Été 2041 : La descendante de Celia Davison et celle de John Hopkins
Juillet - Août 2041
C'était les premiers jours des vacances d'été.
Nina Lingtren rentrait du collège, sa première année chez les moldu sur toute une scolarité venait de s'achever. Elle était relativement satisfaite de l'année scolaire écoulée. Elle s'est faite des amis, elle est bonne élève et aime bien les matières enseignées. Bon, certes, ce n'est pas aussi singulier comme utiliser une baguette magique pour formuler des mots latin afin d'avoir des éclairs colorés, ni faire des mixtures à retourner l'estomac et encore moins métamorphoser une aiguille en cure-dent. Ou le contraire.
Bref, il n'y a pas de magie et Nina ne sait pas si elle est amère, mais le temps qu'elle va passer avec ses nouvelles connaissances compensent plutôt bien.
Sauf que son programme est chamboulé quand son chemin croise un nid d'oiseau. Avec un œuf abandonné. Sur le point d'éclore, l'œuf.
Avec une certaine pitié, elle décide de s'occuper de le couver jusqu'à ce qu'il éclore.
Ainsi commence sa première expérience 'magique'.
Il se sent étrange. Il a l'impression de manquer quelque chose. Comme s'il était seul alors qu'il est entouré. Comme si son univers s'est assombri alors que cela n'a jamais été coloré.
Et ses parents qui s'éloignent de plus en plus l'un de l'autre. Pourtant il n'y a pas de tension. Il n'y a non plus un sujet qui fâche. C'est juste qu'il y a... Il manque une chose.
L'éclosion est proche. Après tout, elle ne l'a accueilli qu'à la fin de la formation. Elle s'est entre-temps fait aider par Célestine qui a montré un grand intérêt à l'idée d'élever un oiseau. Ça ne la dérange pas, elle veut partager cette expérience avec une fille aussi douce que Célestine, même si c'est une sorcière et qu'elle pourrait assister à ce genre de 'magie' autant qu'elle veut. Mais peut-être que le faire avec une personne sans que ce soit dans un cadre professionnelle (ou éducationnel) est encore meilleur.
Le lézard de la coquille fend maintenant jusqu'au trois quart. Selon les estimations du père de Célestine, Doug (le porteur) qui n'est absolument pas un pro mais qui aime étaler sa science, l'oisillon sortira du cocon à la tombée de la nuit. Sauf que le second père de Célestine, John (celui qui fait partie des 30 légendes comme la mère de Nina, leur annonce qu'il risque d'avoir de la foudre alors les filles se sont empressées de fermer les fenêtres et recouvrir tous les rideaux existants dans l'appartement qu'elle partage avec sa mère. Puis, elles s'installent autour de la table du salon et attendent patiemment l'arrivée du petit être qui va chanter (elles espèrent mélodieusement et non roucouler comme les pigeons -des êtres nuisibles, à exterminer ceux-là).
Ce n'est que quand le premier éclair commence à gronder que les craquelures se répandent. Les fissures se prononcent et l'œuf tangue dans tous les sens, se débattant de sa cage qui le maintenait en vie. Soudainement, le haut a un soubresaut et des morceaux de coquilles sont projetés. L'instant suivant un éclat retentit, résonné en écho par un grondement extérieur.
Il aurait dû frapper à la porte. Il le sait qu'il aurait dû le faire, il a été bien élevé après tout. Mais comment bien réagir quand c'est celle même qui l'a élevé vient de dire une chose pareille ?
- Je vais partir.
Pourquoi ? A demandé son père.
- Il y a quelque chose qui ne va pas bien. Il me manque une chose.
On le trouvera ensemble, a répliqué son père. Ne nous abandonne pas, a-t-il ajouté d'une petite voix.
Il n'a jamais encore vu son père être si vulnérable.
- Non, je dois le faire seule.
La réponse de son père a été recouverte (parce qu'il a dû dire quelque chose à ça, forcément) par le grondement de l'orage.
- Je reviendrai.
Quand ? Demanda-t-il en ouvrant la porte de leur chambre.
Ses parents ne se sont mêmes pas tournés à le haussement totalement inhabituel de sa voix. Ils s'échangent un regard intense mais court avant que sa mère ne se tourne vers lui.
- Je ne t'ai pas élevé pour que tu écoutes aux portes, lui dit-elle doucement, presque tendrement. Mais je suppose que c'est déplacé de te dire ça, maintenant.
Ne t'en va pas. Je peux te retrouver ce que tu as perdu, supplia-t-il.
Elle secoua lentement la tête, il sentit le besoin de le lui affirmer le contraire. Il le fallait.
- Je le ferai, je te le promets.
- Pas pour ça. Je dois le faire seule.
Il n'a pas le temps de contredire que l'orage le coupe dans son élan. Il la vit se lever et se pencher vers son mari pour déposer un baiser sur ses lèvres.
- Ce n'est pas un adieu, lût-il dessus.
Elle se redressa pour lui sourire tristement. Il ouvrit la bouche pour chercher à la convaincre encore. Mais l'éclaircie de l'orage le fait tressaillir et la lumière de la chambre parentale, contenu par un cierge, s'éteint sous le courant d'air dû à la porte ouverte. Sa gorge se serre quand il remarque que par un quelconque tour, sa mère a déjà disparu de la chambre qui est à présent toute froide. Le son désagréable du tonnerre englobe son père et lui, laissés seuls.
Apres un court mais pesant silence, il remarqua que de toute sa vie, il n'a jamais vu ou entendu sa mère le gronder.
Et cela lui brisa étrangement le cœur alors que la fondre se déclencha à nouveau.
- Ce n'est qu'un au revoir, Loan.
Deux cris totalement émerveillés s'élèvent dans le salon des Lingtren femme. Nina Lingtren et Célestine Hopkins-Teilleul sont tout simplement subjuguées par l'oisillon qui vient de sortir de sa coquille d'œuf. Il est un peu visqueux dû au liquide amniotique mais il est juste magnifique quand il ouvrit les yeux pour regarder les deux filles qui se sont chargées de sa naissance.
Alors qu'en cette nuit, un être venait d'être mis au monde, accueilli un peu comme un nouvel membre dans une famille, une autre se retrouve déchirer par le départ tout simplement inattendu et brisant d'un membre.
Le jour de la réunion, le 28 juillet, car insisté par une certaine chinoise, se trouve être une des pires rassemblements depuis cinq ans. Car non seulement la chinoise en question n'était pas présente, mais il n'y avait en plus presque personne. Les seules présentes sont ceux qui pratiquent l'enseignement comme métier et ce sont d'ailleurs les seuls qui ne ratent chaque année aucun des réunions. Sean, Elise, Tobias, Harley, Albus, Rose et Matthew, John, Julius, Lux et Tyler et Kenneth sont les seuls présents. Aucun autre n'a pu se libérer pour faire le déplacement jusqu'en France, chez les Hopkins-Teilleul.
Le couple Malefoy était tous deux occupés tout comme Alice dont les affaires de sa salle de sport fonctionne très bien (un peu trop) ; les Nott, les Boa-Cavallone, les Entwhistle, les Holbein, les Smith, les Stewart (quoique c'est sûrement Ionise qui ne voulait pas venir) sont en vacances ; Adrian et Stephan sont à l'autre bout du monde, et même Wyatt est en tourné. Et Chloé...a eu une urgence de dernière minute. Ce qui fait qu'Harley est seule de son quatuor. Tout comme Tyler (qui ne voulait non plus venir mais Lux a insisté alors...).
Ce qui les a le plus surpris est de voir que Potter est seul avec son fils.
- Donc... vous vous êtes séparés ?
Albus fronce les sourcils alors qu'il contemple sa tasse de thé d'un air absent. Le thé, la boisson préférée de Claire, qui n'est pas là. Plus à ses côtés.
- Ils ne sont pas en voie de divorce, si telle est ta question, siffle Rose pour défendre son cousin.
- Mais vous ne vivez pas ensembles...
Harley fronce aussi des sourcils à cette évidence. Quel est l'intérêt d'appuyer une observation pareille ?
- Et elle est où maintenant ?
- ... Je ne sais pas.
Un silence inconfortable étreint les adultes présents, tout simplement ébahi par la nouvelle. Et dire qu'ils sont le premier couple à se marier. Remarque, c'est plus logique sous cette angle, ils se sont engagés un peu trop tôt, vu comment le mariage a été fait en panique dû à la grossesse tout à fait inattendue.
- Pourquoi tu ne l'as pas arrêté ? Demande d'ailleurs ce dernier en s'incrustant dans la pièce pour adulte. Loan pose un regard noir sur son père, transmettant tout sa rancune et remord. Albus repose finalement son verre intact.
- Parce que je l'aime.
- Non ! Si tu l'aimes tu ne l’auras pas laissé partir, tu l’auras gardé auprès de toi et on aurait vécu ensemble jusqu'à ce que la mort nous sépare !
- T'ai-je déçu, Loan ?
- Ce n'est pas la question ! Tu aurais dû lui dire que tu avais besoin d'elle, que tu allais l'aider dans sa recherche de cette chose manquante, que tu l'aurais soutenu papa. Pourquoi est-ce que tu n'as rien dit de tel ?
- Doucement, Loan, il faut que tu te calmes, intervient Rose.
La vaisselle sur les meubles tremble de manière assez inquiétant et Doug n'a jamais eu autant les sourcils froncés.
- A quoi te servent tes promesses d'amour éternel et autre geste biais prouvant ton amour si tu ne peux même pas la garder avec toi ?! Pourquoi est-ce que tu ne pouvais pas la retenir comme n'importe quel homme amoureux de sa femme ? Tu aurais au moins pu penser à moi, j'ai besoin de ma mère !
Les larmes longtemps contenus jaillirent des yeux verts et marron, souillant pour la première fois les joues du métis. Les femmes présents (et maternelles) ont les larmes aux yeux en voyant que le si calme Loan éclater, les traits déformés par la douleur d'avoir perdu sa mère. Même temporairement.
Sans montrer plus de son état humiliant, l'enfant s'enfuit en faisant claquer la porte derrière lui. Il ne doit probablement plus voir les adultes de la même façon.
- Je suppose que je dois m'excuser..., déclare Albus, un bout moment.
Le cœur douloureux de voir son fils si souffrant.
- Oh non, je trouve ça plutôt rassurant que son éclatement se limite à ça. Cependant, je ne sais pas si je dois m'inquiéter du fait que c'est à cause d'elle.
Encore.
- Pff, il était temps qu'il fasse sa crise d'adolescence.
Un rire nerveux éclate, tentant de détendre l'atmosphère.
- Reviens, maman... J'ai besoin de toi...
Les larmes silencieuses du jeune homme coulent sans discontinu, comme si un barrage venait de céder.
Un bout d'un moment, le cuicui d'un petit oiseau attire son attention. Il essuie ses larmes et lève le regard. Célestine est agenouillée à quelque dizaine de mètre devant lui et soudoie l'oiseau qu'elle et Nina ont élevé. Elle le charme avec des graines dans le creux de sa main.
- Je ne voulais pas être intrusive, dit-elle doucement.
Loan sait que c'est à lui qu'elle s'adresse sans qu'elle ait besoin de le regarder. Sans lâcher l'oisillon du regard, elle dépose le reste de grain sur le sol pour laisser l'animal le loisir d'en picorer.
- Mais j'ai une chose à te dire, poursuit-elle en se levant.
Elle regarde la créature sautiller autour du tas de grain qui diminue considérablement et battre des ailes, soudainement excité par tout autre chose que se nourrir.
- Qui est ? Parle finalement Loan.
Les battements d'aile de l'oiseau et son ascension dans les airs les hypnotisent un moment.
- L'on naît, grandisse et vive car il nous a été donné la chance de vivre.
L'oiseau fait un tour au niveau de leur visage, s'installe sur l'épaule de sa maîtresse pour picorer brièvement sa joue, puis s'élève encore plus haut.
- Et même si on est reconnaissant à ceux qui nous ont donné les raisons de vivre, parfois, on veut juste voler de nos propres ailes.
Une brise leur souffle dessus et l'oisillon a disparu. Plus de chant, plus de battement d'aile frénétique, il a pris son envol. Le cœur de Loan se serre dans sa poitrine mais plus aucune larme n'en coule.
- Et puis, tu n'es pas seul, termine Célestine.
Des pas s'approchent et Loan est entouré par les autres enfants venu pour la réunion. Des bras l'encerclent fermement mais aussi tendrement et même sans le voir, Loan sait qu'il s'agit de Cael, car seul lui le touche ainsi. Il échange un dernier regard avec sa cadette qui lui sourit, avant d'hocher la tête. Non, il n'est pas seul.
À quelque jour de la rentrée, en préparant les dernières affaires qu'elle a besoin pour la rentrée des cours, Nina est distraite par un pic répétitif sur la vitre de sa fenêtre.
L'oiseau qu'elle a élevé avec Célestine se trouve sur le rebord la fixant intensément.
Et parfois, elle revienne.
Fin
Bonus :
Albus a bien vu les dernières lectures de son fils, tous des sortilèges et autres s'approchant à de la magie noire. S'il était honnête, il dirait que c'était pour le provoquer, mais l'excuse qu'il reçut était tout aussi valable : vouloir retrouver sa mère.
- Tu as assez lu pour aujourd'hui. Viens manger.
- Quel barbe de se nourrir. Une véritable perte de temps.
- Ça te permet de subsister, comme ça tu auras plus de force dans ta recherche.
- C'est une norme ennuyante. La faim stimule ton système immunitaire, ton instinct de préservation s'éveille et tu es doté d'encore plus d'entrain.
- ... Si jamais tu n'as plus le choix, les repas sont au frais.
Et plus rien.
D’autre fois, les gens restent aussi tout simplement collés à vous (Cael).
Fin. (La vraie)