réponse.

Elle secoua la tête, la gorge nouée.

« Tu as besoin de quelque chose ? Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider ? »

Pas de réponse. Mais en la voyant s'agenouiller sur l'herbe et se rouler en boule, il comprit qu'elle n'irait pas rejoindre les autres et s’installa à côté d’elle sans un mot.

 

Le soleil se couchait quand le match prit fin.

Les joueurs se posèrent lentement à terre, tous éreintés et en sueur après un intense affrontement qui a duré des heures.

Qui aurait cru que la polie et respectueuse Maria en temps normal était une batteuse passionnée sur le terrain ?

Ses coups de cognard ont empêché l'attrapeur adverse, Chloé de s'approcher trop près du vif d'or à chaque fois, ce qui repoussait la fin du match mais permettait à ses équipiers de gagner des points pendant ce temps.

Clara, qui jouait au même poste, ne voulait pas en être en reste et visait l'attrapeur des Beaux Bâtons avec la même force. Elise, l'autre batteuse, visait alors les poursuiveurs adverses pour ralentir les points qui s'additionnaient malgré le jeu performant de Scorpius avec Lily et Valentin. Hugo, leur gardien, défendait leur but comme un preux chevalier mais les attaques de Beaux Bâtons, menaient par Danielle, étaient autre chose.

Le résultat était sans conteste, Beaux Bâtons triomphait avec 840 point bien que Chloé fut la seule à attraper les 150 points.

Alors que le stade se vidait, un élève s’attarda derrière le troupeau d’élève qui retournait au château, les traits tirés par l’inquiétude. Une amie le rejoignit.

« Qu’est-ce qu’il y a, Alfred ? Tu n’as pas été concentré de tout le match et regardait partout comme à la recherche de quelqu’un… »

« Alice… Tu n’as pas remarqué que… qu’il manque des élèves ? Que ce soit de notre école ou ceux des deux autres ? Ne trouves-tu pas de différence par rapport à quand ils sont venus ? »

« Tu veux parler de Claire et Albus ? C'est vrai que je ne l'ai pas remarqué de tout l'après-midi. »

« Non, pas d'eux. Je te parle des gens absents, ceux qui devaient être là, mais qui ne le sont pas et personne ne s’en inquiète. Comme s’ils disparaissaient sans laisser de trace. »

Mais Alice ne le remarquait pas, malgré son don.

Ou peut-être était-ce son don qui lui soufflait d'ignorer le signe distinctif que quelque chose clochait et que des gens disparaissaient vraiment.

 

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