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Chapitre 3

Monstre et Animaux

Octobre et 1er Novembre 2020

            Tout avait commencé par cette matinée d'octobre. Pourtant elle s'annonçait belle pour une journée d'automne. La première à l'avoir remarqué n'était autre qu'Harley, étant la plus proche que ce soit d'espace ou de relation. Elle était assise face à lui au bout de la table des gryffondors, le menton posé sur la paume de main, l'air blasée mais aussi embarrassée et ne parvenant tout simplement pas à communiquer avec la madeleine qui se trouvait en face. Car Adrian DucSiron était bien en train de pleurer, et ce après avoir reçu une lettre beaucoup trop matinale dépassant largement l'horaire habituel des chouettes ou hiboux postaux. 
« Ouh la, bah si le septième fils commence à pleurer, on peut commencer à avoir peur pour la fin de monde ! »
Comme pour donner raison à ce commentaire comique venant de la nouvelle arrivante, qu'en temps normal Harley aurait accueilli avec joie mais ici elle voulait juste lui demander de se taire, Adrian éclata en sanglot.
« ... Ça m'a l'air bien sérieux, tout ça », ajouta une autre voix un peu plus sérieuse.
« Qu'est-ce qu'il y a, Adrian ? » fit une dernière voix, plus concernée et inquiète.
« Les filles, vous tombez vraiment au bon moment. Il est comme ça depuis qu'il a reçu une lettre. » 
La phrase d'Harley eut pour don de rendre les sanglots encore plus forts comme s'il avait déclenché une vague d'émotion qu'a causé la dite missile. 
« À cette heure-ci ? » s'étonna alors la verte, étant la seule à ne pas se sentir toucher par les pleurs. 
« Et visiblement elle n'a rien de joyeuse. » renchérit la jaune ayant perdu de toute évidence son envie de plaisanter. « C'est celle-là ? » Elle accompagna ses paroles d'un geste souple de la main pour saisir un bout de feuille blanche -rien à voir avec les parchemins jaunis, moldu donc- et lût ce qui était inscrit. Seulement deux phrases, sans émotions comme le support et surtout sans autre indication ce qui ne manqua pas d'insurger la jaune. 
« Vicky est morte. On compte l'incinérer ce samedi. »
Et c'était tout. Les Némésis se jetèrent un regard, choquées de ce qu'elles venaient d'apprendre et mal pour l'endeuillé. Soudain, ce dernier
releva la tête qu'il avait baissé pour s'écrier : « Vicky ! »
« J'ignorais que tu avais une petite amie », ne pût s'empêcher de commenter Chloé devant cette scène. 
« Chloé, ce n'est pas le moment ! Je suis désolée pour toi, Adrian. »
« Ouais, t'as nos condoléances. » Rajouta Clara avec empathie. 
Harley préféra rester silencieuse, car elle devait avouer qu'elle ne savait pas quoi dire, surtout qu'elle ignorait de qui on parlait.
« Ils sont quand même gonflés de ne t'envoyer que ce bout de feuille pour te l'annoncer. Ils ont songé un instant de ce que t'allais ressentir ? » Soupira Chloé sur le manque de respect chez les moldus. 
« C'est parce que ma famille n'a aucune considération ni pour Vicky ni pour moi. Ils m'ignorent en faisant comme si je n'existais pas, mais quand ils ont vu qu'on s’entendait bien, ils nous ont laissé ensemble sans plus s'en occuper en disant que "qui se ressemblent s'assemblent ". Donc, sous entendant que je suis au niveau d'un chien. Mais quelque part, je leur donne raison parce que Vicky est la seule que j'appelle ma famille ! »
« Mais quelle famille odieuse, tu as ! » Grinça Clara, indignée.
Il n'eut pas de réponse à cela, car ils étaient tous d'accord, Chloé dont la mère a presque rejeté son frère cracmol était bien remontée, de même qu'Harley qui bien que ne partageant pas l'amour fou avec son chat semblait beaucoup touchée par le cas du chien. Claire avait les larmes aux yeux et n'avait pas fait le coup du câlin, car elle avait bien compris que ce n'était pas le moment et n’avait non plus la force. 
« Quoi ? Vicky est morte ? » S'Étrangla une rousse. Élise avait par curiosité saisi la feuille des mains de Clara pour tenter de changer l'atmosphère tendue du groupe mais en lisant la note, elle fut abasourdie et regardait Adrian avec insistance en espérant que ce n'était pas vrai. Malheureusement...
« Elle n'avait que dix ans ! » 
Les larmes affluèrent à nouveau pendant que la chevelure de flamme tombait des nues. Si les filles furent étonnées par sa réaction, elles se demandèrent surtout comment elle connaissait la chienne. Elise sentit sa gorge se nouer et les larmes lui monter aux yeux mais avant qu'elle ne pût montrer son côté faible, on les interrompit encore. Une bande en uniforme bleu les regarda avec surprise. 
« Mais... Que se passe-t-il ici ? » Demanda Alfred, inquiet.
N'ayant pas la force de répondre, la feuille d'Elise fut substituée par Harley qui le tendit silencieusement, l’expression grave. Alfred lût les deux lignes craintivement avant de perdre toute couleur. 
« Oh non... » Gémit-il avant de laisser apparaître des larmes aux coins de ses yeux. 
« Moi non plus je ne veux pas ! Pourquoi Vicky ? » 
« Euh, je pense qu'on devrait calmer le jeu, sinon la table des griffons va bientôt devenir une mare », souffla Rose.

Alice acquiesça et tenta de calmer son ami, alors qu'Emil vint tapoter le dos de son amie sans rien dire. Élise parvint à se reprendre en respirant un bon coup. 
« Alors, pouvons-nous savoir ce qui se passe (sans crise de larme) ? » Fit Wyatt qui maintenait son credo "assommons les pauvres". 
« Et qui est donc Vicky ? » ajouta Albus, intrigué.
« La bergère allemande d'Adrian », répondit Élise « elle vient de décéder... Je ne sais pas trop quand mais les propriétaires -des monstres, plutôt- vont l'incinérer après-demain. » La fin de sa phrase se brisa sous l'émotion. 
« Oh », ne purent-ils que laisser échapper ceci, touchés. 
« Je ne veux pas plomber encore l'ambiance mais ce n'est pas tout », s'exprima Emil avec contrariété. 
Tout le monde le dévisagea pendant que lui désignait un coin de la lettre ou étaient inscrit quelque lettre où le post-scriptum était plus que reconnaissable. 
" P-S. : on va donner tous ses affaires à des associations durant la collecte de vendredi. "
« Mais quelle bande d'enflure ! » Pesta Clara. 
« Et ils ne pensent pas que tu veux récupérer quelque chose appartenant à ta seule famille ? » cracha Élise. 
Si le trio de bronze fut surprise par cet éclat de colère un peu exagérer d'après eux, on changea vite d'avis en voyant la réaction du rouge qui était très concerné.
« Je voulais au moins garder le collier qu'on avait choisi ensemble ! » Sanglota Adrian.
Ce qui termina d'émouvoir son public féminin. 
« Oh, ça se fait pas ! Ils n'ont pas le droit de te faire ça! » Tremblota Lolie. 
« Ils vont se gêner », répliqua froidement Julius, ayant à peu près connaissance de cette famille de bourgeoise snob. 
« Emil, tu ne peux pas faire quelque chose afin qu'il puisse quitter l'école le temps qu'il lui fasse un dernier adieu ? » 
« Euh, je peux certes créer beaucoup de chose pour nous échapper du quotidien mais concernant la réalité, c'est autre chose », le désillusionna Emil, blasé. 
« Ne demande pas l'impossible », remarqua Alice « c'est comme demandé de ressusciter un mort ! »
« Arrête, Alice ! Tu vois bien que ce n'est pas le moment de faire ce genre de remarque ! » L’admonesta son confrère blond-roux. 
Vexée d'être ainsi reprise, la brune se tut car elle comprit bien que personne n'était d'humeur. 
« Que faites-vous attrouper ainsi autour de la table des gryffondors ? Dépêchez-vous de prendre le petit-déjeuner, les cours ne vont pas tarder... »
Mais personne ne l'interdisait à ne pas manquer de respect à un professeur énervant, surtout si celui-ci s'avérait être Midgen, décrétée l'ennemi numéro un de tous les élèves dès le premier jour.
« Professeur, un de nos camarades vient de perdre un membre de sa famille, alors ayez pitié et laissez-le un peu de répit, le temps qu'il se remette de son deuil ! »
Si on avait des doutes sur les paroles magiques, que cette personne se taise à jamais en voyant les exploits plus que louables de la née-moldue qui parvint à faire taire la redoutable mauvaise femme. Cette dernière jeta un coup d'œil aux yeux rouges d'Adrian, au regard affecté d'Alfred et celui déterminé d'Alice avant de battre en retraite. 
« Eh bien soit ! Cependant, il ne s'agit pas de tout le monde, n'est-ce pas ? » Vous aimerez, se dirent-il. « Les autres peuvent dégager le plancher ! » 
Si l’ordre fut aboyé, aucun des adorateurs de canin ne furent touchés par l'aspect repoussant qu'était l'hybride devant eux. Et Alice voulut encore désobéir.

« Eh bien, désolée de vous décevoir mais en fait, nos premiers cours sont avec vous et sauf votre respect, il me semble que nous nous voyons à 9h ! Attendez, je vérifie » Elle sentit son emploi du temps et feignit de rechercher l’heure « Ah si, c’est bien cela ! Cours de défense avec le professeur Midgen à 9h00. » Elle brandit son emploi et insista sur la tranche d’heure « Donc, vous ne voyez pas d’inconvénient à ce que l’on reste dans la grande salle durant cette heure de pause ? » Et sans attendre sa réponse, la brune se retourna vers ses camarades sans plus faire attention à l’autre.

Autour d’elle par contre, tout le monde se figea, attendant l’explosion mais rien ne vint. Midgen se détourna juste et marcha avec de lourd pas vers sa salle. Finalement ce furent eux qui explosèrent. De rire, bien entendu. Détendant un peu l’ambiance.


Et à vrai dire, les seuls détenteurs du pouvoir des mots se regroupaient tous chez les bleus. À cause d'une certaine remarque d'une certaine élève de la maison d’inventivité, une personne à la grande capacité eut l'idée saugrenue de disparaître. Alors que le matin même, il était bouleversé par le départ de sa précieuse amie, il avait profité d’un instant que les autres n’avaient plus le regard sur lui pour…disparaître ! Malgré la joie malsaine que Midgen montra en pointant son absence du doigt, personne n’en démordit. Du coup, jusqu’à la fin de l’heure la sorcière sadique passa ses nerfs sur les présents en ignorants où se trouvait le garçon.

Et si on avait bien cherché partout, avec facilité d'obtenir un résultat depuis que les salles inutilisées sont devenues des salons tout à fait habitables et dont on peut s'assurer du nombre de personnes présente, on en vint à la seule conclusion possible. 
« Et s'il était vraiment sorti pour lui faire un dernier adieu ? » Laissa échapper Claire. « Je veux dire, ce n'est pas improbable puisqu'il connaît à peu près tous les passages secrets menant à l'extérieur... »
Ce qui termina d'achever ses camarades inquiets. Lolie, seule esprit assez folle, s'accrocha à ses épaules et la secoua comme un prunier. 
« Mais qu'est-ce que tu as encore fait ? Bon sang, apprends à te taire !! »
« Je suis désolée ! » Parvint à la lâcher la martyre sous l'assaut. 
Emil lui vint en aide en la libérant de l'emprise nauséeuse de la française. 
« Mais je ne pensais pas qu'il allait vraiment le faire », trembla-t-elle.
« Eh attends, on parle d'Adrian, là ! » Lança Ruben. 
« B-bah, il aurait pu demander l'autorisation... »
« Je répète, on parle d'Adrian. Tu crois vraiment qu'il va demander la permission d'un adulte alors qu'il a -et j'insiste là-dessus- des capacités beaucoup plus performants qu'eux pour faire les choses illégalement ? »
La note d'accusation d'Elise tut tout argument potable de la plaidée. Elle baissa la tête avec une mine coupable. 
« Bon, il ne reste plus qu'à couvrir son absence, faisant passer à un deuil aux yeux des profs », soupira Julius. 
« Je peux vous aider, je connais un sort qui utilise un objet du concerné pour le former en son essence magique afin de faire croire que sa présence est toujours parmi nous. »
« Ouais, ben, on comptait bien sur ta coopération. " déclara sombrement Élise. La vérité était que ça leur arrangeait bien qu'elle proposait son aide, avec sa large panoplie de sort, ils étaient assurés. 
« Pardon... » Couina l'accusée avant de vite exécuter ce qu'elle avait proposé. 


La journée du jeudi ainsi que du vendredi se passèrent donc sans qu’Adrian ne réapparaisse et ses camarades qui trouvaient tout sorte d'excuse pour expliquer son absence. Alors qu'ils se disaient que ç'allait être compliqué de cacher la vérité durant le Week-end, le blond réapparut en fin de soirée du dernier jour de semaine... dans la salle commune des aigles. 
Alfred hoqueta quand la touffe blonde lui barra la vue. Déstabilisé durant un court instant, il se reprit mais sa clameur alerta ses camarades. 
« Te voilà, toi ! Ou étais-tu passé ? » Rose savait tout comme les autres qu'il était inutile d'être si remontée envers lui surtout qu'elle connaissait la réponse, mais elle ne pouvait s'en empêcher, instinct maternel oblige. 
« Dans le Wiltshire, pour commémorer le départ d'une amie regrettée », répondit-il avec un pauvre sourire en brandissant une fiole. En regardant mieux, on pouvait voir qu'il s'agissait d'une bouteille miniaturisée rempli de solide gris, qu'ils supposaient être de la cendre, ce qui restait du compagnon. 
« Nous sommes désolés », fit doucement Alfred. 
Aucune réponse, juste le même sourire que plus tôt. On aurait pu croire qu'il allait à nouveau fondre en larme mais ils pensèrent qu'il les avait vidés avant, au moment des adieux et que là, il ne lui restait plus rien. 

« Passes, je vais changer son aspect afin que tu puisses toujours le garder auprès de toi » dit Emil en saisissant le flacon.

Adrian lui fit confiance, après tout il était bien réputé pour créer de belle chose et utile surtout. 
« Et... Sinon, qu'as-tu récupéré ? » Relança Rose en espérant se diriger sur un chemin moins sinueux, elle n'était pas loin. 
Le sourire d'Adrian lui donna raison et il détourna son regard de l'ingénieur pour poser sur son confrère. 
« Ah oui, j'ai quelque chose pour toi ! » 
Surpris, Alfred ne sut pas comment réagir surtout quand il reçut quelque chose de doux dans les mains. C'était poilu mais agréable au touché, petit car les deux mains pouvaient le contenir et surtout bavard car un petit wof s'éleva. Les serdaigles écarquillèrent les yeux, interloqués de ce que le gryffondor a pu faire. Ce dernier se contenta de remercier et récupérer son à présent pendentif de bouteille funéraire tendu par un Emil nullement concerné par l'affaire. 
« Euh, Adrian... » Balbutia Alfred avec hésitation. 
Ce dernier se tourna vers lui avec un large sourire. 
« Bon, bah, je vous remercie de m'avoir accordé du temps », puis se tournant vers le blond roux « tu as intérêt à bien t'occuper du chiot ! Sur ce, bonne nuit ! »

Eh oui, c’était bien ce qu’il craignait : Adrian leur avait amené un chiot ! Et il venait de le donner à son congénère né-moldu !

« Eh non, non ! Adrian ! »
Trop tard, ce dernier s'était échappé par la grande porte et seul le petit son caractéristique d'un aboiement lui répondit. Mon dieu, dans quel pétrin était-il ? 


« Comment s'occuper d'un chien dont on a jamais su en prendre soin ? » 

Les cinq garçons de Serdaigle se regardèrent dans le blanc des yeux, assemblés autour du canidé qu’Alfred tenait précautionneusement dans les mains.

« En tout cas, je ne veux pas qu’il dérange mon sommeil », finit par déclarer Elias, aussi imperturbable que son ami Tyler.

« Ne sois pas sans cœur dans un moment pareil ! » admonesta Albus en enfonçant son frêle coude dans les côtes de son ami.

L’autre bougea à la dernière minute pour ne pas recevoir le coup.

« Oui, mais on l’installe où ? On n’a rien pour faire un chenil », nota Wyatt.

« Mais si, le truc que vous avez cotisé l’année dernière, la maquette, là », rappela Emil, qui se sentait toujours aussi concerné que plus tôt.

Et la révélation se fit dans l’esprit des garçons, excepté Elias. Alfred réagit.

« Ah oui, faut que je le sorte. Tiens le, Emil. »

Sans attendre de réponse, il déposa son précieux bagage dans les mains de son condisciple et partit récupérer la maquette de pré-au-lard que lui avait offert ses camarades, pour lui, parce qu’à présent Albus pouvait y aller. Emil regarda le chiot d’un air absent.

« C’est un mâle ou femelle ? »

« Un mâle, je crois. Bon, la voici, on fait comment ? » Le blond-roux déposa la maquette sur sa malle en guise de table et récupéra le chiot qui lui lécha la joue.

« On rétrécit le chiot ? » Proposa Wyatt.

« Ou mieux : on agrandit la maquette pour que ce soit à sa taille », répliqua Elias.

« Oui, mais non, tu vois bien qu’il y a des figurines et tous ces choses, que même si nous l’agrandissons, ne pourront être d’une dimension pour le chiot », fit Albus.

« Eh bien, dans ce cas, on agrandit la maquette et l’ensorcèle afin que cela puisse accueillir le chiot, ça vous va ? » Déclara Emil, impatient.

« Ok », consentirent les garçons dans le même état.

« Bon, qui se dévoue ? » Silence. « Très bien, je l’agrandis, mais quelqu’un s’y colle pour le reste. » Soupira Emil.

« Je m’en charge », consentit Wyatt.

Et pendant que l’ingénieur et le chanteur s’affairait, les Al s’amusaient avec le chiot qui appréciait bien cette attention. Elias, par contre, préférait rester en retrait.

« Tu ne veux pas le caresser, L ? » Demanda Albus au bout d’un moment.

« Non merci, j’aime bien les chiens, mais de loin. »

Son ami le regarda, l’air blasé, pourquoi n’admettait-il pas qu’il ne les aimait pas ? Sa fichue fierté ? Il en avait même ? Il sentit quelque chose lui coller à la jambe et vit son chat.

« Ah, au fait, j’espère qu’il ne va pas attaquer Cheshire », réagit-il en prenant son félin dans les bras, un peu éloigné du chiot.

« Bah…je ne l’espère pas. »

Juste avec cette réponse, Cheshire en profita pour poser sa patte sur le museau du nouveau-né. Les deux garçons retinrent leur souffle. L’autre eut un temps de réaction assez long avant de sortir sa langue et lécher la patte du forestier. D’ailleurs l’autre avait un manteau brun de forêt.

« Voilà, c’est fait ! Aller, maintenant dodo ! » S’exclama Wyatt en sautant dans son lit.

Ses camarades suivirent le mouvement et chacun retourna dans son lit à baldaquin bleu azur. Alfred, cependant, avant de se coucher, mit le petit être dans son chenil temporaire et lui promit d’aller parler à un certain blond dès le lendemain. Ils avaient de la chance, c’était le week-end.


« Adrian, explique-toi ! » Exigea Alfred dès la première heure en débarquant dans le salon ou son "ami" avait élu domicile. 
En réalité, il n'était pas seul, car le reste de rouge –exempt Lolie et Matthew- l'accompagnait pour qu'il ne leur fasse plus de nouvelle frayeur, mais à cet instant le bleu n'en avait que faire. 
" Bah quoi, je pensais que ça te ferait plaisir d'avoir un peu de compagnie. Et puis comme ça, tu as toi aussi un souvenir de Vicky. "
" Oui, mais... Je ne peux pas m'occuper de ce chiot alors que je n'ai aucune connaissance ! "
" Cookie. "
" Quoi ? " 
" Il s'appelle Cookie. "
" Tu en as d'autre des prénoms pareils ?" Pouffa Alice, qui accompagnait.
" Ses deux sœurs se nomment Caramel et Cannelle", répondit l'autre sérieusement.
" Non mais je plaisantais. "
" Et moi, je suis des plus sérieux."
" Mais tu avais faim en les donnant ces prénoms ou quoi ? "
" Figure-toi que ce sont mes parents qui m'ont obligé de les nommer ainsi, disant qu'ils feraient de bon ragoût. " 
" Mais ça ne va pas ?" 
" C'est ce dont ils parlaient dans la lettre ? Ce sont les affaires de Vicky qu'ils comptaient donner à des associations ? "
" Oui !" S'indigna le maître, les larmes perlant à nouveau au coin des yeux " ils voulaient soit les emmener à la fourrière - un orphelinat pour chien, et encore le mot trop faible- soit les manger ! Je devais bien faire quelque chose, non ? Alors j'ai pris mes dernières forces, emportant les trois souvenirs de Vicky et me suis envolé vers Poudlard. "
Personne ne préféra mentionner sur comment est-ce qu'il a volé. 
" D'accord, mais ce n'est non plus un lieu pour chien. Je te rappelle que les seuls animaux autorisés sont les chats, chouettes/hiboux et grenouilles et Cookie n’est aucun de cela." Chicana Alice.
" Et surtout pourquoi moi ? Je ne suis pas le seul qui connait Vicky, Élise aussi !" 
" Oh bah, tu ne connais pas la meilleure ! " rétorqua Adrian hargneusement en fusillant celle-ci du regard " Figure-toi que ces trois merveilles sont le croisement entre ma magnifique bergère allemande et d'un certain chien-loup de saarloos. "
" Chien-loup de... T -tu veux dire Vince ?" 
" Oui, le fidèle Vince à sa maman, n'est-ce pas Élise ? "
" Eh bien, tu vois, il semblerait que ta belle Vicky ait tapé dans l'œil de mon beau Vince... Et il se trouve que leur rencontre est tombée à sa période de chaleur… Oh, ne fait pas cette tête, dis-toi au moins que c'était consentant. "
" Oui, bah, il est bien gentil mais il a salopé ma seule famille !" 
Le ton était si dur qu'on aurait pu croire qu'il allait en venir en main, car il venait aussi de lâcher un juron, mais il se contenta de lancer un regard acéré à sa camarade. 
" Je suis désolée..."
D'habitude, Élise n'était pas du genre à se faire marcher dessus et encore moins à laisser ses proches se faire insulter sans rien dire, mais il fallait avouer qu'elle se sentait coupable pour ce qui était arrivé à leur amie. Cependant ce n'était pas de la faute de Vince qui ignorait que Vicky avait la santé fragile ! La pauvre était morte en couche, elle avait mit bas à des triplés. Les laissant seuls, car son propriétaire refusait de laisser le père s’en charger.
" Laisse tomber ", siffla-t-il douloureusement " Par conséquent, je compte sur toi, Al. "
Celui-ci aurait pu s'outrer en disant qu'il le menaçait presque après lui avoir montré son côté dangereux, mais il n'était pas comme ça et sa gentillesse prit encore le dessus, alors il demanda mal assuré :
" Mais comment je fais pour m'en occuper ? Je n'ai jamais eu la notion d'avoir un animal de compagnie."
" Si ce n'est que ça, lis ce volume, elle t'enseignera tout ce qu'il y a à savoir", l'aida Julius.
Alfred rattrapa tant que bien que mal le livre que lui avait envoyé le châtain et Alice lût le titre par-dessus son épaule : Vis pratique et savoir vivre des chiens -guide
" Tu t'essaie aussi à l'élevage de canin ? " demanda Alfred avec surprise. 
" Plus ou moins", haussa l'autre des épaules. 
" Mais le problème n'est pas réglé ! Je fais comment pour le cacher à l'orphelinat ?" 
" Bah comme moi, crée leur un espace parallèle. "
Se disant, il ouvrit son manteau pour laisser découvrir deux autres chiens hybrides cachés dans les larges poches intérieurs, faisant glapir les deux bleus. Ainsi on comprenait mieux le bol de croquette alors que la nourriture était interdite dans les salons et les jouets pour chiens au centre du cercle du groupe. Et le livre avait sûrement était emprunté à Adrian, qui l'avait obtenu pour ses débuts de sa vie commune avec la tendre et feue Vicky. 
" M -mais je n'ai pas tes capacités, tu veux que je me l'a procure où sa nourriture ? Et les promenades ? Je ne suis pas libre de mes mouvements, tu sais ?" Argumenta encore le roux.
" Mais Alfred, de quoi tu te plains ? Je t'offre un compagnon fidèle qui ne te trahirait et ne te quitterait jamais sans ta demande, tu ne te sentiras plus seul et tu auras un confident, alors pourquoi semble-tu si contraint ? " 
" Je... Je ne sais même pas m'occuper de moi-même..." 
Touché par tant que vulnérabilité, Adrian s'adoucit et lui fit un sourire en lui assurant qu'il l'aiderait. Avec tellement de force que son ami n'eut plus aucune envie de donner d'autre argument.

« Alors, on se décide à revenir en cours ? »

La remarque narquoise fit retourner la tête de pratiquement tous les élèves vers le propriétaire, et ils découvrirent sans surprise Scorpius.

« Comme tu le vois, Malefoy », répondit Adrian sans se démonter.

Avec aussi son éternel sourire provoquant.

« Et qu’est-ce que tu nous as amené de ce bon côté moldu ? »

« Oh pas grand-chose, surtout que ce n’était pas si beau. J’y étais juste pour une crémation. »

Scorpius n’eut pour seul réponse un élégant sourcil haussé, n’ayant probablement pas compris le vocabulaire purement moldu. Chez les sorciers, on enterrait juste les défunts. Mais voyant l’autre blond –frisé- triturer son pendentif, il y vit comme une ouverture.

« C’est donc ça que vous appelez une crémation ? » En pointant sa baguette sur une toute petite bouteille accrochée à un fil noir. Car un Malefoy ne s’abaisserait jamais à toucher soi-même un né-moldu.

Soudain, l’air se tendit et ce fut comme si leur poids fut écrasé. Le souffle de tout le monde se coupa en comprenant que cela venait d’Adrian.

« Je veux bien qu’on plaisante amicalement, mais si tu injuries ma meilleure amie, je te jure que je ne serais plus si gentil. »

Sentant qu’il était sérieux, Malefoy rassembla ses forces –car mine de rien la colère d’un septième fils était vraiment redoutable- et éloigna sa baguette des cendres de Vicky en s’efforça de gratifier un sourire moqueur, montrant par là qu’il était nullement intimidé, mais juste un peu surpris. Rien qu’un peu.

Et l’ambiance changea instantanément quand le sourire reprit sa place sur les lèvres d’Adrian. « Bien, sinon, j’avais bien quelque chose à vous montrer ! »

Il ouvrit sa veste et Alfred qui venait d’arriver de la grande salle appréhenda la suite. Cependant à ses côtés, Alice l’empêcha d’entreprendre tout mouvement.

« Je vous présente mes deux anges ! Dites bonjours à Cannelle et Caramel ! »

Et deux boules de poil apparurent dans chacune de ses mains. Il eut des cris féminins provenant certainement de Lolie et Célia qui trépignaient d’excitation en voyant ces deux êtres absolument adorables.

« Ohh ! It’s so beautiful ! » Fit Lolie avec un accent très frenchie.

« Trop chou ! Je peux en prendre une dans mes bras ? » Demanda Célia.

Ne voyant pas de raison de refuser, Adrian lui fila celle qui semblait s’appeler Cannelle dans les bras avant de se tourner vers Alfred.

« Toi aussi, montre-leur Cookie ! »

« Hein ? Cookie ? » Se redressa Lolie.

« Non, euh, c’est Elliott ! » Réagit le blond-roux en sortant tout de même une bourse. Il le dénoua et cela fit secouer le tissu. Cela continua à s’agiter pendant assez longtemps avant qu'un autre boule de poil n’apparaisse.

« Oh, mais ça va, il n’étouffe pas à l’intérieur ? » S’inquiéta Luxchana.

« Non, je l’ai ensorcelé afin qu’il puisse respirer tranquillement et ait assez de place là-dedans. »

Tandis qu’un petit groupe se formait pour babiller autour des chiots, les stars du moment, arriva de l’autre côté, l’autre moitié de la promotion pour le cours d’histoire. Seulement un recula vivement en voyant les canins.

« Woah, vous avez vu ça ? Il y a Kylian qui vient de faire une de ces marches rapides en arrière ! » Claqua Clara.

« Normal, monsieur ne supporte pas la vue et la présence des animaux… » Répondit Adrian en cajolant Caramel.

« Sinon, il fait une allergie » continua Ionise en mimant des larmes avec son pouce et son index.

Le regard de Clara se fit soudainement plus brillant, elle se tourna vers Adrian avec un énorme sourire sur le visage.

« Vas-y prête-moi ton chien. »

« Non. Non ! Caramel ne servira pas d’objet pour que tu puisses t’amuser ! Et puis, c’est une fille ! »

« Oh, c’est bon, pas comme s’il allait blesser ton ange. » maugréa Clara avant de s’adresser à Alfred la même requête, refusé aussi bien sûr.

« Ah, ça, tu n’en sais rien », sifflota Chloé.

« En plus, tu devrais arrêter, tu l’as fait fuir… » Murmura Claire.

« Ho, c’est bon, Entwhistle, arrêtes de reculer tu vas finir par bousculer quelqu’un », l’informa John en riant. Il craignait peut-être que ce soit son père.

« Et vous, les filles, vous ne voulez pas les choyer ? »

« Non, merci, il me semble avoir déjà donné mon avis sur les animaux », fit Chloé, les bras croisés et s’éloignant un peu.

« Mais je croyais que cela ne concernait que les animagus », commenta Wyatt.

« Eh bien non, tous les animaux, domestiques et sauvages », répliqua sèchement la serpentard.

« Et toi, Claire ? » Demanda Albus, curieux car il savait qu’elle avait du mal avec les rapaces, les grosses, mais qu’elle semblait adorer les chats.

« Hum ? Eh bien…j’aime bien les chiens…mais pas trop près. »

Silence pendant que chacun analysait la réponse de la chinoise. Elias jeta un regard au brun qui semblait cependant ému par la réponse, il lui chuchota :

« Tu ne semblais pas si bien le prendre quand je t’ai répondu ça. » Il ne reçut qu’une réponse embrouillée avec en prime un visage bien rouge.

« Ouais, tu les aimes pas, quoi », soupira Harley. Lassée de son amie.

« Non, ce n’est pas ça, je les apprécie bien, c’est juste que… » Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’elle se coupa en sentant une langue lui lécher la joue « Mais arrêteuh ! Pas trop près, je te dis ! » Cria-t-elle.

Adrian rit dans un premier temps en retirant Caramel loin de la chinoise mais s’arrêta vite en voyant le regard noir d’Albus pour avoir perturbée la brune et celui d’Emil car cette dernière venait de se jeter dans ses bras alors qu’il était encore en train de traficoter un de ses parchemins…ah non, il a évolué et travaillait maintenant sur la tablette M. En revanche, il ignorait si le regard noir lui était adressé parce qu’il avait fait pleurer sa meilleure amie ou parce qu’elle s’est jeté sur lui. Les deux peut-être. Il n’eut pas à s’inquiéter longtemps sur sa prochaine punition qu’un jappement attira à nouveau son attention.

« En tout cas, ça a l’air d’amusé certain », commenta Alice en voyant une grande enthousiasme que montrait…Elliott.

Puis les trois frères et sœurs se mirent à aboyer dans un concert assez dynamique jusqu’à ce qu’une alerte leur fut donné.

« Cachez ça, le prof arrive ! »

Alfred rangea aussitôt son ami Elliott dans sa bourse sous la moue sceptique de Lux et Adrian récupéra rapidement Cannelle avant de les ranger lui aussi dans les grosses poches intérieures de sa veste sous les regards hébétés des autres.

« Qu’est-ce que donc, j’ai cru entendre…un aboiement ? »

Le terme ne fit réagir personne, cependant son regard lourd de sens se posa sur son fils qui eut bien du mal à le soutenir.

« Tu…tu as dû rêver, non ? »

« Es-tu en train d’insinuer que je me fais vieux ? »

« Non, je…euh…mais un peu quand même ? »

Un regard améthyste s’appuya lourdement sur sa petite personne -bien qu’il fût grand en vrai, les enfants ça grandit vite et ça éloigne aussi rapidement des parents. Kenneth était prêt à lui venir en aide, manquant cependant encore un prétexte, mais le fils du prof fut sauvé par la plus folle de tous.

« C’est parce que Emimi nous a montré son nouveau prototype qui est d’imiter le son des animaux ! »

« Ah, c’est très bien réussi, j’ai réellement cru entendre un chien japper. »

Voyant là une ouverture, la lionne s’y précipita, la tête baissée.

« V-v-v ouais… » Mais n’était pas très crédible.

« Mais enfin, avec tout ce qu’il fait, tout le monde doit bien reconnaître le talent de notre Milou, non ? » S’immisça aussi Claire. Avec un poker face.

« Mais oui, c’est même plus populaire que les gadgets venant des magasins de farce et attrape ! » En rajouta Celia.

« Ah bon ? Je n’en ai jamais vu un, personnellement, j’attends de voir celui-ci alors », les cru leur professeur.

Certains furent bien tentés de fusiller la poufsouffle pour avoir trop ajouté, compromettant leur excuse. Elle ne put que leur faire un sourire d’excuse en répondant affirmativement au nom de l’ingénieur. Bref, à toi de jouer, Emil.

Tout le monde savait bien que le prof n’était pas dupe, surtout avec cette piètre improvisation pour la comédie, mais ils comprirent aussi qu’il avait abandonné leur faisant probablement confiance.

« Bon, eh bien, commençons le cours ! »

Et ils s’empressèrent d’acquiescer en accourant presque dans la salle pour s’installer. Kylian néanmoins fut le plus retenu et prit bien soin d’être assis loin des deux éleveurs de chien, au cas où ils leur prenaient de se manifester à ces canins. On ne sait jamais.


Ce ne fut pas la seule fois que la promotion eut affaire aux triplés berger allemand-chien-loup de saarloos et malgré le fait qu'ils ne s'entendaient pas forcément tous bien, personne ne dit rien sur leur présence indésirable dans le collège. D'un côté, ils se sont laissés attendrir par les bouilles adorables des chiots, de l'autre, certains jubilaient plus sur le moment ou tout serait découvert, ce qui ne manquerait pas de rendre folle une professeure bien honnis.

Le matin du 18 octobre, ils crurent ce moment arrivé.

« Noon, pourquoi ça m’arrive à moi ? »

Les occupants de la salle commune des Gryffondor, bien que très peu fréquenté passé dix heures car tous étaient encore en train de se confiner dans un salon surtout en week-end, fut partiellement rendu sourd.

« Et si tu pouvais éviter de crier à une si belle heure de la matinée. » Bailla Adrian en descendant les dernières marches et étirant ses longs bras.

« Il est onze heures, gars », répliqua Ruben en se curant les oreilles.

« Et je me demande ce que je fiche encore ici. Aller, ciao, les gens », voulu se carapater Harley.

« Attends, je te rejoins », fit Elise en connaissant le problème de sa camarade.

« Noon, revenez !! »

Ils arrêtèrent tout mouvement pour se boucher les oreilles, même si c’était inutile. Matthew apparu derrière son « amie ».

« C’est à son tour », dit-il simplement.

« Ce n’est pas à mon touuur ! »

Ils comprirent instantanément ce que le blond voulu dire. La période de dérèglement de la gamine était arrivée.

« En plus, ça tombe le jour de son anniversaire, la pauvre. »

« Ce n’est pas mon anniversaire ! »

« Ah non ? » s’étonna sincèrement l’autre, il était pourtant sûr d’une chose, puisque c’était ce que lui rabâchait Lolie.

« Si, ça l’est mais il n’y a rien aujourd’hui ! »

« Dis donc, faudrait savoir. » Souffla Harley en se dirigeant à pas de loup vers le tableau de la grosse dame.

« Je n’ai rieeeen ! » Mais fut vite stoppé.

« Dis donc, tu comptes réveiller le château entier ou quoi ? » lui beugla à son tour Julius.

« Je rappelle juste qu’il est onze heures et vingt-six minutes, et que s’il y a encore des gens qui dorment, c’est qu’ils ont grandement besoin de suivre un rythme de vie plus actif », leur informa Ruben, irrité par les cris.

« Dis ça à Boot », lui renvoya Julius. Ce qui lui cloua le bec.

« Mais c’est un super cadeau d’anniversaire, non ? Te voici enfin femme ! »

Ce fut l’erreur le plus fatal qu’Adrian ait pu faire.

« JE NE VEUX PAS ÊTRE UNE FEMME !! »

Il leur sembla que la salle commune trembla.

« Ah, c’est bon, mes tympans ont lâché ! » fit comiquement Ruben, bien que souffrant réellement.

« Hein, t’as dit quoi ? » suivit Julius, désarçonné par l’attaque.

Les autres s’étaient raccrochés à ce qui leur entourait comme si leur vie en dépendait. Adrian se prenaient dans ses bras, se protégeant lui-même ou ce qu’il cachait sous son grand manteau.

« Tiens, c’est quoi ce truc rouge que tu as là ? »

Ses camarades regardèrent Matthew comme s’il était fou, quoique ce devrait probablement être le cas -à toujours traîné avec l’autre folle- comment peut-il encore faire des remarques pareilles alors qu’ils ont manqué de perdre l’ouï.

« Ce n’est pas rouuuge ! » Surtout si cela provoquait encore plus de boucan.

« Han ! Tu es en train de dénigrer la couleur de notre maison ? » S’indigna Ju.

« Quel honte, alors ton dérèglement t’a non seulement donné une voix de furie mais tu deviens en plus une traîtresse ? » S’outra Ruben.

« Bon sang, les gars… ! » Harley n’eut jamais le temps de finir sa phrase.

« Arrêteeeez ! »

« Oui, voilà », grogna-t-elle entre ses dents.

« Sortez-nous de là », pleurnicha presque Elise.

À rappeler que plus aucun d’eux ne trouvait la force de se relever avec l’arme fatale de Lolie : sa voix. Soudain, le tableau s’ouvrit sur leur salut.

« Mais qu’est-ce qui se passe ici ? On vous entend depuis la grande salle ! » Les réprimanda Abigaël Thomas.

« Ah, notre messie ! » Ou préfète, tout simplement.

« Et encore, je suis sûr que ça dépassait même celle de la grosse dame. Tu as une voie de cantatrice devant toi », poursuivit Lucas Dixon, fier de son jeu de mot.

Mais tout le monde le regarda avec de gros yeux, était-il inconscient d’ainsi encourager cette folie ? Ou juste fou, lui aussi ? Même Abby soupira de la bêtise de son condisciple avant de se tourner vers Adrian avec un regard suspect.

« Qu’est-ce que tu caches ? »

« Hein ? Comment ça ? »

« Ne joue pas ce jeu avec moi », claqua la préfète « ce que tu tentes de dissimuler –piètrement- sous ton caban. »

Des sueurs froides apparurent brusquement dans la nuque de pratiquement toutes les quatrièmes années. Et mince, il fallait le prévoir, la voix stridente avait fini par alerter les deux petites chiennes Cannelle et Caramel, qui s’agitaient dans tous les sens dans leur refuge pour fuir loin du danger. Adrian resserra juste un peu plus ses bras autour de lui, sans force pour éviter de faire mal à ses anges.

« C’est… »

« Ce n’est rieeeen ! »

Ils n’auraient jamais cru le dire un jour, mais GG Lolie. Grace à son attaque surprise, Abby en perdit les sens et tomba dans les bras de son ami châtain.

« Et on se barre ! » Firent leurs cadets en prenant leur jambe à leur cou.

« Eh, revenez ! Vous venez de vous attaquer à des forces de l’ordre ! »

« Pas moyen ! À moins que tu nous enlève des points ! » Nargua Ruben.

« Remarque, même avec ça, on ne s’arrêterait pas. » Commença à s’essouffler Julius. « On dirait une fusée », désigna-t-il Adrian.

Ils le perdirent presque de vu.

« C’est pour la survie de ses trésors », expliqua Elise avec un bon rythme.

« Vu comme ça… » Marmonna Harley en se passant la langue sur son piercing. « Bref, tu vois le tableau », continua-t-elle une autre conversation via l’objet.

« Oui, enfin, j’ai surtout entendu », s’éleva une voix de l’accessoire.

« Ouais, bon, vous êtes où ? Il nous faut un refuge. »

« Hum, attends, je ne suis pas sûr d’avoir tout mon ouï, tu peux répéter ? »

« Claire… » Avertit Harley.

« Je plaisante, on se trouve au troisième, côté ouest. »

« Pourquoi ça ne m’étonne pas que vous vous retrouvez dans cette partie ? »

Sans lui répondre, elle entendit une autre voix qui lui adressa ces mots :

« En même temps, qu’est-ce que tu faisais depuis ce matin ? » Ricana Clara.

« Aussi surprenant que cela puisse vous paraître, certain dormait », répondit Ruben à ses côtés.

Harley tressaillit, ne s’y attendant pas mais continua de courir. Derrière, elle entendit Julius s’époumoner. En jetant un regard, elle vit aussi Matthew se fatiguer, mais lui avait une excuse, il courait avec dans ses bras une Lolie bâillonnée. Ah, c’est pour ça que c’était plutôt calme.

« Ben, alors ? Vous traînez ! » Les pressa Adrian en les ‘guidant’, ayant entendu la conversation.

Non mais quel culot ! Franchement, elle était entourée de bras cassé, mais intérieurement ils formaient une bande de joyeux lurons qui l’amusaient assez.

« Eh ben, vous avez fait vite », commenta distraitement Chloé.

« Autant qu’un troupeau de lion le peut », rajouta Clara.

« Oh, la ferme », lui répondirent l’unité griffon, passablement haletant. En même temps avoir des ‘braconniers’ qui vous chassaient, il y avait de quoi.

« Qu’est-ce que vous faites devant la porte d’un salon ? »

Sans entrer, voulurent-ils ajouter, mais en voyant le bazar, ils se turent en ayant leur réponse.

« Eliott, ça suffit, arrête de courir après Cheshire ! »

En effet, le chat forestier bazardait le salon agréable en fuyant le chiot hybride. Et quand on dit bazar, c’était un véritable chantier. Rose était installée sur une table, craignant de se faire griffer au passage, Albus était à côté de son meilleur ami Wyatt –réfugié au bout de la pièce sur une estrade- qui jouait un morceau d’ambiance -stressant- sur sa guitare acoustique, mais tous étaient trop occupés pour lui faire remarquer et les Némésis observaient la scène au seuil de la porte. Sauf une qui voulait aussi arrêter le massacre.

« Aller, Cheshire, viens dans mes bras ! » Encourageait Claire.

L’autre consentit finalement à sauter dans un refuge temporaire et la chinoise, voyant le canidé amorcer le pas pour en faire de même, se détourna vite.

« Hii, rattrape-le ! »

Alfred ne se le refit pas dire une deuxième fois.

« Dis donc, je ne savais pas qu’il avait un tel instinct de prédateur ! » Reprocha-t-il auprès du maître original en maintenant fermement Elliott dans ses bras.

« Bah, il a un quarteron de sang de loup, alors… » Répondit le blond en jetant un regard à Elise, qui soupira en levant les yeux au ciel.

« Bref, arrangeons un peu et écoutons le talent de notre ami beau gosse ! » s’exclama Clara en entrant finalement dans le salon, voyant que c’était hors de danger. Elle ramassa un coussin déchiqueté avec de la mousse sur tout le sol et jeta un sort qui restaura l’état original avant de s’y installer.

Les gryffondors, voyant qu’ils n’avaient de toute façon rien à faire, décidèrent de squatter et firent de même avant de se mettre à l’aise. Wyatt, qui était sans aucun doute l’ami beau gosse, n’y faisait maintenant plus aucun cas de son titre et s’installait plus confortablement à sa place, Albus l’ayant laissé pour s’asseoir avec les autres, face à son public. Visiblement, il était plus à l’aise avec une guitare et se laisser plus facilement montrer en scène.

« Tu vas nous jouer quoi ? »

« Je ne sais pas trop, j’avais dans l’idée de faire un morceau sympathique en cette belle journée »,

« Ha, belle journée, on voit que tu n’as pas eu affaire à une furie dès le matin, toi », marmonna Julius. Il reçut un tape à l’épaule de la part d’Elise.

« Et je tiens à préciser que ce qu’ils appellent matin s’était déroulé juste à l’instant », persista Ruben.

Cela fit sourire les filles qui n’avaient pas connaissance de l’épisode.

« Bah, si tu n’as rien à jouer en particulier, je te propose d’interpréter une chanson française ! » réagit justement la furie, qui ne s’est pas senti visée.

Les rouges frémirent et attendirent dans leur posture de statut tandis que Lolie sortit sa tablette M et fit une rapide de recherche dans sa liste de musique. Au bout d’un quart de seconde elle brandit l’objet et le déposa près du blond.

« Je veux que tu me joues cette romance de Jean-Baptiste Giabiconi ! »

Wyatt lut tout ce qui était inscrit sur l’écran, écouta une fois pour visualiser comment la chanter et finit par redresser sa tête.

« Tu as de la chance que je sais parler français et comprends à peu près leur accent. Bien sûr, ce n’est pas parfait, alors sois indulgente ! »

« Pas de problème, ta voix est tellement belle que je suis sûr qu’on passera outre ce petit détail ! » Lui complimenta Lolie sans gêne.

De discrètes rougeurs apparurent sur les joues pâles de l’américain, qui ne trompèrent personne, il se racla la gorge pour se concentrer et ses fins doigts glissèrent sur les cordes de sa guitare.

« Et si je joue de la guitare sur le bord de Seine /Je le fais pour toi
Et si je saute du haut de la tour Eiffel /Je le fais pour toi
En terrasse d'un café, je t'écris un poème /Je le fais pour toi
Je voudrai un voyage un tour en tandem /Et ta main dans la mienne. »

Dès le premier couplet, les filles en furent subjuguées par la beauté de la voix, et si on était honnête, les garçons appréciaient assez aussi.

« Parce-que je/ te/ aime mon amour » Il prit le refrain avec tellement de ferveur que Lolie cru c’était le vrai chanteur devant elle. « Parce-que je/ te/ aime pour toujours ; De plus en plus fort ; Jamais plus encore… » Je te aime, Baptiste Giabiconi

Cela dura près de trois minutes, à la fin, on entendit un soupir énamouré.

« Bravo, toujours aussi doué ! » On l’applaudit et il les remercia.

« Tu as aussi un très beau accent français ! Ça fait sexy ! » Il rougit.

« Mais pour interpréter, tu n’es pas obligé de connaitre la langue de la chanson », commenta Rose « Ça parlait de quoi ? » Fit-elle néanmoins.

« C’est une chanson d’amour ou le chanteur déclame son inclination en disant tout ce qu’il était prêt à faire pour son amour », lui expliqua son condisciple.

« Je n’aurai pas dit mieux… Pour connaitre le français, tu le connais bien ! Juste à ajouter que le ‘je te aime’ n’est pas français, mais formuler ainsi par le chanteur juste pour l’occasion. »

« Nous sommes près de 12 millions d’états-uniens qui savent parler français sur 322 millions, ce n’est pas rien. »

« En effet…Tu connais encore d’autre langue ? » Demanda négligemment Ru.

« Oui, l’espagnol, l’italien, l’allemand et le russe », énuméra l’états-unien.

« Ouah, polyglotte en plus de beau. » Et intellectuel, et gentil, et bref…

« Haha, mais il n’y a que le premier en plus du français que je sache en parler couramment. Pour le reste, je sais à peu près tenir une conversation scolaire. »

« De l’espagnol, dis-tu ? Bien, je te propose alors d’en chanter une », le défia Elise en se saisissant de la tablette M pour faire une recherche.

Elle le trouva après quelque minute ou Wyatt s’est amusé à parler italien avec Clara. La rousse colombienne déposa finalement l’appareil comme plus tôt et laissa le blond écouter l’original avant de la reproduire.

« Après, à mon tour de proposer ! » S’exclama la blonde, joyeuse.

« Si tu veux », On lui répondit, ce qui sembla la ravir.

Des premiers accords sur la guitare s’élevèrent et on se concentra à nouveau sur le chanteur, espagnol, cette fois-ci.

« Yo no me animo a hablarte /Cuando te veo pasar /Y prefiero no mirarte /Para disimular
Me estoy muriendo de pena /Por no poderte besar, /Me gustaría que entiendas /Que no te quise hacer mal
Yo solo quería un poco más  /Caricias, abrazos, algo mas  /Yo solo quería un poco más (un poco mas) /Y no me lo quisiste dar
 » Un poco mas de Skratch

Ce fut tellement entraînant que même Elliott montra son contentement en jappa avec le rythme. Il termina avec une ritournelle qui chavira les plus sensibles.

« Trop… » Commença Claire.

« Sexy », termina Elise.

« J’allais dire fort, mais c’est aussi l’idée… »

« Wof ! Wof, wof ! » Et que même les sœurs dudit Elliott s’étaient montrées sans l’aide de leur maître. Caramel et Cannelle aboyaient de tout leur soul.

« Encore une chanson d’amour ? »

Wyatt acquiesça : « Cette fois-ci, c’est un boys bands argentins qui déclaraient leur ressentiments et regrets de ne pas avoir su exprimer leur sentiment. »

Se disant il coula un regard éloquent à son ami brun. Qui rougit en détournant. Claire le remarqua et se demanda si elle devrait s’en inquiéter.

« À mon tour ! Aussi dans le thème de l’amour –autant continuer- ! » La recherche fut brève, comme si la chanson avait été déjà programmé dans la liste « Une chanson douce et forte : Grande amoreIl Volo. »

D’ailleurs, Wyatt semblait même le connaitre, puisqu’il n’eut même pas besoin de l’écouter une fois pour directement chanter. En effet, la chanson était à la fois d’une douceur mélancolique, mais aussi puissante lors du refrain :

« Dimmi perché quando penso, penso solo a te
Dimmi perché quando vedo, vedo solo te
Dimmi perché quando credo, credo solo in te grande amore
Dimmi che mai
Che non mi lascerai mai
 »

« Et avant que quelqu’un ne demande, la chanson parle d’un grand amour. »

« Tu nous donne le titre de la chanson, là », en soupçonnèrent les langues latines.

« Vous n’avez qu’à apprendre l’italien », les nargua Clara.

« Ou, on peut toujours traduire les paroles. »

« Ça reste le plus simple, la traduction. »

« Vous n’avez plus rien à me soumettre ? »

Il eut un petit silence où certains cherchaient la traduction comme ils l’ont dit et où les propriétaires d’animaux préférèrent s’en occuper, comme Alfred qui chouchouta Elliott, Adrian qui ne savait plus où s’en donner la tête avec ces deux trésors, Claire qui manquait d’étouffer Cheshire. Harley et Ruben s’échangèrent un regard en se demandant si Pandore et Pandora ne faisait pas trop bêtise non plus, comme avec le cas de Vicky et Vince, on ne sait jamais. Mais même Rose n’était pas inquiète pour son ami mi fléreur, remarque, peut-être parce que justement que c’en est un, et qu’il connaissait déjà les lieux.

Une quiétude les saisit en se disant qu’ils pourraient se prélasser ainsi toute la journée, il n’y aurait pas de problème. Wyatt entreprit alors de seulement faire quelque accord personnel. Plus il laissait ses doigts glisser sur les cordes, plus un fond de morceau lui venait à l’esprit. Au final, il s’en composa une.

« J'aime /Regardé ta silhouette /Qui tourbillonne seule sous la lune pleine

Qu’importe /Les minutes, heures qui passent /Je ne pourrais m’en lasser

Car c’est /La courbe de ta taille fine /Qui ondulent sous le clair de lune

Sans /Te préoccupé /Des sons, des ombres qui t’entourent

Tu /Continues de danser /Les yeux fermés, apaisée

La /Couleur laiteuse de ton visage /Reflète ta beauté sans âge

Et /Je pourrai passer /Des années entières /Rien /Qu’à te regarder

Et si tu fermes tes paupières /Pour ne serait-ce qu’un instant

Et si tu te laissais faire /Ne serait-ce qu’un instant

Si tu t’abandonner à moi /Laisse-moi t’embrasser ! »

Mais pas totalement de lui. Albus se redressa brutalement, tout rouge.

« Eh ben, quel réaction », s’étonna Clara.

Elle n’était pas la seule, Claire et les Gryffondors le dévisageaient, hébétés.

« Ça, c’est parce qu’il ne veut pas qu’un de ses poèmes soit connu de tous. »

Parce que ceux qui avait eu un extrait faisait partie des deux autres maisons, Serdaigle bien entendu et Serpentard durant un cours de l’an dernier.

« Ah, c’en est un ? » S’excita Claire.

« Ouais, mais… »

« Pas entièrement ! » Coupa Albus son meilleur ami.

« … je l’ai remanié pour que cela colle plus pour une chanson. » Termina Wyatt en regardant le brun avec indulgence. L’autre rougit pour les paroles et pour s’être emporté « Je te la dédierais si ça te gêne tant que ce soit à ton nom. »

« Ouah, une sérénade juste pour lui. »

« Eh bien, oui, si Albus a affirmé son hétérosexualité, je n’ai pour ma part rien confirmer. »

« Ah han… ça va plaire à Rei, ça. » Sifflota Elise. Car, elle avait aussi ce genre de ‘passion’.

« Mais qui risque de faire chialer une… »

Claire défia le blond du regard qui ne lui fit que le rendre encore plus provocant, juste histoire d’attiser sa jalousie.

« Et quel partie est de la tienne ? »

Comme on ignorait à qui elle posait la question, Albus préféra se taire en pensant sans vraiment l’espérer que son ami ferait de même.

« J’ai juste ajouté des éléments sur le temps pour donner une impression d’éternité, Al ne faisait que décrire la fille… »

Il fut interrompu dans son explication par le cri d’Albus qui lui faisait comprendre que cela suffisait, si cela amusa certain, une fut bien frustrée. Claire bouillait de savoir à qui le poème était adressé.

« Et il n’y a pas de titre ? »

Soudain le brun rougit jusqu’aux oreilles, tandis que pour Wyatt, c’était son sourire qui atteignait jusqu’à ceux-ci.

« Bien sûr ! Il s’agit de : Au clair…de lune. »

La brune se redressa en croyant qu’on appelait avant de laisser des rougeurs envahir ses joues, pour qui elle se prenait ? Quand elle jeta un coup d’œil au concerné, celui-ci se cachait derrière ses deux mains, extrêmement gêné. Ce qui la fit aussi rougir.

« C’est y pas mignon, ça », commenta les autres, qui se sentaient bien écarté à cette scène.

« Pourquoi est-ce qu’Alfred ne chante pas ? Il a une belle voix aussi. » Demanda innocemment Lolie.

Les rouges et les autres occupants de la salle sursautèrent presque à la soudaine prise de parole de la voix fluette, pour l’un, et de sa phrase, pour l’autre. On se tourna alors tous vers le blond-roux qui avait auparavant fredonné des paroles pour divertir son compagnon, tout émoustillé –et bien grandi-. Mais comme il entendit qu’on parlait de lui et qu’on le regardait à présent avec curiosité, il se sentit comme traqué et se mit en position de garde.

« Vraiment ? Montre-nous donc », fit sournoisement Chloé.

« Euh…je ne préfère pas, euh, Elliott… » Il profita pour montrer le chien pour dissuader certain.

« On s’en occupe. » Déclara Elise en prenant le petit dans ses bras, qui ne dit pas à non à d’autre cajolerie « Tu vois, il est très sage. » Elle savait s’y faire avec la descendance de son Vince.

« Ben, c’est-à-dire que… »

« Aller, Al. Tu connais quoi comme chanson ? » L’enjoignit Wyatt.

« Ben, déjà juste de l’anglais », Alfred finit par céder.

« D’accord, après ? »

« Hum…disons que j’en ai bien une en tête », hésita-t-il en s’installant sur le piano du coin.

« Oh, et on joue du piano en plus ? » Taquina Clara, le faisant rougir.

« Je t’écoute », l’encouragea Wyatt, souriant.

« …je crois que le titre c’est Umbrella… »

L’autre le reconnu immédiatement. « Oh, américain ? Tu commences le couplet ? » Il n’attendit pas vraiment de réponse et fit aussitôt vibrer les cordes de sa guitare. Il enchaîna avec de la percussion sur le bois de son instrument, son condisciple composa alors sa part de note sur le clavier.

Rihanna - "Umbrella" (Tyler Ward & Alex Goot Acoustic Cover) :

« You have my heart /And we'll never be worlds apart /May be in magazines /But you'll still be my star » Commença alors Alfred.


« Baby cause in the dark /You can't see shiny cars /And that's when you need me there /With you I'll always share », poursuivit Wyatt, sourire aux lèvres.


« Because ! » Entonnèrent-ils ensemble, de même pour le refrain « When the sun shines, we'll shine together /Told you I'll be here forever /Said I'll always be a friend » Avant que Wyatt ne reprenne seul.

Et ainsi se passa les 3 minutes et demi de la chanson où chacun reprenait sa partie, et dont la répétition du titre faisait bougeait la plupart d’entre eux.

« En effet, belle voix pour belle voix… » Acquiesça Rose, appréciant.

« Et en plus, tu te débrouilles bien au piano, tu as pris des cours ? » Nota Wyatt.

« Non, j’ai suivi le solfège en autodidacte, le rythme m’est venu naturellement. »

« Wow, on est entouré de surdoué… » Siffla Adrian.

« Surtout que ça vient de la meilleure maison », fit Rose en crânant.

Les autres pouffèrent ou haussèrent les sourcils, amusés.

« C’est un peu pareille pour tous les autres travaux manuels, il se débrouille très bien avec ses mains », ajouta Claire, en connaissance de cause car durant leur travail, elle en a profité de ses mains experte, notamment pour les massages.

Mais on la regarda étrangement.

« …Si ça n’avait pas été toi qui l’a dit ça, on aurait compris autre chose. »

Et si elle avait encore été celle de l’année dernière, elle n’aurait pas compris l’insinuation. Rouge, elle répliqua :

« Mais il n’y avait pas de sous-entendu ! C’est vous qui avait l’esprit perverti ! "

La rassurant sans conviction, c’est-à-dire avec un sourire narquois, ils furent à nouveau détournés par la voix encore une fois inattendu. Ou non-attendu.

« Il n’empêche avec ces talents qu’on à, on peut facilement faire un concert. »

Tout le monde tressaillit et se tourna vers Claire.

« Quoi ? Pourquoi vous me regardez comme ça ? J’ai rien dit ! » S’écria celle-ci.

Ses amis et camarades détournèrent, gênés d’avoir directement pensé à elle, mais les rouges continuaient de l’observer.

« Mais c’est Lolie qui… » Se défendit-elle.

« Oui, mais s’il te plait, approuve son idée », lui coupa Ruben.

« Quoi ? » S’étonnèrent les autres, béats.

« Ou alors fais très attention aux mots que tu vas utiliser », l’avisa Julius.

« Mais… » Bredouilla la brune, perdue. Ce n’était pas la seule.

« S’il te plaît, préserves nos tympans… » S’apitoya Adrian en étreignant ses deux princesses comme si la fin du monde était proche.

La chinoise resta figer un instant. Avant de se tourner vers le regard brillant de Lolie qui attendait patiemment une réponse d’elle –faisant fi de la conversation qui la concernait et s’est déroulé sous yeux-, car si elle réussissait à ramener la plus ‘folle’ (après elle, bien sûr) des Némésis, alors son projet est dans la poche.

« Ah, tu veux dire, du genre faire des bal de fin d’année ? C’est vrai que c’est pas mal comme idée », approuva Clara.

« Tu es sur une pente, là, Clara », lui prévint Elise en brandissant l’index.

« Bah quoi ça peut être sympas », haussa la blonde, sourire sournois.

« Après il faut savoir tout organiser, demander à la directrice, la convaincre, trouver une salle, la musique, ou on pourra en diffuser, mais surtout la directrice pour l’autorisation ! » Insista juste Harley.

« Oh, bah, ça, on laisse Claire », répondit tout aussi nonchalamment Clara.

« Quoi ? Euh c’est trop de pression, là », voulu décliner cette dernière.

« Oui, mais non, imagine ce que ça donnera un bal de fin d’année, on pourrait danser en couple », s’incrusta une voix encore nouvelle du groupe.

 « Eh ben, je ne vous laisse que quelque minute et je vous retrouve carrément avec un public. Que s’est-il passé ? » Interrogea Alice, la main sur le poignet.

Et à côté de la porte, on voyait Emil, Luxchana et Celia –qui avait parlé-.

« T’es drôle, tu ne ramènes pas un troupeau, toi ? » Répliqua Alfred, toujours sur le clavier, d’ailleurs il commença un morceau. Love you like a love song.

Son amie lui lança juste un regard avant d’entrer, suivi par le reste.

« Et puis tout le monde pourra se lâcher, profitant que ce soit la fin d’année », argumenta aussi Lux en s’installant à côté de Clara.

« Et alors des couples naîtront çà et là », ajouta Celia, s’installant encore à côté.

« Ou se quitteront car leur chemin se sépareront », marmonna Emil.

Ce qui termina de convaincre celle qui devait tout « organiser », pas la dernière. Danser en couple avec qui elle veut ? Elle rêva d’un garçon brun aux yeux verts.

« A quoi tu penses ? » Fit son meilleur ami à ses côtés.

« Ben, oui, ça peut être franchement génial », leur revint-elle.

Elle jeta un coup d’œil à Chloé et Harley, le reste des Némésis à convaincre, qui grimaçaient à cette constation, les autres leur souhaitaient juste bonne chance.

 

Tout se passait relativement bien, entre les humeurs changeantes des filles à cause de leur crise mensuel, des cours méprisants de Midgens, ceux passionnants du reste du corps professoral (enfin, cela dépendait pour celui de Kurt) et puis arriva le jour le plus attendu du mois d'Octobre. On parlait évidement de la veille de Toussaint. Comme il était de coutume depuis l'arrivée des Révolutionnaires/Némésis, toute la population Poudlarienne était habitué à voir des élèves -et quelque rare fois des professeurs- se déguiser en hideux monstres à faire cauchemarder les plus sensibles. En ce 31 octobre, donc, le deux tiers des élèves de quatrième année s'étaient prêtés au jeu, mais ne se montrèrent pas à la vue de tous dans la grande salle, non, ils se firent une soirée entre eux. Et il ne s'agissait pas un de ces événements à la moldu mais bien quelque chose de sorcier, étant donné que cela a été proposé par un de pur-sang. Le jeu de la traque sorcière. 
" Donc, si je résume bien, le jeu consiste à laisser les filles se cacher dans un premier temps, puis les garçons doivent se mettre à leur poursuite afin de les traquer, c'est cela ? " 
" Tu résumes bien ", complimenta distraitement Scorpius en toisant plus une blonde que la rousse. 
" C'est pas croyable que même chez les sorciers, il y a du sexisme ", soupira bruyamment cette dernière. La rousse pas la blonde, celle-ci se contenta de gratifier un sourire narquois au blond platine, qui plissa des yeux. 
" Ce n'est pas tant du sexisme en soi ", répondit Sean " C'est parce que dans l'histoire moldu ou sorcière, les seules manifestations de sorcellerie proviennent des sorcières. Par exemple Gwendoline la Fantastique qui s'est jouée d'une communauté moldu en se métamorphosant 47 fois afin de ressentir les chatouillis des flammes sous le sort de gèle-flamme."
" Les femmes ont toujours été plus perfides ", ajouta légèrement Tobias, mais il ne pensait pas que cela allait crée un débat. 
" Plus perfides? Tu veux rire ou quoi ? Qui sont les grands noms qui ont terrorisé le monde? Salazar Slytherin, Gellert Grinderwald, Tom Marvolo Riddle ? " Répliqua Rose.
" Et Rita Skeeter ? Dolores Umbridge ? Ne sont-ce pas les sorcières très haïs ? Tu veux que je t'en cite d'autre ?"Renchérit-il avec un sourire en se reportant des histoires que lui racontaient ses parents. 
" Et je sens que le jeu risque de durer longtemps, cependant ce n'est pas à celui-là qu'on veut jouer n'est-ce pas? " Tenta Claire d’apaiser.
" Depuis quand tu es devenu comme ça, Tobie ? C'est vraiment pénible ", lança Rose envers son ami narquois, ignorant sa camarade. 
Alors qu'il s'apprêtait à répondre qu'il avait toujours été ainsi, Chloé intervint avec moquerie :
" C'est depuis que tu passes plus de temps avec Link, non ? J'ai toujours pensé qu'il avait mauvais influence. "
" Eh, ne rejettes pas la faute sur mes fréquentations ! Parce que sinon, je serai aussi influencé par le trio de bronze ! Et dans le bon sens. "
" Sauf que non, parce que monsieur préfère maintenant la compagnie de gens plus âgés, ayant plus de connaissance, délaissant ses anciens et premiers amis. Et il a l'air de tellement s'amuser qu'on croirait que c'était prévu. " Cracha Rose.
" Quoi ? Mais pourquoi tu penses ça ? Est-ce que je me suis déjà amusé avec vos sentiments ? " S’offusqua Tobias, vexé qu'on puisse croire qu'il soit si serpentard… oui, enfin, vous avez compris.
" Ce n'est pas ce que tu fais là ?"
Le blond lunetteux était sur le point de répondre quelque chose de cinglant peut-être mais il fut interrompu par Wyatt. 
" Oh là, doucement, Rosie. Je sais bien que tu es énervée mais ce n'est pas une raison de te défouler sur Tobie. Tu risques de regretter une fois calmée. "
" Et Tobias, tu n'aurais pas dû lui répondre de façon aussi violent, tu vois bien qu'elle n'était pas d'humeur ", apaisa également Albus. 
Alors que les deux remontés tentaient, enfin plutôt Tobie qui demandait pardon à coup de"Eh, Rosie, tu savais que ton père et ma mère ont failli finir ensemble ? À ton avis, qui de nous deux s'en serait ressorti ? Aller, ne me fais pas la tête ", Harley eut la fabuleuse idée d'aller titiller Albus. " Et toi, Aly, ça ne te dérange pas de jouer à ce jeu où il faut poursuivre une fille ? "
Si au début, il était agacé par le surnom, il devint vite embarrassé par la question, sans donner une réponse intelligible.
" Ça, c'est parce qu'il aimerait bien attraper une fille en particulière ", taquina son meilleur ami. 
L'autre lui intima de se taire, bien que très rouge. Ce qui ne plut pas à la dite fille, car Claire soupçonnait encore que son béguin avait une vue sur une autre fille. 
" Mais pourquoi on devrait y jouer ? Vous croyez vraiment que nous allons participer ? En tant que proie ? " Bombarda Luxchana, véhémente à l'idée de courir partout au lieu de s'asseoir manger. 
" Tu m'as l'air bien remonté, et quelque chose me dit que ce n'est pas uniquement dû au jeu. "
" Eh bien, cette chose te dit faux, je n'ai juste pas envie d'être traquée ", répliqua Luxchana plus sèchement que prévue, intriguant les gars. 
" Non, parce que tu préfères te faire poursuivre par ton copain ?" Fit sarcastiquement Tyler.

Cela rendit sceptique les filles qui haussèrent un sourcil en l'air (ou deux dans le cas où elles ne savent pas le faire), mais qui énerva Clara qui prit son amie dans ses bras dans un geste protecteur en fusillant le noir du regard, tout comme la sri qui lui jeta un regard noir, rempli de sens. 
Bien sûr, n'étant pas aveugle, Scorpius envoya un regard suggestif à son ami Tyler comme pour lui faire rendre compte de quelque chose. 
" Mais sinon, combien de joueurs sont demandés ? " demanda Ionise.
" Il faut qu'il y ait un nombre exact de fille et de gars ", libella Sco. 
" Oh bah, ça tombe bien..."
" Mais je ne veux pas de né-moldu dans mon jeu ", rajouta-t-il aussitôt. 
Cela arracha un hoquet à Claire et des froncements de sourcils aux autres. Adrian et Alfred haussèrent les sourcils, pris de court, mais Alice reniflât avec mépris. 
" Comme si j'allais jouer à ton jeu de..."
" Je plaisantai ", reprit Scorpius, blasé du manque d'humour général. Ou plutôt parce qu'il craignait -juste un peu- Alice lorsqu'elle était dans son état de post dérèglement.
" C'est méchant !" Lança néanmoins Lolie.
" Tu t'en doutes encore ? Il était pourtant chose commune de se dire que les serpents étaient de gros vicieux ", dit doucement Clara en lâchant Lux, tellement qu'on aurait cru qu'elle chuchotait, et son regard était visé sur le blond. 
Celui-ci aurait pu se défendre en arguant que c'était une blague, mais en voyant l’intensité du regard de la blonde, il ne pût que lui rendre le regard et esquisser un sourire. 
" Ce qui n'empêche pas certaine personne de s'y jeter les bras ouverts ", commenta Claire en observant la scène, très objective. 
Clara finit aussi par sourire avant de tourner lentement sa tête vers sa meilleure amie, lui lançant un regard dubitatif. 
" C'est bien, Claire, je suis fière que tu aies réussi à apprendre l'art du répondant ", parodia Chloé en lui ébouriffant les cheveux. 
" Faut vraiment être aveugle pour ne pas remarquer..."
" Dans ce cas, tu l'es à moitié pour ne pas voir ce qui t'entoure ", lui rétorqua Emil.
Tandis qu'elle affichait à nouveau une mine mécontente, car n'ayant pas compris et voulant demander des explications, on décida de débuter le jeu, après que Cavallone ait également décliné sa place. 
" On vous laisse une marge de 100 secondes, et à chaque 10 secondes, un couple devra commencer la poursuite. Je tiens à préciser que vous n'êtes absolument pas obliger de traquer la sorcière que vous avez suivi, ramenez juste celle que vous trouvez et envoyez un jet violet et on sera tous prévenu."
"Et j'imagine que tu t'adresses simplement aux garçons là. " 
Les non-participants avaient déjà déserté les lieux, allant s'occuper de leur affaire, principalement de trois chiens. Donc pratiquement aucun quatrième ne fut présent pour le banquet. Du moins, au début.
" Et les filles, contentez-vous de bien vous cacher. " dit alors Scorpius.
" Objection ", réagit Clara. " Il n'est pas équitable que nous n'ayons rien à y gagner. Je propose que la sorcière ayant réussi à être en liberté le plus longtemps possible, peut disposer de qui elle veut durant une journée entière. " 
" Ça marche, on pourrait en faire de même pour les autres couples. La première sorcière attrapée aurait droit à un gage, de même que le dernier chasseur, et le premier traqueur obtiendra les mêmes conditions que la dernière attrapée. " 
" Et les autres sont des laissées pour compte ? " 
" Eh bien, oui. " 
" Moi, ça me va. Vas-y. met le décompte ", intima Clara, sur le point de départ. 
De sa baguette, Scorpius enclencha un sort, une voix s'éleva et commença à compter à partir de cent. Quatre-vingt-dix-neuf. Quatre-vingt-dix-huit. 
" Et les garçons commencent quand ? "
" Cinq secondes d'intervalle à la sorcière suivie. " 
" Quatre-vingt-dix ", annonça la voix impersonnelle. 
" Ok. Je vais vous prouver que les sorcières ne sont pas que de simples femmes perfides ", déclara Clara avant de se mettre à sprinter et disparaître à la vue des autres. À quatre-vingt-cinq, Tobias se mit à sa poursuite. 
" J'ai comme l'impression d'avoir oublié quelque chose ", marmonna Élise, en position pour courir. 
Elle disparut à son tour à quatre-vingt, Sean à ses talons quand la voix arriva à soixante-quinze. 
" Peut-être pourquoi elle participe ?", hasarda Chloé, moqueuse. 
" Et qu'ainsi, elle soit considérée comme un gibier ? " Ajouta Ani. 
" Et toi, tu n'en es pas une ?" Répliqua Célia.
" Je le suis par choix ", répondit simplement l'autre en jetant un regard à Emil, qui frissonna. Sur ce elle s'en alla gambader quand soixante-dix arriva. 
Comme Elias ne voulait pas rester à rien faire, il la poursuivit cinq secondes plus tard. Suivit de Célia, poursuivit par son camarade Stefan, qui prit l'initiative pour la même raison que son ami. 
" Aller, je vais être la prem's ! " Clama Lolie.
" À se faire choper ? Tu auras un gage, t'es prévenue ", fit Io. Mais comme Lolie s'est vite enfuie, pas sûr qu'elle ait entendu. 
On arriva ainsi à quarante. Et il eut du retard. 
" Mais Élise a raison, on a oublié qu'au final on se laisse considérer comme des êtres faibles et perfides ", rappela Harley.
" Bah, c'est trop tard, tu aurais dû désister quand Laura l'a fait ", souffla Claire. 
" Oui, mais ils ont commencé sans nos consentements, on a été forcé ", maugréa Lux.
" Tu ne tenais pas ce genre de discours, l'année dernière", sourcilla Scor. 
" Quarante..."
" Ah, il faut...-"
" L'année dernière je ne vous connaissais pas encore et je n'avais pas une idylle brisé ", cracha presque l'asiatique. 
" Trente-huit..." 
" Euh... Lux..."
" Tu n'es pas obligé de te défoulé sur nous, comme l'a dit Lyu, tu pouvais t'en aller dès le moment ou Cavallone l'a fait! " le ton commençait à monter.
" Vous ne m'en avez pas laissé le temps !" 
" Oui, ben, la, il va manquer du temps a tout le monde ! Alors on se calme et tout le monde suit ma belle robe en cosmos ! "
Silence et la voix annonçait trente-cinq.
" Tu fais encore plus perdre du temps qu'autre chose !" Chloé s'approcha de manière menaçante, ce qui fit bien sur fuir son amie.
" Hii, Emil ! " Pour s'accrocher à son meilleur ami. 
" Ah, mais tu peux en profiter pour l'attraper ", commenta Wyatt. 
" En effet, la seconde du chasseur étant aussi largement dépassé ", approuva Rose. 
Et Emil s'apprêtait à saisir la main de son amie qui s'agrippait à son bras, mais en voyant le regard de sa propriétaire, il oublia tout. 
" Vas-y, vas ! " Soupira-t-il.
L'autre s'empressa de détaler comme un lapin. 
" Elle va finir par me rendre fou ", souffla Emil avant d'accourir. 
" Je suis sûr qu'il aime ça, en vrai. Sinon il ne se ferait pas toujours avoir ", s'exprima Wyatt. 
" Oui, tout comme un en particulier ", chantonna Rose avant de vite prendre ses jambes à son cou. Son ami emboîta en riant. Tandis qu'Albus restait derrière tout rouge. 
" Bon, après ce petit incident, nous allons reprendre le court normal, n'est-ce pas Luxchana ?" S'assura Harley en jouant finalement le jeu. 
Elle n'attendit pas la réponse car la voix passa vingt. Albus prit le couloir cinq secondes après. La sorcière encore réticente grogna et les trois serpentards s'étonnèrent d'un tel comportement, mais personne ne fit la remarque et elle courut le plus vite possible quand dix vint. Cinq secondes après, Tyler le suivit avec une joie caché, ce qui était mission facile pour monsieur face glaciale. Ne restait plus que Chloé et Scorpius. Elle se tourna vers lui avec un large sourire. 
" Tu as quelque chose derrière la tête, n'est-ce pas ? "
" Tu es trop intelligente pour ton bien. D'ailleurs merci d'avoir accélérer les choses. "
" Pas de quoi. " Zéro. " Et toi, tu es trop manipulateur ", lui souffla-t-elle avant de partir. 
Laissé seul, Scorpius Hyperion Malfoy aurait pu y aller directement, mais il s'accorda un peu de temps en souriant dans le vide. 
" Mais c'est comme ça qu'elle m'aime. "


Puis il partit aussi et les ténèbres s'installèrent. 


Celia n'avait jamais été très douée. Ce n'était pas de sa faute si elle était maladroite, voire étourdie, mais cela lui causait bien du tort. Comme lorsqu'elle souhaitait rentrer dans la salle commune, elle recevait deux fois sur cinq un pot de vinaigre en pleine face, à force c'était devenu sa sauce par défaut. Elle ne s'en plaignait pas trop, ce goût n'était pas mauvais, franchement. Par contre, là, elle aurait bien voulu que la fatalité ait pitié d'elle. En prenant les escaliers tournants, elle ne s'était pas attendue à ce que les marches lui fassent la farce maintenant. Bien qu'elle courait, elle fit attention à ne pas en manquer un seul -et encore moins celui troué- en se tenant fermement à la balustrade. Seulement, si seuls les moldus savaient à quel point Poudlard n'était que ruine grâce au sortilège d'illusion, aucune apprenti sorcier n'aurait pu douter de la véracité des propos car étant baigné dans la magie, rien ne pouvait rester irréparable. Malheureusement, Celia Davison eut la surprise de découvrir qu'à force de les serrer comme si l'on voulait les briser par la force psychique, eh bien, cela fonctionnait. La partie sous sa poigne céda sous son poing justement, et cela fit le déclenchement de tout un dispositif qui détraqua. La rambarde céda et bascula vers l'extérieur et comme elle était sur les nerfs, elle n'eut pas le réflexe de lâcher et sauver sa peau mais le tint au contraire encore plus, ce qui fit qu'elle tomba de l'autre côté. Si Celia pût encore être en vie, elle ne doit son salut qu'à Sean qui passait par là, à sa recherche ou d'une autre de ses compères, et le saisit par le poignet afin de la hisser sur les marches. Une fois les pieds sur la terre pas si ferme puisque les escaliers étaient toujours en déplacement, elle lâcha un borborygme, à mi-chemin entre un gémissement et un pleur.
" Ouh, j'en ai marre !"
" Au moins, tu peux t'estimer heureuse d'être en vie pour te plaindre ", lui consola Sean. 
" Mwi... Et j'imagine que grâce à ma maladresse, je suis la première ?"
" Hum, oui, je n'ai perçu aucune lumière violette... Sauf celui-là ", déclarait-il en lançant le sort.
" Oh, c'est bon, pas la peine d'être si mesquin. "
L'autre lui répondit d'un rire avant de lui proposer de retourner au rez-de-chaussée en attendant les autres. 


Emil marchait tranquillement. Il ne se pressait pas, car le jeu n'était pas sa priorité, et il était de nature calme alors il se promenait partout en attendant d'avoir la chance de tomber sur une fille, et qu'elle ne lui fasse pas trop courir de préférence. Au prochain tournant, il entendit des éclats de voix. 
" Doucement, Elliott, tes sœurs ne vont pas voler ta part. " Il reconnut alors son camarade de chambre Alfred, en compagnie d'Alice et d'Adrian. Bref, rassemblement de né-moldu. Et de leur compagnon poilu.
" Je ne comprends toujours pas pourquoi tu as changé son prénom, Cookie est très mignon ", argua Adrian, comme en reprenant le cours d'une conversation. 
" Je te l'ai déjà dit, ça fait trop pitié, à croire que je vais le manger et puis je suis son maître, c'est à moi de décider."
Comme pour approuver ses dires, le dénommé Elliott jappa. 
" Tu vois même Elliott est d'accord, et il adore son prénom. Doucement, avec les croquettes. " En disant cela, il l'éloigna un peu de sa gamelle " En plus, Lolie a un hamster qu'elle nomme ainsi. "
" Oui, mais elle ne l'amène pas ici, ce n'est pas comme si tu pouvais le confondre avec un rongeur. " 
" Oh, si tu savais..." Marmonna Alice. 
" Quoi ? Elle a amené ? Mais elle n'a pas le droit, elle n'est pourtant pas du genre à enfreindre des règles. "
" Oui, enfin elle sait surtout très bien le cacher ", renchérit Alice. 
" Ah oui ? Et comment ? La seule chose que je vois, c'est sa peluche de renard et... Non !" Réalisa Adrian. 
" Et si, elle sait faire preuve d'ingénierie quand son propre confort est dans l'équation ", souffla Alfred, à la fois admiratif et exaspéré. 

« Aurait-elle eu l’idée de le métamorphoser en sa peluche ? »

« Mais non ! Elle l’amène et le fait promener dans château caché dans sa chibi kitsune ! » Soupira Alice. Adrian se sentit un peu stupide.
" Hum, revenons à nos moutons, je voulais que tu gardes le prénom pour que ça donne trois C, tu vois comme les filles. "
" ...Oui, mais tu sais qu'il y a un mâle dans cette fratrie, tu le sais, hein ? " voulu s'assurer Alfred, un peu inquiet de la direction que prenait la conversation, tandis qu'Alice se retenait à grand peine de rire. 
" Dans ce cas, considérons que Cannelle est Claire, Caramel : Chloé et Clara ancien Cookie, parce que Clara ne peut qu'être un garçon, étant manqué. "
Là, Alice ne pût se retenir et rit ouvertement. En résonance, un rire s'éleva derrière eux. Et comme s'ils avaient reçu une attaque surprise, les deux éleveurs de chien réagirent au quart de tour pour cacher leur trésor au creux de leur bras de manière très protecteur, cependant ils se détendirent en reconnaissant leur camarade. 
" Désolé, je ne voulais pas vous surprendre. Vous pouvez desserrer votre prise, ça m'étonnerai que les chiens apprécient ce soudain étouffement. "
Se rendant compte, ils libérèrent illico les canins pour les laisser souffler. Ces derniers, bien que surpris, ne s'en formalisèrent pas et respirèrent fortement comme les chiens savent si bien le faire pour montrer leur excitation, ils demandaient leur reste de nourriture, dont Alice s'était chargée de cacher. 
" Tu es là depuis longtemps ? " Demanda Adrian, surpris car ne l'ayant absolument pas entendu.
" Assez longtemps pour avoir entendu de ce que vous dites des filles ", répondit Emil avec amusement. 
" Ne leur répète pas, hein. "
" Ce n'est pas mon genre. Vous êtes resté ici depuis le début du jeu ? Pourquoi ne pas être allé dans un salon ? "
" Fermés pour que tout le monde se retrouvent dans la grande salle ", expliqua Alice " et aussi pour nous donner des frissons en mettant des sorts de cridurut pour dissuader quiconque d'y entrer. "
" Mais dans ce cas, vous êtes repérés ? "
" Oh, Adrian a été plus vif ", fit légèrement Alfred.
" Ouais, comptez sur moi pour détraquer ce genre de mécanisme. "
« Hm, contente-toi de me dire qui est censé être Claire et qui est Chloé. "
En riant d'embarras, le blond lui fit les présentations. L'ambiance était léger et bon enfant et Emil avait totalement oublié sa mission, jusqu'à ce qu'une menace vienne alourdir l’atmosphère, menace qui se résumait d'une paire d’yeux qui se posaient sur eux avec insistance. 
" Je t'ai trouvé ~ "
Ce ne fut qu'au son de sa voix, qu'Adrian réagit poussant à Alfred d'en faire de même, il prit Elliott dans ses bras pour le couvrir sous son manteau mais ce qu'ils ne s'y attendaient pas était que le chien fut en effet hors de vue, car il venait de disparaître dans les mains du roux. 
" Mais qu'est-ce que... " Emil n'eut pas temps d'achever sa pensée qu'il se fit attraper par le bras. 
" Eh bien, tu as voulu sécher le jeu ? " 
" Malone... Euh..."
Ses yeux firent navette entre Animera et le trio toujours choqué par ce qui venait de se passer. Puis voyant que ce qu'il faisait ne ferait que perdre plus de temps qu'autre chose, il sortit sa baguette et lança le sort du jet violet avant de s'éloigner des non-joueurs. Plus tard, par il ne savait quel procédé, Elliott réapparu, mais tout couleur avait disparu du visage de son maître. 


Quant à Claire, elle marchait tout aussi tranquillement dans les couloirs du deuxième sans s'occuper d'un potentiel -enfin- de son chasseur quel qu'il soit. Bon, à vrai dire, elle avait complètement oublié qu'il y en avait un, car à son départ ce n'était pas du tout compétitive, après tout, tout le monde cédait à son regard. C'était pour cela qu'elle n'avait pas pris la fuite quand elle tomba nez à nez sur une chimère. Les yeux grands ouverts, jusqu'à pouvoir compter tous les veines visibles -près d'une vingtaine-, un nez crochu, voir cassé, dont une moitié avait été fondu à l'acide permettant de voir les organes qui s'y cachent sous la chair, juste horrible, une bouche un peu trop grande pour une taille normale, et pour cause, le côté gauche a été allongé ce qui laissait entrevoir les gencives saignants. Et le pourquoi de la bouche si agrandie était due au second visage présent en plus du principal, ce qui donnait une bouche -énorme- pour deux têtes hideuses. Une voix d'outre-tombe s'éleva du monstre.
" Oh, tu n'as pas peur ?"
C'est alors que la/les têtes se détachèrent du corps, qui surprise était normal, tout du moins humain. Elle comprit alors que la tête en deux visages était en réalité un masque très réaliste qui cachait le visage juvénile et malicieux de Lysander. Comment elle savait que c'était ce jumeau ? Facile il portait ses cheveux blonds mi- longs. 
" Ha, ha, je me doutais d'un dispositif pareil ", rit jaune Claire -et pas de blague raciste, s'il vous plaît. Parce qu'en vrai, elle était tétanisée. 
Si Lysander l'avait bien observé, il aurait remarqué les tremblements de son corps, mais étant donné qu'il faisait sombre, il ne pût que passer outre. 
" Pourquoi n'es-tu pas avec ton frère ? " 
" Je l'ai perdu en chemin. "
" Ah ? " Mais se doutant de la maladresse de Lorcan, elle n'en demanda pas plus, à la place, elle saisit une mèche dorée et l'enroula autour d'un doigt " ça à beaucoup poussé, je pourrai bientôt te faire des coupes. " Qui ne vont pas forcément te plaire, mais tu n'es pas obligé de savoir, fais-moi confiance, ajoute-t-elle mentalement. 
" Demain ? " Proposa Lys avec candeur. 
" Pourquoi pas ? À quelle heure commences-tu ? "
Là, inutile de préciser qu'elle avait complètement oublié le jeu du traque sorcier. Aussi, Albus n'eut pas la force de se montrer de derrière l'armure. Il ne l'avait pas traqué exprès, loin de là. Au début, il avait rencontré sur son chemin Malone, mais celle-ci semblait à la recherche de quelqu'un en particulier, alors qu'elle était chassée. Néanmoins jouant le jeu, il était sur le point de la traquer qu'il la vit se cacher au coin du mur, se jeter dans le couloir au virage puis en ressortir avec Stewart. Au final, elle avait plus traqué qu'elle ne s'était fait traqué. Avant de partir, son camarade de chambre lui donna une petite indication :
" Va faire un tour au deuxième. Même si c'était pratiquement un étage condamnée dans son vocabulaire, il faut que tu saches qu'elle aime se faire du mal. " 
Bon, bien sûr, il avait eu un coup de pouce, mais il ne la chassait pas particulièrement ! Bref, il n'avait aucune envie de l'arrêter en pleine discussion, surtout s'il s'agissait de son activité favorite qu'était la coiffure. Déjà qu'elle n'avait pas beaucoup de patient, puisque lui ne voulait pas, si en plus il allait la déranger en plein débat avec un rare, elle ne va pas être contente, et il ne voulait pas être mal vue. Alors, sagement, il tendit l'oreille, dans l'espoir de faire son entrée au bon moment. Puis, il entendit le sujet. 
" Elle est jolie ta robe, tu l'as fait seule ? " Demanda Lysander. 
" Oh non, c'est Albus qui me l'a offert l'année précédente. C'était aussi pour cette occasion, seulement... euh, avec les filles, on avait prévu autre chose. "
" Ah oui, les quatre animaux légendaires, il me semble ", se rappela le blond. Elle acquiesça distraitement. " Il est très sympa d'avoir pensé à toi. " 
Si Albus s'était tourné juste un moment, peut-être aurait-il pu apercevoir, à la lumière d'une torche, une montée de rougeur sur le visage de celle qui lui donnait aussi cet effet, mais il resta dans sa cachette. Lysander, par contre, ne rata rien, ni de la réponse, ni de la silhouette dissimulé derrière l'armure en face. 
" Oui, et j'ai même une sur mesure, avec des motifs qui me correspondent ", fit timidement Claire mais aussi avec une pointe d'orgueil. 
Lysander aurait pu jurer sur des nargoles, incusucs ou toutes autres créatures dont ses parents font la recherche qu'à ce moment, le brun était tout rouge. En effet, le cœur d'Albus bondit en lui, en reconnaissant ses faits. Une robe qu'il a conçu en pensant à elle, mais il n'avait pas encore les pensées présentes à l'époque !
" Ah oui, il a l'air de bien te connaître pour te confectionner, ça ", commenta Lys. Puis en continuant sur les commentaires de son déguisement, du coin de l'œil il observa avec amusement la réaction de l'espion, qui manqua de se montrer par mégarde. Albus faillit défaillir, il savait Lysander perspicace mais là il allait tout dévoiler alors même qu'il n'avait pas encore tenté d'approche ! Et ça, pas question ! Il prit donc son courage et sortit de sa cachette pour traquer Claire et terminer la conversation ici. Mais ce qu'il vit l'arrêta dans son élan. Comme le sujet avait dérivé sur les fausses boucles d'oreilles de la fille -car allergique-, il demanda avec curiosité si c'était des vrais patacitrouille, se trouvant que oui, le troisième n'eut pas meilleure idée que de les goûter...directement de l'accessoire, qui au passage était accroché à l'oreille ! 
Du coup, Albus les surprit dans une position assez suggestive. Mal à l'aise, il informa sa présence en se raclant la gorge, faisant sursauter Claire, qui recula avec embarras. 
" Euh... Je t'ai trouvé."
" Ah...ah, oui..."
Les deux étaient tellement gênés qu'ils en oublièrent que pour être considéré comme attrapée il faut que la sorcière soit emprisonnée, et Lysander adorait taquiner ce couple innocent. Toutefois, ils n'eurent pas le temps de profiter de ce moment de gêne qu'on vint les déranger.

Et qui était-ce à votre avis ? Midgen, bien sûr ! Elle les brailla dessus, comme d'habitude, d'aller rejoindre les autres au banquet. Si elle fit mine de les accompagner, elle laissa d'abord l'asiatique et le blond continuer seuls avant de se tourner vers le brun, dans l'intention d'avoir un entretien individuel. 
" Pourquoi n'étiez-vous pas au banquet comme les tous les autres élèves ? " 
Excédé par tant d'insistance sur sa personne et sur ces faits et gestes, Albus en perdit toutes ses formalités et soupira avant de répondre :
" Il se trouve que, professeur, nous sommes libres de participer ou non au banquet d'halloween. "
" Certes, cependant avec les antécédents de vos pères, vous connaissez les dangers que peut représenter d'être seul dans les couloirs du château alors que les autres sont réunis, non ?"
Son ennui passa à de l'agacement quand elle lui compara presqu'à son père -il avait toujours eu horreur de ça-, puis parvenant à passer outre car une autre partie était plus intriguant, il demanda, soupçonneux :
" Pourquoi dites-vous cela ? Vous pensez que le château n'est pas un lieu sécurisé ? " 
" Loin de moi cette idée, je tenais seulement à supposer qu'être seul alors qu'un accident peut arriver si facilement n'est pas une bonne idée. "
" En revanche, agir en troupeau alors qu'une menace nous vise justement est un comportement meilleur, c'est cela ? " Ironisa Albus. Il s'attendait à ce qu'elle se fâche ou s'irrite, après tout elle a été bien patiente depuis le début, mais contre toute attente, elle était restée calme. Et quelque part, il sentit que c'était encore pire. 
" Mais monsieur Potter, vous devez comprendre que tout ce que nous faisons est pour le bien de tout le monde. Parfois il faut savoir sacrifier certaine chose afin de rétablir l'ordre. " 
Cette exposition lui coupa le souffle pour une raison que lui-même ignorait. Il sentit un étau lui enserrer le cœur et la proximité seule du professeur Midgen lui donna envie de vomir ses boyaux. Pourtant il ne montra aucune signe de faiblesse et continua la descente d'escalier alors que l'adulte continuait son discours, voyant que son élève ne réagissait pas. 
" Pour le bien de tous, il nous faut établir de nouvelle loi, instaurer un nouvel ordre pour un meilleur avenir. " 

Albus se sentait de plus en plus mal et priait pour qu’elle s’en aille.
" Pour les sorciers ou les moldu ? "
La voix de Wyatt lui vint comme une libération, il se sentit à nouveau respirer et ne remercierait jamais assez son meilleur ami, néanmoins son intervention ne fut pas au goût du professeur qui se tourna vers lui avec un sourire mielleux avant de lui beugler dessus pour se presser d'aller dans la grande salle. Elle les quitta pour rejoindre le premier palier. Ou plus haut. 
" Ben quoi, qu'est-ce que j'ai dit ? " Fit légèrement Wyatt.
" Visiblement, je ne suis pas la seule à être de mauvaise poil, bien qu'un peu déçue que ce ne soit qu'elle, je reste sur mon avis qu'aujourd'hui est une mauvaise journée ", résonna la voix de Luxchana. 
" Ah, une autre attrapée. Et où se trouve Tyler ? " remarqua Albus. 
Sa camarade lui jeta un étrange regard. 
" Je n'en sais rien, je ne connais pas sa vie, moi. C'est quoi cette question ? "
" Oh... Ben, comme il me semble qu'il t'a traqué, je pensais que..." 
" Ne sous-estime pas mon jeu de jambe ", lui rétorqua la sri, avec une note de fierté. 
" Oh oui, ne sous-estime pas ", affirma Wyatt avec gravité. 
Surpris, le brun les observa avec de gros yeux. Si malgré leur expression assez comique, ils continuaient de marcher, leur échange fut vite interrompu. 


" Arrête de me coller ", grinça une voix féminine. 
Ils se tournèrent vers le fond du grand hall pour voir arriver une Harley hargneuse qui se faisait accosté par un Ionise désespéré par tant de haine. 
" Ah, voilà un autre couple, nous en sommes à la cinquième, non ?"
" Non, sixième ", fit Zabini en amenant Rose par le bras. Si on voyait bien à quel point ça répugnait la rousse de se faire accoster de la sorte par le noir, celui-ci avait aussi quelque chose qui sautait aux yeux, le devant de son costume était déchiré comme si un bête sauvage avait voulu marquer son passage. 
" Eh bien, tu n'es pas obligé de la tenir comme ça, elle ne va pas s'envoler. "
" Non, mais il est très probable à ce qu'elle se transforme par inattention de notre part. "
Albus et Wyatt comprit qu'ils parlaient de là sa capacité de se métamorphoser en son animagus de chat.

Comment ils en étaient arrivés là ? Très simple, Rose parcourait le quatrième étage, attentive aux bruits et son environnement. C'est pourquoi, elle fut très vive en voyant un ombre s'épaissir à un virage et se cacha juste à temps derrière un passage. Mais Tyler avait entendu du bruit et se doutait que sa proie s'était cachée quelque part. Avec une attitude si méfiante, il se doutait un peu quel était son identité, aussi il tenta ce qu'on pourrait appeler une expérience et l’entuba. 
" Hey, tu savais qu'après avoir été repoussé, les trois sang de bourbe se sont réfugiés devant un salon fermé ? Sur le sol directement, sans retenu, de vrai malpropre comme leur rang. "
Pas de réaction. Il essaya une autre approche. 
" Tu sais que depuis qu'on a découvert les tendances romantiques de Severus, Hype et moi l'avons un jour acculé pour voir d'autre de ses œuvres ? Tous aussi niais, mais bien digne de lui. Par contre, pas sûr que cela lui a plu. "
Silence, il crut s'être trompé de cible jusqu'à ce que le grincement d'une porte crissa. Un infime sourire s'étira sur ses lèvres quand il entendit le grondement caractéristique d'une Rose Weasley en colère, qui appréciait que moyennement qu'on se moque de sa famille et proche. 
" C'est ça, jette toi sur moi, facilite-moi la tâche. " Cependant, Tyler oubliait souvent que cette Weasley n'était pas une lionne, bien que partageant beaucoup des traits. Alors avant qu'il ne puisse la toucher, l'aigle qu'elle était agit avec vivacité et se changea en manx à la dernière minute pour pouvoir l'atteindre au torse et ainsi lui administrer trois griffures, d'où le lambeau de son costume. La rousse aurait très bien pu le laisser là et avoir un peu plus de temps de liberté. Seulement durant sa course à nouveau humaine -car ne voulant pas que son don soit éventé-, elle entra en collision avec la professeure honnie de tous, renforçant ce sentiment à cet instant. Car cela fit gagner la course à Tyler, qui l'emprisonna sous les yeux de l'adulte irrité. S'il se fit réprimander, il ne s'en formalisa pas, car aussitôt qu'elle disparut, il lança le sort du jet violet. 

Bref, en plaisantant gentiment, ils traversèrent la grande porte pour rejoindre les festivités. 


Quelque étage plus haut, l'affrontement entre deux têtes pensantes avait lieu, si Chloé était réputée être l'intellect de son groupe, Elias était appelé le stratège candide ...ment diabolique. Pour piéger sa proie, il mît en place une des pires plans qu'il avait en tête, arrachant un petit cri à la plus belle -tout du moins désirable- collégienne de quatrième année et plus, qui dans ses jours noirs arrivait même à mettre à ses pieds tous les beaux mâles que composent son équipe de quidditch, oui, monsieur, ça c'est une vraie femme. Bref, gentleman, Elias sut se taire à ce sujet et ne plus jamais faire allusion de ce côté qu'elle jugeait faible. 


Passons les quelques couples qui restent pour nous intéresser à celle qui vaut mille galions, celle qu'on a nommé et qui accepte non sans fierté lisse d'or ! Eh oui, nous parlons bien DU couple aux cheveux d'or qui se tournait autour depuis au moins trois ans, mais possédant tous les deux un ego sus dimensionné, aucun ne veut l'admettre, et c'est pourquoi ils passaient toute leur frustration dans leur geste plus que trahissant, comme maintenant, ils se couraient après. Bon, bien sûr, c'était le but du jeu, mais pour eux se jouaient des enjeux encore plus importantes, car leur intention n'était autre que de soumettre l'autre via ce jeu, qui tombait à point nommé, n'est-ce pas Sco ? À vrai dire, leur course poursuite durait déjà depuis très longtemps, dès l'instant où le premier jet fut lancé, Clara qui marchait à pas de loup et à reculons rencontra le dos de... lui. Sans perdre de temps, Clara se mît direct dans une course effrénée, manquant de distancer Scorpius qui réagit aussi au quart de tour et ainsi débuta leur chasse, dont la traque n'avait plus rien de compétitive mais de beaucoup amusant. Si à chacun des tentatives de Scorpio finissait par des échecs, Clara n'en menait pas large en courant de droite à gauche, usant quelque rare fois des passages secrets, car avoir un blond platine qui s'appelait Malefoy à vos trousses, vous ne pouvez pas espérer même un instant de répit. Aussi quand il entrevit comme un début de victoire en la voyant coincé sur un des escaliers en plein mouvement, il déchanta vite pour ne pas dire paniquer en la voyant sauter dans le vide. Juste pour l'échapper. Il faisait si peur pour qu'elle le fuie comme ça ? Non, parce que d'habitude elle était plutôt du genre à lui sauter dessus même quand il lui disait de dégager, non enfin il lui disait tout le temps de dégager mais voilà, quoi ! Bref, il ne voyait pas pourquoi il était en train de se justifier alors qu'il était inquiet pour sa blonde suicidaire... Non, oubliez ! Oh puis zut !
" Non mais t'es pas bien ? Juste pour vouloir être la dernière attrapée ?! "
" Oh oui, j'y tiens, surtout à la récompense, tu penses bien ! " Lui cria-t-elle en retour alors qu'elle se rattrapait de justesse au palier en face. " Et pourquoi tu te presse ? De toute façon tu n'es pas premier ! "
" Oui, bah, je ne souhaite non plus finir dernier et avoir un gage ! D'ailleurs, tu as pensé que si tu étais dernière, donc gagnante mais que si je le suis aussi, tu ne pourras pas me choisir pour être sous tes ordres. "
Il apprécia le silence qui s'ensuivit prouvant que non, elle n'y avait pas pensé. 
" Et qu'est-ce qui te fait dire que c'est toi que j'aurai voulu asservir ? " répliqua-t-elle néanmoins. 
" Voyons, je suis le seul que tu désires..." 
Si elle aurait pu, elle aurait frissonné, mais dans sa course folle, Clara ne fit plus attention à rien si ce n'est fuir le blond derrière lui. 
" Plus sérieusement, et si tu t'arrêtais pour que je puisse te faire une proposition ? " Reprit-il de sa voix moins traînante mais plus essoufflé.
" Hum, non merci, cette proposition n'est pas assez alléchante pour m'amadouer ", déclina la blonde. 
" Je suis pourtant sûr que cela va te plaire..." Étrangement sa voix diminua en intensité et Clara cru qu'elle l'avait semé. Cependant quand elle ralentit un peu, ce qui était une grave erreur, elle sentit un souffle dans sa nuque et l'instant d'après elle fut acculé jusqu'à un mur. Eh oui, elle n’était pas la seule à se servir des passages secrets. Scorpius avait tout de même eu la gentillesse de ne pas l'emprisonner tout de suite. 
" Dans ce cas, si je te disais que tu pourras "m'asservir", genre plus d'une journée ? "
Clara n'en cru pas ses oreilles, Scorpius Hyperion Malefoy lui proposait-il de sortir avec elle ? Cependant en retournant la phrase dans tous les sens, elle sentit quelque chose clochait. 
" Mais...? " L'incita-t-elle. 
Le sourire de son interlocuteur s'agrandit si possible. 
" Il faudrait que tu te laisses attrapée. Là, tout de suite. " Alors sur les lèvres de Clara se dessinèrent aussi un sourire narquois. 
" Proposition déjà beaucoup plus intéressante que la première, mais... Je ne voudrai pas te faire trop plaisir en m'asservissant en première ! "
Sur ces mots, elle se déroba comme elle savait si bien le faire et reprit un rythme rapide. Lui sur ses talons. Et puis ça lui faisait trop plaisir que c'était à son tour de lui courir après sans qu'elle ne lui ait rien fait qui le discréditait. 


La porte de la grande s'ouvrit encore une fois, mais ce fut la dernière de la soirée, et apparurent deux blonds de différent nuance mais dont la couleur rouge sur les joues fut bien semblable. 
" Clara, on n'attendait plus que toi ! " 
Celle-ci rejoignit ses amies avec joie en jetant un dernier coup d'œil à son compagnon de jeu, qui laissa échapper un soupir et infime sourire. Mais ce qui s'est passé entre eux, ne restera qu'entre eux. 
" Tiens, je suis surpris de ne pas être dernier ", déclara soudainement l'investigateur du jeu en lançant un sort pour compter tous les jets violets lancés depuis. 
" Ah bon ? Nous sommes pourtant tous présents. " S'étonna Stefan. 
" Justement. Je vérifie. " Un instant de concentration plus tard, une surprise équivoque prit place sur le visage des quatre garçons de la bande. Même pour Zabini. 
" Bah, Sev, tu n'avais pas compris le but du jeu ? " Fit doucement Elias.
" Hein ? Ben, si..." Silence, il visualisa à nouveau ce qui s'est passé, déjà il ne l'a pas emprisonnée ensuite il a oublié de lancer le jet violet à cause de l'intervention de Midgen, ce qui veut dire... " Non ! " Il laissa sa tête choir sur la table des aigles et le laissa caché pour ruminer. 
" Eh si, nous avons nos deux perdants, Albus et Célia, dont un gage leur est imposé. "
" Oh, mais ça veut dire que j'ai gagné ", se réjouit Claire en s’applaudissant. 
" Oui, tu peux choisir quelqu'un et l'asservir pour une journée, mais tu ne peux pas choisir un perdant parce qu'il aura déjà à faire quelque chose..."
La joie laissa immédiatement place à la panique. 
" Hein ? Mais oui, je sais ! Je n'allais pas choisir... ! "
Si le début de panique en fit ricaner plus d'un, seul Emil eut la gentillesse et la patience, surtout la patience, de lui souffler : 
" Calme-toi, personne n'a cité de prénom..."
Juste, mais au lieu de lui en être reconnaissante ou encore d'être embarrassée de s'être emporté de la sorte, elle réagit violemment en se tourna vers son ami pour le fusiller du regard. 
" Tu as gagné, je te choisis ! " 
N'ayant pas grand réaction, l'inventeur haussa simplement les épaules et détournant de la conversation, Albus releva sa tête pour montrer une moue aux observateurs qui auraient aussi pu être de mauvaise langue et dire qu'il était jaloux de l'attention que la fille de ses rêves portait à son meilleur ami, mais tout le monde savait qu'il n'était pas insensé et supposaient donc qu'il grimaçait juste pour son gage qui n'allait pas tarder à venir. 
" Bon, si c'est ça, moi, je te choisit, Claire. " déclara Sean, le gagnant.
" Hein ? " 
Là, Albus grimaçait bien de jalousie. Il jeta un regard mauvais à son ami, qui répondit par un sourire avant de poursuivre sa lancée. 
" Ben quoi, ce n'est pas interdit, non ? " Il vit Scorpius échanger un regard avec son cousin avant d'approuver " Donc, je voudrai qu'à la fin des cours de demain, tu décores le château avec cette bombe. " accompagnant ses mots, il posa une bombe de peinture de Collexion Connection devant la chinoise. Celle-ci la regarda longuement avant de se tourner vers son "maître". 
" Toute la façade du château ? "
" Perspicace. En effet, tout. " Affirme-t-il en hochant la tête. 
Claire en fit de même avant de se tourner vers Emil. 
" Tu le fais avec moi. " 
Haussant encore les épaules pour montrer son indifférence, Emil hocha lui aussi la tête. 
" Comment t'as l'air de t'en foutre ", commenta Clara. 
" Bof, ce n'est pas inhabituel, il n'est pas du genre à rechigner ce que la petite lui demande. " 
Ignorant son indignation à l'appellation, Chloé se tourna vers elle et demanda d'un ton accusateur :
" Tu ne pouvais pas lui demander quelque chose de plus compliquer à faire ? Une chose dont il aurait du mal à accomplir. " 
" Comme quoi ? Je ne vais non plus lui demander de se travestir. Quoique, ce serait une idée... " Elle fut perturbée de ses pensées par la main du concerné qui lui tira violemment la manche de son costume. 
" Hé, n'abîme pas mon costume ! " 
" Pas d'inquiétude, je l'ai métamorphosé de sorte à ce qu'il ne se dégrade pas si facilement ", rassura rapidement le tailleur. 
Claire rougit non pas par honte car ayant montré une manque de confiance, mais d'embarras car il aurait pu voir qu'elle y tenait particulièrement à cette robe. Emil la sortit une fois de plus de ses pensées. 
" Ce n'est pas ça qui va m'arrêter pour t'empêcher de dire des choses insensés. " 
" Oh, arrête, je suis sûr que tu seras très joli en fille. " 
" De quoi tu parles ? Il est belle naturellement. " Minauda Lolie.
" Euh, beau. " Rectifia Ionise en sourcillant.
" Non, non, je ne me suis pas trompée. "
Les garçons eurent des regards consternés avant de jeter des coup d'œil à l'intéressé (e ?) qui levait ses yeux au plafond ensorcelé. 
" Attends, tu as bien dit qu'il ferait tout ce qu'elle lui demandait ? " fit Luxchana. 
" Quoi, tu veux vraiment qu'il se travestisse ? " 
" Non, mais il y a une chose encore plus embêtant que de s'habiller en fille pour lui. " Elle laissa planer un silence le temps qu'ils trouvent eux-mêmes la réponse, en vain. " Emil ne peut se séparer d'un de ses inventions du moment, non ? "
" Et donc, tu veux que je lui demande d'arrêter de nous créer ces fabuleux jeu juste pour demain ? " 
" Tu sais que monsieur est juste à côté ? Demande-lui son avis ", suggéra sournoisement Clara, visiblement amusée. 
Alors la brune tourna un regard des plus innocents de son répertoire vers celui qu'elle appelle meilleur ami pour le questionner silencieusement. Et toute personne saine d'esprit aurait compris dans ses yeux alarmé qu'il disait : " Ne fais pas ça, ne fais pas ça, ou je te jure que je te le ferai payer. "
Cependant en faisant fi de la douleur -micro parce qu'il n'oserait jamais la faire de mal même pour lui mettre la pression- qu'elle sentait à son poignet, elle lui fit un sourire classé le plus candide de l'année et lui déclara, avec toute l'ingénuité dans la voix : 
" Bon, alors demain tu peux laisser reposer ton cerveau, Emil. Tu n’auras plus à penser ce que tu vas nous concocter, car tu n'auras plus besoin de charmer des parchemins ni toucher à la tablette M, c'est interdit, demain. "
Voilà, au tour de la tête à Emil de rencontrer amoureusement le bois de la table qui l'accueillit avec joie démesurée, faisant un bruit qui attira l'attention des autres occupants. Mais tout ce qu’ils virent ne fut qu'une bande de quatrième qui riait plus ou moins aux éclats. 
" Sadique ", lâcha Ionisé entre deux toussotements, non il ne riait absolument, jamais il ne se moquerait de son cousin !
" Ou maso, tu penses bien qu'il va se venger pour ce que tu viens de lui imposer ", remarqua Rose. 
" Mais non, mon Milou ne me fera jamais de mal ! " Et le surnom gnangnan de retour ! 
" Pourquoi est-ce que cela à l'air si grave ? " demanda Tobias. 
" Ne pas travailler sur la suite de ses créations est comme demander à un glouton de jeûner une journée entière, du lever de soleil à son couché. " 
" Horrible ! " S'écria Claire. 
" Bah, pourquoi tu lui as demandé ça ?? " s'étonna Ani. 
" Ben... Ce sont les jeux. "
" Tu viens de remonter dans mon estime, Lyu. " Ricana Malefoy.
" D'ailleurs, on devrait aussi donner un gage aux perdants ", chantonna Lolie. 
" Non, pourquoi tu l'as rappelé ?? " S'égorgea presque Célia. 
" Ben... Ce sont les jeux ", parodia la gryffondor causant le rire -presque- général du groupe. 
L'ambiance resta festive jusqu'à la nuit ou on demanda finalement aux élèves plus âgés de respecter l'extinction des feux. 


Tout était si paisible à cet instant que personne n'en cru à la une du lendemain matin, pourtant Albus aurait pu, lui. Il se sentait aussi nauséeux que lorsque Midgen lui avait parlé du changement, de la méfiance, du Nouvel Ordre. S'il avait été d’humeur, il aurait fait le lien, mais le fait était qu'il n'avait pas pu et reçu une grosse claque en entra dans la grande salle ce matin. 


" Albus ! " S'écria Rose, les yeux embués de larme et tous se tournèrent vers lui. 

Il vit James pâlir en lisant la gazette du jour et Lily lui sauta dans les bras, aussi affectée que sa cousine. Puis alors que le silence était maître, derrière lui arriva son meilleur ami qui lut tout bas la une de l''article qui faisait autant de bruit. 

" Harry Potter, grièvement blessé lors d'une attaque contre le Nouvel Ordre. "


Et tout devint noir. 

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