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Chapitre 4

Union et Groupe

Novembre 

" Et donc, le 31 octobre, on apprit la mort..."

" La mort ? " 

Dire que Wayne Hopkins était surpris était un euphémisme, il était sans aucun doute sous le choc et encore plus quand il vit qui l'avait interrompu. Enfin, l'avaient. Lolie laissait apparaître de grosses gouttes de larmes à ce mot funeste et le professeur fut à proprement dit ébranlé par une telle réaction. Et cela n'alla pas mieux quand il vit les regards douloureux des autres filles. Pour leur premières fois, les garçons -ainsi que les filles qui avaient encore la tête sur les épaules- virent leur professeur sans voix. 

" Eh bien, c'est la première fois qu'il m'est si difficile d'annoncer le décès d'un figure emblématique de l'histoire ", souffla l'adulte à la fin de l'heure. 

Triste pour son père, John décida d'aller voir Lolie pour lui demander pourquoi cette interruption. 

" Pourquoi ? Tu oses demander pourquoi ? Dois-je te rappeler ce qu'on a appris tout à l'heure ? La gazette du matin a annoncé une attaque, ça parle donc forcément de la veille ! Et c’était le 31 octobre ! "

" Oui, mais Harry Potter n'est pas... "

" Bien sûr que non, ne parle pas de malheur ! » Lui coupa violemment la lionne « Mais c'était le cas des Potter seniors en 1981 ! C'était aussi le cas de tous les autres opposants de celui qu'on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et aussi au moindre mesure de celui de Nick-quasi-sans-tête ! "

RIP sir Nicholas, vous n'êtes apparemment pas la priorité d'une élève de votre maison. 

" Bref, t'as compris : cette date porte malheur ! Alors on ne parle pas de mort aujourd'hui ! " lui cria-t-elle avant de s'enfuir. 

" Quoi ? Mais... "

" Euh, on est le premier novembre, aujourd'hui ", commenta juste Kenneth après-coup. 

Les filles et leur mode de pensée, vaut mieux ne pas chercher à comprendre. 

Claire resta silencieuse toute la journée. On aurait pu s'étonner car il n'était pas dans son habitude de rester calme, sauf si elle était perturbée. Comme maintenant. 

Après ce qui s'est passe au petit-déjeuner pratiquement tout le monde était abattu, comment réagir alors que l'on apprenait qu’Harry Potter, le héros, s'est blessé lors d'un assaut tenu par un groupe de malfaiteur, celui qu'on nommait communément le Nouvel Ordre. À présent, même les derniers petits voix –quoique- qui était d'accord avec leur idéologie avaient changé d'avis en voyant à quel point leur action était dangereux. 

Les entourages de la famille Potter avaient leur patience vivement mis à l'épreuve. On venait consoler les meilleurs amis de la fratrie, tout comme les Weasley, bien que pour les derniers, ils s'accrochaient plus entre eux. Abby et Lucas devait se retenir de craquer, devant aussi faire leur devoir de préfet, Louise était toute triste et se faisait remonter la morale par les blagues pas très bonne de Valentin (dixit Rei), Wyatt avait été distrait toutes les fois où on a voulu l'aborder, n'arrivant pas à se concentrer en dehors des cours et Rose s'acharnait dans les études. Du coup, Claire broyait du noir puisqu’elle n’était pas une flèche en étude.

À la fin de la journée, son meilleur ami vint la secouer. 

" Bon, tu te bouges ? On doit sortir pour décorer le château. "

Eh oui, ce n'était pas uniquement pour elle, après tout, c'était sa faute s'ils étaient dans la situation actuelle. La chinoise ne fit que poser un regard absent sur lui. 

" Et n'utilises pas l'excuse comme quoi tu es bouleversée, j'ai de mon côté bien respecter ma condition, alors tu t'y colle aussi. "

Cette fois-ci, il reçut un regard perdu qui termina vite de faire perdre sa patience. Est-ce qu'elle était en train lui faire comprendre qu'elle a oublié quel en était la restriction ? Alors qu'il s'est ennuyé toute la journée parce qu'il n'avait pas pu avancer dans son nouveau projet ? Une sourde colère gronda en lui et extériorisait jusqu’à un yard. L'ayant probablement senti, le souvenir de lui avoir imposé quelque chose de bien contrariant revint à son amie, qui tenta de son mieux pour l'apaiser, comprenant sa bêtise. 

" Ah oui, oui, je vois ! Je - je... J'arrive ! N -ne te fâche pas..."

Il se calma peu à peu que les paroles lui vint mais ne montra pas qu'il lui avait pardonné. Il lui jeta juste un coup d'œil pour l'inciter à le suivre. Les deux aigles arrivèrent dans le grand hall où les attendaient la plupart des joueurs du Traque Sorciers, du moins ceux qui voulaient se changer les idées. Une fois les principaux joueurs arrivés, car il s'agissait de leur gage, Sean, le "maître" les demanda de le suivre à l'extérieur. Ils arrivèrent sur le gazon où il avait cours de vol en première année, sur la place il y avait déjà d'autres de leur camarade. 

" C'est bon, j'ai tout ce que tu voulais ", déclara Luxchana en voyant son condisciple arrivé. 

" Merci ! " Puis en sortant une bombe de sous sa cape, il le tendit aux deux amis. " Tenez, vous décorerez les murs du château avec ça. Et pour vous faire gagner de temps, vous prendrez un transport. " 

Ceci dit, sa camarade sri lankaise sortit un tissu et le déploya avant de l'installer sur l'herbe. Sans leur laisser le temps d'assimiler ce fait, le gageur poussa les deux Serdaigles vers de l'étoffe avant de les obliger à marcher dessus. 

" Euh, mais attends, ton truc... Ce ne serait pas..." 

Emil ne pût finir sa phrase que le Poufsouffle donna un départ et Luxchana siffla entre ses doigts. Sans qu'elle ne puisse rien y faire, Claire vit avec effroi le tissu sur lequel ils étaient s'élever dans les airs. 

" Ahh, Milou, au secours ! " 

Sans plus de manière, elle accrocha à son seul salut présent à bord de ce tapis volant, Emil manqua de s'étouffer dans les bras meurtrière de l'acrophobie, surtout quand il sentit du métal se presser entre ses omoplates, que son amie aurait pu facilement les rompre par la force insoupçonnée que lui procurait son vertige. 

" Claire, tu m'étrangles ! Déplaces au moins la bombe ! " Il crut entendre un rire en bas " Au lieu de vous moquer, vous pourrez nous expliquer un peu comment on fait pour contrôler ce tapis ! "

" Absolument rien ! Je gère tout ! Contente-toi de décorer les murs avec cette bombe qui semble vouloir ta peau ! " Rit Luxchana. 

" T'as entendu Claire ? " Aussitôt qu'il posa la question qu'il regretta, car l'autre ne faisait aussi que lui crier dans les oreilles " Bon aller, passes-moi cette bombe qu'on en finisse ! "

Tandis que de la main droite, il tenait son amie par la taille, histoire de lui faire comprendre qu'il l'a soutenait -inutile, mais bon-, sa main gauche tenta d'attraper la bombe que l'autre a daigné déplacer à la hauteur de sa tempe. Une fois attrapé, des deux mains, il débuta des tags sur le vieux mur du château magique. 

Cela dura une bonne heure où le tapis volant fit le tour du collège, qui fut tagué des sept couleurs du ciel, jusqu'aux fenêtres ce qui inquiéta légèrement les élèves qui se sont réfugiés dans les salons ou touret -oui, jusque tout en haut pour bien embêter la phobie de mademoiselle-. Et comme il était de la maison de l’imagination, il devait bien faire figure et avait tagué des mots subtil de faire rougir certain, bourdonner les oreilles des autres ou juste rendre hilare. Et puis comme il était ingénieur dans l’âme, il avait ajouté de petits sigles propres à lui.

Une fois terminée, une surprise -très désagréable- les accueillit. 

" Puis-je savoir ce que vous faites ? " 

Midgen dans toute sa laideur. Alertée probablement par des fayots, le professeur de défense marchait vers eux d'un pas pressé, visiblement remontée mais aussi enlaidi d’un sourire sadique, heureuse d'avoir un prétexte pour punir. Car avoir toutes les façades du château recouverts de couleur arc-en-ciel, bien que jolie car certaines parties sont de dessins soignés, n'était vraiment pas une chose qui pouvait leur permettre de gagner des points. Cependant au même moment, une averse les prit.

" Oh, même le ciel pleure pour la tragédie qui nous touche. "

" Ou plutôt parce qu'il a vu la dinde arriver, non ? "

Le sarcasme d'Emil réussit au moins à arracher un rire à son amie. Donc, une averse s'abattit sur la peinture, qui était d'étrange matière, car celle-ci perdit toute constance pour devenir aussi liquide que la pluie qui le touchait et couler jusqu'aux sols. Et une fois en contact avec la terre, elle changea aussitôt de substance pour devenir vapeur. Ce qui fit que non seulement Midgen n'avait plus aucune preuve pour les attaquer mais en plus, ils avaient un très beau spectacle sous leurs yeux pour égayer l'humeur général depuis ce matin. 

" Comme vous pouvez le constater, professeur, pas grand-chose ", répondit tranquillement Sean et même avec une pointe de moquerie. 

" On prenait juste l'air. "

" Oui, rien de répréhensible, sauf s'il est interdit passer du temps dans le parc ", ironisa Clara en ouvrant les grands yeux. 

Midgen bouillonnait littéralement. Son visage rond était rouge et ses joues, creuses car ses dents les mâchaient de l'intérieur, ce qui la rendait encore plus hideuse. N'ayant rien de mieux à dire, elle tourna juste les talons et rentra dans le château, fulminante. Restés entre eux, le petit groupe éclata de rire. 

" Je sais ce que vous avez fait et c'était très risqué ", les interrompit une voix. 

Ils se tournèrent avec surprise vers deux élèves plus âgés qui marchaient dans leur direction. Il s'agissait d'un préfet et d'une ancienne. Louis Weasley les regardait avec un sourire amusé et Giovanna Higgs leur fit un clin d'œil complice.

" Mais comme je ne suis plus préfète, je n'ai rien à vous dire. "

" Cependant, Gio a raison, vous devez faire attention, car elle ne serait pas gênée pour vous enlever des points juste par plaisir", enchaîna néanmoins Louis.  

" Oh, mais pas de problème, ta camarade sait que je me débrouille, tout comme je m'en suis bien sorti avec le plat que je t'ai offert l'an dernier, n'est-ce pas ? " au tour de Sean de faire un clin d'œil à l'ex préfète des serpents.

Cette dernière resta un moment coite avant de se rappeler de l'événement cri de tonnerre par des insectophobies avant de devenir un concours de qui aura le plus mauvais dragée surprise. Il était vrai que cela ressemblait fort au même procédé. Elle finit par sourire. 

" Allez jouer à l'intérieur plutôt, avec cette averse qui n'en semble plus une. "

Et elle les laissa là. Parce qu’en effet, l’averse semblait devenir déluge.

" Comment ça ? Quel plat ? " S’étonna Louis. 

Et on pouvait déceler un petit quelque chose... De l'envie ? 

" Oh, trois fois rien. Cela s'est juste passé pendant que vous avez votre séjour au Londres moldu. Pourquoi cela vous intéresse, monsieur de préfet ? " Demanda Sean avec innocence en sachant très bien la réponse.

" C'est ...juste par curiosité ! Et puis je n'ai pas de compte à vous rendre ! Entrez dans le château avant de tomber malade ! " Leur conseilla-t-il en haussant le ton, gêné par la question. 

On venait de toucher un point sensible.

" Je rêve ou tu viens de jouer au cupidon ? " s'ahuri Claire. 

" C'est bien le cas. Par contre, c'est moi ou il y a une couple qui se pelote, la ? "

Ils se tournèrent tous d'un mouvement et prêts à charrier le dit couple, mais découvrirent avec ébahissement l'identité de ce dernier. Clara et Scorpius se chamaillaient. Oh, loin des injonctions dont ils faisaient quotidiennement preuve depuis la première année, mais plutôt comme des boutades d'un couple. En effet, il s'agirait du bon terme pour les qualifier pour que, "inquiet" pour sa belle, Scorpius vint rejoindre Clara et l'abriter sous sa cape. Bien sûr, actuellement, ils se taquinaient, parce que le fait que leur cheveux soient si décoiffés ne doit pas être dû à la pluie -à moins que...-, mais rien de méchant, aucun des deux n'élevait le ton et un sourire mangeait la moitié de leur visage. Serait-ce un mirage dû à cette vapeur de peinture couleur arc-en-ciel ?

 

De leur côté, les Potter n'étaient pas en meilleur forme que le chef de la famille hospitalisé. Dès l'instant où ils apprirent le drame, la directrice les demanda immédiatement à parler en privée. Plus tard, on leur annonça qu'ils ont la permission de quitter le collège pour rejoindre le héros à Saint-Mangouste via portoloin, leur mère étant déjà présente sur les lieux et que cela leur fera perdre trop de temps si elle devait venir les chercher. Surtout que Ginny Potter n'était vraiment pas en état d'user de la magie, étant en fort trouble émotionnel. La voyant assise sur le banc de la salle d'attente, toute pâle et les traits défaits, Lily ne se préoccupa plus des bonnes séances et se jeta dans les bras de sa mère après avoir lâché Albus. Mère et fille restèrent dans leur étreinte sans échanger un mot. De leur côté, les garçons rejoignirent une figure reconnaissante un peu plus loin, caché dans un coin de la pièce. 

" Teddy, explique-nous ce qui s'est passé. "

En effet, il s'agissait bien de leur frère de cœur prostré dans le coin de la salle. Il avait les cheveux noirs défaits, comme s'il avait passé plusieurs fois ses mains dedans, prêt à les arracher, et si ses doigts avaient recouvert le bas de son visage comme pour s’empêcher de dégurgiter, seuls ses yeux leur fut familier, car il était beaucoup trop ébranlé pour changer ses traits. Teddy Lupin, auror depuis 2018, leur jeta un regard décontenancé. 

" Je- je ne sais pas trop. Avec Harry, on avait pour mission d'attraper cette sale organisation une bonne fois pour toute. Tout était prêt, on les avait en tenaille, et ils n'étaient qu'en petite comité, trois ou quatre personnes, cinq, tout au plus. Ils discutaient à propos d’une malle sans avoir remarquer notre présence, mais parrain avait comme un mauvais pressentiment, il me disait qu'il valait mieux prévenir les autres pour être sûr de les avoir. Pendant qu'il leur envoyait un patronus, j'ai de mon côté remarqué du mouvement, ils semblaient sur le point de bouger et je ne pouvais décemment pas les laisser s'échapper avec tout le grabuge qu'ils causaient. Seulement je n'ai pas assez bien calculé et lorsque j'ai tenté de les arrêter ils ont répliqué. Ensuite s'ensuivit une rapide confrontation, puisque les renforts n'allaient pas tarder. Mais je ne sais par quel moyen, ils ont aussi compris ce fait et peut-être qu'ils étaient désespérés ou autre chose, dans tous les cas ils n'ont pas voulu coopérer et ont sorti quelque chose de leur mallette qu'ils allaient embarquer. C'était rouge et attaché avec un minuteur. Je n'avais pas compris au début, je ne pensais pas que c'était un instrument de mort chez les moldus. En voyant les autres aurors arriver, ils ont enclenché le dispositif. Tout s'est passé très vite, p- parrain était positionné en première ligne et... Pardon... Je n'ai rien vu venir. C- c'est de ma faute, si seulement je n'avais pas engagé le duel et ait attendu les renforts... "

La fin du récit se brisa pour se terminer en gémissement. Les frères virent bien par-là à quel point leur aîné regrettait. Un silence de mort s’installa rapidement.

" Ce n'était pas de ta faute Teddy... Vous ne faisiez que votre devoir de les arrêter ", tenta Albus de le rassurer quant à son action assez gryffondorien, il devait avouer. Et puis, il se demandait aussi ce qui était arrivé aux quatre ou cinq malfrats. 

" Et puis, ce n'est pas en étant rongé de remord que tu vas ramener papa ", poursuivit James en voulant aussi rassurer, à sa manière. N'empêche, ses mots étaient crus.

" Rah, je ne vous dis pas la pagaille qu'il y a dehors ! " Leur informa une voix agacé et avec toute la douceur d'un troll. Mais venant de Ron Weasley, ce n'était pas étonnant. " On dérange l'accueil pour connaître l'état d'Harry, et plus haut, on nous demande de les neutraliser. D’un autre côté, on demande aussi du renfort pour dévaliser les lieux du sinistre... "

Et récupérer le reste, s'il y en a, aurait-il voulu ajouter aussi mais le regard noir d'Albus l'en empêcha. Pas la peine d'un rajouter, on broyait assez du noir par chez eux. Décidément, le cadet était bien entouré avec tous ces lions. 

" Bon, je vais aller calmer le jeu, ne vous inquiétez pas trop. On parle du survivant là. "

S'il voulait égayer l'atmosphère, il faudrait lui faire remarquer que ce n'était pas son fort à l'occasion, car cela n'arracha qu'un pauvre sourire à sa sœur, qui avait son trésor roux dans les bras. Il lui posa une main réconfortante sur l'épaule libre de sa sœur.

" Aie confiance en lui. " 

Elle le remercia du bout des lèvres. Car de la confiance, ils en auraient besoin dans l'attente. Ils n’auront aucune nouvelle de la journée si ce n'est que le médico mage qui leur annonçait que son état a été stabilisé et que sa vie n'était plus en danger. Puis quant à savoir quand est-ce qu'il se réveillera... C'était une autre paire de manche.

Le lendemain, ils eurent la bonne surprise en venant de bonne heure à l'hôpital d'apprendre que monsieur Potter était réveillé ! Décidément, on ne parlait pas de n'importe qui ! Directeur et chef des aurors, le héros qui a sauvé la communauté magique et grand sorcier respecté, cependant ce n'était pas pour autant qu'il était immunisé à la cicatrice, sa plus célèbre étant celui qui se trouvait au front en forme d'éclair, il avait à présent d'autre marque sur le visage. Le plus visible se trouvait sur sa joue droite et semblait assez conséquente, il avait encore des bandages qui maintenaient cette endroit, mais quelque chose leur disait que même après son hospitalisation, il en aurait encore besoin pour cacher ses marques provoqué par un ustensile moldu. La seconde plus marquante se situait plus bas, des bandages beaucoup plus importantes s'enroulaient à partir de son cou jusqu'autour de son torse, et ce n'était pas une simple supposition mais bien une vérité qu'ils voyaient à travers sa robe de chambre immaculé et simple. Cette image figea les plus sensibles, Ginny s'arrêta et se couvrit la bouche, des larmes imperceptibles lui montèrent aux yeux, Teddy en eut le cœur serré en songeant que lui n'avait absolument rien, après tout son parrain s'est placé volontairement devant lui pour le préserver. James et Albus se figèrent à quelque mètre du lit mais seule Lily n'en fit pas grand cas, elle se jeta aussi doucement que possible dans les bras de son père, ne voulant pas été brutale. Raté. 

" Ouh, doucement, trésor. "

" Oh, pardon ! ", se détacha-t-elle prestement sans s'éloigner. 

Cela réveilla au moins le reste de sa famille, sa femme s'approcha de l'autre côté du lit et lui prit tendrement la main. Harry lui sourit tout aussi apaisé. Ses fils s'approchèrent un peu plus et lui sourirent, Teddy fut le plus réticent. 

" Hey, Teddy. Je suis content de voir que tu n'as rien. "

Ses yeux lui picotèrent et il lutta pour ne pas laisser un traitre de larme s'échapper. Il s'inquiétait encore pour lui alors qu'il était dans un état si déplorable ? 

" M- moi aussi, Harry, je suis content de voir que tu ailles bien... Merci de m'avoir sauvé."

Son presque père lui donna un sourire resplendissant. 

" C'est normal, je n'allais pas laisser un de mes enfants face à un tel danger. "

N'en supportant pas plus de pression, il laissa finalement couler quelque larme en changeant la couleur de ses cheveux en noir-Potter et ses yeux en vert-Harry-Albus. Il s'avança vers le lit car on lui demandait si gentiment. Et si à ce moment, on entrait dans la chambre -personnel, s'il vous plaît, eh oui, on est héros ou on ne l'est pas-, on pouvait facilement dire qu'il s'agissait d'une famille, tant le tableau pouvait être attendrissant. 

Tout le long de la journée, Harry reçut la visite de plusieurs membres de la famille rousse, qui ont pu se libérer évidemment, et aussi de la grand-mère de Teddy. À la fin de la journée, la famille était éreintée, qui aurait cru qu'il serait si fatiguant d'accueillir de la famille bouleversée, surtout lorsqu'il s'agissait de personne âgée.

Après les avoir raccompagné et un petit tour pour se dégourdir les jambes, et saluer Victoire en plein travail, les enfants en plus de Teddy revinrent vers la chambre de leur père resté seul avec leur mère. Et pour cause, quand ils ouvrirent la porte, ils surprirent une scène assez embarrassante. En effet, leurs parents se sont laissés aller à une preuve de tendresse et s'embrassaient. Ils rougirent tout en fermant la porte derrières eux pour éviter de se faire prendre par des voyeurs, mais James profita aussi pour les siffler avec malice. 

" Et alors on ne vous dérange pas, le couple de gâteau ?"

" Hum, il me semble que tu es mal placé pour dire ça, monsieur le précoce. " Répliqua Ginny en allant arranger le coussin de son mari. 

" Qui est-ce qui n'arrêtait pas de parler d'une fille nuit et jour depuis le retour de sa première année ? " L’embêta également Harry.

" M -mais je ne pensais pas comme ça d'Abby à ce moment ! Elle était vraiment trop fun comme amie ! "

" Mais oui ", l’asticota sa mère. Car elle se souvenait que ce n'était pas de la simple amitié à chaque fois qu'elle les voyait s'amuser ensemble lorsqu'il l'invitait chez eux.

Et que les sentiments avaient surtout changé à leur troisième année. 

" B-bah, Albus aussi alors ! "

" Quoi ? Mais pourquoi on en vient à parler de moi ? " 

" C'est vrai que c'était la première fois que tu invitais des filles, il y en avait une qui te plaisait ? "

" Hein, m -mais... " Bredouilla le cadet, rouge. 

" Oh, moi, j'en suis sûr que c'est la chinoise..." Sifflota James, profitant qu'on l'oublie.

" M'enfin, ça crève des yeux ", S'incrusta Lily. 

" Tiens donc, une chinoise ? Ça me rappelle quelqu'un à ton âge ", fit mystérieusement Ginny.

Les plus jeunes virent Harry lever les yeux en l'air. 

" Tu m'en veux toujours pour ça ? J'étais jeune. "

" On était tous jeune, mais bon, tu étais aveuglé par cette soi-disant beauté des Serdaigle parce qu'elle jouait au même poste que toi au Quidditch. "

" Tiens, chez les bleus, ça me rappelle aussi quelqu'un ", théâtralisa James en tournant un regard éloquent vers son frère. Qui le fusilla. 

" Haha, tel père tel fils ! " se moqua Teddy. 

" Par contre, elle ne joue pas au Quidditch car elle n'aime pas voler ", contredit Albus, juste histoire qu'on arrête un peu de le comparaitre à son père. 

" Oh, comme toi au début ! Décidément, vous êtes fait pour être ensemble ! " Remarqua Lily. 

" Mais... Arrêtez ! "

Ils rirent tous à sa mine gêné. 

" Et toi, Lily ? " Fit négligemment Teddy " J'espère qu'aucun gars ne tourne autour de toi..." 

" Oh, mais non, et s'il y a un petit malin qui tente de trop l'approcher, vous savez que nous sommes là ", rassura James avec un sourire forcé.

On sentait les menaces qui se cachaient derrière ces phrases en apparence si nonchalantes.

Lily hésita à lui préciser que ce serait plutôt Louise qui la défendait vaillamment, mais préféra se taire. Tout comme rester silencieuse quant au soupçon qui la pesait, devait-elle leur avouer qu'elle a été harcelée par un grand ? Qu'elle continuait de se faire coller par un camarade de classe ? Et qu'elle était beaucoup trop proche de Lorcan ? Ah, mais il fait un peu parti de la famille alors ce n'est pas grave. Alors elle leur rassura en leur faisant croire qu'elle est et resterait leur petite fleur encore pure et innocente. Les trois bonshommes s'en contentèrent, satisfaits de la réponse, mais deux n'en furent pas dupes. Albus parce qu'il était trop observateur et sa mère parce qu'entre filles, on ne s'y trompait pas.

Il a été décidé plus tard qu'ils retourneront au collège avant la fin de semaine, autant parce qu'ils voulaient rester un peu plus longtemps avec leur père, autant ils voulaient aussi profiter pour rater les cours avec un professeur en particulier. D'ailleurs, d'après les souvenirs de leur parent, il s'agissait d'une ancienne élève (comme tout le monde) de Gryffondor et qui avait la réputation d'avoir une apparence assez dure, c'est-à-dire mine renfrognée et gros gabarit, avec en plus une acné insistant, ce qui était toujours le cas. 

Dans le dit collège, l'ambiance avait fini par retrouver son ton habituel. Enfin cela était surtout dû à une réconciliation en grande forme. 

Dès le lendemain du départ des Potter, Luxchana s'était décidée à mettre les points sur les i sur la situation de son couple après avoir vu que Clara se débrouillait mieux qu'elle, en ayant un couple si bordélique. 

" Aster, il faut qu'on parle ", lui déclara-t-elle tout de go. 

La conversation était passée inaperçu au début, seuls ceux qui en avait connaissance s'était tourné, en l'occurrence les amis dudit couple. L'attrapeur blond des Frelons cessa de mastiquer son toast en écoutant les blagues de ses amis, il se tourna lentement vers sa petite-amie, très belle la copine. Une jolie orientale qui restait élégante dans n'importe quelle situation et qui faisait partie du premier du classement de sa promotion. Luxchana était très charmante même quand elle voulait paraitre méprisante, surtout quand elle l'était en fait. 

" Quoi donc ? " 

" Elle est enceinte. " Déclara Clara tout de go.

" Quoi ?! "

" T'as intérêt à assumer, sale enfoiré de joueur. " Ajouta Celia, grave.

" Mais, je, je ne l'ai même pas..."

" Oh, fermez-là et arrêtez de raconter des bêtises, vous deux ! " Rouspéta Lux en repoussant ses deux camarades de chambre qui éclatèrent de rire à la vue de l'air béat du blond. 

Cela avait attiré quelques regards curieux mais d'autre détournèrent bien vite en voyant qu'il ne s'agissait probablement encore d'une plaisanterie de la blonde des Fantômes. 

" Bref, ça n'a rien d'aussi grandiloquent, mais il faut qu'on se parle. En privée, à moins que tu ne veuille que ces deux intruses viennent nous déranger ? » 

Clara et Celia accentuèrent leur rire en voyant la mine renfrognée et embarrassée d'Aster Cross qui se faisait aussi charrier par ses amis. Cette entrevue confirmée, le couple sortit de la grande salle. Attendez, ceci n'était que le début. 

" Bon, quand notre joueur vedette aurait fini de draguer, vous lui informerez qu'on a entraînement ce soir ", leur ordonna Noëlle Jackson, leur capitaine après le départ de Dominique Weasley. 

Clara cessa soudainement de rire, son capitaine aurait pu croire qu'elle était sérieuse mais le commentaire suivant gâcha tout. 

" Vedette ? C'est un titre trop pompeux pour lui. "

À côté, on ricana. Trois sixièmes années, dont un joueur, étaient d'accord avec la remarque.

" Quelque chose à redire, les figurants ? " Les claqua tout de même Noëlle. 

Ulysse Bancroft eut tout de même la décence de se retenir quand le regard sévère se posa sur lui alors que les autres continuaient d'en rire. Il fallait avouer qu'Aster Cross ne pouvait décemment pas être désigné comme le joueur idéal. 

" Très franchement ? " intervint Clément Godage " Pourquoi tu n'as pas changé de joueur ? À croire que ça ne te dérange pas que la coupe nous passe sous le nez chaque année. "

" C'est parce que je me contente des super bons joueurs que j'ai sous la main, là. Et si tu avais vraiment voulu dire quoique ce soit, tu l'aurais fait au début de l'année, ou peut être aurais-tu préféré postuler, toi ? "

" Oh non, très peu pour moi, ç´aurait été trop de responsabilité. "

" Toujours à choisir la facilité ou plutôt l'oisiveté ? " le nargua son ami préfet Loïc AFNOR.

" Bref, dépêchez-vous, les cours vont bientôt commencer. D'ailleurs monsieur le préfet, c'était ton rôle de dire ça ! " reprocha Noëlle. 

Tandis qu'ils commençaient à accélérer le mouvement, c'était beaucoup plus calme chez les bleus, alors qu'il y avait aussi une grande conversation. 

" J'arrive toujours pas à y croire... alors Clara et Scorpius sortent ensemble ? "

" Je trouve que ce n'est pas vraiment surprenant, après tout ça va faire un moment qu'ils se courent après ", s'exprima Alice. 

" Mais ça l’est plutôt que vous, ses trois meilleures amies, n'en savez pas plus ", commenta Alfred en suivant la blonde du regard. 

Car celle-ci fut tellement obnubilée par son présent petit-ami assis à sa table pour vert qu'elle ne vit même pas que ses amies se sont concertées sans elle à la table voisine, dans son dos en plus. Faut dire qu'elle était aussi occupée par le fait qu'elle s'entraînera au Quidditch et qu'elle avait bien hâte d'en informer à sa moitié blonde. Vachement occupée, hein ! Il est aussi divertissant à remarquer que des quatre, c'était la première à être intéressé par ce sentiment qu'est l'amour et que c'était aussi la première à être en couple. Or, de la promotion, c'était Luxchana et toutes les deux étaient de Poufsouffle, à croire que c'était là que se regroupaient les plus matures, après tout c'était aussi grâce à Celia que le premier couple fut créé. 

" Sincèrement, tu nous vois parler amour avec Clara ? "

Alfred s'apprêta à répondre mais fut devancé par Chloé. 

" Bon, certes, là, il serait plus facile de lui en parler vu comme la niaiserie en découle de leur conversation ", caqueta la serpentard en jetant un coup d'œil à sa table et en effet le couple blond était en train de se chamailler comme des amoureux.

" Mais crois-nous, avant ce n'était pas le cas ", termina Harley. 

" En effet, si les premiers amours paraissent, en général, plus honnêtes, et comme on dit plus purs ; ils sont au moins plus lents dans leur marche, ce n'est pas, comme on le pense, délicatesse ou timidité, c'est que leur cœur, étonné par un sentiment inconnu, s'arrête pour ainsi dire à chaque pas, pour jouir du charme qu'il éprouve, et que ce charme est si puissant sur un cœur neuf, qu'il l'occupe au point de lui faire oublier tout autre plaisir. " dixit Vicomte de Valmont du recueil épistolaire Les liaisons dangereuses, donc de Laclos probablement. "

Tout le monde se tourna vers le détenteur des mots et furent assez surpris. 

" Bah, tu lis ce genre de chose, Emil ? " 

" Oui, c'est assez intéressant, on découvre tromperie et duperie, qu'est-ce que les français de l'époque sont perfides... " 

Ok, mais a vrai dire ils s'attendaient plus à ce que cela vienne de Wyatt, lui qui avait l'habitude de donner des citations, sûrement n'était-il pas encore d'humeur. 

" C'est sûr qu'on ne peut que donner raison à cette citation, même si pour Clara, ce n'est pas totalement dans le même sens..." Nota tout de même Chloé.

" Par contre, on en connaît une qui est l'exemple même de cette citation ", fit Alice en désignant sans scrupule sa camarade de son pain. 

Claire n'eut pour seule réponse une teinte rose bien peu naturelle sur ses joues. 

" Alors, dis-nous de qui es-tu amoureuse ? " Chantonna Lysander en s'incrustant et connaissant parfaitement la réponse. 

Comme c'était le cas de tout le monde, faut dire qu'elle n'était pas très discrète. 

" Euh... B-Ben... Oh, c'est l'heure d'aller en cours ! "

" Quelle fuite ingénieuse ! J'ignorais que tu tenais de l'importance au cours de Midgen... "

" Bien sûr que non ! " répondit-elle véhémente, embarrassée autant en se souvenant d'une querelle sur le sujet que pour sa piètre excuse " je ne veux juste pas y être en retard ! "

Ils ne furent pas en retard mais ils auront préféré l'être, surtout que Midgen semblait avoir pris Alice pour cible alors qu'ils achevaient leur parti sur la magie ancienne et prenaient ceux qui étudiaient les runes pour des demeurés. Et ce, en seulement une heure. 

À l'inter cours, tout le monde poussa un soupir de soulagement ou d'agacement selon les rancuniers alors même qu'ils n'ont pas franchi la porte, les plus hargneux l'ont fait à la première sonnerie.

Bref, alors qu'ils se disaient avoir remonté un peu la morale des plus sensibles, ils ont pratiquement perdu tout bonne humeur rien qu'avec la première heure. Mais tout changea à l'arrivé d'une lettre pour trois meilleurs amis dont il manquait un membre. 

" Oh, ça y est Harry Potter est hors de danger ! " Déclara vivement Wyatt en laissant éclater sa joie. 

Tout l'alentours se tourna et lui demandèrent des nouvelles. Claire n'y prit pas part, mais écoutait consciencieusement. 

" Par contre, ils vont rester encore un peu là-bas. " Ajouta Rose. 

" Oh, pas trop triste ? " 

Rougissant comme prise sur le fait, Claire se tourna vers son amie Clara en niant et grommela en constatant le sourire narquois, elle avait une forte impression de se faire narguer. 

Dans son coin, Tobias lisait sa part en silence. Puis, sans que personne ne puisse l'expliquer, il partit sans un mot et s'enferma dans un salon. Il n'avait pas particulièrement délimité le nombre accepté mais il avait laissé un message qui laissait sous-entendre de ne pas déranger. Aussi, une fois seul et au calme dans cette pièce banale, qui ne possédait juste quelque meuble pur s'installer, il s'assit au centre de la pièce, sur le sol même, et se concentra. 

C'était le contenu de la lettre qui l'a fait décider. Albus avait bien sûr parlé de son père, le rassurant quant à son état, cependant pour se diriger vers un sujet moins lourd, il avait plaisanté -probablement- au sujet du projet animagus et voulait savoir où il en était. Et il lui a dit d'en profiter pour s'entraîner, ainsi ils seront plus nombreux à se transformer. Challenge accept

Fermant calmement ses paupières, il se mît à chercher le fond de son esprit. Au début, il était dans un espace intemporel, où il n'y avait ni couleur ni terre, mais il avança à la rencontre de son alter ego animal. Tobias le sentait, sa forme était autour de lui, mais inconsistant, car peut-être n'était-il pas encore prêt à la rencontrer. Pour lui prouver le contraire, il montra d'autant plus de conviction à sa recherche sans trop la forcer et ainsi foirer sa tentative. Il aimerait réussir du premier coup. Comme Clara.

Il avait un peu honte de l'avouer mais il était tout de même envieux du talent de son amie, c'était presque considéré comme criminel d'être si douée. Mais il ne pouvait pas lui en vouloir, à chacun son rythme comme on dit, et puis Clara l'aide bien à progresser. Enfin, occasionnellement. 

Tout à ses pensées, il ne vit pas que c'est finalement son animal qui est venu vers lui. Cette espèce de mammifère indéterminé car étant dans une forme trop abstrait. On aurait cru à patronus. Cela a forcément un lien, non ? Affaire à suivre. 

Il sourit en admirant la carrure de la bête qu'il va prendre forme. Il était indéniable que cela faisait partie des ursidés. Les oreilles arrondis, sa posture sur les pattes arrière et ses griffes au bout de chaque membre. Il avait hâte de savoir en quoi il se métamorphosera, en ours, en grizzly ? 

Alors pour achever cet instant de doute et questionnement, il tendit la main et l'autre en fit de même. Quand ils entrèrent en contact, il sentit la magie s'opérer en lui. 

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il n'avait aucune idée de l'heure qu'il était. Était-il en retard pour le cours d'histoire ? Il espérait que non mais rien n'était pas moins sûr surtout qu'il vient de maîtriser sa première transformation. Ah, d'ailleurs, qu'était-il au juste ? 

Il regretta un instant de ne pas être entré dans un salon qui possédait un miroir, non pas qu’il soit narcissique, mais bon, la situation le demandait. En désespoir de cause, et d'impatience, il décida de se tâter pour deviner par lui-même. D'abord, il avait un corps duveteux, des coussinets aux pattes arrières, des griffes auxdits pattes (six) ; il pouvait donc affirmer qu'il devait soit être un panda géant soit son congénère roux ; son choix s'arrêta vite sur le premier en voyant quel couleur de son pelage était suivi : noire et blanc. Donc son animagus est un panda géant. Ou pas. 

Soudain, il écarquilla les yeux et se tâta derechef voulant s'assurer d'une chose. Cela fait, il voulut crier de tout son âme mais ne pût sortir qu'un gémissement caractéristique des pandas. Un brusque mouvement de la porte attira son attention, il alla se cacher parmi les poufs pour passer inaperçu. Mais il eut une forte envie de se manifester en voyant que le destin ne l'avait pas encore abandonné. 

" Étrange que Tobias s'en soit allé comme ça ", il reconnut la voix de Sean, partenaire du projet animagus qui n'a absolument plus besoin d'entraînement. 

" Je ne vois pas pourquoi tu t'inquiètes, il ne risque pas de se perdre ", lui répondit son condisciple Kenneth Boot. 

" Au pire, il réapparaître à la fin de la pause ", ajouta son homologue John, plus connu sous l'appellation le fils du prof, sa camarade étant la fille du prof. 

Tandis que Sean fermait la porte du salon derrière lui, le blond qui adore s'assoupir ne manqua pas une occasion pour se reposer. Se jetant sur un coussin, il se figea en sentant quelque chose. 

" Oui, mais il avait l'air mal en lisant sa lettre... " Insista Sean.

" Tu n'es pas plutôt jaloux de ne pas en avoir reçu une ? " Plaisanta John.

" Mais non, il va en envoyer à toute la promotion tant qu'il y est, c'est juste qu'il aurait pu faire passer un petit mot. "

" Mouais ", se moqua le fils du prof. 

L'autre n'eut pas le temps de répliquer, heureusement pour lui, que le blond vint les interrompre. 

" Eh, visez ça, quelqu'un a oublié sa peluche. " Ils se concertèrent tous autour de la dite peluche en forme de…

" Un panda ? "

Eh oui, non seulement il a pour animagus un panda géant, mais celui-ci n'est qu'une version bébé. Du coup, on pouvait facilement le confondre avec une peluche. 

" Woah, un panda qui bouge par contre ! " Sursauta John en voyant celui-ci s’avancer.

" Il a été ensorcelé, non ? " Hasarda Sean.

Tobias allait faire un malin plaisir pour le détromper. Il se redressa de sa place et se plaça près de Kenneth, toujours installé sur un pouf, et le griffa au visage. 

" Et violent. De la magie noire peut-être ? " Rit Carmichael pendant que le blond se rouler sur le côté pour fuir l'attaque. 

" Ça va ? " demanda John en l'aidant à se relever. 

" Essaie de te faire griffer par une peluche panda pas si peluche pour voir ! " 

Et la dite peluche panda pas si peluche car les griffes faisaient quand même sacrément mal continuait d'utiliser son arme de prédilection mais sur le pouf. Il obtint ainsi plusieurs bandelettes qu'elle aligna avec application, pas facile quand on a des griffes à la place des ongles ce qui retardait l'instant de vérité. Finalement un message fit son apparition au milieu de ce tas chiffon. 

" Aidez-moi. Je n'arrive plus à me métamorphoser. "

Car il n'était pas juste resté cloîtrer, il a aussi tenté de reprendre son apparence. En vain.

Les garçons se regardèrent avec consternation.

" Si c'est une blague, elle est de très mauvais goût ", lâcha finalement John au nom des trois garçons. Ou pas, Kenneth continuait de scruter l'ours de ses yeux marrons, Sean se frotta le menton. Ce qui fit secouer la tête du mammifère. 

" Attends... Tobias ? " Appela doucement Sean, incertain. 

" Je crois que tu penses trop à lui ", se moqua John. 

Mais on le secoua l'épaule pour qu'il se tourne. Le panda hochait la tête avec force.

 

" Bon, qu'est-ce qu'on fait ? " demanda Sean en portant le mammifère dans ses bras. Il le portait assez mal, d'ailleurs. 

" Bah, vaut mieux prévenir un prof, le meilleur serait de métamorphose. " Proposa John.

" Alors toi, t'as pas suivi l'actualité ? Tu sais que ce n'est pas l'amour qui passe entre nous mais plus du mépris ? " 

" Si, mais je veux dire... C'est celle qui s'y connait la mieux ", se justifia le fils du prof. 

" Non, il ne vaut mieux pas, comme il n'est pas habitué, c'est donc sa première fois, par conséquent il ne s'est pas encore déclaré. " 

" Dis comme ça, la conversation a l'air chelou ", commenta une voix. 

Les garçons sursautèrent, panda Tobias avec, et se tournèrent pour voir... Personne. Un raclement de gorge leur fit pivoter leur tête à nouveau, vers le bas cette fois-ci. Emil et Claire les regardaient avec curiosité, enfin une regardait curieusement et l'autre avec méfiance. Finalement l'un se mura en curiosité et l'autre en admiration. 

" Oh, où vous l'avez eu ? " 

Sans attendre de réponse, elle saisit le bébé panda des bras de Sean et le maintint dans les siens. En tout cas, cela semblait plus confortable. Mais rapidement le confort fut remplacé par la gêne, car le câlin se transforma vite en caresse. 

" Oh, il est trop mignon ! Ou l'avez-vous trouvé ? Je peux le garder ? Dites, dites, je peux ? Oh, merci ! "

" Euh, mais attends, on a encore rien dit..." Bégaya John, déboussolée par la rapidité des questions posés. 

" Non, attends Claire, tu ne peux pas le garder..." Se risqua Sean. 

" Quoi ? Mais pourquoi ? " 

Et voilà que the regard était de sorti. Carmichael, ainsi que les deux autres garçons ne purent que déglutirent face à l'arme fatal. 

" Arg, maintenant je comprends ce qu'ont ressenti les gars qui ont affronté ce regard..." Maugréa Sean.

" Content de savoir que vous puissiez compatir. "

" Non, plus important, il faut que tu lui dises qu'elle ne peut pas le garder et qu'on doit le confier à un professionnel. "

Emil haussa un sourcil.

" Bah, pourquoi ? J'avais plutôt l'impression que ça vous enlevait une épine de vos pieds. " Demanda-t-il. 

" Oui, mais non ! " s'embrouilla Sean en s'ébouriffant.

" En fait, il s'agit notre ami Tobias Finnigan ", lâcha Kenneth. 

Ça y est la bombe est largué, quel résultat allait on obtenir ? La réponse est... Rien. 

" Ah. Je vois. " 

Heureusement que les Poufsouffles étaient réputés pour être patients, même si en vrai avec ces deux Serdaigles c'est fortement mis à l'épreuve, car ils n'eurent plus aucune réaction. 

" En fait, ce n'est pas pour dire, mais t'es vachement petit. " souffla Kenneth en craquant son cou. Torticolis pas loin, heureusement que nous sommes des sorciers.

Il reçut un regard noir d'en bas en bonne et due forme, mais comme il était trop grand... 

" Si c'est ça, je ne vous aide pas. "

" Oh, personnellement je m'en fiche, mais tu pourrais au moins avoir pitié de lui, je ne suis pas sûr qu'il survivra. "

Se disant, il pointa la chinoise du doigt qui perpétuait ses caresses assez effrayants au pauvre nourrisson, traumatisé. 

" Ouais... Par égard pour lui et pour nous ", soupira Emil en approchant son amie. 

" Claire... "

" Oh, Emil, regarde comme il est mignon ! Comme il est chou, doux et câlin ! Tu le vois comme il est adorable ? Tu le vois ? Je n'arrive pas à y croire qu'on puisse en trouver un ici, en Angleterre ! C'est trognon ! C'est trop, trop..."

" OK, d'accord, c'est bien ! Mais il faut que tu me le rendes, il doit..."

" Non... Mais pourquoi ? Tu veux m'enlever mon seul bonheur ? "

L'autre perdit tous ses mots en croisant le regard mouillé de non seulement sa meilleure amie mais aussi du panda. Car même s'il avait que de l'affection dans ses gestes, il fallait qu'elle se maîtrise. Bref, un combo de regard qui tue, Emil abandonna avant même d'avoir terminé le fond de sa pensée.

" Bon, je suppose qu'on serait mal placé pour te plaindre, mais il faut vite trouver une solution avant que cela n'empire. "

" Je ne veux pas te contredire mais je crois que c'est trop tard. "

En effet, Claire était à présent entourée de ses meilleures amies et cette dernière leur montrait avec fierté son nouvel ami. 

" Je vous présente Mimil ! "

" Et vas-y que je lui donne un prénom comme s'il m'appartenait déjà ! " S'étranglait Sean. Il espérait juste que les autres ne se feraient pas avoir. Mais on parlait des filles et de leur amour pour les choses mignonnes, là. Quoique Chloé n'avait pas dit qu'elle n'aimait pas les animaux ? Et Harley ne semblait pas très portée mignontitude, Rei pouvait l'attester, quant à Clara… c'était la plus imprévisible. 

" Hein ? Mimil ? Tu veux dire que tu as transformé EMI-chou en panda ? "

" Mais non, ne confond pas ! Tu vois bien qu'il ne ressemble pas à Milou ! "

" Comment dois-je le prendre ? ", fit le concerné, attirant l'attention des filles qui ne peuvent qu'admettre que ce ne pouvait être lui. 

" Excuse-moi, pas la peine de monter sur tes grands chevaux..." Capitula Clara en levant les mains en l'air.

" Mais regardes comme il est mignon ! " Insista encore Claire en portant l'animal au niveau de sa tête. 

Les garçons retinrent leur souffle. Chloé fut la première à réagir, elle détourna la tête. Attirant l'attention de la rouge. 

" Et alors, on craque ? "

" Absolument pas, il a juste un regard un peu trop larmoyant. " Et cela lui faisait penser à une en particulier. Elle fronça les sourcils, est-ce que...?

" Je crois qu'elle a compris ", s'exprima John pour les garçons.

" Trop perspicace ", murmura Kenneth. 

" C'est vrai... Ce qui rend un peu difficile d'être hostile à son égard. Il te ressemble. " Enchaîna Harley en désignant la chinoise. 

" Oh merci ! "

" Je ne t'ai pas fait de compliment. " Renchérit la grande. 

" Oui, mais pour moi un panda est ce qu'il y a de plus mignon alors si tu me comparais avec..."

Même pas la peine d'achever sa pensée que tout le monde comprit surtout qu'il y avait aussi l'argument de tout ce qui est petit est mignonne. Jusque-là, les garçons avaient à peu prévu les réactions mais ils attendirent la dernière. 

" Et c'est vrai que c'est mignon ", approuva finalement Clara " mais j'ai une question : pourquoi tu ne l'appelles pas plutôt Bibi ? "

" Hum ? Bah, parce que c'est plus mignon Mimil et que Bibi, ça fait penser à Tobias. "

Ah. Sean jeta un regard à Clara et ils se comprirent d'un regard.

" Tiens, donc, vous semblez vous reconnaître entre animagus. "

" Je ne peux l'affirmer, mais je dois avouer qu'il y a comme intuition qui nous y pousse. "

De leur côté, la compréhension fit leur cheminement chez les filles. 

" Euh... Tobias... " Hésita Chloé. 

" Ouais... Tobie ", approuva Clara. 

Mais une ne comprit pas. Celle qui portait le dit Tobie, nouvellement baptisé Mimil. Et qui le serrait un peu plus fort en voyant ce dernier gigoter. L'animagus comprit qu'il avait une chance de s'en sortir en la personne des filles, si celles-là savaient être persuasives. 

" Étrange, Mimil semble beaucoup t'apprécier, Chloé, tu veux le prendre dans tes bras ? "

Bingo. Alors il suffisait qu'elle le saisisse, prétexte quelque chose et ils lui trouveront une solution pour le sortir de cet embarras. Aller, compagnon de maison, soit solidaire et viens en aide à ton condisciple ! Chloé était partagée, elle voulait bien secourir son ami mais de là à le prendre dans ses bras…

" Tu n'as pas à avoir peur ! Un panda, c'est vraiment différent des autres animaux ! Ils sont si adorables ! "

" J- je ne dis pas le contraire, mais..." L'idée que ce soit justement son camarade derrière la fit longuement hésiter " N -non merci. "

Comprenant qu'il venait de perdre son seul salut, le sorcier coincé sous cette forme involontaire s'agita, paniqué à l'idée d'être abandonné. Clara eut pitié de son partenaire de blague et voulu dire quelque chose mais fut devancée par Harley.

" Comprenez-là, elle aurait l'impression d'être attouché sexuellement. "

On vit alors Chloé croiser ses bras sur sa poitrine généreuse. Gênée par tous ces regards en sa personne, elle fusilla la seule responsable du regard. Harley pouffa. 

" Oh, c'est vrai qu'on a bien envie de se poser contre ton sein ", ricana Clara. 

" Pas moi ", maugréa Claire en jalousant son amie, elle serra d'autant plus fort l'animal contre elle " Et puis, ce n'est pas comme si tu pouvais porter plainte contre un si mignon panda. Tant pis pour toi, tu ne sais pas ce que tu rate. "

Clara fut prise d'une irrépressible envie de rire en voyant non seulement la mine défaite de Tobias-Mimil mais aussi sur ce qu'a dit son amie, eh bien si : Chloé pouvait porter plainte contre Tobie, mais encore faut-il qu'il retrouve son apparence. Et cette perspective la fit d'autant plus rire, parce que Claire ne semblait pas prête à s'en détacher. 

" Tu devrais arrêter de le serrer autant ", suggéra Harley, inquiète pour son ami.

" Mais il faut, sinon, il est mal maintenu. T'aurais vu comment Sean le portait, j'ai cru qu'il allait tomber. "

À la mention du prénom de son camarade, un éclair de lucidité traversa Clara, elle se redressa. 

" Eh, Sean ! "

" Hum ? " Sursauta celui-ci alors qu'il s'embarrassait de ne pas savoir porter un nourrisson, humain ou non. 

" Dis-moi, où tu l'as trouvé ? " 

" Dans un salon... À côté. "

" Même qu'on l'a pris pour une peluche laissé par quelqu'un ", opina John.

" Une très violente peluche ", marmonna Kenneth en se tâtant le visage dénué de cicatrice mais il a la mémoire fraîche.

Clara sourit en voyant que ses camarades lui facilitaient les choses.

" Donc, ça veut dire qu'il a forcément un propriétaire. "

La compréhension se fit sur les visages de ses camarades. 

" C'est plus que probable ", certifia Kenneth.

" Ce qui signifie qu'il y a une personne qui est à la recherche d'un panda. "

Le couperet tombé, on se tourna tous vers Claire, voir comment elle allait réagir. La réponse est... Rien. Un instant, les garçons crurent voir Emil à sa place.

" Et alors ? "

" Comment ça 'et alors ?' ? Tu dois rendre ce pauvre bout de chou à son maître ! " Qui est lui-même, mais bon. 

" Mais... Personne ne le réclame..."

Ils se figèrent en voyant les perles salés se former à la cloison de ses yeux.

" Non, Claire, ne fais pas le coup du regard de bébé panda mouillé... " La voix d'Harley s'étranglait. " Arg, maintenant je vois pourquoi vous vous ressemblez. "

Claire renifla, essayant de contenir son émotion. 

" Pourquoi vous voulez me séparer de mon Mimil ? "

" ...Parce que tu as déjà ton Milou ? "

Soudain, ils remarquèrent une chose effroyable. Il n'y avait plus rien dans les bras de la brune. 

" D'ailleurs, tu l'as caché où le Mimil ? "

À peine a-t-elle terminé sa phrase que la sonnerie annonçant la reprise des cours retentit, sauvant la chinoise. 

" Oh, il faut aller en cours ! " Et elle disparut. 

" Non, non, Claire, reviens ! C'est trop dangereux ce que tu fais ! "

Autant pour elle que pour le pauvre Tobias. 

Ils ont tous accouru jusqu'à la salle d'histoire mais ne purent la rattraper, petite mais rapide, ce qui fit qu'elle s'est échappée une deuxième fois. 

" Eh bien, vous m'avez l'air bien pressés. Hâte d'être en cours ? " 

" Papa ! Euh, non, monsieur, euh... "

Wayne Hopkins regarda son fils avec curiosité, tandis que les autres se sont décidés d'un commun accord de se diriger à leur place en surveillant la petite du regard. Les autres arrivèrent.

" Que voulais-tu me dire ? "

" ... Il y a un problème avec Tobias Finnigan, il... Hum, ne pourra pas assister au cours. "

Surpris, l'enseignant jeta un coup d'œil pardessus l'épaule de son fils pour vérifier ses dires, en effet, pas d'apparition du blond lunetteux des serpents alors que tous les élèves -à l'exception de Potter- étaient installés. Il posa sa main sur l'épaule de son élève et lui chuchota :

" Tu viendras m'en parler à la fin de l'heure. "

John ne savait pas s'il faisait bien, mais il n'avait pas le choix, c'était ça ou Claire kidnappait leur camarade ! Il espérait juste que son père trouverait un autre moyen que dénoncer l'animagus clandestin quand il aura découvert la vérité. 

" Hum, j'avais dans l'idée à ce qu'on commence un autre devoir grouper, mais que cette fois-ci vous nous présenterez le travail final à l'oral. Cependant avec deux absents, nous ne pouvons pas faire de groupe équilibré alors, je propose de reporter ce projet pour la semaine d'après, cela vous va ? "

Il les vit acquiescer mollement avant d'un doigt ne se lève. 

" Sauf votre respect, professeur, ce que vous venez de décrire, il s'agit bien d'un exposé de groupe comme on le fait chez les moldus ? " Voulu s'assurer Alice.

En posant la question et en attendant la réponse, son regard se posa sur le duo qui était probablement véhément à cette révélation. Mais Sco et Tyl restèrent tranquilles.

" En effet, mais je m'intéresse plus pour le côté ´présentation de sujet face à un public´, personne n'y voit d'inconvénient, j'espère. "

Évidemment personne n'objecta. 

" Ah, oui, si possible, les équipes -au nombre de trois ou quatre- ne doivent pas être composé de groupes de fréquentations habituel. "

Évidemment (fois deux), tout le monde opina. 

Les deux heures d'histoire se passèrent donc sans anicroche tandis qu'une petite bande observait une de leur camarade avec minutie, cherchant un moindre indice pouvant l'accabler. Mais il n'eut rien, cependant ce n'était pas pour autant que John abandonna son idée d'aller en parler à son géniteur.

" Alors ? Que sais-tu de l'absence de Finnigan ? "

" Eh bien... Je pourrai déjà avoir ta parole que tu n'iras pas le dénoncer ? "

Hopkins père sourcilla, eut un doute mais finit par céder sous l'intensité du regard de son fils. 

" Bon, alors quand faut y aller faut y aller. Tobias est un animagus. " Comme Wayne ne réagit pas, il précisa " Non-déclaré. Et il coincé sous sa forme animal. "

" Mais c'est terrible ! Il faut prévenir..." L'adulte n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'il fut coupé aussi brusquement. 

" Non, non, s'il te plaît, tu m'avais promis. Je ne veux pas le discréditer mais l'aider. "

" Mais John que veux-tu que je fasse ? Je ne suis pas spécialiste en métamorphose, il faut demander à un pro ! " Sous la justesse du raisonnement, l'enfant ne pût qu'approuver mentalement. " D'ailleurs, où se trouve-t-il ? "

" Eh bien, voici le deuxième problème..." Hésita l'élève. 

" John, le temps presse. Plus vite tu m’auras tout dit, plus vite ce sera expédier. Son absence risque de mettre la puce à l'oreille de Sylvie même si je ne dis rien. "

Le quatrième grimaça à la fois à la mention du professeur de métamorphose et à son prénom. Et dire que son père le côtoie...comme ça. Il hésita encore un peu, avant de finalement lâcher le morceau. 

 

" Mademoiselle Lyu, je souhaiterai vous parler. "

Claire eut un léger sursaut avant de se tourner vers le professeur Hopkins qui l'attendait au pied de la porte du salon. 

" Euh, oui, j'arrive. " Elle traficotât quelque chose avec sa cape, dont seuls ses amis comprirent la raison et se leva pour se diriger vers la sortie.

Emil fit de même. 

" Hum, monsieur Stewart, j'apprécie votre solidarité mais je dois m'entretenir en privée avec votre camarade. "

" Non, je vous assure que ma présence sera indispensable. "

L'enseignant préféra ne pas trop s'y attarder, après tout son fils l'avait aussi prévenu qu'il y avait quelque difficulté avec Claire, mais jugeant que ce n'était qu'une affection passagère, il avait décidé de prendre les choses en main. 

" Mademoiselle Lyu, je vous ai convoqué pour une raison précis. Il m'a été rapporté que vous avez trouvé un animal qui ne fait pas partie des autorisés par la direction, est-ce vrai ?"

Claire ouvrit la bouche -prête à mentir ?- et Emil lui tira la manche. Elle sembla débattre intérieurement avant de finalement admettre :

" C'est exact. "

" Pouvez-vous me le montrer ? "

La demoiselle hésita encore et l'autre lui poussa encore. 

" Qu'allez-vous faire ? " 

Comme il ne répondit pas et gardait un visage neutre, dur selon l'élève, cette dernière en eut les traits affaissés. Et voilà le regard mouillé à nouveau sortie ! Cette fois-ci, Emil ne fit plus rien, car il n’y pouvait rien, alors il observa juste l'expression du professeur. Cédera, cédera pas ? Wayne eut un pincement au cœur mais il devait songer à son devoir de professeur !

" Mademoiselle Lyu, êtes-vous en train de contester mon autorité ? "

Ah, il a réussi à parer. Stupéfaits, les deux aigles se figèrent avant que Claire ne déglutisse et sorte finalement l'animal de sous sa cape. 

Apparu alors un mammifère, classé ursidé, sous-catégorie chat-ours, au nom scientifique ailuropoda melanoleuca, un panda géant. Et il devait bien avouer qu'il comprenait pourquoi elle a dû le cacher aux yeux des adultes, c'était qu'il était si adorables qu'il serait un drame de s'en séparer ! Petit et menu, les poils blancs et noirs soyeux, on avait fort envie de le dorloter. Néanmoins, étant observateur, il vit bien un trait noir relié entre les deux contours des yeux, comme pour signifier qu'il s'agissait d'une paire de lunette et à cela il pouvait facilement l'assimiler à son élève. 

" Bien, veuillez me le confier, je m'occupe du reste. "

Croyant qu'il allait terminer rapidement, il dut bien admettre qu'il comprenait maintenant l'accablement de son fils. Le panda vit bien que son salut était là, juste en face et en eut les larmes aux yeux face à cette libération mais bien sûr ce n'était pas si simple. Parce qu'il avait aussi les larmes aux yeux, que Claire se mît aussi à les avoir à nouveau et alors le professeur fut confronté au même tableau que celui plus tôt qu'Emil avait aussi dû affronter, le combo de yeux de bébé panda et c'est parce qu'il y avait un vrai que ce fut d'autant plus difficile à refuser.

" Mais professeur, le temps que vous retrouvez à qui il appartient, vous pouvez me le confier. " 

Le manque de réponse ne pût que la pousser à montrer un peu plus ses larmes. 

" S'il vous plaît...."

Aie, aie, aie ! 

" C'est, c'est... C'est juste le temps qu'on trouve une solution à cette situation ! Et je pense que le délai est jusqu'à ce soir, non, avant le dîner ! Ou plutôt, avant la fin des cours ! Alors... "

" Oui, oui, je m'en occupe bien ! Je vous le promets ! Merci beaucoup professeur ! " Il vit qu'elle serra sa prise autour du corps velu mais ô combien chou du panda Tobias et se tourner vers Emil " Viens vite, Milou, il faut qu'on le nourrit si on veut qu'il soit en bonne santé !"

Là-dessous, ses deux élèves le laissèrent pour rejoindre la grande salle prendre le repas. 

" Professeur, sachez que vous venez de gagner mon plus profond respect. "

Il se tourna vers la porte du salon dont il avait délogé les deux aigles et vit le reste des amis, dont Clara qui a parlé. 

" Comment cela ? Vous ne me respectiez pas avant ? "

" Au contraire, mais là vous venez encore de prouver que vous êtes vraiment fait pour être prof ", répondit Chloé, fière d'elle car elle avait sa part d'exploit dans son poste actuel.

" Hum. Vous feriez mieux de les rejoindre. "

" Ne vous inquiétez pas, on vous la surveille, cette écervelée ! " Rassura Clara en accourant.

" Ne pensez pas qu'elle soit vraiment stupide. C'est juste que quand elle est convaincue d'une chose, rien ne peut plus l'en persuadé du contraire ", expliqua Harley. 

" Sauf si on lui prouve et qu'elle voit de ses propres yeux ", ajouta Chloé. 

" Mais elle va pleurer en découvrant la vérité. "

" Elle pleure tout le temps. "

Elles le laissèrent également pour rejoindre leurs amis. Qui était occupé à exhiber son trophée. 

" Oh, il est trop mignon ! Je peux le prendre dans les bras ? " Demandait Lolie en sautillant autour du Panda.

" Moi aussi, moi aussi, moi aussi ! " S'excitait Celia à côté.

" Ok, mais juste un moment, il faut qu'on aille manger ! "

Alors sous le regard des filles et de ceux qui connaissaient le secret, le mammifère fut transporté de bras à l'autre pour rencontrer des poitrines rebondies, eh bien oui, à cet âge toutes les filles ont des formes. Bref, il était totalement tétanisé à chaque fois qu'il était serré contre un torse féminin. Pourtant d'autre aurait pu lui crier de chanceux. 

" Allez, ça suffit, on doit aller dans les cuisines. " 

" Oh, vous n'allez pas manger dans la grande salle ? " Demanda Lolie d'une voix triste. 

" Eh bien, non. Car si tu l'avais remarqué ce que j'ai dans les bras est un nourrisson et il ne peut pas se nourrir de n'importe quel aliment. "

" Tu vas lui chercher du bambou ? " S'étonna Luxchana.

" Tu ne m'as pas écouté ", lui reprocha la naine " j'ai dit que c'est un bébé, il n'a pas les dents assez durs pour mâcher l'écorce de la pousse, il lui faut seulement le cœur. "

" Donc, tu vas lui donner un biberon du cœur de bambou. "

" Bingo, heureusement que Milou suit ", fit Claire en berçant son trésor. 

" Mais tu es sûre que c'est la bonne chose à faire ? "

La chinoise regarda les garçons de tantôt en fronçant les sourcils. 

" Vous n'allez pas m'apprendre ce que doit manger un panda ! " Le comble pour un chinois dont c'est l'animal représentant ! 

" N -non mais... " Ce n'est pas un vrai panda ! Qu'ils ont envie de dire. Cependant ils ne feront pas, et encore moins sous l'œil menaçant d'Emil.

" Bon, mais vous revenez vite, hein ! "

" Bien sûr, on ne va pas déranger les elfes de maison inutilement. En revanche, je ne pense pas que finir le repas dans la grande salle soit une bonne idée. Surtout après avoir vu vos réactions, il vaut mieux qu'on reste dans un coin dépeuplé. " Raisonna Emil.

" Oh, dans ce cas on vous rejoint direct devant la salle d'arithmancie ? "

" Pourquoi pas ? " Et sur ce, elle se mît en chemin après que deux surexcitées les ont bien pressée. 

" Hum, je ne sais pas vous, mais j'ai l'impression que ce panda me rappelle quelqu'un ", fit remarquer Luxchana.

Les concernés ne réagirent pas, mais se dirent que seuls les observateurs pouvaient comprendre. 

" Ar, elle m'exaspère. " Soupira lourdement Clara, tandis que les deux autres se prenaient l'arête du nez.

" Ce n'est pas nouveau, il me semble ", lui susurra une voix à ses oreilles. 

La blonde se tourna avec les yeux brillants vers le garçon qui lui parlait si intimement. Cependant l'éclat disparu aussi vite qu'elle était apparu et laissa place à une moue pendant qu'elle fonçait vers le blond platine. 

" Oh, Piupius, j'en ai marre d'elle ! "

" Arrête de m'appeler comme ça ! " maugréa l'autre. 

Chloé marmonnait de son côté que ça n'avait pas l'air de le déranger plus que ça qu'elle s'appuie ainsi sur lui. 

" Qu'a-t-elle fait encore ? "

" Oh, tu ne me croira jamais ! "

" Dis toujours..."

 

Plus tard, quand les élèves suivants le cours d'arithmancie et ceux qui voulaient juste s'incruster vinrent vers les deux aigles qui s'occupaient de la nouvelle mascotte, ils assistèrent a une scène juste adorable. Comme ils l'avaient annoncé plus tôt, panda Mimil devait prendre sa nourriture dans son biberon, et il avait l'air... de plutôt apprécier ça. Quand il remarqua les regards d'adoration qui se posaient sur lui avec insistance, il comprit enfin ce qu'il était en train de faire et réagit très humainement, voire caricaturalement. Il lâcha le biberon et se prit la tête des deux mains en se questionnant sur son comportement, voire son existence, très comique, il fallait avouer.

" Il est trop chou ! "

Et ça avait l'air de plaire aux filles. Claire le prit dans ses bras et lui fit beaucoup de papouille, lui caressant le ventre, les bras et l'extrémité du cou. Ce qui lui permit de déterminer son point faible. Tobias-Mimil couina adorablement.

" Trop mignon, il est sensible au cou, trop mignon ! " Se répétait-elle. 

Dans les yeux de Clara, il eut à nouveau cet éclat de malice dont elle seule avait le secret.

Bientôt, le nourrisson dût à nouveau se cacher car arrivaient d'autres camarades qui n'avaient pas encore connaissance de sa présence. La fin de journée se passa donc ainsi, le cacher, le chouchouter, le nourrir, le câliner, le couvrir d'affection, le pomponner, le câliner et le câliner. Ah, et sans oublier de le câliner ! Quand la fin des cours avaient sonnés depuis au moins une heure et des hippogriffes, elle crut que le délai imposé par le professeur était passé et rêvait déjà de comment elle pourrait élevé celui qu'elle considérait déjà comme un familier au détriment des autres, et notamment d'Emil, car ce dernier savait que c'est lui qu'on assignerait pour faire le sale boulot.

De son côté, Wayne Hopkins n'avait pas chômé. Il avait d'abord immédiatement investi le rayon de métamorphose après avoir laissé ses quatrièmes années et lisait chaque ouvrage -vitesse amplifiée grâce aux lunettes ensorcelés de legovisitus, faut pas abuser non plus- à chaque pause avec application à la recherche d'une solution immédiat. Seulement, il aurait dû prévoir qu'il ne pouvait pas la trouver avant la fin des cours. Bref, en se disant qu'en faisait une entorse en plus dans sa parole n'était pas un drame non plus, après tout c'est ce que faisait tous les adultes. Bien sûr, il ne voulait pas devenir un de ceux dont on ne leur ferait plus confiance parce que la parole des adultes c'est rempli de mandragre mais en voyant que son fils ne lui disait pas tout, il n'était non plus tenu aux paroles de tout lui avouer, surtout sur comment il avait fini par trouver la solution. Toute simple : suffisait de demander à Kurt. Pas en lui expliquant la situation mais en donnant seulement une supposition. 

" Voyons, c'est évident. Il suffit d'utiliser le sortilège d'homomorphus, très cher. "

" Ah. Oui. Évidemment. Malheureusement la métamorphose n'a jamais été mon fort. " Et il en pleurerait presque d'avoir perdu tout ce temps alors que la réponse était juste à côté. 

Sylvie Kurt lui adressa un regard indulgent, bien que tout de même exaspérée par les gens qui ne comprenaient pas l’art qu’elle enseignait. 

Sans perdre plus de temps, car il en avait perdu avec sa fichue conscience -notamment lorsqu'elle était associée à la voix suppliante de son fils-, le professeur d'histoire de la magie couru chercher l'élève qui détenait un autre sans le savoir avant de direct s'arrêter. Où les trouver déjà ?

 

À cet instant, Emil regrettait vraiment son rôle de meilleur ami/ raisonneur de pensée/ briseur de rêve. Surtout le dernier en fait. Accompagné d'Adrian -car de toute façon celui-ci serait au courant de tout-, il se décida enfin d'entrer dans l'arène et affronter le redoutable adversaire qu'était son amie.

" Claire, il faut qu'on parle. "

La jeune fille cessa son activité (câliner/ sacraliser/ ronronner auprès de son Mimil) et si Adrian n'avait pas été celui qu'il s'avérait être, le septième fils au don au-dessus de la moyenne, jamais il n'aurait pu voir à quel point l'humeur de la brune ait pu changer d'un bout à l'autre, car le fait est qu'elle avait bien compris de quoi son meilleur ami voulait lui parler. Et lorsqu'elle serra l'animal contre elle, le danois ne pût s'empêcher de soupirer.

" Ne complique pas la chose, s'il te plaît. Le professeur avait bien dit qu'il trouverait la solution avant le dîner. "

" Non, il avait dit avant la fin des cours. "

" Mais il avait commencé par dire ce que j'ai dit alors on ne va pas en faire un débat. "

" Mais pourquoi je ne peux pas le garder ? Je sais m'en occuper..."

" Là, n'est pas la question, tu sais ce panda doit retourner auprès des siens. "

" Je ne te suis pas, si son propriétaire le cherchait vraiment, il se serait déjà manifesté. "

" Certes, mais il faut que tu saches une chose. " Il se tourna vers le blond pour chercher du soutien, celui-ci fit une moue " Adrian, peux-tu lui en informer ? "

" Eh bien, d'après ma recherche personnelle, il y avait un zoo ambulant qui passait dans le coin, et celui-ci possède un panda géant et son petit, seulement pour on ne savait quel raison le bébé s'est mis à gambader et il se retrouve ici en étant passé par un des nombreux passages secret. "

L'explication du Gryffondor ne pût que laisser son interlocutrice perplexe, il comprenait, lui-même l'était. Qui pourrait croire à un bobard pareil ? Cependant, avec l'expression neutre, Emil appuya sur les sentiments de justice.

" Réfléchis bien Claire, tu voudras élever ce petit loin de sa mère ? L'éloigner de celle qui lui a mis au monde juste parce que tu t'es attachée à lui ? Est-ce que c'est vraiment ce que tu veux ? "

Plus ces mots traversaient ses lèvres pour atteindre sa cible, plus celle-ci se sentait misérable. Elle secoua la tête.

" N -non... Je veux juste son bonheur. "

" Oui, j'imagine bien. Tu sais ce qui te reste à faire ? " 

Un long silence s'installa où la demoiselle faisait ses douloureux adieux à son presque animal, et malgré le fait que celui-ci avait attendu ce moment avec impatience, il devait avouer que sans ses bras protectrice, il aurait un peu froid, mais juste un peu parce que c'est un sorcier et il connaissait lui aussi des sorts, notamment de chaleur et explosif transmis par son père. Les deux garçons, en mode observateur, ne purent retenir un soupir intérieur. Eh ben, et dire qu'il s'agissait que d'un panda qu'elle a rencontré le jour-même, ils craignirent le pire en s'imaginant si ça avait été plus longtemps. 

" Bon, je te dis au revoir mon Mimil. " 

" Ce n'était pas Milou ? " Plaisanta Adrian. Car il savait très bien de qui il s'agissait, monsieur qui laissait trainer ses oreilles. Claire le fusilla donc du regard avant de déposer un baiser à la base du cou du Mimil. 

L'air ambiant baissa de plusieurs degrés. Si Tobias avait craint de rechigner dans les bras de la chinoise, c'était aussi par respect des sentiments de son ami, il ne voulait pas qu'il y ait des malentendus avec Albus. Seulement là, il ne savait pas s'il pouvait vraiment s'en sortir. Claire se tourna alors vers les garçons avec une mine terrible pour affronter ceux hébétés de ses interlocuteurs, Adrian se mordait la lèvre pour ne rien dire et Emil... Gardait son visage de marbre. Pas de changement à déplorer de ce côté. Il fut celui qui récupéra le panda et le cala contre son torse pour éviter toute recommandation exubérante de l'autre. 

" Bon, bah, on y va ", déclara Adrian en tournant les talons. 

Il regretta un instant de s'être retourné quand son regard croisa les perles salés qui ont pris formes au coin des yeux de la jeune fille et il se sentit encore plus mal en reprenant le chemin pour croiser le regard mouillé du mammifère, qui avait les larmes pour une autre raison, il allait retrouver sa forme ! (L'incident du baiser rejeté loin dans sa tête, car ce n'était pas vraiment lui, n'est-ce pas ?) Bref, en voyant ce tableau, une qui pleurait le départ d'un ami regretté, l'autre qui trépignait d'impatience de retrouver sa forme originelle, il se dit qu'il aurait préféré ne pas être mêlé dans cette affaire. Puis il songea à Emil, comment prenait-il la chose ? La réponse est : mal.

Après le dîner, en écoutant les regrets des filles d’avoir perdu leur mascotte, la brune avait craqué et oublia toutes ses résolutions en disant que c'était pour le bien de la famille, car quelque part en elle la persuadait que cette histoire de famille était faux - enfin, il devait bien avoir de la famille mais bon ; intuition féminine en veux-tu en voilà-. Dès qu'elle aperçut son meilleur ami en sortant de la grande salle, elle ne perdit pas de temps pour l'acculer et l'interroger férocement. Or, dès que les filles l'avait vu sortir avec un air résolu, sans se concerter, elles se levèrent pour minimiser le massacre. Heureusement que le concerné était encore occuper avec le prof -qui était dans la confidence- pour déposer sa déclaration d'état d'animagus au ministère de la magie.

" Pourquoi tu as fait ça ? Tu as pensée à mes sentiments ? "

Emil la regarda droit dans les yeux, le jeu dura un long moment où aucun des deux ne voulurent fléchir avant que le jeune homme ne grogne mentalement. Il décida de ruser.

" Mais tu m'as... Je suis ton Milou, non ? "

" Ce n'est pas pareil ! " Reçut-il aussitôt.

" Ouais, EMI-chou pourquoi tu te compares à un animal, un panda tout mignon, adorable et tout, toi tu es humain ! " intervint Clara en manquant de rire face à l'agressivité de la réponse.

" Et donc ça rend moins mignon, adorable et tout ? " S'immisça Harley juste pour commenter.

" Mais Clara pourquoi tu dis ça alors que tu connais la vérité ? " Soupira Chloé, bien qu'elle se doute de la réponse.

" Chut attends, ça s'annonce trop fun ! " Eh oui, c'était juste et elle devait avouer que c'était assez amusant, mais le pauvre Milou...

" Mais non, bien sûr que t'es adorable, mais tu n'es pas Mimil ! " Corrigea Claire en entendant les voix sans voir ses amies.

" Pourtant ça y ressemble ", siffla Harley.

" Donc je ne te suffit pas... ? " Joua Emil à fond dans son rôle en faisant une moue blessé. En tout cas, ça touchait les filles.

" ... Je te dis que ce n'est pas ça ! Pourquoi tu fais le capricieux ? " Et apparemment aussi la cible puisqu'elle a préféré fuir plutôt que d'affronter un autre the regard.

" Alors maintenant c'est lui qui fait un caprice mais où va le monde ? " S'indigna Clara.

" Depuis que c'est elle qui dirige, plus nul part ", soupira Chloé.

Silence de l'autre côté. Elles se tournèrent d'un mouvement pour voir un Emil plutôt touché par "l'insulte".

" Ouh, t'es vexé ? Tu ne devrais pas, elle comprendra vite son erreur ", rassura Clara, sachant y faire avec une dispute contre la chinoise.

Cela n'apaisa pas le tourment du danois, qui préféra les laisser en se murant dans un silence plombant.

 

Le lendemain, si le retour de Tobias fut félicité par quelques garçons qui s'inquiétaient de son sort, il fut un peu pris au dépourvu quand il vit les regards narquois des filles, mais tressaillit clairement face à Claire. Qui, cependant, ne le remarqua pas, trop perturbée par son pseudo-dispute avec son meilleur ami.

À la première heure de pratique du cours de sortilège, les autres virent avec surprise, les deux amis s’installer loin l’un de l’autre, tout du moins, la brune était trop perturbée pour se mettre à côté de son partenaire habituel et l’auburn trop dans les vapes pour faire remarquer ce point.

Toutefois la situation ne resta pas ainsi longtemps, Emil décida de faire bouger les choses (encore une fois) à la pause de 10 heures, mais pas forcément dans le bon côté. Comme la brune ne semblait pas disposer à faire le premier pas, il la tint en embuscade alors qu’elle était sur le point de rejoindre ses amies au salon.

« Arrête de faire la gamine, tu ne vas rester fâchée juste parce que je t’ai enlevé ‘ton seul bonheur’ comme tu l’appelles », commença-t-il.

« Je ne suis pas fâchée et je fais encore moins la gamine, laisse-moi juste le temps de me remettre de ma séparation. »

« Tu ne l'a gardé à peine une journée. »

« Et alors ? Tu n’as jamais connu des coups de foudre ? »

« Jamais, mais je crois que tu viens de m’en montrer un. »

« Bien, laisse-moi alors. »

« Qu’est-ce que je dois faire pour que tu me pardonnes ? »

« Rends-moi Mimil. » Silence, il l’observa sans un mot « Tu ne peux pas, n’est-ce pas ? Alors laisse-moi juste du temps. »

« Si je te ramènes Albus Potter, ça te va ? »

Il reçut un regard noir mais les joues se teintèrent de rouge.

« Ne plaisante pas avec ça. » Il arqua seulement un sourcil « Bon, dans ce cas, laisse-moi te travestir. » Il sourcilla et ses traits se crispèrent. « Alors laisse-moi te coiffer. » Cette fois-ci, il recula sans la lâcher. « Faudrait savoir ! »

Elle le repoussa, blessée qu’il ne veuille pas la faire plaisir alors que c’était lui-même qui l’avait proposé.

« Ne joue pas avec ça. Pourquoi tu joues avec mes sentiments ? » Dit-il faiblement.

Elle le regarda, affligée. « Alors maintenant, c’est moi qui joue de tes sentiments ? » Il aurait voulu lui répliquer que ça a toujours été le cas, mais…

« Oh, Claire, c’est bon, avoues que tu ne pouvais non plus vraiment t’en occuper. » Mais il dit quelque chose de pire à la place.

« N’importe quoi ! Je sais m’occuper des autres ! »

« Tu les mets plus dans l’embarras qu’autre chose. Sincèrement, tu n’as pas vu à quel point ton Mimil était gêné quand tu le câlinais comme tu le faisais ? » Elle ne répondit pas, ne voulant pas démordre « Franchement, je plains ton petit-ami si tu te comportais comme ça avec lui. »

C’en fut trop. Vexée, elle brandit sa baguette. « T’es trop méchant ! Puisque tu ne veux pas que je touche à tes cheveux mais que tu persiste à me dire ce que je ne veux pas entendre, je ne vois pas pourquoi je devrai aussi te faire plaisir ! » Alors elle pointa son bout de bois sur les cheveux de son vis-à-vis et prononça un sort si bas qu’il crut qu’elle n’avait rien dit, jusqu’à ce qu’il sente de l’air… au niveau du crâne.

Il ne voulait pas l’admettre dans un premier temps, mais quand il porta sa main dans ses cheveux, il ne put qu’accepter cette vérité. Son amie –plus tant que ça- venait de lui couper les cheveux en utilisant le sortilège de découpe à son insu.

« Voilà, maintenant tu comp… »

Elle perdit son ton suffisant et ne fut plus si fière de son travail en voyant l’air lourd qui entourait son ami, comme il l’avait fait hier matin. mais là, c’était pire.

« T’es sérieuse, là ?! »

Elle trembla et recula sous le timbre agressif. C’était la première fois qu’il haussait autant le ton. Sans attendre sa réponse, qui serait surement qu’un amas incompréhensible, il la laissa dans sa culpabilité et frayeur. Il ne fit même pas attention quand il passa à côté d’une porte de salon ouverte, celle des filles qui avaient passé leur tête pour guetter l’arrivée de la brune, mais qui tardait. Et à raison. Elles eurent également un frisson en le voyant passé en coup de vent, qu’il avait l’air menaçant avec l’aura dangereux qui l’entourait.

Elles s’approchèrent doucement de leur amie pour ne pas la brusquer. Inutile, elle ne pouvait plus entendre personne tant que sa respiration était saccadée.

« Eh, doucement, pas la peine de réagir comme ça, il va se calmer et tout va redevenir comme avant », chuchota Harley en la caressant délicatement le dos.

L’autre se contentait de secouer violemment la tête sans pouvoir retrouver un rythme plus régulière pour sa respiration.

« Il ne m’a jamais crié dessus… » Le tressaillement de sa voix trahissait son état.

« En même temps, après ce que tu lui a fait… » Murmura Clara.

« Il me déteste… » Sa voix se déchira et un sanglot en suivit.

« À sa place, je te détesterai effectivement », ne put s’empêcher de soupirer…

« Chloé ! » Siffla Harley.

Tandis que l’auburn jetait un regard agacé à la châtain, celle-ci la fusillait du regard et la blonde observait les perles grandissantes de la brune comme hypnotisé. Elle se dit que c’était la première fois que ses larmes semblaient si tristes.

 

Le couloir qui menait jusqu’à la salle de métamorphose ne lui avait encore jamais paru si longue. Toutefois, même une fois arrivé à destination, il n’était pas satisfait, il avait une envie de détruire.

Et les autres l’ont probablement senti, puisqu’ils voulurent le détendre.

« Wow, pas mal la coupe ! » Commença Wyatt.

« Encore une dispute avec Claire ? » Approcha Alice.

Elle n’aurait jamais pu penser une telle réaction. Emil lui jeta un regard glacial, refroidissant l’ardeur de tous les présents, même son cousin frissonna face à son aura menaçant. Ils perdirent leur sourire et eurent presque envie de fuir cette ambiance, cela leur faisait penser à…Adrian quand il voulait protéger les cendres de Vicky. Ionise fronça les sourcils et s’apprêtait à ramener sa famille.

« Eh bien, tu as toi aussi décidé de tenter les mains expertes de Claire ? »

Mais il fut devancé par quelqu’un d’autre. Lysander, accompagné de son jumeau Lorcan, s’avança sans difficulté vers le bourru, il ne départit même pas de son sourire rêveur et passa même une main dans (l’absence de) ses cheveux.

« Tu vois qu’elle a vraiment une voie toute tracée dans ce domaine. Même les cheveux coupés, t’es tout mignon.» Continua le blond en ébouriffant gentiment le crâne de son camarade ingénieur.

Contre toute attente, Emil s’apaisa peu à peu. Cependant l’expression de son visage laissait encore voir sa contrariété.

« En plus, elle a laissé tes mèches caractéristiques pour que tu restes reconnaissant. » Intervint aussi Lorcan, caché derrière son frère. Lys lui sourit. « Tu sais pourquoi, sous le coup de la colère, elle t’a fait ça ? C’est parce que t’es parti la voir avant d’avoir fini ce que tu avais prévu, non ? C’était pourtant le meilleur moyen de te faire pardonner, mais tu as voulu précipiter les choses. »

« Et donc, tu as non seulement raté l’occasion de vous réconcilier plus tôt, mais tu viens de créer un autre sujet de tension, c’est vraiment ce que tu veux ? »

Les jumeaux eurent un sourire victorieux en voyant le visage défait et rongé de remord d’Emil, qui secoua la tête pour réponse.

« Allons la voir, on a encore un peu de temps avant la reprise des cours. »

Les trois inventeurs se mirent alors en chemin, laissant le reste du groupe.

« C’est la première fois que je vois Mil si en colère et se faire aussi rapidement calmé », s’exprima Ionise.

« Triste de te trouver éloigné de ta famille ? » Taquina Rose.

Il ne répondit pas, mais sa moue sembla assez éloquente. Et peut-être jalousait-il un peu Claire de l’avoir fait tant changé.

Ils se retrouvèrent bien vite, en partie parce qu’ils se recherchaient tous les deux, chacun de leur côté. Tombant l’un sur l’autre, ils restèrent sans bouger avant que le coin des yeux de la fille se retrouvent mouillé.

« Pardon, Emil… » Ce n’était qu’un baragouinage mais ils supposèrent ça.

« Je ne suis pas fâché, ne pleure pas », lui dit-il simplement. Et cela suffit pour qu’elle se jette sur lui et le serrer fort dans ses bras, comme pour se rassurer qu’il se retrouvait bien contre elle.

« Et voilà, leur première dispute qui a duré cinq minutes », commenta Chloé.

« Tu n’as que ça à faire de chronométrer ces broutilles ? » Lança Harley. La verte lui répondit d’un sourire narquois.

« C’est moi ou depuis cette année, elle n’arrête pas de s’embrouiller avec tout le monde ? » Remarqua Clara.

« On en a déjà parlé, c’est l’effet secondaire de la pastille stérilisante. Elle est celle qui réagit le plus mal », expliqua Chloé.

Les deux autres couples étaient doublement spectateurs. Claire et Emil qui étaient sur leur nuage et les jumeaux qui avaient écouté toute la conversation. S’ils comprirent quelque chose, ils n’en montrèrent. Du moins, Lysander ne voulait rien laisser paraitre, mais Lorcan, c’était autre chose.

« Ah, vous vous parlez de vos… » Le reste de sa phrase se perdit derrière la main de son frère qui lui recouvrit la bouche.

Quand ils s’échangèrent un regard, le maladroit comprit qu’il ferait mieux de ne pas s’aventurer par ce chemin.

 

Tôt le matin, on remarqua bien à quel point leur relation fut à nouveau fusionnelle. Alors que les autres promotions se pressaient d’aller en cours, les quatrièmes avaient encore du temps pour prendre tranquillement leur petit déj.

" Tiens, une peluche à l'effigie de ton Mimil, tu n'es plus fâchée ? " Commença Emil sans préambule en déposant le jouet en forme de panda sur leur table.

« Je ne suis pas fâchée, je te dis… » Marmonna Claire en prenant l’étoffe au poil très réel. Il était tellement ressemblant qu’elle ne put se retenir de le serrer.

" ... Pourquoi ça se transforme en toi ? " Dit-elle en regardant le précédemment panda contre elle. Elle avait à présent une représentation miniature de son ami.

" Comme ça je reste aussi ton favori. "

" Oh..." Roucoulèrent des oreilles indiscrètes.

" ... Merci. " Elle referma le doudou contre elle. Et là, surprise, elle sentit que cela bougeait. « Oh, on dirait un vrai ! »

« Oui, comme ça, tu n’as pas de raison de te plaindre. »

« Oh, merci, mon Milou, je t’adore ! » Se déclara-t-elle avant de se jeter à nouveau sur lui.

" Eh ben, Albus a de quoi s'inquiéter. Son pire rival serait donc le meilleur ami ? » Chuchota Rose.

" Comme je l'ai dit, c'est toujours ce dernier qui faut se méfier ", chantonna Wyatt.

" Ça a l'air de t'amuser... " Dit Alfred, avec justesse.

" Tu ne peux pas savoir à quel point. " Rit l’américain.

" Et moi, tu ne m'offres rien ? C'est mon anniversaire aujourd'hui. » Interrompit Clara le câlin.

"... Si, tiens », lança Emil une autre peluche.

Clara le réceptionna avec facilité et le regarda sous toutes les coutures. Il s’agissait d’un ours brun aux yeux révolver.

" Oh, t'avais prévu ? Trop prévoyant ! » S’exclama-t-elle en jonglant son jouet.

" Non en fait c'était l'original un peu raté, alors... "

" Non mais dis donc ! "

 Tandis qu’on se marrait, Lolie profita qu’on parlait de peluche pour demander un service au petit génie. On félicita tous la blonde avec chaleur et celle-ci en rattrapant son cadeau improvisé, vit que celui-ci s’était transformé en une représentation miniature d’un blond. Elle jeta un coup d’œil alentour, voyant si quelqu’un avait vu, mais tout le monde était plus occupé à manger, puis elle posa son regard sur la table des verts. On l’observait aussi.

Elle fit un sourire radieux à son petit-ami avant de s’avancer vers lui. Mais avant qu’elle ne l’atteigne, un autre blond attira son attention. Tobias, en jetant un regard curieux sur la table voisine, eut un violent frisson quand il vit la brune serrer un panda agité dans ses bras. Il crut que c’était lui, en train de débattre, d’étouffer, en train de se faire violer par la brune ! Des images effrayantes apparurent dans sa tête, il ne put s’en débarrasser et était en mode post-traumatique, la tête cognant contre le bois de sa table.

« Oh, la, doucement, Tobie ! Reviens à nous, tu es bien toi, dans ton corps, celui d’être humain ! Tu sais parler, bouger, manger par toi-même, tu n’as à t’inquiéter de rien, reviens-nous ! » Apaisa son amie.

« Ah, oui…je, je suis un sorcier, je…je m’appelle Tobias. »

« Non, Mimil », l’entuba la blonde.

« Mi… » Et l’autre qui manqua de se faire avoir. Il la regarda d’un œil torve et sa partenaire faillit lui éclater de rire au nez, avant qu’il ait un éclair pour changer de sujet. « En irlandais, mil signifie miel. »

Ce qui l’intrigua assez fort, du moins l’hilarité se carapata dans ses yeux.

« Ah bon ? » Soudain, un autre éclat lui vint « Mais au fait, honey, ça te dirait de faire équipe avec moi pour le travail de groupe en histoire ? »

« Pardon ? » S’exclama deux blonds.

Tobias jeta un coup d’œil à Scorpius avant de vite détourner, il ne voulait pas se faire tuer juste parce que des filles désirées avaient de l’intérêt pour lui. Déjà qu’il avait déjà eu un incident avec une autre.

« Ne sois pas jaloux, Mil ! Tu peux aussi y être, de toute façon il faut qu’on soit avec des gens qu’on n’a pas l’habitude de côtoyer ! »

Son miel considéra la proposition avant de faire la moue.

« Je refuse que tu me donne le même surnom qu’un autre garçon. »

Il n’y a que ça qui te dérange ?

« Tu trompes déjà ton fiancé ? Je sais que les italiens sont considérés comme de grand séducteur, mais là, tu vas un peu loin sur les clichés », formula Laura Cavallone, italienne.

À la surprise de tous, quelque rougeur apparut sur les joues de la blonde. « Mais non, je ne te trompe, c’est juste que… je veux travailler avec honey ! » Lâcha-t-elle en taquinant le point faible de son ami, la base du cou.

L’autre piailla, avec virilité, vous vous en doutez. « D’accord, d’accord, j’accepte, ne me touches pas ici ! »

Puis il se figea avant de se tourner lentement vers la table des bleus. On les observait effectivement, mais le regard qu’il craignait le plus était…

« Emil. »

« Oui. »

« Wow, sans communication ! Tu lu dans son esprit ou c’est comment ? » En rit Adrian.

« Loin de là, mais à force de trainer avec elle, vous finissez par la comprendre », exposa-t-il en jetant un regard significatif à Tobias.

C’est-à-dire, ‘tu n’as absolument rien à craindre, elle ne découvrira rien, car elle est sûre de l’avoir perdu, maintenant remplacé par la peluche’.

« Bon, et…euh… »

« Tu te dis que tu peux intégrer Albi aussi, hein ? » Lui susurra Wyatt.

Rouge tomate, elle tenta tout de même de nier. Cependant sachant qu’elle n’était pas convainquante, elle décida de se choisir un autre membre pour dissiper les pensées certaines des autres.

« Ionise, tu n’as qu’à venir avec nous ! » Décision vraiment prise au hasard et qui curieusement ne semblait pas plaire au cousin du concerné. « Comme ça, nous sommes trois. »

« Hum, merci de ta proposition, mais je pense que je vais laisser le prof décider pour nous, c’est beaucoup plus amusant. » Se disant, il jeta un sourire ironique à Alice, qui grogna. Elle se souvenait qu’il s’est beaucoup moqué d’elle et de ses réactions brusques.

« Ah… » N’ayant pas prévu qu’elle se ferait repousser, elle en perdit les mots.

« Bah, on verra ce que nous dira le prof, parce qu’en fait, je ne sais pas si on a vraiment le droit… » Hésita Emil.

Ils décidèrent de mettre un peu cette question de groupe de travail de côté, n’étant pas vraiment leur priorité et suivirent les cours de la journée, dont trois heures insupportables avec Midgen qui leur rabâchait sur la magie blanche. Puis à nouveau le groupe de méta/potion de la veille.

Ce ne fut que le lendemain que les Potter refirent leur apparition à l’école de magie. Ils furent évidemment très bien accueillit, voire avec un peu trop d’enthousiasme. Bref, on ne les laissa un moment de tranquillité.

Notamment un américain, qui aimait beaucoup commérait sur tout ce qui s’est passé durant son absence. Jusqu’à rapporter le ragot comme quoi il eut une scène de ménage, dont la fille qu’il avait des vues était l’héroïne.

« Et tout le monde pense qu’ils sont officiellement ensemble ! »

« Quoi ? »

« Ce n’est pas tout à fait vrai », intervint Rose en jetant un regard sévère à leur ami commun, qui ne fit que leur sourire avec innocence. « À vrai dire, on dit surtout qu’ils sont et forment un très beau couple. »

« Pardon ? »

« Oui, tu sais, le couple de nain », s’incrusta également Sean.

Nullement convaincu, surtout à cause du sourire qui dansait sur leur visage, il décida de vérifier par lui-même. Enfin, pas vraiment lui-même, mais…

« C’est vrai qu’Emil est une fille ? »

Demander l’intervention de Rei n’était pas plus mal, non ? Après tout, elle était fan des couples homosexuels, que ce soit masculin ou féminin, tant qu’il y’en a, cela lui intéresse. Non, il n’était absolument pas du genre à tout faire pour parvenir à ses fins, il s’avérait savoir être un peu rusé.

« Quoi ? Pourquoi tu dis ça ? » Sourit stupidement Claire.

« Eh bien, nous savons quand c’est un gars qui se travestit en fille car il ne pourrait jamais accéder au dortoir féminin –donc, je m’excuse platement auprès de Dubois-san-, cependant nous n’avons rien dans le cas contraire. Car les filles peuvent aller dans le dortoir des garçons. Et puis, si elle se cache sous une identité masculine, c’est parce qu’elle a une vue sur une autre fille et qu’en étant un gars, elle peut facilement l’approcher, n’est-ce pas ? »

« …Est-ce que tu es en train de dire que…Emi-chou se ferait passer pour une fille pour…séduire Claire ? » Bégaya Clara, manquant à chaque coupure de rire à gorge déployé. En tout cas, c’est ce qu’attestaient ses larmes.

« Parfaitement, j’ai raison, c’est cela ? »

Claire dut réunir toutes ses forces pour ne pas rire aussi. Elle jeta un regard en biais à son ami, qui lui jeta un regard torve, lui défiant de se moquer.

« Hem, non, Milou est bien un garçon, tu n’as pas t’inquiéter de cela. »

« Bon…dans ce cas, vous êtes en couple ? Après tout, tu as bien une peluche à son effigie », insista Rei.

Ça, c’était quelque chose qui dérangeait beaucoup Albus, mais il ne l’avouerait jamais à voix haute.

« Quoi ? En couple avec Emil ? Tu n’y penses pas ! »

« Pourquoi pas ? Il est mignon, Stewart-kun ! »

« Oui, mais… »

« Ah, c’est parce qu’il est plus kawaii que kakuii ? » [Mignon que beau]

« Euh, il y a aussi de ça, mais… »

« Oh, peut-être parce qu’il a déjà quelqu’un d’autre ? »

« Emil ? Avec quelqu’un d’autre ? » Ce fut plus fort qu’elle, elle éclata finalement de rire. « Franchement avec son comportement, ça m’étonne que vous n’avez pas trouvé de vous-mêmes ! Enfin, Emil n’est avec personne, et ne le sera pas, parce qu’il est asexuel. »

La nouvelle était tombée, on comprenait enfin pourquoi depuis le début de l’année Emil Stewart semblait être le chouchou des filles, en plus de son empathie, il était en fait beaucoup plus facile d’approche quand on sait qu’il ne sera jamais intéresser par vous. Bref, devenu la mascotte, il est officiellement nommé le meilleur ami des filles.

En ce qui concernait le résultat des groupes finals, cela ne fut déterminé que la semaine prochaine, dès la reprise des cours de la nouvelle semaine avec cette fois-ci, tout le monde présent. Et cela s’avérait assez inattendu.

 Groupe: 

  1. Elise, Ani, Kylian, Laura
  2. Stefan, Elias, Scorpius
  3. Sean, Tyler, Ionise, Célia
  4. Kenneth, Lux, Lolie, Matthew
  5. Chloé, John, Julius, Albus
  6. Alice, Alfred, Adrian
  7. Clare, Rose, Tobias, Wyatt
  8. Claire, Emil, Harley, Ruben

 

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