Point de vue : Harley
Le prof
Décembre
Et ben, voilà. Ça y’est, le prof est parti.
Après notre exploit où les autres l’ont accueilli comme si on avait jeté une bombe –ce qui en soit, n’est pas totalement faux-, tous les fantômes du château ont afflué dans notre salle de classe démunie de professeur, par les murs ou le sol, voire même du plafond.
Parmi eux, quatre se sont avancés jusqu’à l’avant de la salle, à l’endroit où l’ancien prof n’était plus, et firent une sorte de révérence pour son salut. Un moment, je crois qu’ils nous ont scruté, les origines du problème, Sir Nicholas semblait aussi nous faire un clin d’œil. Mais je ne suis pas sûr après tout, je suis au fond. À côté de la porte, où j’entends des bruits de pas s’approcher rapidement avant que la porte de notre salle ne s’ouvre violemment.
Aie, les ennuis commencent.
Nous sommes dans le bureau directorial. C’est la première que j’y pose un pied et j’aurai voulu que ç'ait été le plus tard possible. Mais bon, je peux encore me sentir heureuse en me disant que j’ai passé de bon moment avec les filles, qui m’en ont fait voir de toutes les couleurs. Oui, enfin non, je ne sais pas si ça peut vraiment compensé. Arsène Horgs, le concierge nous avait emmené immédiatement après être entré dans la salle de classe vide de professeur mais bondé d’esprit.
« Qu’est-ce qui se passe ici ? Pourquoi y a-t-il un rassemblement d’esprit ? Pourquoi tous les fantômes ont accouru dans cette salle ? » Répétait-il.
« C’est surtout pourquoi n’y a-t-il pas de professeur qu’il faut demander ! » la voix chantonnante de Peeves m’aurait presque manqué s’il n’était pas intervenu.
« Pourquoi n’y a-t-il pas de professeur ? » Répéta stupidement le concierge.
Personne ne dit un mot, probablement trop choqué. La plupart des élèves avait tous un regard vide ou tourmenté posé sur la place vide de professeur mais occupés par quatre fantômes représentants nos maisons. Nous sommes les seules à le regarder d’une manière figée. Je crois qu’on était aussi surpris que les autres.
Finalement, on entend un soupir gracieux dans notre dos. C’est la Dame Grise, alias Helena Serdaigle, qui nous demande d’agir.
« Déclinez-vous mes enfants, il en vaut aussi bien pour vous que pour vos camarades. » Voix de sagesse, mon c..., oui !
Elle veut juste se débarrassee de cette affaire, vite fait bien fait ! Et Claire, comme un bon soldat obéissant à sa majesté, se lève de sa place.
« Je… je crois que c’est de ma faute… »
Et comment que c’est de ta faute ! Si tu ne nous avais pas soufflé l’idée, on n’en serait pas là !
« Jamais. »
Je reviens au présent en entendant la voix entrecoupée de la directrice. Pomona Chourave, nous regarde tour à tour, d’une façon médusée. Aucune de nous n’ose ouvrir la bouche pour lui demander de continuer, on a même tous baissé les yeux, incapables de croiser son regard ou celui de ses antécédents. Encore moins celui qui nous domine avec sa barbe blanche et qui fait semblant de s’endormir. C’est bon, arrête de faire exprès pépé, on sait que vous n’en avez pas besoin de repos, puisque vous avez déjà l’éternité, hein Dumbledore.
Bon, j’arrête d’être méchante, je le suis toujours quand je suis irritée. Et surtout cela me fait couper du monde. Je reviens à la réalité en écoutant la directrice.
« Jamais de toute ma longue carrière d’enseignante (et d’un peu de dirigeante), je n’ai eu affaire à un tel cas. Faire fuir un professeur. Le faire passer de l’autre côté alors qu’on a dû nous-même le supporter durant notre scolarité… comment avez-vous fait ça ? »
Peu à peu, je me rends compte qu’elle n’est pas du tout fâchée, mais juste fascinée et amusée. Alors on se regarde en échangeant divers expression qui nous déterminent et puis on entreprend des explications.
« Mais vous auriez pu m’en parlé, j’aurai pu faire quelque chose. Même si cela aurait pris du temps étant donné la procédure de décision, puis il fallait aussi songer à un remplaçant… » J’ai l’impression que son esprit part loin de nous. « Enfin, bon ! Je ne dis pas que vous avez bien agi, mais c’est tout de même un exploit que vous venez de faire. Je n’arrive toujours pas à croire que vous avez réussi là où même les pires cas d’élèves perturbateurs –qui n’ont rien de méchant cependant- n’ont rien pu faire. »
Elle pousse un soupir et semble à nouveau rêveur. On se regarde encore une fois sans rien dire avant de baisser à nouveau le regard quand la directrice pose le sien sur nous. Au dernier moment, je crois que l’ancien directeur barbu nous a fait un clin d’œil. Tandis qu’à côté, un homme à l’allure sombre et grincheux claque de la langue, semblant exaspéré de l'attitude de son congénère.
« Seulement cela m’étonnerai que cela plaise à tout le monde. » Reprend la professeure. « Certes, la grande majorité des élèves serait peut-être soulagé de cette annonce, mais d’autre comme vos camarades pour lequel les études sont très importants ne vont pas apprécier ça. »
Claire se rend alors compte de la conséquence de son acte. Elle parait horrifiée. Et ce jusqu’à la fin de l’entretient. Même quand Chloé avait assuré qu’elle s’était déjà occupée du problème de remplacement et que ça devait être réglé dans la semaine. En fait, je crois qu’elle n’a tout simplement plus écouté.
Au final, la directrice nous a collé une heure le samedi soir pour notre « bêtise » sans rien de plus, après tout, elle n’était pas en colère contre nous, plutôt admirative même, c’est pourquoi elle nous proposa quelque friandise avant de nous laisser partir vaquer à nos occupations puisqu’on avait à présent trois heures de libres avant le déjeuner.
Mais on n’avait rien à faire, si ce n’est que trainer dans le couloir en compagnie ou sans du reste de la classe qui semble aussi perdu que nous, ou plus. Aucun n’est venu vers nous, on croirait presque qu’on avait la dragoncelle et qu’ils voulaient éviter toute contamination.
« Je dirai plutôt de bêtise », lâche hargneusement Chloé.
Pas de réponse. Il n’y’en pas. Ce n’est peut-être pas faux ce qu’elle a dit.
Sur le chemin vers la sortie du château car l’intérieur semble trop étouffant surtout depuis qu’on entendait des chuchotements à notre passage -visiblement l’école entière était au courant de nos frasques. Et ne semblait pas accueillir cette nouvelle aussi bien qu’on avait cru bien faire- Alice Heartfilia se détache du groupe de Serdaigle, qui nous envoie un pâle sourire en nous voyant.
« Claire… euh, je voulais te dire merci. Tu as bien fait tout ça parce que…euh »
Comme elle ne sait pas comment conclure son sentiment, Claire décide de l’aider en lui souriant d’abord puis en lui répondant doucement.
« Ne t’inquiète pas pour ça, Alice. On le voulait toutes de toute façon. »
Pour approuver ses dires, on lui sourit toutes comme une seule. Les deux bleues sont aussi soulagée l’une que l’autre, probablement pour des raisons différentes. Alors comme ça, si Claire avait eu cette idée, ç’aurait été d’une idée soufflé par Alice ? Donc, en réalité, c’est plus elle qui en est responsable, même si en vrai, elle n’a rien fait. Mais vraiment rien, dans ce cas. On se serait sacrifié juste pour une personne au vu des réactions de cet évènement ?
Apparemment oui. On a notre réponse au moment du repas. Quand, finalement, on entre dans la grande salle, la mort dans l’âme car peu enthousiaste d’être pointé du doigt par les autres élèves.
« Il fallait penser aux conséquences », nous réprimande Chloé avec raison.
Oui, ben, tu étais dans le coup même en ayant songé aux résultats que je sache. Bref, dès notre entrée, il y a un silence de mort. Même à la table des professeurs, les adultes ont cessé leur conversation pour poser leur attention sur nous. Sur les quatre tables, la bleue semblait être la moins enclin à nous accueillir et après ce qui vient de se passer, on s’était bien mis d’accord pour rester ensemble et surmonter cette épreuve qui risque d’être fort douloureux, d’où l’adage moldu « l’union fait la force ». Donc, les Serdaigle, c’est non, et n’en parlons même pas des Serpentard, déjà en temps normal il était difficile de nous y attabler alors après ce qu’on vient de faire, c’est une bonne raison pour eux de ne pas nous accepter. Chez les Poufsouffle, leur sentiment était mi-figue mi-raisin, ils étaient partagé entre l’envie de nous féliciter et de nous traiter de bouc-émissaire. La dernière par contre, ils n’hésitent pas plus longtemps, les rouges –ma maison- nous considèrent comme des héroïnes à la façon où ils nous acclament une fois le moment mortifiant passé.
Nous jugeons donc plus sage de nous y restaurer. Comme l’ambiance semble plus ou moins détendue, les autres tables –celle des professeurs compris- détourne leur attention en le reportant sur d’autre sujet de conversation tandis qu’on s’installe toutes les quatre sur les places libres que les Gryffondor nous font. Deux à côté de James Potter et Lucas Dixon et deux autres à côté de Matthew Goldstein et Ruben Smith, elles sont d’ailleurs face à face. Coïncidence ? Je ne crois pas. Je m’assis à côté de Ruben, et Claire me suit. Clara se met en face, pendant que Chloé prend place à côté de son idole James. Durant tout le repas, mes camarades de maison n’ont de cesse à nous envoyer des compliments. Fred Weasley, réputé farceur de cette nouvelle génération, nous félicite sincèrement –ce qui est un vrai honneur pour Clara. James et son ami sont en total admiration, ils veulent savoir comment on a réussi notre coup. Il y a les jumelles Weasley qui nous adressent des pousses levés et sourires éclatants, Mark Ludvian –un chieur de cinquième année- et son ami Poufsouffle Corentin Williams s’échangent un regard avant de faire mine une révérence. Au reste, on reçoit louanges et prouesses de notre implication au départ du professeur fantôme. Certains d’autre table ont même fait un déplacement pour nous complimenter sur notre action. Les cousins Stewart nous envoient des signes, et même si j’ai toujours du mal avec le Serpentard Ionise, ce geste m’a fait plaisir, ainsi que les jumeaux Scamander des Serdaigle. Ils nous sourient rêveusement pour soutien.
Bien que peu nombreux, le peu de soutien qu’on a est suffisant pour qu’on puisse supporter le mépris des autres. Enfin, je le pensai avant le discours.
« Un peu d’attention, s’il vous plait ! » La voix de la directrice résonne dans la grande salle et les conversations se tarissent. « Comme vous devez être au courant, ce matin un petit incident a eu lieu, ce qui a pour résultat le départ prématuré d’un de nos vieux enseignants : le professeur Binns (si encore on peut l’appeler comme ça). C’est pourquoi le cours d’histoire de la magie ne sera pas assuré pour un temps indéterminé. La direction s’occupe bien entendu rapidement de ce problème, je vous remercie de votre compréhension. »
Tandis que sur la table où on se trouve, les élèves avaient des sentiments partagés quant au remplacement de Binns, ce n’était pas aussi simple sur les autres tables. Même en étant concentrée sur les rumeurs des rouges et ors, on sent aussi très fortement la tension qui gronde dans les tables voisines. L’aura les plus sombres émanent bien évidement des bleus et bronzés et je sens Claire se tendre à mes côtés. En face, Chloé jette un regard à la table juste derrière. Quand je me tourne, je vois John Hopkins acquiescer de la tête. Que mijotent-ils ?
La situation a empiré. Pas pour moi, étant donné que mes camarades ont même fait la fête le soir même en s’exclamant haut et fort qu’ils n’avaient pas cours d’histoire le lendemain et le surlendemain –qui s’agit d’un jeudi et vendredi- et donc commencent soit plus tard soit ont des heures de trou, mais ce n’est pas grave ! Ce n’est pas pire que devoir dormir pendant une heure ou deux –ou trois !- pour un cours qu’ils n’ont pas du tout suivi. Pas non plus pour Clara, puisque chez eux, ils étaient plus admiratifs à propos de son chef d’œuvre –qu’elle a finement réalisé en très peu de temps, record je dis !- que rancunier d’avoir perdu un prof incompétent –eux, ils sont réalistes-. Non plus pour Chloé, car il fallait avouer qu’elle n’avait pas fait grand-chose si ce n’est énoncer la vérité –c’est elle-même qui le dit-. Je la soupçonne d’avoir tout prévu, car il faut bien avouer que le fait qu’elle se soit éloignée de nous juste avant qu’on met en œuvre le plan était suspect, et puis durant les faits, elle n’avait fait qu’observer, alors techniquement, elle n’est pas vraiment concerné par l’affaire. Et je dois avouer qu’elle a bien fait, parce qu’être la paria chez les serpents, ce n’est pas une chose marrante. Déjà qu’ils sont tenus à l’écart par les autres maisons, si en plus il y a une fissure dans la leur même, je n’ose même pas imaginer le résultat du bouc-émissaire. Mais j’en ai bien affaire à une, par contre.
Claire a eu une altercation avec des élèves plus âgés le soir de l’incident. Alors qu’elle retournait tranquillement dans son dortoir tout de suite après être entrée dans la salle commune pour passer l’après-midi dans un coin isolé et sans danger, des étudiants d’au moins de quatrième ou cinquième années lui ont tendu un embuscade et l’ont emmené dans un recoin de la salle pour l’intimider. Au cours de cette discussion qui dégénéra vite en dispute, elle avait au moins pu leur dit leur quatre vérité mais étant plus nombreux et donc plus bornés, elle s’était juste confronté à un mur insensible à ses arguments (Binns est vieux et mort, et à cause de lui on a de mauvais résultat, ce qui fait qu’on est la risée de tous les écoles de magies réunie et tout le tralala). Heureusement, elle a pu échapper plus rapidement avec l’intervention des Weasley qui étaient entré par inadvertance dans la salle commune, et même s’il n’y avait pas de préfet, ils ont su se montrer autoritaire et faire fuir la bande de zouave lâche qui s’attaque à plus faible et petite et seule (et tout autre qualificatif petit pour notre amie).
Mais du coup, en cours, toute la journée du jeudi, elle fut d’une humeur exécrable. Elle ne parlait pas et se braquait à la moindre remarque comme si on l’attaquait personnellement. Du coup, pour l’aider à se défouler, après les deux dernières heures de cours de sortilège que Flitwick était beaucoup trop sur elle que d’habitude, Claire s’est enfui de la salle de cours tout de suite après la sonnerie annonçant la fin. Faisant notre rôle de meilleures amies, on lui accoure après, Clara, Chloé et moi. Je crois que la rage l’a tellement envahi qu’elle ne nous a même entendu la héler et ses pas l’ont mené jusqu’à notre quartier général où elle s’est tassée sur une chaise et ne pipa mot. Jusqu’à ce qu’elle explose.
« Mais c’est n’importe quoi ! Elles réagissent comme si les cours, c’étaient tous ! Bien sûr, je ne dis pas le contraire, c’est vachement intéressant d’apprendre de nouveau truc ! Mais franchement Binns ! Qu’est-ce qu’il peut nous apprendre, lui ?! Comme si lui, et sa voix monotone qui ne réussit qu’à nous faire endormir, pouvait nous aider à obtenir le Buse ou je ne sais quel autre examen ! »
« L’aspic », Clara a pensé bien de lui informer.
« Mais bref ! Ce fantôme n’était même fichu de nous déterminer la nature exacte des gobelins et ils croient sincèrement qu’on peut réussir quoi que ce soit avec lui ?? Mais elles ont quoi dans la tête ? Des quiches ? »
Je crois que c’est la première fois que je la vois s’énerver et être vulgaire. Cela lui remonte tellement les tripes, que sa plainte continue dans le cri.
« Et puis zut, quoi ! Ça va leur tuer, de rater quelque heure de ces cours insipides ? Leur cerveau ne serait pas fait à l’envers par hasard ? Il faut que les cours soient à mourir d’ennui pour que les demoiselles réussissent à suivre une miette ? Qu’elles apprennent des trucs faux pour réussir leurs épreuves ? Mais ce n’est pas logique ! Et puis quoi, une mauvais note va leur tuer ou quoi ? »
Ça finit même dans de la répétition. Son visage est rouge à force de crier.
« Elles ne peuvent pas se contenter des notes de la moyenne ? Ce n’est pas la fin du monde, d’avoir des résultats acceptables ! »
Il y a un début ce silence qu’on comprend qu’elle a fini sa tirade, interrompu par Clara. Chloé reste en retrait, adossée contre la porte.
« C’est pour ça que tes notes ne sont qu’Acceptables ? »
Sa réalisation parait tellement incongru que ça en casse même l’ambiance.
« Eh, je ne te permets pas ! »
« Ben, moi, je me permets ! »
« Je ne vois pas pourquoi tu te laisses emporter par ces quiches comme tu les appelles, elles n’en valent pas peine, et puis je t’ai dit que ça va se régler. »
« Mais tu veux que je fasse comment ? Elles sont de ma maison et peuvent venir me rouer de coup à n’importe quel instant, à partir du moment où elles pensent que j’aurai lâché mon attention et serai toute seule ! »
« Dans ce cas, ne le sois pas, fais-toi accompagner », résolu Chloé.
« Mais personne ne le veut ! J’ai l’impression d’être toute seule… »
Cette fois-ci le silence reste. Et est pesante. Claire s’assit à même le sol, après être levé de la chaise pour exprimer tout son ressentiment, Clara reste dans sa position assise à l’envers d’une chaise en bois. Je m’accroupi près de la petite bougonne chinoise qui s’apitoie de son sort, tandis que Chloé s’est tournée vers la porte avant de lui jeter un sort. « Apparehomo », sort de guet. Pourquoi celui-ci en particulier, a-t-elle entendu quelqu’un derrière ? Et en effet, on s’approche. Cependant ce n’est pas une, mais deux personnes au vu des ombres qui s’allongent sous la porte, qui s’ouvre doucement sur...
« Ah, je me disais bien que vous deviez être ici, tu vois je te l’avais dit. »
Emil Stewart se tourne vers son cousin pour lui montrer qu’il avait raison. Et le visage blasé d’Ionise Stewart apparait après le camarade de Claire.
« Qu’est-ce que vous faites là ? » je demande en grimaçant. Je ne peux toujours pas supporter la présence de ce Serpentard.
« Venus vous ramener le diner », répond justement le garçon honni.
« Déjà cette heure-ci ? » s’étonne Chloé.
« Bah, oui, je ne sais pas si vous avez remarqué mais le repas s’est déroulé il y a maintenant trente minutes. »
Et à ce moment, on entend un son guttural, caractérisant un ventre qui crie famine.
« Ah bah, oui, je comprends mieux ! » s’exclame Clara, trahissant ainsi l’identité du goinfre.
Un sourire fleurit sur les lèvres de Claire qui a changé les idées moroses, puis Emil s’approche d’elle.
« Tiens, c’est pour toi. Je me suis inquiété en ne vous voyant pas venir et finalement, c’est un peu compréhensible après la journée que tu as eu, alors j’ai pensé que tu devais avoir envie de manger dans le calme, surtout qu’il ne t’est pas très conseiller d’aller manger à notre table », son dernier ajout était si bas que je doute que les trois autres ont pu entendre.
Ionise distribue leur part aux filles et Emil me tend le mien.
« Tu devrais avoir honte d’avoir dit ce que tu viens de dire. »
La remarque moqueuse de Chloé fait rougir Claire. Effectivement, comment peut-elle encore dire qu’elle soit seule alors qu’un de ses camarades vient juste de lui faire preuve d’une grande amitié. On termine nos sandwiches dans le silence, apaisant cette fois, avant de se quitter. Il a été décidé à l’unanimité de laisser d’abord les deux bleus s’en aller avec une cape ensorcelée d’illusion pour éviter de se faire coincer par des indésirables pendant le chemin. Bien sûr, un « illusiore » lancé sur une petite cape d’hiver fait un peu pauvre et pas très tenant pour deux enfants, alors il ne serait pas étonnant qu’ils se fassent repérés plus rapidement que prévu. Mais bon, ils semblent s’amuser, c’est le principal. Je pars à leur suite pour un court instant en saluant le reste de la bande.
Au final, ça se passe plutôt bien. Le lendemain, Claire était de meilleur humeur et n’a pas parlé de brimade, apparemment Emil a bien joué son rôle d’escorte.
Enfin, ça, c’est ce que je pensais jusqu’à la pause déjeuner. La chinoise de la bande n’est pas apparu. Au début, je me suis convaincue qu’elle voulait éviter cette endroit pour un temps, mais en voyant Chloé et Emil, qui étaient avec elle pendant deux heures, qu’ils disent ignorer où elle peut se trouver car elle avait vite disparue dès la sortie du cours de potion, cette théorie fut jeter à l’eau. Et surtout, elle nous aurait prévenu si elle ne voulait pas manger, sauf si elle était encore en colère, ce qui m’étonnerait fortement. Ou peut-être qu’elle a encore été bizuté. Cette théorie est confirmée par l’entrée d’un groupe de Serdaigle de troisième année, dont je reconnais une certaine Adelia Flint. Fille d’un ancien Serpentard, elle a la réputation d’une snob qui ne vit que pour les études et Claire a dit qu’elle n’appréciait pas ses idées, encore moins lorsqu’il s’agit de cours. Alors, mon cerveau n’a fait qu’un raisonnement, je me suis levée de ma table sans commencer le déjeuner et me suis dirigée vers la porte, en même temps que Clara qui en est venu à la même conclusion. On sort ensemble de cette grande salle à la recherche de notre amie. C’était simple, il nous suffisait de suivre cette forme qui commence à rétrécir au bout du couloir des cachots. Elle est tellement bouleversée qu’elle retourne sur ses pas. Et nous, on la suit.
On la retrouve dans un des couloirs du sous-sol. Elle est recroquevillée sur elle-même, les jambes contre la poitrine, la tête dans les bras. Mais je crois qu’elle cache quelque chose.
« Ben alors, tu fuis la grande salle, maintenant ? » Plaisante Clara.
Elle relève soudainement la tête, surprise d’être repérée ou soulagée de reconnaitre nos voix ? Les deux peut-être, j’ai l’impression que ses yeux brillent. Mais ce doit être à cause de la tâche immonde qui lui parcoure tout le haut d’uniforme. Le devant de sa chemise blanche est recouvert d’un liquide visqueux plus ou moins transparent, qui semble lui être aspergé à partir du visage et qui goutte même si un peu effacé.
« Je ne peux pas me montrer comme ça, ça leur ferait bien trop plaisir… »
« Je pense plutôt que c’est ta fuite, qui a dû leur faire plus plaisir. »
Cette phrase provient de l’arrière, on se tourne et voit Chloé accompagnée de James Potter, je leur jette un regard soupçonneux, tandis que la Serpentard ne fait que l’éviter et s’approcher de la victime.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Apparemment rien de dangereux. C’est juste une potion après-shampoing qui devait sentir l’hibiscus mais pour je ne sais quel raison ça a tourné en durian. »
Maintenant qu’elle en parlait, il est vrai que ça commence à sentir assez fort. Je fronce mes narines de façon discrète, toutefois inutile puisque la concernée elle-même avait bien vu que ça ne sentait pas bon. Puis, la personne la moins qualifiée pour se trouver ici avec nous, James Potter, finit par parler.
« Et j’imagine que je tu ne peux décemment pas venir manger ainsi devant les autres, c’est compréhensible. Alors pour vous remercier d’avoir fait ce que vous avez fait, je vais vous montrer un secret ! »
On le regarde tous un peu stupidement, car on ignore sincèrement ce qu’il va faire sera stupide ou non.
« Ne faites pas cette tête, je suis sûr que ça va vous plaire ! En plus, vous n’avez pas mangé, non ? »
C’est l’argument de vente. On le suit comme ça doit concerner la nourriture. Par un pur hasard l’endroit où il nous mène est sur le chemin, il traverse quelque couloir avant de s’arrêter devant un tableau où une grande coupe en argent est remplie de fruit, il chatouille la poire et surprise, un passage secret s’ouvre. Il nous fait signe d’entrer en guettant nos arrières si nous ne sommes pas suivis, geste superflu puisque les autres sont tous dans la grande salle.
Et là, on découvre le palace.
Il y a une centaine d’elfe de maison qui s’affairent sur les plans de travail, qui cuisinent sur les cuisinières –vive la logique !- et qui, une fois un plat prêt, le pose sur un des quatre tables aussi longues que ceux qui s’y trouve dans la grande salle, je comprends que c’est comme ça que les plats apparaissent. C’est vraiment, waouh !, fabuleux comme découverte ! Alors que les filles et moi sommes en pleines extases, James Potter s’adresse à une elfes qui semble le connaitre –vu qu’il doit venir assez souvent-.
« Bonjours, Kinte, pourrais-tu s’il te plait nous préparer cinq plats du jour ? Nous souhaitons manger ici pour plus de confort. »
« Bien, monsieur Potter. Installez-vous à cette table et les demoiselles aussi. »
Avant qu’il ne laisse partir le petit elfe, il lui chuchote quelque chose et ce dernier s’approche de Claire en la scrutant un moment avant de claquer des doigts. Tout de suite –comme par magie, ha, ha, c’est drôle-, le liquide de son uniforme disparaît ainsi que l’odeur qui va avec.
« Voilà, mademoiselle est toute propre ! »
Alors que Kinte part travailler, Claire rougit jusqu’à la racine des cheveux en remerciant James du bout des lèvres.
« Quand on disait que les elfes de maisons sont dotés d’une magie puissante », chuchota Clara pour que nous seuls puissent l’entendre.
« Oui, mais je préfère tout de même prendre une douche après, c’est psychologique », ajoute Claire en nous voyant sceptiques.
Chloé sourit en s’avançant vers la table où James s’y trouve déjà. On prend aussi place sur les places restantes et commençons le repas quand il est amené. Au début, c’est silencieux car on s’occupait plus de la nourriture qu’autre chose, mais une fois arrivé au dessert, et presque rassasiés, une conversation commence.
« Je ne comprends pas pourquoi que tu sois la seule à en prendre. Nous étions nous aussi dans le coup. »
« Je pense que premièrement, c’est dû au fait de la maison qu’on appartient », commente Clara « Ensuite, je pense que selon nos actes nous sommes plus ou moins bien ou mal reçu. »
« Ah, je vois parce que toi, tu as fait un truc plus fascinant que pertinent. Parce qu’avouons-le, tu as vraiment été insolente », j’envoie à Claire.
« Mais c’est toi qui as envoyé le mot de la fin. Et elle faisait mal », se défend-elle, gênée qu’on la qualifie de rebelle.
« Je trouve que Chloé est celle qui s’en est la mieux tirée. »
« J’ai fait en sorte pour ne pas être injurier. »
« Sympas, du coup c’est moi qui dégote tout », marmonne la pauvre victime.
« Oui, mais tu es une sang-pur, alors on devrait être plus clément. »
« Sauf qu’elle a quand même été brimée… Ce n’était vraiment pas la meilleure technique que t’aies eu. »
« Stratège, les filles, il faut savoir calculer dans la vie. »
« On croirait que tu parles de maths », lâche Clara.
Claire et moi échangeons un regard perplexe sans rien dire et James soupire. Je pense que ce doit être moldu.
La fin de la semaine se passe plus ou moins sans accroc, Claire a fini par être accompagnée où qu’elle aille, par crainte de nouveau représailles. On passe la grande majorité du temps soit dans notre salle de base secrète soit dans la cuisine. Sincèrement, c’est une découverte à ne pas négliger. Pour une fois que James fait quelque chose d’utile.
Une nouvelle semaine reprend avec la mine maussade de Claire, qui est encore inquiète du fait qu’il n’y pas de nouvelle à propos du professeur remplaçant. On se met d’accord pour aller demander à Chloé si elle est au courant de quelque chose, mais les rares fois où on la rencontre, elle est avec John Hopkins en train de parler d’une chose de l’ordre humanitaire au vu de leur expression grave. On a jugé bon de ne pas les interrompre. Si bien que ce n’est pas qu’à la veille d’il y a une semaine qu’on apprend qu’en effet, le cours d’histoire du lendemain est bien assuré. Quel hasard, il y a un prof juste quand c’est notre tour. Du coup, on ne rate aucun cours, nous –si on exclut le jour où s’est passé l’incident bien sur-.
Un peu patraque, nous nous sommes levées bien tôt pour ne croiser personne à la grande salle, mais même avec le peu de gens, on a compris que le problème est bien réglé puisque les comportements des autres vis-à-vis de Claire sont moins hostiles, presque guilleret même. Après un bon petit déjeuner, on se dirige vers la salle de classe en traversant les couloirs vides.
« Je me demande pourquoi ils n’ont rien annoncé », lâche Claire.
« Mais grave, qu’est-ce qu’ils auraient fait si nous n’avons pas eu la nouvelle et ne serons pas venu en cours ? » hypothèque Clara.
« Ça ne risque pas d’arriver », dit simplement Chloé.
Pour ma part, je reste silencieuse, n’ayant rien à ajouter. On s’approche de plus en plus du lieu-dit et j’ignore pour quel raison, mais je commence à stresser. Heureusement, on partage mon avis.
« Imagine que c’est un autre fantôme et qu’il vaut pas mieux que Binns ? »
« Tu ne le sauras pas, si tu ne vérifies pas », énonce sagement la verte.
« Mais il t’arrive quoi aujourd’hui ? Pourquoi tu prends tout aussi calmement ? »
Sans lui répondre, Chloé fait la moue en poussant la porte pour qu’on puisse voir de nous-même. Déjà, la salle en elle-même n’a pas de changement, on peut déjà dire que ce n’est pas un prof extravagant, et parallèlement, il doit être aussi rébarbatif que l’ancien. Ou pas.
Quand on s’avance encore un peu sous la pression de Chloé, on découvre qui est notre nouvel enseignant. Un jeune. Enfin, je crois, en tout cas il n’est absolument pas vieux, en fait c’est un adulte dans un âge environnant à nos pères. Il a les cheveux brun court, une carrure normal, c’est-à-dire pas baraqué ni maigre mais mince. Il est installé au bureau professoral et semble écrire quelque chose, puis il lève la tête en sentant notre présence.
Et wow, ses yeux, d’un étrange mélange de bleu violet. On croirait presque voir de l’améthyste. Tiens, ça me rappelle quelqu’un.
« Ah, je sais Hopkins ! » s’exclame brusquement Claire.
« Oui ? » deux réponses.
On se tourne vers l’arrière où arrive John Hopkins –au regard violet- en compagnie de Kenneth Boot -toujours aussi réveillé celui-là- puis on retourne pour voir le prof. Ah oui, ils ont les mêmes yeux et un même sourire.
« Papa ! »
Tout s’explique.
La classe est plongée dans une curieuse ambiance. Ce n’est pas un silence pesant ni apaisant, mais plutôt curieux, oui, c’est le mot –que j’emploie deux fois d’affilé-. Le professeur nous regarde tendrement avec un sourire affable. Et ça rend l’atmosphère plus confortable.
« Alors, bonjour tout le monde ! Je suis, comme vous pouvez le douter, le nouveau professeur d’histoire de la magie, Wayne Hopkins. »
Certaine tête se tourne vers le Poufsouffle au même nom, qui aborde juste un sourire en coin, de même que Chloé qui est teinté de fierté, comme si elle avait tout prévu. Il y a une autre qui sourit aussi, mais tout aussi différemment que les deux premiers, elle a plus un faciès désabusé. Claire semble sur la lune.
« Est-ce que vous êtes un remplaçant provisoire ou c’est définitif ? » Tylor Zabini pose la question après être interrogé.
« Ah, la question que vous êtes tous impatients de savoir, hein ? » En voyant nos expressions concernés, il sourit avec indulgence « En effet, je suis votre professeur jusqu’à la fin de l’année, voire même de votre scolarité si on est optimiste et que personne ne veuille me faire dégager ! » A cette petite blague, une moitié de classe rit, tandis que deux filles rougissent –des bleus : Alice et Claire. « Bien sûr, je ferai tout pour que vous n’ayez pas ce genre de pensée. D’ailleurs, je vais vous expliquer comment je vais procéder à ce cours. »
Il se redresse et saisit sa baguette en pointant celui-ci sur le tableau, une colonne de quatre cases apparait.
« Comme vous le savez aussi bien que moi, nous avons trois heures de cours par semaine. Cependant ils sont placés de sorte à ce qu’on les a en une journée, cette matinée, donc. Je sais que c’est éreintant, surtout dès le matin, alors ce que je vous propose c’est qu’on fasse un petit exercice de réveil. Nous allons commencer chaque cours par un brainstorming. »
La classe est silencieuse, on regarde tous le bout de sa baguette pointé sur la première case, qui désigne la première heure de cours sur trois.
« Je m’explique. Je sais que certains d’entre vous ont un abonnement à la gazette du sorcier –c’est une très bonne idée, n’en doutez pas- et je sais aussi que d’autre suivent d’autre quotidien. » Silence « Ou peut-être pas. Mais ce n’est pas important, ce que je veux dire, c’est qu’il serait appréciable à ces élèves de partager des faits divers, qui les ont marqués et en parler en classe. »
On le regard tous avec scepticisme.
« Vous savez, un cours d’histoire ne signifie pas juste parler des événements anciens datant du siècle dernier. Pour moi, un cours d’histoire c’est ce qui nous permet d’avoir différent point de vue sur l’histoire. Nous qui ne sommes en rien concerné par ces faits historiques, on peut au moins à partir de là, avoir une vision différente sur ce qui nous entoure actuellement. Par exemple, cet assemblage d’article très bien réalisé. »
Il saisit du journal crée par Clara, qui sourit largement, très fière.
« Il y a comme vous pouvez le savoir, des faits vrais à l’intérieur, comme le fait que les sorciers ont été méprisants vis-à-vis des gobelins, aussi il n’est pas surprenant que ces derniers se révoltent. Cependant, est-ce que l’un d’entre vous peut me dire, en quoi ils paraissent eux aussi…hum, renfermé ? »
D’abord, il n’y a rien. Mais quand il nous lance un sourire encourageant, on a bien envie de participer même si c’est faux. Heureusement, Albus se dévoue.
« Euh, ce doit être dû au fait qu’ils sont très méfiants des sorciers. Bien qu’ils gardent l’or de ces derniers, ce n’est pas pour autant que ces derniers agissent avec plus de respect envers eux. Surtout que certains se permettent des frasques en tentant de les cambrioler, si ce n’est pas pour de l’or, autre métaux qui est tout aussi importants… je crois. »
Derechef, un silence accueille cette explication. Wayne Hopkins sourit.
« En effet, le vol de la coupe d’Helga Poufsouffle par Harry Potter et ses amis a bien fait tout une histoire. Comment ces trois presqu’adultes d’il y a vingt ans ont réussi à entrer dans cette banque si bien gardé et à en sortir aussi facilement ? »
Les cousins Potter-Weasley rougissent en entendant les incartades de leurs parents. Mais d’autre ont des sourires amusés.
« Donc, dans ce cours, on parlera dans un premier temps, tout ce qui aurait pu vous intriguer dans les journaliers et puis on suivra les cours du programme. Cela vous va ? »
On ne peut qu’acquiescer avec sa bonne humeur contaminant. À la fin du cours, le sourire de Claire était aussi large qu’il pouvait presque faire le tour de son visage. Elle ne se décrocha même pas avec les devoirs donnés.
« Je sais que certains d’entre vous n’ont pas pu bien suivre les cours précédents » le regard de la grande majorité de la classe se baisse pour éviter celui du prof « Je ne vous en tiens pas rigueur, pas d’inquiétude. Et le devoir que je vais vous passer est à rendre pour la rentrée. Elle concerne bien évidemment les gobelins, ces créatures si intelligentes pourtant considérés comme être inférieurs aux sorciers. Je veux que vous me fassiez une description de ces derniers. Je veux savoir leur évolution jusqu’à de nos jours, est-ce qu’ils sont toujours aussi méprisés ? Ou plutôt bien vu ? Après tout, ils emploient bien des sorciers dans leur banque. Vous pouvez même les interviewer, si vous le souhaitez. » Il y a comme un étouffement dans la classe « Vous n’avez rien à craindre, ils ne sont absolument pas dangereux. Il suffit de leur parler poliment et ils vous répondront tout aussi formellement. » Certains ouvrent la bouche. « Bien sûr, je prends en compte aussi ceux qui ne quittent pas Poudlard pour les vacances, vous n’êtes en rien pénalisés, après tout l’école dispose de la plus grande bibliothèque qui existe et des connaissances, ce n’est pas ce qui en manque ! Donc, ce devoir est à rendre pour le premier cours du nouvel an. »
C’est sur cette déclaration que le cours s’achève. Et alors, il y a un très bon critique. Les avis positifs affluent, les négatives ne se montrent pas et le résultat est que personne ne regrette plus le départ de Binns. Désolée pour lui. Ou pas.
Dans les semaines qui viennent, l’ambiance festive se fait de plus en plus présente, la saison froide commence à s’annoncer. Et c’est prouvé avec les chutes et sols glissants, qui viennent avec.
« Ah, j’en ai marre de toujours glisser ! »
« Au même endroit, pour changer », se moque Chloé.
« Ne te plains pas, les joueurs doivent voler par cette fraîcheur. »
Eh oui, le deuxième match de la saison est arrivé. Les Poufsouffle jouent contre les Serdaigle, par ce froid de canard. Clara contre Wyatt. Le sol est tellement glissant avec le givre qui se dépose, je parie qu’il va neiger durant le match.
J’ai gagné. Pendant que la rencontre est à son apogée, les joueurs jouent avec les flocons de neiges qui les envahissent. Et sadiques comme ils sont, leur descente est si lente que c’en est douloureux de bien suivre le match. Surtout à côté d’une surexcitée. Claire s’époumone en encourageant de toutes ses forces. Chloé observe le match en notant ce qui lui sera utile contre les gagnants.
« Aller, Clara ! Vas-y Wyatt ! »
« Dis donc, tu encourages qui au juste ? »
« Bah, le gagnant ! De toute façon, ils se débrouillent tous très bien ! »
« C’est le moins qu’on puisse dire. Par contre je n’en dirai pas autant pour mon antonymie », s’exprime Chloé après son observation silencieuse.
Et elle a bien raison de dire ça. Les attrapeurs des deux équipes ne sont pas terribles. Les deux, censés être joueurs phares, cassent l’image des belles équipes qui s’affrontent. Alors que Wyatt Devon envoie souaffle sur souaffle dans les but adverses grâce à ses réflexes vraiment efficace et son habilité, Clara, de son côté, envoie cognard sur cognard sur les joueurs adverses à l’aide de sa batte, son arme fétiche.
Les points s’enchaînent des deux côtés en voyant que les attrapeurs prennent du temps à l’attraper ce vif. Et alors que c’est enfin le cas, le stade explose en applaudissement. Chez les jaunes.
Clara et Wyatt se serrent la main, bons joueurs, en plaignant tout de même les piètres prestations des attrapeurs. Alors que les spectateurs quittent les gradins pour aller accueillir les joueurs, de notre place on voit Clara nous faire signe de victoire, qu’on rend d’un sourire gratifiant.
Donc, prochain match : Serpentard contre Poufsouffle.
Les gagnants des deux premiers matchs. Je sens que ça va bien plaire à une en particulier. Mais ce n’est pas la seule qui se réjouie. Quel beau paysage, avons-nous là.
Et c’est bientôt les vacances, avec les fêtes qui approchent à grand pas.
Finalement, l’année se finit plutôt bien.
En avant pour 2019 !