Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chapitre 1

Etats-Unis et Royaume-Unis

 

Août 2020

            En ouvrant ses paupières ce matin, Albus prit conscience d'une chose : il n'était pas chez lui. Impression confirmée quand il entendit une voix purement mécanique provenant d'une machine que les moldus appelaient réveil radio, celle-ci informait les dernières nouvelles dans un anglais accentué au r mâché. Eh oui, il n'était non plus à son Angleterre natal, mais bien dans la péninsule américaine, en Floride. Cet été, il avait été autorisé à voyager via le réseau de cheminette international et passer un séjour dans le continent outre-Atlantique, comme ils ont été de même jugé être assez responsable pour circuler hors de la sécurité du château. Même si pour sa part, il avait d'abord écopé d'une forte retenue pour son acte irréfléchi, mais bon, ça, ils n'étaient vraiment pas obligé d'informer à ses hôtes pour prouver son sérieux. Et puis, après il s'était bien rattrapé et s'était montré vraiment très poli envers ses logeurs, les rassurant quant aux fréquentations de leur fils unique.

Pas que Wyatt traînait avec les mauvaises personnes, c'est juste qu'au vu des derniers événements, Albus avait un peu perdu la confiance des adultes qui craignaient la prochaine fois qu'il perdrait le contrôle de ses émotions ; que Rose, malgré son attitude exemplaire, ne parvenait pas à mettre un frein à la fougue masculine et se laissait entraîné par leur engouement et projet qui même si sont époustouflants sont avant tout dangereux ; que Tobias est et restait un serpentard et que parfois ses idées laissaient transparaître certain ambition un peu (trop) machiavélique aux goûts de l'opinion et enfin qu'Alice et Alfred avait des familles vraiment hors du commun. Et plutôt dans le mauvais sens du terme. En repensant à ce dernier, Albus eut un pincement au cœur. Et dire que cela lui arrivait si jeune. 
" À quoi tu penses ? "
Le brun tourna sa tête sur le côté pour, sans surprise, rencontrer les deux billes hazel de son meilleur ami. Wyatt lui sourit d'un air un peu ensommeillé et Albus le lui rendit. 
" À Alfred. Je me dis que cela aurait été sympas s'il était aussi présent, ici. "
Il n'eut pas de réponse immédiat, à vrai dire il n'en attendait pas non plus, mais le blond finit par lui dire d'une voix douce :
" On ira le voir dès qu'on sera de retour en Angleterre." 
Il sourit, encore et toujours plus tendrement. Il n'y avait décidément que lui qui pouvait le comprendre. Il répondit d'un petit "ouais" avant de se lever du lit confortable qu'on lui a installé. 
Plus tard, quand ils descendirent de la chambre qu'ils partageaient à l'étage d'une belle résidence, les garçons se dirigèrent tranquillement à la cuisine où une large table remplie de garnitures se trouvait au centre de la pièce. Après avoir salué papa et maman Devon, les deux garçons en pleine croissance se mirent à dévorer leur petit-déjeuner, avec bien sur toute la retenue que peuvent ces jeunes hommes bien éduqués. 
Ensuite, pour passer la journée, Wyatt fit visiter le quartier à son meilleur ami. À cette occasion, Albus comprit pourquoi le blond était beaucoup plus pâle que les locaux qui passaient leur temps sous le soleil. C'est parce que Christopher Devon, plus affectueusement appelé Chris sauf pour sa progéniture, était quelqu'un venant d'une famille plutôt aisé, bien qu'il n'était pas à plaindre -bien au contraire-, et vivaient dans une très grande demeure ou pas un seul carré de surface n'est exposé au rayon de soleil, car assez nocifs pour la peau de la sorcière anglaise, et Wyatt ayant hérité de ce seul trait commun à sa mère doit bien conserver son corps hors de l'astre de feu. Et quand on dit le vaste demeure que compose le terrain Devon, on comprenait non seulement leur très belle résidence, ne rivalisant pas le château de Poudlard mais n'a rien à envié à un manoir britannique, un coin jardin et puis TOUT un parc dont on pourrait facilement comparaître à la moitié de la surface du Central Park. Aussi quand on parlait du quartier, on ne pouvait désigner plus que les quelques habitats aux alentours, qui même si le voisinage ne le disait pas clairement semblait totalement être au service de cette chaleureuse famille. Par ailleurs, Albus vit bien qu'au sein même de ses hôtes, il y avait du favoritisme. Que ce soit les grands parents ou les tantes, oncles et cousins, tout le monde prenait grand soin de ces sorciers de la famille. Loin d'en être dégoûté, ils leur apportaient toujours leur aide. Au début, il crut que c'était justement dû au fait qu'ils avaient des capacités magiques et peut-être que cette famille en était des fanatiques, mais il vit bien cette lueur d'affection et de tendresse qui les saisissaient lorsqu'ils leur parlaient et le fait qu'ils soient les seules à être blonds aux yeux marrons -l'ADN des yeux verts et cheveux cendres venant des Devon, ce qui lui donnait son aspect séduisant- rendait compte de leur différence. Ce qui était loin d'être le cas avec les Jeskar ou Olsen si on prenait en compte de l'écriteau de leur résidence, même si le père semblait être enthousiaste à l'idée que son rejeton soit un sorcier, sa mère montrait moins cette fièvre, voire ne montrait rien du tout, et puis les yeux du scientifique l'étudiait de manière un peu fou, ce qui le rendait bien moins sympathique. En ce qui concernait Alice, n'en parlons même pas, Rose lui avait dit que lorsqu'elle était allée la chercher avec sa mère -Hermione Weasley étant encore au courant du monde moldu a été jugé plus apte pour l’accompagner-, le comportement du père était limite parano. Bon après, il était un peu injuste de comparaître des nés-moldu a un sang-mêlé, ce n'était carrément pas le même registre, quoi. Bref, Albus passait donc ses journées dans l'immense bibliothèque qui prenait au moins trois étages -avec ça, tu t'étonnes que Wyatt soit aussi cultivé et en connaisse autant, d'ailleurs pour ne pas se contenter de seulement d'un univers, Chris avait conseillé son fils d'étudier les matières moldu en parallèle à ceux sorcière. Bref, tout ça pour dire que son meilleur ami est une tête d'ampoule. Mais très sociable, et altruisme, et généreux et beau. Bon, à vrai dire, il s'agit peut-être du mec parfait, mais ça Albus n'y songea pas un instant. Wyatt étant Wyatt, il s'agissait avant tout de son meilleur ami. 
Leur journée se composait donc de traînasser dans le parc des Devon, manger et rester des heures dans la bibliothèque. Albus eut une pensée pour sa cousine qui serait resté jusqu'à pas d'heure, mais le fait était qu'elle profitait aussi bien du beau temps dans le sud de la France et s'amusait comme une folle avec sa famille. 
" Rose aurait adoré faire ce qu'on est en train de faire. " 
" C'est sûr ", rit le blond " Mais passer son été en France est pas mal, surtout qu'elle a pu en profiter pour se déclarer hors de l'Angleterre."
En disant ces derniers mots, sa bonne humeur disparut un peu, lui n'avait toujours pas réussi à se métamorphoser. Et en pensant à une blonde qui l'avait réussi en seulement trois mois, il avait envie de pleurer sur son incapacité. Clara s'était aussi déclarée dans son pays natal, en Italie faisant la fierté de ses parents. Sean avait de son côté passé ses vacances en Égypte et s'était aussi déclarer hors des frontières britannique. Ensuite ne restait plus que Tobie, qui n'avait non plus achevé son animagus mais qui savait à présent que cela devait être un grand mammifère, de la famille de l'ursidé, ce qui lui donnait encore plus envie de pleurer son sort, et puis il y avait Albus. Lui s'était déclaré dans ses contrées, en profitant du séjour, dès cette corvée terminée, il l'informa à ses parents, par lettre. Cela fit bien rire Wyatt qui découvrit la surprise qui émanait du missile de la veille. Harry Potter en fut agréablement surpris, Ginny un peu sur les nerfs de ne pas avoir été mise dans la confidence et le sarcasme s'en ressentait dans sa partie mais elle ne fit rien d'extravagant pour ne pas donner mauvaise image aux hôtes de son cadet, James fut fier de son frère, Lily contente et admirative. Ensuite, histoire de bien embarrassé son fils, Ginevra Potter ajouta un post-scriptum rappelant que dès son retour il devait accueillir certaines invitées, une insinuation qui fit bien monter le rouge aux joues du brun et qui causa l'hilarité générale des Devon. Ah, les jeunes de nos jours. 
" Bon, comme demain est notre dernier jour, tu veux qu'on en profite pour aller à la piscine ? " Proposa Wyatt alors qu’ils rejoignaient la salle à manger pour un petit encas. 
" Ça me va, il fait tellement chaud ici !" 


Et les vacances ne faisaient que commencer. 


Au matin d'une journée d'Août, le calme d’une banlieue londonienne fut interrompu par un étrange son de craquelure. Au même moment, deux silhouettes apparurent à l'ombre d'un pommier, et on pouvait sans contester affirmer qu'ils étaient de la même famille, de par la couleur de leur peau laiteux, de leurs yeux un peu bridés et quelque trait bien commun. Pour cause, on a toujours dit à Claire qu'elle avait plus prise des gènes de son père que de sa mère, et elle en était bien amusée. Une fois que les Lyu arrivèrent à destination grâce au transport magique qui était le transplanage si habituel pour le père mais qui rendait nauséeuse la fille, l'adulte regarda tout autour. 
" Tu es sûr que c'est ici ? Je ne vois pas l'adresse que tu m'as indiqué ", commenta Long Gui avec une moue suspicieuse. 
" Mais c'est bien cette ruelle, Square Grimmauld ", répondit Claire toute aussi sceptique. 
" Attends, combien as-tu dit ?" Commença Long à réaliser. 
" Le douze."
" Ah oui, je vois ", chantonna le père en s'avançant vers la résidence qui ne composait pas le nombre qu'ils cherchaient.

Alors que sa fille allait demander qu'est-ce qu'il voyait, parce que tout de même elle ne le voyait vraiment pas, hein, il se mît à énoncer l'adresse complète :

"12 Square Grimmauld."
Si Claire sourcilla, elle préféra ne rien dire, après tout son père était un sorcier compétent, il en savait plus qu'une jeune fille de treize ans (bientôt quatorze). Et en voyant le phénomène qui se déroula sous ses yeux aussitôt que son père ait prononcé l'adresse elle siffla de surprise. Lentement le numéro 13 se détacha du 11 pour laisser place à un autre numéro, l'appartement qu'ils cherchaient. Celui-ci, dissimulé sous les yeux moldu et ensorcelé sous le charme de fidélitas, avait une jolie apparence et beaucoup plus soigné que ses voisins, aussi Long hocha la tête de satisfaction en voyant l'endroit digne d'accueillir sa fille chérie. Ils s'approchèrent donc de l'habitacle et s'annoncèrent. La porte s'ouvrit sur un homme à l'étrange chevelure brun en bataille et aux yeux brillamment verts qui les accueillit avec un sourire affable. 
" Bonjour ! Monsieur et mademoiselle Lyu, je suppose. Harry Potter ", se présenta le chef de maison en tendant sa main. 
" Bonjour, vous supposez bien. Enchanté de faire votre connaissance ", répondit le chinois en serrant la main tendue. 
Claire eut aussi la joie de serrer la main du père de son condisciple avant qu'ils n'entrent sous l'invitation de celui-ci. Leur hôte leur incita bien vite à se familiariser avec les lieux, bien que n’étant que dans le vestibule, avant de les laisser pour éventuellement les servir d’une boisson, bien que Long affirma ne pas en avoir besoin puisqu'il allait direct repartir. Mais ne s'étant pas fait écouté, les deux asiatiques restèrent dans le hall un peu perdus. Jusqu'à ce qu'une petite voix guillerette les interpella :
" Bonjour Claire, bonjour monsieur ! Installez-vous donc dans la salle de séjour, Harley est déjà là ", les renseigna la petite Lily en descendant les escaliers les mains attachées à celles de son amie Louise. Elle les lâcha brièvement pour faire voler ses jolies cheveux rousses avant de les rattraper pour les accompagner dans la dite salle. 
Ne voyant pas d'autre solution, car ayant compris qu'il ne pourrait transplaner au sein de cette demeure dont un sort en empêchait, les deux chinois acceptèrent de suivre leur jeune hôte. Juste quand ils entraient, une très jolie femme à la chevelure châtaine coupée carré se tourna vers eux après s'être séparé d'une jeune fille à la même chevelure mais à la coupe plongeante. Keira Dubois -née Shafiq- fit un signe de tête au nouveau adulte en guise de salutation avant d'embrasser une dernière fois sa fille Harley et passer par la cheminée principale pour retourner chez elle. Parce que le père étant trop occupé, c'est la mère qui accompagnait sa fille, sans surprise.
" Hum, il serait également temps pour moi de disposer."
" Avant cela, prenez de quoi vous rafraîchir ", insista Harry en arrivant justement avec deux verres de jus de citrouille. 
Monsieur Lyu accepta de bonnes grâces et vida sa boisson d'un coup sec, tandis que la demoiselle préféra consommer par petite gorgée, avant de faire aussi ses embrassades à sa fille. 
" Bon, tu n'embarrasses pas tes hôtes en allant dans des endroits élevés au risque d'encourir un accident. " 
" Mais oui, papa, je ne suis pas suicidaire ", plaisanta sa fille.
Le père lui rappela qu'il reviendrait la chercher aux alentours de 19 h, bien qu'Harry avait aussi proposé que les Némé... euh, filles restent pour le dîner. Ils se prirent une dernière fois dans les bras avant que le fonctionnaire du ministre ne laisse sa fille à la garde du chef des aurors. Déposant le verre sur une table basse, il salua la compagnie avant de disparaître par les flammes vertes. Harry eut un sourire avant de repartir pour la cuisine s'affairer, débarrassant le verre vide. Sa femme étant prise la matinée à la rédaction, il s'occupait seul d'accueillir les invités de son fils cadet. Aussitôt que l'adulte eut disparu de leur vision, que les deux futures deuxièmes étaient à fond dans leur conversation, Claire déposa aussi son verre avant de se jeter sur son amie.
" Harley, ta maman est trop belle ! Tu lui ressembles beaucoup !" 
" Eh bien, merci ", souffla la gryffondor en réceptionnant son amie de vraiment petite taille. Oui parce que mademoiselle a encore eu le temps de grandir durant le début de vacance, surtout après avoir été autorisé à faire ce sport moldu, la gym, et mesure maintenant un bon mètre soixante-dix et un peu plus, si on voulait être précis. 
" Oui, tu es très belle", s'incrusta aussi Lily. 
" Moi, je trouve que tu as de belles et longues jambes", commenta aussi Louise. 
" Oui, bon, quand vous aurez finit de louer le corps quasi divin de la lionne, vous penserez à me saluer ?" Ironisa la voix d'une nouvelle arrivante. 
" Oh, bonjour Clara, toi aussi tu es très belle, surtout que tu as pris le soin de faire quelque chose à tes cheveux ", rit Claire. 
" N'est-ce pas ? Depuis le temps que je te dis d'en faire quelque chose, je suis bien content de savoir ne pas être le seul à le penser ", intervint une voix plus grave.
" Oh, laissez mes cheveux tranquilles ", grogna faussement la blonde. 
" Bonjour monsieur Castaglione ", saluèrent Harley et Claire en souriant de la moue de leur amie. 
" Bonjour, les filles. Bien, je ne vais pas tarder à y aller. Donc les impératifs habituels, Clara : tu ne dérange pas tes hôtes, tu ne fais pas de bêtise et tu n'incites pas tes amies à emprunter la mauvaise voie. "
" Eh ! À t'entendre, j'ai l'impression d'être un diablotin !"
" Et c'est exactement ce que tu es."
" Quoi ? Alors là, je suis outrée !"
" Je me fiche bien de ce que tu en penses et tu as intérêt à suivre ces directives ou tu auras affaire à moi. " 
" Mais oui, je ne suis pas SI diabolique ", répondit-elle en ouvrant grands ses yeux de façon à paraître innocente. 
" Non, tu es juste malicieuse, ce qui va vite rendre ta mère folle ", soupira Cielo.
" Roh, c'est bon, n'abuses pas. À ce soir !"
Et voyant qu'elle voulait vraiment qu'il s'en aille, il accéda à sa demande implicite et disparut aussi par la cheminée. Clara ne perdit pas de temps et frappa dans ses mains.
" Bien, et si on faisait un repérage des lieux ?"
Si Harley la regarda d'un air blasé, Claire se prit à rire, toutes deux habituées à l'esprit aventureuse qu'était la blonde. 
" Vous voulez que je vous fasse visiter les lieux ?" Enjoignit la rousse. 
" S'il te plaît, ma petite Lily. "
" Ok. On va monter, papa !"
" Mais tes frères ne sont pas..." Commença Louise sans pouvoir achever sa phrase.
" Attends, Chloé n'est pas..."
Sans attendre de réponse, la benjamine grimpa les marches quatre à quatre ce qui fit taire les dernières objections. Clara la suivit avec joie tandis que les trois dernières se regardaient un peu hésitante avant de les suivre. Ils découvrirent alors que la demeure est composée de quatre étages, d'une dizaine de chambre et de tableau des ancêtres Black en plus d'une salle d'eau à chaque palier et qu'au premier étage se trouvait une autre cheminée dont le réseau s'étendait dans le monde. Elles étaient au deuxième étage, là où se trouvait la chambre parental, pour aller voir dans la pièce qui servait d’antichambre au bureau d’Harry. Mais Claire s'arrêta au milieu, songeuse. 
" Si tu veux savoir, la chambre d'Albus se trouve au troisième."
Elle sursauta violemment de sa place et se tourna pour vite dissiper le malentendu, mais en voyant le sourire taquin de Rose, ses joues se gonflèrent d'embarras avant qu'elle ne coure vers la troupe plus loin pour sauter au cou d'Harley. 
" Harley, Rose m'embête ! "
" Bah, je n'y peux rien si tu es une cible facile. "
" T'es pas sympas, tu pourrais me défendre !"
" Trop la flemme, surtout si c'est contre quelqu’un qui a de la répartie. "
" D'ailleurs, tu viens d'où ? " demanda Clara. 
" De la cheminette du premier. Hugo vous attend en bas, les filles. " Ajouta-t-elle à l'attention de Lill et Lou. 
Alors sans perdre plus de temps, elles dévalèrent les escaliers pour accueillir leur ami et cousin. 
" Tiens, il vous manque un membre, non ?" 
" Et toi, il t'en manque deux."
" Ou trois." 
" Ils sont encore en Floride et Tobias doit encore être en train de négocier. "
" La nôtre doit être en retard parce que maman surprotège."
" Ou grand-frère. "
" Ou elle ne peut pas venir parce que papa ne veut pas."
" Oh non, elle nous aurait prévenues. "
" Euh... Je n'en suis pas si sûre."
" Dis donc, ça vous va de parler dans le dos des autres ? Vous voulez peut être un micro, à tout hasard ? " Résonna une voix dans leur dos. La voix.
" Mais non, ta seule présence nous est déjà suffisante !"
" Tu te fiches de moi ?"
" Rien qu'un peu."
Chloé ouvrit la bouche pour répliquer mais Rose tenta d'apaiser en détournant la conversation. 
" Et sinon, vous voulez voir la chambre d'Albus ?"
" Hein ? Pourquoi vous voulez voir ma chambre ?" Demanda le concerné en arrivant par les escaliers du bas.
" Aucune idée ! Oui, pourquoi veux-tu qu'on voit ça, Rose ?" Répondit Claire, un peu trop brusquement pour être normale. 
Si Wyatt et Clara se mirent à rire, les autres eurent l'amabilité de rester de marbre ou hausser seulement un sourcil, comme ce fut le cas pour Albus qui ne comprenait vraiment pas. 
" Eh bien, tu pourras voir le lieu où il se refuge pour écrire des poèmes ", la secouru Rose. 
Ce qui finit de convaincre la chinoise. 
" C'est vrai ? Je veux voir !"
" Quoi ? Non, je ne suis pas d'accord !"
" Oh, s'il te plaît !"
Albus tourna difficilement sa tête pour éviter LE regard, mais il abandonna bien vite. 
" Laisse tomber, même Emil ne peut rien contre ces yeux."
Il céda finalement à contre cœur, plus par gêne que par secret, après tout le fait qu'il composait était déjà éventé depuis l'année scolaire passée et ça il ne remercierait jamais assez son meilleur ami. Wyatt comprit bien son ressentiment en réceptionnant le regard noir et accusateur de son meilleur ami mais préféra éviter toute confrontation et s'installa sur son lit, le temps que le brun décolère. Ce qui ne tarda pas à se faire et de manière exponentielle inverse en voyant une certaine Némésis qui avait posé son attention avec un peu trop d'insistance sur une pile de parchemin entassée dans un coin de son bureau. Claire était bien tentée d'en saisir un pour y lire le contenu. 
" Par contre, on ne touche pas sans autorisation."
Contre toute attente et à l'abasourdissement général, ce fut Clara qui l'en empêcha. Si les autres continuaient de poser un regard interloqué sur elle, la blonde n'y fit pas grand cas et abordait encore son air satisfait d'avoir repris sur les manières de son amie.
" Eh bien, alors ? Tu veux jouer les filles sages alors même que tu as tenu tête à papa ? " Se moqua Harley. 
" C'est ça, moques-toi, tu ne sais pas toute la vérité sur moi. Aussi surprenant que cela puisse être, je suis respectable quand la situation le demande."
" Oh oui, véritablement choquant ", commenta Chloé, sourcil arqué. 
" C'est surtout la pression de ton père. D'ailleurs, comment es-tu venu Chloé ?" Détourna Claire.

Vite, oublier qu'elle a failli commettre l'irréparable en osant toucher les affaires d'Albus Potter. 

" Hn, vous l'aurez su si vous aviez attendu un peu plus dans la salle séjour. Mais visiblement les deuxièmes années sont beaucoup plus accueillantes que vous. "
" Désolée ", firent ses amies d'un bel ensemble. Et intérieurement Harley et Claire auraient bien voulu ajouter 'C'est Clara.'.
" Bref, Lily m'a indiqué que vous êtes restés au deuxième quand elle vous a laissé, je suis donc montée pendant que mon père et Ginny Potter discutaient avec Harry Potter dans la cuisine, pour éviter de déranger la conversation des petits. Vous vous rendez compte ? Maintenant il faut que les adultes se déplacent pour faire plaisir aux gosses !"

Si ses amies rire de son ton indigné, Potter lui remarqua autre chose. 

" Oh, ma mère est arrivée ?"
" Avec mon père et moi. Elle avait service le matin."
" Attends, mais comment tu sais, ça ?" 
" J'ai accompagné mon père à la Gazette, j'y suis resté jusqu'à la fin de son service du matin."
" Eh mais du coup, il est déjà midi ? Ce qui veut dire que vous étiez extrêmement en retard !" Reprocha Clara. 
" Et que surtout même les hôtes se sont permis de ne pas venir nous accueillir."
" Euh... Eh bien, disons qu'on a été retardé ?" 
Par le confort que pouvait procurer une piscine en pleine chaleur estival dans la péninsule des États-Unis, mais ça, c'était une autre histoire. 
" Bon, c'est quoi le programme ?" S'exclama Clara, plein d'entrain. 
" Eh bien, d'abord il est l'heure d'aller de quoi nous remplir le ventre puisque midi vient de sonner."
Et chez les Potter, midi signifiait l'appel de la mère de famille. La merveilleuse voix de Ginevra venait de les ordonner de descendre prendre le repas. Ce qu'ils firent sans se faire prier. À ce moment Oliver Rivers prévint sa fille de son départ. 
" Ensuite, comme vous l'avez sûrement fait un peu à la vitesse maximal, on va faire d'une seconde visite. Après tout, vous venez d'entrer dans la demeure des Potter."
" Ça va, les chevilles ?"
Ils passèrent donc près d'une heure à visiter le moindre recoin de l'ancienne résidence des Black, en passant par la grande bibliothèque du premier qui est loin d'égaler celle des Devon -eh oui c'est possible, des sang-purs moins fortuné que des bourgeois moldus-, des sous-sols pour la production de potion, de la cuisine qu'occupe Kreattur avec véhémence, du grenier où s'entassent des objets magiques, bref, c'était vraiment un endroit à visiter au moins une fois. Bon le reste ne concernait plus que des chambres à coucher, dont cinq occupés par les parents, les enfants et l'elfe de maison. 
" D'ailleurs, il est où, James ?"
" Chez son ami Lucas et quelque part, je pense qu’Abby y’est également. "
" Bah, bien sûr, jamais l'un sans l'autre ", ironisa Rose.
Si on avait voulu répliquer quelque chose, cette personne n'eut jamais l'occasion de s'exprimer que les deux Potter restants furent appelés par leurs deux parents. 
" Les enfants, je suis vraiment désolé, malheureusement nous allons devoir terminer votre visite ici ", s'excusa Harry vraiment peiné. 
Ils virent Ginny soupirer, tout aussi lassée. 
" Je viens d'avoir une urgence et on demande un grand renfort d'auror sur le terrain. Quant à votre mère, elle est aussi demandée à son bureau. "
Lily ouvrit la bouche, prête à dire quelque chose, mais son père la devança. 
" C'est pourquoi vous allez devoir passer le reste de l'après-midi chez votre oncle Percy, et serez sous la surveillance de vos cousines majeures. "
" J'espère que cela ne vous dérange pas trop ", s'excusa Ginny. 
" Oh non, ça va ! Mais on ne va pas déranger Molly et Lucy ?"
" Eh bien, je ne pense pas puisqu'elles ont accepté, cependant il serait adorable de votre part de ne pas faire trop bruit, elles veulent se préparer pour leur programme de septième année."
Les enfants acquiescèrent en songeant que les dernières années devaient en effet passer l'examen important que représente les Aspics. 
Sans perdre plus de temps, les mineurs prirent une pincée de poudre de cheminette et se dirigèrent vers la cheminée en énonçant leur destination. Ils leur promirent de revenir les chercher au plus tard à 19 Heures et quart. Quelque instant plus tard, Audrey Weasley accueillit une tripotée d'enfant dans sa maison en leur intimant de faire le moindre bruit possible et de circuler seulement au rez-de-chaussée, la maison étant composée de deux étages, incluant un grenier. Cela non seulement pour ses filles mais aussi pour le voisinage qui était composé de moldu. Eh oui, Audrey étant une, elle ne pût jamais se résoudre de se séparer cette partie d'elle. Bien qu'ayant des restrictions, ce ne fut pas pour autant que nos amis n'ont pu s'amuser pleinement. D'autant plus qu'ils avaient prévu de faire quelque chose de beaucoup plus adapté à leur environnement. 

« Au fait, je ne sais pas pour vous, mais je soupçonne que cet appel urgent de renfort sur le terrain est encore dû au Nouvel Ordre. » Renifla Rose.

À la mention de la nouvelle association qui s’est formée à la fin de leur scolarité, les jeunes sorciers se figèrent. Heureusement que les plus jeunes sont allés traîner plus loin.

Il s’agissait d’un parti politique, à l’instar de l’objectif génocide de Voldemort, qui prônait un nouveau système sur le sang. Cependant, contrairement au mage noir et ses partisans mangemorts, le nouveau groupe se vantait d’être plus « intelligent » avec leur conception plus révolutionnaire. Eux ne dénigraient pas les nés-moldus, semblant même les sacraliser d’après un discours publié à la page 4 dans la gazette spécial été. En revanche, ils semblaient être plus hostiles envers les sang-mêlé, arguant que c’est de leur faute si la nouvelle génération de sorciers s’amenuisait. Et à vrai dire, les statiques ne pouvaient leur donnait tort. Depuis les années 2000, les sorciers ayant de plus en plus du mal à se trouver un compagnon dans leur société encore en construction sont allés du côté moldu pour se rétablir une descendance et oublier l’ère sombre. Cela fit, à chaque an, le nombre de nouveau élève diminuait, car certain trop choqué par la guerre ont eu des répercussions, rendant leur progéniture inapte à la magie. Ce n’était bien sûr par le cas de tout le monde, mais ce fut l’une des causes que le Nouvel Ordre critiquait.

Aussi, les propos étaient plutôt virulents, targuant que demi-sorciers étaient des voleurs de magie, au contraire des nés-moldus et sang-pur qui étaient bien respectables. Pourquoi ? Cela, il fallait leur demander.

Bien sûr, très peu parmi les sorciers étaient d’accord avec ça, c’est pourquoi ce groupe se montrait de plus en plus ridicule à leur yeux et subissaient un rejet dont ils toléraient moyennement, fait prouvé par les actes qui de jour en jour devenait barbare. Pour partager leur idéologie peu reconnu, ils usaient de la force pour se faire entendre, cependant ce n’était pas au goût du ministère qui avait un peu de mal à les maintenir avec simplement les forces de l’ordre magique, demandant ainsi assistance aux aurors qui n’étaient pas en charge de ce genre de problème, quoique ça n’allait pas tarder.

Au début, la communauté sorcière pensait qu’il s’agissait simplement d’une passade, toutefois en voyant que plus les journées s’écoulaient et que plus les adeptes se manifestaient, moins ils étaient rassurés.

« On dirait Piupius quand tu renifles comme ça ! »

« Ne m’insultes pas, merci ! » Vociféra vivement Rose sur Clara.

« Pourquoi t’es si sèche quand il s’agit de lui ? »

« Parce que ce qu’il a fait à notre première rencontre n’était vraiment pas quelque chose qui donnait bonne image ! Je sais qu’il ne devait rien, mais avec un discours pareil, il ne serait pas étonnant qu’il rejoigne les idées de NO. »

« …Boh, dis-toi qu’ils soutiennent très fortement les nés-moldus aussi ! »

« Et quand on voit Adrian, on comprend pourquoi », chuchota Claire.

Ce qui fit sourire ses amis. Oui, parce que n’étant pas dupe, le trio de bronze avait fini par comprendre que le blond cachait quelque chose et il n’était pas difficile de le compromettre, connaissant son caractère extraverti. Fort heureusement pour lui, à ce moment Claire avait totalement oublié sa menace de lui crever les yeux si des opportuns sauraient leur secret, parce qu’en fait, pratiquement tous les bleus et rouges et observateurs le savent maintenant. Oui, quelle chance.

« Ha, je sens que ça va plaire à un d’être mis dans le même sac avec ceux qu’il appelle sang-impur. »

Les quatre amies sourirent en levant les yeux aux cieux en voyant que la rousse revenait sur le sujet, mais ni elles ni les garçons ne voulaient s’attardaient là-dessus, car ses débats politiques ne les concernaient pas, pas encore, ils étaient bien trop jeune pour penser à ça.


" Vous voulez contacter Alfred ? "
" Bah oui, j'imagine que ce doit être dur pour lui, alors il faut lui montrer notre soutient ! "
" Oui, mais... Je ne voudrai pas être rabat-joie, seulement je vous rappelle qu'on ne connait pas sa nouvelle adresse et je doute que ses tuteurs acceptent de nous laisser le contacter via notre moyen de communication... Euh, plus que phénoménal ", argumenta Rose. 
" Je suis d'accord, déjà il est de mauvais présage de voir ces rapaces en pleine jour pour ces superstitieux mais si en plus celui-ci est attaché d'une lettre, ils n'hésiteront pas à appeler les forces de l'ordre et le temps qu'ils trouvent le plaisantin, le ministre aurait déjà assez à faire ailleurs avec les oubliators."
" ...Comment on fait alors ? "
" Ben, on l'appelle ! " S'incrusta à nouveau Lily. 
" Appeler... " Fit doucement Claire, incertaine. 
" Oui, par téléphone ", acquiesça Hugo. 
" Fixe ", compléta Louise. 
Harley et Claire furent plus que suspicieuses ; Chloé, Rose et Albus un peu hésitants, seuls Clara et Wyatt réagirent positivement. On disait souvent que les blonds ne se rendaient pas compte des difficultés car ils ne pensent pas du tout, toutefois ici, on ne peut être sûr de rien avec les sorciers, c'est pourquoi seuls ceux qui ont encore des liens et connaissance moldu -Lily et Hugo ayant encore des souvenirs récents après leur période dans une école primaire moldu- comprirent. 
" Mais oui, on n'a qu'à appeler ! "
" Avec quoi ? " La stoppa Chloé. 
" Un téléphone fixe, voyons, nous sommes dans une maison moldu, oui ou non ? " Répliqua Clara. 
" Oui, sûrement... Et il se trouve où ce félétone ?" 
" Téléphone, ce n'est pas bien compliqué pourtant. Eh bien, tu vois ce boîtier rouge accroché au mur ? Il s'agit d'un téléphone mural. " Expliqua Clara en désignant le dit appareil. 
" Wow, quel fossile ! Je pensais que tout le monde prenait des téléphone fixe sans fil ", siffla Wyatt presque d'admiration, mais surtout d'incrédulité. 
" Chut, tante Audrey aime tout ce qui rapporte au siècle passé, c'est beaucoup plus authentique selon elle ", expliqua Albus à voix basse. 
" Et elle n'a pas tort quand on voit ces portables qui se chauffe tellement vite ", commenta Rose. 
Mais comme peu s'y connaissait personne ne fit d'autre commentaire. 
" Je suppose qu'on peut au moins se réjouir que les touches ne doivent pas être à cadran ", grimaça Wyatt en s’avança. Soudain, l’envie de pleurer lui revint.
" Tu parles trop."
Car l'appareil électronique, si c'en était vraiment un, était bien un téléphone où les chiffres sont inscrits en cercle dont il faut manœuvrer le cadran pour en choisir un. 
" Et comment ça s'utilise ? " Réagit Claire.
" Tu sais à qui tu demandes ?" Fit Clara, sarcastique.
" Et tu sais à qui tu poses la question-là ? Elle ne fait même pas la différence entre un téléphone fixe et sans fil alors savoir ce qui est de l'ancienne génération et celui électronique..." Siffla Chloé.
" Donc, vous ne savez pas ?" Conclut Harley.
" Non, la bonne question est : connaissez-vous le numéro de l'orphelinat d'Alfred ?" rajouta une voix plus raisonnable.
Un silence de plomb accueillit la remarque acerbe d'Albus. Tout ça pour rien. 


            Il n'y avait plus aucun bruit autour de lui. Non, en fait, ce n'était pas totalement exact car il y avait bien des rumeurs plus que bruyant de l'autre côté de la porte mais dans l'état actuel, sa chambre n'était de fait pas vraiment concerné par ces bruits. Alfred inspira profondément avant d'expirer tout en basculant sa tête en arrière. Un plafond blanc cassé lui fit face, même pas blanc, à la limite du gris tellement c'était sale. Il ne saurait dire si son plafond immaculé lui manquait ou non, car il ne savait pas bien si sa vie actuelle était meilleure que l'ancienne ou non. Avant, ses " tuteurs " étaient des gens tellement aisés qu'il n'avait à craindre de manquer quelque chose, pas que là il soit dans le manque ou qu'on l'affame cependant l'orphelinat a tellement d'enfant à la charge qu'ils ne peuvent se permettre d'en faire profiter un plus que l'autre sous peine d'être vu de faire du favoritisme et la directrice n'était vraiment pas l'exemple même de faire des privilèges, même quand on est le " rejeton " du couple Olsen. Entre guillemet parce qu'officiellement Alfred se nomme toujours Jeskar alors que ses "parents" sont bien nommés Olsen, bien que des feuilles administratifs confirment qu'il est sous leur garde. Mais là, il se mettait vraiment à douter. Et aussi pourquoi n'a-t-il pas été envoyé au frère des Olsen ? Il se souvenait qu’un homme venait souvent les voir et que son « papa » le présenter comme un frère, mais peut-être n'y gagnait-il rien en obtenant sa garde. 
Il se remit soudain à se souvenir de leur disparition. C'était le jour où tous les élèves retournaient chez eux. Il a été vraiment content ce jour-là car avec ses camarades, ils avaient préparé une surprise pour leur directeur de maison, ensuite ils firent la fête un peu plus longtemps que les années précédentes, enfin au moment de la séparation sur le quai, ses amis l'ont promis qu'ils allaient le sortir de ces vacances qu'il visualisait déjà comme un enfer. Il ne s'en serait jamais douté à quel point. Dès son retour dans la gare côté moldu, le disciple de son père, celui même qui agissait comme s'il était le domestique de la maison vint l'accueillir comme les autres années, cependant il ne l'emmena pas chez lui, mais plutôt chez son nouveau chez soi. La voiture s'arrêta devant un bâtiment assez vieux, pas vraiment loin de chez lui, enfin son ancien, car en reconnaissant la bâtisse il sentit ses forces le quitter. Sur un petit panneau il y était inscrit les mots Orphelinat de Jans. Il se tourna vers son accompagnateur et lui demanda ce que cela signifiait. Ses " parents " l'ont envoyé ici le temps qu'ils s'affairent ? Ou ils l'ont donné de façon permanente parce qu'il leur était inutile ? Dans tous les cas, ils l'ont abandonné. Et à raison puisqu'il apprit qu'ils sont décédés. Morts sur le coup dans un accident de voiture, lui dit l'autre sans émotion. Et comme ils n'avaient laissé aucun testament, il fut décidé qu'il irait à l'orphelinat et en ressortira à sa majorité. Il n'hérita de rien, car toute la fortune des Olsen était pour les Olsen, la demeure a été vendu et ses affaires ne se résumant que de la malle qu'il avait emmené à Poudlard. Là, il se sentait plus seul que jamais. Il avait décidé de prendre les devants et avait directement appeler Alice -car elle était de loin son amie la plus proche et ils avaient plus de facilité de communication étant née-moldue- pour lui dire qu'ils se verront probablement pas durant ces vacances-là et de prévenir les autres si possibles, étant donné qu'il ne pouvait aller acquérir d'un hibou pour leur envoyer un missile. D’ailleurs, heureusement pour lui qu’il n’était pas abonné à la gazette, sinon, il ne saurait comment expliquer que des hiboux ou chouettes postaux venaient chaque semaine pour lui délivrer un journal.

Aussi il fut très surpris d'apprendre qu'on était venu lui rendre visite. Enfin c'est ce qu'il comprit d'après le sourire narquois de Lionel. Il s'agissait d'un collégien qui avait un an de moins que lui et qui ne semblait pas lui porter à cœur. C'était compréhensible d'un point de vue extérieur, il débarque parce que ses parents ne sont plus de ce monde, il a une chambre rien qu'à lui pour une raison inconnue et surtout il n'allait pas à l'école. Bien sûr, la réalité était tout autre, ses parents ont brutalement disparu alors qu'il n'a jamais été proche d'eux, il y avait une tension certes mais ils l'ont nourri, couvert et plus ou moins élevé (en fait, non il ne les regrette pas tant que ça) ; quant à la chambre unique c'était sûrement une demande de son valet de maison qui connaissait plus ou moins son secret et pour finir ; si, il allait bien à l'école, seulement c'était un pensionnat et que ses devoirs il ne les faisait qu'une fois isolé sinon on le brûlerait sur le bûcher bien qu'il doute que ce genre de convention se faisait encore. C'est pourquoi il était encore très dubitatif en se dirigeant vers l'entrée, peut-être était-ce une farce. Oh, après tout il n'avait rien à perdre, cela apaisera la rancœur que son camarade d'infortune lui vouait et fin de l'histoire. Mais contre toute attente, on avait bien une visite et pas des moindres. 
" Jeune homme, je veux bien vous laisser voir un de nos pensionnaires puisque vous affirmer le connaître mais auriez-vous l'amabilité d'éloigner votre chien hors de nos terrains, je vous prie. Nous sommes dans un domaine privé. "
" Mes excuses, Vicky, sois sage", intima le jeune maître d'une bergère allemande d'après le nom. 
Un maître à peu près de son âge, à la touffe blonde et aux yeux bleus, quelqu'un qu'Alfred connaissait assez bien puisque traînant souvent avec lors de ses périodes scolaires. 
" Salut Al ! Ça te dit une petite balade en nos charmantes compagnie ?"
Un sourire fendit ses lèvres lorsqu'un aboiement accompagna cette phrase libératrice de sa "prison". 
" Et comment ! "
Alors avec un énorme sourire, il rejoignit son ami Adrian et sa bergère sous le regard sévère de la directrice de l'orphelinat et envieux des autres pensionnaires. Dire qu'il a aussi des amis qui s'occupent de lui jusqu'à aller le saluer dans un taudis pareil. 


" Tu vas faire comment pour les achats sur le chemin de traverse ? " 
Il resta silencieux sous cette brusque prise de parole. Pourtant le calme qui les entourait, de temps en temps ponctués par les jappements joyeux de Vicky, était des plus attirants. 
" Comme mes parents n'ont rien laissé, je ne peux pas espérer en convertir à la banque. Du coup, je suis un peu fichu. "
" Tu peux toujours demander l'aide pour orphelin que fournit Poudlard pour des cas semblables. "
" Je ne souhaite pas prendre part dans la bourse que donne monsieur Potter pour d'autre démuni. "
" Tu es un démuni. "
La remarque qui n'avait rien de méchant coupa l'élan du roux. En effet, depuis la fin de la grande guerre, Harry qui se sentait assez coupable des pertes avait voulu réparer tout ce qu'il pouvait avec l'argent que ses parents avaient laissé, il pouvait bien se le permettre, et permit ainsi à plusieurs orphelins de la guerre de continuer à avancer malgré les pertes subis. Aussi, aujourd'hui, cette aide demeurait encore, que les élèves soient des victimes de cette époque ou non, bien sûr ils étaient moins nombreux et souvent personne n'avait connaissance de cette aide. Et comme Alfred était désormais seul, il pouvait solliciter cette bourse s'il voulait continuer à étudier à l'école de sorcier. 
" Je- je ne sais pas, la procédure risque d'être long, non ? " Hésitait-il encore en caressant la chienne surexcitée. 
L'autre ne répondit pas tout de suite et garda une expression songeuse. Sa main qui tenait la laisse de son animal plongea dans la poche de son jean et il en ressortît un portefeuille.
" Au pire tu veux qu'on aille tout de suite et je te fais un avance ?"
" Quoi ? Non, non, c'est bon ! En plus, les gens de l'orphelinat vont se douter de quelque chose si je reviens avec des achats ! "
" T'es chiant. Je te propose mon aide. "
" Je sais, merci mais... Je vais me débrouiller..."
Et soudain, l'excitation du canin fut à son comble. Il aboya joyeusement et sans se préoccuper de son maître, elle gambada jusqu'à une destination particulière.
" Wow, il t'arrive quoi, Vicky ?" S'exclama Adrian en se faisant entraîner. 
Alfred le suivit peu après et vit avec amusement quelle était la raison de la frénésie de la bergère allemande. 
" Eh bien, elle avait besoin d'un nouveau compagnon de jeu ?"
" Visiblement. On ne te suffit plus ?" Bouda le blond.
Le roux, d'abord attendri par l'entente des deux chiens, fut un peu suspicieux quant à cette nouvelle venue. En le détaillant bien, et bien que n'ayant pas grand connaissance sur les races canines, il pût facilement dire qu'il descend d'une hybridation de berger allemand, d'où la sympathie quasi fusionnel. Et puis il commença à se questionner sur l'absence du maître, est-ce un chien abandonné qui cherchait justement de l'affection ou est-ce un chenapan qui a abandonné son éleveur ? Il eut aussitôt sa réponse et dû changer les formulations, car c'était sa maîtresse et une éleveuse en l'occurrence. 
" Non mais dis donc, Vince ! D'où il te prend l'idée de détaler comme ça ?"
Et cette voix lui disait quelque chose. De même que cette chevelure flamboyante et ces yeux perçants, Alfred eut soudainement l'impression qu'il avait beaucoup de surprise rien que dans cette matinée. 
" Élise ? C'est toi qui possède ce chien ?"
" Oui et c'est un chien-loup de Saarloos ", précisa-t-elle. " Salut, qu'est-ce que vous faites ici, tous les deux ?"
" Comme tu vois, on fait promener ma bergère allemande. Je te présente Vicky !"
" Et le mien, tu t'en doutes se nomme Vince."
" Et je pense qu'ils n'ont plus besoin de se présenter d'après leur salutation déjà bien entamé !" Plaisanta Alfred. 
Et à raison, car Vicky et Vince étaient déjà en train de faire plus ample connaissance en faisant des roulés boulets sur l'herbe du parc. 
" Tu habites près d'ici ? " Demanda Alfred. 
" Euh... Oui. "
" Tu as eu ton Vince depuis quand ? "
" Trois ans, avant de découvrir que je sois ce que je suis, un oncle lointain nous a offert un chiot et voyez ce qu'il est devenu aujourd'hui !"
" Une très belle bête, c'est sûr !" Complimenta Adrian.
" C'est curieux que je ne t’aie jamais vu ici. J'habitais pourtant tout près. "
" Désolée, j'ai menti. "
" Hein ?" S'exclamèrent les garçons.

" À quel question ?" Demanda Alfred, confus. 
" Ben, en fait, je n'habite pas près d'ici mais plutôt de l'autre côté de la ville. Et je ne vais pas m'amuser à promener Vince aussi loin alors que des airs de promenades il y en a un paquet là-bas..."
" Bah, alors..."
" En fait, je suis ici à la demande des filles. Tu sais, on s'inquiète tous pour toi. "
" Oh. C'est gentil, mais je vais bien ! "
" Par contre, je ne sais pas si je dois être vexé ou non qu'elles n'ont pas pensé à moi ", marmonna Adrian. 
" Ne le sois pas. C'est Clara qui m'a appelé en disant que comme elle ne connaissait pas le numéro de l'orphelinat d'Al, et qu'elle pensait que c'était aussi inconcevable que des collégiens appellent un orphelinat au risque de ne pas être prise au sérieux -parce qu'elle et les filles se trouvaient à Edimbourg chez un Weasley en compagnie de Potter et Cie- elle m'a demandé de passer voir comme je n'habitais pas loin. Et tu te doutes bien qu'aucune ne connaissait ton numéro -d'ailleurs elles m'ont dit avoir bien galérer à se servir du combiner avec des touches à cadran- et vu que trois d'entre elle ne savent pas même pas en utiliser et que celle qui le sait n'est pas la première à penser à toi. "
" Un téléphone fixe avec des touches à cadran ? Même ma grand-mère ne se sert plus de cette antiquité !" Se moqua Adrian " Ah, quoiqu'elle a les moyens de se quérir de nouveau modèle et de s'en instruire..." Réalisa-t-il doucement. 
" Tu m'étonnes mais même l'orphelinat à un téléphone fixe sans fil. Mais au fait, tu as dit habiter à l'autre bout, alors comment nous as-tu trouvé ? "
" J'ai demandé à Vince de vous tracer grâce à des affaires qui vous appartenaient. Oui, il est comme un chien de chasse, mais c'est un chien-loup qui n'attaque personne. "
Après avoir bien tari son chien d'éloge, Élise se décida à entrer dans le vif du sujet. 
" Et sinon, tu comptes faire comment pour tes achats au chemin de traverse ? "
À cette question étrangement familière, Alfred ne pût s'empêcher de sourire en pensant qu'il avait bien de la chance d'avoir un entourage si souciant de son état et à Adrian de se mordre les lèvres. 
" Ben, je ne sais pas encore, je crois que je vais faire une demande de bourse mais j'ignore le temps que ça va prendre. "
" Oh, je vois. Mais j'ai de l'argent, là. Je peux te payer si tu veux ! Par contre, va falloir faire un tour à la banque pour convertir. " 
Adrian n'y tint plus et éclata de rire tandis qu'Alfred montra la même mine embarrassée que plus tôt. 
" Non, mais c'est bon, je ne suis pas sans le sou ! " Regard sceptique de ses deux camarades " Enfin, si, je suis sans le sou mais j'ai un toit et..."
" Et rien du tout, tu crois vraiment qu'ils vont te fournir quoique soit ? T'as vu le taudis dans lequel t'es tombé ? Laisse tomber les bonnes manières, Al ! Tu as besoin d'aide et nous sommes là pour ça ! "
Au moins, ils pouvaient être fier d'avoir un téléphone sans fil, quoique cela ne voulait rien dire, la marque peut être très ancien, ajouta mentalement Alfred.
" Ady a raison, ce n'est pas comme si nous étions dans le besoin. Bien sûr, je ne roule pas sur l'or mais pour Dydy ce n'est pas la même chose. "
" Bon, tu arrêtes un peu avec ces surnoms ? "
" Excuse-moi, on y va Fifie ?" railla Elise avant de se tourner vers Alfred.
" Mais attends, Lilise, tu ne vas pas laisser les chiens comme ça !" Le blond-roux décida d’entrer dans son jeu, puisque l’autre ne voulait rien entendre.
" Oh, si ce n'est que ça, Alfie. On peut les déposer dans le foyer qui y permet le temps de notre shopping. "
Tandis qu'Alfred s'interloquait sur la facilité que la rousse avait de régler tous les problèmes qu'il imposait, Adrian était ébahi sur la joute que ses amis venait d'avoir en usant des surnoms ridicules pour se provoquer mutuellement. Note pour lui-même, attention à ne pas tenir tête à une fille sauf si tu as vraiment de bons arguments.
Alors ce fut avec le plus grand des embarras que le nouvellement orphelin mais bien entouré blond-roux fut embarqué sur la ruelle commerçante des sorciers (avec un blond et une rousse, tiens), après que les deux éleveurs de chien aient laissé ces derniers dans un foyer, assurant leur retour dans une heure et demi environ laissant les deux canins approfondir leur relation.

Ce qu'il n'avait pas prévu était qu'à son retour, non seulement les résidents furent perplexes de ses nouveaux achats mais il attisa encore plus la haine que lui vouaient certains pensionnaires envieux. Maintenant il pouvait dire que sa vie d'avant était plus enviable que présentement. Il n'avait plus qu'une hâte : que les cours reprennent. Même si pour le temps qui restait, il reçut souvent des visites de ses camarades, notamment les deux premiers, en compagnie de leur fidèle compagnon évidemment.


Ce n'était pas le seul à penser pareil, que la rentrée reprenne le plus tôt possible, mais le seul pour les raisons citées plus haut, aussi heureusement pour les impatients, cette année la rentrée (du moins, on pouvaient décemment appelé ça « pré-rentrée ») a été fixé le dernier jour d’août. Au moins, les retardataires pourraient facilement donner l’excuse qu’ils n’étaient pas prêts, s’ils rataient le train.

 

Et cela ne manqua pas d’arriver.

 

Le 31 août, à onze heures pile, une dernière étudiante s'engouffra dans le dernier wagon du Poudlard express avant que celui-ci ne se mettent en route. Elle poussa un long soupir de soulagement, reprit une respiration régulière et s'engagea dans le couloir à la recherche d'un compartiment pouvant encore l'accueillir. Elle n'eut pas à le faire longtemps, à peine elle traversa le dernier compartiment qu'une voix reconnaissable retentit. Et pour cause, ils sortaient justement de leur compartiment. 
" Où que vous allez ? Et où que tu emmènes Emimi ?"
Parce qu'il s'agissait évidemment d'Emil ET de Claire, car on ne voit plus l'un sans l'autre !

La première regarda la nouvelle arrivante tandis que le deuxième aborda une expression blasé à l'entente de son surnom. 
" Ça, c'est notre secret ! Et puis, Lolie, il s'agit de mon Milou alors j'en fais ce que je veux !"
Ça, c'est dit ! Et comme pour appuyer ses dires, elle passa son bras sous celui de son Milou avant de s'écarter de la porte, comme pour lui faire passer un message, d'ailleurs Milou le lui confirma : 
" Tu peux t'installer, mais ne prends pas trop de place, on revient. "
" Comment tu sais que je cherchais une place ?"
" Pas difficile, tu as ta malle qui traîne derrière toi et tu es dans le couloir alors que le train est déjà en route, donc tu es forcément en retard et tu cherches une bonne âme pour te loger. "
" Et je viens d'en voir un apparaître devant moi ! Merci Emimi ! À tout à l'heure, vous deux !"
Sans vraiment lui répondre, juste un signe de main n'est pas suffisant, les deux bleus partirent vers le devant du train, elle entra dans le compartiment et fut accueilli ainsi :
" Voici le croqueur de mystère de retour. " Dit Clara avec la voix d'un commentateur en croquant dans un chocogrenouille. 
" Tant mieux, j'ai cru qu'il avait laissé place pour le créateur de mystère ", répondit Chloé sans lever son regard de la gazette du jour.
" Il jongle entre les deux, et personnellement, je trouve ça bien de concorder deux choses à la fois ", s'exprima Harley en lisant aussi. 

Lolie put reconnaître un manuel sur la botanique, vu les plantes qui se présentaient sur chaque page. 

" De tout façon, tu aimeras tout d'Emil tant que ce n'est pas Ionise", soupira Clara en ouvrant un paquet de fondants du chaudron. 
" D'ailleurs où est Ninise ?"
" Parti dans un autre compartiment où on l'acceptera plus", Chloé se détacha de son journal pour jeter un regard éloquent à son amie châtain. 
" Ben quoi ? Je suis sûre qu'il a beaucoup d'autre compagnie plus plaisante mais il faut qu'il traîne avec nous alors que même son cousin ne le demande pas ", se justifia cette dernière plutôt violemment. Elle ponctua sa réponse d’une tape sur son livre.
" Pourtant il n'a pas dit non pour aller le retrouver, à l'instant. "
" Non mais tu le connais, il ne dirait jamais non à sa protégée ", ricana Clara. 
" Et sinon, vous avez passé de bonne vacance ? " Changea Lolie de sujet.
" Pas mal, on a passé une journée d'ouf chez les Potter, passé de temps en temps faire coucou à Alfred et passé une autre journée d'ouf mais chez Harley, pour fêter l’anniversaire de notre grande fille…ha, qu’est-ce que le temps passe vite… ", Résuma Clara en reprenant ses mastications d’aliment sucré. 

Elles lui avaient même offert un cadeau groupé, composé de puzzle, jeu de dame et jeu de mémoire, en gros des jeux assez stratégiques pour lui rappeler qu’il faut réfléchir avant d’agir, même si ce n’est pas forcément son point fort.

" J'aime ton langage, on a l'impression que tu parles comme les caïds dans les rues de France. "
" Sauf que là, elle parle plus comme les voyous dans les rues de Londres moldu", marmonna Chloé. 

« Et on a aussi passé du bon temps avec Dave », ajouta Clara ce qui sourire ses amies.

« C’est qui Dave-Dave ? » Fit curieusement Lolie.

« Le grand frère musclé de Chloé », répondit Clara avec un sourire.

« Et classe », ajouta Harley. Et beau, intérieurement.

« Oh… » Cela sembla l’intéressé beaucoup plus que ça ne devrait.
" C'était comment en France ? " Feignit Harley de s'y intéresser.

Elle aurait pourtant dû savoir depuis la première année, étant sa camarade de chambre, qu'il ne fallait jamais donner une occasion à cette fille de vous casser les oreilles en vous imposant sa loi. 

" C'était bien ! Vous savez que nos vacances se font une semaine avant eux ? Ils ont encore cours jusqu'au 5 juillet, bon, après personne ne peut assurer sa présence jusqu'à la fin. Ils sont gonflés parce que déjà tout au long de l'année ils ont quatre coupures de deux semaines, alors que nous que deux, alors c'est tout à fait légitime qu'on a des vacances avant eux, mais eux ils n'en font qu'à leur tête et pratiquement personne ne va en cours ! "
" Euh, attends, tu parles bien de Beaux Bâtons ?" Lui coupa Chloé, dubitative. 
" Hein ? Non, je parle des écoles moldu !"
" Ah bah, oui, tout s'explique, non seulement les moldus français sont de vrais flemmards, mais en plus ce sont des grévistes invétérés ! Si ma mère n'était pas moldu et n'ayant pas vécu une partie de sa vie dans ce pays, je n'aurai jamais su tous les inconvénients qu'il y a là-bas ! Et dire que c'est le pays de l'amour."
" Ça, par contre, je n'ai pas la véracité des propos mais je peux confirmer tes deux points d'avant ! "
" Pourquoi tu nous racontes ça ? Il me semble pourtant que tu n'as pas de famille issue moldu, non ? " Sourcilla Har.
" Ah, ça, c'est parce que j'ai un cousin qui a un ami qui a un membre de la famille qui..."
" Ouh, la, j'espère pour toi que ça ne va pas plus loin parce que tu m'as perdu !"
" Euh... Bon, une connaissance qui étudie dans une école moldu m'a expliqué tout ça et ça m'a bien turpulipiner... Turlipupin... Euh, tur... "
" Turlupiner ! " lui cria Clara, agacée. 
" Hum, bref, ça m'a tracassé ! "
" Pourquoi donc ? Ils font ce qu'ils veulent, et seuls les résultats en parlent pour eux ", lui répliqua Chloé sans lâcher son journal.
" Ben, justement leur résultat sont vraiment médiocres ! Non seulement ils sont notés sur vingt, mais en plus ils ajoutent des virgules pour donner l'impression, c'est stupides. "
" Ça va, en Chine -chez les moldu, je précise- on note sur 100."
" Tiens, de retour. Et sans importun à ce que je vois", remarqua Harley avec une certaine satisfaction. 
" De quel résultat vous parlez ? " demanda Emil en s'installant sur la banquette à côté de Clara. Il repoussa tous les emballages de sucrerie avec un haussement de sourcil mais sans rien dire de plus. Boulimie, quand tu nous tiens !
" Des résultats des écoles moldue françaises. Ils sont piètres voir troll, ils ne font pas d'effort et demandent toujours plus de grève. "
" Euh, non, ça, ce sont les adultes ", corrigea Lolie " mais en plus les élèves sont dans un faux semblant de compétition alors que ça se voit bien que seul ceux qui en donnent la peine réussissent, les autres : on s'en fout ! "
" Ah, dans les écoles moldu en Danemark, c'est tout le contraire. On s'en fout pratiquement des résultats, tant que tout le monde s'entraide, il y a autant que pratique que la théorie, la relation prof-élève ressemble à partenaire-instructeur et surtout argument de vente : le redoublement n'existe pas. "
" Oh, trop cool ! "
" Pourquoi tu n'y es pas resté ?" Taquina Chloé. 
" C'est pour vous rencontrer. "
" Oh, je vois qu'on sait parler aux filles." Rit Clara. 
" Ça vous dit de demander un voyage en France pour l'option étude de moldu ? "
" Hum, pas sûr que les professeurs ont prévu un autre voyage"
" Et puis y aller comment ? "
" En avion ! " S’exclama Lolie.
" Tu forces, hein ? Mais il y a aussi le train sous l'eau, non ?"
" Hein ? Comment c'est possible ?" S'étonna Harley. 
" Par le tunnel Eurostar qui mène direct sur hexagone, et il y a un autre qui mène aux Pays-bas je crois. "
" Mais comment crois-tu que, si jamais le voyage est acceptée, les profs vont faire ?" Siffla Chloé, exaspérée. 
Clara éclata soudainement de rire. 
" Pardon, j'étais en train d'imaginer le magicobus enfermé dans le Channel, le massacre je vous dis !"
N'ayant pas tout à fait saisi l'hilarité mais trouvant que le rire était contagieux, ils rirent aussi. 
Le voyage se passa ainsi et au moment où le train s'arrêta en gare, la cavalcade habituelle de ceux qui étaient pressés de renouer avec leur habitude retentit dans chaque wagon jusqu'à résonner à l'extérieur. Pouvant même rivaliser avec la marche bruyante du demi-géant qui attendait les premières années sur le quai. Les familières saluèrent le professeur de soin aux créatures magiques du second cycle avant de se diriger vers les diligences, tandis que le géant barbu emmena les nouveaux jusqu’au lac. Les filles virent avec surprise une Rose rejoindre leur diligence avec tranquillité. 
" Euh, mais on n'a plus de place..." Hésita Harley. 
" Mais si, il suffit de se serrer un peu, nous ne sommes pas en surpoids. "
Avec un peu d'insistance et de mauvaises grâces, les sept quatrièmes se serrèrent pour tous entrer dans leur petit habitacle. 
" Qu'est-ce qui se passe, tu boudes tes potes ?" Hasarda Emil. 
" Tout juste. Je ne sais pas s'ils le font exprès mais en tout cas les entendre parler de leur séjour en Floride durant tout le trajet alors qu'ils savent que je n'y étais pas n'était franchement pas leur idée du siècle et je leur ai bien fait comprendre."
" En les délaissant pour qu'ils puissent parler en toute liberté ?" Nargua Chloé. 
" Bon, ce n'était peut-être pas non plus mon idée du siècle, mais sur le coup ça m'avait tellement irrité que je n'ai pas cherché à m'expliquer ni à leur en faire la remarque. "
" Bah, tu aurais dû, je suis sûr qu'ils ne l'ont pas fait intentionnellement. "
" Eh ben alors, c'est pire. Ça veut dire qu'ils peuvent facilement oublier ma présence."
" Oh non, ce n'est absolument pas ce que je voulais dire !" S'alarma Claire en ne voulant que défendre le garçon qu'elle... Euh...qui... Hem, bref. 
" Passons, ce ne sont que des passages obligatoire de la puberté. "
La remarque négligente de Clara jeta un froid générale. 
" Oh, tu aurais pu éviter d'en reparler. " grommela Harley.
" Impossible, je te dis que c'est un passage obligé..." reprit la blonde en sortant un chocoballe pour l’entamer aussitôt.
Un autre silence et soudain, on comprit avec les mâchonnements. 
" Ah, félicitation ", ironisa Chloé sans humeur. 
" Mwi, comme tu l'as dit, c'est un passage obligatoire pour toute fille qui se respecte. Tu devrais passer à l'infirmerie dès notre arrivé ", conseilla Rose. 
" Je suis déjà gavée de toute cette histoire..." Soupira dramatiquement Clara en prenant une baguette magique au chocolat. De nouveaux goûts ont vu le jour.
" Courage, ce n'est qu'un moment à passer ", réconforta Lolie. 
" Vous qui n'en êtes pas encore, je ne veux pas vous entendre !" Grinça la blonde. 
Seule Claire et Lolie semblèrent touchées par le commentaire et eurent même le cran de pouffer. D'un point de vue extérieur, Emil aurait pu se sentir mal à l'aise d'être au milieu de la conversation, dont il n'avait rien à y faire, mais point du tout, il semblait même royalement s'en ficher. 
Arrivé au château, comme l'a conseillé Rose, Clara se dirigea vers l'infirmerie en laissant ses amies, euh, amis s'installer dans la grande salle. 
Comme de coutume depuis leur arrivé ici, personne ne pût s'empêcher de lever la tête pour observer le plafond magique qui restait tout de même l'un des faits les plus marquants. Chacun prit place à sa table, sans cacher une certaine excitation en jetant des coups d'œil à la table des professeurs. Il y avait bien sûr un autre fait qui attirait l'attention des élèves, les commentaires allaient bon train après avoir analyser le nouveau visage qui remplaçait celui de Filius Flitwick, ancien professeur de sortilège et directeur de maison des Serdaigles. Et le dernier point était aussi celui qui faisait frémir d'angoisse les bleus. Finalement Clara revint un peu avant les nouveaux élèves, pendant que Neville Londubat les guidait jusqu'à l'emplacement de la répartition. Un silence religieux les accueillit, ce qui fut peut-être un des facteurs pour accroître leur stress, aux petits. Mais une voix rauque finit par s'élever là où se trouvait un tas de chiffon, du moins d'apparence, le choix peau entamait comme tous les ans sa chanson. 


"Il y a plus de mille ans
Poudlard est née 
Des mains de quatre sorciers 
À l'amitié d'antan 

C'est l'espoir qui survint 
Pour les jeunes démunis 
Les sentiments qui parvint 
À aider est infinis

Poufsouffle la chaleureuse 
Insuffla la loyauté 
Serdaigle la généreuse 
Partagea sa curiosité 

Griffondor le valeureux 
Était fier et courageux 
Serpentard le rusé 
Aimait calculer et se prouver 

À quatre ils font des merveilles
Avec des étincelles"


Un tonnerre d'applaudissement s'éleva, mêmes des premières années qui ne s'y attendaient pas. 
" Je vais à présent vous appeler un par un et vous allez vous installez sur le tabouret et vous recouvrez du choix peau pour connaître votre maison. " Le directeur adjoint laissa planer un silence avant de débuter l'appel " Valence, Valentin "
Une soudaine rumeur saisit les anciens élèves. Étrange, cette année, les petits nouveaux avaient tous des noms avec une lettre qui commence en fin d'alphabet ? Pourtant, ils étaient nombreux. 
Un garçon blond de taille moyenne à l'œil azur -parce que l'autre était recouvert par ses mèches éparses- s'avança vers le tabouret et se couvrit du vieux artefact magique qui prit un instant pour le répartir. 
" Poufsouffle !" Clama-t-il. 
Et bien qu'encore un peu perturbé par l'histoire des noms, les jaunes acclamèrent leur nouveau camarade qui les rejoignit au petit trot. Ils étaient loin de se douter que la suite allait encore déranger leur habitude. 
" Tanaka, Rei "
Si cette fois-ci on s'étonnait, ce n'était pas tant l'origine de la demoiselle mais bien de l'étrange répartition des noms de famille. Est-ce qu'à tout hasard...
" Gryffondor !" S'écria aussitôt le choix peau. 
L'hypothèse ne pût se confirmer que les vivats des rouges furent assourdissants, la suite de la répartition finit tout de même par leur donner raison.

« Suan, Fréderick ! »

Pour une raison inconnu, cette année, les noms des nouveaux était appelés à l'envers, ce qui ne manqua pas de faire jaser les conservateurs. Plusieurs coup d'œil furent jeter en direction de la table professoral, mais aucun n'affichait une expression pouvant les trahir, tous étaient concentrés sur la répartition, notamment celui du nouveau. Quand la répartition s'acheva enfin et que les élèves s'attendaient tous à ce que la directrice leur souhaite un bon appétit lorsqu'elle se leva, ils déchantèrent vite en voyant qu'une fois de plus les habitudes furent altérées. Mais ce fut avec raison. 
" Chers élèves, avant que le repas ne débute, j'aimerai vous présenter votre nouveau enseignant de sortilèges, le professeur Miracle Wonder."
Quelque part, un gloussement fut relevé mais personne ne pût déterminer qui qu'à nouveau il y eut une ovation, pour accueillir l'adulte. La suite du discours fut moins réjouissante par contre. 
" Aussi, le poste du directeur de la maison Serdaigle est assuré par le professeur Kurt, qui enseigne aussi la métamorphose. "
Certains eurent l'audace de laisser choir leur tête sur le bois de la table montrant par là leur désespoir, d'autre applaudirent par politesse, mais ce fut très rare car préférant grimacer cette méchante perspective. Comme la directrice n'annonçait toujours pas le souper, les obtus remarquèrent enfin la place vide au bout de la cinquième table. L'absence était signé le professeur Stranger, est-ce qu'elle allait parler du poste de défense contre les forces du mal ? Eh non. 
" Encore autre chose, cette année, certains l'auront probablement remarqué mais les professeurs et moi-même avons décidé d'effectuer des changements. Bien sûr, le règlement intérieur reste ce qu'il en est, je rappelle donc que l'accès de la forêt interdite l'est formellement et que si la magie dans les couloirs est autorisée sachez que vous encourez des sanctions si cela est mal utiliser. "
Un élève chez les aigles se sentit particulièrement visé par la dernière remarque, surtout quand il sentit un regard insistant venant des griffons se poser sur lui, mais se cacha du mieux qu'il pût dans le dos de son ami. 
" Les changements concernent donc l'usage des salles désaffectées. Il m'a été dernièrement mis au courant que certains élèves les utilisaient pour toutes sortes de raisons dont je ne citerai pas. "
Les quelques élèves concernés eurent l'effronterie de paraître gênés en détournant quelque peu le regard, que ce soient des couples ou des bandes de malfrats. 
" C'est pourquoi ces derniers ont été aménagés de sorte à ce que tout le monde y trouve son compte en bonne due forme. Ils ont alors des usages beaucoup plus utiles, vous pouvez vous en servir comme salle d'étude, comme lieu d'échange ou simplement comme un salon plus intime que la salle commune. Bien entendu la nourriture est prohibé, sauf si vous rangez vous mêmes vos traces, et il n'y a pas un salon qui appartient à une personne en particulier, cela est accessible pour tout le monde, sauf si arrivé premier vous imposez le nombre de personne acceptable au boîtier. Vous pouvez d’ores et déjà les visiter demain et prendre en compte de leur fonction, étant donné que les cours commencent après-demain. Voilà, c'est tout ce que nous voulons dire, sur ce bon appétit ! "
Le dit appétit fut relégué au second plan après une telle annonce, alors maintenant plus besoin de ramener soi-même des coussins pour rendre un des refuges plus confortable ? Plus besoin de nettoyer la salle à coup de recurvite ? Quelle bonne nouvelle !

Et les comploteurs avaient mis ça sur le compte de Stranger ne voyant pas l'homme arriver, et s'il leur avait fait une surprise ? Cependant, ils n'eurent jamais la réponse. 
En tout cas, tout le monde sembla oublier la présence du nouveau prof tant les rumeurs et conversations allaient bon train sur les dernières nouvelles. Certains se dirent même que ce fut l'année de changement et ce, probablement en bien. 

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article