6
Les nuages s’assemblent
1er Janvier et après
Et elle l’était. Le lendemain, premier jour de l’an, les parents Moon Star, venus dès qu’ils avaient reçu le missile qui annonçait la fin de vie sorcière de leur fille, rassurèrent tout le monde avec la déclaration suivante :
« Je suis formel, ma fille est toujours une sorcière. »
« Seulement… ? » Demanda Harry au père de l’étudiante.
Comme Adil Moon Star pratiquait la magie émérite propre aux sorciers indiens, il lui faisait assurément confiance et espérait récolter des éclaircissements sur tout cela.
« Elle a cédé sa magie, certes, ainsi que tous ses souvenirs de cette ‘première vie’, car quand on abandonne la première c’est une moitié de nous qu’on perd, mais tout cela n’est que la partie élémentaire. Quand un sorcier s’exerce de la magie impériale, jamais celle-ci ne l’abandonneront. »
« Tu veux dire que… » Murmura Parvati d’une voix tremblante.
La mère jeta un regard troublé à sa ‘fille’, qui lui retourna.
« Oui, notre… fille garde une certaine aptitude à faire de la magie, cependant elle devra tout réapprendre pour utiliser à nouveau ‘sa’ baguette. »
À vrai dire, ses camarades ne savaient pas comment prendre la nouvelle. Ok, elle n’allait probablement pas quitter l’école, mais elle ne souvenait plus d’eux ni d’elle-même, alors dans un sens, c’est un peu comme si elle était partie.
Une d’eux prenait le plus mal était évidemment Claire. Parce qu’elle avait toujours un grain en ce qui concerne les Jeunesse Pur, parce qu’elle était persuadée qu’en tant magicienne émérite, son amie et camarade aurait pu s’en sortir, mais surtout elle refusait tout ça pour un problème plus personnel.
Au cours de la journée, alors que les parents se prélassaient dans le parc, pas loin de leur fille qui ne les reconnaissait pas, la chinoise se rua vers la sri. Entourée de Clara et de Tyler qui l’aidaient à s(e)’ (ré) habituer à l’école –car il ne perd pas espoir d’être son prince-, ce dernier se redressa à temps et l’arrêta.
« Regardes-toi », ordonna Claire en tendant un miroir à celle qui acceptait de se faire appeler Lux.
Elle n’eut qu’à se déplacer d’un pas pour se mettre devant la jeune fille qui la regarda perplexe, de même que les deux autres observateurs, Zabini avec une pointe de contrariété. Ne voyant pas le problème, si ce n’était le sérieux à laquelle la chinoise la dévisageait, Lux saisit la manche de l’accessoire et s’observa. Du moins, elle aurait voulu lui faire.
« Mais…ce n’est pas moi… c’est un… »
« Regarde-toi mieux et vois tout ce que tu refuses de te souvenir. »
« M’enfin, Claire… » Soupira Clara en passant une main dans ses cheveux.
« Non. » Répondit-elle catégoriquement avant de se tourner vers Lux pour la toiser froidement « C’est facile pour toi de tout oublier et recommencer une vie comme si de rien n’était, mais que crois-tu que ton entourage ressent ? Ne penses-tu pas que tu les fais souffrir ? »
« Je ne… » Elle n’eut même pas le temps de se défendre que l’autre reprit.
« Tu te crois intéressante parce que tu sais être une sorcière sans savoir utiliser tes pouvoirs, mais si tu faisais un effort, tu pourrais les user et probablement recouvrir tes souvenirs, c’est si facile… »
« Bon, ça suffit ces jérémiades. » Coupa froidement Tyler en fusillant la chinoise du regard « Ce n’est pas parce que ta mère t’a oublié et te considère comme une étrangère que tu as le droit de te défouler sur les autres, vas te plaindre ailleurs, je ne te permettrai pas de faire du grabuge juste parce que tu es instable émotionnellement. »
Quelque chose se brisa dans le regard de Claire et elle se tourna vers la blonde pour chercher de l’aide. Clara ouvrit la bouche, mais rien n’en sortit avant qu’elle ne lâche un soupire.
« Il n’aurait pas dû dire ça comme ça, mais c’est vrai que ça ne te donne pas le droit de te décompresser sur Lux qui a la même…maladie que ta mère. »
Une lueur trahi traversa les traits de l’orpheline, mais avant qu’elle n’ait pu rétorquer quoique ce soit, le même garçon que la veille -Emil- l’attrapa par le bras et la dirigea plus loin alors qu’il se tournait vers Lux :
« Garde-là, tu en aurais besoin. »
L’assurance dans ses yeux prouvait qu’il savait de quoi il parlait. Mais un petit quelque chose dérangea les deux autres et si la petite n’était pas affectée, elle aurait trouvé de quoi il s’agissait.
Une onde de magie traversa l'école sorcière de Poudlard à minuit passée. Elle était puissante mais rare sont ceux qui peuvent les sentir car il faudrait être sensible. Et puis même parmi ces derniers, seuls quelques professionnels pourront l'analyser et classer sa catégorie.
Harry Potter fut réveillé en sursaut alors qu'il n'y avait plus qu'un reste de la décharge suspendu dans l'air. Il sauta hors du lit et jeta plusieurs sorts pour vérifier les barrières protecteurs encore bien en place. Bien qu'il ait senti que quelque chose se préparait, il ne pouvait que confirmer qu'elle était de source magie noire, ayant eu un passif marqué, mais rien de plus. Il n'avait malheureusement pas assez de sensibilité.
Les Next présents n'eurent qu'un froncement de sourcil sans que cela ne perturbe plus leur sommeil, apparemment ce n'était pas leur domaine d'être alarmer par un déploiement magique.
Seul Adrian pût tout sentir dans les moindres détails. Savoir quelle était la puissance, le genre, le moment exact de l'ouverture et l'endroit. Mais ce qui le désempara fut de reconnaître la provenance et ce n'était pas pour lui plaire.
Quand il arriva à trente mètres de la destination où la nouvelle magie sombre était la plus forte par vol. Il plana de façon encore plus légère afin de ne pas se faire repérer, il voudrait prendre le coupable sur le fait d'avoir osé toucher ses compagnons. Parce que c'était bien de Cannelle et Caramel dont il était question. Il ne savait pas qui ni comment, mais on avait touché à ses deux chiennes pour déployer leur vrai nature, qui était loin d'être angélique. Bon, il n'en avait aucune idée de la véritable nature et cela ne faisait pas de lui un bon maître, toutefois le fait qu'on en vient à toucher ses familiers sans son autorisation était impardonnable, et si elles avaient eu mal... ?
Il arrêta brusquement ses réflexions quand il vit la scène qui se jouait au milieu de la forêt interdite. Évidemment que ça allait être ici, il n'y avait que cette partie de terrain que personne ne s'étonnerait ni ne viendrait pour s'assurer que tout allait bien si des cris résonnaient.
Deux garçons discutaient très bas, inutile puisqu'il entendait tout même à travers les bulles de silence. Mais il était extrêmement surpris de leur identité. Déjà parce qu'il ne s'attendait vraiment pas à voir l'un puisqu'il n'était pas censé se trouver au château mais chez lui à passer les fêtes et l'autre parce que...parce que ce n’était tout simplement pas son genre. Les deux ne parvenaient visiblement pas à trouver un terrain d'entente vu que cela tourna à la manière virile. C'est à dire qu'un avait acculé l'autre contre un tronc d'arbre et l'empoignait par le col tout en le menaçant.
« Avoues que c'est toi. Que tu t'es attaqué aux préfets grâce à ton don, que tu en as fait de même pour les deux victimes de ces vacances. Avoues donc que tu es l'auteur de ces crimes. »
« Pourquoi le ferais-je ? Je ne suis pas stupide au point de croire que tu n'aurais rien enregistré dans une de tes gadgets. À moins que tu t'es servi de ces chiennes ? » Cracha la victime, Jeffrey Link. Bien qu’on doutait de son statut.
Adrian vit avec stupeur qu'il s'agissait de ses compagnons, mais pour une raison ou une autre ces derniers ne l'ont pas reconnu, l'inquiétant un peu plus.
« Pourquoi Moon Star ? »
Pas de réponse.
« Que tu ne répondes pas à cette question après mon accusation ne peut que te rendre soupçonneux et si comme tu l'as supposé j'ai vraiment tout enregistré, jamais cela ne jouera en ta faveur. »
« Elle en savait trop. »
« Tu n'avais qu'à l'écarter le jour où tu t'en est prise à Devon. »
« Ce n'aurait plus été drôle de la voir se démener. »
« Évidemment que non. » Siffla le premier. « Mais pourquoi l'as-tu quand même fait ? Je croyais vous vouliez des pratiquants de magie émérite avec vous. »
« Tiens, tu as finalement gardé les règles que tes parents t'ont inculqué ? »
« N'essaies pas d'inverser les rôles. »
« Pourquoi pas ? Tous les deux savons que cette conversation est sur écoute autant plaider chacun en notre faveur. Toi aussi, dis-le que tu n'es pas innocent dans l'affaire. »
L'auditeur indésirable se força à ralentir sa respiration en comprenant que les deux acteurs le désignaient peut-être -que ce soit à cause de son ouï ou de sa présence réelle- mais n'en fit rien. Si aucun des deux n'a proféré des menaces, il peut bien en profiter pour grappiller encore plus d'information possible. D'autant plus que la dernière partie le préoccupait. Il fut d'autant plus troublé en voyant comment l'autre réagit.
« Ou je peux te forcer à tout avouer. »
Alors qu'il était déjà en position de force, il serra encore davantage le col prêt à l'étrangler et donna un coup de poing sur la joue gauche de son vis-à-vis. Sauf qu'au lieu qu'une ecchymose commence à former au point d'impact, qui au final n'avait pas eu lieu, la mâchoire s'était séparé du crâne pour éviter le choc.
« N'oublie pas que je peux aussi me défendre. »
Adrian ne fut pas plus surpris de ce qui passa par la suite. Les bras de Link, qui étaient au début inertes et abandonnés tout au long du corps, s'en détachèrent pour flotter d'eux-mêmes dans l'intention de rendre la pareille à son agresser. Or c'est là que tout bascula. Avant que les membres du corps n'aient pu faire le moindre geste, les deux chiennes restées en retraites se mirent en actions et les croquèrent. Surpris de ce retournement, Jeffrey, l’homme-fragmentation, haleta.
« C'est toi qui ne devrais pas oublier ta position. Tu ne t'y attendais pas en acceptant cet entrevu, non ? Absolument pas, sinon tu ne serais pas venu à découvert et sans ta baguette, où il y a toutes les preuves. »
« Je savais que tu avais prévu d'en finir avec tout ça mais je n'avais effectivement pas prévu que tu libérerais de telles entités pour parvenir à tes fins, les hellhound sont les gardiens du septième venus au monde en même temps que lui. Il ne s'en sépare jamais, comment as-tu fait pour les ramener à ta cause ? »
Même si l'obscurité l'empêchait de l'affirmer, Adrian était pratiquement sur que Link abordait un sourire narquois, ce qui ne plut pas à l'autre, qui serra la mâchoire. Le démembré lâcha un cri de douleur, les chiens de l'enfer venait de mordre les membres plus férocement.
« Comme tu as compris, tu ne peux absolument rien contre ces bêtes-là alors admets ton échec. »
« Est-ce que tu crois vraiment que tout est fini pour nous ? »
« Pour toi, assurément, puisque tu ne peux uniquement fragmenter et léviter le haut de ton corps, or je t'ai maîtrisé. En ce qui concerne les autres, les Jeunesse Pur, je crois qu'ils seront tous de retour demain pour que vous acheviez le plan. C'est dommage que tu n’aies pas ton carnet pour les informer de ta défaite. »
« Ce n'est pas comme ça que tu nous coinceras. »
« Non, mais c'est ainsi que je me voyais te descendre. »
Tandis que les bêtes refermaient leurs crocs acérés sur les membres du Next, l'assaillant brandit sa baguette au niveau du visage et celui-ci se décomposa, de longs cri d'agoni s’élevèrent dans la forêt agitée. Ne pouvant en supporter davantage, Adrian sortit de sa cachette et cria à ses chiennes d'arrêter. Mais elles n'eurent page réaction.
« Mais arrêtez... Pourquoi vous... »
Il leva brusquement son regard pour les poser sur le tortionnaire qui avait cessé son informulée.
« Dis leur d'arrêter ! Elles n'ont pas à faire ça ! Ne les impliques pas dans ton crime ! »
Mais l'autre ne réagit toujours pas sauf pour jeter une autre informulée, bridant les différents membres du corps de Link Jeffrey séparément.
« Je ne prendrai pas le risque de le laisser une échappatoire. »
Adrian ne jeta qu'un regard vide sur le corps divisé.
« Rends-toi... Le directeur est justement dans son bureau réveillé par la libération de...des chiens de l'enfer, dis-lui la vérité et il réglera cette affaire. »
Sans un mot, son interlocuteur traina magiquement la carcasse, les deux canines le suivirent sans un mot sous le regard attristé de l'ancien maître.
« Rends-toi. » Répéta faiblement Adrian. « Fais-le ou je te dénonce, Emil. »
Et voilà, le prénom était lâché. Malgré la douleur d'avoir tellement perdu en une nuit, Adrian devait rester maître de lui-même et accomplir la mission qu'il s'était posé. Régler cette histoire qui n’a que trop duré.
« Demain. Je le ferai demain matin. »
Il avait encore une chose à faire.
Inutile de dire qu'Adrian ne put pas fermer l'œil de la nuit et à quel point ses nerfs étaient sur les pelotons le lendemain. Dès la première heure, il guetta le moindre signe qui trahirait la fin des Jeunesse Pur et le nom de celui qui y a mis fin. Or la chose qui en ressortit de son fouillis de super ouï furent les cris de douleurs de Jeffrey Link et son ramassis de proclamation sur la prospérité du Nouvel Ordre face à une équipe de la direction ébahi et que ce règne était loin d'être fini. Aucun nom de sa connaissance n'a été dit.
Bien que cela le répugnait, il se mit à la recherche du coupable, craignant intérieurement que l'autre ait finalement décidé de ne pas tenir sa promesse.
De son côté, Emil ne se pressait pas pour rejoindre sa fin, il était en délit mais pas en tort. Il avait bien l'intention de tenir parole, mais avant, il avait des choses à accomplir. Alors il se fit le plus discret possible, passant entre les filets auditoires d’Adrian et attendit devant sa salle commune. Claire sortit au bout d'un moment, lui jetant un regard sceptique alors qu'elle les dirigeait sans un mot vers la grande salle. À dire vrai, il n'avait rien de suspect alors pas de risque à ce qu'il se trahisse, mais il était coupable et il se fera bientôt arrêté. Surtout si on compte et la direction et le septième fils sur ses pas.
Quand Adrian croisa le chemin du directeur posté dans le grand hall, il comprit que c'était l'occasion de le coincer, même si c'était devant tout le monde. À vrai dire, il voulait vraiment que l'autre soit coopératif pour que cela ne fasse pas une trop grande histoire, ainsi ils pourraient en terminer sans faire de bruit.
Mais cela ne se pouvait, pas avec cette affaire qui a déjà pris d'énorme proportion.
Il le sentit plus qu'il ne l'entendit arriver. Parce qu'il avait senti la magie noire qui suintait, s'emmêlant presque à la magie émérite puissante mais instable de Claire. Avec une pointe de regret, il se dit que ça ne risquait pas d'aller mieux avec ce qui allait suivre.
Pendant un instant, il espéra que le Stewart allait agir comme il avait dit, qu'il se rendrait sagement comme un honnête homme. Mais le regard qu'il reçut alors que le danois le fixait sans rien dire lui glaça le sang et quand le scandinave répondit à une question de la chinoise par la négative, ses épaules s'affaissèrent. Ses yeux bleus qu'il a croisé n'était pas ceux d'un résigné qui allait se rendre sans faire d'histoire mais celui d'un homme détruit qui devait remplir une dernière mission. Peut-être pourrait-il lui venir en aide, une dernière fois.
Quand le duo allait passer devant le directeur et lui, le septième fils déglutit en se convainquant que c'est pour le plus grand bien.
" Attends, Emil. "
Ses deux camarades s'arrêtèrent sur le pas de la porte, bloquant le passage des autres élèves, dont parmi eux les élèves qui revenaient de vacances. Tous les regards se tournèrent alors vers lui.
" Tu as quelque chose à dire, non ? "
L'absence de réponse fut parlante en elle-même. Les élèves se lassèrent vite, certains qu'il n'y aurait pas de quoi en faire de gros ragot. Le blond soupira et s'adressa au directeur.
" Professeur, je connais l'identité de l'expéditeur du colis qui se trouve dans votre bureau. "
Harry Potter haussa les sourcils bien hauts. Décidément, ces Next ne cesseraient jamais de l'étonner. Et s'il en croyait aux dires du chef des JP, cet ère n'était pas encore terminé.
" C'est également lui qui l'a mis dans cet état. Vous pouvez donc vous rassurer, les Jeunesse Pur ne pourront plus rien commettre dans les murs du château, étant donné que leur chef n'est plus en forme pour diriger. "
Du coin de l'œil, il vit quelques élèves se crisper. Sûrement des membres de cette fichue gang.
" Eh bien, pourrais-tu nous dire le nom de l'auteur ? " Demanda Harry.
Il sait qu'il fait bien, même si leur justicier anonyme leur avait ôté une épine aux pieds en leur livrant le meneur des fauteurs de trouble, il ne faut pas oublier que c'était en pièces détachés (en plus de la baguette où les sorts de découpe, confusion et autre sorts bénins qui sont à l’origine des derniers attaques, sur les préfets et la joueuse de Quidditch), et qu'en agissant pour le bien ou pas, attaquer un autre élève était punissable. Le silence prolongé du cinquième le poussa cependant à une conclusion loin de lui plaire. Le coupable était forcément juste devant lui, pourquoi le blond aurait arrêté tout un groupe. Attendez, quel était le prénom qu'il avait utilisé ?
" Et qu'est-ce que t'attends ? T'espérais quand même pas qu'il allait se dénoncer ? C'est comme attendre que les prétendues Jeunesse Pur se rendent ", se moqua un élève en coupant court ses réflexions.
Le directeur se tourna vers lui et sourcilla. Si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, il s'agissait de Rayleigh Selwyn, le garçon qui avait prétendu être le chef des Jeunesse Pur. Ou du moins, n'avait pas rechigné le titre, ce qui était stupide puisqu'il n'avait que l'air d'un leurre.
" À vrai dire, je ne sais pas si on peut vraiment l'appeler coupable... Ce n'est pas lui qui a découpé le corps, mais il en est l'origine. Ce que je ne peux pas lui pardonner n'est pas d'avoir utilisé de la magie noire, parce que j'imagine qu'il faut abattre le mal par le mal... "
Harry n'était pas d'accord sur ce dernier point, mais pour connaître la suite, il devait garder son avis pour lui. Pour l'instant.
" Mais plutôt d'avoir utilisé d'autre moyen pour atteindre sa cible. Un moyen qui consiste à soumettre des êtres vivants pour faire le travail à sa place. Ne pouvais-tu pas trouver autre chose qu'utiliser mes compagnons, Emil ? "
La bombe fut larguée et des hoquets surpris accueillirent aussitôt la vérité.
" Tu sais qu'elles m'étaient précieuses, elles n'avaient rien à voir dans le conflit, pourquoi les as-tu mêlé ? Tu te rends compte que tu as agis comme le truand que tu as arrêté ? "
" Arrêtes, pourquoi tu dis ça ? " Intervint la petite voix brisée de Claire.
Adrian eut le plus grand mal à soutenir son regard confus, il préférait encore se faire fusiller du regard par les partisans du Nouvel Ordre qui serraient leur poing d'un côté, se retenant de se jeter sur Emil de l'autre.
" Pour maîtriser Link qui était insaisissable même parmi les Next, tu as utilisé mes familiers que tu as au préalable soumit à un sortilège ou autre de magie noire les permettant de paralyser leur cible. Qu'il soit démembré n'était pas un problème en soi puisque c'est son don mais tu as profité de son point faible pour demander à mes familiers de le maintenir à découvert afin de lui jeter un sort qui l'empêcherait de se réformer et de souffrir le martyr par la même occasion. "
Il laissa un silence électrique s'installer pour que son auditoire puisse gérer ses émotions avant d'achever.
" Tu as dû lui promettre de faire cesser ses souffrances une fois qu'il se serait rendu et aurait avoué ses crimes pour sa tirade matinal face à la direction mais... Mais tu n'avais jamais eu l'intention de respecter ta part. "
" Arrêtes Adrian... "
Ce dernier ignora péniblement la supplication, il devait faire avouer le délit.
" Tu comptais le laisser subir ce qu'il avait fait endurer à ses victimes, tu voulais lui rendre la pareille en multipliant sa douleur par le nombre de ses proies. "
" Non, dis-lui que c'est faux Emil... "
Ce dernier la regarda calmement comme s'il allait vraiment la rassurer et lui dire que le septième fils a pété les plombs, que le pouvoir lui est monté à la tête et qu'il ne savait plus ce qu'il disait. Mais l'illusion était trop beau pour être vrai, il détourna doucement pour jeter un regard vers le blond avant de se tourner vers le directeur, celui qu'il devait toute explication.
" Il dit vrai. C'est bien moi qui vous ai envoyé le colis matinal, que j'ai réussi à maîtriser grâce à ces chers compagnons. "
En disant cela, il fit apparaître deux bergères allemandes. Mais Claire ne reconnut pas les deux rejetons de Vicky, ces deux-là avaient quelque chose de sauvage dans leur comportement et une lueur dans leur regard était assez menaçante pour figer les spectateurs autour.
" Et je ne compte pas m'arrêter à moitié chemin. Il reste d'autre membre actif du groupuscule Jeunesse Pur, il faut les arrêter ou jamais la terreur ne quittera Poudlard. "
À la fin de son discours, les deux canins accoururent vers les élèves désignés, qui étaient bien embêtés de se faire accuser de la sorte. Il eut des protestations arguant qu'il n'y avait aucune preuve. Toujours la même rengaine, sauf qu'Adrian et le directeur constatèrent que le Stewart avait tout prévu. Tous les élèves touchés par les chiennes dégagèrent une étrange aura ténébreuse qui se forma en un carnet reconnaissable pour les deux des 30 légendes. Le carnet Messenger. Cannelle et Caramel ne s'arrêtèrent pas jusqu'aux victimes se trouvant dans le hall mais aussi dans la grande salle. Avec tristesse, Adrian comprit que ses fidèles partenaires n'étaient plus de simple chiennes de plus d'un an mais des traqueuses de magie noire, agissant justement pour un mage sombre.
" Tous ceux qui se sont engagés aux idéologies du Nouvel Ordre et ont agi dernièrement ont utilisé ce carnet Messenger deuxième version, à l'intérieur est inscrit tous les preuves de leur manœuvre ", expliqua Emil, toujours en regardant Harry Potter.
Celui-ci décida de réagir en jetant un sort d'attraction sur tous les artéfacts de magie noire et s'apprêtait à interpeler tous les élèves propriétaires, mais certains le devancèrent en s'écriant :
" Qu'est-ce qui prouve que cela nous appartienne ? C'est un complot, il veut juste nous accuser ! "
Harry ne fut même pas surpris de voir que c'était Rayleigh Selwyn.
" Cher Selwyn, sache que chaque objet magique laisse des traces, si ce ne sont pas des empreintes, il y a les messages. Tu n'as aucune chance de t'en sortir ", déclara Emil d'une voix morne, las de tout. " De plus, les prétendus Jeunesse Purs qui font partie de la manigance, inutile de vous rebellez. Vous avez tort de penser qu'en ayant un don, vous n'aurez pas de point faible. Les deux chiennes présentes sont certes des traqueuses de magie noire mais elles neutralisent facilement votre don, étant les gardiennes qui devaient veiller sur l'objet de votre création. "
Des professeurs et le concierge emmenèrent rapidement les sorciers concernés dans le bureau du directeur pour régler l'affaire, alors que ce dernier se chargeait de s'occuper de celui qui en état l'origine.
" Pourrais-tu rappeler ces hellhound et me suivre ? "
" Bien sûr, professeur. "
Il contempla les deux chiens de l'enfer. Ses yeux bleus déjà très sombres virèrent au noir pour attirer l'attention des deux bêtes. En réponse, deux paires de billes onyx scintillèrent et les deux chiennes de l’enfer s’assirent tranquillement. Adrian tenta une approche, mais aucune des deux ne réagirent. Il aurait voulu rire de cynisme sur son manque d'autorité. Et dire qu'il était leur maître, il n'y avait pas longtemps.
" Je n'ai pas voulu les asservir, mais c'était leur devoir ", l’interpella Emil.
" Elles étaient hybrides. Elles auraient pu ne pas être mêlées. "
" Il me fallait les arrêter. " souffla doucement le danois en se baissant pour attraper les deux chimères. " Je comptais bien tenir ma promesse. Je les tiens toujours. "
Il leva les yeux vers le directeur qui ne le quittait pas et Harry se souvint de la conversation qu'il avait eue en fin de l'année précédente. ‘Mes parents faisaient partie des suicidés de la mission qui vous a blessé. Je ne compte pas suivre leur chemin, mais je dois arrêter leur projet qu’ils ont laissé derrière.’
" Ça m'est égal d'avoir tenu le mauvais rôle ", souffla Adrian.
Il avait lâché ces mots dans un vain geste de nonchalance mais il était touché par la perte de ses compagnons et d'avoir l'image d'un rapporteur. Sentant un peu empathie, le Serdaigle lui envoya un regard navré. Seule chose qu'il jugeait digne de faire.
" Emil ", gémit une petite voix longtemps tue.
Il n'avait pas remarqué s'être figé jusqu'à ce qu'il sente les deux hybrides remuer dans ses bras. Il inspira discrètement.
" Tu allais craquer. J'ai juste agis avant que tu ne fasses quelque chose que tu allais regretter. "
" Ils s'en sont pris à Luxchana ", répliqua Claire d'une voix étranglée.
" Et ça t'a touché, je ne pouvais pas laisser passer ça. "
" Je suis désolé, les enfants mais je ne peux pas vous laisser discuter plus. " Coupa court Harry avec réluctance.
C'était une procédure qu'il se devait de suivre même s'il n'était plus auror, il savait d'expérience qu'il ne pouvait pas laisser plus de liberté au criminel sinon augmenter le risque de fuite.
Plus tard, alors que d'autres étudiants commençaient à affluer, de retour de leur congé, une rumeur circulait la fin du règne des Jeunesse Pur. Mais personne ne pût en savoir davantage alors que ceux restés étaient toujours sous un choc quelconque.
Harley, accostée par sa mère jusqu'au bout de Pré-au-lard rejoignit le château calmement tout en sentant un peu mal à l'aise des grésillements perçu par son piercing communicateur. S'est-il passé quelque chose à l'école ? Mais dans ce cas, les foyers auraient reçu un message du directeur, non ? Pourrait-elle se rassurer en disant que ce n'était pas grave ?
Non, bien sûr que non, elle ne pouvait pas. Encore moins quand elle entendit à son tour les rumeurs.
Elle n'était pas du genre à écouter ce genre de bouche-à-oreille mais cette fois-ci plusieurs noms qui ne lui étaient pas inconnus sont revenus plusieurs fois.
Les Jeunesse Pur sont mises aux arrêts. Ils étaient beaucoup plus qu’on ne le croyait, une bonne trentaine à tout casser. Ils ont utilisé un moyen moldu pour mettre leur plan à exécution. Ils étaient bien sous l'influence du Nouvel Ordre. Leur dernière victime en date était un préfet. Ou plusieurs. Encore une fois, avec une stratégie insaisissable. Mais on pouvait compter sur les 30 légendes. Qui n'étaient que la moitié. Et dont seul un a accompli l'acte héroïque. Mais réprimandé par un camarade. Du coup, lui aussi mis aux arrêts. Son nom ? Stewart. Emil Stewart. Accusé par Adrian DucSiron.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Pas de bonjour, pas de souhait de bonne année, juste exigence sur l'actualité des faits. Les yeux rouges de Rose Weasley fut la première chose qu'elle vit et probablement la seule qui ne fut jamais aussi expressive.
Ils étaient dans le couloir du troisième étage, celui menant au bureau directorial. Ils n'y étaient pas tous. D'abord, une des rumeurs devait être vraie, même si ces derniers concernant les préfets s'étaient déjà déroulés. Ensuite, il manquait Zabini, qui devait probablement rester avec celle qu'il courtise, Goyle devait les tenir chandelle et Hopkins s'occupait de baby Kennie. Et puis, malgré l'inquiétude, un insidieux sentiment confirma les projets de JP, il manquait Élise la sang-mêlé. Enfin, ce qui la tétanisa fut quand son regard se posa sur la forme voûté de son amie asiatique et de l'absence de celui qui devait être son meilleur ami, Emil Stewart. Celui qui est condamné pour avoir arrêté Jeffrey Link, le Chef de la bande.
La préfète revenant en fonction s'approcha du groupe éparpillé dans le dédale qu'ils formaient, reflétant leur humeur : désemparée. Excepté Rose qui s'est tourné vers elle avec un regard explicite, personne d'autre ne sembla remarquer sa présence. Elle passa devant un Albus désabusé et renfermé dans un coin, une Ani atterrée qui regardait dans le vide et une Alice figée dans une posture droite mais rigide. Alfred croisa son regard mais détourna aussitôt, avec une pointe de regret, comme s'il avait du tort, qu'il culpabilisait.
« Ils s'échangeaient donc par carnet Messenger. Je comprends mieux le dégoût d'Emi-chou quand... Enfin quand on les a utilisé pour s'amuser. Pour lui ce n'était qu'un instrument de communication qui n'avait rien d'innocent. »
La voix de Clara était déjà basse, mais la seconde partie ne devint plus qu'un murmure quand elle se rendit compte de ce qu'elle disait. Elle jeta un regard furtif vers leur amie avant qu'elle ne la remarque. Un long instant de silence s'ensuivit alors que les iris bleu ne lâchaient pas les verts pâle avant que la blonde ne secoue finalement la tête. Harley sentit une chape de plomb tomber sur sa poitrine. Clara n'a jamais été une bonne communicatrice de signe, il y avait tellement d'interprétation, elle préférait toujours les mots. Alors si là, même elle gardait le silence, c'était que le problème était grave au point de laisser la tension les ronger.
Adrian, celui de la rumeur qui disait être la cause de l'arrestation d'Emil, prit doucement la parole.
« Selon lui, l'ère des Next n'est pas encore terminé. Il faudrait trouver l'engin qui permet le phénomène et la neutraliser. »
Claire, qui était restée silencieuse et le regard fixe comme absorbée, lâcha d'un coup :
« Alors il s'est sacrifié pour rien ? »
« Je ne pense pas que ‘se sacrifier’ soit le verbe... »
« Alors quoi ? Il l'aurait battu gratuitement ? »
La réplique suivante n'eut pas le temps de faire son chemin que la gargouille qui gardait l'entrée du bureau se déplaça pour laisser un homme sortir. Claire se leva promptement, chancela avant de se stabiliser. Elle dévisagea l'adulte qui n'était autre que le directeur-adjoint Londubat, le défiant de lui donner une réponse incorrecte.
« Je suis désolé, mais la décision est irrévocable. Il ne peut pas recevoir de visite. »
« Nous avons droit à une explication. »
Son ton rauque ne trompa personne. Elle risquait d'avoir la voix brisée d'un instant à l'autre si la réponse était toujours non.
« Et il sera donné, mais seulement quand tout le monde sera réuni. »
« Vous savez très bien que ce n'est pas possible. Il y aura des élèves manquants. » Releva Clara dans un élan de solidarité.
Le directeur des Poufsouffle la regarda et aurait voulu être fier de son élève pour sa loyauté envers ses amis mais il était aussi exténué qu'eux de tous les implications que le troublions a causé.
« La direction donnera tous les informations aux étudiants le jour de la reprise. »
Il les planta derrière lui sans un regard de plus. Claire déglutit péniblement.
« Vous ne comprenez pas. Il n'a plus personne, je dois être à ses côté pour le soutenir. »
Une main l'empoigna le bras.
« Cela n'excuse pas son acte », lui souffla Adrian. Elle dégagea violemment.
« Comment tu peux dire ça alors que tu n'as rien fait ? Tout le monde savait que c'était lui, il manquait juste les preuves qu'Emil a réussi à rassembler. Il a fait les choses qu’il fallait. »
« Il n'aurait pas dû l'attaquer. Link était déjà dans une position de faiblesse. Ce qu'il a fait n'était pas de la légitime défense, mais bien une agression. »
« Pourquoi ? »
Pourquoi tu n'as rien fait ? Alors que tu es le septième fils, alors que tu aurais pu cesser tout cela ? Pourquoi l'as-tu laissé avoir le mauvais rôle ? Tous ces non-dits dans seulement une question furent ressentis, par le septième fils plus que tous les autres.
« Maintenant tu sais ce que ressent Tobias. »
Cette phrase aurait pu être dite par Chloé, sauf qu'elle n'était pas présente. Elle aurait pu être dire par n'importe qui d'autre mais ce fut Harley qui le dit et cela suffit à briser le peu de contrôle que Claire avait. Elle se tourna à peine vers la plus grande et lui cracha tout le venin qu'elle pût alors que ses yeux se remplissaient de larme.
« Je te déteste. »
Le couloir ne fut plus que martelé par les pas pressés et désordonnés d'une élève blessée et trahie.
« Qu'est ce qui est non perceptible à l'œil humain ? » Interrogea le heurtoir en forme d’aigle de la salle commune des Serdaigle.
« Ce qui nous entoure nous sont souvent invisibles. »
Une réponse monotone face à une énigme qui résume toute la situation.
« Qu'elle est ta raison ? » Demanda Harley, une fois qu'ils furent seuls dans la salle commune des Gryffondor. « Parce que tu dois en avoir une pour ne pas avoir agi. »
Adrian prit son temps pour lui répondre. Il observa minutieusement sa seule camarade présente avant de détourner pour formuler sa réponse.
« Link Jeffrey a le don de se fragmenter, aussi mon pouvoir de section/découpe est totalement inefficace, de même que le feu et la glace car une fois divisé il ne ressent plus la douleur. Le reste n'a encore moins d'effet. Bien sûr, j'aurai pu le pousser à tout avouer avec le pouvoir de persuasion mais il m'a devancé sur ce coup. »
« Que t'a-t-il fait ? »
« Sa fragmentation ne concerne pas seulement les membres mais aussi sur de plus petites particules. Je ne sais pas ce qu'il a posé sur moi ou à l'intérieur mais je ne peux plus utiliser de magie en sa présence. »
« ... Est-ce toujours le cas ? »
« Il y avait une limite de 30 mètres. La dernière fois que je l’ai utilisé en respectant cette distance, je suis parvenu à entendre toute la conversation. »
« Emil…il… »
« Ses parents font partie du Nouvel Ordre », répondit simplement Adrian.
Enfin, faisaient.
Harley resta silencieuse en songeant aux dits parents. Beth et Gésine Stewart, respectivement les jumeaux de Gédeon et Gillian Stewart, si le second couple forme des mariés transi d'amour parfait, le premier est froid et taciturne entre eux. Allant même jusqu’à négliger leur unique enfant. Est-ce qu’Emil savait depuis longtemps que ses parents trempaient dans ce projet sordide ? Est-ce que lui aussi était dans le coup ?
Soupirant tristement, elle se dit qu’elle n’aura surement jamais la réponse.
Le soir-même, une chargée d'exécution de l'autorité scandinave vint chercher Emil Stewart. Comme il était mineur et non-natif, sa sentence doit être donnée par son gouvernement natal, soit le Danemark. Il serait alors sous la garde danoise et probablement enfermé là-bas. Linéa Svensson, surveillante de Qwel -l'école de redressement disciplinaire des nordiques- et tutrice de l'élève, demanda au directeur Potter de garder cette affaire sous silence, tout du moins ce qu'il en advint, avant d'emporter le criminel avec elle. Cette entretient resta confidentiel à l'administratif de l'école et Adrian, que rien ne peut le cacher. Claire ne revit pas le visage de celui qui fut son meilleur ami.
Une fureur sans nom l’emportait, dirigeant ses pieds pour trouver la personne de ses malheurs. Il serrait un cahier enroulé dans son poing et l’abimait facilement à chacun de ses pas un peu trop brusque. D’autre pas l’emboitaient mais ne tentaient pas de l’arrêter. Plus soutenu et plus discret, pourtant curieux.
Arrivé au salon qu’il recherchait, il ouvrit la porte et balança le calepin sur le sol, aux pieds d’une personne, sans plus de considération avant de fusiller la personne.
« Tu n’as pas le droit de déprimer ! » Rugit-il.
Les individus présents sursautèrent alors que la concernée ne fit que le regarder avec de gros yeux, interdite.
« Mais enfin, tu nous expliques un peu, Io ? » Bougonna Clara en s’ébouriffant.
Ionise Stewart ne fit que toiser rageusement son vis-à-vis.
« Ne joues pas celle qui souffre le plus parce que tout est arrivé par ta faute ! »
Il entendit sa camarade Chloé qui l’avait suivi bloquer son souffle, mais son regard était rivé sur son interlocutrice qui avait toujours du mal à saisir la situation. Claire n’était plus que trouble.
« Toujours… tu l’entraînes toujours dans une de tes lubies sans penser à ce qu’il a dû ressentir, tu t’autoproclames sa mère de substitue sans prendre en compte son avis et tu fais de lui ton pantin pour ton propre plaisir ! Regardes par toi-même ce qu’il en est venu à faire ! »
« Stewart, tu vas trop loin », gronda doucement Chloé.
Il l’ignora en continuant d’invectiver. Il avait besoin d’un défouloir.
« Lis-le, sa putain d'histoire qu’il a écrit pour toi ! » Il cracha le dernier mot avec un tel dégout que cela en fit trembler son auditoire. « Regardes le paragraphe où il s’est arrêté avant la fin ! Lis le putain de nom du criminel ! »
Aucun son ne sortit de la bouche de la jeune fille, alors que ses yeux lisaient et relisaient les mots étalés. Ses mains furent prises de tremblement.
« Dès le début il avait l’intention de faire du héros le coupable ! Dès le début, il avait l’intention d’en finir lui-même avec tout ça ! Mais vois comment tu l’as poussé par tes odieux caprices ! Tu rends fous tous les hommes de ton entourage, en as-tu seulement conscience ? »
« Ça suffit ! » Intervint une nouvelle voix.
« Tu as rendu ton père inapte, tu as rendu Potter vicieux, tu as rendu Emil criminel ! Qu’est-ce ton soi-disant fils Potter sera ? » Brailla le Stewart restant.
« Ta gueule, Io, ta gueule ! » Rugit Clara encore plus fort.
Alors il se tut et le silence s’abattit dans la pièce alors que le jeune éructant reprenaient leur souffle. Calmement, la cause de tous ces cris se mit en mouvement. Elle referma le carnet de brouillon et le déposa sur une table du salon, puis de manière mécanique, elle quitta le groupe.
Clara aurait voulu l’arrêter mais en voyant le regard vide de son amie, elle sut qu’elle ne recevrait aucune réponse en plus de ne pas être remarqué. Harley, car c’était bien elle la nouvelle arrivante qui ne voulait pas se montrer devant la petite parce qu’elle la déteste, ne se préoccupa.
« C’est quoi ton problème ? » Siffla-t-elle à l’adresse du serpent.
Elle le bouscula parce que c’était plus fort qu’elle et qu’elle en avait toujours voulu avant de prendre la suite de l’aigle qui va assurément faire une bêtise.
Encore, parce qu’elle n’apprend pas de ses erreurs.
« Stewart », commença froidement Chloé « tu dis tout ça, mais dois-je te rappeler que tu es son cousin, tu as vécu près de lui de tout votre enfance et que depuis qu’on traîne ensemble, son comportement envers toi n’est pas celui d’un parent mais d’un ennemi ? »
« C’est vrai. Toi aussi, tu devrais avouer que votre relation n’est pas au beau fixe, encore moins quand on sait que c’est ta famille qui a brisé la sienne. Si tes parents n’étaient pas ensemble, jamais les siennes n’auraient eu la volonté de s’engager auprès du Nouvel Ordre pour semer le chaos dans le monde comme il y’en a un dans leur cœur. »
Clara ne savait pas d’où venaient ses paroles mais elle pensait chaque mot, comme si on l’avait persuadé de les dire. Ah, mais oui, qui d’autre peut persuader ? Dans le salon voisin, Adrian s’affala dans le fauteuil en lâchant un long soupir. Ça y’est, il venait d’accomplir les dernières volontés d’Emil. Dire les quatre vérités à son cousin, celui qu’il a toujours jalousé et envier la situation.
Les couloirs étaient aussi déserts qu’un cimetière et l’absence de bruit rappelait aussi bien cet endroit mortel que ce qui se passait. Ou allait se passer.
Un pas après l’autre, Claire avançait tranquillement jusqu’aux escaliers mouvantes. Quoique ‘impassiblement’ serait un adverbe plus adapté. À la dernière marche avant le palier, elle rata l’instant et son pied fut dans le vide. Son corps suivit et la gravitation faisant son devoir, elle allait chuter jusque dans le grand hall du château. Sous les yeux de son amie qu’elle déteste, Harley qui ne put qu’assister impuissante à la scène, bien que cela ne l'empêchait pas d’y accourir. Une main fut plus rapide, elle saisit le poignet de la chinoise et le retint un moment pour souffler avant de la hisser jusqu’à la terre ferme du palier du premier étage. Ils étaient au deuxième, elle ne risquait pas grand-chose si ce n’était un fracture à plusieurs os, facilement guérissable par magie.
« Je t’ai donné un vif d’or pour avoir de quoi rêver, non ? Alors pourquoi tu tentes d’autre moyen pour te perdre dans tes pensées ? » Tenta Lysander de plaisanter.
À peine revenu de ses vacances, il a dû avorter un suicide-accident. D’une personne qui lui était chère, en plus. Comme il se serait blâmé s’il avait attendu son frère au lieu d’accourir en sentant son instinct s’agiter. Maintenant que l’affolement était passé, il remarqua qu’elle n‘avait rien dit. Harley arriva à leur niveau mais préféra ne rien dire, de peur de froisser encore plus la traumatisée. N’y tenant plus, Scamander tenta une approche en espérant plus aboutissant. Ses bras s’apprêtaient à envelopper le petit corps gracile qu’un marmonnement en sortit.
« Je veux rentrer à la maison. »
La seule raison pour Harry Potter de refuser le départ d’une élève, de cette élève, était que cela allait définitivement dévaster son fils cadet. Mais en voyant l’abattement, mais surtout l’anéantissement de l’élève en question, il ne pouvait que la renvoyer chez elle. Enfin, chez sa maison temporaire. Celle où elle vivait avec son cousin et son oncle, dans un appart pour Lys Lyu, abonnée amnésique et moldu, alors qu’elle vivait juste à côté de sa fille sans la connaitre.
En voyant le phénix approcher de l’école, à son dos un asiatique dans la vingtaine, il se dit que cette famille était beaucoup trop hors-norme.
Elle était partie, sans un au revoir. En même temps, pas sûr qu’elle soit en état.
La nouvelle n’aurait jamais pu circuler, sauf si un de ses fils était un vrai successeur de Marauder. James a suivi par carte tout le déroulement de l’histoire sans en connaitre les détails. Le départ de l’élève fut suivi par le retour de tous les étudiants de retour des vacances. Parmi la foule de nom apparaissant à l’entrée du château, il repéra les deux qu’il voulait.
James était en chemin pour aller accueillir sa fiancée et son meilleur ami, même si cela n’allait pas forcément être une partie de plaisir. Et le fait que son frère entre dans l’équation l’était encore moins.
« Lucas, il faut qu’on parle. »
Quand le châtain croisa le regard du brun, il sut aussitôt en quoi le sujet allait se porter. Ne pouvant tenir davantage, il détourna quand il vit le frère cadet.
« Il a le droit de savoir », souffla doucement l’aîné. Pour une fois qu’il prenait son rôle au sérieux, même si c’était pour apprendre une mauvaise nouvelle.
Albus et Abigail s’échangèrent un coup d’œil perdu, de quoi les deux amis parlaient ? Pourquoi cela semblait si tendu ?
Lucas Dixon resta tout d’abord silencieux, le temps qu’il forme toutes ses phrases bien comme il faut dans sa tête avant de se résigner à affronter ses actes. Il se racla la gorge quand son attention fut sur le cinquième année qui l’examinait timidement. Aucun mot ne réussit à sortit. Il se tourna vers Abby, mais son malaise s’accrut.
« Devon n’était pas censé perdre sa magie aussi vite. »
Le plus jeune tiqua à la mention de son ami.
« Abby n’aurait pas pu rester à Poudlard sinon. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? » Murmura la jeune fille.
« Le mélange malveillant était une mixture qui faisait en sorte de faire perdre toute essence, à défaut de vie. On comptait âme et magie. Cela jouait sur le temps, si au bout de trois jours tu ne recevais pas de l’essence magique, qui partait le plus vite, tu aurais pu aussi perdre ton âme. J’ai fait ce que j’ai jugé…bon. »
Pas un mot ne releva sa qualification.
« Comment tu sais tout ça ? » Demanda James.
« Quand j’étais à la poursuite de celui qui a jeté le poison. Ou plutôt ce que je traquais. C’était un bras qui lévitait par ses propres moyens, le bras qui appartenait à Link. Par indulgence en voyant que c’était un Next qui a réussi à le coincer, il m’a expliqué comment faire pour arrêter le processus. »
« Alors tu as décidé de sacrifier Wyatt pour… » S’étrangla Abby en comprenant.
Pas de réponse pour l’évidence. James voulu réconforter sa dulcinée désemparée, mais celle-ci le repoussa en se recroquevillant sur elle-même.
« N’as-tu jamais pensé qu’ils s’attendaient justement à ce que tu agisses comme ça ? » Reprit-elle, nauséeuse.
« Je devais faire quelque chose. »
« Alors tu as choisi l’un des deux ? N’as-tu pas pensé que c’était peut-être justement ce qu’il voulait que tu fasses ? »
« Qu’aurai-je dû faire alors ? As-tu une meilleure solution à proposer ? »
« Même si j’en avais, c’est trop tard ! »
« Ne te cherches pas des excuses ! On sait tous que tu n’aurais rien parce que tu n’es pas un Next, tu n’as aucun don spécial, aucune chance de te mesurer à l’homme fragmentation ! »
« On ne te blâmes pas, Luc. » Tenta James de calmer.
« Eh bien, vous devriez ! » Brailla soudainement le Next. Il s’écroula aussi vite et reprit son souffle en passant des mains rageuses dans ses cheveux. Son regard hagard croisa celui d’Albus « Je suis désolé, Al, je ne sais pas ce que ça fait de perdre un être cher. »
Le cinquième considéra ses excuses en analysant ce que son aîné demandait pardon. Perdre un être cher. Claire, la fille dont il a des sentiments depuis plus d’un an, avait perdu ses parents et la seule personne qui lui restait, l’aidant à garder consistance causant ainsi sa propre perte. Wyatt n’était pas un membre de sa famille ni son âme-sœur mais il était vrai que c’était le seul garçon avec lequel il avait été si longtemps complice. Il sentit ses yeux lui picoter. Alors certes, il avait encore sa famille à ses côtés et n’était pas désespéré au point de s’endommager l’esprit mais rien ne pourrait l’aider à boucher ce trou qu’a causé la disparition de ces deux personnes qu’il chérissait autant que sa famille.
« Moi non plus, je ne savais pas », avoua-t-il à demi-mot « Mais j’ose espérer que ce n’est pas pour toujours… »
Cependant le souvenir de leur séparation lui revint alors que l’adieu de Wyatt résonnait dans sa tête.
Le matin de la reprise des cours, les quatre tables pour élèves n’ont jamais paru si vides depuis la fin de la Grande Guerre. Des parents ont refusé de laisser leur enfant retourner à l’école après qu’ils aient appris tout ce qui s’y passait et ignorant le missile qui les rassurait de la fin des attentats, des élèves manquaient à l’appel.
Jusqu’aux jours d’examens, les rangs étaient désemplis.