Année 44-45 : La descendante d’Ionise Stewart, ainée
23 Septembre 2044
Susanna Stewart n'est pas une fille capricieuse.
Au contraire, elle est très responsable, sait en quoi son rôle de sœur aînée lui incombe d'assumer. Elle doit s'occuper de ses sœurs et frères plus jeunes, veiller à leur bien-être et santé car ses parents lui ont confié cette tâche une fois qu'ils sont livrés à eux-mêmes dans les murs de Poudlard.
Non, pas à eux-mêmes puisque Su est là. Elle sait ce qui est bon pour ses sœurs, car elle a plus d'expérience. Elle sait de quoi elle parle.
Susanna est une élève disciplinée, organisée et n'est pas volage ni transparente. Elle sait ce qu'elle veut et le fait bien. Elle n'use pas de technique qu'elle juge indigne comme Emelie ou ne se fait pas marcher sur les pieds comme Lina. Si quelque chose ne lui plaît pas, elle le dit.
Même si elle devrait vraiment faire attention quand elle ouvre la bouche.
C'est une camarade de maison et de chambre qui va l'apprendre.
Poufsouffle de sixième année, Susanna se voit contrainte de partager sa chambre avec quatre autres étudiantes alors qu'elle venait quitter le foyer familial où elle a déjà dû dormir avec ses deux sœurs. Oh, pas qu'ils soient pauvres et ne peuvent se permettre un chez-soi plus grand, mais disons qu'elles (ses sœurs et elle, s’entend) n'ont pas besoin de garder leur marque ici, dans cette maison qui va de toute façon appartenir au fils unique et digne héritier.
Super.
Donc, les trois grandes sœurs doivent se contenter d'une chambre -grande, bien sûr comme tout ceux de cette demeure-, qui va probablement devenir une chambre d'ami une fois leur départ après leur mariage. Emelie a plaisanté en disant qu'elle ferait en sorte de ne pas se caser. Surtout qu’après le fiasco avec McLaggen, elle réfléchira à deux fois avant d'entamer une relation.
(Pas la peine de parler de Lina, les parents l'oublient souvent lorsqu'ils abordent le sujet, mais pas Su, parce que c'est la seule cadette qui l'écoute. Emelie est plutôt garce car elle veut être aussi intéressante que Soeren et ce dernier profite d'être le préféré)
Donc, elle partage sa chambre avec quatre stupides collégiennes qui n'utilisent pas le trois quarts de leurs neurones parce qu'elles sont beaucoup plus intriguées par le maquillage et tous les attrapes-pisseuses qui les rendent encore plus crétines qu'elles ne le sont déjà. Bon, comme la cohabitation est obligatoire, elle s'y est faite mais ça ne veut pas pour autant dire qu'elles s'entendent bien. C'est même tout le contraire.
Aujourd'hui encore elle ne mâche pas ses mots pour dire ce qu'elle pense des activités d'une, Colline Scheffer.
- Tu crois vraiment pouvoir gagner ta vie en te plongeant dans ce monde imaginaire ?
- Je ne t'ai pas demandé ton avis, réplique sèchement l'autre.
- Non, mais tes créations commencent à prendre beaucoup de place et empiète ma partie et là, ça me concerne.
- Tu n'avais qu'à le demander, persiffle Scheffer en récupérant tous ses papiers pour les mettre dans un tas sans ordre précis.
Sanna soupire avant de rejoindre son bureau et vaquer à ses occupations mais elle est vite perturbée par le fredonnement de l'autre résidente du dortoir en plus de ses crissements de crayon. Elle se demande d'ailleurs comment c'est possible, ce ne sont que des coups de mines, rien d'impressionnant.
- Tu sais, tu n'es pas seule. Si tu veux laisser libre cours à tes fantaisies enferme toi dans une bulle d'intimité ou dans ton monde fictif tant qu'on y est, lui assène-t-elle au bout d'un moment.
Colline se relève brusquement pour être debout sur son lit afin d'avoir de la hauteur et une certaine pression sur ce qu'elle dit. Elle pointe d'ailleurs la danoise du doigt.
- Un jour, tu retireras tout ce que tu viens de dire sur ma passion.
Tel une malédiction qu'elle jette mais sans baguette ni éclair magique. Juste une promesse
Tenue une semaine plus tard alors qu'elle était accompagnée des dernières personnes qu'il faut côtoyer pour sortir dans sa situation.
Les arbres ont des troncs gris avec des feuillages hachurés...en gris. La terre sur laquelle elle se trouve est granuleux et parsemée de caillou sans couleur. Et pas gris comme il faut. Il n'y a pas d'horizon que ce soit en gris, bleu ou indigo. Même pas noir, en fait.
Susanna se trouve dans un endroit à décor inconnu et avec trois autres filles. Les dernières qu'elle s'attendait : la Serdaigle Brenda Holbein, la Caméléide Shannon au triple nom de BCC et la Gryffondor Payton Carmichael. Dont elle est d’un an leur cadette. Pourquoi elles ?
À vrai dire, elle peut même se résoudre à demander juste pour elle. Qu'a-t-elle fait au bon dieu ? Quoique comme elle n'est pas croyante...
- Allons, allons, qu'est-ce que tout cette mise en scène ? Je n'ai pas que ça à faire, soupire Brenda.
Susanna se retient d'en faire de même, à défaut elle lève les yeux en l'air à l'entente du ton condescendant de Holbein.
- Bien sûr, un samedi matin. Parce que mademoiselle a un emploi du temps de ministre, raille Shannon.
- C'est plus que de laisser trainer sa langue dans la bouche de son petit-ami, réplique l'autre en embrassant le paysage -ou l'absence de celle-ci- du regard.
Cette fois-ci, Su ne se retient pas de soupirer intérieurement. C'est pour ça qu'elle ne traîne pas avec ces descendants de 30 légendes, elle les trouve si immatures. Bon, elle ne va pas jusqu'à les considérer avec mépris comme son père, mais elle sent qu'elle ne peut pas s'entendre avec. Beaucoup trop originales pour elle. Emelie par contre s'entend copain comme cochon avec eux, d'ailleurs elle est même la rivale d'Elena Malefoy pour être la fille la plus populaire de la promotion 2030 des Gryffondor. Et Lina... Bah, elle est invisible lors de la plupart des réunions et Su s'est même demandé une fois si elle était vraiment présente.
Enfin, elle s'égare. Elle se trouve donc quelque part d'étrange avec trois filles aussi singulières comme compagnons pour une durée aussi indéterminée que cruelle.
Quel début de w-e séduisante.
- On dirait qu'on se retrouve dans un dessin. Un genre d'esquisse, commente Payton.
Bien que cette dernière soit toujours tête en l'air, quand elle se concentre, elle dit des choses bien pertinentes, la petite (juste d'un an son cadet, mais bon).
- Plutôt bien appliquer pour une esquisse, note Brenda avec une moue.
Susanna est beaucoup plus touchée par la remarque par contre. La seule personne qui dessine comme ça qu'elle connaisse est Colline Scheffer. Et justement, la dernière fois elle lui avait annoncé un oracle, ou plutôt une promesse de vengeance. Celle-ci.
Disons qu'elle récolte ce qu'elle a semé.
Mais elle ne l'admettrait pas aux trois autres. Faut pas rêver. Elle est en tort, mais elles n'ont pas à savoir, pas comme si elles savent comment les en sortir si elle avoue la vérité. N'est-ce pas ?
- Ce doit être un sort. Ou une malédiction, lâche Shannon.
- Genre, tu t'y connais ? Renifle Brenda.
- Pourquoi, toi si ?
- Ça peut très bien être une potion d’immersion.
- Et on se l'a procure où, mademoiselle la pro ? Rétorque Shannon.
- Dans une réserve de potion ? Réplique Brenda avec une pointe de sarcasme.
- Tout est tellement facile quand tu sais comment procéder, approuve Payton.
- Oui, cette personne doit maîtriser une certaine technique pour avoir fait d'un dessin un monde parallèle.
- Oh, mais elle parle, se moque Brenda. Lui attirant un regard glacial de Susanna.
Shannon glousse pour approuver mais Payton ne semble plus du tout avec elles.
- Quel genre de magie est-ce ? Noire, vous pensez ? Questionne la plus jeune.
- Ancienne ? Suggère Shannon.
- Qu'est-ce que donne le sort de révélation ? Fait Su.
- Je n'ai pas ma baguette sur moi, répond simplement Brenda.
C'est sûr qu'il n'est pas indispensable d'avoir une baguette lors des concoctions de mixtures magiques mais quel sorcier digne de ce nom ne sort pas avec son accessoire fétiche ? Brenda Holbein, de toute évidence.
- Rien, qu'est-ce que tu crois ? Soupire la caméléon.
- On dirait une barrière en papier qui empêche la magie de fonctionner.
Ironie alors que cet univers même a été créé magiquement.
- Dans ce cas, il suffit de déchirer ce papier.
- Encore faudrait-il savoir où s'attaquer.
Elles regardent tout autour d'elles mais ne repèrent rien d'autre que de la verdure gris.
- Il y a un lac qui scintille, pas loin, observe Brenda jumelle sur le nez.
- Comment as-tu obtenu ça ?
- Ils ont un nom, ceci est une paire jumelle, parce qu'ils se placent devant les deux yeux et portent sur le nez, comme des lunettes mais s'use comme des loupes.
Je sais ce que c'est, merci, se retient Su de lui balancer en pleine face, à la place, elle la toise fixement.
- Je n'ai pas une très bonne vue, se confesse la sang-mêlé comme si ça explique tout.
- Tu risques de te les abîmer plus qu'autre chose, s'incruste Shannon.
- C'est la tare des myopes, soupire Payton. Est-ce que le lac est sans danger ?
- Eh bien, je ne sais pas. Le seul que je connaisse est sombre et peuplé d'êtres aquatiques et celui-ci est blanc et brille.
- C'est dû aux rayons de soleil, non ?
- Sauf que tu n'as pas l'air de remarquer qu'il n'y a pas de soleil. Ou alors il est très bien caché derrière cet amas blanc qui se prétend être des nuages. Ou de la brume.
Très compact comme brume. Qui d'ailleurs se modélise sous les yeux ébahis des filles pour former une silhouette qui s'approche.
- Bonjour, chères visiteuses, les salut-elle d'une voix cristalline. Êtes-vous là pour découvrir une merveilleuse aventure ou une vue fantastique?
- Par contrainte ? Lâche Susanna.
- Pour une expérience ? Enchaîne Brenda pas plus excitée.
- Parce qu'on était au mauvais endroit au mauvais moment ? Joue Shannon.
C'est drôle comme elles peuvent être sur la même longueur d'onde dans une situation pareille, elle se dit que si ça arrive souvent elles pourraient bien s'entendre. Parfois.
Surtout quand elle voit le sourire crispé de leur hôte qui a de toute évidence les traits de Colline Scheffer.
- C'est par où la sortie ? Achève la Carmichael qui ne lit absolument pas entre les lignes.
Sauf qu'au lieu d'être abattue ou quoi, l'être brumeux et contingente esquisse un large sourire comme si elle attendait cette réplique.
- C'est simple, il vous faut traverser un certain nombre d'épreuve en accomplissant la demande...
- Ok, combien d'épreuve, exactement ? Accepte Shannon, qui a gagné certain trait de sa mère Gryffondor, comme le fait de foncer tête baissée.
- Qui dure combien de temps ? Poursuit Brenda, imperturbable. Personne ne la détournera de son objectif de retourner travailler en silence.
- Sinon quoi ? Demande la vraie Gryffondor. Payton ne sait vraiment pas lire l'atmosphère.
- Sinon, vous serez éternellement coincées ici.
- Mais bien sûr et comment tu vas expliquer nos absences ? Marmonne Su.
- Ne t'inquiète pas, j'ai tout prévu. Un papercut vous remplacera.
Les filles n'ont d'autre choix que d'échanger un regard. Elle veut que des papiers prennent leur place ? Déjà qu'elles ont du mal à intégrer que ce qui les entoure est bien réel, alors les autres ne risquent pas non plus de tomber dans le panneau. Cette perspective les rassure quant à savoir que la supercherie serait éventée. Mais au cas où, elles vont quand même jouer au jeu qu'on leur impose, ne sait-on jamais. Puis de toute façon, elles n'ont rien à faire et elles veulent vraiment sortir d'ici.
- Votre première épreuve serait de traverser le lac.
- Avec quoi ?
- Ça, c'est à vous de trouver.
Les filles froncent des sourcils. Elle n'est quand même pas en train de les faire faire ça à la nage ? Bon, au vu de l'aspect vaseux, elles n'ont pas à craindre de se noyer trop rapidement, cependant ce n'est qu'en apparence. Ça tombe, l'eau est bien profonde et rempli de créatures terribles.
- Il nous faut un bateau, déclare Payton.
- Et on l'obtient comment ?
- Nous sommes des sorcières oui ou non ? On nous confisque nos baguettes ou le lancer de sort ? Eh bah, on réplique en s'en servant de pinceau magique ! Siffle Brenda.
Elle est énervée parce qu'à chaque fois qu'elle porte sa baguette sur elle il n'y a pas de problème mais il a fallu qu'aujourd'hui où elle comptait entamer un grand projet pour que le monde entier soit contre elle et la nargue en lui faisant remarquer qu'en tant que sorcière elle se doit de garde la baguette magique sur elle.
Sauf que si on est de vrais sorciers, on n'a pas besoin d'instrument pour faire de la magie.
Alors elle pique la baguette de leur cadette et trace rageusement un radeau sur la terre grise parsemé de caillou blanc cassé et la tapote violemment afin de la faire surgir de terre.
- Eh, doucement, elle ne t'appartient pas, soupire Shannon alors que la propriétaire ne fait que regarder curieusement.
Sanna ne sait même pas si elle doit plus s'exaspérer du fait que la plus jeune est vraiment inconsciente ou plutôt qu'aucune d'elles ne réagissent alors qu'elles voient bien que la magie ne fonctionne pas.
- Tu n'agis pas comme il faut. Je te parie qu'il faut la dessiner sur un autre support que cette fausse terre.
- Je rappelle juste que tout ce qui nous entoure est fait de papier et que ce que vous appelez fausse terre ou autre n'est que de l'encre gris, mal utilisé par ailleurs.
- Arrête de faire la rabat-joie et observe, sifflote Shannon en rendant la baguette à Payton avant de s'avancer vers le vaste étendu blanc peuplé de traits réguliers pour donner l'air de vague.
Avec sa propre baguette, elle trace de longues lignes d'un bout à l'autre dans le ciel vierge en continuant de siffloter gaiment. Au bout d'un certain temps, qui ont paru une éternité pour Su qui a dû supporter le fredonnement ridiculement stupide de la caméléon, cette dernière se tourne vers ses compagnons et s'exclame joyeusement.
- Et voici notre navigation ! Prenez-en de la graine !
Il semblait que ce qui sert de ciel -séparé de la mer avec seulement un trait d'horizon- soit en effet un meilleur support pour mettre en forme des objets volumineux, après tout c'est aussi de là que provient leur hôte sans nom. Le bateau que Shannon a dessiné est carrément un bâtiment luxueux qui flotte maintenant sur le lac toujours aussi opaque. Une fois à bord, les trois accompagnatrices observent les environs avec certaine hébétude.
- Eh bien, je dois t'avouer que je suis surpris de ton talent pour le dessin, en plus ce n'est même pas de travers.
- Je vais ignorer la dernière remarque et me réjouir du fait que tu sais quand même complimenter, Stewie.
- Ne m'appelle pas comme ça, nous n'avons pas élevé des dragons ensemble.
- Non, mais on va traverser tout sorte d'épreuve au bon gré de cette capricieuse gamine, ça peut tisser des liens, répond Brenda à la place.
- Et maintenant ? Comment on fait pour faire démarrer cet engin ?
Silence.
- C'est vrai que tu n'as pas dessiné d'encre, comment se fait-il qu'il reste sur place ?
- Peut-être qu'il faut déployer les voiles et se créer nous-même du vent.
- Ce serait un bon début. Oh, et on s'arrête où ?
- Vous verrez, répond Colline.
- Pourquoi, tu vas nous faire un remake de Charybde et Scylla ?
Bien que les filles ne soient pas violentes, c'est bien la seule fois qu'elles veulent étrangler cette version de Colline Scheffer et son sourire agaçant. Pour ne pas devenir des criminelles, même si c'est un univers virtuel, elles font ce qui leur est dite et s'éloignent de cette tentatrice de la force obscure. Même si ce n'est qu'un court moment.
Pendant que Shannon et Susanna se battent pour la direction qu'il faut naviguer -ce qui est vraiment dérisoire parce que tout l’horizon est la même-, Brenda emprunte à nouveau la baguette de Payton -après lui avoir demandé poliment bien sûr, pas deux fois la même erreur- et dessine un flacon de potion dans les airs. Après un bon moment de concentration et d'application un peu effrayant pour juste un petit récipient, la baguette est rendue et la potioniste en herbe se félicite de sa création, qu'elle utilise dans les plus brefs délais. Elle découvre la bouteille et verse le contenu fait de plusieurs couches de sable tout autour de leur navire. Elle fait bien parce que l'instant d'après celui-ci tangue violemment et des crocs apparaissent pour dérober la proue.
- Ok, la mise en scène est juste un peu classique... Puis, ce n'est pas comme si on a quelque chose à craindre, grogne Susanna.
- Non, au pire des cas, on aura juste un casque fait de croc parce que cette créature ne fera que passer à travers nous, renifle Shannon.
- Réflexion faite, ce n'est pas mieux, soupire Su.
- Venez autour du gouvernail, les interpelle Brenda, j'ai disposé d'une barrière de protection autour. Comme ça, on sera regroupée et protégée.
- Bien, maintenant faut savoir où nous diriger, je propose cette île au terre défriché plutôt que celle qui a tout l'air d'un paradis, commande Su. Parce qu'il est bien connu que tout ce qui semble beau n'est fait que de pourriture.
- Quel vision de la vie, soupire Payton. Je suis d'accord, mais c'est moi qui dirige, dit-elle en brandissant un sabre à la lame blanche et remettant son tricorne gribouillé de noir.
- Il y en a une qui semble à fond dans le jeu...
La plus jeune dirige alors les opérations en demandant de s'accrocher à une barre ou poutre parce que 'ça va secouer'.
Et ça secoue beaucoup.
Après avoir valsé jusqu'à la poutre, Susanna se relève en grommelant. Se disant qu'elle n'a de toute façon rien à faire à côté du gouvernail -pas comme si son avis allait changer celle de la ‘capitaine’-, elle décide de monter à la vigie, histoire de servir à quelque chose.
Honnêtement, voir de haut ce qui l'entoure est un sentiment vraiment jouissif, même si dans l'état actuel des choses ce n'est qu'un étendu de blanc strié de noir, montrant l'agitation du lac causé par le monstre des mers qui est un hideux hybride. À moins que ce soit une chimère ?
Bref, elle saisit sa baguette et s'empresse de tracer une enclume dans la partie encore calme du ciel, parce que bien sûr un malheur ne vient jamais seul, il a fallu que le sadisme de Scheffer se manifeste et qu'elle fait intervenir un orage en plus de tout ça. Donc, si elles ne se débarrassent pas vite de la créature, elles vont aussi s'occuper du climat qui laisse encore moins de répit. Enfin, elle ne dit pas que ce mélange de requin-kraken leur laisse du répit mais... Passons. Son enclume assomme partiellement le dit-monstre, assez pour le faire lâcher le bois-papier de leur bateau et le temps que Payton manie leur direction, elles seront éloignées de l'autre danger qui gronde derrière elles.
Elles accotent sur la rive d'un îlot quelconque et descendent aussi vite que leur tremblement dû au tangage marine leur permet. Une fois sur terre ferme, même si c'est du sable qui craque, les filles se posent sans plus de retenu en soufflant.
- Finalement, ce n'est pas si éprouvant, déclare soudainement Shannon.
- Tu plaisantes ou quoi ? C'était l'aventure la plus folle que je n'ai jamais eu ! S'exclame Brenda.
- Oui, mais toi, tu ne sors jamais de ton antre alors chaque expérience est une folie, raille Shannon.
- Et toi, tu en as pensé quoi ? Demande Payton à la Poufsouffle.
Susanna prend le temps de reprendre sa respiration et une profonde réflexion. Au début, elle a vraiment rechigné à participer à ce...truc qu'on lui a imposé, mais finalement elles ont réussi à collaborer et chacune a eu un rôle utile. Et puis, franchement, c'était... Amusant.
- Ça va, je me suis bien divertie -pas amusée, hein-. On ne dirait pas mais cet univers est sympa.
Aussitôt qu'elle a dit ces mots un bruit sourd résonne. Cela ressemble à grondement et un instant elles craignent à une averse, mais en se concentrant cela semble plus être...un rire.
- Aha ! Je te l'avais dit que je te ferai changer d'avis !
Leur hôte leur apparaît à nouveau et les domine de sa petite hauteur. Le visage de Colline leur est plus reconnaissable après l'épreuve, ce qui les fait froncer des sourcils, mais ce qui irrite particulièrement Su est le doigt pointé sur elle. On ne lui jamais apprit que c'est malpoli ? Elle n'a pas le temps de faire la remarque que tout autour d'elles se brouille comme prises dans une tornade.
Quand tout s'apaise, les filles se trouvent dans le dortoir des filles de Poufsouffle de sixième année. Autour d'elles se trouvent des feuilles de dessin éparpillés sur le sol qu'on ne voit même plus.
- C'est comme ça que tu prends soin de ce que tu cherches à défendre ? Nargue Sanna en soulevant un sourcil en direction des feuilles.
- La ferme, grogne Scheffer en les ramassant d'un mouvement de baguette. J'ai dû improviser des dizaines de dessins pendant tout le temps pour où vous y étiez parce que vous n'êtes vraiment pas coopérantes.
- En même temps tu le fais contre notre gré, il ne fallait pas t'attendre à ce qu'on saute de joie.
- Vous avez bien fini par vous y contenter.
- Tu ne nous as pas laissé le choix, il me semble...
- Peu importe, mon objectif est de te faire changer d'avis sur mon activité, Stewart !
- Eh bien, j'admets que se créer ce genre d'univers est plaisant. Pour les ermites de ton genre. Mais je persiste à dire que cela ne te ferait pas gagner ta vie. M'enfin, tu fais ce tu veux... Puis, je te fais des remarques uniquement parce que cela empiète mon espace.
- Et visiblement ce n'est pas prêt de changer.
- C'est comme ça que mon aventure s'est terminé, achevé Payton son récit devant son père.
- Eh bien, tu as dû t'amuser, sourit Sean.
- Donc elle vous a coincé dans un dessin via la potion d'immersion ? Répète Albus, incrédule.
Ah, les jeunes de nos jours, ç’aurait pu devenir dangereux.
- Oui, j'étais corsaire ! Mes matelots ont eu une confiance aveugle en moi.
- N'exagère pas, on a été aveuglé, oui, mais c'est parce que tu ne sais absolument pas contrôler le gouvernail.
- En tout cas, c'est fou comme les élèves peuvent être...créatives pour les vengeances, souffle Rose.
- Et en plus venant d'une élève comme Scheffer, marmonne Harley.
Elle se souvient surtout de cette élève pas impliquée pour une noise dans son cours.
- Et quel prénom ! Vu ceux de ses parents, j'ai pensé qu'ils allaient épargner ça à leur fille mais... C'est pire ! Pouffe Élise.
Tobias de son côté se mord fortement les lèvres inférieurs pour ne pas se faire entraîner. Il n'est pas si mesquin, lui.
En même temps quels parents nomme son enfant Colline alors qu'eux même ont des prénoms de sexe opposé ? Papa Allison et maman Samson, bien sûr. Chut, pas moqué.
- Ils ont voulu rendre le prénom neutre mais c'est finalement devenu un inanimé.
Ou plutôt un élément géographique qui n’est pas le plus gratifiant.
Fin
Bonus :
- Franchement, Sean, tes filles seront toujours un mystère pour moi, taquine Rose.
- Tu peux parler, la tienne est plus compréhensible, peut-être ?
- Oui, mais je veux dire que ton aînée est quand même particulière dans son genre, en plus d'une cadette studieuse que ça en devient inquiétant et d'une benjamine gâté, il faut que t'es deux fils ne s'entendent pas. Je suis sûre qu'elle serait capable de plonger à nouveau dans ce monde d'immersion inconsciemment dans le futur.
- Proche ou lointain, d'ailleurs, marmonne Elise.
Fin. (La vraie)