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Chapitre 5

 Sale Serpentard !

Novembre

                « JE SAVAIS QUE TU NE SERVAIS A RIEN ! J’AURAI DU TE SUPPRIMER DES QUE JE LE POUVAIS, ESPECE DE SALE SERPENTARD !!! »

Avec peine, Harley Dubois s’extirpa de son lit douillet. Elle avait passé une mauvaise nuit. Ce qui s’était passé la veille lui est revenu durant son sommeil, qui causa plusieurs fois des réveils en sursaut. Ses rêves mettant en scène une tête au teint translucide et au faciès horrible –merci Mimi pour cette vision affreuse-, une porte entrouverte qui laisse entrapercevoir l’obscurité de l’autre côté avant qu’une main surgit de l’entrebâillement pour la happé ou des escaliers personnifié qui avaient des formes biscornu et qui bougeaient à chaque fois qu’on essayait d’y poser un pied. Un léger traumatisme, quoi.

Elle avait toujours le souvenir de la voix grave et dangereuse dans sa tête –légèrement modifiée, cela dit- et redoutait maintenant de parcourir les couloirs pour quelque raison que ce soit.

Elle se leva finalement de son lit en soupirant lourdement pour se diriger vers la salle de bain. Elle n’avait même pas eu le temps de prendre une douche tellement la course –non, les courses- l’avai(en) t fatigué. Sur le chemin, elle remarqua un drap blanc dépassé du lit de Lolie, bien que ses rideaux soient fermés, Harley pouvait imaginer à quel point ce devait être le bordel à l’intérieur. Et puis, elle se rappela de sa terreur, s’étant fait surprendre par la « dame blanche ». Ensuite, le reste des souvenirs de son aventure nocturne lui revint. Ce fut en frissonnant qu’elle pressa le pas vers le sanitaire.

 

« JE SAVAIS QUE TU NE SERVAIS A RIEN ! J’AURAI DU TE SUPPRIMER DES QUE JE LE POUVAIS, ESPECE DE SALE SERPENTARD !!! »

Ce fut avec cette phrase en tête que Claire Lyu se réveilla, ou du moins sortit de son état comateux de bonne heure en ce dimanche matin, Non, franchement, quelle soirée. Elle a trafiqué, couru et eu des frayeurs plusieurs fois en l’espace de seulement une heure, quelque minute à peine tout au plus.

En ouvrant les rideaux bleus autour de son lit à baldaquin, elle tomba sur une citrouille. Il y a un visage aux traits durs grossièrement sculpté. La figure de Jack o’ lantern trônait au centre de son bureau, un petit cadeau de ses parents à ce jour de fête qu’ils passaient séparément. Poussant un soupire, elle se dit que c’était déjà le lendemain de la veillée de Toussaint. En tout cas, en plaisantant elle se dit qu’elle en aura eu de l’effroi, cette année et elle ignorait si c’était une bonne chose.

« Tu ne sembles pas de très bonne humeur, un cauchemar ? » s’inquiéta Rose en la scrutant avec attention.

Claire sortit de ses pensées et se tourna vers sa camarade surprise. Elles se dévisagèrent toutes les deux un long moment, sans que l’une ne prenne la parole. Cela dura jusqu’à ce qu’Alice émergea à son tour.

« Il y a un problème ? » s’étonna à son tour.

Cette fois-ci le regard des deux filles examina la brunette qui les avait interrompus. Alice se sentit embarrassée sous cette soudaine centralisation, elle rougit et baissa la tête.

« Hein ? Non, il n’y a rien, je suis juste un peu fatiguée… » Finit par répondre Claire en se rendant compte de ce qu’elle faisait.

« Oui, faut dire que tu étais rentrée bien tard, hier soir. » nota la rousse.

« Ah, oui… » Affirma la chinoise sans en dire plus.

« Tu t’es bien amusée avec Clara ? » demanda innocemment Alice.

Cependant, Claire y vit comme une question piège. En bafouillant, elle alla se préparer et quitta ses camarades, qui restèrent perplexes.

Quand elle finit par descendre dans la grande salle, elle tomba sur le fantôme de sa maison, la Dame Grise, qu’elle salua poliment. Et puis, elle rencontra son amie Clara, avant d’entrée dans la salle à manger. Celle-ci lui fit un signe et lui chuchota quelque chose.

« T’as réussi à dormir ? Pas moi. Même la surprise au quatrième n’a pas réussi à me faire changer d’idée »

Et puis, elle se souvint, c’est vrai que si elle n’avait pas participé à la blague de Clara de mettre des pétards de pâte étoilé au quatrième, peut-être qu’elle n’aurait pas eu cette aventure. D’ailleurs, elle n’a même pas su ce qui s’est passé. M’enfin, ce qui est fait est fait. Inutile d’avoir des remords, comme dirait si bien la blonde.

 

« JE SAVAIS QUE TU NE SERVAIS A RIEN ! J’AURAI DU TE SUPPRIMER DES QUE JE LE POUVAIS, ESPECE DE SALE SERPENTARD !!! »

Rabattant sa couette, Chloé poussa ce qui se rapprochait le plus d’un grognement –indigne d’une jeune fille dans la fleur de l’âge. Marre, elle n’avait plus que cette foutue phrase dans la tête, et pas seulement, au début elle ne faisait que l’entendre en boucle avec de différente intonation, maintenant elle l’assimilait même à une créature curieuse qui n’avait pas de forme tangible, histoire de la faire frémir un peu plus. Et bientôt, elle allait ajouter à qui c’était adressé. Comme elle a été partiellement traumatisée, il était fort possible, qu’elle en soit la première victime. Après tout, c’est une Serpentard.

Puis, le déclic. Certes, il s’agissait ici d’un vert, mais on ne savait pas qui. Cela pourrait être n’importe qui, de ses camarades de chambre jusqu’à la maison entière. L’auburn sortit sa tête de son lit à baldaquin en traversant la fente de ses rideaux en entendant le coassement de Todd.

C’est l’animal de compagnie de Laura Cavallone, qui ne le sortait jamais de sa chambre, même pas de son terrarium d’ailleurs –en aurait-elle honte ? Dans ce cas, pourquoi l’avait-elle ? Ses pensées se dirigèrent alors ce qui lui préoccupé le plus avant l’interruption de ce batracien, et si c’était Laura ? Elle n’a pas grand ennemi, puisqu’elle ne parlait pratiquement jamais aux autres, mais elle ne semblait non plus être très appréciée par ses camarades, la trouvant très étrange à observer les gens longuement –vraiment trop long- et détourner sans rien dire. Les analysait-elle ? Qu’en faisait-elle de ces informations, alors ? Préparait-elle des plans machiavéliques les mettant en scène ? Bon sang, qu’avait-elle donc dans sa fichue caboche ?

Passant à l’autre cas avant de totalement perdre ses raisons, Chloé respira longuement avant d’entrer en introspection, se doutant que ce ne serait pas aussi facile que la première. Animera Malone est la fille unique –à moins qu’elle aussi ait un/e frère/sœur cracmol, hasard, je vous dirai- du froid professeur  de Potion, qui n’est souriant qu’en rencontrant un élève doué pour sa matière. Elle n’avait non plus un grand cercle d’amitié –voire pas du tout, sans vouloir être vexante-, mais non plus des ennemis –une fille sans problème en somme- si ce n’est les autres qui la trouvent trop sûr d’elle –peut-être pour son statut- et trop froide –pour une fille de son âge. Elle ne côtoyait pas grand monde, et il semblerait qu’encore moins des élèves de son année, maison confondue.

Tournant maintenant ses réflexions du côté des garçons, le passage de l’incident avec les Serdaigle lui revint aussi rapidement qu’un éclair qui s’abattait. Hem, elle mit de côté les deux profils un peu trop pro sang-pur. Malfoy et Zabini ne sont pas loin d’être en tête de liste en tant que cible, mais ce serait fort étonnant qu’ils se laissent faire. Par ailleurs, ils ne restaient qu’entre eux, leur petit groupe qui se composait aussi d’un Serdaigle et d’un Poufsouffle. Ce dernier, étant un fait assez surprenant, mais bon, à partir du moment qu’un de leur n’était pas chez les rouge, ça devrait aller.

Ionise Stewart n’était pas non plus ce qui semble être quelqu’un qui se fait remarquer, il faisait d’ailleurs tout pour ne pas l’être, et ne restait qu’avec son cousin ou le duo bleu et jaune que formait Castaglione et Lyu. Sinon, il se montrait social quand on s’adressait à lui, mais une fois plongé dans un de ces livres, il n’entendra plus rien de ce qui l’entoure. Passionné pour le mystère, son image est assez tordue.

Pas pire que Kylian Entwhistle, bien sûr. Pâle –concurrençant Malfoy-, silencieux –rivalisant Laura et Ani- et songeur –pire que les rêvasseurs de leur année, tel Elias, Matthew (dans un sens) et Albus (eh oui, on en revient aux bleus, faut dire que c’est quand même leur rôle). Style vestimentaire qui sautent aux yeux –comme Matthew (encore)-, col noué jusqu’au haut du cou, lunettes teintés (moins pire que les aviateurs de Goldstein) et cheveux en batailles (et noir de jais comme Albus, hum…) qui lui cachent la vue. Il y avait de quoi être pris pour cible de menace. Mais bon, aller jusqu’à dire « te supprimer » juste pour sa façon d’habiller, ça va un peu loin.

Le dernier : Tobias Finnigan. En procédant par élimination, c’est le choix le plus probable. De un, il dérangeait tous les règles de bonnes séances avec sa manière nonchalante pour les verts, de deux, il semblerait tout faire pour foutre leur image en l’air, de trois, c’est un farceur invétéré, de quatre, cela crée quelque tensions au sein de son entourage pour ses faits qui étaient loin d’en plaire à plus d’un –si on excluait les autres facétieux. Alors forcément, on pencherait notre jugement sur lui. Ce ne peut être QUE ce « sale » Serpentard dont on signalait. De plus, à l’annonce de sa maison, sa mère lui avait envoyé une lettre rouge pour l’admonesté un bon coup. Ah, d’ailleurs, et si c’était une beuglante qu’elles avaient entendu ? Finnigan se serait réfugié dans un coin reculé pour éviter de se faire moquer à l’ouverture de cette lettre incendiaire. Ce n’était pas une hypothèse à écarter, non ?

Enfin, ce n’était pas comme ça que l’affaire allait avancer. Même si elle trouvait qui était la cible, il n’y avait aucun indice sur le scélérat. Etait-ce un adulte ? Un étudiant du second cycle ? Un personnel (pas Arsène, Chloé se souvenait très bien que celui-ci était en bas lors des faits, puisqu’après elle la fuit), de la famille (l’idée de la beuglante ne la quittait plus) ? L’esprit confus, la jeune fille en oublia même le timbre de la voix. Était-ce celui d’un homme ou d’une femme ? Était-elle ténor ou basse? Soprano ou alto ?

Malheureusement toutes ces questions resteront sans réponses. Sauf si elle réagissait. Une enquête allait s’ouvrir.

  Alors que les quatre filles avaient l’esprit en confusion à cause du problème de « sale Serpentard », d’autre en avait aussi contre eux. James Potter dévalait les marches de la tour des Gryffondor pour la grande salle en compagnie de son meilleur ami, Lucas Dixon, et il était d’humeur noire. Maugréant dans sa barbe, même son ami châtain avait du mal à saisir ses ronchonnements, les seuls qu’il put entendre concernaient leur maison ennemie.

« Je suis sûr que ce sont ces Serpentard qui ont fait le coup »

« Ça, tu n’en sais rien. Tu n’as aucune preuve. »

« J’en trouverai. D’ailleurs, ça m’étonne qu’ils pouvaient obtenir ce genre de truc »

« Tu sais, les marchandises de ton oncle sont pour tout public, ils se vendent à tout le monde. Oui, même aux Serpentard » approuva Lucas en voyant son ami prêt à répliquer.

« Mais franchement, c’est immature de mettre des pétards de pâtes étoilés au milieu de ce couloir ! ‘Ont rien à faire ! »

Lucas se retint de pouffer de rire tout en se souvenant que la veille, James avait eu une idée de ce genre. C’était sûrement le destin qui leur donnait un signe en leur demandant d’arrêter un peu les bêtises.

« Bon, viens, on se venge. C’est tout ce qu’ils méritent ces sales petits Serpentard »

Bon, visiblement le message n’était pas passé dans la grosse tête fière de James Sirius Potter, qui pense avoir toujours raison. Et bon, il n’avait pas tort, là. Ces petits Serpentard vont payer pour l’affront qu’ils les ont fait subir. Ils en avaient eu du mal à se dépêtrer de ces étoiles filantes et tapageuses au milieu de ce couloir au quatrième. Franchement, ils vont voir ce qu’ils vont voir !

 

Pendant les jours qui suivirent, rien d’extraordinaire ne se reproduisit. Excepté le fait que le duo James/Lucas avait fait grand en ensorcelant les canalisations des cachots des serpents. Un sort s’enclenchait dès qu’il voyait un uniforme vert passé et des dizaines de billes puantes explosaient à leurs figures. Heureusement, que ces élèves n’étaient pas dans leur maison pour rien, ils usèrent mainte ruse pour contourner cette farce puéril et absolument barbare.

Bah oui, quoi. Qu’avaient-ils fait de mal à part être d’honnête serpentard (c’est ce qu’on appelle un oxymore) ? D’autre répliqueront que c’est justement pour cette raison (on comptera à l’intérieur et en premier rang James et son fidèle Lucas) et certain diront que c’est parce qu’ils avaient fait quelque chose qui le mérite (là encore, en premier rang le duo –sont partout ces deux-là). Ce qui amènent à une autre question : Et en quel honore ? Là, on leur répondra…  Bref, toute une histoire sans intérêt. Pour Chloé, bien sûr.

Son affaire n’avait pas beaucoup avancé, elle n’avait pas assez de piste pour mener à bien son étude et ne pouvait se permettre de demander de l’aide aux autres, parce qu’elle ne souhaitait pas revivre cet instant en racontant tout, de un, et de deux parce qu’elle avait une fierté de tout faire toute seule. Cependant, elle avait maintenant une petite idée de qui pourrait bien être le truand. Oh non, elle ne soupçonnait pas James Potter ou son ami, non ils n’ont pas assez de voix (bien qu’elle ne s’en rappelait toujours pas) et n’était pas assez mature pour proférer ce genre de chose, mais plutôt quelqu’un de leur genre, qui serait capable de bien pire que leur petit manigance, allant même à trafiquer dans le dos des principaux acteurs. Elle n’avait pas encore de nom, mais ça n’allait pas tarder. Patience.

         Les choses bougèrent en un soir, où elle s’y attendait le moins. Un mercredi soir, dans la tour d’Astronomie, les élèves de la première année avait le cours éponyme. Ils repéraient les astres demandés alors que le temps commençait à se rafraîchir. Pratiquement personne n’était concentré, ce qui n’était en réalité pas très différent des autres demi-heures de cours, n’étant pas féru de cosmologie, si on excepte une qui était bien concentrée.

« Ah, mars et vénus se croisent. Cela signifie qu’il y aura des rencontres le lendemain. » S’exclama Claire Lyu, toute excités.

« Très bonne observation mademoiselle Lyu. Continuez ainsi, vous donnez de  l’intérêt au cours au contraire de vos camarades qui ne semblent pas du tout s’y intéressé. » Trancha la professeure Sinistra.

D’autres, trop concentrés sur ce qu’ils faisaient, n’ont semblé pas avoir entendu ces propos vexants ou faisant semblant de ne pas être touché comme ceux qui font aussi semblant. ‘Fin, m’avez compris.

Dix minutes plus tard, le cours s’acheva alors que la prédiction prenait forme. Jeudi, Chloé Rivers s’était décidée : Même si elle avait encore très peur, elle devait le faire. C’est pour le bien de son enquête et résoudre cette histoire vandale au plus vite ne sera que meilleur. Ce soir, après les cours, elle retournera sur les lieux du crime.

Dommage qu’à ce jour, elle terminait les cours assez tard –avec défense en compagnie des bleus, et qu’en cette période de l’année, il commençait déjà à faire sombre et froid dans les couloirs, ce dont les autres élèves en profitaient pour retourner dans les dortoirs/salle commune pour piquer un somme/faire leur devoir. Elle accouru aussitôt vers l’endroit maintenant crainte, ses pas résonnait derrière elle comme cette nuit-là, il faisait frais et sombre comme cette fois-là et les escaliers mobiles étaient aussi capricieux que la dernière fois. Comble de l’appréhension, il y avait un ombre, encore. Et c’était encore elle.

« Mais… qu’est-ce que… » Dirent-elle à l’unisson.

La rouge et la verte restèrent à s’examiner. En bas des escaliers apparurent également celles qu’on « attendait ». La paire jaune et bleu les rejoignit au milieu de l’escalier. Qui bougea. Jusqu’au troisième. Pour refaire la scène.:

« Bon vite, bougez ! » Clara s’écria et elles s’exécutèrent inconsciemment. « Je ne voulais pas me retrouver comme la nuit dernière », s’expliquait-elle.

Trois paires de yeux blasées se posèrent sur elle, dont elle en fit fi.

« Et maintenant, qu’est-ce que vous faites ici ? » demanda Claire, en reprenant son souffle.

Seul le silence lui répondit. Les deux premières évitèrent de croiser son regard, tandis que son ami lui renvoya un sourire moqueur.

« Bah, en fait, je me suis dit que… et si on révisait l’histoire ensemble ? Je ne comprends franchement rien avec ce vieux fantôme ! » Détourna Harley.

Etrangement, cela marcha. Les trois filles opinèrent et profitant qu’elles soient au troisième pour aller dans la salle d’histoire de la magie. Au début, elles ignoraient comment réagir l’une face à l’autre. Elles étaient toutes les quatre tracassées par l’évènement du 31 octobre –non, pas la première chute de Voldemort- et la tournure que la situation a pris n’était pas pour arrangé. Étant réuni pour une seule raison.

« Euh… » Commença Harley, puis en se morigénant de manquer de vocabulaire, elle enchaîna  « On peut reprendre sur le dernier cours ? Je crois qu’il avait demandé de faire quelque chose là-dessus »

« Ah, ça, aucune idée. Je n’en ai pas le souvenir, du moins » répondit aussitôt Clara en se déclinant.

« En même temps ce n’est pas comme si tu suivais le cours »

« Mais personne n’écoute. Pas même toi » répliqua Chloé à l’adresse de Claire.

Celle-ci ne répondit rien, tandis que les filles l’a regardèrent étonnées, s’attendant surement qu’elle rétorque. Alors même la Serdaigle n’arrivait pas à suivre et noter ce que dit la voix soporifique du fantôme ?

« Donc, pas d’aide possible ? »

« Bah, si tu veux, je peux te faire un résumé du cours que j’ai compris… »

« J’imagine que c’est toujours mieux que rien. »

Et contre toute attente, ce fut très attractif. L’air de rien, la chinoise n’a pas été envoyé chez les bleus par erreur, elle usa de plusieurs activité pour rendre son explication à la fois enrichissante et divertissante.

« Et puis, c’est comme ça que la guerre sanglante des Gobelins et Sorciers fut achevé ! Intéressant, non ? »

« Plus que le cours de BINNS, ça, c’est sûr » approuva Clara.

La remarque fut opinée par les deux autres. Satisfaite, Claire se réinstalla (car oui, entre temps, elle s’est levé pour les explications) et recommença à feuilleter les pages du manuel, en quête d’un autre cours à éclaircir.

Tandis qu’elles se mettaient à produire des parchemins encrés de leurs observations, Harley finit par soupirer et s’exclamer :

« Mais tout de même, c’est vraiment galère l’histoire. Comment va-t-on faire pour nos buses ? »

« Bah, peut-être qu’on pourrait refaire des cours en parallèle pour réviser ce qu’on n’a pas compris en cours avec quelqu’un de plus spécialisé pour enseigner » suggéra Chloé en jetant un coup d’œil à Claire, sous entendant qu’elle pourrait avoir le rôle d’enseignante.

« Moi, je n’arrive toujours pas à comprendre comment vous faîtes pour réussir à ne pas vous endormir » répliqua Clara en s’étirant.

« Je peux presque t’assurer que je ne fais que ça… »

« Surtout les bleus, là » continua Clara, n’ayant pas entendu la remarque.

« Bah, c’est qu’ils ont la volonté de vouloir comprendre ce cours qui devrait être vraiment passionnant, s’il était enseigné par un personnel de qualité. »

« Faut pas trop en demander non plus », marmonna Chloé.

Clara poussa un soupir en pensant à quelque chose. Les trois autres étaient à nouveau concentrées sur leur travail.

« Ça me fait rappeler qu’Alice aussi avait fait la remarque. Elle était grave déprimée, même. »

« Oui, elle m’a raconté que dans son école moldu, on ne parlait qu’en bien de cette matière, mais qu’une fois ici, elle fut lourdement déçue. » nota Claire sans relever la tête.

Dommage, elle rata le sourire ironique de la blonde.

« Mais qu’est-ce qu’elle est sérieuse cette fille… »

Puis un autre sourire remplaça le premier. Une idée (tordue) lui vint.

« Il faut vraiment que je fasse quelque chose pour la décoincer. »

« Ah non, je t’interdis de lui faire une de tes blagues douteuses ! » réalisa Claire en la toisant avec de gros yeux.

« Roh, c’est bon, ce n’est pas comme si je lui crêpais le chignon… » Se défendit la Poufsouffle.

« Alice n’a pas de chignon. »

« Hein ? Mais de quoi tu causes ? » S’étonna Clara.

« Ben, elle ne peut pas avoir de chignon, vu qu’elle a les cheveux courts » Se justifia Claire, un peu mal à l’aise, elle sentait la bêtise pas loin.

« Mais… tu ne sais pas… » S’ahurit Clara.

« Lui crêper le chignon, expression moldu qui veut dire embêter quelqu’un, la plupart du temps dans un dessein en particulier. Ici, passer outre le balai dans le cul d’HEARTFILIA » renseigna Harley en regardant mauvais la blonde.

« Le balai… »

« Également une expression moldu, qui désigne les personnes coincés » s’empressa d’ajouter Chloé ayant le regard neutre à cette histoire.

« Ah… »

Clara poussa un soupir à fendre l’âme.

« Bon, ça va, de toute façon je prendrai l’option étude de moldu » se défendit Claire en comprenant d’où venait l’exaspération de son amie : à elle, ce n’était pas la première fois qu’elle lui faisait le coup.

« Oui, dans deux ans. Et pendant ce temps, qui est-ce qui doit supporter ces questions idiotes ? »

« Elles n’ont rien d’idiotes ! Je cherche juste des connaissances »

« Ah, ça, pour sûr que tu fais des connaissances. Tu n’es doué qu’à ça »

La brune fit la moue et se mura dans un silence temporaire. Rompu par la même que la première.

« N’empêche, il y’en a bien un à qui ça arrange, ces cours assommants. »

Un petit silence accueillit la remarque. Chacune spéculant sur l’élève en question, ou se soupçonnant soi-même (n’est-ce pas Harley ?).

« Ah, tu veux parler de BOOT ?  Il est vraiment pas croyable, celui-là. Pourtant il a les capacités d’avoir un niveau élevé. »

« D’ailleurs il est aussi très malin. Il utilise des moyens imparables pour résoudre un problème au plus vite, comme ça il en est débarrassé. Je me demande ce qu’il fait à Poufsouffle, il aurait très bien eu sa place à…»

« Mais c’est un paresseux » riposta aussitôt Chloé.

« C’est un préjugé auquel on assigne à ces pauvres jaunes, non ? » releva Harley, toujours intolérante envers les discriminations, digne Gryffondor.

« Absolument pas, je dis juste qu’il n’a aucune ambition pour se trouver à Serpentard, c’est bien ce que tu voulais dire, non, Castaglione ? »

« Hum, oui. Mais tu sais, tu peux m’appeler Clara. Ça fait trop bizarre que quelqu’un de mon âge m’appelle par mon nom… »

« Et puis, tu sais Chloé, les gens ne sont pas forcément classé selon leur aptitudes. Je veux dire… il y a bien Tobias Finnigan qui a été envoyé à Serpentard, mais qui ne semble pas aussi posé que ses, euh, que toi ou les autres de ta maison », raisonna Claire.

Celle-ci se tourna vers la brune et la sonda du regard, avant de méditer un moment ses paroles.

« Je te l’accorde, mais il ne faut pas oublier que le choixpeau ne se trompe jamais. S’il n’a pas été envoyé chez nous, c’est que ce n’était pas pour lui. »

« Parce que c’était un endroit trop dangereux pour un gars pacifique comme lui ? » rétorqua Clara, narquoise.

Seulement cela suscita bien plus que ça, et elle le comprit trop tard. L’ambiance devint tout à coup pesant et plus aucune ne prononça un mot. Le souvenir qui appuyait cette remarque était encore trop récent et fort, elles ne parvinrent pas à le détourner et se fermèrent dans un silence de plomb. Il ne subsistait plus que le grattement des plumes et dire qu’elles allaient se séparer là-dessus.

« Mais sincèrement, ça ne vous intrigue pas cette histoire ? » Chloé Rivers releva la tête et la jugea une nouvelle fois, qui se reprit « Non, enfin, je suis sûr que tu dois te sentir concerné, mais cette histoire est tout de même étrange, non ? »

« Pour ne pas dire grave. » Compléta Harley  « C’est ce que tu veux dire ? Tu penses qu’il peut y avoir des risques si on ne fait pas quelque chose ? »

« Eh bien, dans ce cas-là pourquoi ne pas le rapporter aux professeurs ? Il sauront mieux agir que nous »

« Pour leur dire quoi ? Qu’on a trainé un peu trop tard dans la nuit et qu’on a été témoin de… quoi ? D’une menace ? » Claqua la Gryffondor.

« Pas sûr qu’ils vont nous croire, surtout après un mois sans nouvelle » cette fois-ci ce fut la voix de la Poufsouffle qui argumenta.

« De toute façon, ça ne vous concerne pas » Rappela la Serpentard, sceptique.

« Peut-être mais ce n’est pas pour autant que cela ne nous intéresse pas. J’aimerai savoir si la situation est délicate et si cet individu barbare ne devrait pas être maitrisé » se justifia la Serdaigle en toute franchise.

« Et pour cela, il suffit de retourner sur les lieux. Vous y en avez aussi pensé, non ? » Défia Clara, avec un sourire provocant.

Son amie répondit au sourire, s'étant toutes les deux préparés à l’aventure. Bien que silencieuses, les deux autres ne pouvaient qu’admettre, elles y méditaient. C’est là qu’un accord commun se fit. Elles agiront ensemble pour résoudre ce mystère qui les hante depuis des semaines.

Chloé sourit à la tournure qu’avaient prise les évènements et puis elle se souvint. Il était le lendemain de la prophétie de Claire. Il eut bien une rencontre, la leur.

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