Ils ont pu avoir un entretien avec le fameux William Morton en jouant des connaissances de Richard, qui se fit passer pour un expert. Habillé en civil, personne ne pouvait supposer qu'il était agent dans le quotidien. L'homme de lettre les accueillit dans un bureau aménagé pour l'occasion.
Il avait des cheveux argents et le teint hâlé, quelque chose que Scarlett n'aurait jamais pensé de la part d'un libraire, elle qui les croyait cloîtrés dans leur havre. Il avait aussi un air empâté d'une personne qui aimait dépenser et s'engraisser.
Sauf que malgré son apparence, son visage montrait aussi une pâleur surprenante. Il ne cessait de tripoter l'anneau de ses doigts en dévisageant tour à tour l'homme blond, le jeune homme brun et la jeune fille asiatique. Un curieux groupe qui se prétendait expert du journal de la période renaissance.
" Bonjour, monsieur Morton. Nous sommes ici car nous avons entendu parler de la découverte du journal du moine espagnol, Joseph de Cordoba. Il faut dire que nous sommes à la recherche de cet ouvrage depuis un certain moment déjà et c'est une réelle chance qu'on a de pouvoir en parler avec vous, qui avait trouvé cette perle. "
" Il s'agit juste d'un vieux journal écrit dans un espagnol encore plus vieux. "
" Exactement. "
Scarlett se força de garder un visage neutre alors qu'elle était prête à décrocher de la conversation. Surtout quand Richard entrait à fond dans son jeu en employant l'espagnol que ni Scarlett ni Matt ne connaissaient, ayant appris le français plutôt.
" Comme par exemple la porte des Ténèbres. "
Scarlett tressaillit en reconnaissant les termes qui lui mettaient mal à l'aise depuis l'incident. Malheureusement, elle fut bien plus remarquable qu'elle n'aurait voulu. William Morton lui jeta soudainement un regard écarquillé. Puis, il fit la navette entre elle et Matt, Scarlett nota avec un dégoût non dissimulé que ses doigts se sont mis à s'agiter comme s'il voulait s'agripper à quelque chose.
" Tu es la Fille et toi, le Premier des Cinq. "
Elle n'eut même pas besoin de se tourner en direction de son frère qu'elle sut que leur attention était beaucoup plus concentré qu'à l'instant. Cet homme savait quelque chose pour avoir le journal en possession, il le leur fallait définitivement.
" Puisque vous êtes au courant, vous devez comprendre qu'il nous faut le journal. Ce n'est qu'une question de temps. "
" Non, attendez, il peut aussi s'agir d'un trucage et vous voulez m'avoir et juste me prendre ce qui peut rapporter gros. "
" Et aussi beaucoup d'ennui ", compléta Matt.
" Est-ce que tu me menaces ? "
" Simplement un constat. Vous n'allez pas me faire croire que vous n'êtes pas effrayé, en ce moment même. "
Pas de réponse, Morton semblait même incapable de répondre, tant il peinait à respirer. Scarlett crut qu'il allait s’asphyxier et ils pourraient en profiter pour fouiller la pièce sans que l'homme ne les dérange. Puis, elle se sentit mal de penser ça parce que l'homme pouvait réellement avoir peur de quelque chose et qu'elle n'était pas assez compatissante pour penser qu'il souffrait.
Avant de se dire qu'elle s'en fichait, en fait. Elle voulait juste avoir le journal et quitter cette place.
" Très bien, le seul moyen de le découvrir est que vous me le prouviez. "
Avant qu'ils ne puissent demander comment, William Morton brandit une main tremblante.
" Demain, venez dans l'église Sainte Meredith, a Moore Street. Si vous me convainquez que vous êtes ceux que vous prétendez être, je vous passe le journal. "
Inutile de le dire deux fois.
Le quartier de Chelsea n'était pas de celui qu'ils fréquentaient, aussi par crainte de le rater, Richard décida de les accompagner incognito en plus de leur demander de rester sur appel, afin qu'il puisse entendre toute leur conversation.
Lorsque les deux adolescents entrèrent dans l'église, un frisson les parcourut alors que l'ambiance sévère de l'endroit les entoura. William Morton paraissait encore plus pâle et entourait un paquet dans ses bras comme si sa vie en dépendait. Il ne perdit pas une minute lorsqu'il les aperçut.
Avec des chuchotements furieux, il demanda à l'un d'entre eux de passer à travers une porte et de lui ramener quelque chose de l'autre côté. Après s'être débattu visuellement, Morton opta Scarlett, songeant qu'elle le ferait sans trop d'argument.
Sauf que Scarlett n'avait pas envie de passer de l'autre côté de la porte. Et si on lui demandait ce qu'elle fichait ? Elle serait incapable de répondre. Et que lui ramener ? Des brindilles qu'elle trouverait dans un coin de Moore Street ?
Franchement, cette quête de sauver le monde était ridicule.
Pourtant, quand elle passa de l'autre côté de la porte, elle ne retrouva pas derrière Moore Street ou dans un autre renfoncement d'église. Cependant, ce n'était pas possible qu'elle soit encore à Sainte Meredith, l'endroit était totalement rénové. C'était comme si l'endroit s'était imprégné d'une propreté que la petite église anglaise avait perdu il y a des années de cela. Or pour ramener quelque chose était difficile comme l'endroit semblait nu de meuble. Tout était gardé derrière des cordons et Scarlett se demanda si elle avait ne serait-ce que le droit d'y pénétrer. Au ton di nouveau venu, elle n'avait pas le droit. Puis, en dernier recours, elle prit une photo du lieu avant de repasser par la porte en souhaitant de toute ses forces retrouver Matt et lui parler de cette bizarrerie. Tant pis pour le journal de Joseph.
Mais à son retour, elle a le choc de trouver la mort de William Morton et l'église être la patrouille de policier. Alors que Richard la rejoignait pour vérifier son état, inquiet de ne pas l'avoir revu avec Matt, Scarlett constata que le journal n'était plus en possession de l’antiquaire.
David Tarrant se chargea personnellement de les interroger avant de suggérer des repos pour l'officier. Richard avait bien l'air secoué même s'il disait le contraire.
Le jour suivant, c'était Susan Ashwood accompagnée de monsieur Fabien qui les visitèrent en déclarant qu'ils comprenaient leur implication et qu'ils l'avaient fait pour obtenir le journal, mais ils auraient dû solliciter leur aide, Nexus aurait été prêt à payer le prix qu'il fallait pour leur quérir ce journal qui allait tous leur aider. Puis, ils ont fini par conclure qu'ils étaient au moins soulages6 qu'ils n'aient rien eu.
Scarlett n'osa leur parler de son aventure que tard dans la soirée, une fois qu'elle s'est assurée de ne pas être chez elle, car elle soupçonnait qu'il pourrait y avoir des micros. Car après tout, ils ont bien dû mettre un GPS sur son portable pour qu'ils aient su qu'ils étaient à Sainte Meredith. Et ce n'était pas qu'elle n'avait pas confiance en Nexus, mais un peu quand même.
" Vous savez quand j'étais passée de l'autre côté de la porte, je crois que je n'étais plus à Sainte Meredith. En fait, je crois que je n'étais même plus à Londres. Regardez la photo que j'ai prise. Je ne sais pas où c'est, mais surement pas en Angleterre. De plus, les gens qui m'ont surpris parlaient en français, mais avec un horrible accent. "
" Parce que tu penses parler mieux français ? " Releva seulement Matt.
" Non, mais ils avaient vraiment un terrible accent, qui m'arrachait des frissons. "
" Laisse-moi voir cette image ", demanda Richard alors que les deux frère et sœur continuaient leur débat puéril. " Si je ne me trompe pas, et je ne pense me tromper après trois ans d'histoire, la photo que tu as prise est l'oratoire de Saint Joseph, à Montréal. "
Il fallut quelque minute pour les deux enfants de comprendre la signification.
" T'es sûr de toi ? "
" Absolument, j'aimerai juste savoir si c'est vraiment cette photo que Scarlett a pris et non pas une photo de vacance un peu flou.
" Je ne suis jamais allé à Montréal, je n'ai jamais quitté le pays. "
" Sauf la veille, pendant 10 minutes. "
" Je suis partie si longtemps ? " S'étonna-t-elle.
" Oui, et je me suis fait un sang d'encre alors que j'entendais Matt respirer avec difficulté, qu'est-ce que tu faisais d'ailleurs ? J'ai failli avoir une crise cardiaque en découvrant la police venir en trombe alors que je ne vous retrouvais ni l'un ni l'autre sur les lieux d'un meurtre. "
" J'étais caché. J'avais vu venir le bourré et n'avoir de yeux que pour Morton, ou plutôt ce qu'il avait dans les mains. "
" Oh, mais ce n'est qu'un livre. "
" Pas pour ceux qui veulent faire revenir les Anciens. Bref, je l'ai vu se faire poignarder sans pouvoir rien faire et me suis dissimulé afin qu'on ne me voit pas, puis je suis ressorti une fois que les policiers étaient sur place. "
" Tu as bien fait ", soupira Richard.
" Oui, mais j'ai aussi fait mieux ", dit Matt en brandissant un livre " j'ai réussi à intervertir le journal et obtenir l'original. "
Scarlett et Richard contemplèrent le troisième larron avec de gros yeux. Puis l'ouvrage. Le journal de Joseph de Cordoba.
" Co- Comment tu as fait ? "
" Depuis que Richard m'a passé l'article sur le journal, j'ai essayé de trouver un livre semblable, puis j'ai eu l'idée de les changer dès que l'occasion se présentait. Au début, je comptais le faire dès notre entrevue avec l'antiquaire, mais il était déjà trop stressé, puis il nous a donné rendez-vous sur une place problématique, alors j'ai profité de mes pouvoirs et voilà. "
" Tu es génial, ouvrons donc ce reliquaire de ce pas. "
Sauf que comme ils pouvaient s'y attendre, c'était de l'espagnol et très ancien. Ils décidèrent de confier le journal à Richard qui allait s'occuper de le déchiffrer pendant sa semaine de congé alors que les deux lycéens continuaient leur vie. Du moins, en apparence, car ils communiquaient avec l'homme tous les soirs pour avoir des nouvelles.
Une semaine plus tard, alors que Mai s'écoulait pour laisser place au mois de Juin, Richard Cole les contacta de lui-même et leur donna rendez-vous à Hyde Park. Ils feignirent de se promener mais discutaient en vrai d'un sujet important comme le salut du monde.
" J'ai réussi à décoder le gros de ce que contenait le journal et je comprends mieux le comportement de Morton, à présent. Ce journal est non seulement le salut de l'humanité mais surtout un amas de prémonitions. J'ignore comment mais Joseph de Cordoba a vu le futur et à décrit ce qui allait se passer au XXIe siècle alors qu'il n'était qu'en XVIe. "
" Il y a peut-être eu un trucage. Quelqu'un a du modifier le contenu entre-temps qu'on l'a eu. "
" C'est trop authentique pour que ça puisse l'être. De plus, les descriptions de ce moine fou, parce qu'il l'était pour l'époque et pour moi aussi peut-être, disait qu'il y aurait des machines automatisé comme les véhicules mécaniques ou les portables. Il disait que le monde serait aussi menacé par le retour d'un ordre de démon. "
" Ah, nous voici dans la partie qui nous intéresse ", marmot n'a Matt.
" Cependant, ces démons avaient des ennemis, les Cinq. Cinq enfants du monde se sont dressés conte eux il y a dix mille ans et allaient le refaire dix milles ans plus tard. "
" Du monde ? " Releva seulement Scarlett.
" J'imagine qu'il voulait dire que chacun d'eux représentait un continent. Les deux parties d'Amérique, l'Europe et l'Asie. "
" Mais je suis anglaise, aussi. "
Sauf que même Scarlett ne croyait pas à ce qu'elle venait de dire. Après tout, elle avait bien appris que les Adams l'avait adopté à Djakarta.
" Et en ce qui concerne l'Océanie ? Et l'Afrique ? "
" On vient tous de l'Afrique, tu n'as pas appris ça en cours."
" Je t'avoue que je n'étais pas concentré. Mais ce ne répond pas à ma question concernant l'Océanie, mon père venait de la Nouvelle-Zélande. "
" Je ne sais pas, Matt. Je en fais que traduire le journal. "
Les deux adolescents se turent pour laisser l'ex-journaliste continuer.
" Ils étaient chacun doté d'un pouvoir qui pouvait vaincre ces démons, mais ce qui leur a permis de se joindre à des milliers de kilomètres de distances était la présence de porte. Vingt cinq portes ont été créer dans le monde afin de les faciliter de se déplacer. Ils passaient à travers une porte d'un endroit et réapparaît de l'autre côté d'une porte d'un autre lieu. "
" Comme ce qui m'est arrivé. "
" Exactement. Et ils se différencie des autres portes normaux grâce à l'étoile à cinq branches gravé juste à côté. "
Maintenant qu'il en parlait, Scarlett et Matt avaient bien remarqué un signe pareille à côté de la prote qui se trouvait à Saint Meredith.
" Donc, seuls les Cinq peuvent utiliser ces portes. "
" En fait, ils peuvent aussi emmener un compagnon. Mais juste un par personne."
" ... Qu'est-ce que tu essaie de dire ?"
" Emmenez-moi avec vous. Je pense qu'avec ce qu'on a traversé j'ai prouvé ma valeur en tant que compagnon. De plus, je peux vous servir d'interprète. "
" Attends, attends, tu vas trop vite. On ne sait même plus de quoi tu parles. "
" Tu sautes des étapes en profitant qu'on ne connaît pas l'espagnol ", grogna Matt.
" Raison de plus pour que je vous accompagne... Au Pérou. "
En voyant les deux adolescents froncer des sourcils sans comprendre, il approfondit mais en baissant encore plus la voix comme craignant se se faire entendre.
" Vous savez, la seconde porte. "
Sans le remarquer, les trois accélèrent le pas.
" Sauf qu'on doit trouver une excuse pour notre brusque absence. On ne peut pas quitter l'école alors que la fin d'année approche. "
" Et tes congés se terminent cette semaine, Richard ", rappela Scar.
" Je peux simuler une disparition. Ce ne serait pas faux et ils ne chercheront jamais dans un autre pays. "
" Sauf s'ils font partie de Nexus, qui est composé que des personnalités du monde entier et ayant beaucoup de relation. "
" Il va falloir te changer de visage ", conclut la jeune fille." Il reste qu'on ne peut rien trouver pour notre cas à nous deux. Simuler un échange d'étude serait bizarre à cette période et Nexus comprendrait vite. De plus, nous n'allons pas dans la même école, alors difficile de sortir la même excuse. "
Aucun d'eux ne releva le pourquoi de ne pas faire confiance à Nexus, ils étaient juste mal à l'aise devant un groupe de personne célèbre qui pourrait très bien les utiliser en réalité.
" Sauf que. Nous vivons sous le même toit et sommes officiellement considéré comme une famille."
" Oui et ? "
" Je n'en suis pas à ma première famille d'accueil. Et j'ai toujours un membre de la précédente, Nina Carter pourrait avoir son rôle à jouer. "
" Qui ? Oh, ta mère adoptive. "
" Ex. Elle qui n'a même pas pris la peine de venir aux funérailles d'Ambroise. Pourtant ils s'étaient promis des choses lorsqu'ils m'ont adopté. Comme quoi, mon éducation ne serait jamais un échec comme ils sont tous les deux professeurs, lui de littérature à l'université de Miami et elle d'économie au lycée. "
C'était la première fois que Scarlett entendait parler du couplé Carter et Matt semblait avoir une certaine rancune maintenant que le choc d'avoir perdu son ancien père adoptif était passé et encore plus pour l'ancienne tutrice.
" Bref, puisqu'elle n'a jamais fait attention à moi, il serait temps qu'elle joue son rôle de tutrice pour se faire pardonner. Je vais lui téléphoner et lui faire culpabiliser de sorte à ce qu'elle ait envie que vive avec elle. Comme je vis à présent avec Scarlett, mon humeur t'importe beaucoup et tu décide de venir aux États-Unis avec moi. C'est la fin de l'année et il n'y a pas d'examen important en dixième année, alors nos écoles seront légers. Sauf que le jour où on est censé prendre l'avion à Heathrow, on disparaît de la circulation pour en réalité passer par la porte de Saint Meredith et arriver aux États-Unis sans vu ni connu. "
" C'est... Très, hum, aventureux ? "
" Oui, je me suis un peu mis ça dans la tête avec les films américains. "
" Typique des lycéens d'Amérique ", se moquait Richard.
" Peu importe, il y a bien une porte aux États-Unis, au moins ", questionna Scarlett en se tourna vers l'homme blond.
" Bien sûr, la Grotte du lac Tahoe, dans l'état du Nevada. Et il y a aussi un au Pérou, au temple Coricancha, à Cuzco. "
" Mais au fait, pourquoi n'allons pas plutôt au Pérou pour empêcher la seconde porte de s'ouvrir plutôt que faire un détour aux États-Unis ? "
Scarlett se demanda si Matt n'avait en vrai pas envie de voir sa mère adoptive.
" En fait, j'avais une idée de qui pouvait être le prochain des Cinq et avec l'information de localisation de la porte au Nevada, je suis d'autant certain qu'il doit s'agir de l'un des deux. "
Autant pour elle et son romantisme.
Ils ont pu avoir un entretien avec le fameux William Morton en jouant des connaissances de Richard, qui se fit passer pour un expert. Habillé en civil, personne ne pouvait supposer qu'il était agent dans le quotidien. L'homme de lettre les accueillit dans un bureau aménagé pour l'occasion.
Il avait des cheveux argents et le teint hâlé, quelque chose que Scarlett n'aurait jamais pensé de la part d'un libraire, elle qui les croyait cloîtrés dans leur havre. Il avait aussi un air empâté d'une personne qui aimait dépenser et s'engraisser.
Sauf que malgré son apparence, son visage montrait aussi une pâleur surprenante. Il ne cessait de tripoter l'anneau de ses doigts en dévisageant tour à tour l'homme blond, le jeune homme brun et la jeune fille asiatique. Un curieux groupe qui se prétendait expert du journal de la période renaissance.
" Bonjour, monsieur Morton. Nous sommes ici car nous avons entendu parler de la découverte du journal du moine espagnol, Joseph de Cordoba. Il faut dire que nous sommes à la recherche de cet ouvrage depuis un certain moment déjà et c'est une réelle chance qu'on a de pouvoir en parler avec vous, qui avait trouvé cette perle. "
" Il s'agit juste d'un vieux journal écrit dans un espagnol encore plus vieux. "
" Exactement. "
Scarlett se força de garder un visage neutre alors qu'elle était prête à décrocher de la conversation. Surtout quand Richard entrait à fond dans son jeu en employant l'espagnol que ni Scarlett ni Matt ne connaissaient, ayant appris le français plutôt.
" Comme par exemple la porte des Ténèbres. "
Scarlett tressaillit en reconnaissant les termes qui lui mettaient mal à l'aise depuis l'incident. Malheureusement, elle fut bien plus remarquable qu'elle n'aurait voulu. William Morton lui jeta soudainement un regard écarquillé. Puis, il fit la navette entre elle et Matt, Scarlett nota avec un dégoût non dissimulé que ses doigts se sont mis à s'agiter comme s'il voulait s'agripper à quelque chose.
" Tu es la Fille et toi, le Premier des Cinq. "
Elle n'eut même pas besoin de se tourner en direction de son frère qu'elle sut que leur attention était beaucoup plus concentré qu'à l'instant. Cet homme savait quelque chose pour avoir le journal en possession, il le leur fallait définitivement.
" Puisque vous êtes au courant, vous devez comprendre qu'il nous faut le journal. Ce n'est qu'une question de temps. "
" Non, attendez, il peut aussi s'agir d'un trucage et vous voulez m'avoir et juste me prendre ce qui peut rapporter gros. "
" Et aussi beaucoup d'ennui ", compléta Matt.
" Est-ce que tu me menaces ? "
" Simplement un constat. Vous n'allez pas me faire croire que vous n'êtes pas effrayé, en ce moment même. "
Pas de réponse, Morton semblait même incapable de répondre, tant il peinait à respirer. Scarlett crut qu'il allait s’asphyxier et ils pourraient en profiter pour fouiller la pièce sans que l'homme ne les dérange. Puis, elle se sentit mal de penser ça parce que l'homme pouvait réellement avoir peur de quelque chose et qu'elle n'était pas assez compatissante pour penser qu'il souffrait.
Avant de se dire qu'elle s'en fichait, en fait. Elle voulait juste avoir le journal et quitter cette place.
" Très bien, le seul moyen de le découvrir est que vous me le prouviez. "
Avant qu'ils ne puissent demander comment, William Morton brandit une main tremblante.
" Demain, venez dans l'église Sainte Meredith, a Moore Street. Si vous me convainquez que vous êtes ceux que vous prétendez être, je vous passe le journal. "
Inutile de le dire deux fois.
Le quartier de Chelsea n'était pas de celui qu'ils fréquentaient, aussi par crainte de le rater, Richard décida de les accompagner incognito en plus de leur demander de rester sur appel, afin qu'il puisse entendre toute leur conversation.
Lorsque les deux adolescents entrèrent dans l'église, un frisson les parcourut alors que l'ambiance sévère de l'endroit les entoura. William Morton paraissait encore plus pâle et entourait un paquet dans ses bras comme si sa vie en dépendait. Il ne perdit pas une minute lorsqu'il les aperçut.
Avec des chuchotements furieux, il demanda à l'un d'entre eux de passer à travers une porte et de lui ramener quelque chose de l'autre côté. Après s'être débattu visuellement, Morton opta Scarlett, songeant qu'elle le ferait sans trop d'argument.
Sauf que Scarlett n'avait pas envie de passer de l'autre côté de la porte. Et si on lui demandait ce qu'elle fichait ? Elle serait incapable de répondre. Et que lui ramener ? Des brindilles qu'elle trouverait dans un coin de Moore Street ?
Franchement, cette quête de sauver le monde était ridicule.
Pourtant, quand elle passa de l'autre côté de la porte, elle ne retrouva pas derrière Moore Street ou dans un autre renfoncement d'église. Cependant, ce n'était pas possible qu'elle soit encore à Sainte Meredith, l'endroit était totalement rénové. C'était comme si l'endroit s'était imprégné d'une propreté que la petite église anglaise avait perdu il y a des années de cela. Or pour ramener quelque chose était difficile comme l'endroit semblait nu de meuble. Tout était gardé derrière des cordons et Scarlett se demanda si elle avait ne serait-ce que le droit d'y pénétrer. Au ton di nouveau venu, elle n'avait pas le droit. Puis, en dernier recours, elle prit une photo du lieu avant de repasser par la porte en souhaitant de toute ses forces retrouver Matt et lui parler de cette bizarrerie. Tant pis pour le journal de Joseph.
Mais à son retour, elle a le choc de trouver la mort de William Morton et l'église être la patrouille de policier. Alors que Richard la rejoignait pour vérifier son état, inquiet de ne pas l'avoir revu avec Matt, Scarlett constata que le journal n'était plus en possession de l’antiquaire.
David Tarrant se chargea personnellement de les interroger avant de suggérer des repos pour l'officier. Richard avait bien l'air secoué même s'il disait le contraire.
Le jour suivant, c'était Susan Ashwood accompagnée de monsieur Fabien qui les visitèrent en déclarant qu'ils comprenaient leur implication et qu'ils l'avaient fait pour obtenir le journal, mais ils auraient dû solliciter leur aide, Nexus aurait été prêt à payer le prix qu'il fallait pour leur quérir ce journal qui allait tous leur aider. Puis, ils ont fini par conclure qu'ils étaient au moins soulages6 qu'ils n'aient rien eu.
Scarlett n'osa leur parler de son aventure que tard dans la soirée, une fois qu'elle s'est assurée de ne pas être chez elle, car elle soupçonnait qu'il pourrait y avoir des micros. Car après tout, ils ont bien dû mettre un GPS sur son portable pour qu'ils aient su qu'ils étaient à Sainte Meredith. Et ce n'était pas qu'elle n'avait pas confiance en Nexus, mais un peu quand même.
" Vous savez quand j'étais passée de l'autre côté de la porte, je crois que je n'étais plus à Sainte Meredith. En fait, je crois que je n'étais même plus à Londres. Regardez la photo que j'ai prise. Je ne sais pas où c'est, mais surement pas en Angleterre. De plus, les gens qui m'ont surpris parlaient en français, mais avec un horrible accent. "
" Parce que tu penses parler mieux français ? " Releva seulement Matt.
" Non, mais ils avaient vraiment un terrible accent, qui m'arrachait des frissons. "
" Laisse-moi voir cette image ", demanda Richard alors que les deux frère et sœur continuaient leur débat puéril. " Si je ne me trompe pas, et je ne pense me tromper après trois ans d'histoire, la photo que tu as prise est l'oratoire de Saint Joseph, à Montréal. "
Il fallut quelque minute pour les deux enfants de comprendre la signification.
" T'es sûr de toi ? "
" Absolument, j'aimerai juste savoir si c'est vraiment cette photo que Scarlett a pris et non pas une photo de vacance un peu flou.
" Je ne suis jamais allé à Montréal, je n'ai jamais quitté le pays. "
" Sauf la veille, pendant 10 minutes. "
" Je suis partie si longtemps ? " S'étonna-t-elle.
" Oui, et je me suis fait un sang d'encre alors que j'entendais Matt respirer avec difficulté, qu'est-ce que tu faisais d'ailleurs ? J'ai failli avoir une crise cardiaque en découvrant la police venir en trombe alors que je ne vous retrouvais ni l'un ni l'autre sur les lieux d'un meurtre. "
" J'étais caché. J'avais vu venir le bourré et n'avoir de yeux que pour Morton, ou plutôt ce qu'il avait dans les mains. "
" Oh, mais ce n'est qu'un livre. "
" Pas pour ceux qui veulent faire revenir les Anciens. Bref, je l'ai vu se faire poignarder sans pouvoir rien faire et me suis dissimulé afin qu'on ne me voit pas, puis je suis ressorti une fois que les policiers étaient sur place. "
" Tu as bien fait ", soupira Richard.
" Oui, mais j'ai aussi fait mieux ", dit Matt en brandissant un livre " j'ai réussi à intervertir le journal et obtenir l'original. "
Scarlett et Richard contemplèrent le troisième larron avec de gros yeux. Puis l'ouvrage. Le journal de Joseph de Cordoba.
" Co- Comment tu as fait ? "
" Depuis que Richard m'a passé l'article sur le journal, j'ai essayé de trouver un livre semblable, puis j'ai eu l'idée de les changer dès que l'occasion se présentait. Au début, je comptais le faire dès notre entrevue avec l'antiquaire, mais il était déjà trop stressé, puis il nous a donné rendez-vous sur une place problématique, alors j'ai profité de mes pouvoirs et voilà. "
" Tu es génial, ouvrons donc ce reliquaire de ce pas. "
Sauf que comme ils pouvaient s'y attendre, c'était de l'espagnol et très ancien. Ils décidèrent de confier le journal à Richard qui allait s'occuper de le déchiffrer pendant sa semaine de congé alors que les deux lycéens continuaient leur vie. Du moins, en apparence, car ils communiquaient avec l'homme tous les soirs pour avoir des nouvelles.
Une semaine plus tard, alors que Mai s'écoulait pour laisser place au mois de Juin, Richard Cole les contacta de lui-même et leur donna rendez-vous à Hyde Park. Ils feignirent de se promener mais discutaient en vrai d'un sujet important comme le salut du monde.
" J'ai réussi à décoder le gros de ce que contenait le journal et je comprends mieux le comportement de Morton, à présent. Ce journal est non seulement le salut de l'humanité mais surtout un amas de prémonitions. J'ignore comment mais Joseph de Cordoba a vu le futur et à décrit ce qui allait se passer au XXIe siècle alors qu'il n'était qu'en XVIe. "
" Il y a peut-être eu un trucage. Quelqu'un a du modifier le contenu entre-temps qu'on l'a eu. "
" C'est trop authentique pour que ça puisse l'être. De plus, les descriptions de ce moine fou, parce qu'il l'était pour l'époque et pour moi aussi peut-être, disait qu'il y aurait des machines automatisé comme les véhicules mécaniques ou les portables. Il disait que le monde serait aussi menacé par le retour d'un ordre de démon. "
" Ah, nous voici dans la partie qui nous intéresse ", marmonna Matt.
" Cependant, ces démons avaient des ennemis, les Cinq. Cinq enfants du monde se sont dressés conte eux il y a dix mille ans et allaient le refaire dix milles ans plus tard. "
" Du monde ? " Releva seulement Scarlett.
" J'imagine qu'il voulait dire que chacun d'eux représentait un continent. Les deux parties d'Amérique, l'Europe et l'Asie. "
" Mais je suis anglaise, aussi. "
Sauf que même Scarlett ne croyait pas à ce qu'elle venait de dire. Après tout, elle avait bien appris que les Adams l'avait adopté à Djakarta.
" Et en ce qui concerne l'Océanie ? Et l'Afrique ? "
" On vient tous de l'Afrique. Tu n'as pas appris ça en cours ? "
" Je t'avoue que je n'étais pas concentré. Mais ça ne répond pas à ma question concernant l'Océanie, mon père venait de la Nouvelle-Zélande. "
" Je ne sais pas, Matt. Je ne fais que traduire le journal. "
Les deux adolescents se turent pour laisser l'ex-journaliste continuer.
" Ils sont chacun dotés d'un pouvoir qui pouvait vaincre ces démons, mais ce qui leur a permis de se joindre à des milliers de kilomètres de distances était la présence de porte. Vingt cinq portes ont été créer dans le monde afin de les faciliter de se déplacer. Ils passaient à travers une porte d'un endroit et réapparaissaient de l'autre côté d'une porte d'un autre lieu. "
" Comme ce qui m'est arrivé. "
" Exactement. Et ils se différencient des autres portes normaux grâce à l'étoile à cinq branches gravé juste à côté. "
Maintenant qu'il en parlait, Scarlett et Matt avaient bien remarqué un signe pareille à côté de la prote qui se trouvait à Saint Meredith.
" Donc, seuls les Cinq peuvent utiliser ces portes. "
" En fait, ils peuvent aussi emmener un compagnon. Mais juste un par personne."
" ... Qu'est-ce que tu essaie de dire ?"
" Emmenez-moi avec vous. Je pense qu'avec ce qu'on a traversé, j'ai prouvé ma valeur en tant que compagnon. De plus, je peux vous servir d'interprète. "
" Attends, attends, tu vas trop vite. On ne sait même plus de quoi tu parles. "
" Tu sautes des étapes en profitant qu'on ne connaît pas l'espagnol ", grogna Matt.
" Raison de plus pour que je vous accompagne... Au Pérou. "
En voyant les deux adolescents froncer des sourcils sans comprendre, il approfondit mais en baissant encore plus la voix, comme craignant de se faire entendre.
" Vous savez, la seconde porte. "
Sans le remarquer, les trois accélèrent le pas.
" Sauf qu'on doit trouver une excuse pour notre brusque absence. On ne peut pas quitter l'école alors que la fin d'année approche. "
" Et tes congés se terminent cette semaine, Richard ", rappela Scar.
" Je peux simuler une disparition. Ce ne serait pas faux et ils ne chercheront jamais dans un autre pays. "
" Sauf s'ils font partie de Nexus, qui est composé que des personnalités du monde entier et ayant beaucoup de relation. "
" Il va falloir te changer de visage ", conclut la jeune fille." Il reste qu'on ne peut rien trouver pour notre cas à nous deux. Simuler un échange d'étude serait bizarre à cette période et Nexus comprendrait vite. De plus, nous n'allons pas dans la même école, alors difficile de sortir la même excuse. "
Aucun d'eux ne releva le pourquoi de ne pas faire confiance à Nexus, ils étaient juste mal à l'aise devant un groupe de personne célèbre qui pourrait très bien les utiliser en réalité.
" Sauf que... Nous vivons sous le même toit et sommes officiellement considérés comme une famille."
" Oui et ? "
" Je n'en suis pas à ma première famille d'accueil. Et j'ai toujours un membre de la précédente, Nina Carter pourrait avoir son rôle à jouer. "
" Qui ? Oh, ta mère adoptive. "
" Ex. Elle qui n'a même pas pris la peine de venir aux funérailles d'Ambroise. Pourtant, ils s'étaient promis des choses lorsqu'ils m'ont adopté. Comme quoi, mon éducation ne serait jamais un échec comme ils sont tous les deux professeurs, lui de littérature à l'université de Miami et elle d'économie au lycée. "
C'était la première fois que Scarlett entendait parler du couple Carter et Matt semblait avoir une certaine rancune maintenant que le choc d'avoir perdu son ancien père adoptif était passé et encore plus pour l'ancienne tutrice.
" Bref, puisqu'elle n'a jamais fait attention à moi, il serait temps qu'elle joue son rôle de tutrice pour se faire pardonner. Je vais lui téléphoner et lui faire culpabiliser de sorte à ce qu'elle ait envie que je vive avec elle. Comme je vis à présent avec Scarlett, mon humeur t'importe beaucoup et tu décides de venir aux États-Unis avec moi. C'est la fin de l'année et il n'y a pas d'examen important en dixième année, alors nos écoles seront légers. Sauf que le jour où on est censé prendre l'avion à Heathrow, on disparaît de la circulation pour en réalité passer par la porte de Saint Meredith et arriver aux États-Unis sans vu ni connu. "
" C'est... Très, hum, aventureux ? "
" Oui, je me suis un peu mis ça dans la tête avec les films américains. "
" Typique des lycéens d'Amérique ", se moquait Richard.
" Peu importe, il y a bien une porte aux États-Unis, au moins ", questionna Scarlett en se tourna vers l'homme blond.
" Bien sûr, la Grotte du lac Tahoe, dans l'état du Nevada. Et il y a aussi un au Pérou, au temple Coricancha, à Cuzco. "
" Mais au fait, pourquoi n'allons pas plutôt au Pérou pour empêcher la seconde porte de s'ouvrir plutôt que faire un détour aux États-Unis ? "
Scarlett se demanda si Matt n'avait en vrai pas envie de voir sa mère adoptive.
" En fait, j'avais une idée de ce qui pouvait être le prochain des Cinq et avec l'information de localisation de la porte au Nevada, je suis d'autant certain qu'il doit s'agir de l'un des deux. "
Autant pour elle et son romantisme à lui.