Episode 1
Par une nuit d'hiver de l'année 2018, un groupe de jeune lycéen se sont réunis tard le soir pour une défaillance de leur programme prévu.
Dans un box de karaoké, un tintement de verre résonna, on comprit que les verres se trinquaient pour porter un toast à ce premier jour de l'année. Sept verres remplis d'orange y sont comptés.
On distinguait parmi eux, une jeune blonde aux yeux noisette. Dont le corps fine et élancé faisait une grande différence à côté des deux autres planches à pain.
- Servez-vous, c'est moi qui régale ! déclara-t-elle à l'assemblé.
Miyuki Tsumugi but une gorgée de sa boisson orangée. Du haut de ses dix-sept ans, elle avait été et restera une bonne femelle attisant le regard envieux des autres filles et le regard désireux des hommes. Etudiante au lycée Serio, elle était en classe en première C, une fille bien sérieuse. De jolies courbes forment son corps de beauté, et avec son mètre 70, on avait, de nombreuse fois, tenté de la convaincre d'entamer une carrière de mannequinat. Mais elle n'y concédait guère.
- Cela ne m'étonne pas de ta part, s'exprima un jeune à ses côtés.
Haru Nishikiori était assis à droite de Miyuki, il prit lui aussi une gorgé de son orange en avalant pompeusement. Il étudiait aussi au lycée Serio, mais s'était retrouvé dans la classe A. Jeune et robuste, châtain aux yeux flasque, ses dix-sept ans lui donnait un physique de renom, il abordait en permanence une mine défaillant.
- Toujours aussi formel, Haru, commenta une rousse.
La jeune fille s'enticha du jeune garçon, elle lui fit un large sourire, qui rendit le jeune sans voix.
Les cheveux teints en rouge étaient une mode que les lycéennes de seize ans avaient cessé d'existé, mais Akane Hibari était bien une exception. Sa chevelure rousse, bien que terne, ne passait vraiment pas incognito, ses iris marrons par contre semblaient bien blasé. Etudiante au lycée Serio, en première année B, Akane trainait beaucoup avec la bande de son demi-frère.
- Puisque c'est Miyuki qui offre, il ne faut rien gâcher ! déclara un jeune débout.
Un bras levé en tenant fermement un verre de jus d'orange, Kyo Fujiwara saisit un bol de pistache et dévora les petits appétits. Bien qu'ayant dix-sept ans, le jeune éphèbe ne se comportait pas de façon très mature, mais il avait un irrésistible charme qui l'enveloppait. D'un châtain décoloré et des yeux étrangement pourpre, le jeune homme possédait de traits étonnamment fins. Voici ce qui a énormément attiré Miyuki chez lui. Tous deux forment un couple inséparable, de vrais fougueux. C'est le demi-frère d'Akane, relié des liens maternelles. Il étudie au lycée Serio, second année A.
- Oui, après tout, nous sommes enfin réunis après plusieurs jour de séparation, commenta un autre assis en face.
Shuichi Aso tenait son verre dans une main, l'autre était allé dans ses cheveux bruns. Son regard sombre parcourra un instant le box dans tous les recoins avant de sourire. Elève de premier C au lycée de Serio, de son diminutif Shu intériorise souvent ses sentiments, il semble vraiment être mystérieux.
- Oui, Shu a raison, profitons pleinement de cette soirée !
La déclaration de la brunâtre aux yeux chocolat fit réfléchir les jeunes présents dans la salle, après tout, il était vrai qu'ils ne s'étaient pas revu depuis deux semaines, voici que se montre enfin une occasion de les regrouper. Ichigo Yamasaki sourit radieusement, en prenant en compte de la baisse de tension dans la salle. Elle inclina joyeusement sa tête sur le côté en portant son verre à ses lèvres.
- ... sauf que là quand je vous vois si enchanté, j'ai très envie de gâcher cette soirée qui s'avère être plaisant pour vous, exposa un jeune.
Assis à l'envers sur une chaise, Haku Yamasaki, frère ainé de Ichigo, se révéla être particulièrement contrarié. Les sourcils froncés, les lèvres pincées, le regard droit devant et sûr de ses paroles, le jeune éphèbe ne semblait pas du tout regretter ses mots. Lycéen de premier C et fils du proviseur de l'établissement Serio, Haku paraissait être un enfant ayant été trop gâté. Pourtant c'était le frère d'Ichigo.
Un long silence plana dans le box. On pouvait entendre une mouche volé, bien heureusement il n'y en avait pas une qui passait.
Miyuki finit par toussoter en ayant son verre à la main, sans le déposer sur la table.
- Il t'arrive quoi ? demanda-t-elle.
- Tu me chembles bien importuné, commenta Kyo en avalant une poigné de chips.
- Ne parle pas la bouche pleine, remarqua Haruki.
- Oui, bon, faut finir de bouffer, c'est bientôt l'heure, se justifia le décoloré.
Ne trouvant plus rien à dire, Haru but une gorgée de jus et se tut.
- Qu'as-tu, Haku ? Pourquoi te sens-tu si...blaser, s'inquiéta le brun.
Le concerné arqua un sourcil sceptique. Il dévisagea son ami longuement avant de se faire interrompre par le soupir de sa sœur.
- Le voilà, qui lui reprend.
- Dis-nous en plus, tenta Akane de soutirer des informations à son amie.
La jeune sœur s'apprêta à divulguer un évènement qui a marqué elle et son frère durant leur séjour sans communication avec leurs amis.
Ni une ni deux, Miyuki explosa de rire, sans pouvoir se contenir ni se retenir. Son ami, Kyo, tenta de la calmer, sans grand succès. On ne pouvait plus rien faire quand sa petite amie était dans cet état, il fallait juste la laisser un peu... reprendre ses esprits.
Trouvant que l'ambiance craignait beaucoup dans ce côté, Haru quitta les lieux et parti s'installer aux côtés de Ichigo, légèrement gênée après avoir tout dévoilé.
Pourtant même l'intéressé n'était pas dans un état si piteux. Il croisait simplement ses bras sur sa poitrine en attendant un quelconque signe de la part de ses amis.
Seul son meilleur ami daigna faire le premier pas :
- Alors comme ça, tu veux avoir une copine ?
Se tournant vers celui-ci, Haku ouvrit sa bouche sans laisser sortir un son. Enfin, il en avait bien sortit quelques-uns qui fut vite couvert par le son de la voix de Akane.
- N'est-ce pas assez clair ? Son comportement hystérique même le prouve ! annota la rousse en avalant une pistache. Gâcher la soirée d'un couple uniquement pour le fait de s'être présenter ainsi devant lui est vraiment une attitude un possesseur, doubler d'un envieux.
- Oui, bon, ce n'est pas la peine d'en rajouter une couche, défendit Shu.
- Merci de ton soutient, Shu, soupira Haku.
- Quoique, je suis tout de même d'accord avec elle, reprit ce dernier.
Arquant à nouveau un sourcil, le jeune Yamasaki grommela des mots incompréhensibles. De son côté, Miyuki s'est repris de ses émotions et essuya une larme qui s'est permis de couler.
- Ah, je vois, alors monsieur désire faire de la connaissance avec la gente féminine, résuma-t-elle, et qu'as-tu à leur proposé ? Cela m'étonnerait qu'elles veuillent bien de ton caractère trempé.
- ... Elle vient de marquer un point, là, constata Haru après réflexion.
- D'ailleurs, quel est ton genre de fille ? demanda Kyo pour détourner.
Le concerné porte l'index sous le menton, comme pour signifier qu'il réfléchit -rapidement en tout cas- et dit en levant les yeux et un sourcil.
- ..Hum, une fille « calme », plutôt « mignonne », et « intelligente », énuméra Haku.
Un silence médusé régna soudainement l'assemblé. Les filles se considérèrent un moment.
- Moue..., marmonna Ichigo.
- Ah oui, je vois..., fit la demi-sœur rousse.
- Le genre de fille parfaite, quoi, compléta la blonde.
- Ne t'attends pas à ce qu'une fille pareille tombe du ciel, s'y met le meilleur ami.
- Merci, de vos conseilles fichtrement inutiles.
Pour toute réponse, les quatre esquissèrent un large sourire, ce qui amplifia davantage le degré d'animosité du jeune en difficulté sentimental.
- Et qu'en est-il du tien, Haru ? acclama Kyo.
- Je n'ai pas de préférence en particulier, répondit ce dernier sans hésitation.
- ...Trouves en toi vite, avant qu'on se fourvoie sur ton orientation, répliqua Kyo.
Haru s'arrêta dans son mouvement. Le verre à porter de main, mais suspendu en l'air sans être arrivé aux lèvres. Il lorgna le visage illuminé d'un sourire de Kyo, avant de claquer de la langue.
- J'espère que tu plaisantes...
- Pfuh... à toi de voir, pouffa l'autre.
Bien plus tard, l'heure de se quitter arriva.
Le karaoké allait fermer ses portes et nuit comme il faisait, les jeunes gens ne pouvaient traîner nulle part à une heure si tardive, ils se sont donc raisonner de rentrer chacun chez soi.
Les garçons grimpèrent sur leur engin volant –invention futuriste, à l'apparence d'une moto, l'appareil ne possède pas de roulette, il peut donc voler de quelque centimètre dans l'air (10cm max)-, après avoir sereinement vérifié que les filles étaient entré dans le véhicule, pareillement volant (possibilité de voler de 5km en l'air max).
Sur le trajet en vol, Shu avait tenté une approche avec son ami, mais ce dernier ne comprenait pas le sujet de la discussion et tenta de voler un peu plus près.
Mais malencontreusement, un étrange fait surgit.
De l'électricité statique s'abattit juste entre les deux jeunes qui allaient se rejoindre.
- Que... De la foudre ?! s'étonna le brun.
Bien qu'étonner, aucun des garçons n'arrêtèrent dans leur conduit de l'engin. Haku avait bien tourné sa tête de 90 degré, mais suffisamment pour ne pas voir la suite. C'est comme si cette tonnerre ne traquait qu'eux.
Haru roulait en premier, il tourna un bouton pour accélérer le mouvement.
- Pourtant, la météo n'avait pas prévu d'orage, commentait-il.
- Tu crois vraiment que c'est le moment de parler de météorologie ? réprimanda le décoloré. On risque fort de prendre un éclair si on ne bouge pas rapidement.
Kyo fit le même procédé que le châtain qui menait la marche, mais son dispositif clamsait. Il disjoncta un bref moment, et le jeune décoloré fut projeté en avant –près de Haru- avec son engin volant. Derrière il ne restait que Shu et Haku, mais ce dernier était vraiment en retard.
- A quoi tu-... ?
A peine eut-il commencé sa phrase, que son dispositif prit fumer. Il ne vit rien arriver. Ni l'éclair, ni la lumière aveuglante.
- C'est quoi ce binz ?
Le juron de Shu passa inaudible. Le brun se tourna une dernière fois vers son ami. Mais qui aurait pensé que c'est ainsi que ce terminerai cette nuit déjanté ?
Le jeune homme était abattu par une lumière fluorescente. Etincelant de mille feux, jaillissant de tout son corps, Haku se vit toute sa vie devant lui... avant de tomber sur ses derrières.
- Aie...
Il tâta son corps, assurant que rien ne lui manquait. Rien ne manquait à l'appel, mais quelque chose de nouveau est à découvrir. Le corps frêle d'une jeune fille se retrouva sur ses jambes. Shu siffla.
- Ben, mince, souffla Kyo. Il y a vraiment une fille qui lui a tombé dessus...
- Encore faudrait-il qu'elle corresponde à la description...
Sous l'ébahissement, personne n'avait redit sur ces paroles.
Episode 2
Trois heures se sont écoulées. Trois heures que j'attends son réveil à son chevet, assis sur la chaise de mon bureau. Trois heures que je garde les yeux ouverts pour ne pas perdre un œil sur elle. Et trois heures d'ennuis mortel.
Au bout du compte, je pense que je vais finir par crever si elle n'ouvre pas les yeux.
Bon, certes, seulement trois heures se sont écoulé, mais je suis impatient d'entendre sa voix, moi !
- Ben, tu es encore éveillé ?
Je me redresse lentement et pivote vers la voix de Kyo. En examinant sa tenue, je comprends qu'il vient de sortir de la douche. Avec seulement un t-shirt sur les épaules et un pantalon tout léger sur les jambes, il se sèche les cheveux avec une serviette.
- Tu ne vas pas attraper froid, habillé comme ça par ce temps ?
- Ça va, nous sommes au bercail, me répond-il tout zen en entrant dans ma chambre.
- Ce n'est pas une raison, je réplique.
- Bon au lieu de t'inquiéter inutilement pour moi, elle a ouvert les yeux ?
- Elle n'a même pas cillé, je dis.
Il s'adosse contre le mur en acquiesçant de la tête. Il laisse tomber la serviette sur ses épaules et croise ses bras en observant à son tour la demoiselle. J'en fais de même.
- Tu devrais te ménager, ce n'est pas en restant à ses côtés que cela va lui permettre de se réveiller.
J'entends par là comme une raillerie. Je me retourne et vois Shu. Il semble agacer, et garde une main dans les cheveux, que lui ai-t-il arrivé ? Bon, au moins il était chaudement vêtu comparé à autre mec se trouvant sous mon toit. (Ma chambre en gros)
- C'est bon je sais, pas la peine de me la faire trois fois de suite, je souffle, presque inaudible.
- Quoi, tu es resté éveillé pendant tout ce temps ? s'étonne Kyo auprès de Shu.
- Toi aussi, je te signal, remarque ce dernier.
- Oui, mais moi, je prenais une douche, se justifie le décoloré.
- En pleine nuit ? s'incrédule mon ami.
- Bah, après avoir passé une journée, enfin non, une soirée pareille faut bien se laver.
Aucun de nous deux ne prononçons mot, laissant le gars dans son explication.
- Il a tout à fait raison, va bien falloir prendre exemple sur lui, suggère Haru.
- Bof, je ne me sens pas transpirer, je dis d'un ton las.
- Ce n'est pas un problème d'olfactif, mais d'hygiène, me réprimande le lunetteux.
Pour ne pas le contrarier davantage, je soupire et hausse les épaules en retournant mon regard sur la fille. Toujours inconsciente.
En fait, plus je le regarde, plus je doute. Elle ne peut honnêtement pas être humaine ! Elle est tout simplement inhumain ! Enfin, je veux dire, elle dépasse tout de ce que l'être humain lui-même a ! Tout sur elle nous le prouve, ses traits harmonieux et fin, sa corpulence svelte et gracieuse et puis sa peau ! (ou sa chair) Elle semble si lisse qu'on dirait de la porcelaine !
- Haku, faut que tu te calme, ne profite pas de son sommeil pour la tripoter !
Bien qu'il soit ébahi, je vois que Kyo garde sa position, les bras croisé adossé au mur.
- Mais, c'est impossible de résister à son charme, je me défends.
- Bon, il faut que tu te retiens ou elle te prendra pour un pervers à son réveil, me conseille Shu.
Plus qu'un conseil, c'est un ordre qu'il me donne. Il s'est avancé vers moi en me saisissant par la main pour m'empêcher de commettre la fin de mon crime : la dorloter -sauf que je le touche déjà-.
- Je ne vois pas comment tu arrives à ce stade juste parce que tu te retrouves devant elle, je ne vois rien qu'une fille, moi, fait Haru en remontant ses lunettes et en sourcillant.
Et en sourcillant ! Mais, il va encore bien ce mec ?
- Dis-moi, à ce train-là même en te présentant à Uete Aya*, tu ne flancherais pas, hein ? (*Visiblement, l'artiste la plus belle)
En posant cette question, Kyo a finalement décroisé ses bras. En gros le cas d'Haru est beaucoup plus important que la mienne. Enfin, ça se comprend, s'il s'avère qu'il est gay, nous sommes tous en mauvais position.
Et pour toute réponse, celui-ci sourcil à nouveau. A nouveau ! Est-il en train de réfléchir ?
Pour ne rien arranger, c'est sur ça, qu'elle se réveille, j'espère qu'elle ne va pas me trouvé suspect.
- Faut que t'arrête de t'avancer des rêves mon gars, me souffle Shu.
- Hein ? je me tourne vers celui-ci.
Il vient de se passer quoi là ? J'aurais pensé à voix haute ? À moins que...
Elle gémit, m'empêchant d'aller plus loin dans mes suppositions. Shu me lâche, à peu près émerveiller par sa beauté. Kyo se redresse lentement, Haru reste sur le pas de ma porte et moi, je suis tellement charmer par sa beauté que j'en reste sans voix, la bouche entrouverte.
Doucement, elle porte une main ravissant à ses yeux d'une couleur rouge pourpre. Puis finit par porter un regard innocent vers nous, les mecs... et moi. Elle ouvre la bouche.
- ...Heu... je... on se connaît ?
Bien sur que non... Mon ami et moi nous jetons un regard complice. Comme si on se communiquer par télépathie. Mais je crois bien que c'est le cas. Depuis son éveil.
On fait quoi ? Je fais quoi ?
Commence par lui demander son nom, non ? dit-il. (Ou pense-t-il)
T'es drôle, toi ! Vas-y fais-le, si ça te semble si facile.
Pas question, ce n'est pas moi qui vais m'y coller, alors que c'est toi qui l'as ramassé.
De quoi ? Un peu de respect pour la fille, je te prie !
Bah, sois délicat avec elle, alors.
A court d'argument, je me lance à l'assaut. Sauf que, elle est beaucoup plus rapide que je ne l'ai espérer. Bon, en même temps, il est vrai que j'ai perdu trop temps à me chamailler virtuellement avec l'autre.
- Qui... qui suis-je ?
Derechef, on s'échange un regard compatissant.
Que... c'est à nous qu'elle demande ?
A ton avis, crétin ! Qui veux-tu que ce soit, si ce n'est pas nous ? Le prête ? Me nargue-t-il.
Avant même que j'ai le temps de me reprendre et de lui répondre, on saisit la chance de l'autre côté du pont. Faut croire que je suis assez long à saisir une information, pauvre de mon cerveau.
Alors là, oui, tu peux te blâmer.
Mais la ferme ! (je vais devenir fou, avec cette voix en plus...)
- Aucune idée, dit Kyo en ayant à nouveau les bras croisé. On n'en sait absolument pas plus que toi. On ne te connaît pas et encore pour ton nom. Par contre, on sait d'où tu viens.
En achevant sa phrase, il lève un doigt en l'air. Signifiant qu'il désigne les cieux.
- T'es tombée du ciel, complète Haru.
Et ben, ils ne sont pas cool, les gars. Tous deux semblent déçu du comportement de la fille, faut avouer qu'ils ne s'attendaient tout de même pas à tomber sur une amnésique. Quoique je n'ai pas l'impression que c'en est vraiment une. Mais bon, ils ne sont pas conciliant les mecs avec qui je vis.
Hé, je ne suis pas dans le lot.
Mais on dirait que je t'ai cité, pourquoi tu te sens visé ?
Tu fais des rimes, maintenant ?
Ce n'était pas volontaire.
- 'fin bref, le mieux c'est qu'on t'en donne une, de nom, pour que tu puisses recommencer ta vie à nouveau, non ?
- Tu n'as pas l'impression d'être super zen ? On a quand même affaire à truc pas croyable ! me réprimande Haru.
- Euh... ben, c'est que...
... help, Shu ! Help !
Mais tu veux que je fasse quoi ?
Pas la peine d'agir, parles ! Défends-moi, zut !
C'est bon, non plus la peine d'être grossier.
Mon pote le brun s'apprête à parler. Mais avant même qu'il plaide pour elle, elle s'enfonce.
On sent une vive chaleur dans notre dos. C'est en guettant l'expression ahuri de nos deux locataires qu'on se met à hésiter pour se tourner et voir ce qui se passe.
Et mince ! Elle n'aurait pas pu s'abstenir ? Maintenant, ils vont être encore plus choqués.
Une étrange et grandiose barrière de flamme se dresse autour d'un œuf orange, celui-ci voltige juste à son arrière. Et elle, garde son petit air pitié de sourire forcé.
- Et là, ce n'est pas assez « grand » pour prouver qu'elle est dangereuse ? me dit Kyo.
- Non, euh, c'est un impressionnant phénomène qui vient de se passer là...
- Oui, c'est ce qu'il disait, reprend Haru en remontant ses lunettes.
Je me tourne systématiquement vers mon ami le brun pour chercher un soutien en le pressant de me trouver une excuse. Et lui me renvoi son regard sombre en inculpant.
- Ben, oui, c'est vrai, c'est vraiment fascinant ce que tu fais, Mitsuki.
On se tourne tous nos regards sur lui. Mais Shu, d'où te vient ce prénom... ce prénom ?
Je ne sais pas, c'est le seul prénom qui m'est venu à l'esprit.
- Mitsuki ? répète-t-elle en inclinant la tête sur le côté.
- Oui, c'est ton nom, explique Shu en douceur. Tu vois, comme cet astre dans le ciel, qui luit énormément dans les ténèbres.
- Oh, oui, c'est joli ! s'exclame-t-elle, toute joyeuse.
Tout en disant cela, la flamme qui entourait l'œuf s'ébruite, elle se déploie plus « férocement ».
Mais calme ta joie ! Ou tes flammes ! pense Shu fortement.
- Ah, oui..., exécute « Mitsuki ».
On se jette encore un regard, il semblerait qu'on doit le faire pour pouvoir se communiquer par télépathie. Et on hypothèse. On tourne à nouveau notre regard sur la fille.
Elle incline à nouveau sa tête sur le côté et nous sourit.
- Bon, et qu'allons-nous d'elle ? demande Kyo, agacé.
- C'est évident ! On la garde ! je m'acclame.
- Pardon ?
- Je suis du même avis qu'Haku, on devrait la garder sous notre toit, elle n'a plus d'endroit où vivre qui plus est.
La voix convaincante du brun ne résiste pas plus longtemps pour les mecs au cœur d'or.
- Bon, OK, mais c'est bien parce qu'elle est « amnésique » que je veux bien, cède Kyo. Maintenant faut que j'explique tout à Miyuki....
- Bof, du moment qu'elle puisse servir à quelque chose.... Même si ce n'est pas le cas, elle apprendra, se rattrape Haru.
Tous deux finissent par quitter ma chambre et rejoindre la leur. A leur départ, personne ne parle : inutile puisqu'on se contact par un simple échange de regard.
C'est bon, on s'est « débarrasser des gêneurs» ! s'exclame Shu, tout joyeux.
Oui, et si tu retourner aussi dans ta chambre ?
Ah oui, je vois... surveilles tes gestes, parce que tu vois, je veux bien te la livrer mais bon, tu restes un mec...
La ferme... !
Je ne parle pas.
Alors ne pense pas !
... Là, tu me demande l'impossible.
Retourne dans ta chambre, zut ! je jure.
Bien, bien, on reparlera de ça, demain... Enfin non, plus tard..
Oui, d'accord, bonne sieste ! Je lui souhaite impatient.
Il s'en va, en refermant la porte derrière, en esquissant un sourire mielleux, et en nous souhaitant tout de même « bonne nuit ». Il disparait. On se retrouve seuls. C'est elle qui m'aborde.
- Enchantée, je suis « Mitsuki » ! se présente-t-elle.
Je reste silencieux au début, ne sachant pas comment réagir, puis je rougis en souriant.
- Ouais, et moi, je suis Haku. Haku Yamasaki.
Episode 3
Il est deux heures de l'après-midi, je tente de me concentrer sur mes révisions pour un futur examen –qui va arriver tout proche à la rentrée-, mais les vacarmes qu'ils font sont vraiment insupportables.
Bien que je sois au premier –et même en allant au grenier je ne couvrirai pas assez le tapage au rez-de-chaussée, je le sais, j'ai essayé et franchement être dans ma chambre est beaucoup plus confortable-, le boucan émane de grand écho, je pense que même le voisinage doit s'en plaindre.
En poussant un gros soupir, je dépose ma feuille de révision sur ma table de nuit et descends pour voir où en est la situation en bas.
- Ce n'est pas bientôt fini, ce cirque ? je me plains.
Je rajuste mes lunettes et les place correctement sur mon nez, tout cela me gave. C'est pour ça, que je ne voulais pas avoir de colocataire, ils n'en font qu'à leur tête.
Haku et Shu se jette un regard, avant que le premier vient en aide à la fille, « Mitsuki ». Non, sérieusement, c'est quoi ce nom ? Japonais, OK. Féminin, OK. Mais pourquoi lune ? D'où elle a une ressemblance à la lune ? Ce satellite naturel est mille fois mieux qu'elle !
- Désolé, on l'aidait à faire connaissance à tous les meubles de la maison..., s'excuse Haku.
- ... à cette schizophrène, ajoute Shu entre les dents.
- Hé ! siffle son ami, réprobateur.
Comme pour le répondre, l'autre hausse les épaules. Mais honnêtement, je ne vois pas d'où peut venir ce tapage alors qu'il ne fait qu'un catalogue d'ameublement...
- Bon, très bien, j'ai compris, mais faites moins de bruit s'il vous plait.
- Ouais, désolé, se disculpent-ils à l'unisson, avec la fille je précise.
Je remonte dans ma chambre, je traverse la porte de la chambre de Kyo, et j'entends, au passage, des bribes de sa conversation téléphonique. Visiblement, il n'a encore rien dit de notre cas à sa chérie.
Pas que je sois spécialement intéressé par leur relation, mais je les trouve étrangement distant. Peut-être est-ce le fait, que TSUMUGI travaille beaucoup, mais Kyo ne semble pas beaucoup s'en soucier.
Je rejoins ma chambre pour retourner à mes révisions.
Beaucoup plus tard, vers la fin de la journée, début de la soirée, les autres ont diné un par un, parce que le repas fait par la fille a été raté plus d'une fois. J'ai passé mon tour à chaque fois, mais ce n'était pas le plus grand problème, je ne sentais d'humeur à les voir...
Après réflexion, je descends voir comment se passe en dessous. Non, pas que j'ai faim, juste par curiosité, voir où ils en sont...
Inutile, il n'y a personne. Pas la peine de simuler ou quoi que ce soit d'autre. Je me comporter naturellement...
D'ailleurs, je me demande pourquoi je devrai simuler, je ne suis pas en tort, je ne fais rien de mal et à l'origine, c'est chez moi, ici...
Bon, pas le temps à perdre, si je suis descendu c'est en réalité pour une seule et bonne raison : me remplir l'estomac, sans être vu.
Je jette un coup d'œil au comptoir de la cuisine et je perçois une assiette emballé de film micro-onde, le contenu m'est encore inconnu, mais je ne vais pas tarder à le savoir.
Je m'approche et déballe le plat pour le déguster. Des onigiri. C'est qui les a faits ? La fille ? Kyo ? En tout cas, ils sont pas mal.
Je m'adosse dos au l'évier et continue de déguster les derniers assaisonnements laissé par mes occupant d'autre chambre. Jusqu'à que ce que mes yeux se posent sur un autre plat emballé.
Là, c'est sûr que ça a été réalisé par Kyo. On ne croirait pas, mais c'est un vrai chef. À lui seul, il arrive à assaisonner de nombreux plats aussi exquis les uns que les autres. On se demande bien comment...
Je finis par m'assoir sur une chaise dans le salon. En fait, plus le temps passe, plus j'oublie totalement le pourquoi de ma présence ici. Pourquoi suis-je descendu déjà ? Et qu'ai fais-je avant ? ... C'est tout de même choquant les trous de mémoires, non ? Je m'étonne moi-même. J'ai besoin de repos.
Inconsciemment, je me suis mise à m'assoupir. Il me semble que durant ma courte et légère somme, j'ai entendu mon fusé un peu partout dans l'appartement. Mais je n'ai pas pris la peine de répondre et encore moins réagir. J'ai seulement entendu une douce voix me chuchoter ces mots : « je veux bien comprendre que vous refusez de sortir de votre chambre pour nous éviter, mais si c'est pour vous endormir sur le canapé, vous auriez mieux fait de rester dans votre chambre...» et juste après, j'ai senti une incroyable chaleur m'entourer.
Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé. Est-ce la fille qui a créé cette « flamme » -si je puis dire- ? Cette fille... Quel est son nom, déjà ? Décidément, cette fatigue me prend tout, même la mémoire ! Il faut que je me dorme, que je reprenne peu à peu... dans la tranquillité...
Episode 4
C'est étrange, mais rien que le fait que Kyo ne m'ait pas dit la vérité suffit à m'embrouiller de tous les sens, suis-je vraiment folle de lui, au point de me douter de mes propres sentiments ?
Ça fait plus d'une demi-heure que je me trouve ici, dans c'te véhicule étouffant, et on avance toujours pas. Il y a quoi au juste ?
- Problème de circulation, vous connaissez, n'est-ce pas ? Patientez un peu, nous serons à l'heure, ne vous inquiétez point, me conseille ou me rassure Kira.
Ce jeune homme assis au volant est mon chauffeur, intendant, conseiller et garde du corps. Vous me direz : « Il en a des fonctions... ! »... Eh bien, oui ! C'est comme ça que je l'ai engagé dans ces conditions. Mais le plus impressionnant dans tout cela est qu'il assure dans tous les cas !
- Pourquoi est-ce qu'il y'en a une ? La route aérienne a des problèmes ?
- Oui, et il semblerait que cela va encore durer... voulez-vous qu'on emprunte la route terrestre ? me suggère-t-il, avec innocence.
- .... Non, je ne souhaite pas..., attendons encore un peu...
Kira acquiesce et reporte sa vision sur la route. Si je ne m'en consente pas, c'est uniquement pour le fait que la route terrestre appartient depuis belle lurette aux gens de la haute société. Ceux dont la fortune est sans égal, et dont leur situations ne dépende de rien. Moi, ma condition tient seulement grâce au fait du petit commerce que mon grand-père me demande de tenir... et je vous avoue qu'il est vraiment très mal au point.
Bref, après un bon repérage des lieux, toujours pas un changement. Je veux dire, nous n'avons
pratiquement pas avancé d'un iota ! Bon, je ne suis pas très bien placer pour me plaindre, mais franchement ce n'est vraiment pas mon truc de patienter...
Je ne cesse de gesticuler sur place, en cherchant un quelconque moyen de me « divertir », si j'ose dire. Une fois cela fait, je reste ainsi sans bouger. Mon regard est planté à l'horizon, et un étrange fait s'y produit.
De ma « superbe » vue, j'aperçois des faisceaux lumineux, d'abord large puis s'affinent peu à peu. Ils s'écrasent sur le sol désert d'une petite colline pas loin, mais isolé de la ville. Un impact s'effectue, mais visiblement pas très important puisque personne ne retient son attention là-dessus.
J'hésite un long moment, puis finalement opte le choix d'aller voir ce qui s'est passé.
- Désolée, Kira, je sors juste un moment et je reviens tout de suite !
- Hein ? s'étonne-t-il, mais, attendez... !
Je n'écoute pas la fin de sa phrase que je me jette dehors en sautant de 5 mètres, et je ne me suis pas blessée ! La raison ? Elle est simple : le sol a amortie ma chute. Comment ? ...Ben, là je n'ai pas vraiment de réponse. Bref, ce n'est pas le plus important de l'histoire, j'accoure vers la « scène du crime », toute excitée.
Essoufflée, et ébouriffée, je m'agenouille sur le sommet de la colline... près du corps.
Un peu perdue, je tente de trouver une idée pour... je ne sais pas. J'approche mon index près de son nez pour sentir sa respiration. Sauf que, justement, il ne respire pas. Sa respiration s'est arrêtée depuis quand ? Avant ou après mon arrivée ?
Sidérée, je laisse ma main au-dessus de lui et en profite pour l'étudier, je ne constate bizarrement aucune blessure ou hémorragie... je me demande de quoi il en est mort... ou pas.
D'un coup, je sens une pression oppressant mon poignée suspendu et distingue le regard rubis... du convalescent. Il me fixe, très longuement avant de se redresser sur lui et me dévisager à nouveau. Son regard dur de reproche ( ?) m'assomme, sa chevelure gris pâle me rend perplexe, ses traits sont doux et harmonieux, totalement symétriques... en regardant mieux, c'est vraiment un beau-gosse. Ses doigts sont fins... et froid –normal par ce temps-. Nous ne nous quittons des yeux.
Ce n'est qu'à la venue de Kira qui le fait réagir, il s'accroche indéniablement à moi, comme prise d'une soudaine peur.
Mon intendant semble attendre une explication de ma part, que je ne pourrai en fournir une. Sauf si mentir. Je le défi du regard en espérant qu'il finira par abandonner la bataille. Mais ce ne fut pas le cas. Kira sait persévérer quand il le faut –et quand il ne le faut pas aussi...-.
- Je peux savoir qui est ce jeune homme ?
Et voilà, la question fatidique est arrivée ! Que répondre à cela quand on ignore nous-même dans quel pétrin l'on s'est fourré. Je reste muette, attendant que la réponse puisse arriver comme par magie.
- Je suis celui qui va rester avec elle...
- Hm... ouais, mais encore ? Votre nom ? Âge ? Situation ?
Sans lui répondre, le jeune homme enfouie sa tête contre mon torse. Mais c'est un interrogatoire qui lui fait soumettre ?
Et puis, un phénomène incroyable se produit.
Une paire d'aile blanche immaculée se déploie du dos du gars. Et cerise sur le gâteau : une brise se soulève et amène dans son passage quelque plume blême, ces derniers voltigent librement dans l'air.
Brusquement, je sens de léger mouvement. Je me penche en avant pour connaitre la cause, les lèvres du mec remue et j'entends un : « Je ne sais pas... »
L'information prit énormément de temps pour parvenir à mon cerveau, qui lui prit miraculeusement qu'un centième de seconde pour décrire ce qu'il m'a chuchoté.
Attends, quoi ? Il ne sait pas qui il est ? Comment ça se fait ?
S'il a bien des ailes qui sortent de son dos, pourquoi ne saurait-il pas son identité ? Normalement dans les séries animées, c'est ce genre d'être inimaginable qui sort de je ne sais où et se présentant en nous faisant une démonstration de ses pouvoirs extraordinaire !
Puis une toute petite voix me souffle : « oui, sauf que là, nous ne sommes pas dans une de ces séries animées, mais bien dans la vie réelle ! », pour me faire sortir de mon délire.
Mentalement, je me convaincs que cette voix n'a pas tort -même si j'ignore totalement son identité- et me presse de trouver une réponse qu'attend Kira avec impatience....
C'est alors que je sens un vent à l'aspect anormal. Ce dernier a été provoqué par les magnifiques ailes ivoire du jeune inconnu. Une idée géniale traverse mon esprit.
- Il s'appelle Tsubasa [aile en japonais], il a 18 ans (premier nombre qui m'est à l'esprit) et il a été abandonné des cieux (premier histoire qui m'a paru censé) !
- ... Mademoiselle, vous avez des progrès à faire pour apprendre à bien mentir, ou plutôt pour simuler..., me critique le jeune homme, consciencieux.
... Il pourrait de son côté jouer aussi le jeu, j'ai vraiment l'air d'une idiote qui vient de se faire démasquée par un outsider...
Mais bon, grâce à ma petite mine, il finit par s'avouer vaincu et accepte le nouveau membre à mes ordres. Mais je précise avec certaine condition -pas très difficile, il faut l'avouer-.
- Bon, à présent il serait temps d'aller à votre réunion, je pense que l'embouteillage s'est largement dissipé et nous pourrons parvenir à destination d'ici peu de temps, nous explique-t-il en louchant sur sa montre. Enfin, si nous nous pressons, bien entendu, ajoute-t-il.
Sur ce, nous accourons vers l'aémov [objet volant futuriste] et Kira démarre en trombe, sans se préoccuper si nous étions bien accrocher au véhicule.
De toutes mes vacances d'hivers, ce fut le seul souvenir dont je ne serai pas prête d'oublier de sitôt.... D'ailleurs, il y a encore une anecdote que j'ai oublié de raconter :
A la fin de la réunion commerciale que m'ont imposée les supérieurs hiérarchiques, je suis retournée à mes quartiers. Ce n'est qu'une fois à mon logis, que je le découvre.
Un petit objet. Rond, un peu ovale. De couleur orange. Avec un logo qui brille sous la lumière du jour.
C'est un œuf, orange avec pour symbole une étoile bleu terne.
Hasardeuse, j'appuie sur la seule touche qui s'y trouvait : le signe à cinq branches.
Et d'un coup, une épaisse fumée me couvre la vue, entourant toute l'espace d'où je me trouvais. L'instant d'après, la couche de brume se dissout à une vitesse fulgurante, de même pour Tsubasa. Il ne se trouve plus à mes côtés.
Ce n'est que quand Kira réapparait pour me faire cesser dans mon délire que je retrouve mon recru.
Sous le coup de la surprise, j'avais, inconsciemment, ré appuyé sur l'étoile et il me revient. Sous nos yeux ébahis.
Alors là, j'en prends tout de même un coup ! Non seulement, il arrive à déployer des ailes, mais en plus, il entre –comme sort-« tranquillement » de son œuf, qui se retrouve être son logis à lui. Mais le plus surprenant dans tout ça, c'est que j'accepte tout ça facilement.
Episode 5