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UN

Première année 

Enfin, son aventure commençait.  

Du moins, c'était ce que le contenu de la lettre lui informait. Une lettre en parchemin avec une écriture si distinguée et élégante que cela ne pouvait être inscrite qu'avec une plume. 

Mais ce qui était le plus important était le sceau de cire avec des armoiries de quatre créatures et de la lettre H. Il ne s'agissait autre que le blason de l'école de magie de Hogwarts. 

Et elle était invitée à y suivre les cours. 

  

COLLÈGE DE HOGWARTS, ÉCOLE DE SORCELLERIE 
Directeur : Pomona Sprout 
Chère Miss Lyu, 
Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité. 
La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendrons votre hibou le 31 juillet au plus tard. 
Veuillez croire, chère Miss Lyu, en l'expression de nos sentiments distingués. 
Neville Longbottom 
Directeur-adjoint 

  

Elle porta son attention sur le second parchemin où était indiqué les équipements mentionnés. 

  

COLLÈGE DE POUDLARD - ÉCOLE DE SORCELLERIE 
Uniforme 
Liste des vêtements dont les élèves de première année devront obligatoirement être équipés : 
1) Une robe de travail (noire), modèle de Miss Vicky Frobisher 
2) Un uniforme (standard), modèle de Miss Vicky Frobisher 
3) Une paire de gants protecteurs (en cuir de dragon ou autre matière semblable) 
4) Une cape d'hiver (noire avec attaches d'argent) 
Chaque vêtement devra porter une étiquette indiquant le nom de l'élève. 
 
Livres et manuels 
Chaque élève devra se procurer un exemplaire des ouvrages suivants : 
Histoire de la magie, de Bathilda Tourdesac 
Graines et pousses du monde, de l'édition Universel 
Magie théorique, de Adalbert Lasornette 
Lune et étoiles de l'espace, de l'édition Universel 
 
Fournitures 
1 baguette magique 
1 encrier (plume compris) 
1 boîte de fioles en verre ou cristal 
Les élèves peuvent également emporter leur animal de compagnie en prenant soin de remplir le formulaire requis. 
 
IL EST RAPPELÉ AUX PARENTS QUE LES ÉLÈVES DE PREMIÈRE ANNÉE NE SONT PAS AUTORISÉS À POSSÉDER LEUR PROPRE BALAI. 

  

Elle ignora cependant le dernier parchemin, ne se sentant pas concernée, et relut encore deux fois les deux premières lettres avant de se tourner jovialement vers ses parents. Son père la regardait avec amusement et sa mère était déjà prête à sortir. 

« Tu viens ? Il faut bien qu'on achète tout ce matériel si on veut te préparer. » 

Sautillant d'excitation, elle fit attention de ne pas abîmer sa lettre et lissa les deux précieux parchemins proprement avant de les enrouler encore plus soigneusement. Elle n'aimait pas trop les plis mais il fallait bien qu'elle les rangeait de manière facilement transportable. Puis, elle enfila la robe de sorcière que son père lui tendait et, de sa main libre, tint celle de sa mère. 

« Tu ne ranges pas l'enveloppe à ton adresse ? » Lui demanda son père avant qu'ils ne se mettent vraiment en chemin. 

« Pourquoi faire ? Ce n'est pas comme s'il y avait mon adresse ou quoi. » 

« Ce n'est pas question de ça, c'est la preuve de ton appartenance à l'école de magie, tu sais ? » 

« Non, la preuve c'est la lettre d'invitation avec l'écusson de Hogwarts imprimé en grand et encadré de sa devise. Draco dormiens nunquam titillandus », elle souligna la phrase de la dite lettre. 

« Clare, je ne t'ai pas élevé pour être aussi à tatillon. » 

« Mais c'est vrai, je n'ai besoin de garder que ce qui m'importe. » 

« Long Gui, tu sais que tu ne peux pas gagner cet argument. Et notre fille chérie n'a pas tort, il n'est pas bon d'être matérialiste. » 

Son père leva ses mains de reddition et s'inclina face aux femmes de sa vie. 

« Si mes trésors le disent. Allez-y donc, je vous rejoins une fois avoir rangé tout ça. » 

« Ce n'est pas comme si je suis désordonnée. » 

Sa mère ne dit rien mais comme elle ne bougeait pas encore, elle comprit que ses parents devaient avoir une conversation propre à eux. 

« Je ferai aussi un tour à la banque. On se rejoint devant Madame Malkin, d'accord, Lys ? » 

Elle jeta un regard à sa mère qui roula des yeux si fort qu'elle avait peur qu'ils restent bloqués en l'air, mais sa mère salua son père de sa main libre avant de serrer la sienne et cligner des yeux. L'instant d'après, elles avaient disparu de leur salon. 

Long Gui ramassa alors l'enveloppe au nom de sa fille, le désenveloppa et le suspendit magiquement dans les airs comme il le faisait pour chaque souvenir manuscrite. Il n'y en avait pas énormément comme Lys n'était pas matérialiste mais il prenait toujours soin d'en afficher fièrement, pour avoir des traces qu'il disait. Et bien qu'il fût le seul qui ait récupéré physiquement le courrier de sa fille, dû à la localisation secrète de leur demeure, il pourrait relier le parchemin à ce jour si précieux. Enfin, il jeta le parchemin en rapport aux animaux de compagnie dans le feu de camp en pierre avant de disparaître aussi de leur demeure. 

  

La fameuse Vicky Frobisher était donc une ancienne élève de Hogwarts et se spécialisait en sortilège. Elle dit avoir favorisé le club extra-curriculum au lieu du Quidditch, dont elle avait postulé pour l'équipe de Gryffindor. Ne faisant attention qu'à la première partie, Clare demanda plus de détail concernant le club de sortilège. La tailleuse lui répondit avec plaisir tout en travaillant le tissu pour sa cliente. 

Une fois les mesures prises avec l'invitation de venir récupérer leur commande plus tard, sa mère alla payer et profita pour poser des questions. Car la curiosité coulait dans les gènes. 

« J'ai cru comprendre que cette mesure d'imposer l'uniforme n'était que récente ? » 

« Récente, on peut dire ça. J'ai proposé mon affaire il y a de cela six ans. Avant, Hogwarts insistait à ce que les élèves disposent de trois robes de sorcières hideuses pour justement avoir des échanges au cas où l'une était sale. Grâce à mon sort, tous les vêtements requis par l'école ont la fonction non-salissante ni par les potions ni par un quelconque liquide. Une fonction auto-lavante est en action durant le weekend car en général, les élèves préfèrent porter leurs propres vêtements. La cape d'hiver est toujours la même, par contre et il est possible de l'acheter soit ici avec ma patronne ou chez nos concurrents Twilfitt and Tatting. » 

Lys haussa les sourcils à la proposition.  

« N'est-ce pas mauvais pour les affaires de suggérer aux clients d'aller voir ailleurs ? » 

« Je travaille peut-être dans l'établissement de ma patronne mais je suis celle qui encaisse tous les achats scolaires, ces vêtements ne pouvant recevoir, ni être modifiés par d'autres sorts que les miennes. » 

Clare approuva cette réponse plus que juste. C'était donc ainsi qu'elle gagnait sa vie, faut dire que le set complet n'était pas très cher et abordable même pour ceux en difficulté financière. La raison en était que l'étudiant devait revenir à chaque fois qu'il avait une poussée de croissance. 

Une fois dehors, elles rejoignirent Long Gui qui les attendait avec un sachet en main. 

« C'est ce que tu as récupéré à la banque ? » Elle lui demanda en désignant la poche. 

« Oh non, c'est juste de la poudre de cheminette. Tu préfère ce moyen de transport, non ? » Demanda-t-il à sa fille. 

« Elle est moins nauséeuse mais je n'irai pas à dire que je préfère. » 

« Que tu détestes moins, miss pointilleuse. » 

Elle lui tira la langue mais prit tout de même sa main offerte avant qu'ils se mettaient tous les trois en chemin pour Fleury et Bott. Alors qu'elle parcourait les rayons et étagères de la librairie avec son père, sa mère réglait déjà les livres scolaires en continuant de jouer sa curieuse. 

« Il me semblait qu'il y avait plus de livre demandé dans les années passées. » 

La réponse fut des plus surprenantes. Apparemment, tous les livres scolaires étaient en une version et gardés dans l'enceinte de l'école. Pour y avoir accès, les anciens élèves devaient jeter le sortilège de duplicata pour chaque niveau afin de prouver leur maîtrise en sortilège. De même que pour les télescopes, balances et chaudrons. Bien sûr, si l'élève le souhaitait, il pouvait venir avec son propre chaudron et balance car le modèle standard était en étain et cuivre, respectivement. 

Clare ressortit de la librairie avec d'autres livres en plus que ceux demandés, de crainte que sa soif de lecture ne devienne un frein pour la durée de sa scolarité. Ses parents lui disaient pourtant qu'elle pouvait leur demander de lui envoyer si elle était vraiment en manque. Elle répliquait ce qu'elle a entendu d'un groupe de jeune gens : la bibliothèque de Hogwarts était assez grande pour satisfaire la curiosité de n'importe qui. Toutefois, posséder quelque ouvrage pour soi était un avantage qui lui éviterait des luttes s'il y avaient. 

Ils passèrent rapidement à l'apothicaire pour se procurer de la boîte de fiole en verre et s'acquérir d'un pot de terre dans le cas elle souhaitait cultiver d'elle-même. Ils dénichèrent des graines un peu au hasard, sans vouloir connaitre leur origine, pour la surprise qu'ils disaient. 

À regret, elle passa sans s'arrêter devant la ménagerie pour se diriger vers la dernière échoppe : le magasin de baguette d'Ollivander. Elle aurait survécu deux millénaires et deux guerres sorcières, de quoi s'incliner. 

Enfin, pour conclure cette journée de course, ils allèrent récupérer son set de textile chez Madam Malkin et ses parents lui fournirent une malle passe-partout même aux yeux des muggle et transportable même pour sa petite force. 

Elle ne fit pas cas de l'insinuation sur son physique car la malle comportait un double fond pour qu'elle puisse consigner ses précieuses livres et autres papiers. Un système antivol était équipé et ne pouvait être prise autre que par son propriétaire. Le rêve. 

  

Rejoindre la gare de King's Cross par le réseau des cheminées s'avérait être plus salissant et saturé car pratiquement tous les sorciers usaient de ce transport, causant des bouchons juste à la sortie de l'âtre. 

Heureusement que Clare n'avait que sa malle qu'elle tenait facilement à la main. Elle sortit de la cheminée et quitta le coin bondé tout en s'époussetant de sa main libre. Ses parents l'attendaient plus loin sur le quai, n'ayant pas utilisés la même voie qu'elle. 

Les adieux furent silencieuses sous le signal du train flamboyant et ils s'embrassèrent fortement avant qu'elle ne grimpe dans le Hogwarts Express. Elle les salua longuement depuis l'autre côté de la porte fermée alors qu'ils étaient cachés sous l'amas de fumée rejetée par le train qui s'ébranla pour entamer un long trajet. 

Clara resta encore un moment dans le couloir vide, attendant qu'il n'y ait plus aucun bruit dans les allées avant de s'y engager à son tour. Sauf que, se sentant à présent gênée d'embarquer dans un compartiment occupé, elle trimbala sa malle en main jusqu'au bout du couloir avant de se décider de s'inviter dans la dernière. Évidemment, il y avait des gens. 

Deux garçons s'y trouvaient, tous les deux probablement aussi en première année de par leur apparence. Ou peut-être qu'ils paraissaient plus jeunes que leur âge comme elle. Toujours était-il qu'ils ne levèrent même pas les yeux à son entrée, ce qui ne l'aidait pas à savoir si elle avait le droit d'y accéder. 

Attendant encore quelque seconde dans le silence, elle se décida à entrer avec sa malle et referma la porte derrière elle. Ne pouvant atteindre le port-bagage, elle déposa son attaché-case sous la banquette qui avait juste la place pour et s'installa aussi confortablement qu'elle pouvait dans le plus grand silence. 

De toute évidence, ces deux garçons ne voulaient pas faire la causette et préféraient plonger leur attention dans les livres qu'ils avaient en main. Ce qu'elle concevait, elle-même férue de lecture, mais elle avait entendu que le trajet jusqu'à l'école de magie durait au moins six heures. Si elle pouvait user de la première en se restaurant soit dans le wagon à cette fonction ou avec son casse-croûte, elle devra trouver quelque chose d'autre pour les cinq restantes. Peut-être lire dans le silence comme ses compagnons de compartiment. Ou profiter de faire connaissance tout de suite. 

Une boule se forma cependant dans sa gorge quand elle leur jeta un regard de côté. Ils avaient une expression bien concentrée pour qu'elle entame une discussion. Peut-être que c'était important et qu'ils devaient lire ce qu'ils lisaient, peut-être qu'ils étaient aussi stressés qu'elle et que lire les réconfortait ?  

Peut-être qu'elle se cherchait juste des excuses pour ne pas avoir à commencer à parler. 

« Je-... Je m'appelle Clare ! » 

Son éclat de voix devait être beaucoup plus forte que prévu comme les deux garçons sursautèrent et relevèrent la tête vers elle. Si l'un fronça des sourcils, l'autre haussa un avant de répondre : 

« Ionise », se présenta-t-il aussi. 

Clare grimaça un sourire sous son regard neutre avant de remarquer qu'il tapotait doucement des pieds son partenaire. Ce dernier respira bruyamment en roulant des yeux. 

« Emil. » 

Et il retourna aussitôt dans son livre. La boule dans sa gorge descendit dans l'estomac. 

« Première année aussi, je suppose ? » Poursuivit cependant Ionise. 

Elle hocha vivement la tête, soulagée de voir celui-ci faire des efforts. 

« Oui, j'étais dans une école spécialement pour étudiants chinois émigrés pour apprendre la magie sans baguette, mais je m'intéresse beaucoup aux sortilèges des occidentaux. » 

« Sans baguette, avec un peu de chance ? » 

« Ce serait bien, en effet ! » 

« Les anglais considèrent la magie sans baguette comme un risque. Si jamais un accident se produit, ils préfèrent encore que ce soit la baguette qui explosent. » 

« Oh, la magie sans baguette des chinois est encore autre chose. Ce n'est pas comme les informulés dont on a toujours besoin de baguette et de sortilège, mais juste par la force de l'esprit. » 

« Ça rappelle la Force des Jedi. » 

Elle ne réagit pas et il eut une moue en jetant un coup d'œil à son livre sur les jambes. En face, Emil n'avait pas relevé la tête une seconde fois. 

« Vous êtes de quelle nationalité, vous ? Tu as dit les Anglais... comme si tu ne t'incluais pas... » 

Incertaine de ce qu'elle avançait, elle perdit du volume à la fin de ses propos, ne voulant assumer. 

« Nous ne sommes pas anglais, c'est juste. On est danois, tu connais ? » 

Elle hocha la tête doucement. Danemark. Il y avait une école de magie plus proche pour les pays du nord que Hogwarts et elle doutait qu'ils étaient immigrés comme ses parents, bien qu'incapable de leur en faire la remarque. 

La porte s'ouvrit à nouveau, mais avec beaucoup plus de brusquerie qu'elle, du moins l'espérait-elle. Une fille blonde entra avec sa valise avec violence et dont le bagage faillit rentrer dans ses jambes tellement la nouvelle le balança vivement à l'intérieur pour fermer la porte avec autant de force. Elle se permit de le verrouiller à double tour avant de s'affaler sur la banquette en face pour reprendre sa respiration. 

Clare se pinça très fort les lèvres ne sachant quoi dire et surveilla la réaction des deux autres garçons. Emil gardait la tête baissée mais elle voyait ses mains se crisper autour de son livre alors qu'Ionise observait l'intruse en gardant un visage neutre et elle enviait vraiment son talent. 

« Yo, je suis Clara. » 

Au début, Clare pensait que ses cheveux blonds étaient ébouriffés dû à sa course mais maintenant que sa propriétaire avait passé ses mains dedans et que la chevelure était toujours en bataille, elle avait un doute et une critique pas très méliorative concernant. 

« Ionise et voici Emil. »  

« Clare », ajouta-t-elle parce que ce n'était que poli. 

« Donc, quel est ton crime ? » 

Clara eut un temps de réaction en faisant circuler ses yeux dans tout le compartiment avant de ramener sa valise auprès d'elle. Elle s'approcha inconsciemment de la porte et du verrou qu'elle a enclenché. 

« Mon crime ? » Répéta-t-elle. 

« Celui qui t'a fait courir et te réfugier dans notre antre. » 

L'expression de la blonde perdit toute sa garde et elle relâcha un bruyant soupir. 

« Oh, ce crime ! J'ai juste balancé des pâtes étoilés sur un gars qui m'a énervé. Vous vous en doutez, ça l'a pas plu et j'ai compris que je n'avais aucune chance contre lui en corps-à-corps alors j'ai pris la fuite et ai choisi le compartiment le plus loin, bien sûr. » 

Bien sûr. Une casse-cou. 

« Et c'est un antre de quoi ? Lecteur ? » Blagua-t-elle en désignant la position d'Emil du menton. 

« Exactement », répliqua ce dernier entre ses dents. 

« Oh, cool, je lis aussi ! Des manga ! Alors avant que vous ne vous mettez à critiquer, oui ! Les manga, c'est de la lecture, c'est de l'art aussi ! Mais il y a des dialogues, ce qui est considéré comme de la lecture ! » 

Un silence accueillit sa diatribe. Elle les dévisagea un à un, les défiant de la contredire. 

Clare leva la main, parce que cela semblait la meilleure chose à faire. 

« Ouais, mon prénom jumelle ? » 

Clara déglutit, sentant encore plus de pression à la question qu'elle allait poser. 

« C'est quoi un manga ? » 

Quand personne ne dit rien pendant un moment, elle se mit aussi à les dévisager un à un. Mais Emil et Ionise n'avaient pas bougé d'un iota et Clara avait un air des plus affligés qui l'inquiéta. 

« Tu ne connais pas ? Vous ne connaissez pas ?! » Elle ajouta en haussant la voix quand même les garçons secouèrent la tête. 

Elle resta encore quelque seconde sous le choc avant de secouer rigoureusement la tête, ouvrir sa valise et y fouiller frénétiquement. Elle finit par sortir trois fins volumes taille poche avec le dessin d'une tête de mort sur chacun. Un tête de mort assez particulier comme il avait un chapeau et une corde entre les mâchoires. 

« Ce sont des livres de cette taille et épaisseur environ, dépendant des éditions et des tomes, et l'intérieur regorge d'aventure et d'histoires fabuleuses ! Avec des dessins plus ou moins bien fait. » 

« C'est des comics, quoi », termina Emil. 

Cela arracha une offuscation à la connaisseuse. Avant qu'elle ne reprenne une expression plus normale qui laissait penser qu'elle avait avalé un citron. Un entier, le citron. 

« J'imagine qu'on peut les appeler comme ça, chez les occidentaux. Bref, cette série-là est la base ! One piece, il y a actuellement 83 tomes et ça fait toujours autant un carton ! » 

« Je ne sais pas si le jeu de mot était intentionnelle, mais c'est vrai que pour avoir publié une quatre-vingtaine de volume, il y a eu des feuilles qui ont dû être usés », commenta Ionise avec une grimace. 

« Quatre-vingt-trois volumes ! Et ça plait toujours autant ? » S'exclama Clare de son côté. 

« Un peu, mon neveu ! L'auteur, un jap qui s'appelle Eiichiro Oda, ou Oda Eiichiro vu que c'est inversé en japonais, le mec c'est un génie ! Il dessine depuis ses 17 ans et ça fait tout juste vingt ans qu'on fête la série ! Il est incroyable ! C'est le meilleur de tout le marché, je te dis franchement ! » 

« Tu m'as l'air surtout biaisé. » 

Ayant plus que trop des remarques désobligeantes d'Emil, Clara lui envoya un regard noir. Clare, avec intention ou non, demanda si elle pouvait feuilleter le premier tome. Elle n'avait jamais lu de comics et encore moins japonaise, mais si la blonde en parlait avec autant d'ardeur, celui-ci était certainement traduite en anglais. 

« T'inquiètes, vas-y. Mon père m'a laissé amener ma collection entière. J'ai les 83 tomes avec moi, là. Et pour te répondre, petit-malin, je ne suis pas la seule biaisée dans ce cas, puisque la série a été vendu à près de quatre cent million d'exemplaire dans le monde entier ! Plus de trois cent rien qu'au Japon et ça va continuer à augmenter vu que l'aventure est loin de se terminer. » 

« Il serait peut-être temps, toute chose a une fin. » 

La réponse ne vint pas car Clara se retourna vers Clare qui faisait en sorte de feuilleter rapidement tout en faisant attention à ne rien abîmer. 

« Eh là, qu'est-ce que tu fais ? Tu le lis à l'envers ! » 

Les trois autres la considèrent avec sidération mais celle-ci ne fit que lui instruire sur comment lire un manga. De droite à gauche, que ce soit de page ou de bulles. Cela viendrait du fait que l'écriture japonaise, sans parler de leur alphabet au nombre de trois, s'écrive de droite à gauche et de haut en bas. Comme la calligraphie ou l'ancienne écriture chinoise. Clare ne pouvait cependant pas y concevoir et ne put s'empêcher de commencer la lecture pour être sûre que ce sens donnait, eh bien, du sens. 

« Je sais que c'est confus au début, mais tu vas vite y prendre goût, parce que si tu aimes One Piece, et tu vas aimer, bah, tu vas commencer à lire dans ce sens et- oh, hibou ! » 

Ne s'y attendant pas à ce qu'elle coupe sa diatribe par le dernier commentaire, ils levèrent la tête pour voir de quoi elle parlait et en effet, il y avait bien un hibou gris argenté qui battait des ailes pour frapper contre la fenêtre. 

« Bah, vas-y, laisse le entrer ! » Pressa-t-elle les deux garçons assis au côté fenêtre. 

Emil, qui en découvrait des vertes et des pas mûres avec la blonde, fit comme demander et baissa la vitre pour laisser la rapace entrer dans leur compartiment. Alors qu'il remontait la vitre, il se rendit compte de sa bêtise. 

« Tu connais cette bestiole, même ? » 

« Bah oui, c'est le mien ! J'ai cru le perdre quand j'ai dû fuir pour ma vie et craignais que le rustre allait l'user pour m'atteindre. » 

« De toute évidence, il avait encore un peu d'humanité. » 

« Ou ne voulait pas impliquer un être innocent pour remonter contre l'actuelle criminelle. » 

Clare ne voyait pas pourquoi Emil se devait d'être aussi insupportable. Clara n'était peut-être elle-même pas facile, mais il était inutile d'être aussi rude à chaque fois qu'il ouvrait la bouche. 

« Il est beau. Il s'appelle comment ? » 

Clara la regarda bizarrement. 

« Hibou. » 

Incapable de réagir correctement à ça, Clare se tourna pour voir les réactions des autres. Emil prétendait avec force de retourner dans son livre mais Ionise fut pour une fois plus expressif. Il cligna lentement des yeux, coula un regard vers Emil pour chercher du soutient avant de ciller plus rapidement pour regarder Clara et sa rapace. 

« Tu as appelé ton hibou Hibou ? » 

Un hochement de tête encore plus lente que le clignement des yeux. Comme si c'était eux qui clochaient et pas elle. Le culot. Ionise devait en penser de même et décida de ne pas poursuivre ce qu'il allait dire, sentant que c'était une pure perte de temps. 

« Tu sais que la négligence animal est une forme de maltraitance et donc un crime ? » 

« Je ne le néglige pas ! » 

« Tu viens de dire que tu l'as laissé derrière, dans sa cage je présume, avec ton poursuiveur pour t'échapper seule. » 

« Pour sauver ma vie ! Je n'aurai pas pu m'occuper de lui si j'avais été morte, si ?! » 

« Et donc, l'abandonner était meilleur ? » 

Bouche bée, Clara ne put rien répliquer à ça. 

« Heureusement qu'il y a une animalerie à Poudlard, le personnel va certainement mieux s'occuper de lui que sa propriétaire. » 

Irritée de se faire ainsi descendre alors qu'elle n'avait plus rien à dire, la soi-disant mauvaise maîtresse rétorqua vertement : 

« Comment tu sais qu'il y en un ? T'y es déjà allé ? » 

« Il y avait un parchemin spécialement dédié pour les possesseurs d'animaux, tu as dû l'avoir rempli pour "Hibou", non ? » 

Mettre le prénom Hibou entre-guillemet après lui avoir cloué le bec semblait être un grand affront, aussi grand que d'appeler un manga comics, et Clara ne se laissa pas faire, bien que sachant qu'elle venait de recevoir une autre pique. 

« Je t'ai demandé si tu étais déjà élève de Hogwarts, réponds oui ou non ! » 

« Tu m'as posé deux questions. Je t'avais répondu la première. J'allais de ce pas répondre la seconde, un peu de patience. » 

La sentant fulminante de rage, Hibou sentit aussi la détresse de sa maîtresse et jugea bon de se libérer de son étreinte avant de se faire malencontreusement stranguler. 

« Non, je crois être correct de dire que nous sommes tous nouveaux élèves et ne sachant pas grande chose de Hogwarts. » 

C'était redondant et logique puis-qu’étant nouveaux, ils n'allaient forcément pas connaître l'inconnu. 

« Mon père m'a dit que c'est le lieu le plus protégé après la banque Gringotts. Et cette dernière était gardé par des gobelins, alors qu'est-ce que l'école est gardée ? » 

« Des acromentules », répondit facilement Emil. 

Clare frémit discrètement. Probablement parce que Hibou s'est posé sur le port-bagage au-dessus d'elle. 

« Je croyais qu'ils vivaient dans la forêt interdite ? D'après le ministère, cette forêt n'appartient pas à l'école, qui a peu de contrôle dessus. Enfin, mon père m'a dit. » 

« Ton père en sait long », commenta Ionise. 

« Il travaille dans le département de contrôle et de régulation des créatures magiques et défend plus particulièrement les droits des loup-garou, alors oui, il en sait question bêtes surnaturelles. Ma mère est infirmière. » 

« À Saint-Mangouste ? » S'enquit Clare. 

Ses parents travaillaient aussi au ministère de la magie, cela faisait déjà des points pour qu'elles se lient. 

« Nan, dans un hôpital muggle de Londres, elle en est une. » 

La compréhension se fit aussitôt chez ses interlocuteurs. 

« Tu as grandi en sachant ce côté du monde ? » 

« Du tout. J'ai tout appris quand j'ai reçu ma lettre. Mes parents avaient un doute vu que je n'ai jamais rien dit de mes exploits magiques. Faut dire que s'ils apprenaient que ma première manifestation était de transformer la tête d'un camarade de classe en grenouille, ils allaient dire que j'ai abusé du film La princesse et la grenouille. J'avais huit ans. Puis, j'ai cru être Pocahontas à 10 ans quand je pouvais dresser les renards et toute la faune durant mon voyage scolaire. » 

Dresser devait être un grand mot, les animaux ont dû plus être émerveillés par ses petits coups explosives dû à ses émotions, ce qui était un fait tout à fait courant pour les enfants sorciers ayant grandi dans un environnement muggle. 

« Je dois donc comprendre que vous avez grandi dans ce milieu ? » 

Clare se contenta d'hocher la tête, se sentant soudainement très gênée de reparler de son école de magie pour sorciers chinois. 

« Oui, nos parents nous apprenaient ce qui fallait savoir sur la magie, mais vu que les parents d'Emil étaient plus occupés, il a été décidé de nous envoyer dans une école serait la meilleure chose à faire. On a choisi Hogwarts parce que les procédures administratifs étaient moins embêtantes. » 

« T'es en train de me dire qu'il y a d'autre école de magie ? » 

« Les sorciers ne se retrouvent pas tous au Royaume-Uni. Leur population est d'ailleurs assez faible si on compare au reste du monde. » 

« Ça veut dire qu'il y en a aussi en Italie ? » 

« Non », répondit Clare un peu trop vite. « Enfin, je veux dire, il y a certes beaucoup de sorciers dans le monde entier, mais les écoles de magie officielle ne sont qu'au nombre de onze. Je suppose que Ionise et Emil avaient le choix entre Hogwarts et Durmstrang, qui rassemblent tous les pays de l'Europe de l'est, alors que les sorciers d'Italie auraient tendance à suivre les cours à Beaux Bâtons, qui rassemblent les pays du Sud et qui se trouve en France. » 

« Hm... Donc, vous n'êtes pas reliés, vous deux ? » 

Clare se redressa aussi imperceptiblement, elle aussi curieuse. Elle avait bien sûr remarquer la ressemblance des deux garçons, mais comme aucun ne disait rien à ce propos, ni même lorsqu'ils se sont présentés, elle ne chercha pas à demander non plus. De ce qu'elle a pu collecter, ils se connaissaient avant son arrivée mais cela pourrait être dû au fait qu'ils avaient eu le temps de faire connaissance avant, sauf qu'avec ce que Ionise venait de révéler, leur parent se connaissaient aussi. 

« Si, mais pas comme vous le pensez. » 

Emil soupira, ne partageant pas le plaisir de les faire mariner comme Ionise. 

« Nos parents sont jumeaux et jumelles. On vient de Danemark, avant que tu ne penses à le demander et, oui, on a conscience qu'on pourrait se faire passer pour des jumeaux aussi. » 

« Ouais, j'imagine que ce ne doit pas être facile de toujours faire face aux suppositions des autres. » 

Clare baissa la tête, se sentant coupable de cette accusation. Pourtant, Emil toisait sa voisine dont il trouvait culottée d'en parler comme si elle n'était pas comprise dans le lot. 

« Désolée », s'excusa-t-elle en rentrant sa tête dans ses épaules. 

Les cousins se tournèrent vers elle, en même temps que Clara se penchait en avant pour l'entendre. 

« Pas la peine de prendre cette air battu, tu me fais passer pour le méchant. » 

« Bah, ce n'était pas comme ci t'as été le plus agréable jusqu'ici, hein. » 

« Tu sais, ta brusque honnêteté n'est pas mieux », intervint Ionise « ça ne te rend pas non plus des plus agréables. » 

« Mais je ne le fais pas avec intention. » 

« Ça n'excuse en rien que tes paroles sont aussi blessantes. » 

« Oui, mais Emil est juste abrupt. » 

« C'est l’hôpital qui se fout de la charité. » 

« Tu m'excuses, mais faut appeler un chat, un chat, hein ! » 

« Est-ce à cause de cet expression que tu as appelé ton hibou Hibou ? » 

« Bien sûr que non ! » 

« C'était, en vrai, bien pour cette raison. » 

« Alors en dehors d'être sarcastique et rude, monsieur est doué pour faire la voix narrative. » 

« Apparemment, ça me rend moins sarcastique et rude. » 

Avant qu'elle ne se blase de la réplique puérile d'Emil, Clara se frappa dans les mains, ennuyant encore plus son antagoniste qui n'arrivait même plus à prétendre s'intéresser à son livre. Il le rangea de côté, songeant que l'annonce de la blonde allait surement prendre de son temps. 

« Donc, tous les trois avez vos deux parents sorciers ? » 

Ils acquiescèrent. 

« Est-ce que vous les voyez faire de la magie sans baguette ? » 

Clare eut un sourire dérisoire. Elle qui évitait à tout prix d'en parler, voila que le sujet était à nouveau remis sur le tapis. 

« Tu ne vas probablement pas en voir beaucoup, ici, sur les terres britanniques, mais nos parents font de la magie sans baguette. J'ai cru comprendre que Clare a aussi appris la magie sans formule aussi. » 

« Sérieux ? Comme les Jedi ?! Ça va plaire à Marco, ça ! » 

La première partie lui était étrangement familière. 

« Féru de Star Wars, ce Marco ? » 

« Rien qu'un peu ! Marco, c'est mon cousin mais je le prends comme pour mon frère, il est top mais vit en Italie avec son petit frère Luciano, avec qui je suis moins proche. Maintenant que j'y pense, ils doivent être sorciers aussi vu que c'est du côté de mon père, qui est le sorcier de la famille. » 

Cet arbre généalogique rappelait un peu la sienne. Le père de Claire venait aussi d'une famille de sorcier de génération. Elle a aussi deux cousins plus âgés, tous deux en Chine. La seule différence serait que sa mère était sorcière alors que celle de Clara, non. Elles avaient vraiment beaucoup en commun. 

« Après, ton père peut être né de muggle. » 

« C'est quoi, ça ? » 

« Comme son nom l'indique. Être né chez des muggle, le sorcier s'entend. Et une fois que le sorcier s'accouple, il y a plus de chance qu'il engendre un sorcier plutôt que du contraire. Après, ils existent aussi ceux-là, ce sont des cracmols. » 

« OK. Mais je suis pratiquement sûre que la famille de mon père est entièrement sorcière. » 

Ionise haussa les épaules, amusé par sa confidence. 

« Tu lui demanderas. » 

« OK, donc, je serai demi-sorcière-... » 

« Le terme exact est sang-mêlé », lui corrigea Clare. « Pour ce qui est de nous, je suis ce qu'on appelle sorcière. Bien que mon père soit sang-pur, ma mère est né de muggle. Les sang-pur donc, sont les sorciers nés de sorciers qui s'accouplent entre sorciers sans avoir aucune lien et relation avec des muggle. » 

« Ça fait un peu raciste. » 

« Qu'est-ce que tu crois, le monde ne change pas d'éthique juste parce que ce côté a de la magie. Le racisme ici est juste en rapport avec l'origine de ta magie plutôt la couleur de peau. » 

Clare se sentit encore une fois touchée par l'accusation. Du groupe, seule sa peau différait. 

« J'allais dire que j'étais la seule à avoir des liens avec des muggle, mais tes grand-parents maternels doivent l'être aussi, Clare. » 

« Oh, je ne les ai jamais vu. » 

« Mes condoléances ? » 

Que répondre à ça. 

« Si ça peut te faire plaisir d'être spéciale, t'es la seule à être blonde. » 

« Et posséder un animal de compagnie, que tu maltraites probablement. » 

« Tu ne vas pas me lâcher avec ça, dis donc. » 

Clare ajouta avant que cela ne s'envenime : 

« Ou extravertie. » 

Mais ils n'étaient pas d'accord avec son terme. 

« Je ne pense pas que ce soit le bon terme. Disons, bavarde. Parce que je suis extraverti et pas bavard. » 

Clare jeta un regard perdu vers Ionise. Emil fut le seul à l'expliquer : 

« Je crois que tu fais un amalgame avec introverti-timide, extravertie-ouverte. Un introverti est quelqu'un qui préfère la solitude mais qui peut très bien être super amicale et bavard. Un timide est renfermé car n'oserait pas s'ouvrir mais peut aimer être entouré. Un extraverti est sociable et aime se socialiser, tout en restant taciturne. Être ouverte signifie aimer parler et échanger mais on peut aussi préférer la solitude. Clara ici présente est extravertie, familière et bavarde. » 

La totale. 

« Tu m'as l'air d'être timide avec une tendance extravertie », continua-t-il en arquant un sourcil, faisant référence à sa brusque présentation. 

« Ionise donc, introverti et ouvert. Et toi, tout le contraire de moi ! Et comme on dit, les contraires s'attirent ! » 

L'expression d'Emil était sans conteste loin d'être d'appréciation, mais ça, Clara n'en avait plus que faire. De toute évidence, quand elle avait décidé quelque chose, elle allait y mettre en action. 

Pour le coup, elle était bien décidée de leur faire découvrir son manga préféré. Et vu que le trajet allait durer encore six heures, elle s'attendait à ce qu'ils aient lu au moins les dix premiers tomes, puisque d'après elle, un manga se lit en quarante minutes maximum. Et minimum, en moins de trente minutes. 

Les heures qui suivraient allaient être mouvementés. 

  

Albus Potter et sa scolarité à Poudlard 

Prologue 

  

1er Septembre 2017 

Albus Potter ne voulait pas que la porte se ferme. 

Si la porte se fermait, cela signifiait que le train allait démarrer et alors il allait s’éloigner de ses parents et du confort qu’ils lui procuraient. Il ne voulait pas quitter le cocon familial si cela signifiait qu’il devait gérer seul le monde de l’internat avec d’autre gens qui ne voyait en lui que le fils d’Harry Potter. 

James n’était pas un allié, il était aussi hostile que ses futurs adversaires et Albus n’était pas confiant. Et il stressait toujours pour la répartition malgré les paroles de son père. 

Rien ne disait que les autres allaient l’accepter à la répartition du choixpeau. 

Mais la porte se ferma dans un claquement et le train s’ébranla, il était seul dans cette bataille qui débutait sans son consentement. 

Au bout d’un moment, il finit par se chercher un compartiment pour s’installer. Même s’il ne voulait pas faire de rencontre, il ne souhaitait non plus faire le trajet dans un couloir du wagon et être la cible de moquerie ou de brimade dans le cas où son frère passerait. 

Il demanda asile au premier compartiment à disposition. Un garçon blond s’y trouvait. Il était vêtu sobrement et avait laissé sa valise devant lui, n’ayant probablement pas pu atteindre le port-bagage. Avant qu’Albus n’ouvre la porte, il avait les yeux rivés sur le paysage défilant et Albus s’excusa mentalement de l’avoir dérangé dans sa contemplation. Mais lorsqu’un regard noisette se tourna vers lui, il sut qu’il serait pardonné même s’il s’excusait. Il lui trouvait un air calme et doux, quelque chose qu’il doutait trouver chez un garçon. 

« Tu n’entres pas, Albus ? » 

Bien sûr, de tous les compartiments vides, il a fallu que sa cousine Rose y fût aussi. 

Ce n’était pas qu’Albus n’appréciait pas la jeune rousse, mais ce n’était pas parce qu’ils étaient du même âge qu’il devait forcément s’entendre avec elle. Sa cousine avait beaucoup prit de sa mère question personnalité, dont un caractère insupportable lorsqu’elle se mettait à étaler sa science, mais avait l’apparence des Weasley, roux à la peau blanche et aux taches de rousseur. 

« Je me demandais justement si cela ne vous dérangeait pas d’accueillir quelqu’un d’autre… » 

Le garçon lui sourit gentiment et l’accueillit chaleureusement pendant que Rose levait un sourcil ironique à ses paroles, surtout après sa question qui l'invitait ouvertement. 

Albus traîna sa malle dans le compartiment avant de fermer la porte derrière lui. Ce ne fut qu’une fois à l’intérieur qu’il remarqua à quel point il était difficile de se mouvoir. Encore un peu et il allait frapper la jambe de son futur camarade. 

« Je m’appelle Wyatt Devon, enchanté », se présenta le garçon en tendant la main. 

Albus la serra maladroitement. Il n’avait encore jamais serré la main de qui que ce soit jusqu’à aujourd’hui. 

« Albus. Comme tu as dû comprendre. Albus Potter. » 

Le jeune Wyatt se contenta de sourire mais Albus supposait qu’il s’agissait plus de sa manière de se présenter et pas de son nom. Ou l’espérait-il. 

« Et nous sommes cousins », ajouta Rose. 

Albus trouvait cette anecdote inutile mais cela sembla intéresser le blond. 

« Ah bon, alors des membres de famille peuvent se retrouver ? » 

« C’est plus que probable quand tu n’as qu’une seule école de magie pour un pays. Tu n’as jamais entendu parler de Hogwarts ? » 

« Pas avant de recevoir ma lettre, non. » 

« Tu es né muggle ? » 

« Euh…non ? Je suis sorcier ? » 

Si Albus voulut intervenir, jugeant que sa cousine se trouvait un peu trop inquisitrice, il fut déboussolé par l’incertitude de Wyatt. Rose en sembla tout aussi troublée. 

« Non, je voulais dire… tes parents sont sorciers ? » 

« Ma mère l’est. Et en fait, je vivais en Floride avant de savoir que j’étais sorcier. Puis ma mère a voulu que j’étudie à Hogwarts dans la même école qu’elle y a fait les études…de magie. Et me voici. » 

« Oh, alors tu n’es pas britannique ? » 

« Oui, Rose, c’est ce qu’il vient de dire », lâcha Albus sans y penser. 

Il regretta ses mots quand il vit les joues de sa cousine se teinter violemment de rouge. En dehors le regret de l’humilier ouvertement, il prévoyait déjà l’enfer qu’elle allait le faire subir pour cet affront. Rose a toujours eu un caractère vengeur, Hugo le lui disait assez souvent. 

« Tu es d’accord de quitter ton pays chaud pour venir ici ? Tu ne connais ni d’Eve ni d’Adam et on t’abandonne seul, ça ne te fait rien ? » 

« Cela ne me dérange pas, j’aime bien découvrir et puis je retourne auprès des miens pour les congés scolaires. Apparemment, l’école de magie américaine n’autorise pas les élèves à quitter le pensionnat en dehors des vacances d’été et les baguettes sont conservées dans le château pendant ce temps. » 

« J’imagine que c’est pour empêcher les élèves d‘utiliser la magie en dehors de l’école. J’ai lu dans un livre que leur loi pour préserver la magie des muggle, qu’ils appellent No-maj, est plus dure comme la chasse aux sorciers était plus importante. Vous devez avoir entendu parlé de Salem », poursuivit Rose. 

Albus roula des yeux, ce fut heureusement passé inaperçu comme sa cousine était occupée à exhiber ses connaissances mais il plaignait un peu Wyatt qui assez était poli pour l’écouter jusqu’au bout. Pas jusqu’à la fin, parce qu’on les interrompit en ouvrant brusquement la porte. 

« Je me doutais bien que je te trouverai ici, en compagnie encore plus prévisible. Comment va, Rosie ? » 

« Qu’est-ce que tu veux, James ? » Soupira Rose. 

S’il y avait bien une chose qu’il partageait avec sa cousine c’était bien leur ennui pour le turbulent enfant qu’est James Sirus Potter, leur aîné de deux ans. 

« Juste vous saluer et vous rappeler de faire attention à Malfoy. Vous savez, il ne faudrait pas que vous vous mettez à le fréquenter et devenir des traîtres à votre sang. » 

« Ridicule », renifla Rose. 

« Qui est Malfoy ? » Demanda Wyatt. 

James tourna un regard surpris vers lui, comme s’il venait de le remarquer, ce qui avait de grande chance d’être le cas, même si cela était étonnant comme l’américain n’était pas passe-partout. 

« Juste un blond péteux de mauvaise lignée. » 

Wyatt prit une expression offensée avant de toucher sa crinière blonde. Il glissa un regard incertain sur toutes les personnes présentes dans le compartiment avant de dire d’une petite voix : 

« Je vous assure que je ne suis pas de mauvaise lignée. Et encore moins péteux. » 

Ce fut plus fort qu’Albus qui pouffa avant de cacher son éclat par une toux forcée. James avait le regard ébahi avant de sourire avec violence. 

« Vous avez trouvé un phénomène ici. J’espère juste que la répartition ne va pas vous séparer », dit-il avant de les quitter. 

« Quel rencontre », commenta seulement Wyatt. 

Albus ne put qu’opiner alors qu’il songeait qu’il allait bien s’entendre avec ce garçon. Il décida d’ailleurs de le faire goûter les friandises de la dame du chariot avant qu’ils se mettent à discuter de différentes cultures entre leur deux pays. Il ne voulait pas l’admettre, mais peut-être que la venue de James avait brisé la glace. 

Le train finit par s’arrêter à destination et Albus inspira longuement avant de se décider de sortir de la locomotive rouge. Cependant, une fois qu’il posa pied sur terre ferme, la voix tonitruante de Rubeus Hagrid ébranla rapidement toute sa motivation de passer un trajet serein alors que le demi-géant lui faisait de grand signe afin de regrouper tous les premières années. Cela aurait pu passer si cela ne consistait qu’à récupérer tous les nouveaux élèves et s’il n’avait pas autant insisté sur son prénom, attirant l’attention des autres élèves qui ne se gênèrent pas de chuchoter sur son passage. 

Et ce n’était pas encore la répartition. 

Il se sentait mitigé alors qu’il traversait le Grand Lac en compagnie de sa cousine, Wyatt et Hagrid. Autant il se sentait réconforté de voir Wyatt plus intéressé par les environs que par son nom, autant il se trouvait coincé dans la monotonie d’être entouré des gens qu’il connaissait déjà. Surtout quand ce fut l'ami de son père, professeur Longbottom, qui vint les accueillir pour les mener devant la Grande Salle et leur faire le discours de bienvenue. 

Au moins, le plafond magique fut assez impressionnant pour accaparer leur attention, leur faisant momentanément oublier le stress à venir. Il écouta à peine la chanson d’ouverture du choixpeau magique et sentit un gros nœud se former au creux de son ventre quand le professeur Longbottom saisit le parchemin de la liste des prénoms. 

« Boa-Cameron, Lolie. » 

Sa première remarque était l’absence de A dans les noms, mais que la liste était tout de même longue, ce qui signifiait que certaine lettre était plus nombreuse que d’autre. 

« Boot, Kenneth. » 

Il fronça les sourcils à ce nom, cela lui rappelait un camarade de son père et non, il n’est pas allé chercher le nom de tous les camarades de promotion de son père ainsi que de son oncle Ron et sa tante Hermione. Sa tante avait juste, pour une raison ou une autre, la liste des noms de la promotion 1991 et Rose en était prise de passion de les connaitre par cœur, faisant qu’il était lui aussi intrigué. 

« Carmichael, Sean. » 

Eh bien, c’était malin, il n’avait entendu aucune des répartitions qui venaient de passer. Pff, qui essayait-il de bluffer, il n’était absolument pas concentré et bien trop angoissé d’entendre son prénom pour seulement s’occuper des autres. 

« Castaglione, Clara. » 

Il leva brièvement la tête à ce nom-ci. Il n’était pas rare d’avoir des noms étrangers et il n’était pas raciste mais cela lui faisait toujours bizarre de voir des non-anglais se trouver sur le sol britannique. Après, même ceux qui avaient un nom britannique n’avait pas pour autant un physique très anglais. 

« Cavacanti, Elise. » 

Tiens, encore une. Elle avait pourtant bien une apparence occidentale, elle. Rousse à la peau bronzé. Au moins, elle n’avait pas de taches de rousseur. Elle fut répartie à Gryffindor. 

« Chiaverini, Laura. » 

Ben, dis donc, un défilement de nom latin. Il n’allait pas faire l’affront de dire qu’il s’agit de la même langue parce qu’il n’en avait aucune idée mais il était sûr que c’était romain, descendant de feue cette grande Empire au Sud de l'Europe. 

« Davison, Celia. » 

Retour dans ce bon vieux anglo-saxon où il se sentait un peu plus familier, bien que cette fois-ci le physique ne collait pas vraiment à ce qu’on s’en faisait des britanniques. La fille avait quand même la peau sombre avec des dreadlocks dans les cheveux. 

« Devon, Wyatt. » 

Et c’était au tour de son ami, enfin, connaissance dans le train. Quand son regard croisa celui de l’américain, il ne put s’empêcher de sourire. Il fut réparti à Ravenclaw. 

« DucSiron, Adrian. » 

Il suivit Wyatt du regard alors que celui-ci rejoignait la table des aigles et se faire remettre l’écusson de la maison par la préfète-en-chef, qui se trouvait être sa grande cousine Victoire Weasley. La couleur de sa cravate s’en trouva aussi au couleur attribuée, bleu et bronze. 

« Entwhistle, Kylian. » 

Son attention fut à nouveau attiré par le nom, il s’agissait encore d’un enfant d’un camarade de promotion de son père. Déjà deux. À cette pensée, il se tourna vers la table des bleus pour chercher son cousin Louis. Il était de la même année que James et pour une ridicule raison, il se demanda combien d’élève ils étaient dans leur année. 

« Finnigan, Tobias. » 

Cette fois-ci, Albus chercha l’élève en question. Ce nom faisait non seulement partie de la promotion mais aussi de la même maison que ses parents. Parfois, sa mère en parlait parce qu’il était apparu dans un article de la Gazette où travaillait Ginny Potter et il savait que Seamus Finnigan était propriétaire d’une confiserie. Son fils, Tobias, tomba dans la maison Slytherin à sa surprise et celui de Neville. 

« Goldstein, Matthew. » 

Albus chercha dans sa mémoire dans quelle maison se trouvait le nom de son paternel, Anthony Goldstein. Mais ses souvenirs sont bientôt embrouillés par l’histoire de cette famille qui avait part à la création de l’école de magie Ilvermorny que Wyatt avait failli y aller. 

« Goyle, Stefan. » 

Un garçon à la carrure normale monta l’estrade pour porter le choixpeau magique sous le regard vide d’Albus. Si cela avait été James, il aurait surement pensé de lui comme le fils d’un ancien deatheater mais Albus ne voyait qu’un joyeux garçon impatient de découvrir sa maison qui faisait néanmoins face à un chapeauflou. Au final, il fut réparti à Hufflepuff. 

« Granger-Weasley, Rose. » 

Maintenant qu’il le remarquait, sa cousine n’était pas la seule à avoir un double nom. Pour le cas de Rose, sa famille n’était pas recomposé (probablement) mais c’était parce que tante Hermione était très fière de descendre d'une famille muggle, dont elle avait perdu contact, alors elle voulait garder son nom de jeune fille en hommage à ses parents qu’elle aimait profondément. 

« Heartfillia, Alice. » 

Alice, le prénom de la mère de Neville. Qui appela l’élève avec un respect dissimulé mais Albus le voyait à travers. Les noms avaient un pouvoir dans le monde magique, c’est pourquoi il fallait toujours bien les choisir. Même si Albus ne comprenait toujours pas les siens. 

« Hopkins, John. » 

Il prit plus de temps à se souvenir de ce nom qui se trouvait aussi être un ancien camarade de son père. 

« Jeskar, Alfred. » 

Un garçon de petite taille aux cheveux blond-roux se détacha du petit groupe d’élève pas encore réparti et Albus le plaignit presque. Même si lui-même n’était pas bien grand comme certains de ses camarades qui ont eu des poussées de croissance en avance, celui-ci ne semblait pas avoir pris de centimètre du tout. En espérant que la scolarité à Hogwarts allait l’aider. 

« Lyu, Clare. » 

Ah, en voilà un nom encore plus détonnant que les trois premiers latinistes. Celle-ci était carrément asiatique, encore très vague comme il ne voulait pas stéréotyper. D’ailleurs, il a déjà oublié comment elle s’appelait. Mais elle était aussi petite que le précédent. 

« MacMillan, Julius. » 

Alors qu’il observait le garçon châtain se couvrir du chapeau magique, il songeait aux récits de sa tante Hermione sur le père de celui-ci qui travaillait dans le même département du ministère qu’elle. La plupart de ses histoires se mêlait sur leur passé commun dû au caractère fier de monsieur MacMillan. 

« Malfoy, Scorpius. » 

Voici donc le blond péteux à la mauvaise lignée, se dit Albus en repensant à la description de James. En observant le garçon, Albus se dit qu’il ne correspondait en rien, probablement parce qu’il ne devait pas croire un mot de ce que disait son frère. Un regard vers lui à table des rouges lui confirma cette décision. 

« Malone, Animera. » 

Si le nom lui rappelait quelque chose, le prénom de la fillette lui fit froncer du nez. Il lui sera impossible de l’appeler comme ça. En espérant qu’il n’aura pas énormément d’interaction avec. 

« MoonStar, Luxchana. » 

Un des typiques exemples pour le nom occidental à l’apparence non-britannique. Il avait aussi eu un indice avec le prénom mais voir actuellement une asiatique du Sud s’avancer avec un nom anglais lui fit toute chose. 

« Nott, Elias. » 

Sa respiration se coinça presque dans sa trachée. Pas pour le nom, bien qu’il se souvenait avoir entendu par sa mère que les Nott sont désormais reliés aux Malfoy via les femmes mariées aux héritiers, mais plutôt à la réalisation que son nom approchait. 

« Potter, Albus. » 

Qu’est-ce qu’il disait. 

Prenant une inspiration démesurément longue, il expira tout en s’installant au tabouret placé devant la place de la directrice. Un instant, il regretta de s’être mis face aux quatre tables des maisons et pas plutôt face à la directrice, mais il se disait que ce devait paraître trop impoli, alors il se contenta de porter le couvre-chef à sa tête, dans l’attente de la sentence. 

La voix du chapeau lui parvint mais l’ensemble de leur conversation lui parut très flou alors que deux choix s’offraient à lui : Ravenclaw ou Slytherin. Il ne voulait pas vraiment agir comme son père alors il laissa la décision finale à l'artefact magique. 

« Ravenclaw. » 

Le nom résonna un peu trop longtemps à son goût mais ses membres étaient un peu trop engourdis pour qu’il puisse agir rapidement. Reprenant encore une fois une longue inspiration, il faillit s’étouffer alors que la grande salle éclata en ovation, initié par Wyatt. James fut l’un des premiers à suivre et cela suffit Albus pour qu’il se dirige vaillamment à sa nouvelle maison. 

Le reste de la répartition fut encore plus embrumée dans son esprit que la première partie, maintenant qu’il avait passé cette étape, il se souvenait vaguement du nom de Rivers, Wood et Zabini, mêlé à un Smith et deux Stewart. Il écouta aussi distraitement le discours de la directrice, mais il se souvint d’avoir dévoré le buffet tout en plaisantant avec Wyatt et parfois Rose, qui était bien sûr avec eux. 

Monter jusqu’à la tour Ouest de la salle commune des Aigles était un sport qu’il se mit à comparaître pour rejoindre la salle des Lions, mais l’accès était tellement ingénieux qu’il fut à la fois admiratif et suspicieux. Il connaissait l’histoire de Minerva McGonagall, une ancienne directrice de l’école qui a accédé la salle commune sans être la directrice de la maison et se dit que tout le monde pouvait donc y accéder. Mais l’agencement pour rejoindre les dortoirs était encore plus astucieux qu’il en fut soufflé. Il fallait que chacun ait un code spécial pour montrer qu’eux seuls avaient les droits d’accéder aux dortoirs, un endroit qui leur était personnel. Les côtés filles et garçons étaient séparés par deux tourets aux entrées opposées, si un des deux voulait vraiment y accéder, Il ne fallait pas toucher les escaliers menant aux dortoirs de tel et tel année car ceux-ci avaient un sortilège détecteur de sexe opposé et les en bannissaient. 

Pas comme si Albus allait s’y faufiler. 

Pour l’instant, le seul endroit où il voulait se faufiler était son lit qu’il devait encore choisir parmi cinq à disposition des cinq Ravenclaw. Et bien qu’il veuille aussi faire connaissance avec les autres garçons, son esprit comateux voulait juste prendre une douche et s’endormir profondément. Ce qu’il fit. 

Après tout, il avait sept ans pour apprendre à les connaitre. 

  

 

Septembre 2017 

  

Étudier la magie à Hogwarts était bien différente de ce Clare a vu dans son école de magie. 

Premièrement, l'ethnicité. Ici, il y avait une ribambelle d'enfant de tout origine. Deuxièmement, étroitement lié à la première, tout le monde parlait anglais et possédait une baguette magique. Troisièmement, Hogwarts était immense. 

Elle s'en doutait déjà la première fois qu'elle avait vu le château et la taille de la porte d'entrée ne pouvait que lui faire deviner comment le reste serait. Mais actuellement traverser les longs couloirs du château où la plupart les portes menait à des salles vides plutôt que ceux usées pour les cours était une chose dont elle n'aurait pu imaginer. 

Et puis, la nourriture. 

Si elle était habituée à manger des plats fait maison composant majoritairement de fruits et légumes, les repas cuisinés à la chaîne par le personnel la laissait bouche bée. Autant les aliments étaient variés, autant la diversité n'incluait pas la quantité d'huile et de sucre mélangé ensemble dans chaque plat, ce qui était la combinaison extrême pour prendre du poids. 

Après, elle pouvait comprendre la raison une fois avoir vu le dit personnel. 

Clara, avec qui elle s'est liée dans le train, fut répartie à Hufflepuff et la rumeur qui disait que cette maison se trouvait juste à côté des cuisines s'est avérée vraie quand elles se sont mises à explorer les étages inférieures. Commençant pas l'entrée de la salle commune des blaireaux que la blonde lui montra fièrement sans lui dire comment y accéder avant de lui désigner vaguement la direction pour la salle commune des Slytherin pour finalement lui indiquer un tableau de fruit. Et dont il fallait chatouiller la poire pour ouvrir le passage qui les permettait de rejoindre les cuisines et interagir avec des elfes de maison. Une espèce qu'elle n'a donc pas vu dans son ancienne école. 

Ces petits êtres qui étaient comptés comme personnel de Hogwarts, payés après la passation d'une certaine règle de quelque année de cela, et travaillaient à plusieurs postes. Principalement comme cuisiniers, comme ils se trouvaient toute la journée ici, mais aussi comme nettoyeurs, que ce soit des vêtements ou des matériels scolaires comme les chaudrons. Pas mal étaient les œuvres de Clara. 

Pas qu'elle en fut fière, mais son amie était une catastrophe dans cette matière. Professeur Malone avait vouloir l'air de lui suggérer de s'investir dans son propre chaudron pour qu'elle cesse de torturer ceux à dispositions. 

Bien que les elfes de maison avaient des pouvoirs magiques bien supérieurs aux sorciers, ces derniers les avaient asservi de tellement longue année que les habitudes de les user pour avancer les choses leur était anormal. Ils faisaient donc en sorte de ne pas être vus pendant leur travail et s'activaient devant les fourneaux sous la grande salle lors des heures de repas pour éviter d'affamer ces adolescents en pleine croissance. 

Cette information, elle le devait à sa camarade de maison et chambre Rose Granger-Weasley, qui en savait pas mal parce que sa mère défendait leur droit. Lutte qu'Hermione Granger-Weasley a commencé depuis qu'elle était elle-même élève à Hogwarts. 

Outre ces êtres magiques, Rose lui a aussi informé de la présence d'autres êtres vivants. Pas forcément magique. Les chats par exemple, ils n'étaient pas magiques. Ni les grenouilles. Bien que tous deux étaient fortement lié aux sorciers. Toujours était-il qu'il était chose commune de voir ces deux espèces ainsi que des tas d'autres sur le terrain de l'école magique vu que le règlement stipulait qu'il était autorisé d'apporter des animaux de compagnie tant que le formulaire requis était bien rempli. Il y avait un garde animalier, Yuu Terada, qui était chargé de les garder durant la journée. L'endroit pour les installer était juste dans la tour de la volière, qui avait alors deux parties, où les étages supérieurs étaient pour tous animaux volants séparant des étages inférieurs ou chaque palier accueillait des familiers plus terrestres.  

C'était un ajout qui s'est procédé un peu avant l'ajout des uniformes et probablement ce qui a poussé à avoir le code vestimentaire, car Rose en entendit parler que venant de sa cousine Victoire Weasley, l'actuelle préfète-en-chef qui se trouvait aussi de leur maison. Toute la famille Weasley et Potter était connu dans le château, de par au rôle majeur qu'ont joué leur parent durant la seconde grande guerre sorcière, et Rose et son cousin Albus Potter ressemblaient particulièrement à leur parent et on attendait d'eux des prouesses aussi mémorables malgré l'hésitation suite à la répartition. 

Clare ne comprenait d'ailleurs pas le concept. Elle avait bien saisi que l'existence des quatre maisons était dû aux quatre fondateurs qui avaient des vues très différentes quant à l'enseignement de la magie, mais les critères pour répartir les nouveaux élèves étaient superficielles. Imaginatif et curieux chez les Ravenclaw ? Tout le monde était curieux et pouvait user de l'imagination. Loyal et travailleur pour les Hufflepuff ? Donc, les trois autres maisons n'avaient aucune loyauté entre eux et ne faisaient aussi aucune effort ?  

« Je pense que c'est une erreur que tout le monde fait mais la répartition ne se résume pas au caractère de l'élève, mais plutôt de la valeur que l'élève juge le plus important. » 

Ne s'attendant absolument pas à entendre quelqu'un commenter son avis personnel, Clare et Rose jetèrent un regard surpris vers la nouvelle venue. Elle portait l'écusson des Slytherin et posait dans une position qui faisait penser à un prise de photo où elle pesait tout son poids sur une jambe, montrant donc plus de hanche de l'autre côté. Un bras entourant le torse et l'autre bras finissait dans ses cheveux auburn et bouclés. 

Clare connaissait son prénom. En fait, elle connaissait aussi le prénom de tous les élèves de première année vu qu'ils ont été appelé lors de la cérémonie de répartition, et parce qu'elle voulait être mentalement prête si elle venait à échanger avec eux. 

Celle-là s'appelait Chloe Rivers. 

« En gros, vous êtes toutes les deux à Ravenclaw parce que vous priorisez l'imagination au reste, que ce soit l'ambition, le scolaire ou encore l'hardiesse », finit-elle la dernière avec un sourire ironique. 

Cela devait être dû à la soi-disant rivalité entre Gryffindor et Slytherin. 

« Après, il y a des rumeurs qui disent que le choixpeau a subi pas mal de dégât irréversible suite à la seconde grande guerre et que cela embrouillait ses choix », finit-elle en haussant les épaules. 

Clare alors était bien contente de savoir qu'elle s'était retrouvée avec Emil, qui prévalait l'invention comme elle, ce qui n'était pas surprenant comme elle l'a découvert lors de leur trajet dans le Hogwarts Express. Apparemment, il voulait créer son propre roman policier, version interactif. Clara lui disait que cela existait déjà dans le côté muggle et lui rétorquait qu'il ne cherchait pas à être innovant mais créateurs de ses envies. 

Pour sa part, il lui était plus intéressant de créer ses propres sorts et enchantements. 

« Tu en sais, des choses », remarqua Rose en plissant ses yeux sur la Slytherin. 

« Mon père m'a appris tout ça. Il est rédacteur à la Gazette, » ajouta Chloe comme pour justifier sa réponse. 

Ce qui fut le cas pour Rose, mais Clare restait de marbre, comme elle le faisait à chaque fois qu'elle ne connaissait pas un sujet. Si elle avait été avec Clara, la blonde aurait directement compris, mais les deux autres filles continuèrent leur conversation d'intellectuel et Clare se sentit délaissée. 

Bien qu'elle adorait aussi apprendre de nouvelle chose, si une partie la freinait, elle perdait vite moyen de poursuivre la conversation. 

Dans ces cas-là, elle admirait la facilité d'Alice Heartfilia à se plonger dans le dessin peu importait où elle se trouvait et avec qui elle se trouvait. Mais c'était probablement le caractère de sa camarade de chambre qui préférait la solitude à la socialisation en plus d'avoir les cheveux courts. Ce qui n'était pas forcément le cas avec Clare qui aimait la présence d'autre individu sans forcément parvenir à converser et gardait les cheveux très longs. 

Et si une timide comme elle voulait parler à une taciturne, cela risquait de froisser l'autre comme cela avait été le cas avec Emil. Alors comme avec ce dernier, Clare se contentait de les contempler sans parler, déjà consolée d'être en présence réconfortante bien que silencieuse. 

  

Clara adorait son année scolaire. 

Elle venait à peine de commencer mais bon, c'était bien meilleur que son ancienne école. 

Pour être honnête, elle n'avait pas vraiment d'ami à l'école primaire. Ils étaient tous muggle et la considéraient comme l'enfant du diable depuis l'incident de séjour scolaire. 

Elle a dû supporter la dernière année les dents serrés en attendant de choisir un super collège où personne ne la connait pour démarrer une nouvelle vie. Mais aussi parce qu'elle a fait exploser les vitres de sa classe après s'être fait insulter par un ancien camarade de classe et fut punie de sorti.  

Là, pour le coup, ses parents avaient pensé qu'elle avait découvert son origine magique mais n'avait pas accès et que cela l'avait enragé. Et bien que cela fut compréhensible pour son père qui s'attendait à ce qu'elle soit sorcière et non squib, il dût tout de même la punir à ne rien faire dans sa chambre quand l'école ont convoqué ses parents pour son comportement inadmissible. Ils n'avaient juste pas dit comment elle était concernée. 

Bref, grâce à la lettre de Hogwarts, sa punition fut levée et vite oublié quand son père lui proposa avec enthousiasme de l'accompagner acheter ses affaires pour la rentrée. 

Si son père était plus occupé par sa baguette, Clara se permit de faire quelque achat pour elle, et dont elle usait totalement à bon escient. Elle ne comptait pas la première fois où elle ne faisait que défendre son honneur et avait envoyé une pâté de pétard étoilé à cet élève plus âgé de Gryffindor parce que sinon, ces explosifs causaient plus de bien que de mal et ça, c'était Peeves qui le disait.  

Oui, cet esprit frappeur était une référence juste, aucun problème dans cette phrase.  

Ce fut aussi sur le chemin de traverse qu'elle découvrit le Quidditch avec son père, tout du moins entendu la première mention et comprit que ce truc devait être génial. Et ça l'était. Dommage qu'elle n'y pouvait participer que l'année prochaine en plus de ne pas pouvoir posséder son propre balai en tant que première année. 

Clare, ça la réjouissait.  

« Elle devait être folle à ne pas apprécier de voler. C'est une sorcière oui ou non ? » 

Cette fille de Gryffindor partageait son avis. 

Elles partageaient aussi le même style, ou l'amour pour au moins. Parce que les cheveux undercut d'Harley étaient juste mortels. Clara voulait en faire de même, mais son père refusait de l'emmener dehors si elle le faisait. Ce qui était ridicule parce qu'il la laissait avoir Hibou et dieu savait que c'était une mauvaise idée. 

« Surtout avec tes cheveux emmêlés. Je pense que ça ne peut que leur faire du bien si tu te les rasais », lui dit Luxchana. 

« Heureusement que mes dreads te plaisent », dit alors Celia « j'aurai trop peur qu'il te vienne l'idée de vouloir les voir rasés. » 

Clara observa alors ses deux camarades de chambre s'observer en chien de faïence avant que la première eut un sourire inquiétant. 

« Bref, songe à te les couper ? » Lui suggéra Luxchana en se tournant à nouveau vers elle. 

Et Clara n'aimait pas du tout son ton. 

Clare était le contraire. 

Enfin, pas qu'elle aimait le ton menaçant de Luxchana, vu qu'elle n'était pas présente lors de cette conversation, mais Clare aimait bien Luxchana pour une raison ou une autre. 

« Je suppose qu'elle est mignonne », répondit alors Clara. 

« Comme tous les asiatiques, non ? » Répliqua son amie. 

« Quelle audace, sous cette timidité se cache en vrai une telle effronterie. » 

Clare se contenta de lui faire un sourire édentée. 

« Ça vous fait un point commun, vous allez bien vous entendre. » 

« Oui, mais je ne sais pas comment l'aborder. T'imagines elle est comme Ionise et n'aime pas se socialiser ? » 

« T'as bien réussi à devenir pote avec. » 

C'était un bien grand mot. 

Le garçon en question, Ionise, s'était retrouvé dans la même maison que Chloe et Clare les trouvait de caractère similaire. Un air de je-sais-tout qu'ils partageaient aussi avec Rose et qui ne facilitait pas la conversation. 

Mais Clara voyait claire dans leur jeu à ces gens. 

En fait, juste Ionise vu qu'elles ne traînaient qu'avec lui et son cousin, malgré les différentes maisons. D'après Clare, c'était parce qu'ils s'étaient liés dans le train, car le premier voyage était toujours la meilleure. Bien que trop mièvre, Clara était d'accord pour dire que cela jouait beaucoup, Emil n'était plus aussi grincheux qu'il paraissait, car le titre revenait à Harley. 

Bref, Ionise n'était pas juste un prétentieux, il avait tendance à faire des apparitions impromptus et s'en amusait sous cape, le bonhomme. Comme la fois où il les surprit Clare et elle alors qu'elles quittaient les cuisines et s'était littéralement mis à rire de les voir flipper. Bien sûr, toujours rire des malheurs des autres. 

« OK, tu sais quoi ? Je vais t'aider à ouvrir la conv' avec. » 

Clare lui jeta un regard douteux, sûrement parce qu'elle a abrégé le mot conversation et pas par suspicion de son plan. En tout cas, elle avait pas intérêt. Ses plans, c'est de la dinguerie. 

D'abord, elle l'amena à la table des Hufflepuff, parce que Luxchana était de sa maison, merci, et l'invita à s'asseoir avec ses camarades pour le petit-déjeuner. Bien que la chinoise était craintive de ce que les autres en pensaient, mais vu l'impassibilité des blaireaux, elle n'avait rien à s'inquiéter. 

« Alors, je te présente Kenneth. Kennie, mon prénom jumelle. Clare, Kennie. » 

Les deux se saluèrent sans savoir où elle voulait en venir. Clara posa son bras sur l'épaule de Kenneth alors que celui-ci continuait de manger son porridge sans leur accorder plus d'attention. 

« C'est mon meilleur ami. D'abord, parce qu'on est tous les deux blonds. Ensuite, on est tous les deux sang-mêlé, donc, question deux mondes, on s'y connait. Et- » 

Elle ne termina pas sa phrase que Kenneth s'écroula soudainement dans son bol, éclaboussant la table de giclée de lait alors que sa main tenant la cuillère était encore levée. Clara, moins de chance car s'étant posée sur lui, tomba à la renverse du banc et se retrouva les quatre fers en l'air. 

« Clara ! » S'écria son amie en la rejoignant dans le couloir entre les table Hufflepuff et Gryffindor. 

Elle entendit Luxchana et Celia pouffer et se dit qu'elle ne pouvait vraiment compter que sur elle-même pendant que Clare l'aidait à se relever. 

« Et enfin, on a tous les deux un trouble. Lui de sommeil, moi neurologique. Tu sais, T.D.A.H. » 

Elle était plus en déficit d'attention que hyperactif par moment, mais c'était bien là le problème de ce trouble. Elle ne savait jamais lequel pesait plus que l'autre. 

« Faudrait penser à sortir notre camarade de son porridge avant qu'il ne s'y noie », commenta alors Luxchana. 

Un garçon de leur année le fit prestement et aida son camarade de chambre à se poser contre la table plutôt. 

Clare jeta un regard sidéré à l'autre asiatique alors qu'elles s'installaient à nouveau sur le banc pour terminer leur repas. Clara roula des yeux en voyant que cela ne suffit pas à briser la glace. 

« Lux, Clare pense que tu te coiffes trop bien. » 

Elle n'avait pas techniquement dit ça, mais cela faisait partie des raisons que Clare voulait être amie avec. 

« Bien sûr qu'elle le penserait. Je suis douée pour prendre soin de mes cheveux. » 

Clara était certaine que Luxchana connaissait son objectif, mais elle ne voulait de toute façon pas lui faciliter la tâche, comme Clare prit un air intimidé face à sa confidence. 

« Tu veux que je t'aide, des fois ? » 

Le ton était un peu moqueur, mais Clare prit la perche, parce que même Clara trouvait que tout le temps se coiffer d'une queue de cheval ne pouvait être bien pour la cuire chevelure. Et Clare avait des longs cheveux qu'elle attachait tout le temps. 

« La ferme, miss qui ne se coiffe jamais. » 

Ah, elle a parlé à voix haute. Mais la réplique n'était pas meilleure. 

« Je me coiffe ! Mes cheveux ont juste une vie à eux. » 

« Pire excuse que j'ai entendu. Rase-les comme le capitaine des lions, alors. » 

Clara prit un air offusqué mais cela fit rire Clare qui se l'est imaginée. Trahison. 

Elle ne pouvait vraiment compter que sur elle. 

 

Octobre 2017 

  

Pour Albus, la vie à Poudlard n'était pas aussi magique. 

Depuis son tendre âge, il a toujours vécu avec la magie, étant élevé par sa mère et ses grand-parents quand la première avait d'important article à rédiger. Son père était là, bien que tardivement dans la journée ou la semaine, mais jamais lui et son frère et sa sœur n'ont manqué d'amour et de magie. C'était quotidiennement un sort de lévitation par là, des sorts ménagers et de cuisine par ci. 

Si son grand-père était bien féru d'artefacts non-magique, lui n'en voyait pas l'intérêt. Surtout le canard en plastique, à part faire des bruits parasites dans les pires moments et être sinistres, Albus pensait qu'il n'avait sa place que chez les muggle. Superflu et juste pour la déco. 

Albus n'avait pas besoin de ça, tous ses objets ont une propriété magique et une utilité. 

Son quotidien fonctionnait avec la magie et sa vie n'avait besoin que de ça. 

Jusqu'à ce qu'il rencontre Wyatt. 

Wyatt n'avait pas connaissance de ce monde avant sa lettre de Hogwarts que sa mère lui donna un bon matin d'été. Wyatt vivait comme un muggle, ou no-majes, et très bien, en plus de cela. C'était un garçon qui avait des sujets de conversation et une façon de vivre qui ne laissait rien vain. Il était un bouffé d'air frais dans la vie d'Albus qui en avait bien besoin après avoir vécu dans l'ombre de son frère et l'attente des autres qui le pensaient être le portrait craché de son père. 

Albus ne l'était pas. 

Il se trouvait très différent de son père. 

Il avait des parents et une grande famille. Il avait connaissance de son héritage sorcier et un frère et une sœur, il était d'ailleurs le cadet. Il préférait la magie sans baguette si cela pouvait lui permettre d'en pratiquer en dehors de Poudlard et voulait acquérir la capacité de parler fourchelangue ou autre langage qui communiquait avec les autres créatures car il était meilleur de le savoir que non, des fois qu'il se faisait attaquer par des êtres de l'eau ou des serpents. 

Mais apparemment c'était inné pour le second et de longue année d'apprentissage pour le premier. 

C'était là, qu'il était heureux de se trouver à Poudlard et s'éloigner de ses parents. 

Mais aussi parce que cela prouvait à quel point il était différent de sa famille. Il adorait la métamorphose et les potions, parvenant à être le chouchou des deux profs invivables, se nommant respectivement Kurt et Malone. Il aimait les cours d'introduction aux options pour que les nouveaux élèves aient une idée avant de les choisir en troisième année, notamment l'étude de rune et arithmancie et, avec un peu de chance, l'alchimie qu'il trouvait juste être un dérivé des potions. Et il redoutait les sortilèges et le vol. 

Le premier était dû au professeur maladroit et qui incluait donc la défense avec un professeur un peu trop enthousiasme de se considérer comme leur prof favori et le second était en rapport avec le procédé. 

Cela ne cessait de faire rire James et Albus soupçonnait qu'il en avait déjà informé leurs parents et leur sœur, voire Teddy parce que son aîné aimait se mêlait de ce qui ne le regardait pas. 

Mais aussi... ! 

Pourquoi y avait-il besoin de mettre un balai entre les jambes ? Ce devait être tellement inconfortable sur de longue trajet. Pourquoi pas des chaussures volantes ? C'était déjà moins imposant et plus esthétique. Et sûrement plus facile à manier pour jouer au Quidditch. 

Au moins, il n'était pas le seul à être réticent d'apprendre à voler sur un balai. Chez les Ravenclaw, il y avait son camarade de chambre Alfred et condisciple Alice. Mais c'était aussi parce que les deux venaient de famille moldu et ils avaient donc une raison. Mais Elias et Emil prenaient aussi un temps fou pour invoquer leur balai afin de les avoir en main, sûrement parce qu'aucun des deux n'étaient passionnés par le sujet. Rose, comme Wyatt, ont été les seuls de leur maison à réussir l'invocation, bien qu'il doutait que sa cousine était impatiente de voler. Puis, comme lui, il y avait Clare qui se plaignait de la forme du moyen de transport mais aussi parce qu'elle ne se sentait pas en sécurité avec un si fin appareil. Pourquoi pas tapis volant ? 

Ça, par contre, c'était un débat dont il n'était pas concerné. 

Wyatt aimait tellement voler sur un balai qu'il s'y intéressa au Quidditch, un sport qu'il venait d'entendre parler. Cela lui donnait au moins un point en commun avec Clara, une blonde d'origine italienne qui promettait d'entrer dans son équipe de Quidditch des Hufflepuff. Wyatt, pris de compétition, promit la même chose. Sûrement une chose qui n'arrivait qu'aux sang-mêlé blonds. 

Il restait neutre quant aux autres matières comme l'histoire et la botanique. Si l'un le faisait somnoler dû à la voix morne du professeur fantôme, l'autre aimait tellement son sujet que son amour pour les plantes en était communicatif, bien que cela ne s'étendait pas à la passion pour le domaine. 

Mais il devait avouer qu'il était ennuyé pour le cours d'astronomie. Autant il n'a jamais rien compris aux significations des astres, autant rester éveillé jusqu'à minuit pour un cours de 45 minutes à l'air frais l'embêtait. S'il restait debout après les extinctions de feux, c'était son choix et pas pour un cours dont il ne comprenait rien. Surtout quand une se mettait à parler des signes astrologiques qui n'avaient rien à voir. Mais la fille du professeur de potion continuait de référer sur les douze signes zodiaques malgré le prof qui ne parlait que des placements des planètes. 

À la fin, Albus avait la tête qui sonnait mais aucune information en plus. 

  

En dehors des cours, son amitié avec Wyatt se révélait aussi très mouvementé comme les deux venaient de deux mondes et deux pays anglophones différents.  

« C'est quand même terrible tous ces escaliers mouvantes », commenta celui-ci alors qu'ils remontaient après les réjouissances d'Halloween. « Pourquoi on ne met pas d'élévateur ? Vous imaginez ce que ça doit être pour les handicapés ? » 

Albus ne se l'imaginait pas. De un, il ne savait pas ce qu'était un élévateur et de deux, il ne pouvait pas penser à quelque chose dont il ignorait la signification avoir un impact sur les désavantagés. 

Certes, les 142 escaliers mouvantes créés par Rowena Ravenclaw étaient une épreuve quotidienne que tous les résidents du château devaient braver, mais cela n'avait jamais empêché les loup-garous ou vampires de s'y déplacer. Le père de Teddy s'y était très bien habitué et était même parvenu à trouver un moyen d'y parer en créant la carte des maraudeurs et son père lui avait raconté avoir rencontré un vampire lors d'une soirée de Slug, bien qu'il n'avait aucune idée de ce que ça pouvait être. 

« Je pense que tu veux parler d'ascenseur », dit alors Rose. 

Sa cousine et son ami s'échangèrent un long regard avant que Wyatt hocha doucement la tête. 

C'était dans ces moments qu'il se dit qu'il pouvait garder sa cousine dans sa bande d'ami. Elle connaissait le côté muggle et réussissait à comprendre le vocabulaire de Wyatt, malgré leur différence. 

« Oui, ascenseur. Pourquoi personne n'a pensé à en placer ? » 

« On n'en voit pas l'intérêt ? Les escaliers nous permettent de bouger et connaître ce lieu enchanteur. Et surtout, on ne voit pas le rapport avec les désavantagés. » 

« Bah, ils ne peuvent pas forcément tous se déplacer si les escaliers se déplacent d'eux-mêmes ! » 

« En quoi cela les empêche ? » 

« Ils sont handicapés ! » 

Albus échangea un regard avec Rose et c'était la première fois qu'il se sentait sur la même longueur d'onde que sa cousine.  

« Ne me dites pas que vous n'avez pas d'handicapés chez les sorciers ? Ce qui, en fait, a du sens. Je n'ai vu personne en situation d'handicape. » 

« C'est parce que c'est invisible à l'œil nu. Tu ne peux pas savoir qui est touché. » 

« Je vois, les sorciers n'ont que des handicapes invisibles. Mais même pour eux, ce doit être difficile. Vous pensez aux épileptiques ? » 

Albus ne connaissait aucun handicap de ce nom.  

« Je ne sais pas ce qu'est c'est comme handicap mais Hagrid qui est un handicapé à très bien pu se déplacer. » 

Wyatt eut un instant de pause alors qu'ils étaient enfin arrivés devant l'heurtoir en forme d'aigle.  

« Attendez, c'est quoi un handicapé, pour vous ? » 

« Comme je te l'ai dit, Hagrid qui... », commença Rose. 

« ... Est un demi-géant », termina Wyatt avec impatience. 

« Oui. Ou un ancien professeur d'ici qui enseignait les sortilège, Filius Flitwick, qui avait du sang de gobelin. » 

« Des sang-mêlé, donc ? » 

« Des humains mêlés à d'autres espèces », confirma Rose. « En général, parce que les vampires sont aussi considérés comme handicapés vu qu'ils étaient humains mais ne peuvent que se nourrir de sang et ont techniquement un corps mort... » 

« Ou des loups-garous, car à l'approche de la pleine lune, ils n'ont plus contrôle du loup en eux », ajouta Albus.  

Il se tourna vers l'heurtoir qui posa son énigme : 

« Qu'est-ce qui nuit à l'Homme ? » 

Albus jeta un coup d'œil à sa cousine qui était dans une réflexion profonde avant de se tourner vers son ami qui digérait encore ce que les cousins venaient de l'apprendre.  

« La désir de savoir tout comme le non-désir », dit finalement Rose.  

Ils attendirent le verdict et lâchèrent un soupir en entendant le cliquetis des battants les permettant d'entrer dans leur salle commune. Albus était d'accord bien qu'il aurait simplement dit le désir. Après tout, c'était parce que l'Homme voulait vivre qu'il ferait tout au point de se briser. 

Après, quand l'Homme n'avait envie de rien, ça le détruisait aussi.  

« Donc, vous n'avez jamais vu des gens en fauteuil roulant ou juste avec des béquilles ? » 

« Eh bien, il y avait un ancien auror super renommé qui boitait mais ça ne l'a jamais empêché de grimper ces marches. Remarque, c'était un imposteur à l'époque. » 

Faisant fi de la dernière remarque, Wyatt se concentra sur la première partie.  

« Pas de fauteuil roulant ? » 

« En général, si ce n'est qu'un problème d'os, on a du poussos, donc on rarement des gens paralysés. Si c'était d'origine magique, hum, soit les sorciers font comme l'auror, soit ils sont hospitalisés à Saint Mangouste. » 

Wyatt dû voir leur hésitation d'approfondir car il concéda à changer de sujet.  

« C'est une bonne chose, je suppose. » 

« Sinon, on peut toujours voler si ces marches sont si pénibles. » 

Albus parlait de voler en général, sans aucun autre moyen, mais Wyatt devait être trop à fond dans son délire de Quidditch parce qu'il proposa aussitôt de voler sur balai avec un air des plus heureux. 

  

 

Octobre 2017 

  

Pour Albus, la vie à Poudlard n'était pas aussi magique. 

Depuis son tendre âge, il a toujours vécu avec la magie, étant élevé par sa mère et ses grand-parents quand la première avait d'important article à rédiger. Son père était là, bien que tardivement dans la journée ou la semaine, mais jamais lui et son frère et sa sœur n'ont manqué d'amour et de magie. C'était quotidiennement un sort de lévitation par là, des sorts ménagers et de cuisine par ci. 

Si son grand-père était bien féru d'artefacts non-magique, lui n'en voyait pas l'intérêt. Surtout le canard en plastique, à part faire des bruits parasites dans les pires moments et être sinistres, Albus pensait qu'il n'avait sa place que chez les muggle. Superflu et juste pour la déco. 

Albus n'avait pas besoin de ça, tous ses objets ont une propriété magique et une utilité. 

Son quotidien fonctionnait avec la magie et sa vie n'avait besoin que de ça. 

Jusqu'à ce qu'il rencontre Wyatt. 

Wyatt n'avait pas connaissance de ce monde avant sa lettre de Hogwarts que sa mère lui donna un bon matin d'été. Wyatt vivait comme un muggle, ou no-majes, et très bien, en plus de cela. C'était un garçon qui avait des sujets de conversation et une façon de vivre qui ne laissait rien vain. Il était un bouffé d'air frais dans la vie d'Albus qui en avait bien besoin après avoir vécu dans l'ombre de son frère et l'attente des autres qui le pensaient être le portrait craché de son père. 

Albus ne l'était pas. 

Il se trouvait très différent de son père. 

Il avait des parents et une grande famille. Il avait connaissance de son héritage sorcier et un frère et une sœur, il était d'ailleurs le cadet. Il préférait la magie sans baguette si cela pouvait lui permettre d'en pratiquer en dehors de Poudlard et voulait acquérir la capacité de parler fourchelangue ou autre langage qui communiquait avec les autres créatures car il était meilleur de le savoir que non, des fois qu'il se faisait attaquer par des êtres de l'eau ou des serpents. 

Mais apparemment c'était inné pour le second et de longue année d'apprentissage pour le premier. 

C'était là, qu'il était heureux de se trouver à Poudlard et s'éloigner de ses parents. 

Mais aussi parce que cela prouvait à quel point il était différent de sa famille. Il adorait la métamorphose et les potions, parvenant à être le chouchou des deux profs invivables, se nommant respectivement Kurt et Malone. Il aimait les cours d'introduction aux options pour que les nouveaux élèves aient une idée avant de les choisir en troisième année, notamment l'étude de rune et arithmancie et, avec un peu de chance, l'alchimie qu'il trouvait juste être un dérivé des potions. Et il redoutait les sortilèges et le vol. 

Le premier était dû au professeur maladroit et qui incluait donc la défense avec un professeur un peu trop enthousiasme de se considérer comme leur prof favori et le second était en rapport avec le procédé. 

Cela ne cessait de faire rire James et Albus soupçonnait qu'il en avait déjà informé leurs parents et leur sœur, voire Teddy parce que son aîné aimait se mêlait de ce qui ne le regardait pas. 

Mais aussi... ! 

Pourquoi y avait-il besoin de mettre un balai entre les jambes ? Ce devait être tellement inconfortable sur de longue trajet. Pourquoi pas des chaussures volantes ? C'était déjà moins imposant et plus esthétique. Et sûrement plus facile à manier pour jouer au Quidditch. 

Au moins, il n'était pas le seul à être réticent d'apprendre à voler sur un balai. Chez les Ravenclaw, il y avait son camarade de chambre Alfred et condisciple Alice. Mais c'était aussi parce que les deux venaient de famille moldu et ils avaient donc une raison. Mais Elias et Emil prenaient aussi un temps fou pour invoquer leur balai afin de les avoir en main, sûrement parce qu'aucun des deux n'étaient passionnés par le sujet. Rose, comme Wyatt, ont été les seuls de leur maison à réussir l'invocation, bien qu'il doutait que sa cousine était impatiente de voler. Puis, comme lui, il y avait Clare qui se plaignait de la forme du moyen de transport mais aussi parce qu'elle ne se sentait pas en sécurité avec un si fin appareil. Pourquoi pas tapis volant ? 

Ça, par contre, c'était un débat dont il n'était pas concerné. 

Wyatt aimait tellement voler sur un balai qu'il s'y intéressa au Quidditch, un sport qu'il venait d'entendre parler. Cela lui donnait au moins un point en commun avec Clara, une blonde d'origine italienne qui promettait d'entrer dans son équipe de Quidditch des Hufflepuff. Wyatt, pris de compétition, promit la même chose. Sûrement une chose qui n'arrivait qu'aux sang-mêlé blonds. 

Il restait neutre quant aux autres matières comme l'histoire et la botanique. Si l'un le faisait somnoler dû à la voix morne du professeur fantôme, l'autre aimait tellement son sujet que son amour pour les plantes en était communicatif, bien que cela ne s'étendait pas à la passion pour le domaine. 

Mais il devait avouer qu'il était ennuyé pour le cours d'astronomie. Autant il n'a jamais rien compris aux significations des astres, autant rester éveillé jusqu'à minuit pour un cours de 45 minutes à l'air frais l'embêtait. S'il restait debout après les extinctions de feux, c'était son choix et pas pour un cours dont il ne comprenait rien. Surtout quand une se mettait à parler des signes astrologiques qui n'avaient rien à voir. Mais la fille du professeur de potion continuait de référer sur les douze signes zodiaques malgré le prof qui ne parlait que des placements des planètes. 

À la fin, Albus avait la tête qui sonnait mais aucune information en plus. 

  

En dehors des cours, son amitié avec Wyatt se révélait aussi très mouvementé comme les deux venaient de deux mondes et deux pays anglophones différents.  

« C'est quand même terrible tous ces escaliers mouvantes », commenta celui-ci alors qu'ils remontaient après les réjouissances d'Halloween. « Pourquoi on ne met pas d'élévateur ? Vous imaginez ce que ça doit être pour les handicapés ? » 

Albus ne se l'imaginait pas. De un, il ne savait pas ce qu'était un élévateur et de deux, il ne pouvait pas penser à quelque chose dont il ignorait la signification avoir un impact sur les désavantagés. 

Certes, les 142 escaliers mouvantes créés par Rowena Ravenclaw étaient une épreuve quotidienne que tous les résidents du château devaient braver, mais cela n'avait jamais empêché les loup-garous ou vampires de s'y déplacer. Le père de Teddy s'y était très bien habitué et était même parvenu à trouver un moyen d'y parer en créant la carte des maraudeurs et son père lui avait raconté avoir rencontré un vampire lors d'une soirée de Slug, bien qu'il n'avait aucune idée de ce que ça pouvait être. 

« Je pense que tu veux parler d'ascenseur », dit alors Rose. 

Sa cousine et son ami s'échangèrent un long regard avant que Wyatt hocha doucement la tête. 

C'était dans ces moments qu'il se dit qu'il pouvait garder sa cousine dans sa bande d'ami. Elle connaissait le côté muggle et réussissait à comprendre le vocabulaire de Wyatt, malgré leur différence. 

« Oui, ascenseur. Pourquoi personne n'a pensé à en placer ? » 

« On n'en voit pas l'intérêt ? Les escaliers nous permettent de bouger et connaître ce lieu enchanteur. Et surtout, on ne voit pas le rapport avec les désavantagés. » 

« Bah, ils ne peuvent pas forcément tous se déplacer si les escaliers se déplacent d'eux-mêmes ! » 

« En quoi cela les empêche ? » 

« Ils sont handicapés ! » 

Albus échangea un regard avec Rose et c'était la première fois qu'il se sentait sur la même longueur d'onde que sa cousine.  

« Ne me dites pas que vous n'avez pas d'handicapés chez les sorciers ? Ce qui, en fait, a du sens. Je n'ai vu personne en situation d'handicape. » 

« C'est parce que c'est invisible à l'œil nu. Tu ne peux pas savoir qui est touché. » 

« Je vois, les sorciers n'ont que des handicapes invisibles. Mais même pour eux, ce doit être difficile. Vous pensez aux épileptiques ? » 

Albus ne connaissait aucun handicap de ce nom.  

« Je ne sais pas ce qu'est c'est comme handicap mais Hagrid qui est un handicapé à très bien pu se déplacer. » 

Wyatt eut un instant de pause alors qu'ils étaient enfin arrivés devant l'heurtoir en forme d'aigle.  

« Attendez, c'est quoi un handicapé, pour vous ? » 

« Comme je te l'ai dit, Hagrid qui... », commença Rose. 

« ... Est un demi-géant », termina Wyatt avec impatience. 

« Oui. Ou un ancien professeur d'ici qui enseignait les sortilège, Filius Flitwick, qui avait du sang de gobelin. » 

« Des sang-mêlé, donc ? » 

« Des humains mêlés à d'autres espèces », confirma Rose. « En général, parce que les vampires sont aussi considérés comme handicapés vu qu'ils étaient humains mais ne peuvent que se nourrir de sang et ont techniquement un corps mort... » 

« Ou des loups-garous, car à l'approche de la pleine lune, ils n'ont plus contrôle du loup en eux », ajouta Albus.  

Il se tourna vers l'heurtoir qui posa son énigme : 

« Qu'est-ce qui nuit à l'Homme ? » 

Albus jeta un coup d'œil à sa cousine qui était dans une réflexion profonde avant de se tourner vers son ami qui digérait encore ce que les cousins venaient de l'apprendre.  

« La désir de savoir tout comme le non-désir », dit finalement Rose.  

Ils attendirent le verdict et lâchèrent un soupir en entendant le cliquetis des battants les permettant d'entrer dans leur salle commune. Albus était d'accord bien qu'il aurait simplement dit le désir. Après tout, c'était parce que l'Homme voulait vivre qu'il ferait tout au point de se briser. 

Après, quand l'Homme n'avait envie de rien, ça le détruisait aussi.  

« Donc, vous n'avez jamais vu des gens en fauteuil roulant ou juste avec des béquilles ? » 

« Eh bien, il y avait un ancien auror super renommé qui boitait mais ça ne l'a jamais empêché de grimper ces marches. Remarque, c'était un imposteur à l'époque. » 

Faisant fi de la dernière remarque, Wyatt se concentra sur la première partie.  

« Pas de fauteuil roulant ? » 

« En général, si ce n'est qu'un problème d'os, on a du poussos, donc on rarement des gens paralysés. Si c'était d'origine magique, hum, soit les sorciers font comme l'auror, soit ils sont hospitalisés à Saint Mangouste. » 

Wyatt dû voir leur hésitation d'approfondir car il concéda à changer de sujet.  

« C'est une bonne chose, je suppose. » 

« Sinon, on peut toujours voler si ces marches sont si pénibles. » 

Albus parlait de voler en général, sans aucun autre moyen, mais Wyatt devait être trop à fond dans son délire de Quidditch parce qu'il proposa aussitôt de voler sur balai avec un air des plus heureux. 

  

 

Novembre 2017 

  

Clara venait de lui dire que c'était son anniversaire comme si de rien n'était. 

Pourtant elle le disait tellement de fois que Clare comprit que c'était important pour elle mais qu'elle n'avait pas eu l'occasion de le célébrer à l'école. 

En tant que sa meilleure amie, Clare décida de lui offrir quelque chose de mémorable. Elle lui donna alors un coffre ensorcelé qui pouvait contenir tous les tomes de son manga favori et dont un bouton pouvait lui permettre d'ouvrir un autre compartiment où elle gardait tous ses machins pour faire des farces. Le tout, un coffre qui devenait coffret de la taille d'un poudrier, parce que ça faisait Totally Spies. 

Clare ne voyait pas les références mais cela plut beaucoup à Clara quand elle ajouta la fonction rétrécissante et portatif qu'elle accepta le câlin de remerciement sans un mot de plus. 

« Ça me rappelle la valise magique de Newt Scamander où un loquet permettait de mettre version muggle ou sorcière », commenta alors Luxchana. 

« Sauf que pour Clara, c'est version geek ou farceuse », ajouta Celia. 

Les deux amies tournèrent un regard circonspect vers les deux camarades de chambre de la blonde. 

« Et comment vous savez qu'il possédait une telle valise ? » 

Clare connaissait le nom de Newt Scamander, c'était un magizoologiste très connu qui avait publié pas mal de livre en rapport avec les créatures magiques, mais elle doutait que cet anecdote y serait présent. 

« Tout le monde de Hufflepuff le sait. » 

« C'est un ancien Hufflepuff, après tout. » 

« Mais de toute évidence, Clara ne le savait pas. » 

La fille du jour ne fit qu'une moue. Elle n'était déjà pas très académique et avait plus tendance à être distraite quand on lui parlait trop théorique, alors il n'était pas surprenant si elle n'écoutait pas lorsqu'on lui a informé ce fait. 

« Tu es donc née le 4 novembre ? Alors, tu es un scorpion ! » 

Elles sursautèrent toutes à ce soudain éclat de voix, car ne s'attendant absolument pas à ce que la fille de Slytherin à côté de Luxchana ouvre la bouche. Clare connaissait déjà son prénom, elle ignorait juste qu'elle était proche de Luxchana. Faut croire que la Sri lankaise attirait les gens, comme elle et Animera Malone, l'obsédée aux signes astrologiques. 

« Euh... je crois. » 

« Ce n'était pas une question, je sais que tu es un scorpion ! Vous êtes connus pour être possessifs et destructeurs. Et le pire de tout, vous entraînez les autres avec vous. » 

« Ah, bah, merci ! » 

« Elle n'a techniquement pas faux », opina Celia. 

« On le sait pour avoir cohabité avec pendant deux mois », enchaîna Luxchana. 

« Vous cherchez la guerre ? » 

« Deux terribles mois », soupirèrent ses camarades de chambre en même temps. 

Clare se retint fortement pour ne pas rire aux bouffonneries de ses amies Hufflepuff, pas devant cette Slytherin qui l'observait avec un regard spéculatif. 

« Et toi ? Tu es de quel signe ? » 

« Euh... » 

« C'est quand ta date de naissance ? » Reprit Animera, car elle était de toute évidence la seule à connaitre les signes et leur période. 

« Hm... » 

Cela intrigua les trois Hufflepuff qui cessèrent de se taquiner pour jeter un regard ahuri à la chinoise. 

« Tu ne connais pas ta date de naissance ? » 

« Ben, ça dépend vous voulez quelle date... Celle du calendrier grégorien ou celui du calendrier chinois ? » 

Seul le silence lui répondit, causant ses joues de s'enflammer violemment. 

« La date sur mes papiers anglais est 25 septembre, mais mes parents et moi-même avons pour habitude de compter que celle du calendrier chinois qui est le 4 août, donc, voilà, j'ai deux dates... » 

Clara, loyal amie qu'elle pouvait avoir en plus d'avoir le même prénom, décida de lui venir en aide ou elle allait s'embraser sur place. 

« Il y a quand même plus d'un mois de décalage ! Ça veut dire que tu fêtes deux fois ton anniversaire dans l'année ? 4 août et 25 septembre ? » 

« Euh, non, enfin si, oui, mais non. Attendez, je reprend. Euh, pour tout ce qui est administration, ma date serait le 25 septembre, mais je ne prends en compte que la date chinoise, qui n'est pas statique. » 

Elle reçut encore des regards éberlués. 

« Ça veut dire que d'une année à l'autre, c'est le 14 septembre, par exemple en 2007, ou le 23 septembre pour cette année. Parce que- parce que c'est le 4 août du calendrier chinois qui suit les phases de la lune, qui ne suit pas le calendrier grégorien. » 

« ...Donc, t'en as rien à foutre du 25 septembre ? » 

Clare eut quelque seconde de débat interne avant d'hocher la tête. 

« Pour être vulgaire, oui. » 

« Mais du coup, c'était le 23, ton anniv ? Pourquoi tu n'as rien dit ? » 

« Parce que je ne voulais justement pas que tu crois que c'était le 23. » 

« Bah, tu m'aurais expliqué, j'aurai compris ! » 

Aucune ne lui accorda un regard confiant. 

« Méchantes. Tout autant l'une que l'autre. Et moi qui pensais que je pourrais te donner le double de cadeau... » 

« Tu peux. J'ai 364 jours de non-anniversaire. » 

Clara eut un sourire figé alors que Clare souriait avec effronterie comme elle en avait l'habitude quand elle sortait une réplique pareille. 

« Tu connais Alice au pays des merveilles ? » 

« Lewis Caroll est un sorcier. » 

« Parce que c'est un disney et tu ne... hein, quoi ? » 

Celia s'esclaffa. 

« Encore quelque chose que Clara ne savait pas ! » 

« Et si on veut te faire une fête surprise ? » Demanda alors Luxchana. « On doit connaître le calendrier chinois ? » 

« Oh, vous pouvez rester sur le 25 septembre. » 

« Donc, tu te considères comme balance », conclut Animera. 

Quand Clare hocha lentement la tête parce qu'elle n'était pas sûre de connaître le signe de septembre, Animera frappa dans ses mains et se tourna jovialement vers Luxchana. 

« Encore une autre des nôtres. Et on est bien meilleure que les Scorpions. » 

Si Luxchana sourit, ses deux camarades s'insurgèrent. 

« C'est quoi cette attaque ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? » 

« Et on oublie pas les ca-, les capri... cornes. » 

« Je m'en souviendrai quand tu te souviendras comment les appeler », répondit Animera à l'indignation de Celia tout en ignorant la gueulante de Clara. 

« Oh, c'est drôle, mais on est toute de différente maison », commenta seulement Clare concernant les balances. 

« Exactement ! Et tu sais quoi ? On a aussi une de Gryffindor ! On va vous dominer, vous autres ! » 

« Ah oui, cette fille qui s'appelle Lolie ? » 

Clara se tourna vers Luxchana en fronçant des sourcils : 

« D'ailleurs, c'est son vrai prénom ? Ça me fait penser à jolie. » 

« Je suis sûre qu'elle a choisi ce prénom exprès pour que les impulsives comme toi la réfèrent ainsi. » 

« Oh, ça va, c'est pas comme si je l'ai appelé comme... eh, attends, on peut choisir nos prénoms ? » 

« Oui, Clara. Tu te souviens de la lettre d'invitation ? Ça te demandait de retourner une réponse et tu signais en fin de lettre, non ? C'est ce nom qui allait apparaître sur le liste des professeurs. » 

Clara ne s'en souvenait pas. Animera eut un rire incrédule. 

« Toi, je paris ce que ce sont tes parents qui se chargent de toute ta paperasse. » 

« C'est pas censé être leur travail ? » 

Cette réponse confirma la réputation des Scorpions à Animera. 

« C'est quoi ton ascendant ? » Fit-elle l'effort de lui demander poliment. 

« C'est quoi ça, encore ? » 

Animera soupira péniblement. 

« Donne-moi ton heure et lieu de naissance. » 

Clare et Clara s'échangèrent un regard discret et se demandaient si c'était une bonne chose de se lier avec la fille du prof de potion. 

  

Clara trouva raison à être amie avec Ani. 

Déjà, ça lui permettait d'avoir accès plus facilement à la salle commune des Slytherin. Parce que, Ionise, ce traître, faisait comme s'il ne la connaissait pas maintenant qu'il se trouvait dans la maison élite. 

Et dire qu'elle le trouvait différent de son cousin, ils étaient en fait tous les deux des enfoirés aussi insupportable l'un que l'autre. 

Clare disait qu'Emil était juste réservé. 

Il gardait encore en réserve son vrai visage de petit con, oui. 

Bref, grâce à Ani, elle pouvait accéder à la salle commune de ces serpents sournois. Pas sous leur nez, bien sûr, parce que Ionise n'était évidemment pas le seul péteux de la maison, c'était l'endroit où on rassemblait les prétentieux de première ordre et même Ani ne voulait pas avoir à faire avec eux. Surtout quand son père était le directeur de la maison. Clara commençait à la plaindre. Pas étonnant qu'elle se tourne vers l'astrologie. 

Mais pour combattre la sournoiserie, il fallait être aussi artificieux et Clara l'était pour monter des farces. Et c'était encore plus simple quand elle avait un associé. C'était là que Tobias intervenait. 

Le gars... était fils de Lavender, astrologue de sorcière hebdo, fils de Seamus Finnigan, un renommé confiseur en Irlande autant chez les moldu que sorcier, fils de deux anciens Gryffindor, bigleux et farceur. Et blond, bien sûr. 

Elle travaillait direct avec lui. Sous couvert, bien entendu. 

Elle aimait faire la fête et les farces et ce n'était pas le cas de tout le monde. Particulièrement Malfoy. 

Ce blond péteux était encore plus désagréable que Emil et Harley combinés. 

« Pourquoi est-ce qu'un sang-mêlé comme toi se trouve dans notre salle commune ? Sors avant que je ne t'y force. » 

Clara était bien contente que Clare n'était pas venue avec elle, ayant la soudaine lubie de vouloir dévaliser les livres de la bibliothèque. Surement qu'elle recherchait un congénère asiatique comme Clara cherchait un congénère blond et aussi parce que madame Li devait partageait son amour des livres pour être la bibliothécaire. 

« T'es sourde, en plus ? Tu vois bien que tu n'as rien à faire ici. » 

Parce que Clare aurait pleuré à tous les coups. 

Clara allait le faire baver à ce petit crétin à la voix plus haute que celle d'une crécelle.  

Mais pour ça, elle avait besoin de son amie Clare. 

Si celle-ci voulait bien quitter la bibliothèque, en laissant les livres derrière serait préférable, et l'accompagner à l'infirmerie. 

« Tu as mal quelque part ? » 

« Non, mais j'ai besoin d'une potion brassée par les infirmiers. » 

« Qu'est-ce qu'ils peuvent faire que Tobias ne peut pas ? » 

Oui, alors parce qu'en plus d'être blond et farceur comme elle, le petit Tobie était aussi doué en potion. Au contraire d'elle... Sa manière de faire des mixtures était tellement désastreuse que le professeur Malone lui avait un jour proposé de s'acheter son propre chaudron à force de faire exploser ceux de l'école. Après, elle pouvait très bien en métamorphoser elle-même. Les élèves du cycle supérieurs prenaient des assiettes non-utilisables que les elfes de maison leur fournissaient au lieu de les jeter, mais elle pouvait le faire avec un simple parchemin. 

Bon, c'est sûr, elle gâchait des parchemins comme ça, mais elle était bien plus douée en métamorphose que potion ! 

« Oh, il peut, mais il ne veut juste pas me le faire gratuitement, même pour une blague. » 

« Et c'est quoi comme potion que tu veux ? » 

« Potion volubilis qui peut changer ta voix. Mais techniquement connu pour restaurer le volume de ta voix. Tu dois donc le demander à ma place parce que je suis celle qui en a besoin. » 

« Heureusement que tu m'as dis son vrai usage. » 

Et heureusement que c'était elle que Clara a emmené, parce que Clare connaissait l'infirmier présent. Monsieur Abercrombie la connaissait aussi parce qu'il ne la questionna même pas et lui passa une fiole de la potion demandée. Les filles ressortirent de l'infirmerie comme des collégiennes innocentes. 

« Comment tu le connais ? » 

« C'est lui qui s'occupe du club de sortilèges. Et de potion et de duel. » 

En plus d'être infirmier assistant. 

« Pourquoi tu vas au club de sortilèges ? Tu gères déjà dans ce domaine. » 

« Pour connaître plus avant tout le monde. Comment tu crois que j'ai pu enchanté ton coffret ? » 

Il était vrai qu'elles n'étaient pas encore au niveau de jeter des sorts d'extensions et de rétrécissement. 

Bref, tout se jouait là. Une fois qu'elles seraient dans la grande salle pour le repas du soir. Elle allait le faire regretter à ce blondasse. Mais genre pire qu'elle, quoi. 

Elle croisa Tobias et lui fila la potion incognito avant de s'installer à la table des Ravenclaw avec Clare sous les regards circonspect des élèves de la maison. Ce faisant, elle a l'occasion de voir l'entrée de sa cible qui a déjà reçu le karma de se faire rentrer par un roux.  

Et pas n'importe lequel. 

C'était Alfred de Ravenclaw. 

Le gars était toujours le premier à se moquer des autres alors qu'il ne faisait pas mieux. Genre, en potion, il s'est mis à rire quand Clara a fait explosé sa mixture au bout de la quatrième étape, mais tellement qu'il ne remarqua pas avoir raté sa propre potion. Ou quand elle s'y croyait un peu trop en vol alors que lui ne contrôlait pas son balai.  

Remarque, c'était sûrement parce qu'il venait du côté moldu, mais même, à se moquer des autres ?  

Scorpius Malfoy déforma son visage entier et recula vivement pour s'éloigner de la tare, manquant de trébucher sur ses propres pieds. Clara commença à ricaner en avance, faisant que même Clare lui jeta un regard suspicieux. 

Elle se recomposa et observa le Malfoy rejoindre la table des Slytherin en chuchotant à son ami à la peau noire tout en jetant des regards déplaisants à la table des Ravenclaw. Oh, bah, il n'allait plus chuchoter longtemps, songea-t-elle alors qu'elle voyait Tobias s'installer en face de leur cible. 

Tout le monde commença à se servir de repas dans un brouhaha ambiant et Clara se pressa de terminer sa part quand les desserts furent mis à disposition. Elle se leva, surprenant son amie qui ne comprenait pas pourquoi. Surtout avec une assiette de banofi pie, un truc bien crémeux, quoi. Clara ne fit pas attention à son air questionneur et s'avança à la table des verts et argents. 

Elle se mit en face de blondie et déposa son assiette de pâtisserie en forçant le passage entre Tobias et Animera. Scorpius Malfoy lui jeta un regard si noir que ça rendait ses yeux gris orageux. 

Soudain, le banofi pie sauta sur son visage. 

Malfoy se leva avec un cri d’indignation mais tout ce qui en sorti fut un sifflement qui rappelait fortement les bouilloires en ébullition. La table de Slytherin éclata en rire en voyant le visage barbouillé de Malfoy et sa voix qui allait encore plus en aiguë. Enragé et humilié, celui-ci quitta la table, son ami sur ses talons bien que moins rapide. 

Clara finit par calmer son rire et remarqua que Ionise la dévisageait avec une mine non-amusé, pendant que Tobias essayait de cacher sa propre hilarité. 

« Ça t'amuse de causer ce genre de bêtise ? » Lui demanda Ani. 

Elle aurait pu répondre par la positive, mais ce serait avouer qu'elle était coupable. 

« Je ne vois pas de quoi tu veux parler. J'ai juste déposé un banofi pie pour toi parce que je savais que tu les aimes bien. » 

C'est faux, Clara n'avait aucune idée qui pouvait aimer les banofi pie. Elle ne les aimait pas, en tout cas, mais ils ont servi pour leur volumineux crème chantilly. 

« Et il se trouve à bouger tout seul ? » 

« Bah oui. C'est peut-être un signe du destin qui cherchait à punir ce garçon. » 

En gros, karma. 

« Et aussi, pourquoi il a réagi aussi violemment de se faire toucher par le petit Alfred ? Il a pas la gale. Tu ne l'as pas, hein ? » Confirma-t-elle tout de même en se tournant. 

Alfred nia et s'insurgea du qualificatif de petit. Ben, c'était vrai, hein.  

« Ce doit être parce que Alfred est né muggle », commenta Rose avec les sourcils froncés. 

Un garçon plus âgé de Slytherin renifla à ça, mais Clara n'y prêta pas attention pour en demander plus à Rose Granger-Weasley. 

« Et c'est quoi le problème des né de moldu ? » 

« Rien, juste que les sang-pur conservateurs ne les apprécient pas trop. » 

« Ah, mais c'est pas rien ça. Et comment il sait qu'Alfi est né de muggle ? » 

« Ne m'appelle pas comme ça », riposta faiblement le concerné. 

« Tous les sorciers se connaissent. Les noms sont toujours les mêmes. Ceux qu'on n'a jamais entendu sont forcément des nés de moldu. Sauf les étrangers. » 

« Il doit aussi avoir peur que les nés de moldu volent la magie des autres. » 

Clara jeta un regard choqué à Ani, qui venait de lâcher cette découverte aberrante. C'était la chose la plus stupide qu'elle avait entendu. 

« C'est quoi cette histoire ? » Demanda Emil. 

Heureusement qu'elle n'était pas la seule à penser comme ça. Ani haussa les épaules. 

« Alfred Jeskar a bien découvert sa magie avec deux ans de retard, non ? » 

« Comment tu sais ça ? Et tu peux m'appeler Alfred. » 

« Il n'y a pas de 29 février en 2006. » 

« Mais comment tu connais ma date de naissance ? » 

« Non, la vraie question est : quoi ? » S'exclama Clara. 

« Quoi, quoi ? » Singea, ou croassa, Tobias avant de ricaner dans son coin. 

« C'est possible ça ? Parce que ça veut dire que le petit Alfie a deux ans de plus que nous. » 

Et il était le plus petit en taille. 

« Arrête de m'appeler comme ça. J'étais pas au Royaume-Unis pendant deux ans, c'est peut-être ça le problème. » 

« En effet », répondit Rose. « Depuis la grande guerre, le livre d'Admission et la plume d'Acceptation ont été abîmé et ne fonctionnent plus correctement. Aussi, ils prennent en compte tous les enfants nés dans l'année qui allaient avoir 11 ans et inscrivaient aussi tous ceux qui n'étaient pas déjà scolarisés à Hogwarts, peu importe leur âge. Tu confirmes ? » 

Elle s'était tournée vers une fille de Slytherin, auburn aux yeux bleus, qui opina de la tête. 

« C'est exact. C'est-à-dire qu'il peut arriver à notre directeur adjoint d'envoyer des missiles à des sorciers déjà adultes s'il ne fait pas attention. Mais en général, une promotion a des élèves de même année, 2006 pour nous. » 

Il y avait des têtes et futures enquêtrices dans leur promo. Clara retourna a sa place, à côté de Clare qui était en pleine réflexion.  

« Oh, c'est pour ça qu'Adrian est aussi en première année », commenta Clare. 

Clara se tourna vers son amie, qui lui désigna un garçon blond de la table des Gryffindor quand elle lui incita à continuer. 

« Il a aussi dû être à l'étranger quand il avait onze ans et était revenu avant la rentrée scolaire pour ses douze ans. » 

« Tu sais ça d'où ? » 

« Il me l'a dit quand on était à l'animalerie. Il s'occupait de sa bergère allemande. » 

Ah oui, parce qu'en dehors de traîner avec elle ou dans la bibliothèque, mademoiselle passait le reste son temps à l'animalerie pour jouer avec les chats. Si elle l'avait su, elle se serait procurer un félin au lieu de Hibou si ça pouvait lui permettre de rester ensemble. 

Remarque, elle devait aussi y passer et faire travailler Hibou. Son père va lui passer un savon si elle continue d'ignorer de répondre à ses courriers. 

 

Décembre 2017 

  

Albus eut sa première interaction avec les autres maisons à quelque semaine des vacances d'hiver. 

Les Ravenclaw partageaient le cours de potion avec les Hufflepuff, causant Alfred d'exploser de rire en même temps que Clara explosait son chaudron ou Rose de batailler en chuchotant, parfois violemment, avec Sean qui aimait répondre sa cousine car ayant souvent de bons arguments. 

Ils partageaient aussi le cours de métamorphose avec les Slytherin, où Elias restait bien sûr avec son cousin Malfoy et leur ami Zabini. Et s'il pensait que ça en serait de même aussi pour les cousins Stewart, Emil semblait fuir son cousin comme la peste et préférait encore la compagnie bruyante de Tobias Finnigan et la fille du prof, ainsi que de Clare, pour que sa timidité contrebalançait les deux autres, bien sûr. 

Ses deux cours favoris, qui avaient besoin de scinder la promotion en deux, car le professeur ne pouvait pas s'occuper de 30 élèves en même temps lors de la pratique. 

C'était pourtant pour la métamorphose que Sean vint vers lui et les potions pour Tobias. 

Parce qu'Albus aimait apprendre plus, notamment les langages magiques, et que grâce à madame Li qui lui a dirigé pour les ouvrages en rapport, il en était venu à apprendre que s'il devenait métamorphomagus, il pourrait comprendre l'animal en lequel il se transformait. Bien entendu, cela ne se limitait qu'à un langage car une seule transformation possible, mais c'était toujours ça d'instinctive plutôt que d'échanger de langue où ses neurones ne pourront pas toujours suivre. En tout cas, c'était une discipline qui intéressait aussi beaucoup Sean. 

Tellement que même Rose décida d'être de la partie. Sachant qu'ils l'étudiaient et qu'ils opéraient sans experts pour les dirigeaient, Albus devait avouer que c'était un des points qui la différenciait de sa mère qui préférait suivre le règlement et ne faisait entorse que si cela était injustifié. Rose ne le faisait que par envie. Chose qui pourrait la nuire, si on se rappelait de l'énigme du heurtoir. 

Sans exception, Wyatt était de la partie. 

Quant aux potions, il ne cachait pas sa passion pour le sujet, mais surtout pour inventer de nouveau mixture. Rose et Sean délibéraient sur le meilleur moyen de suivre et arriver au résultat final, mais Albus cherchait le meilleur moyen de créer des mélanges qui soient accessibles pour tous et de révolutionner le monde des sorciers. Ce que Tobias partageait parfaitement, car ne pouvant se procurer facilement des ingrédients.  

Il en était donc venu à partager des séances clandestines de métamorphose avec Sean et ses amis dans une salle vide et des sessions de brassages avec Tobias dans une pièce des cachots non-usées.  

Il n'avait cependant pas vraiment d'interaction avec les Gryffindor. 

Sauf Harley car son père venait souvent visiter son père pour lui parler de leur année de Quidditch. Domaine qu'il n'a pas hérité de ses parents, tout comme Harley qui disait n'aimer que voler. Ce qui était, en toute aspect, très similaire à lui. Ils pourraient se trouver du temps et échanger sur les moyens dont ils pourraient voler sans avoir un balai entre les jambes. 

En tout point, il devait avouer qu'il n'était pas contre de se faire des connaissances si c'était pour parler des sujets qu'ils étaient captivés. 

  

Clare adorait passer à l'animalerie. 

Ce n'était pas tant le fait de voir les hiboux et corbeaux voler au dessus d'elle pour rejoindre la volière qui l'attirait, comme elle avait une certaine crainte pour ces créatures, dont l'hibou de Clara qui se nommait Hibou, mais plutôt les animaux dans les étages inférieurs.  

Non plus celle juste en dessous de la volière qui gardait les animaux en cage, dont les rongeurs comme rat et hamster ou oiseaux comme perroquet et perruche, qui étaient tous des espèces que Clare avait quelques appréhensions surtout de leur petitesse et leur facilité de se faufiler partout ainsi que de la manière qu'ils faisaient battre leur aile. Voire encore même des amphibiens et reptiles selon l'envie des gens, une espèce encore inconnue pour elle, qui a décidé d'éviter cette étage dans son ensemble. 

Car elle était plus intéressée par le palier où s'assemblaient les félins et canins, aussi bien plus nombreux. 

Tous ces animaux de compagnie étaient gardés par le garde-animalier Yuu Terada, qui avait un diplôme muggle et sorcier pour rassurer les familles qui voulaient bien laisser leur enfant garder les familiers loin du foyer familial. C'était une profession totalement différente de garde-chasse tenu par Rubeus Hagrid qui se chargeait de s'occuper des créatures magiques de la réserve de Poudlard. Sans pour autant être professeur des soins pour créatures magiques, de ce qu'elle avait compris lors de la présentation des options à choisir pour la troisième année. 

C'était une chose qu'elle verrait en temps et en heure, car pour l'instant, elle se faisait plaisir de caresser les chats qui se trouvaient dans l'édifice, accordé par le garde-animalier qui était occupé plus haut. 

« Tu aimes vraiment les chats ? » Lui demanda Adrian DucSiron. 

Lui s'occupait de sa bergère allemande. L'animal était très imposante pour ses sept ans et galopait vivement autour de son maître avec autant d'enjouement que celui-ci. 

« Plus que les chiens, oui. » 

Ils étaient moins corpulents que les canins et étaient pour la plupart plus mignons aussi. En outre, en voyant comment Adrian se courba en deux lorsque sa chienne lui sauta dessus, Clare était bien contente que le chat dans ses bras n'avait pas autant de force et ne se défendait qu'avec ses griffes, ce dont il ne s'en était pas encore servi. 

« Mais ma Vicky est merveilleuse, tu sais ? » 

Dit-il alors que la dite Vicky ouvrait grand la gueule pour souffler dans ses cheveux frisés. 

Depuis qu'elle était amie avec Luxchana, celle-ci lui parlait beaucoup des différents types de cheveux tout en lui apprenant à se coiffer et ceux qu'elle préférait. Premièrement, on pouvait oublier les trop lisses et frisés. Ils étaient les plus difficiles à s'en occuper, la première ne tenait pas et glissait à la première distraction et la seconde avait trop de nœud. Alors Rose et Adrian, ça dégageait. Deuxièmement, les cheveux anti-gravité. Bye Clara. Troisièmement, les cheveux abîmés. Dans le genre, teints trop de fois, ou décolorés, ou encore brûlés. 

Parce que c'était ce qui s'est passé avec les cheveux d'Adrian. Bien que Clare n'a jamais osé lui poser la question, tout comme elle n'a jamais osé approcher la chienne. 

« Merveilleusement excitée. » 

Adrian lui sourit à travers la fourrure de son familier qui lui câlinait du museau. Il décida alors d'enlacer Vicky de ses deux bras pour la maintenir en place. 

« Ou merveilleuse tout court quand tu lui donnes une chance ! Viens donc la caresser ! » 

Voyant que la bergère avait tout de même l'air d'être bien retenue, Clare décida de faire confiance au blond et tendit la main pour flatter le pelage de l'animal. Les poils drus changeaient beaucoup de ceux bien plus douillets des félins qu'elle a dorloté jusqu'ici mais la chaleur dessous était pareil et sentir le corps se mouvoir sous sa main avait toujours été le sentiment de plaisir qu'elle recherchait dans ces contacts. 

Mais le chat dans son autre bras n’apprécia pas d'être négligé et lui fit bien comprendre en lui miaulant dessus. Vicky tressaillit contre sa paume mais resta sagement dans les bras de son maître et Clare pensa avec surprise qu'elle n'avait pas l'instinct de prédateur. 

« Vicky n'a pas besoin de ce genre d'instinct quand je suis avec elle. » 

Clare retira sa main lentement pour ne pas causer une soudaine réponse. 

« Ça veut dire qu'elle peut en avoir quand t'es absent ? » 

Elle n'apprécia que moyennement le large sourire sans réponse du maître canin. Elle s'éloigna à pas feutré du duo avec le chat dans les bras pour profiter du temps qui leur restait entre eux. 

« Je suppose que Mr. Terada doit les enchanter, parce que tu ne vois pas non plus les chats sauter sur les rats de compagnie. » 

« Ce ne serait pas leur faute si ça avait le cas. » 

« Double standard. Ce chat est à toi pour que tu le dorlotes autant ? » 

« Non. » 

« Il est à qui, alors ? » 

« Je ne sais pas. » 

Adrian arqua un sourcil à ça, mais Clara continuait de cajoler le chat sans s'en préoccuper. 

« Et tu le touches comme ça ? » 

Ils se tournèrent vers la nouvelle voix pour voir Harley Wood. Clare ne l'avait jamais parlé et ne croyait pas l'avoir vu parler à qui que ce soit, pour être honnête. Elle avait une expression assez froide qui n'était pas facile d'accès. 

« Bah, il me laisse le toucher. » 

Sans surprise, Harley la regarda sans bouger. 

« Oh, pardon, il est à toi ? » Se rendit-elle compte en déposant le félin à terre. 

Celui-ci tourna autour de Clare paresseusement tout en jetant des regards hautain à l'élève à la coupe undercut. Autre sorte que Luxchana n'aimait pas coiffer, comment faire quoi que ce soit avec ceux d'Harley ? 

« Je me le demande. Pandore n'est jamais aussi sage avec moi. S'il n'était pas le seul forestier, je pense qu'il appartiendrait à quelqu'un d'autre. » 

« Je pense qu'il a aussi envie d'appartenir à Clare », lui dit Adrian. 

Bien qu'elle était de la même maison qu'Adrian, Harley et celui-ci n'avait pas l'air de s'entendre. Tout du moins, Harley n'avait pas l'air de le supporter. 

« Je tiens à préciser que je n'ai nullement l'intention de le posséder, je veux juste m'amuser avec lui. » 

« Ce ne serait pourtant pas faute de le réjouir si tu le possédais vraiment. » 

Clare jeta un regard noir au blond, parce qu'il ne l'aidait pas du tout. Celui-ci préférait accorder son attention à son condisciple, qui l'ignora pour regarder à nouveau Clare sans un mot. 

« Je... je vais y aller, parce que comme je l'ai dit, ce n'est pas mon intention de le voler ou quoi, et que mon temps avec lui est écoulé- » 

« Je ne t'ai pas dit de partir. Tu peux rester, si tu veux. » 

« Oh, je veux bien mais je dois vraiment y aller. » 

Et elle détala sans demander son reste. 

Clare n'était pas du genre à avoir des à priori, mais la dernière fois qu'elle a essayé d'être ami avec un taciturne, Emil l'avait bien montré que socialiser n'était pas son truc et elle n'avait pas envie d'avoir à nouveau l'expérience. 

  

Clara compta jusqu'à trois avant de se tourner vers Tobias. 

Celui-ci la regardait déjà avec une expression de reproche. 

« Ah, c'est de ma faute, maintenant ?! » 

Tobias haussa les deux sourcils si haut qu'ils disparurent sous ses mèches blondes. Pas plus beaux que les siennes, mais entre blonds, ils sont censés se complimenter, vous savez ? 

Tobias ne savait pas. 

Il préférait être un petit crétin qui privilégiait ses potions plutôt que sa noble cause. Une cause facétieuse, mais aux intentions très nobles, tout de même ! 

Bon, OK, c'était juste pour ennuyer les joueurs de Quidditch qui avaient accès à la salle des bains spécialement pour les préfets car Peeves avait dit que ce serait une bonne idée de verser une potion boueuse plutôt que parfumé, mais elle avait entendu dire que les bains de boue étaient un bons traitements contre le mal de dos et rhumatisme et autres blabla. Techniquement, elle leur donnait une séance de balnéothérapie gratuite ! 

Faut croire que les sorciers n'avaient jamais entendu parler de ça ! 

Surtout le préfet-en-chef qui s'avérait être un Slytherin et qui les a bien corrigé en les découvrant sur le fait. Tobias lui en voulait particulièrement pour être pris avec, parce que maintenant son condisciple allait l'avoir à l'œil et ne pas lui laisser pratiquer les potions tranquillement. 

« Tu es le seul qui ait brassé la potion. » 

« Mais tu es la seule qui l'a déversé dans la piscine. Comment tu as eu accès même ? » 

Clara eut un air orgueilleux et refusa de lui répondre. Ça l'apprendrait à la faire porter tout le blâme. 

« Justement, ce n'est pas le cas. On a tous les deux fait perdre des points à notre maison. » 

« Techniquement, les Hufflepuff ont souffert le plus, comme j'ai fait gagné des points tout de suite après. » 

Les deux blonds sursautèrent à cette soudaine addition, Tobias en laissa même échapper un cri. 

Ani ne fit que lui jeter un regard éloquent. 

« Comment tu sais que c'est nous ? Et comment ça, Hufflepuff est en reste ? » 

« Je n'ai pas dit ça. J'ai juste dit que contrairement à Slytherin qui a directement eu des points compensatoires, personne de ta maison n'a pu les regagner après ta punition. » 

« Tu veux dire mon ingénieux plan d'aider les joueurs de se détendre. » 

« Ce n'est pas de leur avis ni du préfet Rowle » Puis, elle se tourna vers son condisciple pour déclamer dramatiquement : « Et moi qui pensais que les cancer seraient plus faciles à vivre étant émotionnels et recherchant l'harmonie. Faut croire que je t'ai surestimé et que les signes d'eau ne peuvent que causer du tort ensemble. » 

Bien que n'ayant rien compris à son charabia, Tobias suivit la fille du prof quand celle-ci ignora ses appels pour se diriger aux cachots. Clara les regarda partir sans rien faire avant d'hausser tranquillement les épaules. Ani était peut-être chelou avec ses thèmes astraux mais ça l'avait au moins fait lâcher Tobie qui pouvait être pénible par moment. 

« Et donc, comment tu as eu accès à la salle des bains des préfets ? » 

Cette fois-ci, Clara fut celle qui poussa un cri. 

Alors qu'elle calmait les battements folles de son cœur, Chloe ne fit même pas un effort pour se montrer compatissante. À croire que c'était son but de l'effrayer jusqu'au bord de la crise cardiaque.  

Ah bah, Clara fera en sorte de la hanter, pour sûr. 

« Arrête de me fixer comme ça. » 

Chloe haussa les épaules. « Ce n'est pas pire que Laura Chiaverini, elle a les yeux plus bleus et perçants que moi. » 

Aucune idée de qui elle parlait, mais Clara était pratiquement sûre qu'elle venait de l'inventer pour se dédouaner. C'était son genre. 

« Tu ne me connais même pas. » 

« Faut que j'arrête de penser tout haut. » 

« Mais tu peux le faire pour ta réponse. » 

« Non », fit Clara avant de sautiller plus loin pour s'éloigner de l'auburn. 

Chloe lui emboîta le pas. 

« Tu ne peux pas savoir un mot de passe si bien gardé parmi les privilégiés. » 

« À t'entendre, on croirait parler d'une haute sphère absolument inaccessible. » 

Le regard envieux de son interlocutrice semblait vouloir lui confirmer. 

« Calme-toi, on pourra rejoindre l'équipe, l'année prochaine. » 

« C'est dans encore longtemps et ce n'est même pas sûr d'être pris s'il n'y a pas de place disponible ou encore de n'être que remplaçant si jamais on est prise. »  

« Hey, t'as confiance en tes capacités ? Alors tu peut être sûre que tu vas les époustoufler. » Elle fit une pause avec un sourire figé, faisant questionner l'autre. « C'est bien comme ça qu'on emploie époustoufler, hein ? » 

Quand on hocha la tête, Clara esquissa un large sourire, oubliant tout de son doute de l'instant. 

« Tu peux au moins me donner le mot de passe ? J'aimerai jeter un coup d'œil pour avoir un avant-goût de ce que j'aurai droit. » 

« T'as le goût du luxe ! Mais je ne te le dirai pas. Puis, ça va changer, bientôt. » 

« Alors, dis-moi comment tu... » 

« Chut ! » Lui intima Clara alors qu'elles tournaient dans un croisement. 

En vrai, elle a dû prendre un mauvais tournant parce qu'elle n'avait pas souvenir que c'était aussi loin pour rejoindre l'infirmerie. 

Maintenant qu'elle était là et qu'une chose dans le coin a attiré son attention, elle allait continuer et se cacher derrière le mur pour voir la suite. 

Une figure au loin était posée au milieu du couloir et avait le dos courbé, comme cachant quelque chose. 

« Qu'est-ce que tu fais ? » Lui chuchota Chloe pour conserver leur discrétion. 

« Cette personne est louche, je parie qu'elle manigance quelque chose. » 

« Tu le saurais, étant une grande maniganceuse. » 

« C'est un mot, ça ? » 

L'absence de réponse de Chloe devait être suffisante mais Clara était à présent bien trop investie pour lâcher l'affaire. 

« Eh, tu ne peux pas me laisser mariner alors que tu viens de lâcher un mot inconnu. » 

« C'est juste un mot, pourquoi t'es si pénible là-dessus ? » 

« Je ne suis pas pénible, je veux juste savoir si ce que tu dis est vrai. » 

« Tous les mots ont été inventé, par conséquent, tout ce j'invente est vrai. » 

Clara ouvrit la bouche pour rétorquer mais pausa avant qu'un son ne sorte. Elle se retourna d'un coup et constata avec panique que la silhouette avait bougé. 

« Oh non, on est démasquée ! Elle va nous tué et nous enterré six pieds sous terre parce qu'on a découvert son secret ! » 

« Qui est ? En plus, elle ne peut pas faire ça, on est tous des élèves. » 

« Et alors ? C'est peut-être une dernière année qui n'en a rien à faire de sa réputation et n'est pas effrayé d'être criminelle et donc nous passer de vie à trépas et... oh, c'est juste Harley. » 

Sauf qu'Harley lui jeta un boule de papier à la figure. 

« Eh ! Ça va pas ? » 

« Ça vous apprendra à espionner les gens indiscrètement. » 

« Elle m'a forcé », dit seulement Chloe. 

Clara fit de son mieux pour ignorer cette traîtresse derrière elle pour ramasser la boulette à terre. Elle n'était pas une pollueuse, elle. 

« C'est quoi ? » 

Ou elle était juste curieuse. 

« Je ne sais pas, mais ça me soûle d'en recevoir. » 

« Ce n'est pas la première fois ? » S'enquit Chloe. 

« Bien vu, Sherlock. » 

Quand Chloe ne fit qu'une moue à la réponse, Clara les dévisagea. 

« Vous connaissez Sherlock Holmes ? Ne me dites pas que Conan Doyle était sorcier aussi ! » 

« Pas que je sache, mais c'est une lecture internationale et même intermondiale. » 

Clara toisa Chloe longuement avant de se tourner vers Harley qui gardait une expression indéchiffrable. Puis, plissa à nouveau les yeux en direction de la Slytherin. 

« Tu viens encore d'inventer ce mot, hein ? » 

« Qu'est-ce qui est inscrit ? » L'ignora celle-ci. 

Débattant sur continuer d'argumenter ou de montrer les inscriptions qui l'intriguaient pas mal, Clara pliait et dépliait le papier, qui en devenait encore plus endommager. Harley finit par le lui arracher des mains. 

« Donner c'est donner, reprendre c'est voler ! » S'insurgea-t-elle en voulant reprendre le morceau effrité.  

« Je ne te l'ai pas donné, tu ne l'as même attraper. » 

« Oui, bah, je veux être batteuse, pas poursuiveuse. » 

« Ça n'a rien à voir. » 

« On s'éloigne du sujet. Qu'est-ce qui est écrit sur cette feuille qui t'irrite tant et dont Clara en est si curieuse. » 

La Gryffindor ne fit que lui montrer le contenu. 

« J'ai besoin de ma férue d'énigme pour ça », dit Clara quand Chloe resta silencieuse trop longtemps. 

Sauf que Clare n'en savait pas plus. 

« Je n'ai jamais vu ce genre de signes, c'est un ancien langage ? » 

« Surement pas du grec ou germanique, » répondit Chloe. 

« Des runes anciennes, alors ? » Suggéra Clara. 

Harley et Chloe s'échangèrent un regard alors que Clare gardait son attention sur le papier. 

« C'est de l'ancien germanique. » 

« Bah, dis juste runes. » 

« Ça ressemble plus à un dessin. » 

Clara se tourna vers sa meilleure amie pour détailler le dit dessin. C'est un rond avec attaché un trait en vague. Puis un petit triangle tout en bas qui disparaissait avec un bout du papier sous les mauvais traitements qu'il a reçu. 

« Tu penses que c'est Alice ? » 

« Pourquoi est-ce qu'Alice dessinerait ça pour le passer à Harley ? » 

Son regard croisa la concernée qui lui rendit un regard impassible. 

« Sans vouloir être offensive », s'excusa Clare aussitôt. 

« En quoi c'est offensive ? » Releva Chloe. 

Quand Clara haussa les épaules, Clare en fit de même en cessant le contact visuel.  

« Logiquement », reprit Chloe « il doit s'agir de quelqu'un de ta maison pour te l'avoir mis dans tes affaires personnelles. » 

Puisque de ce qu'elles avaient compris, le papier s'était retrouvé dans son sac de cours. 

« Je ne mets pas mes affaires en accessibilité des gens de ma maison. » 

« Dans ce cas, les filles avec qui tu partages le dortoir ? » 

« Elles n'ont non plus facilité à y accéder. » 

Clara se demanda comment était les dortoirs des autres maisons. Dans la sienne, c'était carré avec un lit dans chaque côté. Et comme elles n'étaient que trois filles de Hufflepuff en première année, c'était plus facile pour elles que ce soit espacé avec un petit coin à chacune tout le long du mur. Pour les autres années, elle a cru comprendre qu'il fallait se serrer un peu plus et elle le savait pour passer devant. Parce que bien sûr, les dortoirs étaient alignés les uns à la suite des autres, comme un vrai terrier. C'était aussi un peu logique en résidant sous terre. Elle se tourna vers Chloe en voulant lui demander si c'était aussi le cas pour les Slytherin, mais celle-ci reprit la parole pour questionner sur l'origine du message. 

« Si je savais quand est-ce qu'on me l'a mis, je ne serai pas ici à m'interroger avec vous. » 

« Mets-y un peu du tien, miss punk, on le fait pour toi. » 

« Je ne vous ai rien demandé. » 

« Tu es celle qui a dit que tu en avais marre de recevoir ce genre de message. » 

« Encore une fois, je ne vous ai rien demandé. » 

Puis, Harley jeta un coup d'œil à Clare, en s'attendant à ce qu'elle réplique quelque chose aussi, mais celle-ci ne fit que détourner des yeux, intimidée. Clara lui trouva une ressemblance avec Alice à éviter le regard des autres. 

Elles ne purent en discuter davantage qu'elles furent bientôt rejointes par d'autres élèves de Ravenclaw qui s'attablaient autour d'elles. Elles remarquèrent alors qu'il était l'heure du dîner. Comme il leur semblait un peu ridicule de se lever pour retourner à leur table, surtout un dimanche soir, elles restèrent dîner à la table des bleus. 

Elle spéculèrent encore sur le symbole et sa signification, mais au fur et à mesure que les dîner avançait, moins le sujet tournait autour. Elles en vinrent à parler des choses et autres, généralement entreprises par Clara qui en avait à parler, et oublièrent leur sujet premier qui les avait mené à manger ensemble. 

Jusqu'à ce que Emil, qui était assis à côté de Clare, se leva en échangeant juste un salut à Clara et Clare. Celle-ci voulut l'arrêter après qu'elle ait ramassé un morceau de papier tombé de son livre qu'il avait amené avec lui. 

« Ah, attends, tu... as fait tomber ça. » 

« Faudrait parler plus fort pour qu'il entende, je pense », lui conseilla Chloe. 

Mais la recommandation, quelque peu ironique d'après Clara, passa au-dessus de Clare qui se tourna livide vers elles. 

« Qu'est-ce qu'il y a ? » Lui demanda Harley. 

Clara commençait à s'inquiétait aussi, Clare avait l'air d'avoir vu un fantôme, ce qui serait incroyable parce que des fantômes, elles en avaient vu depuis le début de la scolarité et Clara n'avait pas été aussi blême la première fois. 

Pour toute réponse, son amie déposa le papier qu'elle avait ramassé et qu'elle n'avait pas pu retourner au garçon. Les filles se penchèrent pour en lire le contenu et leur respiration se coupa. 

C'était le même symbole que celui d'Harley. 

  

 

Janvier 2018 

  

Elles n'en apprirent pas plus même avec le message adressé à Emil. 

Le concerné n'était même pas au courant d'avoir le papier en ses possessions et ne se sentait pas plus impliqué de savoir qu'il en était le dernier possesseur. 

Il jeta à peine un regard lorsque Clare lui en fit part et lui fit clairement comprendre qu'il avait d'autre chose bien plus intéressant à traiter. 

Et Clare qui a toujours été mal à l'aise quand on la rabrouait ne chercha pas plus. 

Les filles avec qui elle en était venu à parler étaient moins compréhensibles. Harley n'ayant pas l'air très compatissante, lui demanda de but en blanc ce qu'il savait et qu'il avait intérêt à parler s'il voulait qu'on lui laissait tranquille. Chloe, bien plus diplomate, chercha un terrain d'entente pour l'enjoindre à causer plus facilement. Mais Emil les remballa toutes, leur disant qu'il ne savait pas et qu'il s'en fichait tout bonnement. Clara qui connaissait le bonhomme n'avait pas insisté et chercha ailleurs. 

Auprès de son cousin qui était un peu plus vocal, mais pas vraiment le plus ouvert non plus. Ionise lui dit seulement que les dessins et symboles n'étaient vraiment pas le point fort son proche, dont il soupçonnait être atteint de aphantasie. 

« Et c'est quoi ? » Demanda Clara. 

« La définition scientifique serait une absence d'imagerie mentale volontaire », leur dit Chloe. Elle ajouta quand elle vit que cela ne les fit pas réagir : « Autrement dit, les personnes atteintes d'aphantasie ne peuvent pas construire de représentations mentales visuelles, par exemple notre cher camarade ne pourrait pas s'imaginer un lion dans sa tête mais pourrait le reconnaître si on lui montrait une image. Une tare pour les artistes. » 

« Mais il a dit qu'il voulait être écrivain.» 

« Heureusement qu'il n'invente pas les mots », lui répliqua Harley. 

Clara envoya un regard éloquent à Chloe. 

« Oui, heureusement. » 

Cependant, connaître la définition de ce trouble neurologique ne les avançait pas. C'était, au contraire, un indice qui les menait à l'opposé de leur but. 

Parce que le dessin qu'elles ont vu ne pouvait qu'être imaginé. Peut-être un nouveau moyen de faire de la magie sans support matériel. 

« Bah non, puisqu'il faut dessiner. Ça veut dire qu'il faudrait avoir un craie sur soi. » 

Clare eut un regard dans le vide alors que Clara et Chloe opinaient à la remarque d'Harley. La blonde, cependant, nota bien rapidement que son amie peinait à parvenir à la même conclusion. 

« Ah, tu ne sais pas c'est quoi un craie ? C'est vrai que personne n'en a utilisé depuis qu'on est ici, que des plumes et encres. Bah, c'est comme un crayon, mais qu'on a que, euh, l'encre qui est sous forme de bâton mais qui n'est techniquement que du calcaire compressé. » 

Ce qui ne l'aidait absolument pas. 

« Je doute que ça puisse être utile si la miss ne sait même pas c'est quoi un crayon », commenta Chloe. 

Sur ce coup là, même Harley ne savait pas ce qu'était un crayon. 

« C'est un stylo, mais à la place d'encre, c'est des mines. Tu sais c'est quoi un stylo, hein ? » 

Mais Clare secoua lentement la tête et rougit sous les regards insistants. 

« Les stylos, ce sont ces plumes moldu où l'encre est déjà intégré, c'est ça ? » Fit éventuellement Harley. 

« Oui, un seul stylo peut durer deux ans en moyenne, si l'encre ne sèche pas », Chloe entreprit les explications. « Il y a des stylos plume qui ressemblent plus aux plumes que les sorciers connaissent, mais leur cartouche d'encre s'usent plus rapidement, dépendant aussi des quantités qui varient pas mal. De même, il y a depuis quelques années des porte-mine où il faudrait recharger les mines, au lieu que ce soit directement intégré dans le bois du crayon. » 

« Mais pour quoi faire ? » 

« Pour la même raison qu'ils ont crée des stylo plume. Pour l'esthétisme. » 

Chloe haussa les épaules à la réponse de Clara, mais semblait d'accord en fin de compte. 

« Attends, mais comment ça se fait que tu ne sais pas ce qu'est du craie ? Même Harley le sait ! » 

« Qu'est-ce que ça veut dire, ça. » 

La remarque d'Harley fut noyé sous les questionnements de Clara, beaucoup plus bruyantes : 

« J'ai bien compris que les sorciers n'ont pas connaissance de certain truc comme stylo et crayon, sauf Chloe parce que la meuf a l'air de tout savoir, mais que tu ne sois pas au courant pour les craies alors que ça à l'air d'être des matériaux primitifs... » 

« À t'entendre, on croirait que les sorciers vivent dans l'ancien temps. » 

Le regard impétueux de Clara cloua le bec de Chloe. 

« Oui, c'est pas faux. » 

« Tu écris avec quoi, alors ? » Reprit Clara vers son amie qui n'a fait qu'hausser les épaules à ses premières interrogations. 

« Euh... c'est compliqué... » 

Alors qu'Harley et Chloe lui jetaient des regards curieux, Clara eut une expression blasée et presque souffrante. 

« C'est encore un truc chinois ? » 

« Ce n'est pas vraiment chinois, même si j'utilise bien des pinceaux pour faire de la calligraphie, chinoise bien entendu, mais je n'écris pas comme ça en temps normal... » 

Clara eut un roulement de yeux quand elle fit mention de calligraphie, mais attendit la suite quand Clare eut une pause avant de poursuivre. 

« Et donc ? » Demanda Harley quand elle resta silencieuse. 

Clare leva un doigt et les fit patienter encore un peu. Puis, sans que les trois filles ne comprirent ce qui se passait, un feuillet fut lévité dans les airs pour planer sous leurs yeux où des inscriptions apparurent. Au fur et à mesure qu'elles lisaient ce qui était noté, elles se rendirent compte que c'était leur conversation plus tôt qui était transcrite. 

« Comment tu fais ?! » 

L'exclamation de la blonde eut pour don d'arrêter son amie, peu importait ce qu'elle faisait. Les mots cessèrent d'apparaître, eh bien, comme par magie et le feuillet se plia sur elle-même avant de retourner à son emplacement originale, qui était sur la robe de Clare. Le papier alla se coller sur le tissu et disparut des yeux spectateurs. 

« Eh bien, c'est quelque chose que j'ai appris dans mon ancienne école et j'ai toujours écrit comme ça si je n'avais pas d'instrument sur moi. » 

Elle leur laissa le temps de digérer parce que c'était en effet quelque chose que les sorciers britanniques n'avaient pas pour habitude de voir. 

« Sinon, ton instrument était un pinceau ? » Demanda Chloe. 

Quand Clare confirma, Harley fut celle qui réagit. 

« Sérieusement ? On vient de voir de la magie sans baguette et probablement sans formule et c'est ta question ? » 

Chloe leva sa main entière pour demander patience. 

« Chaque chose en son temps. » 

« Je ne vois pas pourquoi c'est si choquant de faire de la magie sans baguette, ce n'est pas ce qui nous arrive la première fois ? » Releva Clara. 

« C'est de la magie accidentelle ! C'est peut-être plus fréquent pour vous qui avez toujours vécu comme des muggle, mais nous qui avons grandi dans une communauté sorcière, ça va avec une baguette ! » 

Clara eut un sourire arrogant pour Chloe. 

« Voila que tu pètes une durite. » 

« C'est compréhensible, le choc culturel révèle toujours une part cachée. » 

Chloe jeta un regard incrédule à Harley qui avait délivré l'explication qui n'expliquait rien, avant de secouer la tête. 

« Elle était où, ton école chinoise ? » 

« Elle, hum, n'a pas de localisation précis. Les étudiants et leurs parents peuvent y accéder à partir d'un portail avec une permission préalable, mais l'établissement n'est pas située dans un endroit en particulier. Mais je soupçonne que ce doit être quelque part dans le continent européen comme les élèves sont tous des élèves émigrés de Chine et résidant un peu partout en Europe. » 

Si Clara et Harley eurent l'air impressionnée par l'organisation d'une école de magie spécialement pour chinois émigrés, Chloe eut une expression songeuse. 

« Comme l'école de magie dans Charmed. » 

Elle reçut un regard vide de la part des trois autres. 

« La série Charmed, ça relate la vie quotidienne de trois femmes qui se découvrent sorcières. Il y a une porte qui apparaît magiquement dans leur manoir qui mène à une école de magie pour sorciers et être surnaturelles dans tout les États-Unis. » 

« Faudrait avoir une télé pour connaître ça. Et même en ayant une, je regarde que les animés au lieu des séries américaines. Tu devrais en parler à Wyatt, il doit connaître comme c'est de son pays. » 

« C'est raciste, ça », commenta Harley. 

Clara ignora l'accusation pour se tourner vers Clare. 

« Alors c'est ce que tu faisais quand t'es en train de parler coiffure avec Lux ? Genre, je voyais toujours un parchemin voler à côté de toi mais je pensais que c'était parce que tu ne contrôlais pas ta magie. » 

« Et au contraire, tu le contrôle trop bien. » 

« Tu étais toujours en train de... noter quelque chose magiquement pendant tout ce temps. Tu sais que ça me rappelle Deku ? Un perso de manga qu'est sorti récemment, on diffuse en ce moment la saison deux, dont j'ai d'ailleurs vu quelques épisodes durant les vacances d'hiver, là. Genre, le mec n'arrête pas de griffonner ou de marmonner pour analyser tous les situations où il est témoin. » 

« Tu peux arrêter de dire genre ? » Coupa Harley. 

Clare en étant secrètement contente, car elle sentait que son amie allait lui conseiller de lire le manga si on la laissait continuer sur sa lancée. Elle devait déjà lire la série One Piece, elle pouvait se passer d'une autre série. 

« Genre, quoi, sinon ? » 

Harley jeta un regard froid à la blonde. Et avec sa coupe, Clare se sentait vraiment intimidée même si elle n'était pas la receveuse de cette attitude glaciale. Chloe se frappa dans les mains pour attirer l'attention de son auditoire. 

« Bref, on s'éloigne du sujet. » 

« Va falloir t'habituer », lui répondit Clara « j'ai les pensées qui vont mille à l'heure et même ta prétendue autorité ne peut rien faire pour m'arrêter. » 

Elle mit les mains sur ses hanches, l'air fière. 

« Pourquoi je vous parle ? » Soupira Harley. 

Clare assembla son courage. 

« Tu n'aimes pas nous parler ? » 

Elle perdit son audace éphémère quand Harley ne fit que la dévisager. 

« Peu importe que tu aimes nous parler ou non, on est là juste pour résoudre le mystère de ces symboles que tu as reçu, ainsi que Emil Stewart. Et si deux de la promotion ont reçu le même message, on devrait vérifier si ce n'est pas le cas avec les autres élèves de la même maison. » 

« Ils n'en ont pas reçu », dit immédiatement Harley. 

« Qu'est-ce que tu en sais ? » Répliqua Clara. 

« Ils n'ont rien dit. » 

« Ça m'étonnerait qu'ils t'en parleraient à toi. » 

Encore une fois, un regard plein de froideur. 

« Bon, si Harley est si convaincue que les gens de sa maison ne sont pas victimes de ces messages, tournons nous vers ceux de Ravenclaw. » 

Quand elles se tournèrent toutes vers Clare, celle-ci fut moins gênée que les autres fois, même si elle commença y sentir quand elles la regardait avec un air d'attendre quelque chose. 

« Oui ? » 

« Eh bien, ils en ont reçu ? » 

« Comment je peux le savoir ? Je ne savais même pas que Emil en avait reçu et vous avez vu comment il a réagi... » 

« Bon, eh bien, on n'a plus qu'à aller les demander directement. » 

Clare n'était pas sûre que c'était la meilleure idée, mais elle n'avait pas d'alternative. 

  

Comme Clara avait mentionné Wyatt plus tôt, elles allèrent directement vers lui. 

C'était aussi l'un des plus faciles à approcher, d'après Claire. 

En plus d'être toujours fourré avec Albus Potter. 

« Si on a reçu des missives ? » 

« Des messages, oui. » 

« Non, sauf si vous parlez des missives que je reçois de ma famille tous les matins. » 

« Tous les matins ? Tu es chouchouté, dis-moi, et ils t'envoient autre chose que des messages ? » 

Wyatt jeta un regard étrange à Chloe, mais lui répondit tout de même. 

« Oui, des sablés et autres bonbons. » 

« Hm, des biscuits et sucreries des États-Unis... » 

« En effet, sinon, ils ne vont pas faire tout cette effort. » 

« Et ils restent toujours consommables avec le temps du trajet ? » 

Cette fois-ci, il jeta un regard en biais à Clara qui avait posé la question. 

« Il y a peut-être 11 heures de vol par avion, mais les hiboux sont utilisés comme moyen de communications pour une raison. Même si techniquement, mes parents usent un autre moyen avant de solliciter l'aide de Helios. » 

« Ah oui ? Lequel ? » 

« Ils mettent le paquet de consommables dans un conduit des states qui arrivent magiquement quelque part en GB grâce au même conduit existant. Puis Helios va le rapatrier dans la soirée pour que je l'ai le lendemain matin. » 

« C'est bon, je ne comprends plus rien », lâcha Chloe. « J'ai l'impression que tu me parles dans une autre langue et pourtant tu emploies des mots anglais. » 

« Tu imagines donc ce que je subis tous les jours », s'exprima Albus. 

« C'est peut-être muggle ? » Suggéra Harley. 

« Crois-moi, j'ai vécu, et vis toujours d'ailleurs, dans le monde muggle et moi-même, je n'ai pas compris un mot. » 

Quand tous les regards se tournèrent à nouveau vers Wyatt, ce dernier ne fit que leur sourire jovialement sans faire cas des commentaires. Clare enviait sa facilité à filtrer les remarques et alléger les regards lourds sur sa personnes si facilement.  

« Rose aurait pu traduire mais elle est occupée à... elle est occupée », se reprit rapidement Albus. 

Le regard soudainement intéressé de Clara soufflait à Clare de détourner l'attention de son amie déjà captivée par les cachotteries de la bande d'ami car cela allait la faire oublier leur objectif et elle ne saurait quoi faire pour la ramener. Heureusement, Harley en était venue à la même conclusion et attira les regards sur elle en posant une question : 

« Ces conduits, c'est quoi ? » 

Simple, mais efficace. Malgré son rebut de les fréquenter, elle s'y était vite habituée à elles et leur comportement. 

« Bah, des boites à missives », répondit Wyatt avec évidence. 

Il leur fallut un moment pour comprendre. 

« La boîte à lettre. OK. » 

« Magique, bien sûr. » 

« Bien sûr. » 

Une boîte à lettre qui reliait les deux pays, c'était super. Certes, magique, dont le système rappelait le réseau de cheminée, mais aussi moins sale et salissant que les poudres de cheminette. Du moins, l'espérait-on. 

Bref, Wyatt, et par extension Albus, n'avait rien à voir avec cette affaire. 

Ce n'était cependant pas de l'avis de Clara.  

« Après, ça se trouve, c'est justement eux qui font ces dessins et les envoient à nos camarades et ils nous ont détourné de cette idée avec la distraction de Wyatt », releva Clara. 

« Hum, ce n'est pas impossible, Rose était en effet occupée ailleurs. Peut-être à dessiner ces symboles mystérieuses », poursuivit Chloe. 

Clare lui jeta un regard discret dans le dos. En les voyant souvent se fréquenter, durant et en dehors des heures de leçons, elle aurait pensé que Chloe connaîtrait la rousse qui n'aurait sûrement pas que ça à faire. C'était de l'avis de Clare, en tout cas. Rose Granger-Weasley lui paraissait être guindée et aimait étaler son savoir, pas vraiment du genre à créer, sauf peut-être des sorts. 

Ce dont Clare s'en assimilait facilement. 

« Oui, mais si c'était le cas, pourquoi elle ne ciblerait que certains élèves ? » 

Mais surtout qu'est-ce que cela signifiait. 

La réponse logique aurait été d'aller la questionner directement, mais bien évidemment, leur suspect première n'était pas saisissable. 

« De plus en plus suspicieux », commenta Clara avec un peu plus de soupçon. 

« Pas vraiment. Le château de Poudlard est quand même très grand. On peut facilement perdre nos poursuiveurs comme présentement. Surtout durant le week-end. Et je crois avoir lu dans l'Histoire de la Magie qu'il y avait pas mal de passage secret, non ? » 

Comme de coutume, la remarque de Clare est vite reprise par Chloe. Dont les explications doctes et savantes rappelaient fortement ceux de Rose. 

« Je suppose qu'il y a en effet des passages et/ou raccourcis dont on n'aurait pas imagination, mais si tu fais référence à ceux qui menaient à l'extérieur, on peut vite oublier. Depuis la fin de la seconde guerre, toutes ces voies secrètes n'étaient plus si secrètes comme ils avaient permis une intrusion facile au sein de l'établissement. Par conséquent, on en a bouché les issues. » 

Harley eut une grimace à la mention de la guerre d'il y a vingt ans, mais commenta autre chose. 

« Y a pas besoin de passage vers l'extérieur pour nous semer. Il y a grave des salles vides dans tous ces couloirs, vides aussi la plupart du temps. » 

« Nan, c'est juste parce que c'est le week-end et que les grands sont partis pour le village sorciers dans le voisinage, ça. Et d'ailleurs, je croyais que tu ne voulais pas parler comme un djeun? » 

Clara se reçut un regard impassible qui ne la démonta pas et, une fois encore, Clare enviait son amie et sa facilité à passer outre un tel traitement. 

« Je n'ai jamais dit ça. Je n'appréciais juste pas que tu répétais tellement de fois ce même mot. » 

Et peut-être parce qu'elle était aussi fichtrement provocatrice, Clara répondit avec un sourire exultant : 

« Genre, genre ? » 

Clare ne vérifia pas si Harley avait bien envoyé un autre regard glacial ou si Clara continuait de se moquer de leur camarade, car elle remarquait maintenant qu'elle enviait souvent les blonds, à croire qu'ils dégagent un aura qu'elle en était particulièrement admirative. 

Elle commença à lister mentalement tous les blonds qu'elle avait connaissance, mais surtout de leur année. 

Kenneth Boot, sang-mêlé et apparemment avec un trouble comme Clara, dont elle devait avouer que ses soudaines assoupissement lui faisaient envier d'échapper à certain cours. Comme celui de sortilèges où elle avait l'impression de perdre une heure à regarder le professeur Wonder faire des maladresses sous les rires des garçons de Gryffindor plutôt d'apprendre quelque chose. Ce qui était surement la raison pour laquelle Rose était particulièrement à cheval sur cette matière et qui permettait Clare d'affermir l'innocence de la rousse. 

Tobias Finnigan, Slytherin et récemment partenaire amateur de maître potion d'Albus Potter comme attestaient leur sessions clandestins dans une salle de cachot qu'elle et Clara avaient surprise parce que la blonde recherchait son confrère farceur, mais qui préférait les potions à ses escapades mouvementés. Clare jalousait sa façon de se remettre rapidement de ses échecs et essayait d'autre mixture bien que déplorant leur maigre réserve d'ingrédient. C'était aussi un trait qu'Albus partageait mais Tobias était bien plus vocal à ce propos. 

« Nan mais, genre, ça me ferait grave chier si on doit vérifier chaque salle désaffectée pour vérifier si Rose s'y trouve. Genre, je veux bien aller à la chasse à l'homme mais on devrait pas plutôt laisser ça pour quand on pourrait la voir plus facilement. Ce serait totalement plus logique et, genre, moins compliquée pour Harley qui commence à péter les câbles. » 

« Non, ça, c'est parce que tu la provoques. » 

Ce fut la seule chose qu'elle entendit avant que le cri de son amie ne résonna dans le corridor. Avant qu'elle n'ait eu le temps de s'en inquiéter, un rire éclata. 

« Oh, la loose ! Trébucher sur tes propres pas ! » 

Alfred en riait tellement qu'il se plia en deux. Sauf qu'au lieu de se plier normalement vers l'avant, lui se courba le dos dans l'autre sens et finit par se renverser et tomber les quatre fers en l'air. 

« Ah bah, s'esclaffer à s'en éclater la panse et tomber à la renverse n'est pas mieux ! » 

Il fallait bien que Clara reprenait le peu de dignité qu'elle avait. 

« Non, trébucher sur tes propres pieds est définitivement plus humiliant », contribua Chloe. 

Toujours neutre quand il ne fallait pas, celle-là. 

« Surtout que je n'allais pas te faire quoi que ce soit, alors t'avais pas à t'éloigner et donc résulter à ta chute. » 

Clare ne savait pas pourquoi, mais elle trouvait que l'ajout d'Harley qui devait servir d'explication paraissait bien plus douteux maintenant qu'elle a tenu à s'expliquer. N'était-ce pas ce que faisait tous ceux qui se sentaient coupables ? Songea-t-elle alors qu'elle aidait son amie à se relever. 

Pas que Clara ne pouvait pas le faire seule, mais elle était plus occupée à se défendre verbalement, de sa place par terre, que se relever et s'épousseter comme quelqu'un qui considère l'hygiène prioritaire. 

Comme Alfred, qui se releva aussitôt après avoir fini d'exprimer ses cordes vocales et de s'épousseter promptement. 

« 2 contre 1, la majorité l'emporte. » 

« Pfft. Comme si j'allais me laisser abattre parce que la majorité le dit. Et s'ils racontaient des conneries ? Moi, je saurai que j'aurai raison, même seule. » 

Se disant, elle jeta un regard hautain aux deux autres filles sous les yeux observateurs de Clare. Harley et Chloe lui retournèrent un regard non-concerné alors qu'Alfred avait les yeux ému. 

« Et bah, tu seras seule parce qu'on est prêt à te faire comprendre à quel point ta chute était hilarante ! » 

Pour empêcher la blonde de répondre à la provocation ouverte, Clare s'écria rapidement : 

« Alfred, ça tombe bien qu'on tombe sur toi ! Pas littéralement, bien sûr, mais on te cherchait ! » 

« Ah oui ? » S'étonna le concerné en même temps que ses complices. 

Clare les jeta discrètement un regard incrédule et exaspéré, parce qu'elle n'était pas encore confortable avec les deux autres filles et parce qu'elle était plus proche de Clara. Et à force d'insistance oculaire sur le garçon puis sur Harley, Clara parvint à synchroniser leurs pensées. 

« T'aurais pas vu Rose, des fois ? » 

C'était trop beau pour y croire. 

« Non, et ce n'est pas parce qu'on est de la même maison que je dois savoir où sont tous mes camarades. Je ne savais même pas qu'Alice usait des marches des escaliers comme bureau et j'ai failli lui rentrer dedans ou encore que Clare traînait avec toi et deux filles de différente maison. D'ailleurs, je viens de remarquer mais vous êtes toutes de différente maison ! C'est quoi ? Une fête surprise ? Une compétition ? » 

Clara n'était pas la seule en déficit d'attention. 

Avec la rapidité qu'Alfred fusait ses questions, Clare s'étonnait de ne pas le voir reprendre son souffle et ce, même pas longuement pour retrouver sa respiration. S'il était aussi en forme, Clare pouvait user de son humeur pour lui poser la vraie question : 

« Est-ce que tu as reçu des messages ? » 

 Le marmonnement de réalisation à ses côtés lui rassurait que son amie a enfin compris où elle voulait en venir, et Clare espérait que Clara viendrait vite l'épauler dans son interrogatoire. 

« Du genre ? » 

Une telle réponse était déjà inquiétante.  

« Des messages comme des dessins. » 

« Ah, non, je croyais que vous parlez des messages...de, euh, de l'extérieur. » 

Aucune d'elles ne laissa l'hésitation passer. 

« Et tu en as reçu ? » 

« Des messages de l'extérieur ? Non. » 

« Mais dans tous les cas, c'était non. Pourquoi ne pas l'avoir dit dès le début ? » 

Alfred ne fit qu'hausser les épaules. 

« C'est triste que tu n'ais rien reçu. Et c'est depuis le début d'année scolaire ? » 

Quand Alfred ne fit qu'hocher de la tête, Clare et Clara échangèrent un regard incrédule et empathique. Ce n'était surement pas quelque chose qu'elles relataient. 

« Je n'ai non plus rien reçu. Ils sont bien trop occupés pour s'enquérir de notre état. Et puis, on dit aussi "Pas de nouvelle, bonne nouvelle" », fit Harley d'un air agacé. 

« Et puis, en général, les parents qui envoient leur enfant en pensionnat sont ceux qui n'ont pas le temps de s'occuper d'eux, donc, il n'est pas étonnant du manque  de contact. Ce n'est pas un camp de vacance », ajouta Chloe en voyant les regards horrifiés de deux amies. 

« Mais au moins demander comment la scolarité se passe, surtout dans un coin jamais connu ! » 

« Eh bien, c'est là que ça ne colle pas. Mes parents sont d'anciens élèves de Poudlard, ils savent parfaitement le fonctionnement de la scolarité ici. » 

Chloe approuva de la tête les propos d'Harley, étant du même cas, mais les deux filles venant de parents immigrés avaient plus de mal à accepter une telle réponse. Encore plus en envoyant un regard désolé à Alfred qui venait d'une famille muggle. 

« Bah, c'est pas grave », dit finalement Alfred « les connaissant, je préfère encore qu'ils ne m'écrivent pas. Dans ces cas, j'aurai bien aimé recevoir des dessins. C'est signe qu'on est dans la pensée de quelqu'un, non ? » 

À ça, les filles jetèrent un regard à Harley et se dirent que la punk avait bien besoin d'être dans la pensée de quelqu'un. Reste à savoir si c'était mélioratif ou non. 

  

Suivant la réflexion d'Alfred, les dessins étaient preuve qu'une personne avait remarqué qu'Harley ne recevait pas de lettre de sa famille et lui envoyait des messages de réconfort ? 

Il pourrait en s'agir de même pour Emil. Car outre son cousin qui lui passait des messages de vive voix, elles n'avaient pas remarqué des messages lui adressant en particulier. 

Mais pourquoi pas en envoyer à Alfred, alors ? 

« Peut-être que l'expéditeur est raciste et ne pense pas à le faire pour les nés de muggle ? » 

« Ou c'est peut-être le contraire et l'expéditeur est en train de se moquer des descendants de sorcier qui ne reçoivent pas de nouvelle de leur famille tout aussi sorcier. Parce qu'après tout, on ne sait toujours pas la signification des dessins. » 

En gros, retour à la case de départ. 

  

Ce qui ne les a pas empêché d'aller poser quelque question à Alice. 

Qui se trouvait bien sur un escalier mouvant, dessinant tranquillement sur ces marches malgré les passages des autres élèves et du déplacement aérien. 

Faut croire que certains sont plus stimulés dans des situations inattendues. 

« Si j'ai reçu des messages ? De quel genre ? » 

Tiens, déjà vu. Est-ce que les nés muggle sont tous aussi interrogateurs ? 

« Bah, du genre, des symboles que tu n'as jamais vu ou que tu ne comprends pas la signification. Un truc qui t'est adressé, quoi. » 

Maintenant qu'elles y songeaient, Clara était du genre à beaucoup questionner. Faut croire que passer d'un monde à l'autre permet pas mal de questionnement, voyant aussi la perception du monde changer. Tout ce que les sorciers étaient habitués n'était pas une chose aussi évident pour ceux qui viennent du monde muggle. 

Les filles tournèrent leur attention vers Alice car celle-ci prenait plus de temps que nécessaire à répondre. 

Surement parce qu'elle préférait terminer son coup de pinceau. 

« Non, j'ai rien reçu. » 

« Même pas des lettres de l'extérieur ? » 

Encore une fois, elles durent attendre qu'Alice finisse une partie de son esquisse avant d'entendre sa voix. Cette fois-ci, cependant, Clare était presque sûre d'avoir entendu un soupir. 

« Mon père m'envoie de temps en temps des lettres. Mais c'est plus pour m'informer ce qui se passe à l'extérieur que me demander les événements de l'intérieur. » 

« Ah ouais ? Il est anti-magique ? » 

À nouveau, un silence. Seulement, Alice avait un regard pensive à la question de Clara. 

« Je ne pense pas. » 

Elle s'apprêtait à se remettre à peindre quand elle y réfléchit à deux fois et se tourna vers elles. 

« C'était plus la famille de ma mère qui l'était. Au moins, ils ne sont plus là, maintenant. » 

Très réjouissant, tout ça. 

Surtout en voyant le nouveau dessin. 

« Ils disaient que la magie n'était que le signe du démon. » 

Et elle leur montra son calepin avec en grand un cercle satanique peint en rouge. 

« Rien que pour les embêter, j'aimerai bien apprendre à invoquer Satan. » 

Chloe lui renseigna à ce sujet : 

« Malheureusement, ce n'est pas une branche qui existe parmi tous les magies enseignées. Toutefois, tu peux tenter avec l'alchimie, dont une partie de l'apprentissage te permet de dessiner des cercles alchimiques qui peuvent facilement se faire passer pour des cercles sataniques aux yeux muggle. » 

Clare se demandait si c'était une bonne idée de l'encourager dans cette direction, mais en jetant un regard à Clara qui avait les yeux brillants, elle comprit que son amie était pour cette suggestion. 

« Et comment on fait pour choisir de suivre des leçons d'alchimie ? » 

« Il faut en faire la demande au professeur Malone, car l'alchimie est une spécialité approfondie des potions. » 

Tout aussi vite, l'intérêt et excitation de Clara et Alice disparurent à la mention du professeur de potion et directeur des Slytherin. Si elles n'avaient rien contre cette maison, leur chef les dissuadait grandement tout effusion et envie d'apprendre avec lui. 

« Pas tout à fait », intervint Harley. « Les potions jouent certainement grand dans l'alchimie, mais cette discipline a plusieurs voies qui s'en lient tout comme plusieurs moyens d'en ressortir. L'un d'elle étant les runes anciennes. » 

« Ah, c'est donc ces bidules qui apparaissent dans les cercles alchimiques ? » 

Harley affirma avant de se rendre compte du nom que Clara a donné, mais il était trop tard et elle en avait déjà assez d'argumenter avec la blonde. 

« Et là, vous pouvez choisir l'option en troisième année. » 

Une fois avoir déterminé le choix des options à venir, les filles se séparèrent d'Alice pour la laisser à ses loisirs. Mais ce ne fut qu'une fois bien éloignée, qu'elles se rendirent compte qu'elles n'avaient absolument pas avancer dans leur enquête. 

Et il était déjà l'heure du dîner. 

Il fallait croire qu'elles allaient passer encore quelque temps ensemble. 

 

Février 2018 

Clara restait persuadée que Rose avait une part dans l'enquête qu'elle menait avec les filles. 

Mais elle ne savait plus pourquoi elle l'accusait. 

« Juste parce qu'on n'a pas réussi à la croiser ne signifie pas qu'elle a avoir quelque chose. » 

« Ça, on le déterminera une fois qu'on lui aurait parlé. » 

Clara commençait à bien apprécier Chloe. 

Au début, elle trouvait qu'elle était juste une miss je-sais-tout qui adorait montrer sa supériorité et le Quidditch, maintenant, elle pensait que ses connaissances presque comiques dans certaine situation en plus qu'elles sont souvent sur la même longueur d'onde et que toutes les deux aiment le Quidditch. 

Au moins, autant qu'avec Clare avec qui elles partageaient plus d'affinité en tant que lectrice de manga. Il faudrait d'ailleurs qu'elle lui présente Hitman Reborn. Les mots italiens employés sont bien trop hilarants dans certain contexte, mais le sujet de la mafia l'a toujours passionné malgré les remontrances de son père. 

Sa mère disait que ce n'était qu'une œuvre de fiction, comme elle le disait avec la plupart des séries qu'elle suivait. Mais bon, au moins elle n'avait pas les deux parents qui la dissuadait dans sa passion. 

« Et qu'est-ce qu'on fait si c'est bien elle ? » 

« Bah, ça, c'est à toi de voir. » 

Et Harley, parce que toute cette histoire a bien commencé par elle. 

Et en vrai, Clara n'avait vraiment pas besoin de s'investir autant. Harley était la concernée, peut-être aussi Emil mais le bigre avait l'air de s'en foutre comme de son dernier repas, et Harley avait l'air de questionner le sens de sa vie depuis le début de cette quête.  

Elle était quand même space. Et autre que ses cheveux, Clara avait du mal à communiquer avec et la trouvait super distante. En plus d'effrayer Claire avec ses regards. 

À sa remarque, Harley ne fit qu'hausser les épaules et Clara sut qu'elles allaient improviser à ce moment. 

Sauf qu'elles n'avaient pas vraiment le temps de questionner Rose qu'elles sont rentrées dans Elias. 

Un blond qui traînait tout le temps avec Scorpius Malfoy, un autre blond mais bien désagréable.  

Ça, Clara pouvait le certifier pour avoir reçu son attitude déplaisante.  

Et dont elle s'en est bien vengée. 

« On ne lui demande pas s'il en a reçu ? » 

Pauvre petite innocente Clare qui ne savait pas ses pensées. 

« Nah. Ça m'étonnerait qu'il ait reçu quoique ce soit. » 

« Et pourquoi pas ? » 

« Il est pote avec Malfoy. » 

« Alors, déjà : ils sont cousins, et ensuite : c'est quoi le rapport ? Parce qu'il fréquente un Slytherin, il ne peut pas recevoir des lettres ? » 

Clara avait pensé un peu trop vite sur Chloe. 

« Des lettres de la part d'un inconnu », ajouta Harley. 

Et jugé trop rapidement Harley, qui avait quand même de bons mots. 

« Exactement, connaissant le personnage de Malfoy, il aurait surement eu vent si son cousin recevait des symboles, supposons menaçants, et fait le nécessaire pour que personne ne les dérange plus. » 

« C'est une idée... bien fixée que tu as de lui. » 

« Il m'a bien aidé à formé cette image. » 

Elle n'entendit pas plus de leur argument car elle se dirigea avec impatience dans la grande salle. Elles auraient pu y être avant si elles n'avaient pas eu la collision avec Elias qui était déjà installé avec son cousin et leur bande. 

Elles n'avaient pas vraiment décidé si elles allaient manger ensemble ou non, et si oui à quelle table, mais si c'était bien le cas, elles allaient juste la suivre et puis voilà. Sauf qu'elle n'avait pas compté le fait que Clare allait être arrêtée par le professeur Kurt, sa directrice de maison. 

Elle se stoppa dans sa course parce que son amie n'était pas du genre à créer des problèmes, alors elle ne voyait pas pourquoi elle devait s'entretenir personnellement et de manière inattendu avec une prof aussi sévère que Kurt. Ce ne fut qu'une fois leur amie libérée que Clara remarqua que les deux autres filles attendaient avec elle. 

« Qu'est-ce qu'il y a ? » Demanda la concernée comme si elle n'était au courant de rien. 

« Qu'est-ce qu'elle voulait ? » 

Un instant, elle eut l'air embarrassée. 

« Oh, euh... elle me souhaitait bonne année. » 

« Un peu tard, non ? » 

Clara était d'accord avec Harley, surtout au ton dur employé. 

« Et à toi spécialement ? » 

Clara comprenait la question de Chloe, est-ce que Kurt arrêtait tous les élèves de sa maison pour leur souhaiter une bonne année en retard ? À ça, Clare eut l'air encore plus gênée. Elle se tourna pour observer la dite prof qui se dirigeait tranquillement vers la table des professeurs sans arrêter d'autre élèves sur son passage. Bon, ça répondait à la question. De toute façon, Clara voyait mal la prof de métamorphose le faire. 

« Disons que c'est assez particulier. » 

« Oui, on a vu ça. » 

Clara baissa la tête à la remarque sèche d'Harley et ne dit rien. Mais Clara avait faim et n'était pas très patiente quand elle était dans ses états. 

« Bref, on va manger ? » 

La chinoise hocha la tête, mais eu lieu de la suivre, elle s'avança jusqu'au devant de la table des Ravenclaw et s'y installa sans un mot. Clara jeta un coup d'œil rapide aux deux filles et vit que Chloe avait l'air de juger Harley. Elle fit genre d'hausser les épaules, et bien plus haut que nécessaire pour se faire remarquer. 

« Bon, bah, à la table des bleus, hein. Et tout devant, mes bichons. » 

« Ne m'appelle plus jamais comme ça », dit Chloe en la dépassant. 

Clara roula des yeux exagérément et remarqua que cela se miroita sur Harley, qui eut un sourire moqueur quand elle le remarqua aussi. 

Ouais, elle avait catégorisé un peu trop rapidement les deux filles. 

Un peu comme ces deux filles avec qui elle partageait la chambre. Lux et Celia lui firent la grimace quand elles remarquèrent qu'elle allait encore une fois manger avec les trois filles plutôt qu'avec elles à la table des Hufflepuff. En réponse, Clara leur tira la langue et désigna Ani qui était seule à la table des Slytherin. 

Elle se mit à ricaner quand elle les vit se lever pour rejoindre la fille du prof. 

« Pourquoi tu ris toute seule ? » 

Clara ne répondit pas tout de suite car elle se mit à rire réellement quand elle vit que ses camarades de chambre ne s'étaient pas installées à la table des verts mais ont invité une de leur élève pour manger à la table des jaunes plutôt. 

La tête de Malfoy en voyant ce cirque était épique. 

« Juste super contente de manger. Genre, enfin ! » 

Elle ignora le petit reniflement moqueur de Chloe, surement en référence de la grimace d'Harley, pour se servir du dîner. Une fois son assiette remplie, elle remarqua que Clare n'avait pas bougé. Elle n'avait même pas son assiette, en fait. 

« Tu fais un régime ? » 

Elle n'eut qu'un rire nerveux en réponse. 

Soudain, des plats et couverts apparurent devant Clare et un lourd odeur embauma l'air. Clara pouvait facilement voir des morceaux de poulet trempé dans une sauce qui semblait caramélisé, des raviolis pékinois, du canard laqué entre autre. Et puis, il y avait une assiette avec des lamelles blancs dont elle ignorait la matière et un bol de soupe avec des petites boulettes dont elle ignore aussi ce que c'était. Enfin, une assiette remplie de fruits, composé de mandarines déjà décortiqués au raisins pareillement sans peau, passant par un au nom inconnu à la forme d'un fruit du démon IRL. 

« Quel festin. » 

Clare eut l'air encore plus embarrassée. 

Surtout que maintenant, tous les regards se tournaient vers elle parce que le parfum exotique attirait pas mal de curiosité. 

« C'est un repas pour fêter la nouvelles année lunaire. Plus couramment appelé nouvel an chinois. » 

Voilà qui expliquait le souhait 'tardif' de Kurt. 

« Bonne année », Harley fut la première qui parla. 

Clare sourit avec un peu plus de sincérité bien que toujours timide avant de se mettre à manger elle aussi. Clara nota assez vocalement qu'elle utilisait des baguettes comme couvert. 

Cela attira des moqueries. 

À sa table, juste dans son dos, une fille se mit à ricaner aussi retentissant qu'elle en disant que si son pays lui manquait, elle pouvait y retourner au lieu d'imposer sa culture ainsi. Clare baissa la tête dans son assiette mais Clara pouvait aisément deviner ses joues rougir violemment. 

« Quelle culture ? Les sorciers ne sont pas chrétiens et pourtant qu'on fête Noël ! » S'exclama Harley assez fort et hostile pour faire comprendre à quel point le commentaire était déplacé. 

« Et puis, le pudding vient de la France qui voulait dire boudin, et ici, ça désigne tout et n'importe quoi ! » Ajouta Clara. 

À ce jour, elle ne parvenait toujours pas à croire que les flans et riz au lait étaient aussi appelés pudding. Son père non plus d'ailleurs, tellement qu'ils en mangent rarement dans leur foyer. Pas jamais, parce que sa mère en ramène de temps en temps en rentrant du boulot. Son petit pêché mignon comme dirait son père. 

« Alors avant de parler d'enculturation, faut regarder ce qui est vraiment originaire britannique et y'en a pas beaucoup ! » 

Bref, sa défense émut son amie qui lui proposa de goûter à la cuisine chinoise, mais surtout à ces plats qu'elle même n'en mangeait qu'occasionnellement. Vu que c'était un festin de nouvel an, qui n'arrive qu'une fois par an. 

Clara ignora les fruits et viandes pour attaquer les boulettes et lamelles blanches. Et fade. Les boulettes, en tout cas, les lamelles avaient un peu plus de goût, c'était à base de riz gluant et assaisonnés spécialement par les parents de son amie d'un nom qu'elle préférait ne pas tenter d'appeler, de peur de l'écorcher et s'embarrasser. Apparemment, les elfes de maison n'ont fait que chauffer les plats et transplaner devant elle. 

Harley s'était servi du fruit du démon qui s'appelait en vrai fruit du dragon et qui avait la texture de melon/pastèque mais avec des sésames à la place de pépins. Quand Clara voulut goûter aux raisins sans peau, elle se rendit compte que ce n'était absolument pas des raisins. Chloe, la maligne, lui dit que c'était du litchy. Clare leur informa qu'il y avait aussi des longane dont elle en distribua et Clara fut vite perdue dans ce paradis d'aliment étranger. 

Elle n'entendit plus aucune autre remarque xénophobe. 

  

Enfin, le petit banquet était bien sympa, mais les filles devaient reprendre leur affaire, en plus des cours, et elles n'avaient toujours pas attrapé Rose. 

Ce qui devenait vraiment bizarre, vu qu'elles partageaient pas mal de cours ensemble, dont une était quand même de la même maison. Elles en étaient à ces réflexions quand elles rentrèrent dans Wyatt. 

L'amerloque faisait joujou avec une corde à sauter. 

« C'est un lasso. » 

« Non, bolosse. Une corde avec deux extrémités à poignet, c'est une corde à sauter. » 

« Il y a littéralement un bout noué, c'est un lasso que tu utilises pour attraper quelque chose en vol. » 

« C'est bien trop long pour être une corde à sauter. » 

Alors que Wyatt s'apprêtait à remercier Harley qui prenait sa partie, Clara les surprit encore une fois : 

« C'est une corde pour adulte, alors. » 

« Une corde à sauter à 10 pieds 80 ? » 

Au tour des filles de stopper de surprise.  

« Ça fait à peu près 3 mètres 20 à 3 mètres 30. » 

Voici enfin l'entrée en scène de Rose. Son intervention n'eut pas l'effet escompté par contre. Wyatt eut un rictus moqueur alors que Chloe se plongea en pleine réflexion, l'air de vérifier les dires de sa camarade. Clara la pointa du doigt, vite retiré par Clare qui ne la trouvait pas polie.  

« Ouais, bien trop longue pour une corde à sauter », affirma Harley. « Une corde normale fait moins de 3 mètres, et encore moins pour les enfants. » 

« Pourquoi tu connais ça ? » 

« Je m'intéresse au saut à la corde. Et je n'invente pas des choses comme une certaine personne. » 

Malgré son regard insistant sur la blonde, celle-ci ne se tourna pas une fois vers elle.  

« Toi ! On te trouve enfin ! » S'écria Clara envers Rose.  

La rousse en question ne fit qu'hausser un sourcil, nullement affectée par la passion démontrée à son égard.  

« Et vous me cherchez pour quelle raison ? » 

Au lieu d'œuvrer comme d'habitude, c'est-à-dire de demander si leur victime avait reçu des symboles, Clara l'interrogea de manière assez violente au point de l'agresser verbalement.  

« Est-ce que t'as déjà vu ça ? » 

Et lui fourra le papier chiffonné sous le nez. Rose se pencha en arrière avec lenteur, sans se départir de son regard hautain, et détailla le dessin. 

« Ça me rappelle quelque chose. » 

« A-ha ! Je le savais. » 

« Tu ne sais rien du tout », lui asséna Chloe. « Qu'est-ce que ça te rappelle ? » Demanda-t-elle à Rose en étant un peu plus polie.  

Juste un peu, car on sentait quand même son empressement et ton impétueux.  

« Je crois l'avoir vu dans un livre ? » 

« Évidement que tu as vu ça dans un livre ! Tu t'es ensuite mise à le recopier et à les envoyer aux autres ! » 

D'après le regard stupéfait de ses comparses, Clara dut dire une chose qui ne fallait pas.  

« Pourquoi je ferais ça ? » 

Rose, au moins, parut surprise de son accusation. Clara ne s'attendait pas autrement, c'était ainsi que tous les coupables agissaient.  

« À toi de me le dire ! » 

« C'est ridicule », intervint Albus, « tu accuses les gens sans preuve ! » 

« Mais voici la preuve ! Rose vient de dire que qu'elle a déjà vu ce symbole. » 

« Ton explication comporte une incohérence. Plus d'une, en fait, mais la plus importante de toute : pourquoi tu penses que c'est Rose ? Ce dessin, qui vous a été envoyé, je suppose, est tout chiffonné et sans nom, on ne sait même pas qui est le destinataire. » 

Clara se tourna triomphalement vers Wyatt, qui en recula.  

« Évidement que vous allez la défendre, parce que vous êtes ses complices ! » 

Albus eut l'air encore plus insurgé.  

« Oui, vous m'avez entendu ! Vous trois faites parti d'un complot et dessinez de drôles de symbole et les envoyez à nos camarades. Je ne sais pas dans quel but et non plus quel moyen, mais je peux vous assurer que vous allez me le dire avant ce soir ! » 

« T'as une preuve de ce que tu appuies ? » 

« Vous m'avez dit la dernière fois que Rose était occupée en étant super louche sur la raison. Parce qu'elle accomplissait des actes bizarres qui nous perturbent, nous, innocents premières années ! » 

« Non, on a dit ça parce que... On n'a pas à se justifier. » 

« Ouais, parce que vous traficotez des magouilles pour troubler vos camarades ! » 

« OK, là, tu pousses juste des mots dans notre bouche au lieu d'en soutirer. » 

« Et puis, la dernière fois, Rose était avec moi pour demander des ingrédients auprès de Mr Abercrombie. » 

Les filles sursautèrent à la nouvelle voix et remarquèrent que Tobias observait la scène depuis un moment en mastiquant bruyamment. Étant concentrée sur Rose et ses acolytes, Clara faillit ignorer son compagnon facétieux, qui l'avait bien traité de la même manière.  

« C'est ce qu'elle t'a fait croire ! Elle avait juste besoin d'un alibi pour faire croire qu'elle était occupée à autre chose. Mais je connais son dessein ! C'est de dessiner des motifs ambigus et les envoyer à nos camarades ! » 

« Pourquoi est-ce que tu fais une hyper-fixation dessus ? Même si le comportement de Rose est suspicieux, ce n'est pas en l'accusant faussement que tu vas régler le problème. » 

Clare haleta à ses côtés et réagit rapidement avant que Clara ne se mette à manipuler émotionnellement Harley en disant que c'était pour elle qu'elle montait sur ses grand chevaux.  

« Elle a raison, Clara. Respire et écoute ce qu'ils ont à dire. » 

Quand Clara prit enfin sa respiration, le groupe de Rose était encore en pleine messe basse, ce qui n'aidait pas Clara à changer d'avis sur ses déductions. 

« OK, alors résumons : vous avez reçu des symboles étranges et recherchez l'auteur- » 

« Qui est Rose. » 

« Parce que les messages sont dérangeants ? » Termina Wyatt. 

« Un peu quand même, j'en reçois pas mal. » 

« Et t'es la seule à en recevoir ? » 

Harley hocha la tête. 

« Alors pourquoi tu ne serais pas l'auteure des dessins et que tout ça n'est qu'une mise en scène pour avoir de l'attention ? » 

Bien que indignées par de telle accusation, Chloe se mit à songer sérieusement. Après tout, le timing duquel elle fut témoin du comportement d'Harley qui avait attiré l'attention de Clara était trop bonne pour être vrai. Surtout qu'avant ça, Clara était prise en plein sermon avec Tobias par le préfet-en-chef Gabriel Rowle. Chloe était venue après ça, mais Clara avait donc tout prévu. 

Peut-être. 

« Ben, voyons, si c'était le cas, Tobi serait aussi dans le coup. » 

Nullement embêté d'être à son tour accusé, Tobias ne faisait que partager son sachet de bonbon à son groupe d'ami, Clara inclue. Ou s'incluant. 

« Emil en a aussi reçu ! » Intervint Clare en refusant le bonbon proposé. 

« Vous venez de dire qu'Harley était la seule à en recevoir. » 

Albus commençait à en avoir marre de cette histoire. Il y avait trop de trou, comme si chaque nouvelle déclaration était inventé sur le coup. 

« De nous quatre ! » 

« Ouais, vous venez définitivement d'inventer tout ça. » 

« Et ce symbole alors ? On l'aurait inventé ? » 

« Pas possible, je viens de vous dire que je l'ai déjà vu quelque part. » 

« Parce que tu es celle qui l'a inventé ! » Insista Clara en pointant Rose de son doigt collant de sucre. 

« Mais tu vas lâcher avec ça ? » 

« Pourquoi ce ne serait pas Emil qui l'aurait inventé alors ? » 

« Mais parce qu'il en a aussi reçu ! Et pourquoi il le passerait incognito à Harley ? » 

Alors que Clare commençait à contester pour défendre son camarade, les trois filles derrière elle restèrent silencieuses. Clara saisit même brutalement le bras de son amie, la faisant sursauter. Comme elle ne dit rien, l'autre groupe reprit de plus belle, blâmant tout sur le nouveau nom. 

« Il aime peut-être Harley et lui fait comprendre en lui donnant des messages non signé comme un admirateur secret », suggéra Wyatt. 

« Ou au contraire, il ne l'aime pas et lui fait comprendre en lui donnant des messages incognito et menaçant. » 

Chloe envoya un regard blasé à Tobias. 

« Et risquer de tout foutre en l'air en laissant voir qu'il avait le même symbole sur lui ? » 

Tobias haussa les épaules. 

« Bah, sais pas, suis pas dans sa tête. » 

Clare commença à se débattre dans la poigne de son amie, parce que l'air de rien, Clara usait un peu trop de force. 

« Il a peut-être fait tomber accidentellement le papier alors qu'il comptait le passer à Harley. » 

Tous les regards se tournèrent vers Clara qui ne faisait attention à personne. Elle continua d'agripper fermement le bras de Clare et déblatérer des  mots alors qu'elle était en pleine réflexion. 

« Parce qu'on traînait de plus en plus avec Harley, on désignant moi et Clare parce qu'on se fréquentait avant de fréquenter Harley et Chloe, mais en nous voyant ensemble il avait moins d'occasion de passer le message et puis, une fois, on était justement à côté de lui en discutant de ça et il a paniqué. Faisant qu'il a fait tombé le message qu'il voulait glisser discrètement dans les affaires d'Harley. Sauf que, en voyant ça, on a supposé qu'il recevait lui aussi ces messages et on lui posait les mauvaises questions ! C'est pour ça qu'il ne voulait pas en parler !! » 

Elle termina en haussant le ton, faisant grimacer Clare qui recevait tout au premier plan. 

« Ça m'étonnerait qu'Emil ferait ça... » 

Sa petite voix fut vite recouverte par les autres. 

« Ça expliquerait pas mal de chose, en effet », approuva Chloe. 

« Mais comment il aurait réussi à introduire les autres messages ? On ne partage pas tellement de cours ensemble. » 

« Pour ne pas dire aucun, les Ravenclaw ne se retrouvaient avec les Gryffinddor qu'en histoire, vol et défense. Que des cours où il n'y a pas besoin de travailler en groupe. » 

Clara considéra la remarque de Wyatt. Il était vrai que les Hufflepuff partageait le cours de botanique et potion avec les Gryffy et métamorphose et sortilège avec Ravenclaw, faisant qu'ils se retrouvaient avec les Slytherin qu'en cours où toute la promotion était présente. 

Ce qui n'était pas plus mal, moins elle voyait Malfoy, mieux c'était. 

Sans compter le nombre de fois où elle allait dans leur salle commune, bien sûr. 

Et cours d'astronomie où les élèves voyaient plus le ciel qu'entre eux. 

« En fait, les cours de vol et défense, et accessoirement astronomie, sont les meilleurs moyens de le faire. Pas que je dis que c'est vraiment lui. » 

Clare sembla apprécier l'hésitation d'Albus qui ne voulait pas faire de conclusion hâtive, notamment parce qu'elle croyait encore à l'innocence de leur ami danois. 

« Mais qu'est-ce que ça veut dire ? » Demanda finalement Rose. 

« On ne sait pas ! On comptait te le demander parce qu'on croyait que c'était toi. » 

« Non, Clara croyait que c'était Rose, toi tu étais sûre que Rose était innocente jusqu'à ce qu'on se mette à accuser Emil. » 

« Parce que ce n'est pas lui... », répéta Clare de sa petite voix. 

« Je suppose qu'on ne le saura pas tant qu'on ne l'aura pas demandé. » 

À ça, les filles s'échangèrent un regard souffrant. Ce dont Wyatt nota. 

« Pourquoi vous n'allez pas soutirer les vers du nez comme vous l'avez fait pour nous ? » 

« De un, ew pour l'image mentale », commença Chloe « de deux, tu crois qu'on ne l'a pas déjà fait ? » 

« Vous vous en doutez, il était bien moins coopératif que vous », enchaîna Harley. 

« Ah, ça, ce n'est pas notre problème. Donc, si vous voulez terminer cette histoire, trouvez-vous un compromis avec lui, parce que ça ne nous concerne plus », leur dit Tobias. 

Laissé par le groupe, les filles s'échangèrent un regard. De toute évidence, elles ne concluront pas toute de suite cette affaire. 

Merlin savait qu'il serait difficile de discuter avec Emil. 

 

 

  

 Mars 2018 

Albus commençait à douter de son projet. 

Enfin, un des projets qu'il avait avec ses amis. 

Déjà, professeure Kurt qui enseignait la métamorphose disait que le processus pour devenir animagus était compliqué pas uniquement pour les dissuader de le devenir mais parce que c'était vraiment compliqué.  

Bon, après il ne s'agissait pas de connaitre de la magie ancienne comme les runes ou quoi, mais il fallait être en symbiose avec leur signature magique, leur noyau ou un truc dans le genre. Et en tant que élève de 11 ans en apprentissage autonome, ce n'était pas chose facile. 

Wyatt plaisantait qu'ils devaient juste méditer alors et Rose disait que cela s'apparentait à du yoga. Sauf qu'Albus n'avait aucune idée de ce que ces deux termes pouvaient signifier. Lui était intéressé à être animagus que si cela lui permettait d'apprendre un autre langage. 

S'il fallait autant de temps, autant qu'il apprenne quelque chose de plus intéressant. 

Par exemple la legilimencie. 

Madame Li lui avait jeté un regard soupçonneux quand il demanda où se trouvait les livres à ce sujet mais le lui renseigna tout de même. Avant de lui conseiller de ne rien faire d'irréfléchi. Elle voulait que les élèves soient passionné de connaissance, de préférence en faisant des recherches dans les livres, mais elle ne voulait non plus créer des problèmes comme violation de vie privée. 

Il était vrai que se tourner vers la legilimencie quand devenir animagus prenait du temps n'était pas la meilleure solution. Au moins, il se disait que s'il ne pouvait pas apprendre le fourchelangue qui était soi-disant inné, il pouvait au moins voir les intentions des serpents avec la legilimencie. 

Parce qu'il n'allait pas utiliser sur des humains comme pouvait croire certaine personne. 

Le contraire n'était cependant pas assuré, alors il valait mieux apprendre l'occlumencie. Au cas où. 

Il ne perdait rien à apprendre de nouvelle chose, non ? 

Concernant les potions, Rose disait qu'il était impossible de créer un breuvage qui permettait de comprendre les autres langues, qu'il valait mieux se tourner vers les sortilèges pour cela, comme babbel. Wyatt disait que c'était justement parce que ça n'existait pas qu'il fallait relever le challenge. Et puis, le sort babbel ne s'étendait pas pour le langage des êtres de l'eau et c'était ce que recherchait Albus. 

Pour ça, il s'est donc tourné vers les plantes, qui étaient tout de même les principaux composition d'une potion. Et de tout ce que le professeur Longbottom lui a dit, aucune plante ne permettait ou n'était locutif. Il songea alors ce qui pouvait être locutif. Et outre les plantes, les animaux étaient l'autre espèce vivante qui pouvaient parler, bien que pas toujours compréhensible pour les humains. 

Les perroquets, par exemple. 

Ou les sphinx et manticores et trolls, côté magique. 

Albus se demandait si les gens se procurer leurs cordes vocaux et les examiner, est-ce que cela leur permettrait de savoir comment ils peuvent parler, avant de balayer cette idée. Cela peut semblait innovant mais aussi très cruel juste pour satisfaire une curiosité morbide. Surtout qu'il n'y avait pas toujours d'explication logique avec la magique. 

Dans ce cas, n'était-il pas correct de dire que quand on veut, on peut ?  

Pourquoi ne serait-il pas son cas, de pouvoir parler le fourchelangue ? 

Parce que s'il savait que c'était possible d'apprendre le langage des êtres de l'eau et des gobelins et beaucoup d'autre créatures, il n'y avait pas des milliers d'ouvrage dessus et cela commençait à l'irriter. 

Il fut sorti de ses pensées quand on s'installa en face de lui, ce qui le contraria encore plus, bien qu'il se garda de le montrer. Il était en droit, cependant, car de ce qu'il en savait, il ne manquait pas des chaises libres avec une table dans la salle commune des Ravenclaw. 

Il perdit un peu de son animosité en reconnaissant Clare. Peut-être voulait-elle le parler, songea-t-il en se rappelant de leur affaire de symbole mystérieux à elle et ses amies. 

Sauf que la chinoise ne fit qu'ouvrir son livre pour se mettre à lire. 

Albus fut à nouveau agacé. Pourquoi prenait-elle la peine de le déranger dans son moment solitaire si ce n'était pas pour le parler ? N'aurait-elle pas pu aller s'installer ailleurs ? Voire hors de la salle commune qui était vide auparavant, sans le compté bien entendu. 

Son hostilité devait se sentir puisque sa camarade leva la tête. 

« Tu veux lire le livre ? » 

Outré et encore plus fâché de sa question innocente, il lui répondit, plus acerbe que nécessaire. 

« C'est quoi, même ? » 

« Un manga, One Piece, c'est Clara qui me l'a prêté. » 

« À moins que cela puisse m'aider à étudier le langages des êtres de l'eau, je n'en ai pas besoin. » 

Son ton mordant et son manque de coopération pour une conversation polie devant s'en ressentir, Clare eut une expression confus à pourquoi elle lui accordait son attention. Albus se sentait presque mal de l'agresser. 

« Ça n'aide pas vraiment à étudier d'autre langage, tous les personnages parlent tous la même langue, ce qui est plutôt surprenant parce qu'il y'a une espèce d'homme-poisson. Mais il y a aussi un renne qui parle, donc bon.... » 

À son manque de réaction, les joues de son interlocutrice se colorèrent violemment et Albus en était presque fier. Ça lui apprendra à le déranger. 

« Tu peux essayer le langage des signes. » 

« Il y a des signes qui peuvent être offensants pour certain sans qu'on le sache. » 

« Dans ce cas, faut être observateur et deviner leur intention. La plupart du temps, les gens sont assez lisibles. » 

« Et les êtres magiques ? Les être de l'eau ont toujours la même expressions ou les gobelins, ils ont toujours l'air ronchons. Remarque, ils le sont probablement aussi, toujours ronchons. » 

« Je t'aurai bien proposé de lire sur les lèvres mais ils faudrait d'abord comprendre leur langage pour pouvoir lire. » 

Albus haussa les épaules, plus si venimeux que précédemment, l'échange l'ayant fait réfléchir. Il pourrait aussi apprendre à lire sur les lèvres après. 

« C'était quoi cette histoire de renne qui parle ? » 

« Oh, le personnage s'appelle Chopper. C'est techniquement un renne normal mais il a mangé un fruit qui lui confère des pouvoirs de se transformer, dont en humain. » Elle eut une pause, comme considérant quelque chose. « En fait, cela lui permet aussi de communiquer avec des animaux, faisant la traduction si nécessaire. » 

C'était intéressant et ce qui s'en rapprochait plus de ce que Albus comptait confectionner avec Tobias. S'il pouvait créer une potion qui permettait un familier de se transformer en humain, alors celui-ci pourrait faire la traduction. Même s'il devait avouer que ce serait long et composait de beaucoup trop d'étape. 

Ou alors, il pouvait continuer son projet de devenir animagus avec Sean et boire la potion pour être le traducteur une fois dans sa forme animal. Mais cela voudrait dire persister dans la méditation. 

Albus soupira. Au final, cet échange souleva plus d'option que de solution. 

« Ça avance comment votre affaire ? » 

Son effort de continuer la conversation fut sanctionner d'un soupir et regard peiné. 

« Les filles pensent toujours que c'est Emil. Surtout qu'Harley a de nouveau reçu le symbole après le cours de vol. Au moment de récupérer nos affaires, un bout de parchemin dépassait du sac d'Harley et celui d'Emil était ouverte. » 

C'était en effet très suspicieux. 

« Et j'imagine qu'il continue de vous éviter ? » 

Elle hocha la tête d'une mine contrite. 

« Mais je suis sûre que ce n'est pas lui. Emil a bien d'autre chose à faire que ces mesquineries. Par exemple, il... Il nous débarrasse des insectes nuisibles ! » 

« Certes. » 

Emil Stewart avait en effet créé récemment un outil magique qui attirait les insectes environnantes pour les coincer vivants. Que ce soit cafards, cloportes ou vers de terre, ce qu'on en trouvait pas mal dans le château, sans parler de l'extérieur. Ce n'était pas si étonnant puisque Poudlard avait tout de même comme politique d'accepter tout le monde, comprenant tous êtres vivantes existants, bien que les humains aimeraient tout de même être séparer des arthropodes dans un établissement. D'où l'intérêt d'une animalerie plus loin du château. En gros, la création d'Emil était vraiment bien, plus personne n'avait affaire à des bourdonnements parfois traumatisant ou des visions causant des phobies, mais Albus savait ce que le garçon faisait en plus et il se gardait de le dire à la chinoise. 

Parce que si le danois rendait service à sa camarade qui montrait une grande aversion pour cette catégorie d'animal, il donnait ceux-ci aux araignées. 

Alors, il aidait bien sûr la chaîne alimentaire et créait, peut-être, une sorte de lien en pensant soudoyer ces animaux à huit pattes en les nourrissant mais quel était la différence avec les autres insectes ? Peut-être, comme lui avait raconté son oncle Ron, qu'il projetait de se lier d'amitié avec les acromantules car il y avait un régiment dans la forêt interdite ? Et bon, les araignées servaient beaucoup plus à l'écosystème que les autres nuisibles, mais ils restaient des insectes que certain, comme Clare avait en horreur.  

Qui essayait-il de berner ? Il les avait aussi en horreur. 

Mais bref, les actions d'Emil Stewart avait un dessein en plus d'être un paradoxe qu'il trouvait hypocrite, mais il ne le partagea pas, surtout parce qu'il pensait que personne n'était pas au courant de la seconde partie. Et cela ne l'aidait pas à sa cause, parce qu'Albus décelait tout de même un côté mesquin. 

« Tu avais quelque chose à me dire ? » Détourna-t-il le sujet. 

La chinoise lui jeta un regard effarouché. 

« Tu t'es assis en face de moi. » 

« Oh. Je pensais que c'était malpolie de ma part de ne pas m'installer à ta table alors qu'il y avait personne. Si je m'asseyais à l'autre table, on va croire que je suis en mauvais terme avec toi. » 

Sauf qu'Albus voulait peut-être être seul, mais il ne le dit pas parce qu'elle n'avait pas de mauvaise intention. Et parce qu'au final leur échange lui a fait pas mal réfléchir. 

  

Comme cela le mena à rechercher sur les acromantules. 

Leur origine remonte au dix-huitième siècle, des rumeurs disant que l'espèce aurait été créé par un sorcier car les créatures parlantes sont rarement autodidactes. Sa créations serait pour protéger quelque chose. D'après les récits de son oncle, ce que feue l'araignée Aragog, élevé par Hagrid, gardait précieusement serait son antre et sa famille. 

Albus supposait qu'il pouvait comprendre et s'y retrouver, lui aussi protégerait son coin privé de toutes ses forces, et violence s'il fallait. 

Albus se demandait s'il arriverait à créer une telle créature aussi. Pas une araignée, bien sûr, mais un animal à priori sans danger en créature surnaturelle et parlante, et probablement protectrice aussi. 

Après tout, des créatures créé par des sorciers, il y'en avait bien eu des tas, basilic et chimères entre autres.  

Alors qu'il réfléchissait à partir de quel animal il allait créer sa créature, temps que Rose lui disait d'utiliser pour méditer, il fut distrait par une conversation. 

Elle comprenait son camarade Elias et son cousin Scorpius Malfoy. Les deux parlaient d'écoles de magie, Dursmstrang et Beaux Bâtons notamment, mais aussi de leur programme d'échange scolaire. 

Il releva la tête à ça. Peut-être qu'en allant dans d'autres écoles de magie il pourrait apprendre un moyen beaucoup plus simple les langages magiques. Dursmstrang saurait comment parler le gobelins, Beaux Bâtons les créatures marin. Il pourrait même apprendre à communiquer avec les arbres à Castellobruxo. 

Il mourait d'envie d'en savoir plus concernant ces échanges scolaires mais en voyant Scorpius Malfoy tirer son cousin pour continuer de discuter à l'écart d'oreille indiscret, il sut qu'il n'en saurait pas si tôt. 

Sauf si... Sauf s'il allait demander à quelqu'un de plus âgé qui saurait certainement lui expliquer. 

Il retrouva James en train de glousser comme une fille avec son ami dans la cour de métamorphose. Les deux étaient tellement à fond dans leur délire en pointant quelque chose sur la tablette entre eux qu'Albus dut toussoter plusieurs fois et de plus en plus fort pour attirer leur attention. Enfin, il voulait plus celui de son frère mais vu qu'ils ont l'air d'être un ensemble, faire arrêter de rire l'un équivalait à l'autre. 

« Tiens, mais qui voilà ? Un revenant qui veut bien me parler ! » 

« On s'est parlé pendant les vacances. » 

Même que leur père avait demandé des congés spécialement pour qu'ils puissent être en famille afin de passer les fêtes de fin d'année. Il prenait soin de garder cette tradition pour la première année à Hogwarts de ses enfants, au moins. De même qu'il allait aussi poser quelque jour durant les vacances de pâques. 

Bien que depuis le mois dernier, Albus prévoyait que le nom allait être modifié en vacance de printemps plutôt, vu que les sorciers n'étaient pas chrétiens. Et l'autre en vacance d'hiver. Si la directrice Professeure Sprout voulait bien écouter la pétition écrite par Clara. Albus était pratiquement sûr que la blonde n'en avait rien à faire, mais juste pour clouer le bec de certain piafs, elle le ferait avec plaisir et avec assez d'envergure parce qu'elle aimait attirer l'attention.  

« Ça fait trois mois. » 

« Ça aurait pu être plus long. Bref, j'avais une question à te poser. » 

Son frère arqua un sourcil, à la fois amusé par sa réponse que curieux qu'il vienne le voir, lui. Albus se demandait aussi pourquoi. 

« C'est vrai qu'il y'a des programmes d'échange scolaire ? » 

James échangea un regard excité avec son ami.  

« Bien sûr ! Dursmstrang et Beaux Bâtons sont les premiers de la liste et faudrait s'inscrire le plus tôt possible pour prévoir le nombre d'élève, mais il y a aussi Castellobruxo et Koldovstoretz. Paraît que la directrice va aussi mettre en place avec Ilvermorny, mais c'est encore que des rumeurs. » 

Surpris, il découvrait un côté de son frère qu'il ne s'y attendait pas. Qui aurait cru que le flamboyant et impulsif James Potter soit si intéressé par les programmes d'échange ? 

« Tu t'es déjà inscrit ? » 

« Ouais, j'ai posé ma candidature pour Castellobruxo en début d'année et j'aurai ma réponse à la fin d'année. » 

« Si long ? » 

« Encore plus long pour toi vu que ce n'est autorisé qu'à partir de la quatrième année. » 

« Quoi ? Mais pourquoi ? Si la directrice compte aussi proposer Ilvermorny, faisant qu'on a le choix de cinq écoles, commencer à partir de notre quatrième année nous ferait rater une. » 

« Sans oublier le fait que tu dois être choisi en premier lieu », nota l'ami de James. 

Albus ignora l'intervention du garçon pour défier son frère du regard. 

« C'est la loi, minus. Surtout qu'un programme d'échange est fait pour que tu puisses apprendre. Tu n'es qu'un novice en magie les deux premières années de Poudlard et tu as des options en troisième année, on va pas mettre le programme en plus. Apprend d'abord à jongler ce qu'on t'enseigne avant d'ajouter de nouvelles choses. » 

Albus se retint vraiment fort de ne pas répliquer qu'il en savait déjà plus que nécessaire ici. De un, c'était présomptueux, de deux, un peu pas vrai. Se débrouiller en potion et métamorphose n'équivalait pas à l'ensemble des enseignements et il était vrai que s'il était toujours à temps dans ses leçons c'était parce qu'il faisait ses devoirs en cours d'histoire de la magie où les autres en profitaient pour compléter leur nuit. 

Sauf qu'il ne voulait pas vraiment croire en son frère et regrettait d'aller vers lui en premier quand il avait d'autres membres de la famille dans sa maison, dont ses cousins Louis et Victoire, la dernière étant même la préfète-en-chef. Cependant, les Weasley sont aussi formels que son aîné, le programme d'échange n'est possible qu'en quatrième année. 

Bon, il n'avait plus qu'à se concentrer et rechercher son animal spirituel. 

  

Il entendit à nouveau parler de l'affaire quelque jour plus tard. 

Ce fut aussi la dernière fois comme ils le résolurent à ce moment. 

Ils se dirigeait avec sa cousine et Wyatt vers la grande salle pour l'heure du dîner et croisèrent la bande de fille, qu'il devait admettre faisait une belle panoplie de couleur des quatre maisons, pas totalement ensemble. Les trois filles des trois autres maisons étaient regroupées juste sous les escaliers et regardaient leur camarade qui arrivait des cachots en compagnie d'Adrian. 

Wyatt fut curieux. 

« Qu'est-ce que vous faites à attendre ici ? » 

« Clare nous a dit de l'attendre pendant qu'elle parle avec Adrian », dit Clara en essayant de remettre son uniforme en place. 

« Pourquoi vous ne pouvez pas participer ? » 

« Elle ne le veut pas. Et il y a deux raisons pour ça : soit ils parlent d'animaux, soit des cours. » 

Rose leur envoya un regard méfiant, de même que Chloe et Harley jetèrent un regard discret à Clara. 

« Et qu'est-ce qui est si secret avec ces deux sujets ? » Demanda Albus à son tour. 

La blonde haussa sèchement les épaules, abandonnant sa manœuvre sur son uniforme. 

« J'en sais rien ! Demandez-lui ! Elle ne veut pas qu'on intervient dans la conversation, je ne vais pas m'y incruster ! » 

« Mais elle t'a dit de quoi ils parlent ? Elle ne veut peut-être juste pas que vous parlez à Adrian. » 

« Ouais, ça ne m'embêterai pas », fit Harley. 

Il était vrai qu'il était un peu difficile de discuter avec le blond. Il était soit toujours fourré à l'animalerie pour passer du temps avec sa bergère allemande, ce que Albus concevait, quand on avait un animal de compagnie il fallait lui accorder beaucoup de temps, soit en train de rire comme un bossu avec ses camarades de chambre pour une quelconque raison que ce soit. Au début, il comprenait pour les maladresses du professeur Wonder, mais au bout d'un moment, c'est usant tout comme les maladresses, sauf que ni l'un ni l'autre ne s'arrêtait, tel un cercle vicieux. Ou alors parce qu'ils se moquaient entre eux, et assez bruyamment. Même Rose les a menacé une fois d'être plus silencieux lorsqu'ils s'abrutissaient. 

« C'est peut-être pour ça qu'elle ne veut pas parler avec lui devant vous. » 

Harley jeta un regard mauvais à Chloe. 

« T'es aussi incluse. » 

Avant que Chloe ne puisse répondre, Clara devança en niant. 

« Surtout que moi, j'ai jamais rien dit. » 

« Tu l'as peut-être fait mais tu ne t'en souviens pas ? » Suggéra Wyatt. « Je sais que les TDHA peuvent être distraits quand ils parlent. » 

Albus ne comprit rien à ce qu'on son ami dit mais Clara eut au moins l'air d'y réfléchir. La chinoise arriva entre-temps. Bien qu'elle ne dit pas un mot, tout le monde se tourna vers elle. 

« Et donc, vous avez parlé de quoi ? » 

Décontenancée, elle leur répondit tout de même en comprenant qu'ils désignaient de sa conversation avec Adrian. 

« D'astronomie, il n'était pas d'accord des résultats du test et voulait qu'on le refasse. » 

« C'est pas à lui de décider, non ? C'est Sinistra qui nous a noté. » 

« Déjà, c'est professeure », lui corrigea Rose « et ensuite, il est vivement conseillé de faire des auto-test en dehors des cours pour être plus performants à la prochaine leçon. » 

N'appréciant pas de se faire corriger, Clara n'écouta pas ce qu'elle dit et singea tout le temps qu'elle parlait. 

« Et vous êtes allés dans les cachots pour vous tester ? » Reprit Chloe. 

« Il y a un planétarium dans une des salles inutilisées. » 

« Vous faites comment pour vous tester ? Celui ou celle qui reconnait le plus de constellation ? » 

Le sarcasme de Clara étant bien plus opaque que les fumets du repas de ce soir, Clare eut une grimace en se tournant vers son amie. Mais ce fut Harley qui répondit : 

« Toi, ça se voit que tu ne suis pas les cours d'astronomie. Le dernier devoir était de connaître l'emplacement des planètes pour prévoir les événements futurs. » 

« À l'échelle individuelle seulement », commenta Choe. « Chacun de vous perçoit l'emplacement d'une planète, différent pour chacun donc. Alors je ne vois pas comment vous faites pour vous tester. Voir qui a la meilleure réponse sur des perceptions différentes et donc uniques ? » 

« On regarde surtout qui reconnait le plus vite les planètes et déterminons leur emplacement approximatif. » 

La réponse eut pour effet de stopper tout mouvement. Avant que Clara ne reprenne ce qu'elle faisait avec son uniforme, Albus remarqua qu'elle luttait contre une fermeture éclair et échangea un regard avec Wyatt. 

« Attends, t'es en train de dire que vous le faites sans instrument ? » 

Quand Clare hocha la tête, surprenant alors Harley et Chloe, Albus comprit l'étendu de la situation. Même avec un planétarium où il était possible de recadrer l'objectif, il fallait avoir une superbe vision pour reconnaître les corps célestes dans le vaste monde qu'est l'espace. Pour cela, les sorciers avaient au moins des outils tels les longues vues métamorphosés par des anciens élèves plus performants que les muggle, mais les centaures le faisaient aussi sans. 

« C'est si surprenant ? » Releva alors Wyatt. 

« Réfléchis. Même si on a tous eu un avant-goût de magie sans baguette, nous pratiquons tous avec maintenant. L'une des raisons est parce qu'on préfère que ce soit la baguette qui subit les contre-chocs plutôt que notre personne, mais l'autre étant que la magie sans baguette est vraiment épuisant. Et vu qu'on n'a jamais eu qu'affaire à de la magie élémentaire, il est plus difficile pour nous d'y avoir accès, c'est pourquoi plus personne n'arrive à faire de la magie sans baguette une fois à Poudlard. » 

Albus et Wyatt avaient écouté patiemment l'explication de Chloe et il lui revint à penser qu'elle était vraiment douée pour avoir l'attention de son public. 

« Pourtant Clare l'a fait sans problème avec Adrian. » 

Harley hocha la tête avec gravité. 

Albus supposait qu'il pouvait comprendre pour Clare, Rose lui avait une fois commenté qu'elle avait été dans une école de magie spécialement pour chinois avant d'entrer à Poudlard, mais le cas d'Adrian était un mystère. 

« Adrian a dû l'apprendre quand il était à l'étranger l'année dernière. C'est aussi pour cette raison qu'il a un an de retard, je veux dire, il a techniquement un an de plus que nous et au lieu d'être un niveau au-dessus, il se trouve dans notre promotion. Parce qu'il a raté un an. » 

Albus se mit à hocher la tête en même temps que les autres, juste histoire de l'arrêter de parler, vu qu'elle s'embrouillait dans ce qu'elle voulait dire. 

« Ça n'expliquait pas pourquoi il est aussi compétitif. » 

Clare haussa les épaules. 

« En plus, ce n'est pas juste avec toi, il le fait avec tous ceux qui se débrouille bien en une matière. Genre, botanique... » 

Harley interrompit l'exemple de Chloe en soupirant fortement. Parce qu'elle était la victime dans ce cas, devant supporter l'esprit compétitif du blond en plus d'être dans la même maison. 

« Ou en potion », poursuivit néanmoins Chloe en lui envoyant un regard. 

Harley le lui rendit. Wyatt détendit l'atmosphère pour commenter qu'il ne le ferait pas ne cours d'Histoire de magie vu qu'il dormait. 

« Bah, en fait », commenta Clare avant d'hésiter. 

« Continue, partage donc à la classe ce que tu sais », lui encouragea Wyatt. 

Albus se retint de rire au ton complaisant de son ami. 

« Vous savez comme pratiquement personne n'arrive à suivre le cours d'histoire ? » Les deux garçons se gardèrent de dire qu'il en était de même que le cours d'astronomie « Eh bien, on a, en quelque sorte, crée un soutient scolaire pour survoler les leçons. Et Adrian l'a appris et a ramené d'autres élèves... » 

« En gros, il essaie depuis d'incruster son grain de connaissance alors que c'est Clare qui fait le gros du travail, en plus d'être la pionnière du groupe de soutient », termina Harley plus rapidement. 

Albus était plus que impressionnée, si lui travaillait seul pour rester à niveau sur l'histoire comme la plupart des élèves, il devait avouer qu'il était curieux de ce soutient scolaire qui regroupait quelque élève de leur promo en plus de la bande d'amie s'il a bien compris. 

Soudain, Rose eut une exclamation, les surprenant tous. Maintenant qu'il le remarquait, elle était restée bien silencieuse depuis un moment. 

« Je sais où j'ai vu ce symbole ! » 

Personne ne voyait de quoi elle voulait parler, sauf Chloe qui lui donna son entière attention. 

« Ça m'est revenu quand vous avez parlé d'astronomie, ce n'est pas ça, mais ça en rapprochait : c'est de l'astrologie ! J'ai vu ça dans un article de sorcière hebdo, les horoscopes de miss Brown. » 

La réalisation se fit dans le regard de la Slytherin qui se tourna vers les filles. Clare fut la seconde à comprendre et eut un sourire hébété alors que Harley ne voyait pas où cela menait et que Clara était toujours en train de batailler avec sa fermeture éclair, ce dont Wyatt s'en moqua effrontément. 

« Clara ! C'est un symbole de l'astrologie ! » 

« Hein ? De quoi ? Quel planète ? » 

« Non, non, pas astronomie, astrologie ! Horoscopes, tu sais ! » 

« De quoi on parle, là ? » 

« Les symboles ! Ce sont des signes du zodiaques... » 

Clara la coupa soudainement : « L'horoscope ! » 

Elles hochèrent la tête avec entrain, échangeant des sourires béats, mais tellement qu'Albus craignait pour leur corps. Chloe avait aussi un sourire fier, seule Harley semblait encore perdue, alors qu'elle était la concernée. 

« Eh bien, qu'est-ce que vous attendez ? Allez retrouver cette personne et l'agresser comme vous l'avez fait pour moi ! » 

Sans tenir compte de l'ironie dans la voix de Rose, les filles firent ce qui leur était demandé et accoururent dans la grande salle, en les laissant en plan. Derechef, Albus échangea un regard avec Wyatt et haussèrent dans un même mouvement leur épaule tout en jetant un regard à Rose, qui ne leur accorda pas plus d'attention pour se diriger aussi dans la grande salle. 

À l'intérieur, les filles entouraient une personne à la table des Slytherin et chahutaient incompréhensiblement. Mais comme Rose s'installait à la table des Ravenclaw, il la suivit avec Wyatt pour se préparer à manger. 

Au cours du repas, il put enfin voir qui était cette personne. 

La fille du prof. Dont il ne ferait pas l'affront d'épeler son nom. 

Il les voyait discuter un peu plus calmement qu'au début et parfois désigner quelqu'un des autres tables. Ou plutôt deux personnes : Emil Stewart et une fille de Gryffindor. Albus pensait qu'il avait son nom en tête dû à la couleur de ses cheveux qui étaient encore plus éclatants que Rose, mais il se contenta de noter sa peau mate qui rappelait les gens du sud car ils passaient le plus clair de leur temps sous le soleil, ainsi que de ses yeux sombres, pour la même raison. 

Alors qu'il terminait son repas et quittait la table, il entendit la phrase qui conclut l'affaire : 

« Les Balances sont plus compatibles avec les lions. » 

Sauf que lui avait d'autre hippogriffes à chevaucher, dont une méditation qui s'annonçait laborieuse. 

 

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