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Chapitre 12

Chapitre 12 

Avril 

La première piste pour le suspect qui instiguait dans l'ombre pour nuire Poudlard était mauvaise. 

Bien que l'élève Mathilde Warrington était le meilleur choix pour être blâmée, elle n'était pas aussi stupide d'agir tout en se trouvant au premier plan. Après tout, revenir sur les bancs de Poudlard alors qu'elle était connue pour faire partie des Jeunesse Purs était un peu gros. 

Lorsqu'on l'avait interrogé, la seule chose qu'elle ait admis était avoir jeté un sort de confusion à la coupe de feu afin de mettre le nom de toutes les septièmes années. 

Si cela avait engendré un doute quant à ses capacités magiques, la question fut réglée par l'apparition d'une cloche magique qui ressortait du tableau problématique. Apparemment, quand elle s'était présentée devant la coupe, la cloche magique n'y était déjà plus. Ce qui signifiait qu'elle n'avait aucune connaissance du tableau. 

Si tant elle disait la vérité. 

La plupart des 30 légendes voulaient bien lui donner le bénéfice du doute, surtout après avoir écouté le discours de tolérance de Maria Delacroix. 

  

Cela suscitait alors une autre supposition. 

Les nouveaux élèves dans le château. 

Autant les premières et deuxièmes années n'avaient connaissance des Jeunesses Purs et Nouvel Ordre, les étudiants étrangers pouvaient être partisans de ce mouvement, bien que certains prétendaient n'avoir jamais entendu parler.  

Durmstrang avait peut-être moins de chance d'être soupçonné de faire partie du complot comme l'institut n'acceptait pas d'élève né de moldu, donc aucune chance de vouloir les promouvoir pour destituer les sang-mêlé de leur statut de sorcier légitime. 

Mais peut-être que des élèves connaissaient des sorciers nés de moldu et voulaient les venger depuis l'intérieur. C'était une supposition à ne pas négliger vu qu'il y avait pas mal qui connaissait des gens extérieurs comme ce fut le cas pour les sœurs Flores. 

Beaux Bâtons avaient plus de chance d'avoir des élèves suspicieux, vu qu'ils avaient bien des Next qui se permettaient des actes dans le passé, soi-disant sous contrôle. Ha, mauvais jeu de mot. Ranya Naybet était en effet une Next connue pour avoir un contrôle sur les gens et objets qu'elle touchait. 

Mais comme avec la première suspecte, interroger ces élèves s'avéra ne servir à rien, autant par leur dénégation que par la nullité de l'interrogatoire. 

  

Ou alors il s'agissait d'un ancien élève. 

La présence d'Emil était déjà une surprise la première fois, mais son excuse d'être venu en tant qu'invité passait plus facilement que cette fois-ci où il n'y avait pas d'événement qui méritait la présence d'étranger. Parce que c'était ce qu'il était. 

En outre, s'il se trouvait avec la situation actuelle, ce n'était pas vraiment une bonne chose pour lui. 

L'école entier était à la chasse au suspect qui mettait ses élèves en danger et lui arrivait comme si de rien n'était, prétendant parfaitement à ce rôle qu'on lui soupçonnait d'avoir depuis un moment déjà. 

Inutile de dire que les septièmes années qui ont été mis au courant de son arrivée s'étaient accordés à ce qu'il n'entrait pas en contact avec l'élève qui fut un temps sa meilleure amie. De plus, à l'heure actuelle, Claire avait besoin de repos après être victime du tableau pendant deux mois et n'avait certainement pas à voir une figure qui fut longtemps une tourmente pour elle. 

« Et il se trouve où, en ce moment ? » Demanda Harley. 

Rose eut l'air contrite. 

« On ne sait pas vraiment, il bouge beaucoup et on n'a jamais vraiment réussi à le coincer. » 

« Il est pas un peu en infraction ? C'est techniquement un étranger, il n'est plus élève de Poudlard, non ? » 

« Oui, mais il connait justement le château pour filer entre ses protections. » 

« Eh bien, ça en dit long sur lesdits protections de l'école. » 

Rose eut à nouveau l'air chagrinée mais ne parvenait pas à argumenter contre la remarque. C'était un fait non-contestable. 

« Pourquoi ce ne serait pas une bonne idée qu'ils se voient ? » Demanda Clara. 

Ses deux amies lui jetèrent un regard indéchiffrable mais ce fut Rose, la tendre et douce Rose depuis qu'elle était en couple, qui lui répondit. 

« C'est un peu à cause de lui si elle se trouve dans cet état mental. » 

Clara réfléchit à ça avant d'hausser les épaules. 

« Mais avant ça, elle voulait le voir. » 

« Je ne pense qu'elle veuille le voir comme ça. Dans l'état actuel, ils ne sont tous les deux pas en état d'avoir une conversation saine. » 

« S'ils peuvent se parler », termina Chloe. 

« Qui peut parler à qui ? » 

Elles se tournèrent dans un même mouvement vers la personne redoutée. 

« Comme si t'avais besoin de poser la question », dit seulement Clara. 

Maintenant que Claire était revenue à leur mémoire, elles associaient la première venue d'Emil et ses paroles à une recherche discrète de leur amie tout en ayant connaissance de sa situation. 

« Qu'est-ce que tu fais ici ? Comment tu y as accès ? » 

Contre toute attente, il répondit facilement les questionnements d'Harley. 

« Grâce au passage de la cabane hurlante. Linnea m'a fait comprendre que la situation à Poudlard était délicate et que vous recherchez l'auteur d'un crime. » 

« Je vais répéter, mais qui dit que tu n'es pas la personne qu'on recherche ? » 

« Je ne serai pas venu vers vous de moi-même dans ce cas. » 

« Ça ne t'a pourtant pas arrêté dans le passé. » 

« Les gens changent. » 

Les filles ne voulaient pas croire à ce dicton. Au cours de leur année à Poudlard, elles avaient appris des tas de choses qui ont permis leurs pensées de s'élargir, d'adapter leur comportement à certaine situation qui demandait plus de tact ou encore de savoir détourner quand il fallait. Mais les gens ne changeaient pas aussi facilement. C'était un processus lent et espacé dans le temps qui demandait beaucoup de volonté de soi et réflexion pas toujours lucide. 

Comme ce fut le cas pour Claire. 

Et Emil n'avait de toute évidence pas changer si la boucle autour de son lobe d'oreille qui marquait sa chaire en noir était d'une quelconque signification. 

« Tu sais quoi ? Je veux bien te donner le bénéfice du doute. Ce serait con d'apparaître après deux ans de séparation pour que tu retournes à nouveaux dans une prison. Tu es peut-être maso mais il y a aussi une limite à ça. Mais compte pas sur moi pour te laisser voir Claire, que ce soit ton intention ou non. » 

Surpris par la franchise de la blonde, ses amies et la préfète faillirent l'applaudir si son interlocuteur n'eut pas un rire moqueur. 

« Tu penses que je suis maso ? Et qu'il y aurait une limite pour ça ? » 

Il secoua la tête, et la marque sombre sembla s'étendre sur son visage. 

« Quand une personne veut vraiment faire du mal, il n'y a pas de limite. Et ce, peu importe qui est la victime et le procédé. » 

« Et qu'est-ce que ça veut dire ? » Demanda Chloé qui fut la seule capable de parler. 

« Ça veut dire que quand j'ai décidé de quelque chose, je compte bien le faire jusqu'à satisfaction. Personne ne semble se bouger pour trouver le coupable qui sème la pagaille dans les murs de Poudlard ? Je vais vous le trouver même si je dois me salir les mains. » 

« Comme si elles n'étaient pas assez sales ? » Fit Harley, bien qu'incertaine si c'était une question ou non. 

« Alors personne ne verrait la différence. » 

Ça, c'était vraiment sinistre comme réponse.  

  

Maintenant que Lily était entre les bonnes mains de leur mère qui n'allait pas cesser de la dorloter pour un moment, Albus devait s'affairer à son travail de préfet-en-chef et s'assurer du bien-être de ses condisciples élèves. 

Notamment Alfred qui avait le syndrome du héros et qui blâmait tous les soucis que Poudlard avait sur sa personne. 

La meilleure chose à faire était de détruire le tableau, mais ils n'étaient pas sûrs que tous les prisonniers ont été libéré et comment s'en débarrasser sans être aspiré et disparaître à nouveau. Et est-ce qu'il y avait encore un moyen de sauver ceux qui ont disparu une seconde fois ? 

Trop de question et pas assez de réponse. 

Adrian, comme Alice, le rassurait sur son innocence dans tout ce fatras mais il était difficile d'apaiser les agitations d'un trouble déjà bien ancré. Et ça, les deux né de moldu n'en savaient que trop bien après cet été. C'était justement après avoir été témoin de ce qui s'est passé cet été qu'ils étaient particulièrement aux soins de leur ami, de crainte qu'un drame se produise à nouveau. 

Bien qu'au train où vont les choses, cela allait certainement arriver. 

Les retours des élèves disparus se sont faits par petit groupe et les convalescents reprenaient leur repère ailleurs qu'à l'infirmerie. Le personnel médical avait rapidement déterminé que les garder isolés dans une pièce blanche après qu'ils étaient captifs sous la flotte pendant une longue période indéterminée n'était pas la bonne chose à faire. Alors chaque élève retourné était entouré de proche pour se sentir bien à l'aise, comme de retour chez soi. 

Bon, un peu compliqué pour les élèves de troisième année qui était déjà une bande d'amie lorsqu'ils avaient disparu. Seule l'élève Agnes Aurora pouvait prétendre à ce rôle, mais une personne pour quatre était un peu trop. 

Lily, bien sûr, avait sa famille, tout comme la jumelle Chow qui fut la première à revenir grâce à sa jumelle. 

Les préfets qui ont été pris parce qu'ils faisaient leur travail en patrouillant, Claire parce qu'elle a dépassé le couvre-feu et bien d'autres dont personne n'était sûr comment ils ont pu revenir quand on voit qu'ils n'étaient pas particulièrement entourés à leur retour. 

Heureusement, les nouveaux professeurs étaient bien plus amicaux que les anciens et faisaient bien des efforts pour aider ces élèves à se sentir chez eux à nouveau. 

Alfred, bien que voulant soutenir le poids du monde, ne pouvait même pas supporter sa propre culpabilité et parvenait à peine à regarder Claire dans les yeux. 

« Après, ce n'était pas comme si elle pouvait elle-même regarder qui que ce soit », commenta Alice. 

Ce qui, bien sûr, n'était pas la meilleure chose à dire pour le conforter. 

« Est-ce qu'elle va bien, au moins ? » 

Est-ce qu'elle allait seulement bien, même, serait la question juste. 

« Il y a eu pire. » 

« Bien sûr, on ne veut pas du pire, ni pour elle, ni pour toi », ajouta aussitôt Adrian. 

« Il ne pourrait pas y avoir pire avec moi », lui répondit Alfred en riant nerveusement. 

Aucun de ses amis ne répondit à son rire et le regard intense d'Alice l'obligea à détourner le regard. 

Juste à ce moment, ses yeux parvinrent à attraper le dos d'Emil qui disparaissait au coin du couloir. 

 
 

Emil mit sa menace à exécution à l'approche des congés scolaire de printemps, attendant probablement le départ des étudiants étrangers mais s'assurant que ceux de Poudlard restaient encore. 

Cela avait commencé aussi violemment qu'avec Jeffrey Link des Jeunesses Purs. Juste que dans ce cas-ci, Mathilde Warrington en était la martyre. 

Elle était en boule dans le grand hall, attisant la curiosité des élèves qui ne savaient ce qui se passait mais qui comprenaient que cela devait grave et avait appeler les professeurs responsables. Il n'y avait rien d'apparent, elle semblait juste prise dans une hallucination et niait son implication dans un quelconque complot. 

« Je ne sais pas de quel tableau, on parle ! Je ne connais même pas le moyen pour créer des Next ! Je ne suis au courant de rien, je suis innocente ! » Continuait-elle de clamer de plus en plus forte alors que son regard se perdait dans la folie. 

Les élèves plus jeunes commençaient à montrer leur peur et crainte, d'autres fondaient en larme en ayant compris les problèmes que Poudlard subissait récemment. Les préfets les demandaient alors de s'éloigner de la scène et les professeurs présent ne parvenaient pas à ramener l'inconsciente au présent qui crier et hurler à leur contact. 

Mathilde ne semblait même pas voir leur présence et était enfermée dans une prison psychique redoutable. 

Quand le directeur arriva enfin, il cherchait le coupable des yeux, ayant déjà une idée de son identité. Le criminel n'était pas aussi stupide et ne se trouvait pas sur les lieux, observant probablement la scène de loin et par un quelconque moyen pas très recommandable. 

Alors que même les infirmières arrivaient en renfort pour libérer la transe folle de leur patiente, deux élèves du premier cycle s'avancèrent en pleur auprès du directeur. Harry s'agenouilla devant elles, pour tenter de les calmer mais elles continuaient de baragouiner des mots inintelligibles en hoquetant et désignant l'élève plus âgée de leur main tremblante. Harry se rappela que les jumelles Chow étaient des Next qui partageaient leur corps en faisant voyager leur âme d'une enveloppe corporelle à l'autre, ce qui leur a permis de se rappeler de l'autre coincée dans le tableau. 

« On est désolée », excusèrent-elles. 

« Pas de ça, on a déjà déterminé que les Next sont autant victimes de ce tableau que les autres. Vous n'avez pas à vous sentir coupable de quoi que ce soit. » 

« Non, c'est de notre faute... » 

« On ne savait pas que ça allait causer autant de problème. » 

« On nous avait juste dit que ça allait montrer la valeur des nés de moldu. » 

« On pensait pas que ça créait des disparitions et que c'était si effrayant. » 

Harry n'arrivait plus à prononcer un mot, tout comme les autres adultes présents qui avaient peur de comprendre ce que les filles disaient. 

« On voulait juste donner le mérite aux nés de moldu parce qu'on est des êtres supérieurs. Mais pas faire disparaître les autres de la surface du monde. » 

« Alors quand on nous a passé le tableau l'année dernière en nous disant que notre ère était arrivée, on l'a gardé avec nous et fait passer par le trou dans la protection de l'école au début de l'année, mais... » 

« Mais après, même Carina a disparu et c'était horrible parce qu'on sentait toutes les deux ce qui se passait une fois coincée dans le tableau. Et personne ne méritait ça, mais on avait peur de la punition si on vous disait la vérité alors-... » 

Helena Chow coupa dans son explication pour s'étrangler dans un sanglot, vite rejoint par sa jumelle. À ce moment, Mathilde cessa de pousser ses cris et ils se tournèrent tous pour voir Emil au chevet du corps inconscient avec un carnet dans la main. La marque à son oreille n'avait pas changé, cependant. 

« Bah, voilà, ce n'était pas difficile de se dénoncer. » 

« Tu as le culot de dire ça ? » Cracha Adrian. 

Emil ne réagit pas et s'adressa aux jumelles qui tremblèrent sous le regard froid. 

« Et on vous a dit comment se débarrasser du tableau ? » 

Elles secouèrent la tête vivement, se forçant à se sécher les larmes. 

« On nous a passé le tableau en disant de le garder près de nous, puis de l'amener à Poudlard pour l'activer. Mais ils ont insisté pour que ce soit accroché dans un salon. » 

Il fallait donc décrocher l’artefact de sa place, mais ne risquaient-ils pas de disparaître une fois l'avoir touché ? 

« Comment vous l'avez déplacé sans vous faire prendre ? » Leur demanda doucement Harry en faisant signe aux infirmières d'emmener le corps inerte à faire soigner. 

Elles n'avaient touché que le cadre. Réflexion faite, le paysage ne montrait pas une quantité d'eau au début. Il leur fallait trouver un moyen de dissiper le liquide. Harry demanda à son adjoint d'amener les jumelles se calmer et d'appeler leur parent pour discuter sur ne pas écouter les étrangers et ce qui pourrait amener à se passer, comme actuellement. Puis, il se tourna vers Emil, qui se faisait étroitement surveillé par le septième fils. 

Alors qu'il soupirait à l'idée de recontacter la gardienne de celui-ci, ou l'ancienne vu qu'il était majeur, Harry Potter sentit sa migraine s'agrandir lorsqu'il remarqua du coin de l'œil une élève les observait de derrière les grands escaliers. 

En fait, elle n'était pas seule, mais ses amies avaient jugé juste de la laisser se cacher derrière les marches pour éviter de se faire voir par Emil. Probablement était-ce la meilleure solution, comme celui-ci ne lui jeta pas un regard lorsqu'ils passèrent devant elles pour rejoindre le bureau du directeur. 

 
 

Lux était déjà présente dans le salon quand Alfred débarqua après le raffut avec Mathilde Warrington et les jumelles Carina et Helena Chow. Le tableau était vide et il y avait au moins une dizaine d'élève qui recrachait l'eau en toussotant ou se réchauffait en se frottant énergiquement les bras. 

Alice suivit aussi rapidement derrière et fit tout ce qu'il fallait pour aider ces élèves revenus. Alors que Lux s'apprêtait à déloger le tableau de sa place qu'il en a abusé bien trop longtemps, Alfred l'arrêta. 

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée que tu sois celle qui le prenne. » 

Alice arrêta dans ce qu'elle faisait et voulut s'approcher. Mais Alfred lui fit un signe de continuer et elle fit de mauvaise grâce quand un des élèves éternua violemment. Lux n'avait pas bougé dans son action de saisir le tableau par le cadre. 

« Il faudrait que ce soit toi ? Tu n'es pas un Next que je sache. » 

« J'ai été modifié pour. » 

Lux secoua la tête. 

« Je voudrai éviter qu'Alice me tienne responsable si je te laissais faire. » 

« Très bien, alors attendons Adrian. » 

L'asiatique considéra la proposition, qui avait l'air bien plus raisonnable que la première, et accepta tout en prenant soin de se placer entre le tableau et son camarade. Elle avait enlevé les sorts de protections plus tôt grâce à sa magie et devait donc faire la garde physiquement avant qu'il n'arrivât au rouquin d'agir de lui-même. 

Adrian n'arriva pas plus tard mais avec une mine si sombre que les deux autres comprirent que les coupables ont été appréhendé et l'affaire classée, aux conséquences déplorables. Ils se sentirent un peu mal de lui annoncer ce qui allait se passer, bien qu'ils soupçonnaient que le blond avait déjà une idée. 

« Est-ce qu'on ne pourrait pas faire ça plus tard ? Je pense que certaines sont déjà dévastées par la dernière nouvelle et je ne pense pas qu'elles pourraient supporter une autre du genre. » 

Alfred eut au moins la décence de se sentir gêné, mais son regard déterminé ne laissait pas d'autre choix aux deux autres. 

« Je ne sais pas si ton sacrifice est ce qui pourrait tout arranger », fit finalement Lux. 

« Cela devrait au moins arrêter ce désastre. » 

« Mais cela ne s'arrêtera jamais. Comme tu as pu le comprendre, il y aura toujours de nouveaux Jeunesses Purs, s'ils ne deviennent pas le nouvel Nouvel Ordre. Les gens vont toujours penser que certains valent plus que d'autre. » 

« Le phénomène des Next cessera si je détruis ce tableau. » 

« Et toi avec. » 

« Il faut bien une contrepartie. Tout comme il a fallu une contrepartie pour faire de moi un sorcier. » 

Adrian devait intervenir à ça. 

« Je t'en prie, ne dis pas ça. L'héritage sorcier a toujours coulé en toi, tu n'as juste pas eu le temps de le découvrir avec ta mère. » 

« Peut-être que je n'aurai juste pas dû connaître ça. » 

« On ne va te laisser faire ça, ce serait de l'homicide par non-assistance. » 

Alfred eut une pause à ça, pour les regarder tous les deux intensément. 

« Je ne vais pas mourir. » 

Mais ses interlocuteurs étaient convaincus du contraire. 

« L'Alfred que nous connaissons va l'être. » 

« Il l'est déjà. Je suis désolé que vous devez voir ça, je comptais le faire discrètement pour n'imposer cette vue à personne mais ça ne peut plus tarder. Plus le temps passe et plus les partisans du Nouvel Ordre continuent de commettre des larcins en s'attaquant à des innocents pensant nourrir le tableau. Je dois arrêter ça. » 

« Est-ce qu'il n'y a pas d'autre moyen ? » 

« J'ai longtemps cherché et c'était la seule solution. » 

Les yeux de Lux commencèrent à s'embuer de larme mais elle n'avait pas la force de bouger pour arrêter le jeune homme. Adrian remuait ses lèvres sans parvenir à formuler un mot et secouait la tête sans bouger de sa place, Alfred ne lui en laissait pas l'occasion, il avait déjà saisi le tableau dans ses mains. 

Son don s'activa au contact du cadre dont il tentait de plier par la force de ses bras. Une lueur bleutée entoura ses mains et l'artefact, de plus en plus fort au fur et à mesure que la toile se fissurait. Au bout d'un moment, elle se brisa en deux et la lumière disparut avec. En même temps que la lumière dans les yeux d'Alfred s'éteignit. 

Il tomba comme si on venait de lui couper un fil et fut rattrapé par Adrian avant de toucher le sol. 

Mais déjà, le septième fils ne sentait plus aucune magie en lui. 

 
 

Quand Wyatt revint pour les vacances, on le mit au courant des dernières nouvelles. 

La salle des miroirs n'était plus, les faisant alors perdre tout contact avec leur double demi-dieu. 

La mésaventure des victimes du tableau relatés ainsi que le récit épique du héro Alfred Jeskar qui se sacrifia pour anéantir la menace de la Relique du Nouvel Ordre. 

La démission de celui-ci qui n'avait plus aucun souvenir de la magie et tout ce qui le concernait. 

L'incarcération d'Emil Stewart pour avoir torturé gratuitement une étudiante de Poudlard, à une vingtaine d'année avec possibilité de libération en conditionnement.  

La dévastation des deux meilleures amies des deux anciens membres de 30 légendes et de l'amertume du cousin qui ne pouvait s'empêcher de penser que tout ne serait pas arrivé si une certaine personne n'avait pas été comme elle était. Ce que ladite personne agréait, se blâmant terriblement et sombrant dans un long sommeil. 

Claire dormait depuis 100 heures quand Wyatt arriva à Poudlard. 

 

3737 mots

 

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