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R5. C3

Hiver 2021.

Koldovtoretz se trouvait à l'autre bout du monde.

Les platistes muggle diraient que c'est la limite de la terre et c'était la raison pour laquelle il ferait aussi froid. La véritable raison était que l'école de magie se trouvait à l'extrême nord de la Russie et donc au point le plus proche de l'arctique.

Même la magie ne pouvait plus faire grand chose pour Clare et elle dût se vêtir des polaires fournis par l'école de magie. Luxchana demanda une double couche que ceux des élèves locaux portaient et se lança plusieurs sorts de réchauffement en plus de demander à Clare de lui en jeter aussi. 

Cela amusa Clare, qui compatissait tout de même bien que peu troublée par le climat extrême.

Au moins, les chambres pour les élèves étrangers étaient équipés de sorte que cela tienne chaud. C'était de la taille de dortoir pour une dizaine de personne avec une salle d'eau attenante mais toujours au mur de glace, heureusement, pas aussi frais qu'on craignait. Clare et Luxchana étaient seules car pas beaucoup de gens souhaitaient faire des échanges avec Koldovstoretz et les rares visiteurs sont toujours bien accueillis. Et qui disait se chauffer, disait cuisine, Luxchana demandait souvent Clare de faire des petit en-cas tardives mais rechanffants grâce au réchaud portative qu'elle a pensé à emmener. 

Avec le reste, elle les modifiait pour que cela soit facilement transportable, vivement inspiré des distributeurs alimentaires de Beaux Bâtons, et les envoyait à Hogwarts pour nourrir Vicky. Le bout de chou n'était pas très en forme depuis un moment. 

Les journées dans la citadelle en cristal commençaient fort en physique pour aider ses résidents à supporter le froid pour le reste de la journée, on débutait ensuite sur les cours académiques après un repas chaud et chaque salle de cours était assez éloignée de l'autre pour permettre ses élèves de se dégourdir les membres, mais les jambes surtout, donnant un autre moment physique. Puis, survenait le repas de midi encore plus chaud après des heures de cours entre quatre murs de glace sur des meubles cristallisés. Restaient alors encore trois heures de cours où c'était principalement pour les potions, qui était la matière qui faisait reconnaître le nom de l'école de magie.

Outre les heures de cours, Clare traînait dans les salle de cours pour glaner des informations sur sa mère, une ancienne élève de Koldovstoretz.

Le maître des potions ne pouvait lui renseigner grand chose, étant nouvelle de moins d'une vingtaine d'année, ratant de peu sa mère. Celle-ci ne devait non plus être une élève exceptionnelle dans cette matière, n'ayant laissé aucun souvenir de ses exploits car ceux-là étaient bien sûr affichés fièrement pour que les nouveaux élèves russes puissent s'en inspirer.

Le maître de duel lui apprit que c'était une élève studieuse mais solitaire et qui créait toujours des sorts pour faciliter la vie, notamment de nomade, nota-t-il au bout d'un moment. Avant de lui apprendre qu'elle faisait partie de l'équipe de Quidditch.

Clare se souvint alors du journal de son oncle qui disait que sa mère a pu le rencontrer à Mahoutokoro grâce à un match amical ou d'entraînement de Quidditch entre les deux écoles. Elle se mit alors à chercher la personne qui se chargeait d'enseigner le vol, car cela allait forcément lui mener au Quidditch, le sport magique.

Seulement, pour aller au terrain de Quidditch n'était pas chose facile, car celui-ci se trouvait en dehors des protections de l'école.

Comme il était difficile de pratiquer le sport dans des conditions climatiques aussi extrêmes, l'école a passé un accord avec le village de sorcier le plus prêt qui avait des degrés plus élevés, de permettre aux joueurs d'aller et venir autant qu'ils le voulaient pour jouer leur sport favori. Après tout, nul par ailleurs ne faisait aussi frais qu'en Russie, car même les joueurs canadiens qui se trouvaient à Ilvermorny pratiquaient leur sport dans des conditions beaucoup plus supportables.

Et pour accéder au village sorcier le plus près, qui n'était vraiment pas près question distance, il fallait quitter l'école mais pas ses protections.

« Il faut qu'on prend le toboggan magique ? » S'exclama Luxchana.

Comme son petit-ami est joueur de Quidditch, il fallait bien qu'elle en apprenne plus sur le sport qui le passionne autant, si elle ne pouvait pas passer du temps avec.

« Il est invisible aux yeux moldu, considérez ça comme un tunnel magique qui vous mènera rapidement là où vous souhaitez vous rendre. C'est rapide et relié aux protections de l'école. Car nous n'allons certainement pas ouvrir les protections à chaque fois qu'il y a des vas et viens. »

Clare et Luxchana s'échangèrent un regard.

Il était vrai que leur arrivé le mardi 30 novembre soir, elles étaient arrivées dans un vestibule qui ressemblait à un igloo et qu'elles avaient cru être séparé de l'école de magie. Mais elles avaient dû grimper plusieurs marches pour arriver directement au sein de la citadelle et subir le terrible froid. L'igloo servait de station où un réseau de cheminée connecté au niveau international a été construit spécialement pour accueillir les entrées et servait aussi de sortie. Il se trouvait en dehors des protections de l'école, mais comme le village, les marches étaient protégés et reliés aux protections. Il n'y avait pas d'autre entrée et personne ne pouvait passer à travers les protections magiques, pas même les oiseaux non-magiques qui n'étaient pas déjà présents à l'intérieur des protections.

Pour envoyer des courriers, il fallait laisser les colis et lettres à la réception qui servait de poste et qui se chargeait de les donner aux chouettes hulottes, l'espèce qui supporte le mieux le temps froid par la robustesse de son corps. Il fallait donc comprendre que l'espèce passait aussi à travers un tunnel magique, à moins que ce ne fût le travail du réceptionniste slash fauconnier

Respirant pour se donner courage, Luxchana lui échangea un dernier regard avant d'entrer et glisser dans le toboggan, mais Clare fut pratiquement sûre qu'elle s'est fait aspirer.

Quand elle se tourna vers le gardien qui les a dirigé, celui-ci leur tournait déjà le dos pour retourner à l'intérieur des murs de glace qui faisait moins frais qu'ici.

Il était vrai qu'ils étaient à l'intérieur des protections mais il aurait été plus poli d'attendre qu'elle soit partie avant les laisser seules.

Inspirant pour se donner du courage aussi, elle s'avança jusqu'au bord du toboggan et toucha les parois pour s'assurer de leur fondation. Elle s'installa et sentit son derrière planer plutôt que toucher le bas du toboggan. L'impression était terrible et elle crut être suspendue en l'air. Elle n'eut pas le temps de s'en plaindre qu'elle se sentit glisser et se faire happer dans le vide.

Elle poussa un cri en attrapant sa baguette contre elle, pour ne pas risquer de s'accrocher aux parois plutôt et se faire écorcher la chair.

La glissade dura un moment, mais quand elle ouvrit les yeux, elles vit que le haut du toboggan n'était pas du tout couverte, où plutôt couverte d'une vitre transparente afin de permettre de profiter du paysage accéléré tout en étant protégé des intempéries. Elle arriva en atterrissant sur de la neige artificielle. Heureusement, où elle aurait eu des engelures aux mains à coup sûr.

Luxchana l'attendait avec des yeux amusés et excités. Quelqu'un avait aimé le tour. Clare se demanda si le retour allait être semblable et frissona. 

Elles visitèrent un peu le village en faisant signe aux habitants qu'elles croisaient et faisant en sorte d'avoir le sigle de l'école bien en vue. Enfin, aux abord du village se trouvait le terrain de Quidditch et quel ne fut pas le choc de voir les joueurs voler sur des troncs d'arbre entier plutôt de balai.

« C'est peut-être plus confortable ? » Supposa Luxchana.

« Cela ne demande-t-il pas de détruire plus d'arbre ? » Clare songea écologiquement.

Luxchana haussa les épaules avant de s'installer dans les gradins pour observer les techniques des joueurs pendant que Clare cherchait un adulte qui pourrait être l'entraîneur ou le maître de vol.

Il s'avéra que le maître de vol avait aussi la fonction d'entraîneur, ce qui n'était pas surprenant et qui aurait dû être le cas de Hogwarts s'il n'y avait pas eu quatre maisons.

Le vieil homme se souvint de sa mère avec tendresse et tristesse.

Lys Ievskov était une enfant qui voulait se prouver et travailler ardemment pour toujours réussir. Juste participer n'était pas suffisant, il lui fallait parvenir à ses fins pour ne manquer de rien. Il disait qu'elle lui avait confié se sentir mal d'être adoptée et devoir à sa famille d'adoption, car elle a été abandonné par sa famille pauvre et muggle. Qu'elle n'avait plus aucun souvenir d'eux et qu'elle ne connaissait même pas son prénom de naissance et que Lys n'était qu'un prénom que ses parents adoptive lui avait donné car elle ne savait dire que ça.

« Est-ce qu'elle vous a recontacté après être diplômée ? »

« Non, mon enfant. Je pense qu'elle m'a raconté tout ça dans un moment de vulnérabilité mais qu'elle regrette depuis et qu'elle aurait préféré que j'oublis tout ça. »

« Pourquoi me l'avez-vous raconté alors ? »

« Parce que vous êtes aussi vulnérable en ce moment qu'elle l'a été. Je ne sais pas comment elle est ni où elle est en ce moment, mais je doute qu'elle veuille que vous soyez aussi triste et perdue qu'elle à son âge. »

« Elle va bien, en ce moment, elle va aller bien. »

Il lui tapota gentiment le haut de la tête, voulant sûrement la consoler en entendant sa voix au bord des larmes.

« Je pense qu'elle ne voulait pas d'enfant. »

« Allons, jeune fille. Votre mère pensait peut-être ainsi plus jeune, mais ce sont des souvenirs qui datent de plus de trente ans. »

« Justement. Un petit calcul dit qu'elle m'a eu en fin de trentaine, elle comptait sûrement arriver à la quarantaine sans héritage. J'ai dû être un accident. »

« Elle vous a pourtant élevé jusqu'à aujourd'hui. »

« Elle ne m'a jamais rien raconté de sa vie. Ni mon père d'ailleurs. Je n'ai appris leur histoire que récemment. Leur union était désapprouvé et ils ont dû quitter l'Asie pour reconstruire une vie, ils ont un enfant tard mais qu'ils n'avaient probablement jamais voulu... »

Le maître de vol lui tapota encore le sommet du crâne sans rien dire et Clare essuya le coin de ses yeux. Cet homme devait être un legilimens très puissant pour pousser les gens à déballer leur sac sans qu'il ne demande rien.

« Je pense que votre mère ne voulait pas élever des enfants gâtés. Elle s'est mise à me faire ses confidences parce que sa demande de participer au match d'entraînement à Durmstrang à été refusé sous prétexte qu'elle était née muggle. Étant fière, cela a beaucoup blessé sa dignité, vous comprenez ? »

Du coup, elle a élevé une fille craintive qui ne dirait jamais rien de mal aux autres. Car il ne fallait pas blesser les autres si on ne voulait pas se faire blesser, n'est-ce pas ? 

Clare se demanda si sa demande de candidat pour échanger à Dursmstrang sera accepté pour l'an prochain, vu que c'était le but premier de Luxchana et elle. Elle se demanda aussi qu'elle aurait été la réaction de sa mère si cela avait été favorable et aussi quel aura été sa réaction en apprenant qu'elle a été refusé à la première demande. 

« Merci de m'avoir accordé de votre temps. Comment fait-on pour retourner à l'école de magie ? »

« Le tunnel se trouve juste derrière le terrain. Vous devez grimper les marches en colimaçon qui vous aideront aussi à progresser plus vite. Ne réfléchissez pas trop, mon enfant, je vous assure que votre venu au monde est désiré. »

Dans ce cas, elle finirait abandonnée par ses parents comme sa mère et son père l'ont été.

 

« C'est quoi comme morceau ? » Lui demanda Luxchana.

Clare cessa de tourner la manivelle de la boîte à musique pour laisser sa camarade la rejoindre sur les marches d'escalier.

C'était les vacances d'hiver et la grande majorité des élèves étaient rentrés chez eux. Les filles avaient décidé de rester pour voir comme les congés se passaient dans les autres écoles mais aussi parce qu'elles n'était pas désirées ailleurs.

« Je ne sais pas, Adrian me l'a offert pour mon anniversaire et je ne reconnais pas la musique. »

« Il est vraiment adorable avec toi. »

« Il est adorable avec tout le monde tant qu'on l'est avec lui et qu'on apprécie Vicky. »

« Et il n'y a que le chien qui vous relie ? »

« Non, bien sûr que non. Je l'apprécie aussi pour lui. »

« Et il le sait, ça ? »

« Je pense... »

« Tu ne comptes pas lui dire ? Je croyais qu'après avoir été frappé par un sort inconnu, tu préférais ne pas conserver tes sentiments et oublier de ta réserve. »

« Tu as tout entendu ? »

Luxchana haussa les épaules. « C'est quoi le pire qui pourrait t'arriver ? Te faire rejeter ? »

« Je peux ne pas aimer le rejet. »

« Bien sûr, mais tout garder pour toi n'est pas meilleur. »

« Est-ce que tout va mieux pour toi, qui t'es exprimé ? » Claire lui retourna la question.

Le silence lui répondit.

« Non, tu as raison, le rejet n'est pas facile. »

Clare ne dit rien, elle apprit avec le temps que le silence était une invitation pour l'autre de continuer.

« Je dois sûrement poursuivre une illusion. Je suppose que les filles me l'ont prévenu et que je risque seulement de me blesser dans toute cette histoire, mais que puis-je faire ? Que puis-je faire pour qu'il réponde à mes sentiments à sens unique ? »

Clare n'avait pas réponse à ça. Elle-même devait vivre avec ses sentiments sans réponse. Bien sûr, comme pour Adrian, elle n'a rien dit, mais Emil agissait comme s'il savait et ne faisait pourtant rien pour l'encourager ou la dissuader dans ses sentiments.

C'était pénible et torturant, et Clare souffrait comme Luxchana qui souffrait ouvertement.

Mais elle n'avait pas le droit de montrer qu'elle souffrait puisqu'elle n'avait pas raison d'être triste. Emil ne l'a pas rejeté comme elle ne s'est pas déclarée et ses parents ont été retrouvé et recevaient des soins à St-Mungo. Jin Hao lui a conseillé de ne pas retourner en Angleterre juste pour voir leur corps inerte dans leur lit d'hôpital et il avait raison, elle ne servirait à rien et ne ferait qu'être dans les jambes de son cousin qui a bien voulu s'occuper d'elle.

Elle n'avait pas à être une charge en plus.

Elle n'avait pas à se plaindre.

Et pourtant qu'elle se sentait seule et abandonnée.

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